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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 12:14

Du 1905 à 1907 Raoul Verfeuil va proposer des dizaines d'articles dans l'hebdo radical acceptant des socialistes, L'Indépendant. Le 13 octobre, suite au décès de l'écrivain intervenue le 6, il publie cet article (il a seulement 19 ans !) qui présente une originalité unique : il signe de son nom ! Pourquoi là et seulement là ? Pour qu'on sache bien que c'est lui Lamolinairie qui fut un admirateur de Pouvillon ?

Cet article est indirectement un hommage à ce qui sera la vie… de Verfeuil sauf que par rapport à Pouvillon, il mettra plus souvent les pieds dans le plat ! Cet article n'est compréhensible que si on retient cette anecdote : Pouvillon a été exclu de l'Académie de Montauban. Pouvillon était célébré surtout par la droite car face au méchant Cladel rouge écarlate, il était le gentil mais quand éclata l'affaire Dreyfus ce fut la guerre à Montauban. L'historien Albert Mathiez qui était prof au lycée se fera muter pour ça… et on retrouvera Mathiez dans la tendance politique de Verfeuil quand ensemble ils se feront exclure du PCF en 1922. Bref, Verfeuil s'inscrit dans une lutte franche et directe où il lui plaît d'aimer le ton paisible de Pouvillon, celui qu'il aurait aimé avoir tout le temps si la lutte des classes n'était pas aussi rude. JPD

  Pouvillon

Le charmant écrivain Emile Pouvillon notre compatriote est mort lundi dernier à Jacob-Belle-Combette à 2 km de Chambéry (Savoie) où il était en villégiature depuis quinze jours. La triste, la douloureuse nouvelle nous a frappé brusquement, comme un coup de foudre. Cette mort nous est en effet d’autant plus pénible, d’autant plus douloureuse qu’elle est inattendue et que Pouvillon nous appartenait à tous les points de vue, comme militant et comme littérateur. Il était à nous avant d’être à quiconque. Avant d’être à sa famille et à l’église. Il était à Montauban, à notre parti, à l’histoire. On ne nous le prendra pas.

Né dans notre ville en 1840, Emile Pouvillon manifesta très jeune ses instincts littéraires. Pourtant ce n’est guère qu’à 28 ans qu’il fut ses débuts, en collaborant au journal de Jules Vallès La Rue. En 1878 seulement il fit paraître son premier volume : Nouvelles réalistes. Mais dès ce moment ses œuvres se succèdent sans interruption. Ce sont : Césette, le délicieux roman courroné par l’Académie française (1881), l’innoncent (1884), Jean de Jeanne (1886), le Cheval-bleu (1888), Chante-Pleure (1890), les Antibels (1892), Petites amies (1893) Bernadette de Lourdes -1894) Pays et Paysages (1895), Mademoiselle Clémence (1896), L’Image (1897), Le vœu d’être chaste (1900), Pep, Petites gens. Emile Pouvillon laisse une pièce de théâtre inédite à tendances sociales, l’alluvion, actuellement au théâtre Antoine où elle allait être représentée, et un roman non terminé. Il se proposait aussi de réunir en volume les « Portraits de villes » publiés dans La Dépêche.

L’œuvre de notre compatriote est des plus remarquables. Elle vibre de sincérité, d’enthousiasme, de simplicité et de poésie. Il y a de la noblesse et une exquise naïveté, en même temps qu’une tranquillité sereine. Elle n’en est pas moins empreinte de force de la robustesse de ces paysans qu’il a peints, alliée à la grâce des paysages où ils se meuvent. On a dit d’Emile Pouvillon qu’il est réaliste à sa façon. C’est un réalisme en quelque sorte idéaliste, mais un réalisme quand même ; car dans les hommes les plus terre à terre il y a des sentiments de poète. Le paysan de Pouvillon est de ceux là. C’est le travailleur robuste, puissant mais rêveur, langoureux, idyllique. Sous son masque grossier se cache un sentimental. Dans sa face terreuse, de brute, brillent des yeux pétillants où se reflète l’admirable nature qu’il connaît par cœur. L’âpre soleil du Midi lui hâle, lui flétrit la peau ; mais il lui donne aussi toute la joie de sa flamme éclatante.

Assurément, tout ce que l’on pourrait reprocher à Pouvillon, si on pouvait lui reprocher quelque chose, ce que je ne crois pas, ce serait d’avoir trop poétisé le paysan. La brute domine souvent dans l’habitant des campagnes. Il arrive aussi qu’il suffit l’influence du milieu et que la beauté des gracieuses plaines et des altiers coteaux le frappe, l’émeut, le transforme, le rend poète. Pouvillon a connu ce paysan là. Son âme d’artiste l’a peut-être empêché de coir le côté trop matériel, trop grossier de ses héros. Devons-nous nous en plaindre ? Sans doute, il faut peindre la vie comme elle est. Mais que la vie ne comporte pas que des tableaux lugubres et des spectacles répugnants. Il y a aussi des idylles. Nous n’avons qu’à remercier ceux qui nous les dévoilent. Elles sont tellement rares qu’elles étonnent heureusement. Ne serait-ce qu’à ce point de vue, Pouvillon a droit à notre gratitude.

D’ailleurs ses dernières œuvres accusaient une tendance plus vraie, pour ne pas dire plus réaliste. Dans Jep, par exemple, cette tendance se manifeste d’une façon frappante. Autant que je m’en souvienne, le paysan est vraiment le paysan, c’est-à-dire l’homme qui croit aux sorciers, qui se bat pour un motif futile et qu’enthousiasme l’Idée. Pouvillon se rapproche alors de Cladel et peut-être un peu de Zola. Il ne manque pas d’âpreté. Il n'arrive pas jusqu'à la crudité, mais il ne voile que très discrètement sa peinture. « Ce qui devait arriver arriva... » C'est dans Jep. Le poète n'ose pu dire davantage. Cela suffit. J'aime peut-être mieux Pouvillon ainsi. Il est plus vrai. Quoi qu'il en soit, ce fut un parfait écrivain. Sa phrase est étrangement claire. Il excelle dans la simplicité. Il atteint même jusqu'à l’exquis. Il y a du mysticisme en lui, mais un mysticisme qui n'a rien des religions. Il avait la foi, mais la foi en son art et en la vérité. Il détestait les honneurs, quels qu'ils fussent. Sa vie est d'un sage.

Comme militant, Pouvillon nous appartenait aussi. Il suffit de connaître quelque peu sa vie. Il avait nos opinions. Il fut l’un des premiers défenseurs de Dreyfus condamné et de Zola odieusement outragé, ce qui lui valut d'être chassé de l'Académie montalbanaise dont il était pourtant la seule raison d'être. Il lutta toujours pour le Beau, le Juste et le Vrai, malgré les cruelles souffrances dont on le persécuta. Ce fut un poète, mais ce fut aussi un homme. Il était du Cercle départemental radical et socialiste, de la Ligue des Droits de l’Homme, de la Jeunesse et de la Mission laïques. Pouvillon est des nôtres, nous le disons bien haut. Nous pourrions nous ériger en accusateurs et crier notre colère et notre indignation. Nous préférons, pour l’instant, exprimer seulement notre douleur. Le temps viendra où nous reprendrons celui qu'on n'a pu que nous confisquer.

Pouvillon disparaît, mais ses œuvres restent.

Raoul Lamolinairie (Raoul Verfeuil)

 

A ÉMILE POUVILLON

La Mort t'arrache a nous, écrivain du terroir *

Dont tu glorifias la beauté souveraine,

Troubadour qui chantas la grâce de la plaine

La fierté des coteaux aux antiques manoirs.

 

A ton pays natal, tu pris avec savoir

Sa tranquillité douce et sa force sereine,

Son éclatant soleil et la troublante haleine,

De ces fertiles champs que tu ne peux plus voir.

 

Et tu dressas ton œuvre avec cette matière,

Et cette œuvre fut simple et pourtant comme altière,

Et tu fus un conteur délicieux, exquis ;

 

Sur le grand livre d'or que l'Avenir t’apprête,

Ton nom demeurera, Pouvillon, ô poète,

Comme notre douleur dans nos êtres meurtris.

RAOUL. VERFEULL.

10 octobre 1906.

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 12:11

couv-rosseli.jpg

 

Cet assassinat des frères Rosselli a plusieurs fois été évoqué sur ce blog. J'offre à présent en accès gratuit la brochure publiée par les Editions La brochure à ce sujet.

Oggi in Spagna, domani in Italia, Carlo Rosselli (en français)

Avec une présentation.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:24

J'ai retenu cette autre chronique du Monde diplomatique à la fois à cause de celle qui l'a écrite (Je suis un lecteur fréquent d'Evelyne Pieiller) et bien sûr à cause de l'auteur évoqué. Un petit détour par l'Italie que je vais poursuivre dans le message suivant. JPD

UN VOYAGE INTÉRIEUR

L’illusion de l'harmonie

UTOPIE ET DÉSENCHANTEMENT, par Claudio Magris, traduit de l'italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau, Gallimard-L'Arpenteur, Paris, 2001, 441 pages, 165 F.

BIEN sûr, on connaît Claudio Magris par son Danube, cet émerveillant récit d'un voyage qui l'a mené de ses sources, mystérieusement multiples, à sa souveraine, sa splendide embouchure. Mais cette longue quête, qui prenait parfois allure d'enquête folâtre, ne se réduisait certainement pas à une visite guidée parmi les hauts lieux de la culture de la Mitteleuropa. Non, tout se mêlait, s'interrogeait, se répondait en écho, les événements historiques, les livres, les collines, le sourire d'un pêcheur, le regard d'une amie, et c'était là la beauté de Danube que nous apprendre, délicatement, à saluer, à mesurer, les traces et les rêves des hommes, sans jamais oublier que nous sont données la grâce d'exister et la responsabilité qui l'accompagne.

Avec Utopie et Désenchantement, Magris propose à nouveau un voyage, mais intérieur celui-là, au fil des livres, au hasard des rencontres que propose la vie. Il a réuni ici des articles, écrits sur une vingtaine d'années, et il importe peu qu'on ne soit pas un spécialiste de Jorge Luis Borges, de Thomas Mann ou des plages triestines au mois d'août pour pouvoir l'accompagner. Car ce n'est pas là un ouvrage professoral, même s'il est savant. C'est bien plutôt un essai, au sens de Montaigne, qui entreprend, à partir de l'analyse concrète d’un aspect d'une œuvre, ou de l'examen détaillé de souvenirs de Noël, d'approcher une façon de vivre qui serait morale. Ah, voilà un adjectif quelque peu... démonétisé.

Pourtant, la morale n'a rien à voir avec le moralisme sentimental qu'on lui substitue souvent. Il s'agit, tout bonnement, de savoir quel sens donner à la vie, et d'essayer d'agir en fonction de ce sens. Par les temps qui courent, il semble qu'on accepte assez facilement qu'elle n'en ait guère d'autre que celui du petit bonheur individuel, et encore...

POUR Magris, il convient de savoir que « la vie n'a pas de sens » mais que la tristesse qui accompagne cette conviction indique qu'il faut en postuler un, modestement, vigoureusement. Se tenir entre « l'utopie et le désenchantement », inventer ironiquement l'espérance, et c'est ce que la littérature, qui « se pose souvent par rapport à l'Histoire comme l'autre face de la Lune, laissée dans l'ombre par le cours du monde », nous apprend — celle de Cervantès ou de Péguy, de Goethe ou de Broch.

Et c'est ce que vivre nous apprend, si on renonce au fantasme de « l'identité », si on renonce au besoin de posséder, ou d'être, une totalité, si on renonce à l'illusion de l'harmonie. L'art n'est pas « salvateur », l'intellectuel n'est pas nécessairement un juste, il faut à chaque fois se situer dans la tension de la déception et de l'émerveillement, pour parvenir à découvrir que l'impureté est joyeuse, libératrice, à l'opposé des fanatismes et des mensonges, pour accueillir l'inquiétude joueuse qui nous fait inventer des histoires et tomber amoureux.

Alors, on se sait, on se choisit «polygame et polythéiste », au plus loin du cynisme, et responsable, comme tout un chacun, de ses mots, de ses gestes, toujours à réinventer. La morale devient une esthétique, et vice versa, naturellement, comme aurait dit Baudelaire, pour fonder l'entreprise de vivre, menue, immense. Magris a écrit ici, en vagabondant, de monographie aiguë en anecdote souriante, une assez splendide introduction à l'art, ô combien solitaire, ô combien politique, de la bonté envers les possibilités d'embellissement du monde.

 

ÉVELYNE PIEILLER.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:21

Il est très rare que Le Monde diplomatique rende compte d'un livre publié à L'Harmattan. Kamal Ben Hameda que vous toruverez ailleurs sur ce blog le mérite. JPD

Décembre 2001

SOUFFRANCES LIBYENNES

Un monde ourlé d'interdits

LA MÉMOIRE DE L'ABSENT, de Kamal Ben Hameda, L'Harmattan, « Ecritures arabes », Paris, 2001, 96 pages, 70 F.

SUR la couverture, Nour Ysebaert a peint un personnage-oiseau qui hésite entre être humain et pingouin. Dont le corps est constellé d'éclats et dont les yeux regardent autant en dehors qu'en dedans. Le peintre a su attraper là quelque chose d'intime qui traverse l'histoire de l'auteur. Né dans la Tripoli libyenne, Kamal Ben Hameda y passe une enfance délicieuse et douloureuse. « Comme les femmes, sa parole est de trop, disent les hommes de quelqu'un qui leur semble trouver du plaisir à parler. Un homme s'exprime pour commander, informer, sinon il se tait. » Dans ce saisissant raccourci des codes de comportement d'une société fermée sur laquelle on sait peu de choses, on aura compris de quelle matrice il lui aura fallu se dégager pour trouver sa propre respiration. Puisqu'il sait déjà, depuis l'enfance, que la parole et l'écriture seront l'eau et le miel de son existence, il apprendra, très vite, à les faire exister clandestinement pour pouvoir survivre.

« A la maison on apprenait aux enfants la soumission au père, dans la rue la soumission aux grands, à l'école coranique la soumission à Allah et à son prophète, puis, à l'école publique, la soumission aux maîtres, aux gouverneurs et à leurs gardiens. »

Kamal Ben Hameda revient de loin. D'un monde clos et ourlé d'interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes de celui des femmes. Alors que c'est seulement avec elles qu'il se sent bien. Des interdits qu'il raconte à foison tout en dessinant un itinéraire fascinant de couleurs et de parfums dans une ville « comme un cœur vivant et lumineux » qui lui fait mal mais qu'il aime profondément. Des interdits qui, sous la monarchie aussi bien que sous le régime du frère colonel », visent seulement à pérenniser le pouvoir quel qu'il soit. «Je ferai de ma personne, si nécessaire, un tapis sur lequel notre chef et ses frères révolutionnaires puissent marcher vers la victoire finale », doit-il alléguer en toutes circonstances. Tout un programme... qui lui fait perdre vite toute illusion de transformation du monde « On venait de destituer un roi et fonder une république pour aussitôt interdire le droit de réunion, le droit d'association, le droit de grève, la constitution de partis politiques, le droit à une presse libre et plurielle. »

La tentative de passer outre cette « sécheresse intellectuelle » qui s'est abattue sur le pays, matérialisée dans l'emprunt bénin d'un livre interdit, lui vaut l'affreuse expérience de la détention en hôpital psychiatrique.., la révélation de son utilisation à grande échelle produit une véritable onde de choc.

La ville et la vie lui deviennent amères. Kamal Ben Hameda va chercher à partir très loin. Vers l'exil, qui le conduira aux Pays-Bas. Un choix qui est aussi une déchirure mais la seule voie pour garder son intériorité comme son intégrité, pour, continuer à écrire. Il dédie son récit à des écrivains amis disparus qui n'ont pas même eu temps d'y songer...

 

MARINA DA SILVA.

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 11:17

la-com-mariet.jpg

 

Suite au décès de l'ami Alain Mariet qui a passé sa vie dans la communication (sous diverses formes) je propose en guse d'hommage la lecture de sa brochure sur la question. Elle paraîtra sans doute à certains comme une vulgarisation scientifique bien modeste mais parfois il faut tenter de résumer un phénomène crucial dans nos vies. JPD

La communication, Alan Mariet

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:39

                                                          guerre-au-paradis.jpg

Voilà un roman extraordinaire écrit par un auteur mexicain trop peu connu en France car trop peu traduit. Peut-être est-ce suite à cette chronique que je me suis lancé dans la lecture mais je pense plutôt que c'est suite à ses rticle dans le journal La Jornada. JPD

Monde Diplomatique Janvier 2000

Enfants de Zapata

GUERRE AU PARADIS, de Carlos Montemayor, traduit de l'espagnol (Mexique) par Anny Amberni, Gallimard, Paris, 1999, 443 pages, 160 F.

« A l'aube, la camionnette vert olive sortit du champ militaire, escortée par deux véhicules, et prit l'anneau du périphérique, obscurci de brouillard à pareille heure. Elle roulait à grande vitesse sur l'autoroute déserte en direction du sud. » Les militaires se dirigent vers la station balnéaire d'Acapulco. Touristes, milliardaires et trafiquants de drogue. A quelques kilomètres, la Sierra Madre del Sur, habitée par métis et Indiens. Nous sommes dans l'Etat de Guerrero, qui est, avec ceux de Chiapas et d'Oaxaca, l'un des plus pauvres du Mexique. Le pouvoir y appartient, depuis la révolution de 1910, à des caciques. C'est ici qu'Emiliano Zapata se souleva et fut criblé de balles en 1919. En 1963, Genaro Vasquez, un maître d'école, abandonne la lutte pacifique. Comme Zapata, il s'identifie à son milieu et prend les armes à la tête de l'Association nationale civique révolutionnaire (ANCR). Genaro Vasquez mourra en 1972 dans un accident de voiture, selon la version officielle.

Carlos Montemayor, poète et romancier mexicain, nous raconte la suite à la fin des années 60, un autre instituteur, Lucio Cabanas, incarne à nouveau la résistance, fonde le Parti des pauvres (PDLP) et entre dans la clandestinité. Le PDLP prône « un nouvel ordre politique et économique par l'expropriation des usines et des grandes propriétés ». Les actions des insurgés se multiplient et culminent, le 20 mai 1974, avec l'enlèvement de Rubén Figueroa père, candidat du parti officiel, le Parti révolutionnaire institutionnel, au poste de gouverneur de l'Etat.

CARLOS MONTEMAYOR a écrit ce roman en 1991, trois ans avant l'insurrection zapatiste du sous-commandant Marcos. « C'est-à-dire que l'Histoire se répète et tend périlleusement des pièges à la vie des armées », avoue, dans le livre, le général Hernandez. Chargé d'étouffer la rébellion, il constate que les guérillas réapparaissent de façon cyclique dans les Etats du sud du Mexique (1). « L'essentiel dans cette affaire, explique un autre général, Escarcega, à ses collègues, c'est le soutien organisé des populations de la sierra. Il ne s'agit pas d'une poignée d'insurgés armés qui se déplacent d'un endroit à l'autre, indépendants et isolés, comme les autres terroristes, non; les gens les aident, les soutiennent et les cachent. » Avec l'assassinat de Lucio Cabanas, en décembre 1974, criblé de balles comme Zapata, une nouvelle étape de la guérilla rurale se terminait. Elle laissait un solde de plusieurs centaines de morts et plus de trois cents disparus dans le seul Etat de Guerrero.

Vingt ans plus tard, la lutte reprendra au Chiapas (et dans le Guerrero). Pour l'armée, toujours la même réponse, hier et aujourd'hui. Les paramilitaires organisent des massacres collectifs, l'armée occupe les villages et les hameaux, dresse la liste des habitants, et tout homme absent est décrété zapatiste. « Notre action ne saura se réduire à une contre-guérilla ni à un ratissage de la région, mais doit être un contrôle de toute la zone. (...) Il faut affronter le peuple, faire le siège du village et agir comme si toute la population était complice de Lucia Cabanas », concluait déjà à l'époque le général Escarcega.

RAMON CHAO.

 

(1) Cf Françoise Escarpit, « Une multitude de guérillas», Le Monde diplomatique, janvier 1997.

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:35

Délégués sénatoriales TetG 2014

Peut-être est-ce la seule liste rendue publique des délégués aux sénatoriales ?

Elle rappelle mon admiration, indépendamment des idées, pour ceux qui prennent sur leur temps pour s'occuper de la chose publique. C'est vrai, une petite minorité bénéficie de pas mal de privilèges en échange de la fonction politique. Un peu comme mon admiration pour tous ceux qui, sur les terrains de sport, animent des équipes de jeunes et qui sont la majorité à côté du sport mafia. Dans une liste tout le monde est sur la même marche du podium.

Après, à chacun de se faire son idée. JPD

Voir également la liste de tous les élus municipaux du Tarn et Garonne :

Les élus municipaux du Tarn et Garonne

 

 

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 17:12

 

N'étant pas dans le département début juillet j'ai raté l'information qui est sur le site national du PRG :

"Vendredi 4 Juillet s’est tenue à Montbeton l’Assemblée Générale de la fédération du Parti Radical de Gauche de Tarn-et-Garonne présidée par Sylvia Pinel, et en présence de la députée européenne Virginie Rosière.

Jean-Michel BAYLET (Sénateur sortant et Président du Conseil Général) et Francis LABRUYERE (Maire de Villemade et Président de l’Association des Maires) ont été ainsi désigné candidats du PRG pour les élections Sénatoriales du 28 Septembre prochain.

Les deux candidats iront très prochainement à la rencontre des grands électeurs Tarn-et-Garonnais."

Donc le mystère est levé côté PRG : J-M Baylet tente de jouer la sécurité en présentant le président de l'association des maires du Tarn et Garonne.

Que va-t-il se passer du côté du PS qui avait souhaité une alliance ?

 

Jean Paul Damaggio

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 17:05

couv-mottay.jpg

Une coïncidence fait que 1944 et 1914 conduisent à des célébrations militaires. Les souvenirs de l'enfant qu'était Emile en 1944 dans sa Normandie, et qu'il a présenté sous forme de contes sincères en utilisant fortement ses talents de poète, renvoient indirectement à un Traité de Versailles signé en 1919 sans le soutien des USA (ils signèrent ensuite) qui y voyaient la graine d'une autre guerre.

En éditant ce texte, nous sommes heureux d'ajouter à la longue liste de nos publications une autre forme d'écriture, et un beau dépaysement puisque nous sommes loin du Tarn-et-Garonne où cependant Emile Mottay vit depuis si longtemps. Je me souviens de ma première réunion syndicale en 1971, où en sortant, pour soutenir sans doute mon propos de minoritaire, il eut un petit mot encourageant. Je ne le connaissais pas mais il arrive parfois qu'on se souvienne de certaines anecdotes. Celles qui peuplent le livre d'Emile sont toutes pleines d'humanité. JPD

Le Bracelet, 80 pages, 5 euros

 Voici la présentation faite par Emile :

 "La guerre vue par un enfant". Ce pourrait être le second titre de cet ouvrage d’Emile Mottay qui avait six ans lors du débarquement américain sur les plages d’Arromanches. Il a vécu l’occupation allemande de son hameau normand, un des très nombreux endroits où la bataille a fait rage. Pendant la libération de ce hameau, lui et sa famille ont par miracle échappé à la mort. Il se souvient avec clarté de nombreux événements qu’il a vécus, parfois tragiques, parfois prêtant à sourire. Cette année a été fêté le 70ème anniversaire du D Day. L’auteur pense que son témoi-gnage peut être considéré comme un hommage à tous les GI qui ont reconquis notre liberté au péril de leur vie. Les pertes de l’armée américaine furent extrêmement importantes. Pendant la bataille de Normandie, trois cent mille soldats US furent tués."

 

J'ajoute ici une poésie d'Emile publiée dans un recueil de Montauriol-Poésie :

L'Internationale

Te souviens-tu, mon camarade,

De ces moments où nous levions le poing ?

Nous ne chantions pas le grand soir,

Imposture funeste,

Mais la justice.

Nous chantions pour nos enfants,

Pour nos petits-enfants, tous les enfants du monde.

 

Vois camarade, comme le ciel est noir !

Etions-nous si naïfs ? Fallait-il espérer ?

Mais quelle vie aurait été la nôtre

Si nous ne l'avions pas fait ?


Nous avons perdu la bataille,

Jamais nous ne verrons ce que nous attendions

Et le pire est à craindre.

Mais qui connaît la destinée des hommes ?

mottay-montauriol.jpg

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 16:55

 

 alain-mariet.JPG

Pour faire connaître l'histoire de sa commune, le travail d'Alain Mariet, qui vient de décéder, a été phénoménal. Pour ça il faut se reporter aux documents de La Feuille bourretoise.

Pour des raisons que je n'ai pas cherché à élucider cette publication internet a cessé en 2008 peu après que dans le numéro n°22 on y évoque mon intervention le 5 avril 2008.

Six ans déjà ! J'y retrouve l'idée d'une conférence sur Victor Malrieu qui n'a jamais abouti. Après cette réunion de 2008 nous étions allé visiter Pierre Malrieu à Penne. Et aujourd'hui tous ces souvenirs me reviennent avec émotion.

Ceci étant Alain était si discret que son nom n'apparaît nulle part.

 Parmi ses projets il y avait le suivant présent sur un autre site qu'il a animé et dontil m'avait parlé :

Association de Sauvegarde

"La Grande Guerre

A l'occasion du centenaire de la Guerre de 1914-1918, notre Association entend se joindre au devoir de mémoire rendu par la Nation aux combattants de la Grande Guerre et aux souffrances des populations durant ces terribles années. Localement, nous devons rendre Honneur aux jeunes de Bourret et des villages voisins, partis se battre loin de chez eux pour défendre la Patrie et la Liberté !

Nous recherchons tout document conservé dans les familles de nos villages concernant cette période-là (lettres de poilus, photos, témoignages, textes divers…)

Aussi  dans le courant de l'année nous publierons une brochure, témoignant de la façon dont s’est passé le conflit chez nous, témoignant du courage de chacune et chacun, femmes et enfants qui en l’absence du père, du mari parti sur le front, assumèrent toutes les tâches quotidiennes. Et la reconnaissance des efforts était souvent, en ces temps là, récompensée par l’annonce d’un décès…

Les travaux réalisés à partir des documents reçus (ceux que vous nous transmettrez en nous contactant aux adresses indiquées en haut et bas de page!), seront présentés lors d’une manifestation en Mairie de Bourret à une date qui sera communiquée ultérieurement ! Lors de cette réunion vous pourrez bien sûr vous procurer cette brochure illustrée !"

 Sur ce site vous trouverez des documents sur les Ponts Gisclard une des dernières réunions (très réussie) dont nous avions parlé ensemble.

Cher Alain, comment s'incliner devant des coups pareils ?

 

Tu avais aussi publié un travail sur l'école que j'essaierais de mettre sur internet pour soutenir ta mémoire.

Dans cette école de Bourret, je m'en souviendrai toujours, j'tais arrivé en remplacement dans la classe et j'interrogeai les gamins dont un du fond totalement enthousiaste. Alors une gamine, devant, m'expliqua : "Mais vous ne voyez pas qu'il est nul !". Alors l'enfant du fond ajouta : "Oui monsieur, je suis le premier en commençant par la fin !"

Jean-Paul Damaggio

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