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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 15:08

Avec l’année 2005, Pinochet va devoir enfin passer devant les juges chiliens. Sans vouloir minimiser les mérites du juge Guzman comment ne pas noter que l’événement se produit après que les dirigeants des USA aient publiquement lâchés l’ex-dictateur, tout en rappelant l’implication de la CIA dans l’organisation du coup d’Etat de 1973. La presse étatsunienne a même cru utile de révéler les multiples comptes bancaires qu’Augusta avait chez l’Oncle Sam ! Pour le cas où, en cette occasion, on n’apportera pas en faveur de Pinochet les témoignages d’estime du pape Jean Paul II, je me charge de vous communiquer ce « poème » que le pape lui dédia le 18 février 1993 : « Au général Augusto Pinochet Ugarte et son épouse distinguée Madame Lucia Hiriart de Pinochet à l’occasion de leurs noces d’or et en gage d’abondantes grâces divines, il m’est agréable de donner, ainsi qu’à leurs enfants et petits-enfants, une bénédiction apostolique spéciale ».

 

En fait ce détour par le Chili, tient à d’autres poèmes plus facétieux. Je l’entreprends pour évoquer un autre chilien, de 90 ans lui aussi, et qui se veut le poète anti-poète. Un lecteur de cette chronique me demanda le nom du poète évoqué à la fin du film de Patricio Guzman sur Salvador Allende et, malgré mes recherches, je n’ai pu trouver à ce jour la réponse. Même en demandant à un Chilien bien informé comme Victor de la Fuente ! S’il s’était agi de Pablo Neruda, la question n’aurait pas été posée vu sa notoriété. J’en ai déduit qu’il s’agit de Nicanor Parra l’aîné d’une famille d’artistes dont Violeta, qui écrivit les paroles de la chanson : Gracias a la vida …

En 1992, Nicanor Parra put voyager en France et crut enfin qu’il allait être traduit dans ce pays mais voilà, il n’en est rien. En 1964, s’il avait envoyé 5000 dollars aux éditions Seghers, il aurait pu obtenir ce privilège qu’il refusa. Alors, comment lui rendre hommage ici ?

Après quelques recherches sur Intenet je retiens son discours de réception du prix Juan Rulfo à la Foire du livre de Guadalajara au Mexique en novembre 1991. Ce discours est bien sûr une suite de poèmes où l’auteur a tenté de condenser tout son art anti-poétique.

Il prétend que s’est un ami qui lui suggéra de sortir du discours académique vu que plus personne ne croit aux idées en cette glorieuse « fin de l’histoire ». Il nomme même cet ami : Carlos Ruiz Tagle.

Premier point : quelques lignes sur « tous les types de discours qui se réduiraient en fait à deux, les bons et les mauvais, le discours idéal étant celui qui ne dit rien, tout en paraissant tout dire ».

Deuxième point : il se trouve que pour les discours mauvais il suffirait à l’auteur de plagier Hitler, Staline ou le souverain pontife au risque même d’entendre ensuite quelque chose de pire ! Faute d’opter pour cette voie (voix) Nicanor Parra pouvait-il tenter devant l’immense auditoire de la Foire du livre, un bon discours pour remercier le jury d’avoir pensé à lui ?

Il propose alors un possible début de discours qu’il fait suivre par un autre, tout aussi possible, tout en rappelant que le cadavre de Marx respire encore.

Mais voilà, Nicanor ne peut joindre les deux idées « c’est à cause de ça qu’il se fit poète sinon il aurait été homme politique, philosophe ou commerçant ».

Pour entrer enfin en confiance avec l’auditoire il pensa alors judicieux de lire ce poème de quelqu’un d’autre :

« Je suis Lucila Alcayaga / Alias Gabriela Mistral / D’abord j’ai obtenu le Prix Nobel / Puis le National / Bien que je sois morte / Je me sens mal / Parce que jamais on ne me donna de Prix Municipal ! ».

Et alors Nicanor se sentit autorisé à lire quelques uns de ses poèmes de circonstance le premier portant pour titre, le titre d’un livre de Juan Rulfo, Pedro Páramo, le livre le plus considérable de toute la littérature. Nicanor se souvient avoir croisé une fois Juan Rulfo qui jugea utile de le couvrir d’éloges pour un poème … dont il n’était pas l’auteur. Nicanor s’arme toujours de dérision même devant le vaste auditoire de la Foire de Guadalajara (la rivière des pierres). Il prétend ne pas pouvoir faire l’éloge de l’immense Juan Rulfo et pourtant il s’y emploie en quelques vers soignés qu’il achève ainsi : « En dehors de José María Arguedas et de l’incommensurable cholo Vallejo, peu sont ceux avec qui, il est comparable ».

Puis il parle d’émotion, de l’émotion à la réception de ce prix « qui le laissa bouche ouverte avec un doute : va-t-il pouvoir la refermer ? ». Il eut la sensation d’avoir gagner à la loterie sans acheter de billets !

Mais, soyons sincère, espérait-il ce prix ? « Les prix sont comme les dulcinées du Toboso, plus nous pensons à elles, plus elles s’éloignent ». En fait ce prix, il le reçoit au nom de tous les poètes anonymes car ce prix récompense le silence, le silence qui fut celui de Juan Rulfo et qui est le sien puisque les deux n’écrivirent que le strict nécessaire.

Vient ensuite la question la plus matérielle : « que vais-je faire de tant d’argent ? » Va-t-il avec retard pouvoir donner 5000 dollars aux éditions Seghers pour obtenir une traduction en français ? Hélas les éditions en question n’existent plus ! Il va s’occuper de sa santé et de la construction de sa tour d’ivoire endommagée par un tremblement de terre. Ils disent terremoto en espagnol et ils viennent d’inventer maremoto que partout on appelle tsunami. Le mot a été repris de l’italien et on comprend alors un peu mieux comment moto s’est accroché à terre. Venant du latin moto veut dire bouger d’où bien sûr la moto … En France nous aurions pu dire « tremblement de mer » mais notre langue tendant à devenir fossile laisse à d’autres les talents de l’invention. Et par exemple à Nicanor Parra. Or il nous prévient : « L’espagnol est une langue morte ou moribonde dans le meilleur des fromages, et c’est ainsi que Rulfo rédigea son Quijote dans le parler du 16éme siècle ».

En tant que poète, il eut sur les poètes conventionnels, en y incluant les anti-poètes, « l’avantage de ne jamais écrire en vers, ni même en vers appelé libre qui est le plus artificiel de tous d’après un chat appelé Ezra Pound »

Puis Nicanor évoquera ses propres idées écocommunistes : « Revenons à la démocratie, pour que se répète le film ? NON : pour voir si nous pourrions sauver la planète et sans la démocratie on ne sauve rien. Individualistes du monde, unissons-nous avant qu’il ne soit trop tard ».

Il chantera le terme « huellas » avec lequel j’ai quelques problèmes. Je n’arrive pas à en garder la trace même si je sais qu’il vient du mot « hollar » qui veut dire « fouler » dans le sens de fouler les pas de quelqu’un d’autre. Il citera Rimbaud puis résumera son propos. Il est écologiste et remercie explicitement les membres du jury et parmi eux Julio Ortega le Péruvien. Je l’ai croisé un jour, soucieux d’interroger Alfredo Bryce Echenique.

Et comme le dit Nicanor à la fin de son discours : Mai Mai peñi, qui en langue mapuche signifierait quelque chose comme « hola, hermano » et peut-être en français, « salut à tous »..

Jean-Paul Damaggio

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 15:03

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Au Chili, j’ai croisé des livres de Gonzalo Millan en me disant que ce nom me rappelait quelque chose. A force de fouiller mes archives je tombe sur ce texte ancienn à la fin d'un livre de chroniques jamais publié. JPD

 

 

J'aurais été profondément triste si j'avais dû conclure mes chroniques sans pouvoir répondre à un des lecteurs qui me posa cette question : « Je viens de voir le beau film de Guzman "Salvador Allende". (il est passé une semaine ici à Bourgoin-Jallieu !) A la fin du film, il y a un splendide poème en espagnol, d'un poète chilien, je crois, mais dont je ne me rappelle plus le nom. Ce poème est comme une description d'un film qui va en arrière, du style : "on voit les bombes remonter dans les avions, les gens sortir du stade en marche arrière etc...". Te souviendrais-tu du nom de ce poète, et saurais-tu si ce poème a été traduit en français ? »

 

Pour répondre, je m'étais adressé à quelques amis et aussi au responsable de la version du Diplo qui paraît au Chili mais sans succès. Or, chercher le nom d'un poète, n'est-ce pas merveilleux ? Pour moi, si l'écriture est une voiture, le romancier peut être le moteur ou les roues, l'essayiste les phares ou le volant ; le poète est inévitablement la voiture toute entière. J'admire à chaque fois la puissance d'une telle globalité. La vie de l'un devient vraiment la vie de chacun et la vie de chacun se retrouve dans la vie de l'un. Le particulier disparaît sous le multiple et pourtant le multiple me revoie à ma particularité.

 

Quand j'ai annoncé que j'allais me plonger dans le festival cinéma latino-américain de Toulouse, il fallait en déduire que j'allais enfin découvrir le poète en question. Le film a même été programmé à Montauban ! Le présentateur de la soirée indiqua que ce festival est né en 1989, c'est-à-dire l'année après la campagne Juquin. J'ai, à ce moment-là, appris à connaître celle qui avait déclaré trois ans avant : « Ce n'est pas moi qui ai quitté le PCF, mais le PCF qui m'a quitté ». Elle est la directrice du festival et quand, à Montauban, le comité de solidarité avec le Nicaragua commença à battre de l'aile, j'avais soutenu Claude Courtot qui avait proposé de se faire le relais, à Montauban, de l'initiative toulousaine devenue une référence. Malheureusement, la majorité n'a pas voulu donner suite et c'est donc seulement depuis 4 ans, grâce à l'association Eidos, que quelques films font les 50 km qui séparent Toulouse de Montauban. Cette année, le premier fut : « Salvador Allende » de Guzman.

Quel est donc le poète qui clôt le film ?

J'avais pensé à Nicanor Parra mais non, ce n'est pas lui. Il porte la fameuse moustache latino-américaine, celle d'Allende justement. Aujourd'hui encore, en version plus blanche, elle orne son visage. Comme chez Alfredo Bryce-Echenique mais il vient de la perdre car quelqu'un la lui a volé à un carrefour de Lima.

Comme l'avait très bien observé mon correspondant, il s'agit d'un poète de l'énumération, un poète qui s'exila au Québec. J'ai nommé Gonzalo Milan.

Je ne connaissais pas cet adepte d'une double poésie: poésie «ordinaire» et poésie « visuelle ».

Natif de Santiago en 1947 il tente depuis son premier recueil qui date de 1968 de marier poésie et arts plastiques, un peu dans la ligne du groupe Cobra. Il n'a publié que quatre livres dont un au Québec, Ciudad, dans lequel je pensais retrouver le bel extrait de poème que Patricia Guzman capta avec sa caméra en 1973 (?) et que Gonzalo récite. Une caméra tellement captivé par le poète-poème qu'elle ne montra pas l'assistance. Ce poème qui pourrait s'appeler 11 septembre, a-t-il été lu à Santiago avant que l'homme ne s'exile ? Tiens, j'ai écrit, s'exile. Au début du film «Salvador Allende» une dame parle de «destierro» pour dire qu'elle est de nulle part et qu'en conséquence pour survivre elle s'invente une utopie.

Vous l'avez deviné : j'ai mis en marche google sur internet, et j'ai tapé Gonzalo Millan avec, comme résultat, un livre d'une cinquantaine de pages. Bien qu'ayant vécu au Québec, il n'y a rien en français et c'est regrettable. Fils de poètes, il fut, au milieu des années 60, le Jacques Kerouac qui alla de Santiago à Lima et comme Vazquez Montalban (mon poète de référence dont la poésie ne fut jamais traduite en français) il est doté de la même moustache et il aimait les mers du sud.

Bien sûr, le coup d'Etat sera l'événement des uns qui, avec le poète, se lira comme la vie de tous, notre vie devenant celle du poète. Rien à voir avec le slogan lamentable « nous sommes tous des Américains» (ou « des Soviétiques, ou des indigènes ou des hommes à la triste figure»). La solidarité n'est pas un alignement. Avec Ciudad, le poète table sur l'objet, sur le mot objet (qu'il utilise en peinture), et ce mot objet devient une machine à fabriquer de l'impersonnel, à fabriquer de l'anonyme. Cette machine au cœur du poème lu dans Salvador Allende : «la bombe qui remonte dans l'avion» et tout qui s'énumère sur le même modèle. Etrangement Gonzalo et Patricio semblent fascinés par une même chose : les anciens, les vieux, les épuisés de la vie.

Cette idée de croiser le verbal et le visuel dans sa poésie vient peut-être de cette nouvelle condition de l'exilé obligé de dire ses poèmes dans un pays où ils ne pouvaient plus être compris comme à Santiago.

En guise d'autoportrait le poète en propose plusieurs. En guise de conclusion je donne cette simple citation qu'il reprend du groupe Cobra:

« Le tableau n'est plus une construction de lignes et de couleurs mais un animal, une nuit, un cri, un être humain ou tout cela en même temps ».

Et ceci:

« Arriver à écrire/ un de ces jours I avec la tranquille/ simplicité du chat! qui nettoie son pelage / avec un peu de salive ». 17-03-2005 Jean-Paul Damaggio

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:04

  Après la lecture surprenante d’Erec et Enide je me suis adressé à René Merle pour quelques éclairages sur les rapports entre Chrétien de Troyes et les Troubadours. Voici sa réponse et ma réaction complémentaire.

 

René Merle : Envoyé : mercredi 9 octobre 2002 16:59

 

On peut s'étonner de l'influence de la littérature médiévale sur un homme aussi moderne que MVM, et il faudrait savoir comment, tout jeune, il a été amené à s'y intéresser. Mais, à partir du moment où il s'y intéresse, je ne suis pas étonné que MVM connaisse mieux Chrétien de Troyes que les Troubadours.

En ce qui concerne l’autre versant des Pyrénées, comme tout bon étudiant et tout bon lecteur d'alors, sa culture ne peut être que française et non pas occitane. (D'où ses approximations sur l'histoire de la chanson, et sur les Troubadours).

Et comment alors MVM ne serait-il pas alors captivé par la figure centrale de la littérature française de ce 12e siècle si novateur, siècle de redémarrage, de renouvellements fructueux des héritages, de clarifications et d'espérances, à savoir Chrétien de Troyes.

Parce que celui-ci unit la poésie (il écrit en vers assonancés) et le roman, dont il est un des pères, sinon le père, avec tout son cycle arthurien (tout droit venu des pays celtiques par l'Angleterre) dont « Erec et Énide » est le premier morceau.

Pour autant, Chrétien de Troyes ne pouvait ignorer les Troubadours. Il est de la fin du siècle, et les plus grands troubadours sont antérieurs. Leurs livres ont eu le temps de se diffuser. Et déjà aussi par l'Angleterre où régnait Aliénor d'Aquitaine, puis par la cour des Comtes de Champagne, la sienne, où règne Marie de Champagne, fille d'Aliénor. La rhétorique de l'amour courtois est chez elle dans ces cours.

Mais Chrétien de Troyes se différencie des Troubadours dans la mesure où il assume la fusion difficile entre l'héritage chrétien, l'héritage celtique, et l'héritage greco-romain (cf. le prologue d'Erec et Enide), fusion qui n'intervient pas dans les œuvres troubadouresques, fondées sur leur propre culture du présent aristocratique d'Oc et leur rapport à l’Espagne.

Son discours amoureux est celui de la conquête, puis de la négligence, et enfin de la reconquête, et non pas celui, cher aux Troubadours, de l'adulation contemplatrice. C'est de cette dynamique que chez Chrétien de Troyes naît le récit, qui ne peut exister dans le lyrisme des troubadours, voués par la nature même de leur propos à la pièce courte et close. Certes, l'épopée aussi est récit, mais récit d'un destin dans les faits d'armes collectifs, alors que le récit de Chrétien de Troyes est celui d'êtres humains qui ne peuvent accéder au bonheur et à la complétude que dans l'amour réalisé. Donc Chrétien de Troyes et les Troubadours ont en commun le lyrisme, mais le lyrisme savant des Troubadours se clôt sur lui même, dans une discipline de l'amour et une dignification hors réalité de la femme, alors que le lyrisme de Chrétien de Troyes s'ancre plus dans la réalité d'un amour humain réellement vivable.

Reste à savoir ce que MVM a vraiment connu de Chrétien de Troyes, et à comprendre pourquoi le mythe douloureux d'Erec et Enide l'a si vivement embrasé dès sa jeunesse.

A comprendre pourquoi c'est ce mythe qui ressort en cette phase douloureuse où l'âge venant, et le monde étant ce qu'il est, l'individu apparemment comblé se retourne sur son destin et ne s'en contente pas.

Je n'ai pas encore lu le livre. René Merle

09/10/2002

 

 

A la vitesse d'internet, ta fusée éclairante, chargée d'une vision si globale, m'incite à quelques compléments montalbaniens et personnel.

Sur la forme luxe du livre :

Pourquoi a-t-il changé d'éditeur car je pense que ce n'est pas Planeta qui édite? S'agit-il d'un éditeur spécialisé dans le Moyen —Age ? A-t-il eu besoin, sentant une fin proche, de ce type de publication ? La question n'est pas bien sûr anecdotique et le soupçon de trahison a sa raison d'être.

Pour préciser donc les rapports MVM et Chrétien de Troyes, tu trouveras dans Mémoria y deseo page 139 un poème Correo sentimental, Respuesta a Enide. Il te dira sans doute une part de MVM (j'en profite pour t'indiquer car je ne sais si je l'ai fait que Ana, à qui est dédié le premier recueil de poésie, est sa femme). Cette référence a fait discuter en Espagne car dans un premier temps MVM a dit que le poème appartenait à Educacion sentimental, deux livres qui sont proches il est vrai ?

MVM a déclaré que c'est dans le cours de littérature Marti de Riquer qu'il fit connaissance avec la légende de Chrétien de Troyes qui le fascina aussitôt.

Et ensuite dans Chronique sentimentale d'Espagne il écrit :

"El amor, que nada entiende de razas ni colores, paso a ocupar un lugar relevante en la tematica popular. La cosa venia de antiguo, porque uno de los temas mas apurados por la literatura popular ha sido el amoroso, desde los tiempos del Erec y Enide, de Chrétien de Troyes. El romanticismo habia llevado a peligrosas desviaciones del tema ; desviaciones que iban hacia la frustracion, la tragedia final, la carrera de obstaculos corrida por amantes que se queman las alas en el fuego de imposibilidades fatales, individuales o sociales...."

Ce livre de MVM fut un cri politique contre la double vision élitiste de la culture : celle de droite et celle de gauche. Cette citation s'inscrit dans cette quête d'approche d'un peuple qui n'est ni à éduquer ni à consoler. Il constate que la politique n'étant plus au cœur du peuple, il faut chercher des voies nouvelles pour le repolitiser. Mais je m'éloigne du sujet. Peut-être déplace-t-il Chrétien de Troyes, à contre-sens?

Pour résumer le livre un Montalbanien écrit: "Erec y Enide es la adaptacion en clave politica -y vital- de una leyenda arturica con que el autor quiere demostrar, entre otros convencimientos et posible uso mestizo-popular de un texto medieval y por tanto, en apariencia hermético y o elitista ; una novela desesperarizada y esperanzadora al mismo tiempo ; una novela de mujeres fuertes y sabias ; una novela muy literaria para revalorizar la literatura y darle, y reconocerle, una capacidad de intervencion en la realidad que nos circunda ; una novela de compromiso."

Nous verrons à l'occasion, aussi je garde précieusement ton texte que je casserai dans les pages du livres.

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:03

En fait, l’information nationale concerne le plus souvent le centre du pays qui est le pays lui-même. Le reste, aujourd’hui, c’est la marge.

Les infos télé nous apprennent qu’avec le printemps il faut se méfier des coups de froid, des allergies. A Arica c’est toujours le printemps donc l’information est de peu d’intérêt mais à Coyhaique où le maire qui vient d’être élu est un Indien mapuche (Alejandro Huala Canumán),  c’est si peu le printemps que l’information est de peu d’intérêt.

Le Nord a eu son heure de gloire. Pour Arica le lien avec la Bolivie reste la source d’activité majeure du port. Lien que les Boliviens voudraient remplacer par leur droit historique à l’accès a la mer. Aucune chance pour que ça arrive.

Le Sud reste le pays de rêve quand on est fatigué du Chili central tournant autour de Conception, San Antonio, Valparaiso et bien sûr Santiago.

Le Chili ne pourra jamais être un pays.

J’ai demandé à une dame de Valparaiso si elle avait visité le Nord et elle m’a répondu : « Avec un revenu moyen de 500 euros par mois, pour faire du tourisme il vaut mieux aller en Bolivie. »

Impossible que l’habitant du Sud fasse 4000 km pour aller au Nord et vice versa.

Le Chili ne pourra jamais être un pays sans les Chiliens ne peuvent le connaître.

Les avions en ligne intérieure sont nombreux mais chers.

Les bus sont confortables mais le temps de trajet si long et les congés si courts que les habitants d’Antogasta qui ont un week-end prolongé se précipitent à San Pedro d’Atacama mais pas davantage.

Qu’au Chili, la Marine soit le pouvoir structurant, ça démontre que la mer compte plus que la terre !

Ne parlons jamais du Chili sauf à bien savoir que c’est une zone limité autour de Santiago qui tient lieu de pays !

Jean Paul Damaggio

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 10:02

Le 7 octobre les Chiliens furent gâtés avec deux grands matchs de foot -dos partidazos-

 

Le Barça contre Madrid et Colocolo contre les Rangers. Le foot une religion ? Sauf qu’à faire cette remarque a une passionnée de lecture d’Isabel Allende j’ai lu la surprise sur son visage.

En fait si la religion c est la communion des Saints le foot est une religion.

En fait si la religion c est la passion populaire le foot est une religion.

En fait si la religion c’est pour oublier les drames du quotidien et leurs causes, le foot est une religion.

Mais il ne s agit là que des effets et non des causes de cet universel que sont les religions.

 

Maradona, un dieu ?

Oui, Maradona est adulé au même titre qu’un dieu pourtant entre le joueur de foot et dieu la différence n’est pas mince : l’un est un être vivant et l’autre un être mythique.

Maradona, en dehors des terrains de foot, est un homme qui a traversé les crises que traversent des milliers d’être ordinaires. Il s’est drogué, il a aimé, et qui sait où il est aujourd’hui. Et une fois mort, l’adoration dont il est l’objet s’estompera peu à peu comme pour Pelé et d’autres.

C’est donc par l’effet d’une métaphore dangereuse qu’on fait de Maradona (pour prendre cet exemple) un dieu.

 

L’éphémère qu’est un but génial

Avec toute la technologie moderne, on conserve l’image magique de celui qui trouve la faille et marque un but, on la repasse sous tous les angles, au ralenti s’il le faut. Mais le propre du geste tient à son effet éphémère qui le rend unique, un geste plus instinctif que réfléchi, un geste, comme l’homme qui le produit, profondément humain. Et quand il est arrivé à Maradona de tricher en marquant un but de la main sans se faire voir, c’est aussi l’effet de l’humain qui ne peut pas toujours subir la morale.

La religion est tout le contraire. Contre l’éphémère du présent, elle promet l’éternité du futur et si elle en appelle à la réflexion non scientifique mais théologique c’est qu’elle est aussi une construction de l’esprit plus qu’un effet du corps. D’ailleurs toutes les religions tentent d’emprisonner les corps.

 

Et il y a deux camps…

Il n’y a pas de foot sans le partage du terrain entre deux camps. C’est vrai les religions aussi s’affrontent mais parce qu’elles veulent occuper tout le terrain. Aucune équipe ne veut occuper tout le terrain, car elle a besoin de l’adversaire pour étaler sa force… ou sa faiblesse.

Le foot est une compétition pas une consolation.

Le peuple qui se passionne le fait car il a une équipe à laquelle il s’apparente.

Beaucoup de rencontres de foot ont pris et prennent des formes politiques jusqu’à provoquer des guerres. Et le politique, au plein sens du terme, est le contraire de la religion.

 

Le foot, une religion, c’est presque un blasphème !

Au Chili, la religion sous une forme éclatée, sous une forme ordinaire, sous une forme nouvelle est un fait majeur du quotidien. Combien de fois, sur les places publiques avons-nous écouté des prédicateurs en tout genre ! Cette intrusion de la véritable religion dans la vie de chacun, incite à refuser les amalgames trop sommaires. Finalement, dire comme il m’arrivait de le faire, que le foot est une religion, c’est un peu comme un blasphème inutile car il dévie la réflexion de l’essentiel.

 

Le foot fils du capitalisme

A bien y regarder, le foot véhicule toutes les valeurs du capitalisme, des valeurs qui obligent les religions historiques à se recycler ou à disparaître. Se recycler en devant des religions marchandises. Se recycler en devenant des religions concurrentes. Se recycler en devenant des religions éphémères même si elles s’appuient sur les textes sacrés.

Une telle situation rallume l’envie de retourner vers les fondamentalismes religieux qui doit nous écarter des péchés du stade. La dévotion envers le présent, la compétition, l’éphémère, la remise en cause constitue la base culturelle de la révolution capitaliste. Tant que cette révolution inventait un futur par le sport et tant d’autres choses, elle était facteur de progrès mais à atteindre ses limites elle se retrouve prête à s’allier avec des fondamentalismes religieux pour se donner l’épaisseur qu’elle ne peut plus avoir. Le capitalisme avançait par la référence au futur du capitalisme. Quand il se tourne vers son passé, il se tire une balle dans le pied.

 

Les raisons du peuple

Le peuple a raison d’aimer le foot et les autres sports puisqu’ainsi, il se retrouve. Il communie dans une ferveur aux dérives parfois sordides mais globalement il ne cherche pas dans les plaisirs du stade à oublier son quotidien puisque le stade ne lui renvoie rien d’autre que son quotidien. Il voudrait seulement que ce quotidien se fasse plus artistique.

C’est du moins ce que je devine dans les cris de désespoir que les fans de la « Roja » ont poussé dans des bistrots bondés en voyant perdre leur équipe éliminée de la future Coupe du Monde.

Jean-Paul Damaggio

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:57

 

Le Monde Diplomatique au Chili

 

Alors que depuis longtemps je digère mal la version française du Monde Diplomatique, j’ai retrouvé avec grand plaisir, à Iquique, sa version chilienne !

Je dis retrouver car il y a déjà dix ans, sur la version française il y avait eu une publicité pour commander des livres à la version chilienne et j’avais reçu avec grand plaisir deux petits livres de Luis Sepulveda, mon auteur chilien par excellence, au point que j’ai négligé les autres.

La version chilienne toujours dirigée par Victor de la Fuente se présente sur un beau papier et n’est finalement pas très chère : 3,5 euros.

Le numéro du mois d’Octobre donnait la parole à de vieilles connaissances de l’ancienne version du Monde Diplomatique français : Ignacio Ramonet, Bernard Cassen et Maurice Lemoine, avec la traduction d’un texte de Serge Halimi de la version française.

Le journal continue de publier des livres et je regrette un peu de ne pas être passé à sa librairie rue San Antonio à Santiago pour y apporter tous mes encouragements (je vais voir si de France l’abonnement n’est pas trop cher).

 

La version de ce mois d’Octobre donne la parole à deux dirigeantes étudiantes, l’un chilienne et l’autre québécoise, un article sur les Mapuches, un autre sur la lutte d’une petite communauté d’Atacama, l’affaire du lithium, celle de la loi sur la pêche et même le Vatican qui n’est pas oublié !

Le journal annonce une diffusion de 10 000 exemplaires alors que celle du Venezuela est de 5000.

 

Faute de pouvoir lire une presse quotidienne convenable, avec ce journal la porte d’entrée au Chili me semble très éclairante.

 

 

 

Le Ciudadano, une découverte

J’avais demandé sur internet la liste des journaux chiliens et il n’y avait pas dans cette liste, ce mensuel, le Ciudadano, qu’en conséquence j’ai découvert dans un kiosque de Valparaiso et que j’ai bien aimé. Comme son nom l’indique et aussi sa couverture il plaide pour les associations de citoyens, peur action, leur vitalité.

Le journal sait célébrer la victoire de Chavez sans tomber dans la vénération.

Depuis j’ai découvert son site internet très riche.

 

 

Punto Final, le témoignage de l’extrême-gauche

Depuis plus de dix ans j’ai repéré l’existence de ce journal qui sans être un journal d’extrême-gauche classique, témoigne des combats du MIR qui fut puissant au Chili.

J’ai finalement acheté deux exemplaires où comme d’habitude on y trouve des articles précieux et d’autres beaucoup moins. Comme souvent pas l’ombre d’une rédactrice féminine, ce qui est vrai aussi pour le Ciudadano. Parfois la signature d’une femme sur des sujets culturels.

J’y apprends la mort d’Eric Hobsbawn à partir du texte d’un historien argentin.

Un hommage au MIR dans le cimetière de Santiago. J’en profite pour indiquer qu’il existe un site internet d’archives chiliennes très riche et qui est le centre d’études Miguel Enriquez du nom de l’ancien responsable du MIR.

Comme au Monde Diplomatique, le lithium est cœur de l’actualité, et je penche un peu sur la question qui est au cœur de l’avenir du désert d’Atacama où je passerais presque une semaine.

Comme au Ciudadano, la question de l’assemblée constituante est au cœur de l’actualité mais à partir d’un point de vue plus distancié : une assemblée oui, mais pourquoi faire ?

Si le Monde diplomatique donne plutôt la parole à la branche communiste de la révolte étudiante, ce journal penche plutôt pour la représentante des lycéens qui elle appelle à ,ne pas voter.

Pour célébrer Chavez le texte est sans critique vis-à-vis du pouvoir vénézuélien.

Voilà un tableau rapide.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:56

J'avais écrit l'article sur Vazquez Montalban cite Neruda quand j'ai trouvé ce texte...

 

Chronique des Amériques n°7 : Le bonjour de Diderot Martinez

 

L’histoire nous dit que ce jeune médecin était au Guatemala en l’an 2001 au service de Médecins sans frontières. Péruvien, il y trouva des amis catalans avec qui il frôla souvent la mort. Quand il fouille dans sa mémoire pour y chercher un poème capable de lui tenir compagnie, il pense à Pablo Neruda qui dédia un texte au Guatemala. Il se récite des vers qu’il ne classe pas parmi les meilleurs du Chilien, car, à ses yeux, trop conventionnellement progressistes. Pour signifier sa joie, il utilise les valses péruviennes et quand il veut parler de son continent il dit toujours « le continent de Bolivar et Mariategui ».

 

Au Guatemala, tout en ayant l’apparence d’un indigène capable de se fondre dans la foule, Diderot savait qu’au premier mot prononcé, son accent chantant trahirait aussitôt son origine étrangère. De ce fait, Péruvien de Piura, il craignait autant que ses amis catalans, les paramilitaires avec qui il pouvait cependant « partager » des références communes en matière de chanson. Pensons à celle-ci, écrite par Fernando Maldonado et qu’ils entendirent dans les forêts de San Mateo : « Et revenir, revenir, revenir, être à nouveau dans tes bras ».

 

Diderot Martinez existe-t-il vraiment ? Je viens de l’emprunter au dernier roman « blanc » de Manuel Vazquez Montalban et je l’évoque ici en guise d’hommage, à l’heure du premier anniversaire de sa mort. Erec et Enide, tel est le titre repris par l’écrivain à Chrétien de Troyes, pose une fois encore les rapports entre la fiction et la réalité. Montalban écrit ceci à un moment tragique pour les héros : « Quant à Diderot, il se borne à contempler son étrange navigation sur les mers intérieures de la mémoire et du désir, démontrant comme toujours sa capacité à vivre sa vie envers et contre tout, y compris entouré de fusils-mitrailleurs ». Diderot navigue comme Manuel à 20 ans, sauf qu’ensuite Manuel se mit à écrire alors que Diderot soigne les humains.  

 

Les amis catalans de Diderot (Pedro et Myriam) sont la version moderne du couple Erec et Enide, version qui croise celle d’un autre couple, les parents adoptifs d’Erec-Pedro. Le père de Pedro, un homme de culture ne vivant que par le roman arthurien s’entendra dire, vers la fin du roman, de la bouche de sa maîtresse : « Tu aurais aimé être Erec mais tu n’en as pas été capable et en conséquence tu as minimisé les possibles Enide. Ta femme, moi, tes maîtresses occasionnelles ». La fiction pour fuir le réel ? Au repas qui le consacre, le vieil homme de culture (ici Je) rencontre une jeune admiratrice (Celsa) qui lui demande :

 

« - Ce que nous savons nous fait-il vraiment du mal ?

Je suis obligé de lui donner une réponse que je n’ai pas mais que j’improvise, avec ma facilité due au vin et à la communion des saints gastronomes que nous avons établie, y compris avec la ministre, qui mange peu, comme si elle voulait garder la ligne, encore que je vois pas de quelle ligne il s’agit.

Oui, Celsa, si ça nous empêche de vivre.

Je ne comprends pas.

Parce que vous êtes très jeune, mais quand s’additionnent des lustres de culture on peut arriver un jour à la conclusion que cette culture a agi comme un intermédiaire et comme un barrage entre nous et la vie.

Tant mieux, non ?

Non.

Le ton tranchant de ce « non » me surprend moi-même autant que les autres et je me vois forcé d’improviser une justification ».

La fiction pour se masquer le réel ?

 

Pour fuir sa vie ou la retrouver,Vazquez Montalban (Manolo pour beaucoup de personnes) utilisa peu l’Amérique latine. Il y eut Cuba, où son père tenta l’aventure avant de devenir son père. Puis, l’être sous-réaliste se désignant du nom de subcommante Marcos. Entre les deux, les mères de la Place de Mai devenue des grands-mères. Sans oublier les dizaines d’écrivains dont un qui rongea l’âme de Manolo, trois fois présent dans Erec et Enide : Mario Vargas Llosa. Mentionné nommément comme l’auteur d’un travail sur une œuvre capitale de la littérature chevaleresque, Tirant le blanc, où il fut guidé par Martin de Riquer. Mentionné par une œuvre, La fête au bouc (l’antithèse du livre de Vazquez Montalban, Galindez). Mentionné par le détail qui nous ramène à Diderot Martinez : l’accent chantant de Piura qui fut si déterminant dans la vie de Vargas Llosa. J’explique cette référence explicite à cette ville peu connue du Pérou, par un clin d’œil à Mario car Manolo semble étranger au monde péruvien et même andin. Dans le tour du monde final qui rassemble les obsessions de toute sa vie et qu’il impose à Pepe Carvalho, le détective et son cher Biscuter débarquent à Valparaiso pour, de là, prendre la route que Neruda suivi clandestinement quand il dut quitter le Chili pour Mendoza en Argentine. Ils croisèrent un admirateur d’un autre poète, Juan Gelman et avec lui, allèrent jusqu’à Ushuaia avant de remonter vers Buenos Aires. Ensuite ils contournèrent l’Uruguay avant de quitter les Amériques. Les Amériques de Manolo furent donc très peu andines. Dans ce roman, Milenio, Pepe refuse la communion des saints, tandis que le héros d’Erec et Enide a encore la sienne. Il reste encore des révoltés. 13-10-2004

P.S. : Suite à la précédente chronique un ami qui travaille à Porto Alegre me fit deux observations. Une pour dire qu’en effet le PT risque fort de perdre le 31 octobre, dans cette ville. L’autre pour contester que Marta Suplicy puisse devenir la candidate du PT à la prochaine présidentielle. Sur ce point, j’ai été manipulé par la presse brésilienne qui, pour combattre Lula, lui invente une remplaçante. Je suis sûr qu’il a raison, donc acte.

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:54

Trois jours à chercher dans mes romans de Vazquez Montalban, une annotation que j’aurais pu y glisser à cause d’une présence de Neruda et merveille des merveilles, j’ai fini par trouver.

 

A un moment dans Eric et Enide page 157 de la version française (p. de la version espagnole) voilà que Neruda apparaît.

Le contexte d’Erec et Enide

C’est le dernier roman « blanc » de Vazquez Montalban qu’il entrelace avec le livre du même titre de Chrétien de Troyes. Un livre étonnant que le romancier considère comme son testament, du moins ce fut ma sensation quand, achetant en Espagne le livre,  j’ai découvert une présentation luxe pour un roman à tant de clefs, que la lecture achevée, il faut toujours la recommencer.

Il écrit :

« Diderot et Myriam s'assoient l'un à côté de l'autre sur la banquette arrière qui tient toute la largeur, Pedro juste devant, et ils commentent silencieusement le miracle : ils ont eu des places et l'autocar roule normalement, en produisant tout juste deux ou trois bruits à peine bizarres. Pedro est le premier à s'endormir, suivi de Myriam. Diderot essaye mais, n'y parvenant pas, il fouille dans sa mémoire Pour y trouver un poème qui lui tiendrait compagnie, par exemple celui que Neruda a dédié au Guatemala : « Un nuage solitaire pleurait / près de la porte du ciel / je l'ai vu de mon avion / et lui ai prêté mon mouchoir / Guatemala ! » Il tente d'inventer une musique pour les paroles et la trouve tandis qu'il récite tout bas : «Guatemala ! quel triste sort est le mien / qui n'a d'égal nulle part / te quitter à la naissance du jour / Mais je lui répondais / La dernière balle est à nous / et nous reviendrons encore. » Et il lui vient un guaguanco, à la manière des chansons que Carlos Puebla a consacrées à Fidel Castro et à la révolution cubaine dans les années soixante. « Avec l'OEA ou sans l'OEA, nous gagnerons le combat... » Il fait passer cette musique sur « La dernière balle est à nous / et nous reviendrons encore... ». Les vers de Neruda lui paraissent mauvais, faciles, comme fabriqués pour se conformer à un rite conventionnellement progressiste, obligatoirement progressiste. Le chauffeur donne un coup de frein brutal qui tire Diderot de son poème et Myriam et Pedro de leur sommeil pour constater l'agitation des passagers, les yeux fixés sur l'obstacle en travers de la route : un barrage, des gens armés en uniforme et, devant eux, monté sur une jeep, une espèce de nain chinois habillé comme un généralissime US à la conquête d'un bastion décisif des Philippines. Les hommes de la troupe braquent leurs fusils-mitrailleurs sur les voyageurs et les obligent à descendre. »

 

Diderot n’est pas le visage caché de Montalban et je ne sais trop à qui il correspond dans les livre de Chrétien de Troyes mais son usage de Neruda, son jugement sur le poème n’est pas très gentil.

Pourtant, dans ce roman, Montalban quitte sa chère ville pour l’envahissante nature du Guatemala et cette escapade n’est pas dans son genre. En fait, c’est sans nul doute l’admiration pour l’anti-héros, le Subcommante Marcos, qui a poussé le romancier vers ces terres mayas de Centre-Amérique. Il raconte comme il fut contraint pour la première fois, en allant visiter les zapatistes, à grimper sur un cheval, lui qui fut si peu rural.

Ce rapport entre le rural et l’urbain est un de ceux qui distinguent fortement Neruda le rural et Montalban l’urbain. L’ami permanent du Catalan, le poète J-M Valverde a été conduit à écrire la page concernant Neruda dans Historia de la Literatura universal publiée en 1986 chez Planeta et il indique ceci :

« Peut-être le problème central de la poésie de Neruda se résume dans le fait un peu paradoxal que pour construire son grand poème social, politique et historique il commence – sans jamais en sortir – par parler très peu des hommes mais de la nature, de la géologie, des mers, des rivières, des plantes et des oiseaux et ensuite du passé historique ; alors qu’au contraire – comme Néruda le reconnaîtra lui-même - il n’arrive jamais à parler de ce qui est une clef sociale de l’Hispano-Amérique, et ça c’est sûr, à savoir les grandes et démesurées villes. A lire le Chant général, seuls sont visibles, sur l’impressionnant paysage et les images des races anciennes, les conquistadors et les libertadors, quelques figures actuelles de paysans, ouvriers et lutteurs héroïques tout comme les grandes figures des tyrans politiques ; mais on ne voit pas qu’un des aspects de la souffrance sociale d’Hispano-Amérique consiste à posséder des villes démesurées au milieu d’énormes zones quasiment vides. »

 

La vie fait que cette Historia de la Literatura universal a été écrite avec Martin de Riquer dont Montalban a suivi le cours sur Chrétien de Troyes quand il était jeune, cours dont il a été tellement marqué, qu’il a écrit aussitôt un poème, Erec et Enide, un poème qui deviendra quarante après un roman. Telle était la fidélité de Montalban.

 

Donc Diderot pense qu’on peut mettre en musique la poésie de Néruda mais qu’elle n’est pas pour autant une bonne poésie. Diderot – le nom est très fort – est un Péruvien, plus précisément un Péruvien d’une ville que je connais parfaitement bien, Piura. Diderot a peut-être été, comme des centaines de milliers de latino-américains, marqué par le célèbre livre du Néruda antérieur à son engagement politique, le petit livre intitulé Vingt poèmes d’amour et une chanson désespéré. Le succès de ce livre a accompagné les chagrins d’amour de plusieurs générations. C’est d’ailleurs par ce livre que j’ai tenté d’entrer dans la poésie de Néruda.

En 1971, pour l’achat de mes premiers livres, j’ai porté mon choix sur la petite et belle édition des Editeurs Français Réunis. Par la suite, je me suis plongé dans Vaguedivague mais sans jamais être conquis. J-M Valverde dit qu’après Le Chant général c’est le plus beau livre de Néruda. « Le poète s’y fait moins sérieux et oubliant les grandes questions, il regarde les choses avec une ignorance narquoise. » Les noms de ville y sont à la pelle (surtout étrangère) avec même un titre, Anti-Ville, pour parler de Santiago, texte « complété » de Chante Santiago.

Avec ces deux livres j’aurais dû vivre au rythme de Néruda. Par devoir j’ai lu son autobiographie, J’avoue que j’ai vécu et par chance j’ai fini par croiser Montalban.

Jean-Paul Damaggio

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:51

Voici vingt ans que j’écris ici ou là sur les Amériques. Sur Internet, j’ai commencé par le site le Magret Diplomatique en 2005 (si les deux animateurs me lisent aujourd’hui, je les salue), puis il y en a eu tant d’autres. En cherchant un texte sur le film Il Postino j’ai retrouvé celui-ci que j’avais oublié et qui nous renvoie à un moment émouvant : Sépulveda sur la tombe de la fille de Neruda ! A suivre. JPD

 

 

Le bonjour de Luis Sepulveda

 

Avec son livre publié en 1992, Le vieux qui lisait des romans d’amour, le Chilien Luis Sepulveda entra dans le monde des écrivains par la grande porte. Dernièrement, à une émission de France-Culture, celui qui l’interrogeait voulut le chasser par la porte de derrière. Il s’agissait de discuter de son dernier livre : une sale histoire.

Luis Sepulveda, comme d’autres aux Amériques, a une passion pour l’écriture journalistique. Je l’ai souvent croisé par exemple dans le journal Interviu aux côtés de Manuel Vazquez Montalban. Parfois il rassemble quelques chroniques dans un livre. Cet exercice politico-littéraire, auquel se livrent Vargas Llosa, Sergio Ramirez, Eduardo Galeano, Umberto Eco, comporte de multiples risques. Luis Sepulveda dut en découvrir un, le jour de la dite émission de France Culture.

Dans la sale histoire il reprit une chronique où il dénonça, en termes sévères, la politique de l’Israélien Sharon. Elle fit l’essentiel de l’émission car il alla jusqu’à comparer les numéros que les nazis inscrivaient sur les juifs, avec ceux que les Israéliens inscrivent sur des Palestiniens (tout en précisant qu’ils ne sont pas définitifs). Une exagération malheureuse ? En 1968, il était de bon ton de crier « CRS=SS » et j’ai toujours trouvé regrettable cette exagération, comme bien d’autres. Oui, mais un écrivain qui connaît le poids des mots (et dans ses chroniques Sepulveda porte souvent son regard sur la question) comment peut-il se laisser aller à une exagération ? N’y aurait-il pas, d’ailleurs, des exagérations plus autorisées que d’autres ?

Le journaliste de France-Culture se permit une exagération : réduire le livre à cette seule chronique. Comme si nous ne savions pas, par ailleurs, que Luis Sepulveda est un humaniste bien connu et doté d’une obsession : Pinochet.

Je viens de lire, en castillan, un autre livre de chroniques du Chilien : La locura de Pinochet. Nous suivons à la trace la vie du dictateur, depuis qu’il laissa le pouvoir, un homme, responsable de milliers d’assassinats, qui vit une retraite tranquille (seulement un peu inquiété à Londres et à présent dans son pays). Après 1973, Luis Sepulveda fut libéré de ses tortionnaires par une campagne de solidarité et vit depuis en exil et il compare la DINA chilienne à la Gestapo.

L’ami Bernard Lubat qui aime jouer avec les mots, écrit : exil c’est ex-il. Bien des langues reprennent le même mot : esilio, exile, exilio ou exil en allemand. Le « ex » c’est pour dire une sortie mais en fait une sortie d’un territoire (un bannissement) plus qu’une sortie de soi-même. Or entre la construction d’une identité personnelle et un lieu, la parenté est bien connue. Donc l’exilé quitte une part de lui-même en quittant son pays (avec douleur ou soulagement ou les deux). Et l’être nouveau, issu de l’exil, est doublement exilé car dans son pays d’origine on lui refuse souvent le droit d’intervenir. Les Chiliens de Santiago ne peuvent pas voir sous le même angle que Sepulveda « la locura de Pinochet ». Ils disent ou diront qu’ils ont été obligés de vivre avec, qu’en conséquence ils ne peuvent pas être aussi radicaux qu’un exilé, pour le dénoncer etc.

Je relève ce rappel historique : « En 1987, le ministre du travail allemand, Norbert Blühmn visita le Chili et se vit obligé de saluer Pinochet. Le tyran le reçut avec une de ses typiques bestialités en lui disant : « On a beaucoup falsifié l’histoire allemande. Dans les camps de concentration, ce ne sont pas six millions de juifs qui moururent, mais seulement quatre ». Le ministre allemand ajusta ses lunettes et répondit : « Une seule victime aurait suffit pour mériter une condamnation universelle ». »

 

Dans un autre livre de chroniques, toujours en castillan, Le pouvoir des rêves, Luis raconte quelques autres anecdotes de la vie. J’en reprends une au sujet du poète Pablo Neruda. Sepulveda ne le rencontra que trois fois et chaque fois il observa, dans les yeux du poète, une tristesse singulière. Beaucoup plus tard, il comprit cette tristesse. Une journaliste chilienne, Isabel Liptay lui envoya en Espagne une histoire surprenante qui l’incita aussitôt à partir pour Amsterdam. La première épouse de Neruda était hollandaise : Maria Antonieta Hagenaar. Le prénom semble lui donner aussi une dimension latine. Ils eurent une fille le 18 août 1934 à Madrid : Malva Marina Reyes-Neruda. Observez la date et le lieu : Madrid et 1934. Ils y furent rattrapés par la guerre civile mais seul Pablo resta dans la ville : son épouse et sa fille partirent pour Amsterdam, leur amour s’était entre temps évanoui. Elles pouvaient emporter ce petit poème de Garcia Lorca : « Niñita de Madrid, Malva Marina / no quiero darte flor ni caracola : / ramo de sal y amor, celeste lumbre / pongo pensando en ti sobre tu boca ».

Cette guerre d’Espagne qui, pour Sepulveda se caractérise d’un seul vers du poète César Vallejo, allait durablement séparer le couple.

 

Pourquoi Luis décida brusquement de partir pour Amsterdam des années après ? Pour une visite au vieux cimetière de Gouda qui est un monument national : toutes les tombes sont inamovibles. Il arriva à une pierre couverte d’un peu de mousse où il put lire : « ci-git notre chère Malva Marina Reyes née à Madrid le 18 août 1936 et décédée à Gouda le 2 mars 1943 ». Elle n’avait pas sept ans, elle était hydrocéphale. J-P Damaggio

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:41

Au Chili les municipales sont depuis longtemps annonciatrices des résultats des présidentielles qui suivent, aussi celles de 2012, après le retour de la droite au pouvoir, faisaient l’objet d’une bataille acharnée. Nous avons pu suivre cette bataille qui a mobilisé des milliers de personnes et se faisait visible sur d’innombrables panneaux posés dans tous les coins. Il s’agit d’affiches accrochées à un cadre en bois envahissant tout l’espace public. Parfois des têtes y sont découpées en signe de protestation mais dans l’ensemble cette marée publicitaire fait bon ménage. Porte à porte, réseaux sociaux, réunions, débats, vu d’Europe on ne mesure pas tout ce qu’une élection remue de personne aux Amériques, même aux USA où pourtant les différences entre candidats sont minces.

A Valparaiso nous avons été salués par la candidat du PS, à Iquique nous avons vu les camionnettes chargées d’affiche partir à l’assaut de la ville, partout l’agitation était à son comble sauf que le premier résultat est là : 60% d’abstention, un record qu’aucun institut de sondage n’avait imaginé (aux dernières présidentielles il était seulement de 12%).

 

La victoire de la gauche

Elle est incontestable mais repose sur deux pactes différents. D’une part la Concertation classique avec le PS et la Démocratie chrétienne (29%) et pour un Chili Juste qui unissait le PC, le PPD (Parti pour la démocratie), le PRSD (parti radical-social-démocrate) et des indépendants (13%). C’est cette construction qui a fait dire que pour une fois le PCF s’est allié avec la Concertation mais seulement avec des éléments de la Concertation qui, en particulier à Santiago ont joué le jeu de l’unité pour battre la droite avec des dirigeants démocrates chrétiens soutenant des têtes de liste communiste !

Pour arriver à un total des voix de gauche plus fort que celui de la droite il faut aussi ajouter les voix du parti progressiste qui continue de faire cavalier seul sous la direction de Mario Enriquez Olimani (MEO). Dès son apparition dans des municipales il s’impose dans des communes du Nord importantes : Arica, Calama, Pozo Almonte, Tocopilla, quatre villes où nous sommes passés pour atteindre un résultat de 7 maires élus faisant ainsi mieux que le PC qui reste avec 4 maires, malgré la victoire emblématique de Daniel Jadue dans le quartier de Santiago Recoleta, victoire qui si elle avait été complétée par celle du jeune leader étudiant Camille Ballesteros aurait remis encore mieux en selle ce parti.

La droite a perdu c’est net mais est plus unie que la gauche et les prochaines péripéties de la vie chilienne vont sans doute le démontrer.

 

L’avenir de la gauche

La question cruciale est celle de Michelle Bachelet qui pour le moment travaille à l’ONU aux droits des femmes (ce qui est étrange pour une fervente opposante aux droits à l’avortement) : elle veut bien être à nouveau candidate à la présidentielle mais le PS est tiraillé entre le soutien traditionnel à la démocratie chrétienne et un virage vers la gauche pour s’unir davantage avec l’union Chili Juste, aussi elle observe plus qu’elle n’agit. Pendant les municipales sa photo a été largement utilisée par le PS car les sondages font toujours de l’ancienne présidente une femme populaire, mais elle n’a pas dit un mot.

L’élection présidentielle se déroule à présent comme en France, avec deux tours qui mettent face à face les deux premiers. D’après les sondages, seule Michelle Bachelet est capable de devancer l’outsider qu’est MEO !

 

La bataille pour l’assemblée constituante

Le point qui fait clivage tourne autour de la revendication d’une nouvelle constitution car celle de Pinochet est de plus en plus rejeté par les citoyens mais dans le PS tout le courant de droite craint qu’ainsi, à ouvrir la boîte de pandore, ce ne soit l’aventure. Inversement MEO base toute son action sur cette revendication, récupérant ainsi un courant politique citoyen qui n’est pas forcément attiré par le Parti progressiste, préférant la gauche ordinaire, mais qui est bien obligé de prendre en compte la situation.

 

Vers quatre alliances ?

Les municipales laissent la droite sans leader si bien qu’elle peut se diviser, une partie se tournant vers la démocratie chrétienne. Dans la Concertation, c’est cependant au tour du PS a présenter un candidat (la dernière fois, le perdant fut justement un démocrate chrétien), un PS qui pourrait partir amputé d’une partie se tournant vers la DC, et une partie se tournant vers un pôle à gauche.

Les quatre alliances seraient alors les suivantes :

- la droite

- le centre-droit

- le centre-gauche

- la gauche.

Dans ce contexte le Parti progressiste uni aux écologistes pourrait tirer son épingle du jeu, mais pour quelle politique ?

 

Un Chili plus juste ?

Tout le monde s’accorde à reconnaître qu’entre la présidence Bachelet et la présidence Pinera la différence est minime. C’est sûr les pouvoirs économiques différents ont aujourd’hui des entrées plus faciles au gouvernement surtout quand le ministre de l’industrie peut donner la concession sur le lithium à une entreprise dont le vice-président n’est autre que son frère, mais globalement la direction est la même d’où cette abstention massive.*

Les atouts du Chili sont très différents de ceux des autres pays mais comment les mettre en œuvre au service de la population ? L’arrivée d’une nouvelle classe de maires (sauf à Iquique où le seigneur local a été remis en selle) va peut-être apporter un sang neuf à la politique et redonner courage aux forces démocratiques.

Jean-Paul Damaggio

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