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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 12:49

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Les Amériques constituent à la fois, pour les Français, une usine à stéréotypes, à rêves et à nostalgie.

Quand, en 1975, dans une bibliothèque de Louisiane, j’ai découvert un livre me révélant que la majorité des légumes cultivés par mon père maraîcher venait des indiens des Amériques, j’ai compris définitivement qu’il fallait que je révise ma carte du monde. Ce fut un choc. Et pas seulement pour les légumes. Gamin, j’ai passé des heures dans de modestes champs de tabac et le tabac aussi venait de là-bas et gagna autant l’Europe que la Chine. Comble du paradoxe, j’ai appris ensuite qu’une culture comme la pomme de terre (venant aussi des Amériques) a renforcé fortement l’Europe qui a ainsi pu d’autant mieux coloniser le monde et donc l’Amérique ! Inversement les Européens ont fait débarquer, sans le savoir, des maladies qui détruisirent des peuples peu immunisés sur ce point.

Bref, je me suis alors mis à aimer les Amériques mais pas l’Amérique qui est autre chose.

 

J’appelle usine à stéréotypes cet Ancien Monde qu’on décida d’appeler Nouveau Monde du point de vue européen, avec des Indiens, pensant être aux Indes ! Le plus grand des stéréotypes s’est appelé « le bon sauvage » et comble du paradoxe, il est arrivé qu’aux Amériques, des colons croient plus le stéréotype que la réalité qu’ils avaient sous les yeux. Ceci étant les stéréotypes ont fait des ravages dans tous les secteurs de l’opinion (et ça continue).

Charles C. Mann, journaliste scientifique, a réussi dans un premier livre à démonter les stéréotypes et dans le deuxième il reprend et continue son exploit. Aujourd’hui on appelle « mondialisation » la volonté chez les Puissants, de tuer les nations et donc l’interNATIONnalisme. Or la mondialisation fut antérieure à l’internationalisme, c’est elle qui fait que la planète entière est bouleversée à partir de 1492 car c’est au quotidien que la vie et les rêves ont changé de dimension.

 

Il arrivait à ma grand-mère de recevoir des lettres avec un dollar à l’intérieur car elle avait une cousine italienne aux Amériques, une cousine qui ne l’oubliait  pas. Les Amériques ont alimenté les rêves d’El Dorado et souvent ça continue. Ce fut la ruée vers l’or en 1600 mais aussi en 1850. Ce fut la silicon valley, la vallée du « sable » changeant nos vies comme jamais. Pourquoi tant de rêves ? Parce que la vieille Europe, malgré ses révolutions, restait la vieille Europe, alors que là-bas tout était neuf ? Mais non, tout n’était pas neuf, tout était aussi vieux ou presque qu’en Europe ! Le neuf c’est que les Européens (et pas seulement les colonisateurs) ont pu être partout dans le monde quand chacun des autres mondes restait chez lui pour l’’essentiel, sauf des Africains envoyés de force dans le cauchemar américain.

 Les Amériques, le cauchemar de l’Afrique ? Mais à ce moment là, l’Amérique n’était que la destination et non le lieu du pouvoir. C’est le seul point réel étudié à l’école : le commerce était triangulaire, et les puissances européennes s’en mettaient plein les poches. D’où aujourd’hui la nostalgie : la grandeur actuelle des Amériques, c’est le reflet de la suprématie perdue par l’Europe ! Et il n’y aura pas de découverte d’un autre « nouveau monde » pour retrouver le prestige perdu !

 La Chine serait alors l’El Dorado imprévu ?

Les premiers à rêver fortement à la Chine sont aux Amériques car ce continent est plus proche de l’Asie que l’Europe. Avec la Chine, qui a su très vite profiter de la mondialisation de 1600, l’Europe s’enfonce dans ses handicaps ! Sera-t-elle alors au cœur de la révolution sociale ? 1848 comme 1968 ont démontré que les nations européennes pouvaient contribuer à la naissance de cet autre monde devenu indispensable : la démocratie sociale, une démocratie éloignée du stéréotype cher au célèbre Tocqueville. Charles C. Mann a peu enquêté sur ce point.

JPD

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Le Sarmiento
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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 12:46

 La boue déversée sur Chavez a deux fonctions : détruire son image et interdire toute réflexion sérieuse sur le cas vénézuélien. La première leçon de la bataille c’est de pousser plus loin l’analyse du PUM (Pouvoir universel des médias). Le 17 avril José Steinsleger tente une approche de la question dans La Jornada. « 4 ) Le chroniqueur soutient que le PUM a fait des pas de géant mais en même temps il indique que la plus grande partie des théoriciens du socialisme (avec plumes d’oie ou tweets) continue de s'exprimer avec la langue idéologique et politique de la première révolution industrielle. » Donc regardons quelques faits.

 Le 26 janvier 2013, Maduro annonce que Chavez va beaucoup mieux et qu’il a pu lui donner des indications en matière de décisions économiques. Il s’agissait ainsi de préparer une nouvelle dévaluation du bolivar qui va intervenir en pleine campagne électorale car, en fait d’aller mieux, Chavez meurt quelques semaines après.

Pourquoi cette dévaluation ?

Jean Ortiz dans L’Humanité propose cette explication :

« Le gouvernement vénézuélien vient de dévaluer la monnaie, le "bolivar", en portant son taux de change à 6,30 bolivars pour un dollar, au lieu de 4,30 précédemment (plus 31,7%). C'est la cinquième dévaluation en dix ans, et sans doute pas la dernière, pour tenter d'assainir ponctuellement une situation monétaire très fluctuante et vulnérable. Le capital financier national et international multiplie ses "attaques spéculatives" contre la monnaie et l'économie d'un pays encore  majoritairement capitaliste. »

 Je ne suis pas expert monétaire mais je sais deux choses : le bolivar est une monnaie locale sans poids sur le marché financier international donc je vois mal les attaques spéculatives ; le but est clairement d’aider les exportations et d’augmenter ainsi les rentrées de la rente pétrolière, même si le prix du pétrole a été multiplié par sept depuis dix ans. La conséquence est connue : augmentation des denrées importées.

En trois mois, un kilo de viande est passé de 30 bolivar à 85 ; un kilo de fromage de 40 à 100 ; un kilo du poisson le moins cher de 40 à 150 ; une paire de chaussures ordinaires de 300 à 800. Et les salaires à ce jour n’ont pas suivi.

 Le processus bolivarien ne peut pas être un long fleuve tranquille et le quasi succès de Capriles suppose qu’en réponse on ne dise pas: « il suffit de continuer comme avant » ; « il suffit de dénoncer l’impérialisme US » ; « il suffit de dénoncer le fascisme de l’opposition » sauf à supposer que la victoire de toute transformation sociale se ferait pas abandon de l’adversaire. L’adversaire joue toujours son rôle, donc il reste au pouvoir en place qui au Venezuela ne manque pas d’atout, de jouer le sien.

 Dans le Monde Diplomatique Maurice Lemoine grand connaisseur du sujet après avoir réaffirmé son soutien à la révolution bolivarienne indique pour l’avenir :

« Sous réserve de mettre en œuvre avec succès le « Plan Patrie 2013-2019 », dont la présentation avait permis la large victoire de Chávez, d’approfondir son projet de transformation sociale et de s’attaquer vigoureusement aux dysfonctionnements du processus en cours — inflation, insécurité, production non pétrolière insuffisante, problèmes économiques (infiniment moins préoccupants que ceux de nombre de pays européens, soit dit en passant) —, la tendance peut parfaitement s’inverser (ou non) d’ici au 10 janvier 2019, terme du mandat de M. Maduro. »

 Des dysfonctionnements ?

Je viens d’évoquer la question de l’inflation. Je suis encore plus sensible à la question de la sécurité car elle est une question internationale. Le Mexique du PAN a tenté de répondre par la répression et ce fut l’échec. Le Mexique du PRI n’arrive pas à faire mieux. Le Venezuela de Chavez a tenté de répondre par des politiques sociales et ce fut l’échec tout aussi cuisant. Il s’agit d’abord de se demander : est-ce un piège tendu par l’adversaire ou une question sociale profonde ? Est-ce un problème réel surévalué pour masquer les autres ou un problème à prendre en compte ?

Maduro a voulu le prendre en compte tout au long de sa campagne électorale, donc il y a forcément autocritique car l’augmentation de la délinquance est telle que malgré la présence d’un militaire démocrate au pouvoir le problème a empiré.

Pour moi c’est comme le droit à l’avortement : il s’agit d’un problème surtout social. Au Venezuela les femmes riches n’ont aucun souci : elles prennent l’avion et Miami est à deux pas. Pour les femmes plus pauvres rien n’a changé en quinze ans de chavisme. Pour la sécurité, les riches sont dans des lieux super protégés et les pauvres sont donc les premières victimes humaines de la criminalité (les riches victimes d’enlèvement paient et sont plutôt frappés au porte-monnaie). Ce n’est pas parce que l’adversaire de droite ou d’extrême-droite s’empare de la question qu’il ne faut pas la traiter quand on défend la révolution sociale, mais au contraire, la responsabilité du pouvoir est double. Que faire ? Sortir du « modèle extractiviste » comme ils disent aux Amériques.

 Voici un témoignage de Raul Zibechi (1) défenseur de la révolution sociale :

« En politique le modèle extractif a besoin de gestionnaires qui aliment des gains immenses (soja, mines à ciel ouvert, et monocultures diverses) qui surveillent leurs intérêts (dans les universités, les gouvernements nationaux et locaux, dans les médias et auprès des intellectuels). En exagérant à peine, l’extractivisme joue un rôle aussi désintégrateur que le narcotrafic car il détruit le tissus social, il expulse les paysans de leurs terres, il gonfle les villes jusqu’à les rendre insupportables et il tue les gens, en particulier les plus pauvres qui n’ont pas accès à un système de santé de qualité. »

 

Le Venezuela est un immense producteur de pétrole… et un grand importateur de carburant !  Au Venezuela le carburant est vendu en dessous du coût d’importation et là-bas comme partout aux Amériques le lobby des transports interdit tout développement du rail par exemple. A quand une raffinerie au Venezuela ?

Cette question d’une économie reposant sur les matières premières est relancée ces dernières années… grâce à la juste augmentation du prix des matières premières ! Si le prix du soja d’effondre (plus fragile que le prix du cuivre) l’Argentine est dans le rouge !

 Cette question n’est pas nouvelle et l’Algérie y est confrontée depuis son indépendance mais le contexte est nouveau par l’ampleur des conséquences et la recomposition du capitalisme sous-jacente.

 Le même analyste indique :

« Dans tous les pays de notre région, paradis extractifs du capital spéculatif global ou des intérêts expansionnistes des pays émergents comme la Chine, la décennie de développement de l’extractivisme a favorisé les droites. Je ne me réfère pas seulement aux partis politiques conservateurs mais à une droite diffuse sociale et culturelle qui fait la promotion de l’individualisme, du consumérisme et de comportements quasi fascistes envers les pauvres ou contre les jeunes des quartiers populaires, gens de couleur ou venant de  la campagne. »

 Donc, l’observation de Maurice Lemoine est capitale pas seulement pour le Venezuela, mais aussi pour le Pérou, l’Equateur et la Bolivie. Le cas du Brésil est tout à fait différent car la bourgeoisie de ce pays investit depuis longtemps dans la diversité industrielle mais le problème est crucial en matière de monoculture agricoles. Le Chili pays extractiviste par excellence a inversement, une agriculture plus variée et une bourgeoisie plus globale.

 Mais pour en revenir au Venezuela, en plus de l’orientation économique du pays, il y a un problème de leader car il n’est pas possible de remplacer Chavez d’un coup de baguette magique. Deux erreurs sont reprochées à Maduro, par ses amis : avoir tenté de ressembler à Chavez, et ce faisant avoir oublié de relancer le débat politique de fond (celui qui concerne justement le cœur de la politique économique). Toute la question est là : comment investir dans une autre forme économique sans porter préjudice aux politiques sociales ?

Jean-Paul Damaggio

http://www.jornada.unam.mx/2013/04/19/opinion/025a1pol

 

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Résistance 2007
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Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 11:18

Si au départ la victoire de Maduro apparaissait très large, au fil de la campagne l’avance fondait comme neige au soleil pour finalement lui assurer le succès avec 234 000 voix d’avance soit 50,6%.

Rappelons que paradoxalement on vote au Venezuela comme aux USA, par vote électronique donc les résultats ne peuvent être que faiblement contestés. Il y a cependant possibilité de vérifier de façon manuelle (ce qui va se faire aujourd'hui comme ça s'est produit aux USA pour Bush). Dans tous les cas, sur le long terme, l’avance électorale du Chavisme est à la baisse.

Il y a 650 000 suffrages qui sont passés de Chavez à Capriles.

Les leçons du scrutin viendront plus tard mais on peut parier que tout le monde va se dire gagnant : Maduro car il passe l’épreuve et Capriles car il frôle la victoire et vu sa jeunesse il reste le recours capable d’unifier l’opposition. A suivre. JP Damaggio

P.S. Infos, Ultimas Noticias

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Résistance 2007
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Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 12:51

Après l’Argentine, la Bolivie, le Costa Rica, le Chili, le Guatemala, le Salvador, le Mexique et le Pérou, l’Equateur va se doter d’une loi sur le féminicide. Décision du gouvernement qui fait suite à d’imposantes manifestations populaires suite à une série d’assassinats de jeunes femmes pour des raisons de violence sexuelle.

Tous les spécialistes savent, à la lumière de ce qui se passe dans les autres pays, que de telles lois ont une efficacité réduite même si ce crime est assimilé à la criminalité organisée avec une peine de 28 ans de prison.

Il s’agit en fait d’une banalisation générale du crime dont le meurtre de femmes pour violence sexuelle est l’indice le plus détestable car il ne s’agit ni de question de pouvoir, d’argent mais d’une conception de la femme comme simple objet.

Toutes les couches de la société sont concernées et au-delà de l’assassinat ce sont 60% des femmes d’Equateur qui disent être victimes de mauvais traitements de l’entourage.

Trop souvent les regards se portent sur les luttes politiques (au sens politicien) sans saisir que la politique n’est qu’un aspect marginal de la vie sociale. Les évolutions de fond qui s’agit ni de noircir ni d’occulter sont sur un autre registre. JPD

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 14 mars 2013 4 14 /03 /Mars /2013 14:01

Nous reprenons avec plaisir cet article de Libération sur une manifestation que nous défendons depuis… 25 ans ! JPD

 

Libération 13/03/2013 Ciné Latino souffle ses vingt cinq bougies

 

 CINÉMA. La fibre militante des débuts est toujours là. Du 15 au 24 mars le festival CinéLatino fêtera son 25e anniversaire avec un retour aux sources autour du thème «Cinéma et politique».

Un quart de siècle après son lancement par un collectif d’associations, ce panorama des cinémas et des documentaires d’Amérique latine est devenu une référence dans le circuit professionnel  tout en restant fidèle à ses engagements. La solidarité cinématographique initiée dans les années quatre vingt ne s’est jamais démentie. Hasta siempre (« pour toujours ») serait-on tenté d’affirmer.

 Autant connues en Amérique latine qu’en France ces Rencontres de Toulouse ont en effet permis à des cinéastes menacés dans leur propres pays (Argentine, Chili, Mexique, Uruguay, Colombie) de continuer à travailler et de construire une œuvre. 118 longs métrages, 42 courts métrages, 26 documentaires, pour la plupart inédits en France, sont au  programme de cette édition 2013 de CinéLatino dans laquelle LibeToulouse est allé se promener. 

« Calle Santé Fé»  le remarquable  documentaire  de Carmen Castillo  revient sur les années de plomb dans le Chili des années 1970. Comme bon nombre de cinéastes et de documentaristes sud-américains, cette réalisatrice chilienne s’inspire des dictatures militaires des années 1960 et 1970 en Amérique latine.

Réalisé en 2007, ce film sur l’engagement politique, s'arrête sur la mort de son compagnon Miquel Enriquez, chef du MIR, abattu le 5 octobre 1974 rue Santa Fe dans les faubourgs de Santiago du Chili lors d’un affrontement avec la Dina, la police militaire de Pinochet. Trente après, elle revient sur les lieux du drame et s’interroge sur la lutte armée. En valait-elle la peine ? Miquel et les autres résistants chiliens sont-ils morts pour rien ? Du passé au présent la quête de mémoire résonne avec les aspirations de la jeunesse chilienne d’aujourd’hui.

A voir ou à revoir, dans le même programme, les longs métrages Buenos Aires 1977 du réalisateur Adrian Caetano présenté à Cannes en 2006 et Garage Olimpo de l’argentin Marco Bechi. Ce dernier présentera aussi La terre des hommes rouges, une fiction sur la lutte des indiens Guaranis au Brésil pour récupérer les territoires dont ils on été spoliés.

Repéré dans cette édition 2013  le vidéaste mexicain Edgardo Aragon. Ce jeune artiste ultra réaliste présentera ses récits filmés de narco trafiquants  et d’échappés de pelotons d’exécutions dans l’auditorium des Abattoirs. A ne pas rater comme la totalité de ces Rencontres Ciné Latino.

 

J-M.E

Ciné Latino 25 emes rencontres de Toulouse du 15 au 24 mars.

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : environs de Toulouse
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Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 11:04

Autant Chavez a joué la carte de la sincérité autant Lula est un pur produit marketing. Ses éloges de Chavez ne visent qu’à une chose : prendre une part du marché du soutien accordé à Chavez aux Amériques. Son texte n’est ni plus ni moins hypocrite que tous les autres car ça supposerait dans son effort de communication une part de morale. Depuis longtemps, Lula n’a que faire de la morale. Il a balayé toute la gauche de son parti pour gouverner avec une part du centre et de la droite (un assassinat en règle du phénomène Porto Alegre). Il s’est fait le VRP des industriels brésiliens comme Hollande est celui des grands groupes français. Il veut nous faire manger des OGM à tous les repas. Avec son armée, il est devenu le gendarme de l’occupation de Haïti (quel silence sur ce point !). Mais son image est là : l’ouvrier d’hier est entré dans la catégorie des grands de ce monde. Faire les éloges de Chavez consiste à peaufiner cette image au sein des Amériques, où il veut que son pays puisse se substituer aux USA dans le contrôle à opérer sur les grands flux financiers.

Parce que le Brésil peut ainsi faire de l’ombre aux USA, alors, vive Lula ?

Sur un autre point, nous savons, vu les confidences suite à l’élection du pape précédent (le terminator de la théologie de la libération), que Lula intrigue un maximum pour obtenir un pape brésilien qui serait la consécration de son règne (intriguer c’est faire pression sur l’Afrique et ses amis latinos).

Non, je ne veux pas caricaturer le personnage qui a su, dans la réalité, faire avancer la situation du peuple brésilien mais je ne veux pas non plus lui dire « merci monsieur » aussi j’offre à tous ceux qui l’auraient oublié le texte qu’il a signé en commun avec Sarkozy. Un bijou de rhétorique qu’à ce titre je refuse de balancer dans les poubelles de l’histoire car il annonce le développement de la politique du futur, la politique marketing, plus qu’il ne témoigne d’une erreur d’un moment. JPD

  

TRIBUNE COMMUNE DE M. NICOLAS SARKOZY PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUEET DE M. LUIS INACIO LULA DA SILVA

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRATIVE DU BRÉSIL

Publiée dans LIBERATION et FOLHA DE SÃO PAULO

Mardi 7 juillet 2009

« Une Alliance pour le changement »

Le prochain Sommet du G8, ainsi que celui du G8 + 5 (avec l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique, auxquels vient s’ajouter l’Égypte), qui se tiendra à L’Aquila (Italie), seront les premiers depuis que nous avons pris la mesure de la crise économique et financière qui nous frappe.

Cette crise montre combien nous sommes dépendants les uns des autres. Elle impose aux dirigeants politiques de promouvoir une réponse collective reposant sur des valeurs et des responsabilités communes. Elle nous oblige aussi à évaluer la performance de nos institutions internationales et à repenser la structure de la gouvernance mondiale.

La nécessité d’une réforme de la gouvernance mondiale n’est pas née avec la crise. Bien Avant son déclenchement, il y avait un déficit manifeste de représentativité et de cohérence dans le système multilatéral. La capacité des institutions internationales à relever les lourds défis auxquels est confronté notre monde doit être renforcée et leurs mandats doivent être redéfinis, et ce dans plusieurs domaines, de l’économie à la sécurité, de l’énergie à l’environnement. La crise a montré de manière éclatante que nous, dirigeants de nos pays, devons être à la pointe des réformes nécessaires pour bâtir un monde plus juste, plus développé et plus durable.

Nous ne partons pas de nulle part. Des progrès ont déjà été accomplis. Dans le domaine économique et financier, les sommets du G20 de Washington et de Londres ont contribué au renforcement du dialogue entre pays développés et en développement. C’est ensemble, parce que nous étions unis, que nous avons pu obtenir des résultats concrets. Les réunions entre les membres du G8 et les grands pays émergents sont une autre illustration de la nécessité d’associer les nouvelles puissances qui comptent aux discussions sur l’avenir de l’économie internationale et au traitement des grands défis mondiaux.

Les pays émergents représentent non seulement une part importante des territoires et de la population de la planète, mais aussi et de plus en plus, de la consommation et de la production mondiales. La coopération internationale n’a jamais été aussi nécessaire. Nous devons maintenant aller plus loin. Les institutions financières internationales comme le FMI et la Banque mondiale doivent faire une place plus importante aux économies émergentes dynamiques dans leur processus de décision. Les décisions prises par le G20 pour améliorer la régulation et la supervision des finances internationales, enrayer la spéculation, agir contre les paradis fiscaux et les centres de blanchiment d’argent, et pour stimuler la croissance doivent être mises en œuvre. Avec la crise, la menace du protectionnisme se fait plus précise. Il est urgent de conclure le cycle de Doha à l’OMC pour parvenir à un accord ambitieux, équilibré et global, qui profite notamment aux pays en développement, en particulier les plus pauvres, et qui renforce le multilatéralisme en matière commerciale.

Mais si nous voulons tirer pleinement les leçons de la crise, nous devons étendre notre action au-delà de l’économie et du système financier.

Il ne saurait y avoir de paix sans développement économique et social, ni de prospérité durable sans stabilité et sécurité. Les conflits éclatent de plus en plus dans les pays économiquement et socialement fragiles. Pauvreté et exclusion sociale aggravent l’instabilité du système international. Le moment est venu d’accorder une attention prioritaire à la dimension sociale de la mondialisation. Partout dans le monde, les salariés, pris dans la tempête économique, demandent plus de justice et plus de sécurité. Ils doivent être entendus. Les organisations internationales doivent prendre en compte les effets sociaux de la crise actuelle. Le rôle de l’Organisation internationale du Travail dans la gouvernance économique mondiale doit être singulièrement renforcé.

Les instruments de la paix et de la sécurité collective doivent également faire l’objet d’adaptations majeures. Une réforme de grande ampleur du Conseil de sécurité des Nations Unies doit être menée à bien, afin d’édifier un ordre international plus équilibré et plus solidaire. Le Conseil, pour être efficace, doit refléter les réalités actuelles, en accordant notamment un rôle accru aux grands pays en développement de chaque région, comme le Brésil et l’Inde, et une représentation plus équitable de l’Afrique et des grands contributeurs au système des Nations Unies, tels que le Japon et l’Allemagne.

D’autres menaces pèsent aussi sur la paix et le développement. Le changement climatique représente un défi majeur pour la gouvernance mondiale. Nous devons parvenir à un résultat ambitieux à Copenhague en décembre prochain pour atteindre notre objectif commun, qui est de prévenir un changement climatique trop important et de limiter à 2°C l’augmentation de la température de la planète. Toutes les nations doivent réduire leurs émissions conformément aux recommandations du GIEC, en appliquant le principe de responsabilités communes mais différenciées. La criminalité transnationale organisée, le terrorisme, le trafic de drogue, la traite d’êtres humains, les pandémies et l’insécurité alimentaire sont d’autres enjeux internationaux. Notre réponse à ces menaces est souvent insuffisante du fait de la fragmentation des organisations internationales ou du chevauchement trop fréquent de leur action. Les mécanismes actuels de gouvernance mondiale ne permettent pas de gérer le caractère systémique et l’interdépendance des nombreux défis que nous devons relever. L’ampleur de la crise économique crée une opportunité unique, pour engager une réforme globale des institutions internationales.

Le Brésil et la France veulent proposer au monde leur vision commune d’un nouveau multilatéralisme adapté au monde multipolaire qui est le nôtre. Nous ne pouvons tout simplement plus traiter les problèmes du XXIème siècle avec des institutions internationales héritées du XXème siècle.

Avec d’autres chefs d’État et de gouvernement, nous devons former une « Alliance pour le changement », pour porter cette vision d’un ordre mondial plus démocratique, plus solidaire et plus juste. Dans cette entreprise indispensable, nous devons faire preuve d’ambition et d’audace. C’est ce qu’attendent de nous les citoyens du monde. Ce n’est qu’ainsi que nous serons à la hauteur des défis de notre siècle.

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Le Sarmiento
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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 21:34

Au Venezuela il y a un parti communiste : http://prensapcv.wordpress.com/

Au Venezuela il y a le parti du président : http://www.psuv.org.ve/ Il est membre de la conférence permanente des partis politiques d’Amérique latine http://www.copppal.org.mx/ avec trois autres partis du Venezuela dont Podemos un parti en perdition entre ceux qui soutiennent Chavez et ceux qui disent non. Or Podemos est membre de l’Internationale socialiste. Une Internationale où on trouve un allié fidèle de Chavez : Le front sandiniste du Nicaragua !

Au Venezuela il existe un parti de centre gauche http://www.patriaparatodos.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux comme : http://www.ultimasnoticias.com.ve/

Au Venezuela il existe des journaux pour la droite : http://www.talcualdigital.com/

 Au Venezuela il existe….

Au Venezuela il existe…..

 En 1992 Chavez est en prison. Son avocate s’appelle Cilia Flores et elle conduit la campagne pour obtenir l’amnistie de son client. Elle va gagner et ça noue des amitiés, amitiés auxquelles Chavez à tendance à être fidèle. Cilia Flores est à présent procureur général de la république du Venezuela.

Son époux avait un nom inconnu. Conducteur d’engin dans le métro, il n’avait pas eu l’occasion de se distinguer même s'il a été dirigeant syndical. Garde du corps de Pablo Milanès car 1,90 m ça sert, il ne s’est pas fait remarquer davantage. Mais ami de Chavez depuis 1992, il est devenu député, président de l’assemblée nationale, ministre des affaires étrangères le 7 août 2006 date fondamentale dans sa vie. Chavez a aimé cet homme venu de rien et qui peut tout prouver. Il vient de devenir président du Venezuela ! Il s’appelle Nicolas Maduro et il fait au moins un malheureux dans les rangs chavistes : Diosdado Cabello. Mais c’est un militaire donc il doit s’incliner sans problème.

 L’anomalie qui commence à faire le tour du monde c’est que Maduro a un gourou. Non, ce n’est pas Marx mais Sri Sathya Sai Baba, de son vrai nom Sathyanarayana Raju (communément appelé Sai Baba), né le 23 novembre 1926 et décédé le 24 avril 2011 à Puttaparthi dans l’état de l'Andhra Pradesh en Inde.

JPD

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Résistance 2007
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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 12:08

Notre maison d’édition est née en 2007 en publiant un discours fondamen-tal du président Chavez (l’annonce de la création du PSUV) car nous avions vérifié que c’est moins la réalité du chavisme qui faisait débat que sa légende. A la mort du mythe la légende continue et tente désespérément d’en faire un dictateur. Nous avons pu vérifier qu’y compris les admirateurs de Chavez préféraient s’en tenir à une autre légende. Le Venezuela entre dans une autre phase de son histoire dont les conséquences sont imprévisibles. JPD

  

Article de La Jornada mexicaine

 6 mars 2013 Deuil au Venezuela Nicolas Maduro, Président par intérim■ Le Président est décédé à 16:25 heures, victime du cancer■ le gouvernement décréta sept jours de deuil national■ Dans les 30 jours, le Vice Président convoquera des élections■ Caracas s'est effondré ; des milliers de partisans de Chavez pleurent leur chef

NOTIMEX, PL, AFP, REUTERS ET DPA

 Caracas, le 5 mars."Nous recevons la plus difficile et tragique information à transmettre à notre peuple ». A 16:25 aujourd'hui, le 5 mars, est décédé notre commandant le Président Hugo Chavez Frias après une dure bataille contre le cancer, a annoncé dans le pays, le Vice président Nicolas Maduro, sur le point de pleurer. Le gouvernement a déclaré sept jours de deuil national.

« C'est une douleur énorme et un drame qui touche aujourd'hui ce pays. Nous demandons à tous les compatriotes, les hommes et les femmes de tous âges, à être vigilants pour le maintien  de la paix, du respect, de l'amour, et de la tranquillité de cette patrie. Commandant, où que vous soyez vous : Merci, mille fois merci de la part de ce peuple qui vous avez protégé, que jamais vous n’avez oublié ", a déclaré Maduro, qui, comme l'a annoncé le chancelier Elías Jaua, sera le Président par intérim et convoquera des élections dans les 30 prochains jours, comme « est le mandat du commandant de la Présidente ».

« Maintenant il y a eu un vide absolu, le vice-président assume le pouvoir comme président et demande des élections dans les 30 prochains jours. C'est le mandat donné par le commandant Hugo Chávez. » a dit Jaua à la station de télévision multi-États Telesur.

La Constitution stipule que "lorsqu'il y a vide absolu de l'élu ou du Président élu avant de prendre possession, il y aura une nouvelle élection, universelle, directe et secrète, dans les 30 jours consécutifs. En attendant le nouveau président le vice président, sera en charge de la présidence de la République ».

La capitale s'est effondrée immédiatement et dans beaucoup de points, est devenue une mer de larmes des partisans de Chavez. Beaucoup d'entre eux se sont rapprochés de l'hôpital militaire de Caracas, dans lequel le Président au cours des seize derniers jours après sa surprise de retour de Cuba, le 18 février,  a subi la quatrième intervention chirurgicale pour le cancer dont il a souffert dans la région pelvienne, ce qui l'affectait depuis la mi-2001.Des milliers de fans ont rempli ce soir les places des grandes villes du pays pour pleurer la mort de leur chef. En revanche, dans certains quartiers de Caracas où l'opposition domine des claxonazos ont été entendus. Des célébrations similaires ont été observées dans les zones de la ville américaine de Miami, comme à Doral, où cette ville vénézuélienne d'anti-Chávez une grande tension était apparue après l'annonce hier soir, par le ministre de la communication, Ernesto Villegas, que la situation avait empiré pour Chavez.

Le Vice-président, ancien syndicaliste du Métro de Caracas, a ajouté : "ces événements nous poussent à grandir et à être les dignes héritiers, de ce géant que fut et que restera le commandant Hugo Chávez. Honneur et gloire à Hugo Chávez ! Longue vie à Hugo Chávez!"

Il a fait remarquer qu’il a décidé un déploiement des organes de sécurité et des forces armées nationale bolivarienne, dans le but de garantir la paix et le respect pour le peuple du Venezuela.

Par éditions la brochure - Publié dans : amériques - Communauté : Résistance 2007
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Dimanche 3 février 2013 7 03 /02 /Fév /2013 18:15

 

Comme chacun doit le savoir, l’essentiel de l’élection équatorienne c’est la victoire annoncée de Rafael Correa, le président de gauche de son petit pays. Mais chacun a aussi le droit de penser à d’autres candidats, dont le candidat des gauches, Alberto Acosta, d’où deux articles le concernant sur ce blog non en guise de soutien mais en guise d’information. N’ayant aucun poids dans l’actualité en dehors de la France, mon souci n’est pas de soutenir tel ou tel mais de chercher à comprendre pour en retour, mieux penser les réalités françaises.

Et si je reviens sur la question c’est à cause d’une réalité française : la revue Contre-temps qui vient de publier un long entretien avec le candidat Acosta qui avait déjà été interrogé dans cette même revue dans le n°8 en 2010. Cet entretien n’est pas accessible sur internet mais par contre vous y trouverez un très bel entretien avec des acteurs des luttes québécoises qui font le bilan après sept mois de gestion du Parti québécois qui a certes accepté la revendication étudiante phare (ne pas augmenter les droits d’inscription) sans pour autant changer la tendance politique dominante, celle de la soumission aux impératifs du grand capital.

Si la revue ne donne pas encore l’entretien avec Acosta je l’ai retrouvé traduit sur deux sites, Viento sur, et Rebelion, un site plutôt favorable à Correa mais qui reste ouvert aux autres recherches d’alternatives.

Pour Acosta, le doute n’est pas permis, Correa n’est plus un président de gauche même s’il enfume des éléments de la gauche européenne. Pourquoi ?

S’il a une politique postnéolibérale elle est de moins en moins postcapitaliste. Avec quatre thèmes à la clef comme justification :

 La nouvelle constitution

Le titre de gloire de Correa c’est la nouvelle constitution… dont il ne tient compte que très modérément. Il trouve qu’elle donne trop de droits aux citoyens et en conséquence il va falloir la modifier. Trop de droits en matière d’information. Trop de droits en matière de travail. Des milliers de fonctionnaires ont été licenciés suite au décret présidentiel 813.

La Constitution interdit l’appropriation privée de l’eau or 86% des petits paysans accèdent à 13% de l’eau d’irrigation tandis que 1% de latifundistes contrôlent 6°% de cette même eau !

La Constitution interdit les OGM, Correa veut changer la constitution sur ce point aussi. Pour le bénéfice de qui ?

 Le pouvoir économique

De justes réformes ont été mises en place : aides au plus pauvres, éducation, santé.

Ce sont des réformes qui s’appuient sur des rentrées fiscales sans précédents grâce au prix du pétrole. Mais elles ne servent pas à changer le rapport de force entre les pouvoirs classiques et voire claniques. On reste très loin du compte sur l’essentiel. La réforme agraire ? Il n’en veut pas. Une seule entreprise contrôle 81% du marché des boissons ; Une seule entreprise contrôle 62% du marché de la viande ; Cinq entreprises contrôle 91% du marché du sucre ; Deux entreprises contrôlent 92% du marché de l’huile ; etc.

Les banques ne se sont jamais autant enrichies.

 Le caudillo

Il a opposé son véto à la loi sur le petit commerce. Après une phase d’autonomie locale nous assistons à un retour à la centralisation sur la base d’un juste retour de l’Etat. L’Etat oui, mais lequel ? Il peut chanter avec ses ministres tous les samedis soirs : « hasta siempre commandante », il ferait mieux d’écouter les citoyens.

 Quel type de système ?

L’Equateur de Correa pratique un « extractivisme du XXI ème siècle » c'est-à-dire qu’il relance l’extraction de matières premières mais sans passer à la phase suivante : la transformation des produits. Grand producteur de pétrole, faute d’une véritable raffinerie l’Equateur est obligé d’importer l’essentiel de ses carburants ! Et là se pose toute la question du rapport à la Chine qui a remplacé les USA en matière de puissance dominante.

 La riposte

L’union des gauches a réussi d’immenses manifestations (mars 2012 : une marche pour la vie, l’eau et la dignité des peuples)qui certes peuvent très bien ne pas se traduire en succès électoral mais il s’agit de préparer le futur.

Les propositions tiennent ne quelques lignes :

- nouvelle politique fiscale qui éviterait pour renflouer les caisses de l’Etat de se lancer dans l’ouverture de mines gigantesques. Il ne s’agit pas de refuser le développement des mines mais de le faire de manière négociée.

- application totale de la Constitution

- redistribution de l’eau et de la terre

- objectif de souveraineté alimentaire

- soutien aux petites entreprises

 

Voilà des éléments de l’entretien avec Acosta. On a tout à fait le droit de ne pas accepter son évaluation de la réalité mais il existe. Je n’ai rien dit par exemple de ce problème classique aux Amériques : la violence et l’insécurité, problème que Correa comme d’autres refuse d’affronter de face. A suivre. JPD

 

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Jeudi 31 janvier 2013 4 31 /01 /Jan /2013 11:40

J’ai proposé un  petit article sur les élections équatoriennesdu 17 février, publié également sur le site la Sociale (voir lien à la partie liens du blog). Il m’a valu le commentaire « élogieux » ci-joint que je m’empresse de reprendre pour le commenter.

 « Tout nouveau n'est pas tout beau par berthier ch le Mardi 29/01/2013 à 15:18

La Sociale n'étant pas Huffington Post, elle ne se jette pas sur le "tout nouveau-tout bobo"  pour cela, nous avons le "prêt à penser" médiatique dont le seul but est de multiplier les diversions et les divisions de pensée et d'action pour le peuple, pendant que l'oligarchie financière s'occupe des choses sérieuses: le sacro-saint POGNON qu'il fait extraire des poches et de la sueur du peuple. L'essentiel, concernant les prochaines élections équatoriennes est d'évaluer le bilan de deux présidences de  Rafael Correa, ancien ministre des finances démissionnaire pour son opposition au libre marché US en amérique latine.Il fallait que fut profond le discrédit qui frappait toutes les formations politiques de l'opposition de gauche équatorienne, pour que Correa et son mouvement "Pais" devance tous ses candidats au premier tour et l'emporte sur le richissime "roi de la banane" au second tour.Comme promis, une assemblée constituante a été réunie et a soumis une constitution à référendum. Correa a été réélu, malgré une crise monétaire provoquée par ses créanciers en dollar et un coup d'état d'unités de police. Crise dont l'équateur est sortie avec l'appui politique de son peuple et monétaire de la Chine. Voici le minimum qu'il faut savoir et au besoin contester pour comprendre le rôle que pourraient jouer tels ou tels nouveaux candidats. »

 Cette pensée de gauche se caractérise ainsi :

- 1 ) Disqualifier l’adversaire en le traitant de suppôt des conservateurs des USA. Attitude classique aussi vieille que la Guerre froide.

 - 2 ) Disqualifier l’adversaire en le traitant de diviseur de la gauche. Attitude classique aussi vieille que la théorie de l’avant-garde.

- 3 ) Disqualifier l’adversaire en le traitant de marginal incapable de saisir l’essentiel. Car l’essentiel n’a rien à voir avec l’opinion de l’accusateur mais tout à voir avec la divinité « essentiel ». A h ! l’essence des choses….

- 4 ) A présent l’accusateur peut présenter en toute bonne foi l’essentiel… en le réduisant d’ailleurs à l’essentiel, le texte d’une constitution.

 Cette pensée de gauche, avec d’autres, je la combats depuis vingt-cinq ans. Sur la base de ce principe : il  n’y a de gauche possible au pouvoir (c’est le cas en Equateur) que si elle se félicite de la présence d’une gauche sur sa gauche capable de l’alerter. Idée saugrenue, j’en conviens ! Comment imaginer un PCF heureux d’une critique lui venant de sa gauche ? Comme on vient de le voir, par essence cette gauche ne peut pas être de gauche mais sert les intérêts objectifs de l’adversaire de droite ! Et ce qui est valable pour le PCF, pour le PS, l’était hier pour le pouvoir en URSS et c’est partout pareil…. D’où ce qu’on appelle l’excommunication ! Et en face on a le révolutionnaire hérétique…

 Permettez à présent une réponse sur le fond.

Le candidat Alberto Acosta que j’ai présenté n’a rien de nouveau ni rien de bobo sauf à négliger un combat qu’il mène depuis sa plus tendre  jeunesse avec des milliers d’autres équatoriens. Peut-être cette gauche d’hier discréditée ? Cette gauche d’hier a fait tomber plusieurs présidents, et sous la présidence de Correa elle a aussi rassemblé les foules. Si Correa a dû réagir à une tentative de coup d’Etat de droite, il a aussi dû réagir à la présence de 20 000 manifestants dans les rues de Quito dont les revendications étaient simples : le droit à l’eau et à la dignité.

Il faut éviter de plaquer sur la réalité des Amériques nos schémas français. Quand j’écris qu’Acosta est défenseur de la nature ce n’est pas un écolo à la française. La manifestation monstre s’explique par le fait que quand une exploitation minière s’installe, elle utilise énormément d’eau sans se soucier une minute de la pollution qui tuant la nature environnante tue les moyens de subsistances, et la santé, de milliers d’individus, car si l’eau polluée n’est pas traitée au départ elle provoque des catastrophes. Les opposants de gauche souhaitent donc des négociations pour que l’Etat appuie les populations contre les prétentions des industriels.

 Et là arrive les maîtres de la Chine dont nous savons tous le souci qu’ils portent aux populations ! La monnaie n’est pas salle (tient, d’ailleurs pourquoi Correa a-t-il gardée comme monnaie le dollar ?) et merci à la monnaie chinoise mais il serait temps de s’interroger sur ce parti communiste dont la mutation industrielle a été appuyée par les USA ! Aux Amériques des penseurs n’aiment regarder qu’une chose : le BRIC (Brésil Russie Inde Chine) remettant en cause la domination des USA devient un héros et tant pis si les femmes indiennes se font violer en masse… et tant pis si les travailleurs chinois sont beaucoup plus exploités que ceux des USA ect. Le BRIC d’aujourd’hui c’est l’URSS d’hier sauf qu’on espère parfois des intellectuels qu’ils tirent les leçons du passé.

Je souhaite à Corréa d’avoir besoin d’un second tour pour être élu afin de l’obliger de lancer quelques appels aux électeurs d’Acosta car tous les autres sont sur sa droite.JPD

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