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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:13

Un grand merci tout d’abord à la dynamique Association Miguel de Cervantès qui, en programmant au cinéma, plusieurs fois, le film Violeta, a fait en sorte qu’il rencontre un vaste public. Une partie de la discussion le mardi 18 décembre a ainsi ou porter sur le film.

Une personne a fait observer l’importance de la symbolique des oiseaux, cette symbolique que Violeta utilise pour dire que la famille Para n’est pas du genre de l’oiseau en cage ; Ainsi elle explique pourquoi, un de ses frères, n’avait pas à subir les lois scolaires. Or il se trouve que c’est le frère aîné qui avait acquis une Bourse pour qu’Eduardo suive justement des cours dans une école ! Comme quoi toute la famille n’était pas sur la même longueur d’onde parfois. Nicanor était pour la science, le raisonnement ; Violeta pour l’instinct, le sentiment. Pourtant les deux avaient la même passion : faire vivre sur la scène du monde la culture populaire chilienne.

Violeta a capté la musique, la chanson, le travail de la laine et quand elle présente son projet au Louvre, on lui demande ses diplômes et elle répond : - je ne sais rien.

Nicanor a capté ce que j’ai envie d’appeler les proverbes, les formules mais qui est encore plus large que « le sens commun ».

Violeta a mis fin à ses jours en 1967.

Nicanor est centenaire et vient d’être honoré du prix Cervantès en Espagne.

 Mais ce folklore, qui n’a rien à voir avec la folklorisation dont la fonction est d’arrêter la culture populaire, continue-t-il à être dynamique ? Après le jazz issu lui aussi de la culture populaire, l’Amérique latine a beaucoup donné à la musique du monde mais il se trouve qu’à présent c’est la zone du monde avec la plus forte urbanisation et dans les villes, il y a les quartiers branchés à la mode USA et les autres en partie déstabilisés.

 Le Chili des extrêmes il est au sein de famille Parra. Il permet en trois heures d’aller du niveau de la mer à 4500 m d’altitude. Il connaît les pires tremblements de terre dont les habitants accueillent les risques permanents avec fatalisme (comment faire autrelent sauf à quitter le pays !). Et en quelques heures d’avion on passe du désert le plus aride, celui d’Atacama à la plus grande proximité du pôle sud à Punta Arenas. Le pays enchaîne les paradoxes : on le croit grand et il a à peine plus d’habitants que le Guatemala !

 Est-il plus ou moins développé que les pays voisins ? Il est plus organisé (très peu de travail informel), il est plus riche car depuis longtemps ce pays de mineur puisse les merveilles du sol.

 La place des femmes ? Comme le reste, c’est difficile à mesurer mais il y a un fait qui ne trompe pas : en matière de droit à l’avortement c’est la répression la plus forte de toute l’Amérique latine (avec le Nicaragua) législation par ailleurs très mesurée (pour le cas où la femme est en danger) sauf l’avancée en Uruguay.

 Un échange à bâtons rompus avec la trentaine de participants dont un seul était allé au Chili mais dont beaucoup, par divers canaux avait une connaissance : Une fille animant une association dans les quartiers pauvres de Santiago ; une connaissance des coutumes Mapuche ; un comparaison avec le Pérou voisin ect..

 Et Pinochet ? Faut-il laisser le temps guérir les plaies ? Un temps qui inversement risque surtout de les infecter ? On a pas fait un sondage dans la salle mais sans doute les avis seraient partagés. En attendant, partout en Amérique latine des gouvernements tentent de changer les pays… à la méthode Allende ! Peut-être n’a-t-on pas assez dit combien cet homme fut extraordinaire tout au long de sa vie !

 L’avenir politique ? Peut-être des surprises, peut-être la routine. Le Chili peut encore nous surprendre beaucoup. Jean-Paul Damaggio

 Note : Pour les hispanophones, des livres de Nicanor Parra sont disponibles sur internet. J’en profite pour rappeler que si vous utilisez google, pour des textes en espagnol demandez d’abord google en espagnol. Pour en avoir allez à ce lien : Nicanor Parra

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:23

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A ma grande surprise, sur la place centrale de Valparaiso, j’ai découvert un buste de Bolivar. Surprise car Bolivar est peu lié au Chili qui a été libéré par San Martin, aussi je serais curieux de savoir quel élu de la ville a fait cette proposition.

De ce fait je me suis replongé dans Bolivar en commençant par un texte d’Arturo Uslar Pietri, un écrivain vénézuélien que j’aime bien. Oui mais voilà, j’ai évolué : dix ans après ma lecture initiale je découvre une hagiographie presque comique.

Je pars alors vers Flora Tristan dont les parents ont bien connu le jeune Bolivar à Bilbao d’abord, puis à Paris ensuite, de 1804 à 1807. Je me suis replongé dans son livre Pérégrinations d’une paria qui raconte son arrivée à Valparaiso et son séjour au Pérou. Mais il n’y a là rien sur Bolivar. En fait les références sont plutôt dans un autre livre de lettres : et je relis Flora avec la même passion. J’ai eu beau avoir changé, Flora reste aussi phénoménale, aussi, en attendant d’en dire plus sur sa présentation de Bolivar, je vous offre son étonnant portrait des llamas. Flora savait tout regarder, les riches et les pauvres, les humains et les animaux, en clair la vie dans toute sa splendeur. JPD

 

"Le llama est la bête de somme des Cordillères ; c'est avec lui que se font tous les transports, et l'Indien s'en sert pour commercer avec les vallées. Ce gracieux animal est très intéressant à étudier. C'est le seul des animaux que l'homme s'est associés, qu'il n'a pu réussir à avilir. Le llama ne se laisse ni battre ni malmener ; il consent à se rendre utile, mais c'est à condition qu'on l'en prie et non qu'on le lui commande. Ces animaux ne vont jamais qu'en troupes ; elles sont plus ou moins nombreuses et conduites par des Indiens qui marchent à une grande distance en avant des llamas. Si la troupe se sent fatiguée, elle s'arrête, et l'Indien s'arrête aussi. Quand la station se prolonge, l'Indien inquiet, voyant le soleil baisser, se décide, après avoir pris toutes sortes de précautions, à supplier ses bêtes de continuer leur route. Il se met à cinquante ou soixante pas de la troupe, prend une attitude humble, fait de la main un geste des plus caressants à ses llamas, leur adresse des regards tendres, en même temps qu'il crie, d'une voix douce et avec une patience que je ne pouvais me lasser d'admirer ic-ic-ic-ic-ic-ic ; si les llamas sont disposés à se remettre en route, ils suivent l'Indien en bon ordre, d’un pas egal et vont fort vite, leurs jambes étant très longues ; mais, lorsqu'ils sont de mauvaise humeur, il ne tournent seulement pas la tête du côté de la voix qui les appelle avec tant d'amour et de patience. Ils restent immobiles, serrés les uns contre les autres, tantôt debout tantôt couchés et regardant le ciel avec des regards si tendres, si mélancoliques, qu'on croirait vraiment que ces étonnantes créatures ont conscience d'une autre vie d'une phase d'existence meilleure. Leur grand cou qu'ils portent avec une gracieuse majesté, les longuet soies de leur robe toujours propres et brillantes, leurs mouvements souples et craintifs donnent à ces animaux une expression de noblesse et de sensibilité qui commande le respect. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque les llamas sont les seuls animaux au service de l'homme que l'on n'ose pas frapper. S'il arrive (chose bien rare) qu'un Indien, dans sa colère, veuille exiger par la force ou même par la menace ce que le llama ne veut pas faire de bonne volonté, dès que l'animal se sent rudoyer de paroles ou de gestes, il redresse sa tête avec dignité ; et, sans chercher à fuir pour échapper aux mauvais traitements (le llama n'est jamais attaché ou entravé), il se couche, tourne ses regards vers le ciel : de grosses larmes coulent en abondance de ses beaux yeux, des soupirs sortent de sa poitrine, et dans l'espace d'une demi-heure ou trois quarts d'heure au plus, il expire. Heureuses créatures ! qui se dérobent, avec tant de facilité, à la souffrance par la mort. Heureuses créatures ! qui semblent n'avoir accepté la vie que sous la condition qu'elle serait douce ! Ces animaux, offrant le seul moyen de communication avec les Indiens des montagnes, sont d'une grande importance commerciale ; mais on serait tenté de croire que la révérence presque superstitieuse dont ils sont l'objet ne part pas uniquement du sentiment de leur utilité. J'en ai vu quelquefois trente ou quarante intercepter le passage dans une des rues les plus fréquentées de la ville ; les passants arrivés près d'eux les regardaient avec timidité et rebroussaient chemin. Un jour il en entra une vingtaine dans la cour de notre maison, ils y restèrent six heures ; l'Indien se désespérait ; nos esclaves (1) ne pouvaient plus faire leur service : n'importe, on supporta l'incommodité que ces animaux causaient, sans que personne songeât seulement à leur adresser un regard de travers. Enfin les enfants mêmes, eux qui ne respectent rien, n'osent toucher les llamas. Quand les Indiens veulent les charger, deux d'entre eux s'approchent de l'animal, le caressent et lui cachent la tête, afin qu'il ne voie pas qu'on lui met un fardeau sur le dos ; s'il s'en apercevait, il tomberait mort ; il faut en agir de même pour le décharger. Si le fardeau excédait une certaine pesanteur, l'animal se jetterait immédiatement à terre et mourrait. Ces animaux sont d'une grande sobriété : une poignée de maïs suffit pour les faire vivre trois ou quatre jours. Ils sont néanmoins très forts, gravissent les montagnes avec beaucoup d'agilité, supportent le froid, la neige et toute espèce de fatigues. Ils vivent longtemps ; un Indien m'a dit en avoir un qui avait trente-quatre ans. Nul autre homme que l'indien des Cordillères n'aurait assez de patience, de douceur pour utiliser les llamas. C'est sans doute de cet extraordinaire compagnon, donné par la Providence à l'indigène du Pérou, qu'il a appris à mourir quand on exige de lui plus qu'il ne veut faire. Cette force morale, qui nous fait échapper à l'oppression par la mort, si rare dans notre espèce, est très commune parmi les Indiens du Pérou, ainsi que j'aurai souvent l'occasion de le remarquer."

Flora Tristan (328-330)

1-Flora consacrera plusieurs pages à la question de l’esclavage qu’elle condamne fermement et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons économiques.

 


Insurgés et visionnaires d’Amérique latine, Criterion, 1995

Pérégrinations d’une paria, préface notes et dossier de Stéphane Michaud, Actes Sud 2004

Flora Tristan, La Paria et son rêve, correspondance établie par Stéphane Michaud, Presses Sorbonne Nouvelle

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:29

Agé de 60 ans, ce militant chevronné, journaliste de combat, s’est donc suicidé, avons-nous appris début décembre. Le bon sens enchaîne aussitôt cette question : Pourquoi ? Quelques journaux ont évoqué de manière floue une maladie incurable. Michel aurait répondu : Ah ! les raisons de santé…

Dans son Ariège natale, tout le monde n’est pas convaincu par la thèse du suicide même si elle est plausible.

Un homme pose quelques questions : Jean-Pierre Petitguillaume.

Michel se savait menacé : contre des propos appelant à le « buter », il était même allé à la gendarmerie remplir la main courante. Il avait accompagné ce geste d’un passage chez son notaire pour inscrire ses dernières volontés.

Quand Jean-Pierre Petitguillaume arriva chez lui, une maison sans les scellés, il s’étonna de la disparition du téléphone portable de Michel. Ils ont essayé de le faire sonner mais pas l’ombre d’une réponse.

Quelques autres détails lui semblent supposer une enquête et pas seulement l’autopsie engagée.

Quel journaliste pourra reprendre son flambeau ?

Mais qui le menaçait ?  Allez faire un tour sur le site de l’association Le Cercle Lakanal, cercle qui produisait une revue dont je n’avais jamais eu connaissance bien que je sois voisin de l'Ariège. Pour dire les soutiens… Mais bon, on verra la suite.

Jean-Paul Damaggio

 https://sites.google.com/site/lecerclelakanal/

 

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:29

frutos-blog.jpg

270 pages, format A5, 20 euros

Le livre de Jean-Pierre Frutos

 Ce livre, comme l’indique le sous-titre est un journal écrit presque au jour le jour qui évoque surtout sa vie professionnelle avec quelques clins d’œil à l’actualité. Le risque du journal c’est de se perdre dans un détail que le temps va effacer. L’avantage c’est la spontanéité de ce temps arrêté.

Jean-Pierre Frutos a accepté de jouer le jeu de la sincérité et même si, comme chacun le sait, on ne peut pas tout écrire, le portrait qu’il nous trace de la vie scolaire dans son école est d’une grande importance.

Je viens d’apprendre que dans la cantine de mon petit-fils la surveillance vient d’être assurée par un policier municipal. Je n’en suis pas étonné en lisant le livre de Jean-Pierre. Les autorités laissent pourrir les situations et quand il est trop tard on fait appel à la police dont la peur de l’uniforme ne jouera qu’un temps.

Il me semble qu’à travers la question de l’école il serait tant, pour chercher des solutions, de faire face aux évolutions qui vont de l’effet télévision, à l’effet crise sociale, de l’effet angoisses personnelles à l’effet angoisses générales.

Voici ma postface au livre :

 Jean-Pierre Frutos a déjà travaillé tant de formes d’écriture qu’il sait parfaitement que même un « journal » c’est une part de fiction. Pourtant, si l’école qu’il nous présente est surtout la sienne (dans le même contexte j’aurais écrit un tout autre livre), elle nous dit plus que son face à face personnel avec le métier d’enseigner.

Son témoignage sortant des sentiers battus, des propos convenus, des dogmes en place à droite ou à gauche, a une valeur générale, humaine, exceptionnelle même.

Fait de sincérité, il oscille entre une école rêvée et une école réelle, et la distance est de plus en plus immense de la coupe aux lèvres.

 Mon métier d’instit m’a conduit dans des dizaines et des dizaines d’écoles, me révélant chaque fois davantage, que l’école « centralisée » française, n’est qu’un mythe commode. Dans cette diversité qui tient à la vie de chacun (enfants, école, village etc.), attention aux classifications sociologiques entre école rurale et école urbaine, entre école en milieu difficile et école de quartier plus riche. Dans une maternelle de Montauban, depuis des décennies, quand les enfants sont au bac à sable (y sont-ils encore ?) ils passent du sable, et c’est du « fin-doux ». Le terme passe, des uns aux autres et ça constitue une tradition.

 J’ai beaucoup aimé un instit, Jean Pralong qui avait une classe de CM1-CM2, car ainsi, à la rentrée de septembre, il n’avait pas besoin d’expliquer aux nouveaux sa façon de travailler, les élèves de l’année d’avant s’en chargeant au quotidien. Pour dire qu’une école c’est une histoire authentique… mais, à lire ce journal, j’ai l’impression que j’arrive sur une autre planète.

 Et sur cette planète, l’école est le meilleur des sismographes pour comprendre le monde, surtout que le journal n’est pas « scolaire » mais mêle (inévitablement pour tout enseignant ayant à cœur son métier) vie sociale, locale, nationale et même internationale. Si l’école primaire marque le récit de son empreinte, à chaque page nous sentons poindre une société portée par la douleur, en quête de solutions, et partant parfois à la dérive. Que le ministre lise ce livre et peut-être, saisi par la modestie, conviendra-t-il qu’il est temps de quitter les grandes déclarations…

 Pour corser l’aventure, il a fallu que l’école soit proche d’une tuerie sans nom, qui a marqué l’actualité nationale. Cette proximité avec une caserne fait le quotidien des enseignants de cette école construite autrefois en école annexe de l’Ecole normale, mais là un beau matin, ce fut l’exceptionnel. Alors la vie dans tout ça…

 Pour calmer l’émotion du lecteur, il y a, dans le texte, des pauses, avec le temps des évaluations - autrefois on disait, compositions - mais l’emprise étasunienne est là aussi telle, que le projet d’école vient effacer l’école comme projet social. Jean-Paul Damaggio

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 11:43

Tout le monde se souvient comment après les élections législatives M de Vergnette responsable FNSEA et candidat UMP, a été débarqué de son poste de président de la SOGAP-SAFER. Un contentieux semblait exister avec la directrice de cet organisme. Les opposants à la LGV avaient auparavant rencontré les deux personnalités pour savoir l’attitude de la SAFER au sujet des terres agricoles qui devraient être utilisées pour la LGV. Des assurances avaient été données, il n'y avait pas de convention prévue avec RFF, mais en fait nous savons que conformément aux vœux de RFF, la SAFER prépare le travail d’expropriation. Plutôt que saccager ne serait-il pas plus utile pour la FDSEA comme pour les autres syndicats d’informer sur la réalité, celle sur la LGV comme sur les autres ? 

J-P Damaggio

 

Article de La Dépêche

 La directrice de la Safer soutenue

 La directrice de la Safer, dont le bureau a été saccagé en fin de semaine dernière par des agriculteurs de la Fdsea, a reçu de nombreux témoignages de soutien. Elle a particulièrement apprécié les appels de Sylvia Pinel, ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme et de Jean-Michel Baylet, président du conseil général de Tarn-et-Garonne. Dans un communiqué, Valérie Rabault, députée «condamne le pillage du bureau de la directrice de la Safer. Si les auteurs n'ont pas revendiqué de motif, on peut s'interroger sur cet acte d'intimidation qui se produit au moment où le conseil d'administration de la Safer vient d'adopter des dispositions visant à une plus grande transparence.» Les représentants des conseils régionaux de Midi Pyrénées (Denis Ferté) et Aquitaine (Bernard Péré) à la Safer Garonne-Périgord dénoncent également «avec la plus grande fermeté le saccage. Quelles que soient les raisons qui opposent la Fdsea de Tarn et Garonne à la direction actuelle de la Sogap, cela ne justifie en rien la méthode employée. Le fonctionnement démocratique de la Sogap ne peut être mis en cause. En ouvrant l'information sur les transactions à tous les syndicats agricoles et en permettant leur présence dans les commissions locales dans les trois départements 24, 47 et 82 le conseil d'administration de la Sogap fait œuvre de transparence et met la structure au service de tous les agriculteurs.»

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 20:15

Voici une chronique de Michel Naudy dans Politis du 30 juin 1988. François Mitterand venait de gagner la présidentielle ce qui explique le titre de l’article à côté de celui de Naudy, la droite en grande difficulté avec des querelles entre droite dure et droite molle et signé Jean-Michel Apathie qui n’est pas le seul à avoir usé de Politis comme rampe de lancement. Je pense aussi à Jean-Paul Besset. Quant à Fabrice Nicolino lui, il est resté ce qu’il était. Bref, Naudy propose un article sur le Tapisme qui nécessite un retour sur le contexte. François Mitterrand décida d’ouvrir son gouvernement à la « société civile » comme Hollande le fit à la « société féminine ». Il s’agissait de pratiquer l’ouverture pour que . On a presque l’impression d’être sur ce point en 2012 ! Et l’homme le plus brillant de cette ouverture s’appelait Bernard Tapie. Un membre de la société civile car il était propulsé à une autre responsabilité politique sans avoir été membre d’aucun parti. D’où le « tapisme ».

 Tapisme

par Michel Naudy

IL est des mots, des expressions qui ponctuent le langage du temps jusqu'à devenir tics, à leur tour chassés par d'autres, aussi absurdes qu'abscons, mais irrésistibles pour la seule mauvaise raison qu'ils sont neufs.

Après le sport, où le néologisme et la vulgarité sont devenus rois des cendrées et des pistes, la politique tient la corde, les périodes de reclassement semblant propices à « l'invention ». Dernière en date, la « société civile », qu'il est du dernier chic d'évoquer à tout propos ou, pour écrire moderne, qui passe pour un « must » de la pensée contemporaine, ce qui se disait «nec plus ultra» dans l'entourage de Cicéron.

Notre société civile est donc à la mode et l'on s'en réjouirait presque si l'usage répétitif du terme ne recouvrait un abus et une faillite.

Abus, à coup sûr, puisque le vocable a pour mission de signifier à peu près son contraire. Il s'agirait, en effet, de faire accéder aux plus hautes responsabilités politiques des hommes et des femmes qui n'en ont pas fait profession mais dont les mérites seraient de nature à éclairer les spécialistes.

Excellente en son principe, cette disposition s'est curieusement traduite jusqu'ici par la promotion de personnages qui, au-delà de leurs différences, ont en commun d'être des hommes de pouvoirs distingués à haute fréquence par la télévision, dont c'est l'une des principales fonctions.

La société civile vient donc de se trouve, incarnée par sa forme la plus rabougrie le tapisme, du nom d'un individu aussi célèbre pour sa capacité de licenciement que pour sa grossièreté médiatique.

Des millions d'ouvriers se contenteront donc d'apercevoir six des leurs à l'Assemblée, en se demandant si ces rescapés n’ont pas depuis longtemps oublié les contours de l'établi.

Abus donc, aggravé d’un constat de faillite, quand ce que l'on nomme encore la représentation nationale est contrainte d'user d'un tel artifice, avouant ainsi qu'elle représente fort peu. Le 23 avril, le tambour du Palais Bourbon annonçait l'entrée d'une élite dont la fonction principale est de se reproduire et de protéger sa reproduction.

Que le peuple et singulièrement les salariés actifs prêtent la main à une telle confiscation ne change rien à l'affaire. A-t-il d'ailleurs les moyens de s'y soustraire quand on prépare aujourd'hui un futur ministre comme un anglo-arabe pour le prix de Diane ?

C'est ainsi qu'un jour, on vient à s'étonner qu'un gros tiers du pays se désintéresse de la chose publique, c'est ainsi que l'on bricole des gadgets dans les officines à penser, c'est ainsi que l'on découvre la société civile. Comme la lune.

M.N.

 

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 20:10

Les grands commentateurs ayant tout dit sur le cas des grands partis portons le regard sur les résultats du Front de Gauche :

6ème de l'Hérault : - 1,33

13ème des Hauts-de-Seine  : + 1,02

1ère du Val-de-Marne  : + 0,43

 

Ces résultats sont à relier à la chute du PS qui ne bénéficie pas au FdeG et à la disparition de l’extrême-gauche qui là aussi ne se reporte pas.

L’abstention plus forte que pour les autres partis ?

C'est sûr, le phénomène majeur c'est l'abstention.

Mais bon, des partielles, ce sont des partielles… JP Damaggio

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 21:54

J’étais jeune et parmi les journalistes qui m’ont appris à lire j’ai toujours compté Michel Naudy. Il était au cœur de la presse du PCF, et avait une plume trempée dans une encre fabuleuse. Après 1981 je l’a vu passer à la télé comme Michel Cardoze, au parcours assez similaire, mais à la nature moins rebelle.

C’était le temps de la crise du PCF et du PS ce qui donna la naissance en 1988 à un nouvel hebdomadaire appelé Politis. Parce que Michel Naudy était de la partie, je me suis mobilisé comme jamais je ne l’ai fait pour un journal dont les lecteurs étaient «propriétaires ». J’ai attendu avec impatience le premier numéro (21 janvier 1988) sans imaginer que 40 numéros plus tard ça serait la douche froide. Le 9 décembre 1988, voici exactement 24 ans, j’ai lu le dernier article de Michel Naudy et la semaine suivante voici le petit mot de Bernard  Langlois :

«Une crise de direction couvait à Politis, qui a fini par éclater. Des démissions s’en sont suivies, dont certains journaux ont paré. Une mission du Conseil de surveillance a souhaité tenter une médiation et permettre certains démissionnaires de revenir sur leur décision. Nos actionnaires seront informés plus en détail sur la situation dès que cette mission aura accompli la tâche qu’elle s’est fixée. En attendant Politis continue et entend rester le journal libre et engagé qu’il a toujours été. En allant dans le sens d’une plus grande ouverture d’esprit et d’une qualité professionnelle plus grande. Les lecteurs seront juges. » B. L.

 Les lecteurs-actionnaires ne seront jamais juges car ils ne seront jamais informés. J’ai envoyé un mot à Bernard Langlois qui m’a répondu comme si j’étais un chien ! C’est seulement aujourd’hui 9 décembre 2012 que j’apprends, sous la plume de Michel Soudais, la raison de cette crise que Bernard Langlois a refusé d’expliquer.

« Cette collaboration [entre Soudais et Naudy] a duré une dizaine mois. Car, fin 1988, une vilaine crise interne est venue se greffer sur les difficultés financières que Politis affrontait comme toute entreprise de presse naissante. Pour faire simple, la querelle portait sur le positionnement du journal. Fallait-il le recentrer vers l’ensemble des courants et des cultures de gauche ? Ou renforcer son côté rebelle ? Ce dernier choix était celui de Michel Naudy. Au sein du directoire de quatre membres qui assumait la direction collégiale de Politis, et dont il faisait partie, les deux options étaient à égalité, deux contre deux. Dans la rédaction, cela se jouait à douze contre douze. Les statuts de l’entreprise avaient donné une voix prépondérante au président du directoire, Bernard Langlois, qui en usa. C’est ainsi que Michel Naudy a quitté Politis avec Rémy Galland, autre rédacteur en chef membre du directoire, suivi par dix journalistes, après une ultime AG, particulièrement houleuse. »

 Depuis j’ai appris que Michel Naudy vivait en Ariège et j’aurais aimé le rencontrer mais ça ne se fera pas. Etrangement il entrera puis quittera le Parti de Gauche dans les mêmes conditions que pour Politis : dans le silence. Je n’avais pas été attristé par la crise de Politis mais par la façon de la présenter. Il existe toujours une gauche qui demande le débat démocratique à mille occasions sauf pour parler d’elle-même réduisant ainsi un débat de fond à une querelle de personnes. De ce fait le communiqué du Parti de Gauche est un morceau d’anthologie d’un siècle que je voudrais oublier :

« Michel Naudy a mis fin à ses jours dimanche dernier. Michel a eu plusieurs vies militantes. Il a été successivement, et tout à la fois, communiste, même après être parti du PCF, et profondément républicain, d’esprit libertaire également. Il a été en réalité un résistant au sens premier du terme. Sa carrière de journaliste a d’ailleurs profondément pâti de son engagement sans fard ni calcul. Le communiqué du SNC-CGT que nous reproduisons ci-après, le dit : sa liberté de ton, ses qualités d’investigation, son indépendance vis-à-vis du pouvoir et du monde de l’argent, l’ont conduit à être mis sur la touche par France 3. Il a profondément souffert de ne plus pouvoir exercer ce métier au sein du service public, mais il a sans cesse poursuivi son travail d’enquêtes journalistiques, qu’on pouvait retrouver dans les livres, dont il a été l’auteur.

En tant que responsable du MARS (Mouvement pour une Alternative Républicaine et Sociale), Michel a également été l’un des fondateurs du Parti de Gauche. Nos chemins se sont séparés sans que nous puissions y remédier, ni parfois le comprendre vraiment. Mais l’homme était entier, avec les immenses qualités que cela suppose et le côté tranchant et définitif que cela implique parfois. Nous avons regretté de ne pas avoir poursuivi ce chemin ensemble. Surtout, Michel souffrait. Sans doute trop puisqu’il nous a quittés. Sa voix, son humour, sa culture immense, son tempérament manqueront à beaucoup de monde en Ariège, où il vivait, et ailleurs. Le Parti de Gauche lui rend hommage et adresse ses condoléances sincères et fraternelles à ses deux fils Jean-Baptiste et Martin, ainsi qu’à sa famille et ses amis. » (le gras est de moi)

 Ne pas pouvoir le comprendre ? Un habitant à l'acent rocailleux de son Ariège natale est difficile à comprendre quand Paris est aux commandes… JP Damaggio

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 18:08

Bien que passionné par les questions des Amériques, je n’ai croisé que dernièrement, Bill Hybels, fondateur de la Willow Creek Community Church. Pourtant l’homme vaut son pesant d’or si je puis m’exprimer ainsi. Inventeur d’une église construite sur la base de la demande de croyants et non sur la base des principes de la religion, il est à l’origine de cette théologie d’avenir baptisée « théologie de la prospérité ».

Sa stratégie n’est pas le fruit d’une vision venue du ciel mais d’une enquête conduite minutieusement dans son entourage afin de déterminer pourquoi les croyants s’éloignaient de l’église. Et il n’a pas eu besoin de faire appel à un sociologue pour comprendre qu’une église c’est triste, sombre, ordonné. Il a donc décidé de faire appel à la vidéo, aux musiques actuelles et de décorer son lieu de culte comme une salle des fêtes. L’expérience religieuse devient un des enfants de Disneyworld.

Comme souvent aux USA, le pragmatisme commande et c’est donc seulement après la réussite de Bill Hybels (il peut atteindre 25 000 présents à sa messe dominicale dans sa méga-église) que d’autres ont commencé à philosopher sur le phénomène. Ce qui nous conduit des années 70 de Bill, aux années 2000 de David, quand la nouvelle religiosité trouve son maître à penser : David Wells.

 D’églises productrices à églises consommatrices

La télévision deviendra le canal majeur de diffusion de la religion de l’avenir ayant pour base les lois du spectacle, c’est-à-dire ici du divertissement. La religion devenue une entreprise avec ses consommateurs, son chiffre d’affaire, son marketing et ses lois du marché aura la télé comme vecteur majeur sans pour autant s’arrêter là. C’est avec la Lakewood Church de Joël Osteen qu’on vérifiera le mieux ce phénomène. Située à Houston dans l’ancien stade de Houston Rockets la présence dominicale est passée de 6 mille en 1999 à 25 mille en 2003 pour atteindre 43 mille en 2011. Par quel miracle si je suis dire ? Après un investissement qui passa de 6 à 12 millions de dollars par an en direction des télévisions : son programme de « l’église » a pu passer d’une heure très matinale à la tranche de 8 à 10 h du matin !

Cette « église », comme des centaines du même type, s’affirme contre les religions, au nom de la culture ! Pas besoin d’être convertis, il suffit de vouloir la culture de l’Evangile, la culture du Royaume de Dieu et tout est pour le mieux ! Pour qui veut comprendre cette mutation il suffit de se rendre sur la page web de cette « église » ! (1)

Désacraliser Dieu pour sacraliser l’argent ? Pas du tout !

Lakewood Church est au Texas lieu d’une importante population latino, en conséquence un pasteur latino, Marcos Witt, s’adresse à eux pour prêcher la pensée positive. « Oui, leur dit-il, vous avez de bas salaires, vous êtes dépréciés, rejetés dans les basses classes, eh bien ! c’est un privilège car ainsi vous êtes sur la liste des personnes que Dieu va aider. Dîtes merci à ceux qui vous méprisent car ainsi Dieu va faire de vous un guerrier. »

L’église catholique fait un peu de même à chaque enterrement quand elle demande aux gens de ne pas pleurer puisque l’homme qui part va au paradis et reviendra à l’heure du jugement dernier. Mais elle ne joue que sur des cordes minimes : pour l’essentiel, elle plaide le soutien à elle-même. Les « églises » nouvelles ne veulent rien pour elles, tout revient au consommateur qui doit cependant acheter le produit qui va le sauver, et dont la base s’appelle « confiance en soi ». La campagne d’Obama « Yes we can » est la traduction la plus explicite de cette démarche qui fait de la volonté de chacun, le moyen de se sortir de la misère. En clair, si vous êtes pauvres, c’est au bout du compte que vous le voulez bien ! Ce qui n’est pas nouveau sauf quand ça devient l’objet d’un commerce religieux !

 Consommez-vous vous-mêmes !

Rien d’étonnant si la religion de l’avenir nous vient des USA. Elle correspond à la construction même du pays, à ses valeurs de référence, au « rêve » américain. « Que vous soyez pauvre ou pas, si vous vous battez vous pouvez réussir. Vous êtes un noir marginal du Bronx alors pensez aux grands joueurs de basket et autres références sportives qui vous démontrent que vous pouvez sortir du ghetto ». Tout ceci suppose une mobilité sociale phénoménale. En conséquence le succès de Lakewood Church (je prends un exemple mais c’est le fait général) tient plus au porteur du message qu’à son contenu. Joël Osteen et sa femme qui, par les hasards de la vie, s’appelle Victoria, sont la démonstration concrète que Jésus est rentable. Sortis de rien, ils sont arrivés à tout car ils croyaient en eux et ceux qui viennent l’écouter ne cherchent pas à apprendre le monde, mais à trouver le meilleur d’eux-mêmes ! Les prêcheurs conduisent donc un spectacle dont ils sont les héros exactement comme cette série de livre dont « vous êtes le héros » car vous pouvez en choisir la fin ! Vous n’êtes plus soumis à un auteur de roman (ou à toute autre autorité) car vous décidez… parmi les fins que proposent l’auteur !

La nouvelle religion est celle du narcissisme militant fortement cultivé, quand celle d’hier était celle d’une soumission militante qui devait être récompensé plus tard. Les croyants d’aujourd’hui veulent la récompense sans attendre ! Ils veulent perdre du poids, en finir avec la drogue, obtenir une promotion ou même guérir d’un cancer dans les plus brefs délais ! On leur répond qu’ils le peuvent s’ils le veulent. Le culte de la volonté se moquant de la réalité !

Les nouveaux prêtres ne sont pas ordonnés par un pape mais par la loi du marché : leur vie est la preuve de leur réussite. Jésus devient rentable pour ceux qui l’écoutent comme pour ceux qui le vendent !

 Une théologie sanctifiée par le marketing

Le marketing a pour fonction d’établir la jonction entre un client et un produit jusqu’à, si nécessaire, modifier le produit suivant les vœux du client. L’église catholique, sans le soutien du marketing, a su elle aussi, s’adapter aux religions du passé, aux peuples convertis, aux pratiques païennes. Cependant, avec la théologie de la prospérité, l’adaptation se fait religion. Hier le produit était adaptable, aujourd’hui l’adaptation fait le produit !

Donc cette adaptation devient un commerce en lui-même, dont le maître d’œuvre est la compagnie de publicité Kingdom Ventures, le prêtre des prêtres, avec la publication d’un manuel pour apprendre aux prêtres à penser comme des entrepreneurs. Quand Lakewood Church augmente le nombre de ses fidèles de 57% par an depuis des années, c’est un succès qui appelle le succès !

N’est-on pas face à un calvinisme poussé aux extrêmes ? Tous les pentecôtismes sont des enfants du protestantisme mais pourquoi sont-il capable, à présent, de vaincre l’église catholique y compris dans une de ses terres les plus cruciales, l’Amérique latine ?

 Dieu en Amérique latine

Ce n’est pas un hasard si j’ai découvert cette analyse, que je tente de résumer, dans une revue du Nicaragua, Envio : le Nicaragua, une terre bien connue de la théologie de la libération qui a apporté sa touche originale au courant sandiniste.

Toute l’Amérique latine voit se fissurer la puissante domination catholique et les observateurs en sont abasourdis. Le Brésil n’est pas en pointe pour hasard : cette théologie de la prospérité a besoin, pour un brin de crédibilité, d’une classe moyenne visible qui va en être porteuse. Quand spontanément certains crièrent en 1968 : « Rien n’est impossible », ils n’exprimaient involontairement qu’une « évidence » à venir : « Avec Dieu rien n’est impossible ! ». De même, l’idée qu’il faut être positif, est à la base de la dite religion et partout aux Amériques elle a fini par faire croire que ceux qui disent NON, sont des esprits négatifs, des emmerdeurs pour parler poliment.

La crise financière est un outil supplémentaire pour développer cet appel à Dieu, le seul capable de nous sortir de la folie de la consommation, du désir de vouloir toujours plus. La théologie de la prospérité peut très bien en appeler aux « merveilles » de l’austérité ! Ayez un coach adapté à vous-mêmes et Dieu fera le reste… Et sachez-le, le diable est celui qui vous susurre : « C’est mal de prospérer ! »

 Le marxisme et la religion

Les articles que j’évoque (2), commencent par une citation de Gramsci mais sans la référence précise : « La question fondamentale de la religion –entendue non sur le plan confessionnel mais laïque – est celle de l’unité de la foi au sein d’une conception du monde, se traduisant par une conduite à tenir. Mais pourquoi appeler cette unité de la foi, « religion » et non idéologie ou sans ambages, politique ? »

Gramsci était bien placé pour étudier, sous tous ses angles, la religion, ses rapports avec l’Etat, les liens entre France et Italie quant à l’activité de l’Action catholique etc. Mais des intellectuels d’aujourd’hui ont négligé cet apport car ils en restent à l’idée que la religion, depuis la sécularisation, n’a que des effets marginaux. D’autres quand ils traitent de l’Islam sont encore plus embarrassés car depuis longtemps ils tiennent le peuple et sa réalité à distance aussi, soit ils s’inclinent « puisque le peuple veut la charia… », soit ils pleurent « Ah ! le peuple ! que peut-on en attendre de bon… ».

Un chercheur se distingue : Michael Löwy (3) qui a publié en 1998, La Guerre des dieux, Religion et politique en Amérique latine. Ni dans son article sur Gramsci, ni dans son livre il n’évoque cette mutation religieuse. C’est dire d’une part que l’évolution est rapide et d’autre part que 30 000 fidèles dans une église du Guatemala c’est pas un point crucial de l’actualité. Les sectes attireront plus facilement l’attention.

 Or Marx nous avait prévenus : le capitalisme va, sur la base de son système économique, chambouler tous les rapports sociaux, donc il chamboule aussi la nature de la religion dont le caractère historique n’est plus à démontrer. Les efforts de la pensée méritent de sortir du face à face stérile entre évidence et dissidence afin de mieux interroger la réalité et plus particulièrement celle du peuple qui échappe en fait à l’autre face à face, l’admiration et le mépris. Jean-Paul Damaggio

 P.S. Cet article est un complément de plusieurs autres sur la religion au Mexique ou au Chili mais aussi de : la crise de l’Europe vient de loin

 

1 http://www.iglesialakewood.com/Pages/Home.aspx

2 http://www.envio.org.ni/

3 http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article3725

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 20:03

                    religion-chili.jpg

Contrairement au Mexique (1), au Pérou ou à l’Equateur, la religion au Chili ne se présente pas sous la forme d’immenses cathédrales mais davantage dans la rue, par des graffiti, des prêches sur les places, des peintures murales, des processions, des groupes divers utilisant la danse, la sono et le spectacle.

Dans un autre article (2) on y a découvert la présence de prêtres ouvriers d’un côte, et une hiérarchie soutenant Pinochet de l’autre.

La théologie de la libération n’a pas de titre de gloire chilien par contre l’Opus Dei s’est développé plus que partout ailleurs.

Mais comme partout aux Amériques, le catholicisme est en perte de vitesse pour de multiples raisons. Encore un cas de pédophilie faisait les titres des journaux en octobre 2012… L’essentiel cependant est ailleurs, c'est-à-dire du côté de la théologie de la prospérité. Il s’agit en fait de la religion made in USA !

On peut nous répéter que partout aux Amériques la gauche marque des points, le fait majeur est bien différent. Si sur le plan économique et social la domination des USA est en perte de vitesse, sur le plan spirituel une énorme mutation est engagée où on vérifie que toute la variété des pentecôtistes chère aux nord-américains est en pointe. Le Brésil, un de lieux par excellence de la théologie de la libération devient à grande vitesse le lieu de la théologie de la prospérité ce qui n’est pas surprenant car c’est un des pays le plus puissant de la zone.

 

La théologie de la prospérité est la religion de l’avenir car elle ose tout. D’abord tout croyant y est prêtre. Il n’y a plus la hiérarchie établie entre les fidèles et les clergés héritée de l’aristocratie. Même un enfant peut devenir prêcheur !

D’où la fragmentation incroyable des « boutiques » religieuses.

Ensuite dieu n’est plus là pour sauver les âmes mais pour sauver les portefeuilles surtout chez tous ceux, et ils sont nombreux, où il existe un impératif de le sauver. En conséquence le culte de Jésus devient plus fort que celui impersonnel de Dieu, non que Jésus ait prôné le succès personnel, mais parce qu’il est un « humain ».

Et le fait marquant c’est qu’elle fait spectacle. Le recueillement n’est pas de mise et les corps ne sont pas en repos. Les stars du prêche sont d’abord des stars de la télévision. Mais la religion serait bien triste si elle était seulement sur écran car le fondement de la religion s’appelle la communion, aujourd’hui plus que jamais.

 

Dans une rue de Santiago nous avons eu droit à la forme la plus spectaculaire de cette forme religieuse sur laquelle je reviendrai.

J-P Damaggio

 

 1 Mexique et religion

 

2 la mort de pierre dubois

        la-danse.jpg

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