Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 17:31

16 Novembre 1838

Mme Flora Tristan, qui faillit être enlevée aux lettres par un attentat dont les circonstances sont encore présentes à la mémoire, a profité des loisirs de sa convalescence pour achever un nouvel ouvrage que publie le libraire Ladvocat et qui a pour titre Méphis. Le précédent livre de Mme Tristan, les Pérégrinations d’une Paria, dont la 2ème édition est annoncée, a donné la mesure de son talent. Méphis appartient au même ordre d'idées que les Pérégrinations d’une Paria. A Méphis doit succéder bientôt un roman de mœurs péruviennes. On ne peut qu'engager Mme Flora Tristan à persister dans cette voie de travail qui lui promet une place distinguée parmi nos écrivains.

On

l13 février 1839 Le Journal des débats publie en feuilleton une présentation de Pérégrinations d’une pariale Courrier de la Gironde du 15 novembre

« Mme Flora Tristan vient de mourir à Bordeaux. Il y a

On lit dans le Courrier de la Gironde du 15 novembre 1847 : Mme Flora Tristan vient de mourir à Bordeaux. Il y a quelque temps une amélioration s'était produite dans son état ; mais nous apprenons aujourd'hui que tous les efforts de l'art ont été impuissants pour arrêter les progrès d'une maladie terrible, et que cette dame a succombé hier à neuf heures trois quarts après midi. Mme Flora Tristan était âgée de trente-neuf ans et son existence fut une des plus tourmentées et des plus actives. Elle était fille d'une émigrée française et de Don Mariano de Tristan frère du célèbre général Pio de Tristan, qui exerça les fonctions de vice-roi du Pérou. Elle avait écrit plusieurs ouvrages dont voici les principaux Pérégrinations d'une Paria, ou Voyage au Pérou ; Méphis roman philosophique ; Promenades dans Londres ; Union ouvrière".

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans féminisme
commenter cet article
24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 16:19

 Depuis 10 ans les membres du PCF sont appelés à voter à diverses occasions. Je retiens seulement les données en matière de cotisants et d’exprimés sans entrer dans le rapport interne entre les diverses tendances. Je rêve de transparence de la part d’autres partis pour mieux saisir l’état des forces en présence.

Pour moi, les données les plus essentielles concernent les exprimés.

Pour que le tableau rentre sur la page du blog j’ai seulement retenu trois années pour les exprimés (voir liens pour autres années). Si on compare 2011 et 2012 il est facile de vérifier que la bataille des présidentielles n’a pas renforcé l’organisation. Je pense que le phénomène est général vu la crise du politique.

JPD

 

 

COTISANTS

EXPRIMES

 

2003

2004

2009

2011

2012

2003

2011

2012

Aveyron

416

414

384

377

339

204

237

212

Ariège

466

473

318

309

267

271

246

160

Gers

521

521

350

339

272

254

220

166

Haute Garonne

2540

2540

1245

1280

1160

908

1015

783

Hautes Pyrénées

988

988

767

742

480

536

390

260

Lot

342

342

292

368

285

228

248

177

Tarn

630

627

577

583

476

398

332

295

Tarn-et-Garonne

441

481

267

255

256

222

165

140

Total

6344

6386

4200

4253

3535

3010

2853

2193

 Deux articles précédents :

 http://la-brochure.over-blog.com/article-evolution-du-pcf-en-midi-pyrenees-suite-77181014.html

 http://la-brochure.over-blog.com/article-evolution-du-pcf-en-midi-pyrenees-40731178.html

 

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 20:45

saint-aignan-poste.jpg

 

Utilisateur quotidien de la Poste, j’ai droit souvent à Saint Aignan, au petit papier ci-dessus.

1 ) Si c’était occasionnel, je comprendrais mais c’est régulier.

2 ) Mon bureau est fermé, j’ai les moyens d’aller six kilomètres plus loin ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Une dame venait pour retirer de l’argent et ce fut sans suite.

3 ) Ce bureau est ouvert quatre après-midi par semaine et comme le ramassage du courrier se fait à 14 h 45, il e’st peu efficace.

5 ) Résultat attendu : « mais monsieur le maitre créez une agence communale… le service sera moindre que la Poste mais il sera ouvert…»

 

Franchement, je suis fatigué d’assister à autant de SABOTAGES ! Mais que faire ?

 

Proposition de Vazerac

Là-bas, à la mairie, un registre de réclamations est ouvert pour que chacun inscrive régulièrement ses critiques. Ensuite le maire peut aller discuter avec La Poste, avec des « biscuits » !

Encore faut-il que :

1 ) Le Maire accepte de registre et accepte de s’en servir.

2 ) Les usagers aillent inscrire les réclamations.

 

Efficacité ?

Eviter de déverser sur le personnel la colère de l’usager.

S’adresser aux autorités.

 

Pour le moment Vazerac a sauvé sa Poste et cette démarche développe l’esprit de solidarité.

Bravo. Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:35

La veuve de Guy Catusse m’ayant demandé de témoigner sur la vie de Guy Catusse je me suis plongé dans Les Nouvelles du Tarn et Garonne de 1973. Voici les auteurs d’articles que j’ai relevés. Beaucoup d'articles étant sans signatures.

A ce moment là, le journal du PCF était réalisé par Georges Bastide qui se rémunérait avec la publicité, publicité qui était construite sur des numéros spéciaux pour justifier un fort tirage de l’exemplaire distribuée gratuitement, ce jour là, dans la ville en vedette. Montauban, Castelsarrasin, Moissac et à un moindre degré, Verdun, Beaumont, Valence d’Agen et Caussade étaient les lieux phrases. Ce fait influe sur les signatures.

J’ai choisi 1973 car c’est un moment clef dans l’engagement de Guy Catusse qui cette année là est d’abord le candidat du PCF aux législatives sur le secteur de Montauban (après Pierre Juge, l’historique depuis 1945) puis devient représentant du PCF au Conseil régional sur décision du Conseil général.

Les auteurs d'articles :

 Guy Catusse, Maurice Souleil, André Fontanier, Marcel Guiche, André Mercadié, Grérad Tartanac, Monique Drouilhet, Pierre Juge, Jean-Louis Demeurs, Michel Bonnet, Docteur Escobar, René Souleil, Aimé Henry, Michel Métais, Georges Bastide, Jean Dussol, Gilbert Breton, Marius Souloumiac, Jacques Jambou, Denis Marrou, Rover Vié, Jean Raynal, Jeannette Laguille, Jean Ducros, Elie Cros, Louis Escudié, Françoise Fontanier, Robert Buge, Michel Bonnet.

Radicaux et socialistes en lien avec les élections :

Pierre Laplace, Georges Saubestre, Louis Delmas, Antonin Ver, H. Fontagnère, Jean Daran.

 Un drôle d’histoire africaine

Dans le n° 51 nous apprenons qu’Outel Bono est inhumé à Castelsarrasin. C’est le mardi 4 septembre qu’accompagné de ses amis parmi les lesquels les dirigeants de la fédération du PCF Marcel Guiche et Michel Bonnet qu’il a été inhumé. Il a été assassiné au volant de sa voiture le 26 août à 9 h 30.

Voici aujourd’hui ce que dit Wikipédia de ce Tchadien, Outel Bono :

« Médecin chef à l'hôpital de Fort-Lamy, marié à une Française, sympathisant communiste, Outel Bono, après avoir été contacté par Tombalbaye, président du Tchad, pour proposer des réformes, est arrêté pour complot en mars 1963 par un commissaire français. Il est condamné à mort. Suite à une campagne du PCF, sa peine est commuée en prison à vie. En 1965, il bénéficie d'un régime de semi-liberté et peut reprendre ses activités médicales.

En 1968, il est nommé directeur de la Santé. En stage en France, on l'invite à ne pas rentrer au Tchad, où les arrestations se succèdent. Il est contacté par Djiguimbaye, directeur de la Banque du Développement pour créer un nouveau mouvement politique, le MDRT. Celui-ci vient en France et lui présente son frère dans la franc-maçonnerie (GLNF), Henri Bayonne. Bayonne est en fait colonel en retraite, ancien du BCRA (Bureau Central de Renseignement et d'Action gaulliste) et membre des services secrets. Bono se lie d'amitié avec Bayonne et rédige chez lui un manifeste du nouveau parti. Une conférence de presse est prévue le 28 août 1973. Le 26 au matin, Outel Bono est tué de deux balles de revolver en montant dans sa voiture à Paris. L'assassin s'enfuit en 2 CV. Sa femme, arrivée par avion, sera « chaperonnée » durant huit jours par les époux Bayonne qui l'empêchent de communiquer avec l'extérieur. Nadine Bono parvient néanmoins à contacter Me Kaldor, l'avocat de son mari. Le porte-document de Bono a disparu et son appartement a été perquisitionné en l'absence de Nadine Bono. Alain Bernard, le juge chargé du dossier retient la thèse d'un crime passionnel puis est promu en Corse. Il est remplacé par le juge Pinseau. Un Tchadien, au service des Bayonne, aurait voulu parler. Il meurt d'une « diarrhée ». Thierry Desjardins, journaliste au Figaro, révèle qu'il tient de Hissène Habré que le commandant Galopin, adjoint du colonel Gourvenec, responsable du SDECE à Fort-Lamy, lui aurait avoué l'identité de l'assassin. Ce serait un certain Jacques Bocquel, agent du SDECE, anciennement au service de Bokassa en Centrafrique. Ce Bocquel est interrogé par la police, mais le juge traîne, refuse confrontations et vérifications et conclura finalement par un non-lieu le 20 avril 1982. Nadine Bono va jusqu'en cassation, mais son pourvoi est rejeté. Elle est condamnée à payer les frais de justice au prétexte « qu'elle n'a pas pu prouver qu'il s'agissait d'un assassinat. »

Il semble, si l'on en croit Jeune Afrique qui lui est liée, que Jacques Foccart ait songé, devant la versatilité de Tombalbaye, à jouer la carte Bono. Mais en raison du caractère intraitable de ce dernier, il aurait été éliminé. L'ami Henri Bayonne était un agent du SDECE et les francs-maçons de la Grande Loge Nationale de France (GLNF) ont servi les intérêts néo-coloniaux de la France. En 1975, Tombalbaye est renversé et assassiné, Gourvenec laissant faire. En 1978, Gourvenec meurt d'une indigestion brutale après avoir mangé une pâtisserie, alors qu'en France son ami Jacques Bocquel est interrogé. Dans ses « Mémoires », Foccart renie durement cet agent gênant. 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 22:13

Un grand merci tout d’abord à la dynamique Association Miguel de Cervantès qui, en programmant au cinéma, plusieurs fois, le film Violeta, a fait en sorte qu’il rencontre un vaste public. Une partie de la discussion le mardi 18 décembre a ainsi ou porter sur le film.

Une personne a fait observer l’importance de la symbolique des oiseaux, cette symbolique que Violeta utilise pour dire que la famille Para n’est pas du genre de l’oiseau en cage ; Ainsi elle explique pourquoi, un de ses frères, n’avait pas à subir les lois scolaires. Or il se trouve que c’est le frère aîné qui avait acquis une Bourse pour qu’Eduardo suive justement des cours dans une école ! Comme quoi toute la famille n’était pas sur la même longueur d’onde parfois. Nicanor était pour la science, le raisonnement ; Violeta pour l’instinct, le sentiment. Pourtant les deux avaient la même passion : faire vivre sur la scène du monde la culture populaire chilienne.

Violeta a capté la musique, la chanson, le travail de la laine et quand elle présente son projet au Louvre, on lui demande ses diplômes et elle répond : - je ne sais rien.

Nicanor a capté ce que j’ai envie d’appeler les proverbes, les formules mais qui est encore plus large que « le sens commun ».

Violeta a mis fin à ses jours en 1967.

Nicanor est centenaire et vient d’être honoré du prix Cervantès en Espagne.

 Mais ce folklore, qui n’a rien à voir avec la folklorisation dont la fonction est d’arrêter la culture populaire, continue-t-il à être dynamique ? Après le jazz issu lui aussi de la culture populaire, l’Amérique latine a beaucoup donné à la musique du monde mais il se trouve qu’à présent c’est la zone du monde avec la plus forte urbanisation et dans les villes, il y a les quartiers branchés à la mode USA et les autres en partie déstabilisés.

 Le Chili des extrêmes il est au sein de famille Parra. Il permet en trois heures d’aller du niveau de la mer à 4500 m d’altitude. Il connaît les pires tremblements de terre dont les habitants accueillent les risques permanents avec fatalisme (comment faire autrelent sauf à quitter le pays !). Et en quelques heures d’avion on passe du désert le plus aride, celui d’Atacama à la plus grande proximité du pôle sud à Punta Arenas. Le pays enchaîne les paradoxes : on le croit grand et il a à peine plus d’habitants que le Guatemala !

 Est-il plus ou moins développé que les pays voisins ? Il est plus organisé (très peu de travail informel), il est plus riche car depuis longtemps ce pays de mineur puisse les merveilles du sol.

 La place des femmes ? Comme le reste, c’est difficile à mesurer mais il y a un fait qui ne trompe pas : en matière de droit à l’avortement c’est la répression la plus forte de toute l’Amérique latine (avec le Nicaragua) législation par ailleurs très mesurée (pour le cas où la femme est en danger) sauf l’avancée en Uruguay.

 Un échange à bâtons rompus avec la trentaine de participants dont un seul était allé au Chili mais dont beaucoup, par divers canaux avait une connaissance : Une fille animant une association dans les quartiers pauvres de Santiago ; une connaissance des coutumes Mapuche ; un comparaison avec le Pérou voisin ect..

 Et Pinochet ? Faut-il laisser le temps guérir les plaies ? Un temps qui inversement risque surtout de les infecter ? On a pas fait un sondage dans la salle mais sans doute les avis seraient partagés. En attendant, partout en Amérique latine des gouvernements tentent de changer les pays… à la méthode Allende ! Peut-être n’a-t-on pas assez dit combien cet homme fut extraordinaire tout au long de sa vie !

 L’avenir politique ? Peut-être des surprises, peut-être la routine. Le Chili peut encore nous surprendre beaucoup. Jean-Paul Damaggio

 Note : Pour les hispanophones, des livres de Nicanor Parra sont disponibles sur internet. J’en profite pour rappeler que si vous utilisez google, pour des textes en espagnol demandez d’abord google en espagnol. Pour en avoir allez à ce lien : Nicanor Parra

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Chili
commenter cet article
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:23

                                           bolivar-blog.jpg

A ma grande surprise, sur la place centrale de Valparaiso, j’ai découvert un buste de Bolivar. Surprise car Bolivar est peu lié au Chili qui a été libéré par San Martin, aussi je serais curieux de savoir quel élu de la ville a fait cette proposition.

De ce fait je me suis replongé dans Bolivar en commençant par un texte d’Arturo Uslar Pietri, un écrivain vénézuélien que j’aime bien. Oui mais voilà, j’ai évolué : dix ans après ma lecture initiale je découvre une hagiographie presque comique.

Je pars alors vers Flora Tristan dont les parents ont bien connu le jeune Bolivar à Bilbao d’abord, puis à Paris ensuite, de 1804 à 1807. Je me suis replongé dans son livre Pérégrinations d’une paria qui raconte son arrivée à Valparaiso et son séjour au Pérou. Mais il n’y a là rien sur Bolivar. En fait les références sont plutôt dans un autre livre de lettres : et je relis Flora avec la même passion. J’ai eu beau avoir changé, Flora reste aussi phénoménale, aussi, en attendant d’en dire plus sur sa présentation de Bolivar, je vous offre son étonnant portrait des llamas. Flora savait tout regarder, les riches et les pauvres, les humains et les animaux, en clair la vie dans toute sa splendeur. JPD

 

"Le llama est la bête de somme des Cordillères ; c'est avec lui que se font tous les transports, et l'Indien s'en sert pour commercer avec les vallées. Ce gracieux animal est très intéressant à étudier. C'est le seul des animaux que l'homme s'est associés, qu'il n'a pu réussir à avilir. Le llama ne se laisse ni battre ni malmener ; il consent à se rendre utile, mais c'est à condition qu'on l'en prie et non qu'on le lui commande. Ces animaux ne vont jamais qu'en troupes ; elles sont plus ou moins nombreuses et conduites par des Indiens qui marchent à une grande distance en avant des llamas. Si la troupe se sent fatiguée, elle s'arrête, et l'Indien s'arrête aussi. Quand la station se prolonge, l'Indien inquiet, voyant le soleil baisser, se décide, après avoir pris toutes sortes de précautions, à supplier ses bêtes de continuer leur route. Il se met à cinquante ou soixante pas de la troupe, prend une attitude humble, fait de la main un geste des plus caressants à ses llamas, leur adresse des regards tendres, en même temps qu'il crie, d'une voix douce et avec une patience que je ne pouvais me lasser d'admirer ic-ic-ic-ic-ic-ic ; si les llamas sont disposés à se remettre en route, ils suivent l'Indien en bon ordre, d’un pas egal et vont fort vite, leurs jambes étant très longues ; mais, lorsqu'ils sont de mauvaise humeur, il ne tournent seulement pas la tête du côté de la voix qui les appelle avec tant d'amour et de patience. Ils restent immobiles, serrés les uns contre les autres, tantôt debout tantôt couchés et regardant le ciel avec des regards si tendres, si mélancoliques, qu'on croirait vraiment que ces étonnantes créatures ont conscience d'une autre vie d'une phase d'existence meilleure. Leur grand cou qu'ils portent avec une gracieuse majesté, les longuet soies de leur robe toujours propres et brillantes, leurs mouvements souples et craintifs donnent à ces animaux une expression de noblesse et de sensibilité qui commande le respect. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque les llamas sont les seuls animaux au service de l'homme que l'on n'ose pas frapper. S'il arrive (chose bien rare) qu'un Indien, dans sa colère, veuille exiger par la force ou même par la menace ce que le llama ne veut pas faire de bonne volonté, dès que l'animal se sent rudoyer de paroles ou de gestes, il redresse sa tête avec dignité ; et, sans chercher à fuir pour échapper aux mauvais traitements (le llama n'est jamais attaché ou entravé), il se couche, tourne ses regards vers le ciel : de grosses larmes coulent en abondance de ses beaux yeux, des soupirs sortent de sa poitrine, et dans l'espace d'une demi-heure ou trois quarts d'heure au plus, il expire. Heureuses créatures ! qui se dérobent, avec tant de facilité, à la souffrance par la mort. Heureuses créatures ! qui semblent n'avoir accepté la vie que sous la condition qu'elle serait douce ! Ces animaux, offrant le seul moyen de communication avec les Indiens des montagnes, sont d'une grande importance commerciale ; mais on serait tenté de croire que la révérence presque superstitieuse dont ils sont l'objet ne part pas uniquement du sentiment de leur utilité. J'en ai vu quelquefois trente ou quarante intercepter le passage dans une des rues les plus fréquentées de la ville ; les passants arrivés près d'eux les regardaient avec timidité et rebroussaient chemin. Un jour il en entra une vingtaine dans la cour de notre maison, ils y restèrent six heures ; l'Indien se désespérait ; nos esclaves (1) ne pouvaient plus faire leur service : n'importe, on supporta l'incommodité que ces animaux causaient, sans que personne songeât seulement à leur adresser un regard de travers. Enfin les enfants mêmes, eux qui ne respectent rien, n'osent toucher les llamas. Quand les Indiens veulent les charger, deux d'entre eux s'approchent de l'animal, le caressent et lui cachent la tête, afin qu'il ne voie pas qu'on lui met un fardeau sur le dos ; s'il s'en apercevait, il tomberait mort ; il faut en agir de même pour le décharger. Si le fardeau excédait une certaine pesanteur, l'animal se jetterait immédiatement à terre et mourrait. Ces animaux sont d'une grande sobriété : une poignée de maïs suffit pour les faire vivre trois ou quatre jours. Ils sont néanmoins très forts, gravissent les montagnes avec beaucoup d'agilité, supportent le froid, la neige et toute espèce de fatigues. Ils vivent longtemps ; un Indien m'a dit en avoir un qui avait trente-quatre ans. Nul autre homme que l'indien des Cordillères n'aurait assez de patience, de douceur pour utiliser les llamas. C'est sans doute de cet extraordinaire compagnon, donné par la Providence à l'indigène du Pérou, qu'il a appris à mourir quand on exige de lui plus qu'il ne veut faire. Cette force morale, qui nous fait échapper à l'oppression par la mort, si rare dans notre espèce, est très commune parmi les Indiens du Pérou, ainsi que j'aurai souvent l'occasion de le remarquer."

Flora Tristan (328-330)

1-Flora consacrera plusieurs pages à la question de l’esclavage qu’elle condamne fermement et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons économiques.

 


Insurgés et visionnaires d’Amérique latine, Criterion, 1995

Pérégrinations d’une paria, préface notes et dossier de Stéphane Michaud, Actes Sud 2004

Flora Tristan, La Paria et son rêve, correspondance établie par Stéphane Michaud, Presses Sorbonne Nouvelle

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans Chili
commenter cet article
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:29

Agé de 60 ans, ce militant chevronné, journaliste de combat, s’est donc suicidé, avons-nous appris début décembre. Le bon sens enchaîne aussitôt cette question : Pourquoi ? Quelques journaux ont évoqué de manière floue une maladie incurable. Michel aurait répondu : Ah ! les raisons de santé…

Dans son Ariège natale, tout le monde n’est pas convaincu par la thèse du suicide même si elle est plausible.

Un homme pose quelques questions : Jean-Pierre Petitguillaume.

Michel se savait menacé : contre des propos appelant à le « buter », il était même allé à la gendarmerie remplir la main courante. Il avait accompagné ce geste d’un passage chez son notaire pour inscrire ses dernières volontés.

Quand Jean-Pierre Petitguillaume arriva chez lui, une maison sans les scellés, il s’étonna de la disparition du téléphone portable de Michel. Ils ont essayé de le faire sonner mais pas l’ombre d’une réponse.

Quelques autres détails lui semblent supposer une enquête et pas seulement l’autopsie engagée.

Quel journaliste pourra reprendre son flambeau ?

Mais qui le menaçait ?  Allez faire un tour sur le site de l’association Le Cercle Lakanal, cercle qui produisait une revue dont je n’avais jamais eu connaissance bien que je sois voisin de l'Ariège. Pour dire les soutiens… Mais bon, on verra la suite.

Jean-Paul Damaggio

 https://sites.google.com/site/lecerclelakanal/

 

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 15:29

frutos-blog.jpg

270 pages, format A5, 20 euros

Le livre de Jean-Pierre Frutos

 Ce livre, comme l’indique le sous-titre est un journal écrit presque au jour le jour qui évoque surtout sa vie professionnelle avec quelques clins d’œil à l’actualité. Le risque du journal c’est de se perdre dans un détail que le temps va effacer. L’avantage c’est la spontanéité de ce temps arrêté.

Jean-Pierre Frutos a accepté de jouer le jeu de la sincérité et même si, comme chacun le sait, on ne peut pas tout écrire, le portrait qu’il nous trace de la vie scolaire dans son école est d’une grande importance.

Je viens d’apprendre que dans la cantine de mon petit-fils la surveillance vient d’être assurée par un policier municipal. Je n’en suis pas étonné en lisant le livre de Jean-Pierre. Les autorités laissent pourrir les situations et quand il est trop tard on fait appel à la police dont la peur de l’uniforme ne jouera qu’un temps.

Il me semble qu’à travers la question de l’école il serait tant, pour chercher des solutions, de faire face aux évolutions qui vont de l’effet télévision, à l’effet crise sociale, de l’effet angoisses personnelles à l’effet angoisses générales.

Voici ma postface au livre :

 Jean-Pierre Frutos a déjà travaillé tant de formes d’écriture qu’il sait parfaitement que même un « journal » c’est une part de fiction. Pourtant, si l’école qu’il nous présente est surtout la sienne (dans le même contexte j’aurais écrit un tout autre livre), elle nous dit plus que son face à face personnel avec le métier d’enseigner.

Son témoignage sortant des sentiers battus, des propos convenus, des dogmes en place à droite ou à gauche, a une valeur générale, humaine, exceptionnelle même.

Fait de sincérité, il oscille entre une école rêvée et une école réelle, et la distance est de plus en plus immense de la coupe aux lèvres.

 Mon métier d’instit m’a conduit dans des dizaines et des dizaines d’écoles, me révélant chaque fois davantage, que l’école « centralisée » française, n’est qu’un mythe commode. Dans cette diversité qui tient à la vie de chacun (enfants, école, village etc.), attention aux classifications sociologiques entre école rurale et école urbaine, entre école en milieu difficile et école de quartier plus riche. Dans une maternelle de Montauban, depuis des décennies, quand les enfants sont au bac à sable (y sont-ils encore ?) ils passent du sable, et c’est du « fin-doux ». Le terme passe, des uns aux autres et ça constitue une tradition.

 J’ai beaucoup aimé un instit, Jean Pralong qui avait une classe de CM1-CM2, car ainsi, à la rentrée de septembre, il n’avait pas besoin d’expliquer aux nouveaux sa façon de travailler, les élèves de l’année d’avant s’en chargeant au quotidien. Pour dire qu’une école c’est une histoire authentique… mais, à lire ce journal, j’ai l’impression que j’arrive sur une autre planète.

 Et sur cette planète, l’école est le meilleur des sismographes pour comprendre le monde, surtout que le journal n’est pas « scolaire » mais mêle (inévitablement pour tout enseignant ayant à cœur son métier) vie sociale, locale, nationale et même internationale. Si l’école primaire marque le récit de son empreinte, à chaque page nous sentons poindre une société portée par la douleur, en quête de solutions, et partant parfois à la dérive. Que le ministre lise ce livre et peut-être, saisi par la modestie, conviendra-t-il qu’il est temps de quitter les grandes déclarations…

 Pour corser l’aventure, il a fallu que l’école soit proche d’une tuerie sans nom, qui a marqué l’actualité nationale. Cette proximité avec une caserne fait le quotidien des enseignants de cette école construite autrefois en école annexe de l’Ecole normale, mais là un beau matin, ce fut l’exceptionnel. Alors la vie dans tout ça…

 Pour calmer l’émotion du lecteur, il y a, dans le texte, des pauses, avec le temps des évaluations - autrefois on disait, compositions - mais l’emprise étasunienne est là aussi telle, que le projet d’école vient effacer l’école comme projet social. Jean-Paul Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 11:43

Tout le monde se souvient comment après les élections législatives M de Vergnette responsable FNSEA et candidat UMP, a été débarqué de son poste de président de la SOGAP-SAFER. Un contentieux semblait exister avec la directrice de cet organisme. Les opposants à la LGV avaient auparavant rencontré les deux personnalités pour savoir l’attitude de la SAFER au sujet des terres agricoles qui devraient être utilisées pour la LGV. Des assurances avaient été données, il n'y avait pas de convention prévue avec RFF, mais en fait nous savons que conformément aux vœux de RFF, la SAFER prépare le travail d’expropriation. Plutôt que saccager ne serait-il pas plus utile pour la FDSEA comme pour les autres syndicats d’informer sur la réalité, celle sur la LGV comme sur les autres ? 

J-P Damaggio

 

Article de La Dépêche

 La directrice de la Safer soutenue

 La directrice de la Safer, dont le bureau a été saccagé en fin de semaine dernière par des agriculteurs de la Fdsea, a reçu de nombreux témoignages de soutien. Elle a particulièrement apprécié les appels de Sylvia Pinel, ministre du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme et de Jean-Michel Baylet, président du conseil général de Tarn-et-Garonne. Dans un communiqué, Valérie Rabault, députée «condamne le pillage du bureau de la directrice de la Safer. Si les auteurs n'ont pas revendiqué de motif, on peut s'interroger sur cet acte d'intimidation qui se produit au moment où le conseil d'administration de la Safer vient d'adopter des dispositions visant à une plus grande transparence.» Les représentants des conseils régionaux de Midi Pyrénées (Denis Ferté) et Aquitaine (Bernard Péré) à la Safer Garonne-Périgord dénoncent également «avec la plus grande fermeté le saccage. Quelles que soient les raisons qui opposent la Fdsea de Tarn et Garonne à la direction actuelle de la Sogap, cela ne justifie en rien la méthode employée. Le fonctionnement démocratique de la Sogap ne peut être mis en cause. En ouvrant l'information sur les transactions à tous les syndicats agricoles et en permettant leur présence dans les commissions locales dans les trois départements 24, 47 et 82 le conseil d'administration de la Sogap fait œuvre de transparence et met la structure au service de tous les agriculteurs.»

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans tarn-et-garonne
commenter cet article
10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 20:15

Voici une chronique de Michel Naudy dans Politis du 30 juin 1988. François Mitterand venait de gagner la présidentielle ce qui explique le titre de l’article à côté de celui de Naudy, la droite en grande difficulté avec des querelles entre droite dure et droite molle et signé Jean-Michel Apathie qui n’est pas le seul à avoir usé de Politis comme rampe de lancement. Je pense aussi à Jean-Paul Besset. Quant à Fabrice Nicolino lui, il est resté ce qu’il était. Bref, Naudy propose un article sur le Tapisme qui nécessite un retour sur le contexte. François Mitterrand décida d’ouvrir son gouvernement à la « société civile » comme Hollande le fit à la « société féminine ». Il s’agissait de pratiquer l’ouverture pour que . On a presque l’impression d’être sur ce point en 2012 ! Et l’homme le plus brillant de cette ouverture s’appelait Bernard Tapie. Un membre de la société civile car il était propulsé à une autre responsabilité politique sans avoir été membre d’aucun parti. D’où le « tapisme ».

 Tapisme

par Michel Naudy

IL est des mots, des expressions qui ponctuent le langage du temps jusqu'à devenir tics, à leur tour chassés par d'autres, aussi absurdes qu'abscons, mais irrésistibles pour la seule mauvaise raison qu'ils sont neufs.

Après le sport, où le néologisme et la vulgarité sont devenus rois des cendrées et des pistes, la politique tient la corde, les périodes de reclassement semblant propices à « l'invention ». Dernière en date, la « société civile », qu'il est du dernier chic d'évoquer à tout propos ou, pour écrire moderne, qui passe pour un « must » de la pensée contemporaine, ce qui se disait «nec plus ultra» dans l'entourage de Cicéron.

Notre société civile est donc à la mode et l'on s'en réjouirait presque si l'usage répétitif du terme ne recouvrait un abus et une faillite.

Abus, à coup sûr, puisque le vocable a pour mission de signifier à peu près son contraire. Il s'agirait, en effet, de faire accéder aux plus hautes responsabilités politiques des hommes et des femmes qui n'en ont pas fait profession mais dont les mérites seraient de nature à éclairer les spécialistes.

Excellente en son principe, cette disposition s'est curieusement traduite jusqu'ici par la promotion de personnages qui, au-delà de leurs différences, ont en commun d'être des hommes de pouvoirs distingués à haute fréquence par la télévision, dont c'est l'une des principales fonctions.

La société civile vient donc de se trouve, incarnée par sa forme la plus rabougrie le tapisme, du nom d'un individu aussi célèbre pour sa capacité de licenciement que pour sa grossièreté médiatique.

Des millions d'ouvriers se contenteront donc d'apercevoir six des leurs à l'Assemblée, en se demandant si ces rescapés n’ont pas depuis longtemps oublié les contours de l'établi.

Abus donc, aggravé d’un constat de faillite, quand ce que l'on nomme encore la représentation nationale est contrainte d'user d'un tel artifice, avouant ainsi qu'elle représente fort peu. Le 23 avril, le tambour du Palais Bourbon annonçait l'entrée d'une élite dont la fonction principale est de se reproduire et de protéger sa reproduction.

Que le peuple et singulièrement les salariés actifs prêtent la main à une telle confiscation ne change rien à l'affaire. A-t-il d'ailleurs les moyens de s'y soustraire quand on prépare aujourd'hui un futur ministre comme un anglo-arabe pour le prix de Diane ?

C'est ainsi qu'un jour, on vient à s'étonner qu'un gros tiers du pays se désintéresse de la chose publique, c'est ainsi que l'on bricole des gadgets dans les officines à penser, c'est ainsi que l'on découvre la société civile. Comme la lune.

M.N.

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans actualité
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche