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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:46

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Le document ci-dessous auquel vous pouvez accéder par le lien me permet à la fois de rendre hommage à Claude Julien et d'inciter à réfléchir au cas Front national en prenant un peu de recul.

Le Monde diplomatique d'où vient cet article a fourni plusieurs types d'articles en cette période 1995-1998 puis visiblement, peut-être parce que le FN est devenu une habitude, il a laissé à d'autres cette réflexion.

JP Damaggio

 

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:28

Depuis des années je cherche ce n°20 de la Nouvelle revue socialiste (daté du 15 septembre 1927 au 15 janvier 1928) à cause de cet article de Longuet. Il confirme une précision que j’ai déjà apportée : Raoul Verfeuil n’a pas rejoint la SFIO après son exclusion du PCF. Il est peut-être bon ici de rappeler que si après le Congrès de Tours, l’ère des exclusions du PCF a débuté par le cas de Verfeuil, du côté de la nouvelle SFIO, la tendance la plus à droite a pris le dessus? et si elle n’a pas exclu Longuet? c’est que dans ce parti il suffisait de marginaliser les indésirables pour les contrôler.

Longuet-Verfeuil, ce fut une longue amitié, une admiration réciproque si bien que dans l’Apostolat, le héros a bien des traits de Longuet mais à lire cet article je découvre qu’en fait il a surtout des traits de Verfeuil ! 

Le fait que Verfeuil a refusé de revenir à la SFIO n’a aucun intérêt en soi, mais il permet de me mieux réfléchir aux questions de fond.

1 ) Confondre le cas de Frossard et Verfeuil a permis d’effacer l’originalité propre de Verfeuil.

2 ) Effacer cette originalité, c’est oublier que des militants sincères ont cru à une alternative possible socialiste-communiste. Verfeuil n’a pas été seul et il faudrait le lier, par exemple, à ce grand historien que fut Albert Mathiez. Que Jean Longuet l’oublie dans la liste des exclus de l’équipe Verfeuil n’est peut-être pas un hasard. JPD

 

NOS MORTS : RAOUL VERFEUIL

La disparition prématurée de ce militant loyal et d'un absolu désintéressement, sera cruellement ressentie par tous ceux qui le connaissaient, qui ont lutté à ses côtés, qui ont pu apprécier ses qualités d'esprit et de coeur.

Soldat modeste de notre grande Cause, dont l'action s'était poursuivie sans éclat, dans son Midi natal, dans le Tarn-et- Garonne, où il fut candidat en 1914, puis à Toulouse, au sein de sa corporation — il était employé des P. T. T. et des sections du Parti, la guerre devait être pour lui la grande épreuve où il devait donner toute sa mesure, au centre de l'action du Parti. Alors que tant d'autres militants éprouvés, illustres, qui avaient été jusque- là les guides sûrs, clairvoyants et vigilants de l'action politique et économique du prolétariat dans le monde, en face de la grande Catastrophe, perdaient le « sens de la direction », commettaient de lourdes erreurs sincères mais funestes --, Verfeuil fut de ceux dont jamais la foi internationaliste n'avait fléchi.

Je me souviens encore de son intervention, au premier Congrès National du Parti tenu pendant la guerre, en décembre 1915, à la « Grange-aux-Belles ». Son pacifisme apatriotique était demeuré aussi intransigeant qu'avant le cataclysme. L'opposition internationaliste que nous menions à la politique de la majorité du Parti, avec des camarades tels que Pressemane, Mistral, Mayéras, Paul Faure, lui paraissait trop timide, trop modérée. Cet état d'esprit il l'exprimait bientôt, avec la même énergie, dans les colonnes du Populaire, organe hebdomadaire de la minorité, qu'avec le concours de nos amis de Limoges nous avions fondé quelques mois plus tard.

Son pacifisme intransigeant s'apparentait fort à celui de nos camarades de l'Independant Labour Party anglais. Il opposait la même hostilité, presque mystique à la guerre, à l'emploi de la force militaire, à tous les aspects de la violence.

Souvent nous aimions à le taquiner — affectueusement — en l'appelant le « Doukhobore » Verfeuil, tellement son état d'âme s'apparentait à celui des mystiques disciples de Tolstoï. On se souvient de sa formule caractéristique — et qui fut tellement exploitée par la réaction bloc-nationaliste — du « boulet de la victoire » que traînait la France de 1919...

Verfeuil avait salué avec enthousiasme la République des Soviets et dans toute sa propagande, exalté ses leçons, espérant que son exemple serait contagieux dans l'Europe tout entière.

Cependant lorsque se produisit, à Noël 1920, la scission lamentable de Tours, son esprit fut déchiré de doutes et d'angoisses. L'idée même de la scission — surtout avec ceux dont il avait été dans la bataille minoritaire le fidèle compagnon de lutte — lui répugnait profondément. Malgré cela, comme chez bien d'autres militants de l'époque, deux considérations dominèrent dans son esprit : le désir de maintenir le contact entre le prolétariat français et la Révolution russe, un ressentiment profond contre le « socialisme de guerre » et ceux qui l’avaient pratiqué. Et c'est pourquoi il fut un des délégués qui ayant voté avant le Congrès « la motion Paul-Faure-Jean Longuet » (il en était même l'un des rédacteurs) demeurèrent néanmoins avec la majorité.

L'atmosphère y fut tout de suite irrespirable pour lui. Il avait proclamé, en restant dans la salle du Manège de Tours, qu'il n'acceptait pas les fameuses 21 conditions de Zinovieff — dont par un étrange et juste retour des choses d'ici-bas la dernière victime est... Zinovieff lui-même Délégué à la propagande, il affirmait urbi et orbi qu'il fallait refaire l'unité. Pareille hérésie était intolérable et on le lui fit bien voir. Dix-huit mois après, Verfeuil, en compagnie de Henri Sellier, bientôt suivi de Frossard, Barabant, P. Brizon, Georges Pioch, Paul Louis, était expulsé.

Obstinément, il poursuivit son rêve de refaire l'unité totale de la classe ouvrière, au sein d'un seul parti prolétarien, où socialistes et communistes seraient venus se fondre. Le groupement «provisoire», formé sous l'impulsion de Paul Louis par les excommuniés de Moscou, «l'Union Socialiste-Communiste», lui apparut comme l'instrument propre à accomplir cette tâche sacrée.

Brizon qui allait être prématurément enlevé à l'affection de milliers de militants obscurs qui eux, lui étaient demeurés fidèles, m'avait demandé de l'aider à continuer la publication de sa vivante petite Vague — qui avait connu des tirages de 150 000 exemplaires, et qui alors conservait encore 12 à 15.000 abonnés. Nous voulions en faire un centre de regroupement des forces socialistes.

Verfeuil s'y consacra tout entier et après la mort de Brizon en assumait la rédaction en chef. Mais la tâche était trop lourde.

La clientèle de la Vague se dispersait de plus en plus, les uns étaient entraînés par la propagande communiste, d'autres découragés, étaient rentrés chez eux. D'autres enfin, bientôt de plus en plus nombreux, regagnaient le « vieux Parti », qu'après Tours nous avions reconstitué avec Paul Faure, Léon Blum, Bracke. Renaudel, avec des effectifs d'abord squelettiques et qui bientôt dressait d'un bout à l'autre du pays ses vivantes sections et ses puissantes fédérations.

Nombre de militants de l'entourage de Verfeuil sentaient que selon la formule apportée par nos «derniers rentrés» de la Loire, il fallait rejoindre ce « plus gros morceau d'unité possible».

Dès 1924, Frossard, Auray, Barabant, Ponard, suivaient cette voie qu'ont pris depuis Ernest Lafont, Ferdinand Faure, Johannet, André Morizet, que d'autres encore suivront demain.

Verfeuil ne put se décider à suivre leur exemple et à s'incliner devant l'inévitable. Il sentait — malgré le côté un peu chimérique de son esprit si honnête et si droit — combien en l'état présent des choses l'espérance d'une totale unité prolétarienne était vaine, puisque aussi bien elle ne saurait se reconstituer dans le seul plan national mais ne pouvait se refaire qu'internationalement.

Dans les derniers chapitres de son généreux roman l'Apostolat — où il décrivait avec foi l'ardente bataille minoritaire du temps de guerre, mais où il retraçait avec amertume les heures cruelles de la scission — on retrouvait cet état d'âme, cette sensation d'isolement chagrin, le désarroi moral qui devait affecter profondément son état de santé déjà précaire, comme aussi bien les préoccupations matérielles qui l'ont assailli dans les dernières années de sa vie.

Lui-même ne se doutait pas du mal redoutable dont il était atteint : tuberculose compliquée de diabète ! Lorsqu'il s'en rendit compte, lorsqu'il partit il y a un an pour le sanatorium des Landes, où il s'était décidé à aller se soigner, il était évidemment trop tard !

Il y est mort, à 42 ans à peine, dans un isolement qui a dû paraître pénible à cette âme tendre, à cet homme bon et affectueux, dont les qualités de cœur et d'esprit n'ont pu être méconnues que par ceux qui ne le connaissaient point.

Avec une absolue loyauté, un désintéressement rare, il a servi le Socialisme, la cause de la Paix et de l'Emancipation humaine. Tous les socialistes, tous ses camarades de lutte, la classe ouvrière qu'il a loyalement et fidèlement servie jusqu'à son dernier soupir, conserveront le souvenir inoubliable de cet homme de bien.

 

Jean LONGUET.

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 15:24

 

 les-dames-de-la-halle-copie-1.jpg

Dans le cadre du classique festival Offenbach de Bruniquel la Compagnie de la Tour Brunehaut propose cette année un opéré bouffe en un seul acte : Mesdames de la Halle.

Spectacle plus court que d’habitude, moins connu, mais tout aussi hilarant.

Pour corser la pièce, un prologue a été ajouté grâce à un dentiste de choc, et les autres artistes classiques du festival ont pu s’en donner à cœur joie, à coup de salades et de poireaux.

Les dames de la Halle vont découvrir un autre monde que celui des rois : le petit monde du peuple avec ses chenapans, ses rêves et ses surprises.

Les musiciens toujours sous la direction de Jean-Christophe Keck ont bien sûr apporté toute leur passion à l’œuvre. Passion d’autant plus méritoire que le public ne pouvant y retrouver des airs connus était plus difficile à captiver.

Car en fait, Offenbach est dans nos mémoires le plus souvent sans qu’on le sache.

Après 18 représentations nous pouvons mieux saisir les finesses de cet auteur qui pourtant ne fait pas dans la dentelle afin de déclencher le rire des spectateurs.

Cette année les spectaculaires changement de décor ont été un peu absent et compensés par des trouvailles quant à la mise en scène avec un théâtre dans le théâtre comme le montre le spectacle d’ombres que le héros essaie de suivre pour gagner le cœur de sa belle (et surtout son portefeuille).

Le détour par Bruniquel reste de saison et pour tout savoir le mieux c’est de se reporter sur le site :

 

Sur Youtube le spectacle version 2006

 

Tout sur le site : ICI

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 16:15

Heureusement qu'il y a parfois la mort pour célébrer les personnes authentiques. Car je vous "rassure" ces deux évocations de Latifa Zayyat sont très rares dans la presse française. Les deux seules en cherchanr sur internet ! JPD

 

Libération 17 octobre 1996

 Latifa, femme du siècle. Traduction de l'autobiographie inachevée d'une intellectuelle de gauche et nationaliste, morte en septembre dernier. Latifa El-Zayyat, Perquisition! Carnets intimes Traduit de l'arabe (Egypte) par Richard Jacquemond. Actes Sud, «Sindbad», 119 pp., 89 F.

 Christophe AYAD 17 octobre 1996 à 00:29

"Que signifie Taha Hussein pour un garçon ou une fille de 20 ans ?», se souvient s'être demandé Latifa Zayyat, à la mort, en octobre 1973, de celui qui fut l'un des plus grands intellectuels arabes du siècle «Aux obsèques de Taha Hussein, j'avais eu le sentiment de dire adieu non à un homme, mais à toute une époque, l'époque des intellectuels laïcistes qui avaient eu l'audace de tout remettre en question, qui avaient vécu en accord avec leurs paroles et placé la libre volonté de l'homme au-dessus de toutes les formes d'oppression.» Latifa Zayyat est morte, elle, le 12 septembre dernier, à l'âge de 73 ans. Beaucoup de choses la séparaient de Taha Hussein, mais avec elle s'en est allé encore un peu de cet esprit des Lumières qui a animé la scène littéraire égyptienne tout au long du siècle. Que signifie Latifa Zayyat pour un jeune d'aujourd'hui en Egypte? A-t-il entendu parler de la militante de gauche, de la nationaliste emprisonnée à deux reprises, sous le roi Farouk en 1949 pour appartenance au Parti communiste et activités antibritanniques, puis en 1981 en tant qu'opposante aux accords de Camp David ?

Perquisition! Carnets intimes est l'autobiographie inachevée d'une femme qui a toujours voulu «dire non à toutes les injustices du monde». Bouts épars d'une traversée du siècle aussi personnelle que collective: les policiers de Mansoura qui font feu sur la foule venue accueillir un leader nationaliste, les cadavres flottant sur le Nil après la manifestation du pont Abbas en 1946; la défaite de 67, qui la laisse dévastée; la démission de Nasser, sommé de rester au pouvoir par son peuple : «Le temps des questions sans réponses avait commencé, note-t-elle, résumant le trouble de toute une génération.»

Trouble intérieur, aussi, d'une femme qui décide de divorcer après treize ans de vie commune. Latifa Zayyat est la première écrivain égyptienne traduite en français, à l'exception de l'égérie surréaliste Camille Joyce Mansour. On aurait tort de croire qu'elle ne fut qu'une figure politique. C'est avant tout comme écrivain qu'elle s'est fait connaître dès 1960, avec son premier roman la Porte ouverte. Par la suite, elle publia une dizaine de romans et recueils de nouvelles, toujours aussi empreints de cette voix singulière. C'est dans le récit de son enfance, celui d'une famille «broyée sans pitié par la roue du changement», que Latifa Zayyat est la plus touchante. Lorsqu'elle redevient la petite fille née à Damiette et qui se souvient de la prière que son père adressait à Dieu «avec ce voile de larme qui ne quittait pas ses yeux»: «Seigneur, je ne Te demande pas de revenir sur Ton décret, mais seulement de l'appliquer avec indulgence.»

AYAD Christophe

 

Le Monde diplomatique Décembre 1996

MÉMOIRES DE LA MÉDITERRANÉE

Une féministe égyptienne

PERQUISITION ! CARNETS INTIMES, de Latifa Zayyat, traduit de l'arabe par Richard Jacquemont, Sindbad, Paris, 1966, 128 pages, 90 F.

AU moment où l'Europe essaie de reprendre pied, même timidement, dans cette Méditerranée livrée depuis la seconde guerre mondiale aux luttes d'influence entre l'Est et l'Ouest, et tombée depuis une décennie sous la dépendance presque exclusive de la seule superpuissance américaine, qui ne recule devant rien pour imposer ses intérêts au détriment des peuples de la région (politique qui a culminé avec la destruction de l'Irak), voilà que prend corps ce projet "Mémoires de la Méditerranée". Lancé simultanément par plusieurs éditeurs européens (allemand, anglais, castillan, catalan, italien, néerlandais et français) avec le concours de la Fondation européenne de la culture, il se propose de "présenter aux lecteurs européens quelques-uns des aspects, arabes, d'un héritage partagé", comme l'explique Yves Gonzalez-Quijano, responsable de l'édition française.

Il vient en temps opportun renforcer et équilibrer un dialogue entre les deux bords de cette mer médiane où le flux culturel a trop tendance à prendre une direction univoque Nord-Sud. Alors que s'exacerbent les tensions internes de ces sociétés de plus en plus imbriquées, quoi qu'on en dise, alimentées par de trop fortes pressions étrangères à la Méditerranée, il apparaît vital pour l'avenir commun. La présente collection aimerait y contribuer en présentant des itinéraires croisés d'individus et de cités témoignant de la vie des sociétés arabes modernes : leurs efforts pour la modernisation comme leurs pesanteurs.

Après Vendredi, dimanche, du Libanais K. Ziadé, retraçant l'évolution paradoxale de Tripoli, le lecteur a maintenant accès au parcours saisissant d'une intellectuelle égyptienne qui vient de disparaître, Latifa Zayyat (1).

Dans Perquisition ! Carnets intimes, Latifa Zayyat (1923-1996), figure de proue de la gauche égyptienne, nous introduit dans le destin intime d'une femme qui se construit face à un pouvoir doublement patriarcal : celui d'une société encore largement fondée sur l'homme, et celui d'un régime politique établi sur une figure autocratique, fût-elle inspirée. Comment devenir femme pleinement adulte quand la féminité est refoulée à l'adolescence et exaltée, dans la vie conjugale, par un mari jaloux et machiste au point d'y réduire toute la personnalité de la femme ? En se lançant à corps perdu dans l'engagement politique et social afin de "réveiller les peuples d'Orient", devenant ainsi, à vingt ans, en 1946, le porte-drapeau du Comité national des étudiants et des ouvriers et s'imposant par la suite comme intellectuel de premier plan. Mais comment travailler à cette transformation sociale dans les rangs du Parti communiste égyptien et des forces de gauche sans s'attaquer à l'absolutisme politique ?

ELLE s'y prêtera et fera l'expérience des geôles du roi en 1949, puis de celles d'un Anouar El Sadate supportant mal que l'on conteste sa politique, qui parut à beaucoup comme une entreprise de liquidation des années d'efforts et de sacrifices dans une paix tronquée avec Israël, paix qui ouvrit la voie à une série de guerres dont on n'entrevoit toujours pas la fin. Quelque chose de fort vous saisit dans l'itinéraire de cette femme : sa lutte féministe réussit à soustraire sa lutte politique à la mystique révolutionnaire abstraite. Personnalisation et engagement vont de pair et donnent à son parcours une tonalité très humaine, qui s'exprime par une continuelle remise en question et par une tendresse infinie à l'égard de ce qui l'entoure : la "sève qui monte" dans cet arbre dans la cour de la prison, ses geôlières victimes du système, ses camarades et collaborateurs. Rarement un intellectuel arabe de gauche aura mené d'une façon aussi adéquate le "travail sur soi" et le travail sur la société. C'est probablement cela, la vraie libération. Deux divorces, deux séjours en prison, un fil conducteur parfois interrompu mais toujours renoué au prix de grandes souffrances cela ne fait probablement pas de son récit une grande œuvre littéraire, mais il fait de sa vie une sorte de roman de formation presque parfait. L'admiration que lui portent amis ou adversaires n'est certes pas usurpée.

BOUTROS HALLAQ.

 

(1) Vient aussi de paraître, un livre sur Amman : Abdul Rahman Mounif, Une ville dans la mémoire, Sindbad, Paris, 1996, 272 pages, 130 F.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 15:53

C'est un personnage peu connu de la littérature latino-américaine pourtant ses multiples activités politiques, culturelles et journalistiques en font un homme charnière. JPD

 

Le Monde diplomatique Mars 1997

AGUIRRE, COLÈRE DE DIEU

Le pouvoir, la folie et la mort

LE CHEMIN DE L'ELDORADO, d'Arturo Uslar Pietri, traduit de l'espagnol par Philippe Dessommes-Flùrez, Critérion, Paris, 1997, 340 pages, 139 F.

LE rêve héroïque et brutal d'un conquistador lancé à la recherche de l'Eldorado avec une poignée de soldats, tel est le thème de ce roman qui réunit tous les éléments d'une grande aventure de la forêt de l'Amazonie, où vivent des Indiens cannibales ; le fleuve et ses rapides, sur lesquels se lance la petite troupe à bord de frêles radeaux ; les personnages, Espagnols aventuriers et féroces. Leur chef, Lope de Aguirre, s'est rebellé contre son roi Philippe II et les entraîne dans la folle poursuite de son rêve. La fièvre de l'or l'habite et, plus encore, une volonté de puissance qui ne connaît pas de limites. Il sera décapité.

On a, dans les premières pages, la sensation de partager un contact physique, une vibration tactile avec un personnage d'épopée, un décor, un paysage. La périlleuse navigation commence. Apparemment, sur les rives, nulle vie autre que végétale. Le cri perçant d'un oiseau traverse l'espace, puis le hurlement d'un singe et, soudain, c'est l'immense enchaînement de bruits entremêlés, de trilles et de vociférations qui constitue le réveil brutal de la forêt. Nous sommes en plein dans le "réel merveilleux", mouvement littéraire créé dans les années 20 à Paris par le Cubain Alejo Carpentier, le Guatémaltèque Miguel Angel Asturias et précisément le Vénézuélien Arturo Uslar Pietri ; ce qui, plus tard, s'appellera le "réalisme magique".

La fantaisie est constamment sollicitée par la splendeur des descriptions, mais chez Uslar Pietri l'esprit reste disponible pour une analyse. Ecrivain, humaniste et homme politique, il tente de concilier dans ses œuvres deux tendances qui s'opposent littérature contre économie. L'histoire républicaine du Venezuela n'a été, selon lui, qu'une longue chaîne d'erreurs ayant pour origine la violence engendrée par le divorce constant entre des propositions doctrinaires et la réalité, tant socio-économique que culturelle ou politique.

Son livre s'inscrit dans une longue série de films et romans qui évoquent la figure historique de Lope de Aguirre. Les quelques soldats qui se perdent au cours d'une expédition comptent peu. Chaque auteur s'est servi d'eux pour exorciser ses démons. L'Espagnol Ramun Sender a mis dans L'Aventure équinoxiale de Lope de Aguirre son mépris pour l'entourage de l'homme (une catégorie de républicains espagnols exilés en Amérique latine ?) et sa haine envers l'Inquisition. Le cinéaste allemand Werner Herzog a peut-être évoqué dans Aguirre, la colère de Dieu le passé de son pays.

USLAR PIETRI situe l'épopée d'Aguirre dans sa recherche des mythes fondateurs de lâ nation vénézuélienne et découpe son récit en tableaux qui cassent l'action au profit d'une allégorie de l'histoire nationale : « Voir ce que nous avons été, ce que nous sommes, ce dont nous avons besoin et ce que nous pouvons être. »

C'est un autre écrivain vénézuélien, Miguel Otero Silva, qui a le plus stimulé Uslar Pietri. Concernant Aguirre, Otero Silva répond en 1979 au despote d'Uslar Pietri par son roman Aguirre, prince de la liberté; où le héros est le précurseur de Bolivar et de la geste de Che Guevara.

Si l'on veut situer Lope de Aguirre dans le contexte vénézuélien, il faut lire ce livre superbe, mais aussi celui de Miguel Otero Silva ; et si l'on veut comprendre l'histoire politique et culturelle des quarante dernières années de ce pays, rien de mieux que de se plonger dans les œuvres parallèles de ces deux grands écrivains.

 

RAMON CHAO.

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 15:42

Cette fois nous avons l'ensemble des arguments où Mélechon au cours de son entretien fait un bilan du cycle Front de Gauche qui s'achève. J'avais déjà donné deux éléments à ce sujet : la réaction de l'Huma et la réaction du Monde.

1 ) Son souci du bilan l'honore car en effet nous sommes au bout d'un cycle qui va des Européennes de 2009 aux Européennes de 2014. Sauf que tout le monde n'a pas la même notion du cycle…

2 ) Je juge utile d'analyser les propos de Mélenchon, non pour, comme j'ai pu le constater fréquemment, démolir, ni d'ailleurs pour construire, mais pour faire fonctionner la démocratie.

3 ) Première critique : le cycle est en effet un tout en tant que tel, mais il serait incompréhensible si on ne rappelait pas qu'en 2008 le PCF était au fond du trou vu son résultat à l'élection présidentielle et aux municipales. Pour le PCF, le Front de Gauche est apparu comme une bouée de sauvetage avec, d'autre part, une méfiance compréhensible : pas question de refaire le cas Mitterrand, avec un homme du PS qui fait s'effondrer le PCF. Donc ce n'est pas au cours du cycle que vont se révéler deux stratégies opposées, mais à la naissance du cycle. Soit continuer plus ou moins l'union avec le PS, soit une rupture claire et nette avec le PS.

4 ) Rares sont ceux qui ont cru que Mélenchon souhaitait vraiment la rupture avec le PS. Or son livre Qu'ils s'en aillent tous ! était clair et Mélenchon a pu vérifier tout de suite que le PCF lui imposait un bémol. Pour la présidentielle il aurait dû, pour alerter l'opinion, dire au soir du premier tour qu'il laissait les électeurs et les électrices faire leur choix, or il appela à voter Hollande sans condition.

5 ). Il dit ceci dans l'entretien :

"Mon idée était que je pourrais prolonger ensuite l’insurrection en m’appuyant sur le bilan de la campagne. Ce que je n’avais pas envisagé, c’est que cette force puisse être étouffée par le poids du retour aux vieilles traditions partiaires, aux arrangements, aux accords électoraux."

Or Mélenchon savait très bien qu'après la victoire du NON en 2005, cette autre "insurrection" donna un résultat lamentable ensuite. Pourquoi pouvait-il en être autrement en 2012 ?

6 ) Mais voici ce qu'il rappelle concernant les deux lignes :

"Il y a deux lignes en quelque sorte. Celle qui est portée par la direction du Parti communiste, qui est plus institutionnelle, plus traditionnelle, où on continue à penser que la gauche est une réalité partiaire, organisée et qu’on peut rectifier le tir du Parti socialiste. Et puis, il y a une autre qui pense que ça, c’est un monde qui est quasiment clos, qu’il faut construire et qu’on le fera progressivement à condition d’être autonome."

En fait les deux lignes traversent depuis longtemps toute la gauche aussi bien le PCF que le PG car il ne peut y avoir unanimité dans aucun des partis. Autonome ? L'autonomie ne peut pas être simple à mettre en œuvre car faut-il encore la définir autrement que par le fait que le PS fait une mauvaise politique. Il faut trouver des raisons propres à la nouvelle fracture à mettre en place.

8 ) D'où l'importance que j'accorde à cet autre propos. L'autonomie c'est le peuple et nous en revenons à son livre Qu'ils s'en aillent tous !

"La question pour nous n’est pas de faire un parti révolutionnaire, c’est d’aider à la naissance d’un peuple révolutionnaire."

Et c'est ici que je ne suis plus d'accord ! Au risque de choquer je rappelle que le succès de Le Pen c'est d'avoir compris dès les années 1975 que l'essentiel c'est le peuple d'où sa propre stratégie d'autonomie. Sauf que pour les idées qu'il avait à défendre et qui s'adressent au peuple sommaire (il n'y a rien de péjoratif dans ce propos) il n'avait pas besoin d'un vrai parti. Inversement pour constituer un peuple révolutionnaire il faut un parti sauf qu'en effet le parti révolutionnaire classique ne peut plus être de saison. Cet échec du parti ne peut pas conduire à jeter l'idée de parti. La difficulté justement c'est de se souvenir que l'organisation décide de tout. J'ai déjà écrit sur le sujet.

9 ) Par contre je partage pour une fois son analyse du FN :

"Leur ligne [au FN], c’est d’occuper l’espace politique de la gauche. Quel est l’espace politique de la gauche ? C’est le peuple. Quel est le problème de la droite ? C’est le peuple. Voilà pourquoi ils ont toujours fait comme ça. Ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau c’est le degré de violence. Pourquoi elle [Marine] va y arriver ? Parce que la société est en train de se vider de l’intérieur. Parce que la société est en train de se diriger vers le point « qu’ils s’en aillent tous ».Et quand le point « qu’ils s’en aillent tous » est atteint, tout saute en même temps".

Là je suis totalement d'accord : voilà que le "qu'ils s'en aillent tous" revient comme un boomerang. Mais la réponse, c'est le souvenir gauchiste de Mélenchon : le spontanéisme. D'où ce constat final, le plus dur à lire.

10 ) Evoquant son rôle à la fin il indique :

"J’ai fait mon temps à organiser la vie d’un parti."

Qu'il ai fait son temps quant à cette question, je peux le comprendre mais comment va s'organiser le parti de la nouvelle stratégie qu'il propose ?

Il me fait penser à Besancenot qui après 2007, pour adapter la stratégie de la LCR, travaille à la création du NPA, mais annonce - c'est tout aussi compréhensible - qu'il passe la main pour la présidentielle.

 Sur son blog Mélenchon annonce que le Front de Gauche c'est fini mais que faire à la place quand on sait que le PG a ses propres difficultés qu'un articlede la revue Regards a fortement exploité début juillet, pour mieux enfoncer ce parti et faire peut-être la joie du regroupement à naître Ensemble !qui va devoir se positionner sur les deux lignes, ce qui ne peut pas être du goût de Clémentine Autain.

 11 ) J'ai moi-même été membre quelques mois du Parti de Gauche et pendant la présidentielle j'ai fait voter Mélenchon. Mais aux législatives n'ayant pas suivi la discipline locale j'ai été obligé de partir. Je suis donc de ceux qui ont regardé avec sympathie (et mis la main à la patte) la naissance du Parti de Gauche tout en constatant les difficultés de l'entreprise. Voilà pourquoi la nouvelle configuration à naître suscite mon intérêt.

Jean-Paul Damaggio

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 22:42

 

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En août 1996 Manuel Vázquez Montalbán, écrivait l'article en lien ci-dessous que je reprends au moment où le référendum pour l'indépendance de la Catalone fait débat d'après cet article de ce jour dans Le Monde.

 Article de 1996 de MVM

 

Article du Monde du 30 juillet 2014

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, et le président régional de la Catalogne, Artur Mas, se sont rencontrés mercredi 30 juillet, au palais de la Moncloa, à Madrid, après huit mois de relations gelées.

Renouer avec le dialogue ne les a toutefois pas pour autant mis d'accord :  M. Rajoy a réaffirmé qu'un référendum sur l'autodétermination de la Catalogne serait  « illégal ».

 M. Mas, lui, s'est redit « décidé » à l'organiser :

 « Mon message a été exactement le même qu'il y a un an, nous sommes décidés à poursuivre. Nous voulons le faire dans le cadre de la légalité et, dans la mesure du possible, en accord avec l'Etat. [Néanmoins], la conclusion de la part de l'Etat est qu'il n'y a aucune proposition de rechange hormis le fait de dire que c'est illégal ».

Depuis qu'en décembre M. Mas a annoncé, unilatéralement, la date d'un référendum d'indépendance qu'il entend convoquer le 9 novembre, malgré l'interdiction de Madrid, tout dialogue avait été rompu. Il aura fallu la pression des associations de chefs d'entreprise catalans et madrilènes qui leur ont demandé de renouer les discussions, et les critiques de l'opposition face à l'immobilisme régnant des deux côtés, pour que cette réunion soit possible.

Après cette réunion, difficile d'imaginer une solution rapide et claire au blocage des relations entre Madrid et Barcelone. La démission du nationaliste modéré Josep Duran i Lleida, de son poste de secrétaire général de la coalition Convergence et Union (CiU), le 22 juillet dernier, est un mauvais signe. Porte-parole de la coalition au Congrès des députés, il défendait une « troisième voie », entre la re-centralisation offerte par Madrid et l'indépendance vers laquelle semble se diriger la Catalogne : une voie confédérale, reconnaissant la nation catalane et améliorant ses capacités d'autofinancement.

 ÉQUILIBRES FISCAUX

M. Rajoy avait clairement laissé entendre, avant même la réunion, qu'il ne souhaitait pas aborder la question d'un possible référendum sur l'indépendance. « Il dira au président de la Généralité que la souveraineté nationale est indivisible et inaliénable », avait expliqué lundi la numéro deux du Parti populaire (PP), Maria Dolores de Cospedal.

En revanche, il était prêt à parler de tous les sujets qui rentrent « dans le cadre de la Constitution ». Amélioration du système de financement ? Transfert de nouvelles compétences ? Promesses d'investissement ? Difficile de savoir quels dossiers avanceront dans les prochains mois. D'autant que le chef de l'exécutif conservateur est sous la pression de la frange la plus à droite de son électorat et une part de ses barons, qui verraient d'un très mauvais œil des concessions à M. Mas.

 Le chef de la Généralité de son côté a fait voter une loi de consultation régionale au parlement de Catalogne, afin de doter la région autonome de la capacité légale d'organiser un référendum consultatif. Après s'être engagé personnellement à le convoquer en novembre auprès de ses alliés indépendantistes de la Gauche républicaine catalane (ERC) et de ses électeurs et de l'Assemblée nationale catalane (ANC), la puissante plateforme citoyenne qui chaque 11 septembre organise de grandes manifestations en faveur de l'indépendance, il lui serait difficile de reculer. Cependant, il ne fait pas de doute que si cette consultation était convoquée officiellement, Madrid saisirait le Tribunal constitutionnel et la bloquerait.

Malgré la promesse de nouvelles grandes mobilisations en faveur de l'indépendance le 11 septembre prochain, lors de la Diada, la fête de la « nation catalane », M. Mas arrivait affaibli mercredi à la Moncloa. La publication des équilibres fiscaux entre les différentes régions autonomes espagnoles a réduit de moitié – sept milliards d'euros – le montant que la Catalogne réclame au titre du déficit fiscal (la différence entre les impôts prélevés en Catalogne et reversés ensuite sous forme d'investissement et de financement). Surtout, elle a démontré que d'autres régions sont beaucoup plus lésées par l'actuel système de financement, comme la Communauté de Madrid ou les Iles Baléares.

      D'autre part, le scandale qui touche le parrain politique de M. Mas, l'ancien président de la Généralité, Jordi Pujol, depuis qu'il a avoué, vendredi 25 juillet, avoir maintenu sa fortune dans un paradis fiscal, a atteint sa crédibilité.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 15:54

Il n’y a de vie possible que grâce à un couple et aujourd’hui on a beau m’expliquer qu’il y a du féminin dans le masculin et l’inverse - jusqu’à l’existence de transsexuels-, je maintiens mon propos.

Le temps de reproduction n’est qu’un moment bref de la vie et pour les humains le droit au plaisir a pris, plus ou moins, toute sa place dans l’acte sexuel, mais la réalité première reste la même : aucune vie n’est possible sans être deux (l’escargot est une des exceptions qui confirment la règle).

 Le couple économie / politique

Dans l’histoire humaine le couple s’appelle : économie / politique.

La droite s’est toujours située du côté de l’économie et la gauche du côté du social donc du côté du politique. Bien évident, je parle pour le moment, de la réalité première, la réalité inévitable, et non pas de la réalité représentative que je mentionnerai plus loin.

Comme pour tout couple il a fallu inventer une règle de vie et elle s’est appelée la démocratie. Une sorte de contrat de mariage ! Là aussi je ne parle pas des conséquences et inconséquences de la démocratie, mais de la démocratie première, la démocratie inévitable. Elle n’est rien d’autre que l’acceptation par la majorité de l’existence de la minorité. Liberté de la presse, de réunion, élections et j’en passe, ne sont que des conséquences et parfois des inconséquences du fait premier.

La démocratie inconséquente peut prendre des formes très perverses et la plus terribles s’appelle le paternalisme. Dans ce cas, la majorité, dans sa grande générosité, accepte l’existence d’une minorité qu’elle s’acharne à infantiliser, une minorité qui appelle de ses « vœux » la présence d’un père ! Le mal est son remède ! Je ne confonds pas cette forme avec la négation si fréquente de la minorité (pouvant aller jusqu’à son élimination temporaire) par la majorité.

 Naturellement, au sein de la gauche comme de la droite, il existe une aile gauche et une aile droite, le centre ayant pour vocation de tenir l’équilibre.

L’aile gauche de la droite a toujours voulu faire dans le social.

L’aile gauche de la gauche a toujours voulu que la politique occupe tout le champ de l’économique.

 Le couple droite / gauche

Mais que se passe-t-il dans le cadre de la représentation politique ? Il ne s’agit pas ici de se lancer dans l’étude plus ou moins grossière de ce qu’on appelle parfois le théâtre politique car le souci de la simplification me contraint d’en rester aux réalités premières.

La représentation politique est le lieu par excellence qui permet de découvrir aujourd’hui, qu’en fait, la fracture inévitable entre l’économique et le politique aurait disparu. Donc le couple n’existerait plus pour deux raisons :

Le capitalisme a entrepris une révolution ;

La gauche n’a pas su voulu ou pu conduire une contre-révolution pour faire apparaî-tre la fracture des temps actuels.

Marx n’a jamais cessé de le répéter : le capitalisme a pour fonction de révolutionner en permanence toute la société donc il est l’adversaire de la droite classique faite de conservateurs, de réactionnaires, d’hommes tournés vers le passé.

La gauche progressiste a donc été dépassée sur son propre terrain !

La fin des couples anciens

Malgré Marx, la révolution du capitalisme est apparue comme un oxymore : dans la tradition anarchiste ou communiste, le capitalisme peut muter sans se révolutionner car depuis le XIXe siècle la révolution est la suppression même du capitalisme.

Oui, le capitalisme subit le plus souvent des mutations (le néolibéralisme par exemple) mais il a provoqué aussi sa propre révolution qui a donné ce que Michel Clouscard a appelé le capitalisme de la séduction, un autre oxymore qui est pourtant une réalité majeure.

La production économique a cessé d’être à un moment le fruit de la logique économique pour devenir le fruit du marketing pris au sens politique et non seulement technique. On va chercher le bien-être social et produire en fonction de telles études plus sérieuses que beaucoup ne le pensent !

Hier, le développement du rail a considéré l’homme comme une des marchandises marginales à transporter, car l’essentiel de la logique économique était de transporter des matières premières.

Depuis 1945, dans les pays phares du capitalisme, la révolution s’est produite quand la production économique a été élaborée à partir d’une analyse des besoins humains pris individuellement, afin de séduire ! L’homme n’est plus une marchandise, il est la référence majeure. Le succès de facebook n’est pas un produit du monde économique ancien mais un produit du monde marketing.

Cette révolution ne change rien dans le cœur du capitalisme, à savoir la domination d’une classe sur une autre, mais cependant change tout dans la société car la vie n’est pas faite que de dominations.

Le social n’est donc plus l’adversaire mais peut devenir un complice !

L’Etat n’est plus un instrument de la classe dominante mais devient une entreprise parmi d’autres, y compris l’entreprise éducation nationale !

Bref, il n’y a plus ni droite ni gauche pour la simple raison que la gauche, n’ayant pas su, ni anticiper ni réagir à la révolution du capitalisme de la séduction, n’a pas contribué à la construction d’une nouvelle fracture adaptée aux réalités premières naissantes et capable de se substituer à la précédente !

Conséquence pratique : il ne s’agit plus de lire Marx mais de le comprendre à la lumière des temps présents !

 L’anti-productivisme

Cette révolution du capitalisme s’appuie sur un phénomène qui est l’explosion des acquis de la science. L’histoire de la science n’est pas seulement l’accumulation de connaissances mais la relecture en même temps des connaissances passées. Un effort souvent raté concernant les découvertes de Marx qui ont été figées, dogmatisées au moment où elles devaient devenir plus dialectiques !

La chute de l’URSS n’a pas été la victoire du capitalisme sur le socialisme mais l’incapacité du socialisme à découvrir la révolution dans le capitalisme. Confusément, Gorbatchev, qui n’a pu être le liquidateur d’un système déjà liquidé, a pensé à une révolution dans le socialisme, mais il était d’autant plus loin du compte que les forces communistes dans les pays capitalistes ont été incapables de penser un communisme des temps présents alors qu’elles étaient face à l’adversaire majeur !

Au risque de choquer je prétends que les partis communistes du monde ont été pour une bonne part les responsables de la chute de l’URSS ! Ils ont eu ensuite la réponse facile : étant soumis au Centre ils ne purent voler de leur propre intelligence. Par exemple : dans les pays capitalistes, les partis communistes pouvaient observer que les acquis sociaux (congés payés et retraites) permettaient la naissance de ce qui allait devenir la première industrie mondiale, le tourisme ! Au contraire, le capitalisme en a tiré les leçons. Son capitalisme de la séduction n’est rien d’autre que l’inclusion dans son mode de production des souhaits populaires ! Qu’il le fasse à son service et non pour se suicider, c’est la moindre des choses !

 Un autre couple

Nous arrivons au point crucial : mais alors si le couple premier économie / politique n’existe plus, alors qu’à l’évidence, la lutte des classes (relue par Marx) continue d’être la ligne de fracture, où est fracture ? Sans déterminer cette fracture nous ne déterminerons pas un nouveau rapport droite/gauche !

Je prends un exemple que j’appuie sur une lutte sociale à laquelle je participe depuis cinq ans : la question du rapport à la grande vitesse ferroviaire. J’ai pu noter cent fois que chez des citoyens les plus divers, de droite ou de gauche, le raisonnement social et économique pouvait se rejoindre pour dire : « priorité aux lignes du quotidien », une formule reprise par quelques autorités mais sans les décisions adéquates.

A partir du moment où les moyens de production permettent aux hommes de satisfaire leurs besoins élémentaires, repensons le cas des autres besoins.

Les famines, qui existent toujours, sont les vestiges du passé que le système maintient en place pour mieux valoriser sa forme actuelle de capitalisme de la séduction : « Voyez ce vous pourriez souffrir si nous n’étions pas là pour assurer votre bonheur ! ». L’immigration est devenue l’éloge le plus parfait (car involontaire) du capitalisme de la séduction !

Le capitalisme de la séduction serait donc le producteur de la quantité et le socialisme deviendrait celui de la qualité ? La fracture serait quantité/qualité ou comme je l’entends parfois avoir/être ? Le proverbe est connu : « l »argent ne fait pas le bonheur » ce à quoi il est utile d’ajouter : « l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas ! » Bref, cette fracture est problématique. Nous savons déjà avec le capitalisme vert que le chantier de la qualité peut, comme les congés payés, devenir une industrie lucrative !

 Le cœur de la fracture n’est autre que l’anti-productivisme sauf que le terme négatif n’est pas du meilleur effet d’autant que des anti-productiviste par esprit « anti » sont prêts à y mettre n’importe quoi.

Le marxisme est l’éloge le plus grandiose du producteur, ce dernier devenant même, presque naturellement, le fossoyeur du capitalisme. L’anti-productivisme tend à le marginaliser ou pire à le ridiculiser ce qui convient à un capitalisme où l’ouvrier pèse moins en tant que producteur qu’en tant que consommateur !

 Or l’anti-productivisme peut assurer un retour au premier plan du producteur mais du producteur réel. L’ouvrier, actuel rouage du système productif a dû accepter de n’être qu’un des rouages : il peut se changer en un rouage conscient !

Les hasards de la vie ont fait qu’un jour, à Bruniquel, Michel Clouscard est venu frapper à ma porte (vers 1995) pour me dire : mais dans mon analyse du capitalisme que devient le rôle révolutionnaire de la classe ouvrière ? Il savait que je serais sans réponse mais il avait envie de réfléchir à haute voix avec un citoyen ordinaire. La disparition de la classe ouvrière n’est pas une question originale sauf que chez lui elle était signe d’inquiétude quand pour tant d’autres, elle est signe de soulagement.

La classe ouvrière, quand elle est conduite à limiter la casse sociale en demandant les plans sociaux les plus avantageux, met à mal le mythe ancien de son aspiration à faire la révolution… quand elle cherchait surtout à vivre autre chose que sa condition de classe ouvrière ! C’est là la différence majeure avec la classe paysanne : la grande majorité des paysans ont vécu comme un arrachement total leur arrivée en ville, alors que les ouvriers pouvant devenir des artisans, ou ingénieur par une promotion interne, ont vécu cet arrachement à leur classe comme une libération ! Quand par contre le chômage frappe c’est autre chose. Pour dire que l’analyse du rôle de la classe ouvrière (toujours présente) suppose d’abord de sortir du mythe.

 La classe ouvrière ne sera classe ouvrière que par la conscience de sa solidarité à part égale avec le reste de la société. Elle restera au cœur du processus productif si elle comprend par exemple, que les recherches en marketings peuvent se révolutionner en devenant utiles à tous, et pas seulement au maître de la production !

Pour rester dans le cas du ferroviaire, prenons l’exemple de la dernière grève des cheminots. Avec eux, je pense qu’un bon statut des cheminots c’est la condition de la sécurité, de la qualité mais ce bon statut ne peut pas être la seule défense du statut ancien, car tout citoyen sait qu’un conducteur de train hier et aujourd’hui ne travaille pas dans les mêmes conditions ! Leur grève est apparue comme tournée vers le passé car reposant surtout sur la défense d’intérêts particuliers. Pour le moment, une grève contre le système du tout LGV est impensable pour les cheminots car le TGV c’est leur fleuron, leur vitrine : sur le camion du CE cheminot d’une région ce n’est pas un TER moderne qui est peint mais un TGV ! A repenser leur rôle, ils peuvent repenser leurs liens avec l’essentiel des usagers sans lesquels ils ne gagneront aucunes luttes.

L’anti-productivisme ne dit pas qu’il faut cesser de faire des trains mais qu’il appartient, y compris aux cheminots, de réfléchir au train du futur en dehors d’une logique capitaliste du toujours plus vite, la logique actuelle de la SNCF qui pour moi n’a strictement rien de différent des autres entreprises capitalistes, sauf que l’histoire maintient un statut spécial pour ses employés. D’ailleurs à la SNCF la part du ferroviaire est presque minoritaire !

 Produire pour se reproduire / produire pour se souvenir, voilà, sans doute mal exprimé, la fracture à construire entre droite et gauche. La droite veut produire pour se reproduire condition majeure du maintien du système. La gauche devra produire pour se souvenir, j’entends par là pour rêver et exister en tant qu’humanité.

 

Jean-Paul Damaggio

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 13:14

Du 1905 à 1907 Raoul Verfeuil va proposer des dizaines d'articles dans l'hebdo radical acceptant des socialistes, L'Indépendant. Le 13 octobre, suite au décès de l'écrivain intervenue le 6, il publie cet article (il a seulement 19 ans !) qui présente une originalité unique : il signe de son nom ! Pourquoi là et seulement là ? Pour qu'on sache bien que c'est lui Lamolinairie qui fut un admirateur de Pouvillon ?

Cet article est indirectement un hommage à ce qui sera la vie… de Verfeuil sauf que par rapport à Pouvillon, il mettra plus souvent les pieds dans le plat ! Cet article n'est compréhensible que si on retient cette anecdote : Pouvillon a été exclu de l'Académie de Montauban. Pouvillon était célébré surtout par la droite car face au méchant Cladel rouge écarlate, il était le gentil mais quand éclata l'affaire Dreyfus ce fut la guerre à Montauban. L'historien Albert Mathiez qui était prof au lycée se fera muter pour ça… et on retrouvera Mathiez dans la tendance politique de Verfeuil quand ensemble ils se feront exclure du PCF en 1922. Bref, Verfeuil s'inscrit dans une lutte franche et directe où il lui plaît d'aimer le ton paisible de Pouvillon, celui qu'il aurait aimé avoir tout le temps si la lutte des classes n'était pas aussi rude. JPD

  Pouvillon

Le charmant écrivain Emile Pouvillon notre compatriote est mort lundi dernier à Jacob-Belle-Combette à 2 km de Chambéry (Savoie) où il était en villégiature depuis quinze jours. La triste, la douloureuse nouvelle nous a frappé brusquement, comme un coup de foudre. Cette mort nous est en effet d’autant plus pénible, d’autant plus douloureuse qu’elle est inattendue et que Pouvillon nous appartenait à tous les points de vue, comme militant et comme littérateur. Il était à nous avant d’être à quiconque. Avant d’être à sa famille et à l’église. Il était à Montauban, à notre parti, à l’histoire. On ne nous le prendra pas.

Né dans notre ville en 1840, Emile Pouvillon manifesta très jeune ses instincts littéraires. Pourtant ce n’est guère qu’à 28 ans qu’il fut ses débuts, en collaborant au journal de Jules Vallès La Rue. En 1878 seulement il fit paraître son premier volume : Nouvelles réalistes. Mais dès ce moment ses œuvres se succèdent sans interruption. Ce sont : Césette, le délicieux roman courroné par l’Académie française (1881), l’innoncent (1884), Jean de Jeanne (1886), le Cheval-bleu (1888), Chante-Pleure (1890), les Antibels (1892), Petites amies (1893) Bernadette de Lourdes -1894) Pays et Paysages (1895), Mademoiselle Clémence (1896), L’Image (1897), Le vœu d’être chaste (1900), Pep, Petites gens. Emile Pouvillon laisse une pièce de théâtre inédite à tendances sociales, l’alluvion, actuellement au théâtre Antoine où elle allait être représentée, et un roman non terminé. Il se proposait aussi de réunir en volume les « Portraits de villes » publiés dans La Dépêche.

L’œuvre de notre compatriote est des plus remarquables. Elle vibre de sincérité, d’enthousiasme, de simplicité et de poésie. Il y a de la noblesse et une exquise naïveté, en même temps qu’une tranquillité sereine. Elle n’en est pas moins empreinte de force de la robustesse de ces paysans qu’il a peints, alliée à la grâce des paysages où ils se meuvent. On a dit d’Emile Pouvillon qu’il est réaliste à sa façon. C’est un réalisme en quelque sorte idéaliste, mais un réalisme quand même ; car dans les hommes les plus terre à terre il y a des sentiments de poète. Le paysan de Pouvillon est de ceux là. C’est le travailleur robuste, puissant mais rêveur, langoureux, idyllique. Sous son masque grossier se cache un sentimental. Dans sa face terreuse, de brute, brillent des yeux pétillants où se reflète l’admirable nature qu’il connaît par cœur. L’âpre soleil du Midi lui hâle, lui flétrit la peau ; mais il lui donne aussi toute la joie de sa flamme éclatante.

Assurément, tout ce que l’on pourrait reprocher à Pouvillon, si on pouvait lui reprocher quelque chose, ce que je ne crois pas, ce serait d’avoir trop poétisé le paysan. La brute domine souvent dans l’habitant des campagnes. Il arrive aussi qu’il suffit l’influence du milieu et que la beauté des gracieuses plaines et des altiers coteaux le frappe, l’émeut, le transforme, le rend poète. Pouvillon a connu ce paysan là. Son âme d’artiste l’a peut-être empêché de coir le côté trop matériel, trop grossier de ses héros. Devons-nous nous en plaindre ? Sans doute, il faut peindre la vie comme elle est. Mais que la vie ne comporte pas que des tableaux lugubres et des spectacles répugnants. Il y a aussi des idylles. Nous n’avons qu’à remercier ceux qui nous les dévoilent. Elles sont tellement rares qu’elles étonnent heureusement. Ne serait-ce qu’à ce point de vue, Pouvillon a droit à notre gratitude.

D’ailleurs ses dernières œuvres accusaient une tendance plus vraie, pour ne pas dire plus réaliste. Dans Jep, par exemple, cette tendance se manifeste d’une façon frappante. Autant que je m’en souvienne, le paysan est vraiment le paysan, c’est-à-dire l’homme qui croit aux sorciers, qui se bat pour un motif futile et qu’enthousiasme l’Idée. Pouvillon se rapproche alors de Cladel et peut-être un peu de Zola. Il ne manque pas d’âpreté. Il n'arrive pas jusqu'à la crudité, mais il ne voile que très discrètement sa peinture. « Ce qui devait arriver arriva... » C'est dans Jep. Le poète n'ose pu dire davantage. Cela suffit. J'aime peut-être mieux Pouvillon ainsi. Il est plus vrai. Quoi qu'il en soit, ce fut un parfait écrivain. Sa phrase est étrangement claire. Il excelle dans la simplicité. Il atteint même jusqu'à l’exquis. Il y a du mysticisme en lui, mais un mysticisme qui n'a rien des religions. Il avait la foi, mais la foi en son art et en la vérité. Il détestait les honneurs, quels qu'ils fussent. Sa vie est d'un sage.

Comme militant, Pouvillon nous appartenait aussi. Il suffit de connaître quelque peu sa vie. Il avait nos opinions. Il fut l’un des premiers défenseurs de Dreyfus condamné et de Zola odieusement outragé, ce qui lui valut d'être chassé de l'Académie montalbanaise dont il était pourtant la seule raison d'être. Il lutta toujours pour le Beau, le Juste et le Vrai, malgré les cruelles souffrances dont on le persécuta. Ce fut un poète, mais ce fut aussi un homme. Il était du Cercle départemental radical et socialiste, de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Jeunesse et de la Mission laïques. Pouvillon est des nôtres, nous le disons bien haut. Nous pourrions nous ériger en accusateurs et crier notre colère et notre indignation. Nous préférons, pour l’instant, exprimer seulement notre douleur. Le temps viendra où nous reprendrons celui qu'on n'a pu que nous confisquer.

Pouvillon disparaît, mais ses œuvres restent.

Raoul Lamolinairie (Raoul Verfeuil)

 

A ÉMILE POUVILLON

La Mort t'arrache a nous, écrivain du terroir *

Dont tu glorifias la beauté souveraine,

Troubadour qui chantas la grâce de la plaine

La fierté des coteaux aux antiques manoirs.

 

A ton pays natal, tu pris avec savoir

Sa tranquillité douce et sa force sereine,

Son éclatant soleil et la troublante haleine,

De ces fertiles champs que tu ne peux plus voir.

 

Et tu dressas ton œuvre avec cette matière,

Et cette œuvre fut simple et pourtant comme altière,

Et tu fus un conteur délicieux, exquis ;

 

Sur le grand livre d'or que l'Avenir t’apprête,

Ton nom demeurera, Pouvillon, ô poète,

Comme notre douleur dans nos êtres meurtris.

RAOUL. VERFEULL.

10 octobre 1906.

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 13:11

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Cet assassinat des frères Rosselli a plusieurs fois été évoqué sur ce blog. J'offre à présent en accès gratuit la brochure publiée par les Editions La brochure à ce sujet.

Oggi in Spagna, domani in Italia, Carlo Rosselli (en français)

Avec une présentation.

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