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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 15:45

Extrait de notre brochure : Laïcité sans oeillères.

Laïcité, de l’Italie…  à l’Algérie (I)

 

En 2003, L’Italie fut traversée par une polémique instructive. Un musulman porta plainte devant les tribunaux car l’Etat italien obligeait son fils, élève de l’école publique, à supporter une croix toujours présente devant ses yeux. Le tribunal lui donna raison et l’Etat fut sommé d’enlever toutes les croix. Que pouvait faire Berlusconi ?

Il laissa le Vatican conduire la contre-attaque. Voici l’argument frappant : « Cette croix n’étant pas un signe religieux, mais culturel, elle n’offense personne ». Berlusconi en déduisit qu’il pouvait casser le jugement. Faut-il parler du dernier référendum italien sur la fécondation médicalement assistée ? L’Eglise put empêcher sa mise en place en incitant la population à l’abstention (faute de 50% de votants les référendums ne sont pas valables). Depuis, l’opposition a battu Berlusconi aux élections, va-t-elle entreprendre une réforme sur la question ? Nous en doutons beaucoup malgré les efforts de personnes comme Rossana Rossanda.

Pour rester en Europe nous pourrions évoquer le cas de l’Espagne, où l'Eglise a fait donner de la voix contre le mariage des homosexuels, pour mieux cacher la bataille qui faisait rage dans les coulisses : c'est-à-dire le financement de l'Eglise par l'Etat que Zapatero veut faire cesser. Quant au TCE, toutes les Eglises y sont favorables et sont intervenues dans la rédaction.

Voyons une histoire d’antifascistes italiens qui débute vers 1925 avec l’arrivée en Tarn et Garonne des premières vagues d’immigrés. Qui continue en 1935 avec des antifascistes autrichiens et allemands complétant le tableau. La première immigration était surtout paysanne. La deuxième touchait des membres de classes moyennes. Une histoire tristement fascinante par la répétition de la même myopie. A l’écoute des récits des exilés, la grande majorité des antifascistes Français répondaient : « mais non, Mussolini, il n’est pas si dur, il va rentrer dans le rang » ; « mais non, Hitler, il n’est pas si dur, vous exagérez ». René Char a écrit un très beau texte sur la question à la gloire de Dominique Corti[1].

Le cas espagnol introduisit une différence : « bon, c’est vrai, Franco est un assassin, mais tout de même, en face, ces anticléricaux, ces anarchistes, ces exaltés … ! ». Avec Redeker on a appris : « voyez ce qu’il a écrit, il a bien mérité les menaces » et avec les réfugiés espagnols, on a appris : « Voyez le nombre de curés qu’ils tuèrent, ils ont bien mérité de se faire chasser ». Seuls les réfugiés chiliens de 1971 ont semblé directement assimilables par les stéréotypes de la gauche française.

Cette myopie a consisté à se voiler la face pour éviter de prendre le mal de face (on écarte le mal pour mieux s’en guérir !). Elle ne toucha pas les courants de droite, heureux d’avoir Hitler plutôt que le Front populaire. Elle rendit malade les courants de gauche, y compris les plus antifascistes que furent les communistes. Conséquence, en juin 1940 quand l’armée allemande déferla sur la France qui lui avait déclaré la guerre 10 mois avant (!), ce fut le désastre.

Les antifascistes étrangers que l’on n’avait pas écouté ne se contentèrent pas d’indiquer « voyez, nous avions raison » ; ils passèrent à l’action, devinrent l’affiche rouge et contribuèrent à la destruction du fascisme, sauf pour le cas espagnol : les « démocraties » le laissèrent sous perfusion pour le contrôler, sous prétexte qu’il était isolé !

L’étude de cette myopie restant à faire, elle se répète avec l’arrivée en France, à partir des années 1990, des démocrates algériens. Eux non plus, personne ne veut les écouter sérieusement. Comme pour tous les antifascistes précédents, les raisons de leur exil sont rabaissées à l’aide de mille fausses assertions : simples pions de l’armée, tristes porteurs de valeurs occidentales inadaptées à l’Algérie, pistonnés du système qui donne si rarement des visas, profiteurs des larmes faciles de la gauche, intellectuels prétentieux et donneurs de leçons, la liste des qualificatifs attribués à des hommes et des femmes survivants du fascisme islamiste nous attriste, surtout dans la bouche de gens sincères mais trompés par des médias à la solde de courants anti-démocratiques. Comment oser dire, sur le ton le plus péjoratif possible, que le combat de Mohamed Sifaoui contre l’islamisme (voir page 9), c’est « son fond de commerce » ?

L’histoire se répète avec les mêmes aberrations : les islamistes ne sont pas un péril, donc il est inutile d’exagérer leur pouvoir par rapport à celui du capitalisme (lisez les journaux de gauche de 1938 : Mussolini y était présenté comme un ange pour ne pas le pousser dans les bras d’Hitler !), les exilés sont des profiteurs des bienfaits de la France, etc. Qu’est-ce que la gauche française ne veut pas entendre du combat des démocrates algériens ?

En publiant Douar, une saison en exil, Arezki Metref[2] ne cherche pas à répondre à cette question, il lui suffit de survivre en romançant sa double vie. Mais en lisant le livre de ce poète, de ce journaliste qui travailla beaucoup à Politis, qui écrit aujourd’hui dans Le Soir d’Algérie tout en vivant en partie en France, nous y retrouvons des éléments éclairants : « Je suis un partisan farouche, obstiné, borné, irrécupérable de la laïcité. On me dit ça et là, surtout là d’ailleurs, que c’est une expérience typiquement française et que ce serait quelque chose comme du néo-colonialisme de l’imposer aux anciennes colonies. Comme si nous étions incapables d’être autre chose qu’une ancienne colonie. En dépit de ces objections torves, je continue de concéder que quiconque veut adorer son Dieu d’élection n’a pas à l’imposer aux autres. Tenir une telle tranchée dans un pays comme l’Algérie qui tutoie Allah en masse cinq fois par jour, ce n’est pas simplement une provocation, c’est une Utopie, avec un U, monsieur ! Autant dire une raison supplémentaire d’exacerber ma position de minoritaire et me rendre une proie idéale pour le sale type » (page 26).

Comment en est-on arrivé, dans les rangs de multiples courants de gauche en France, à sortir de la banalité des phrases comme : Quiconque veut adorer son Dieu d’élection n’a pas à l’imposer aux autres ? Les plus torves nous répondent déjà : mais parce que c’est acquis et que Dieu, à présent, la grande majorité des gens s’en moque !

Demandez aux millions de femmes sur la planète qui veulent contrôler leur contraception ou qui ont besoin d’une IVG ? La religion impose sa loi et le fait d’une façon nouvelle : au nom de la défense de la vie !



[1] Recherche de la base et du sommet, René Char, Gallimard, 1955

[2]  Douar, une saison en exil, Areski Metref, Editions Domens, 13 euros, 120 p.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 14:06

Voilà que je tombe sur un article que j’avais publié en Août 1990 dans la revue M. Vingt ans après il me semble conserver quelque intérêt. Je le reprends.

 

D'Almirante à Bossi en 1990

 

Trois témoins littéraires de la montée du fascisme en Italie

Pirandello, né en 1867 en Sicile, est de la première génération, témoin du fascisme. Le 3 décembre 1931, en plein sanctuaire fasciste, il en appelle à la mort de la rhétorique au cours d’un discours en 1’honneur de Verga. Face au «style des mots», il préfère «le style des choses». Verga contre D'Annunzio qui déjà en 1900 hantait les cabarets parisiens en s'accompagnant de nos futurs héros du fascisme national. Pirandello le dit clairement: « On revient à Giovanni Verga... le plus "antilittéraire" des écrivains.» Façon de dire qu'on va oublier D'Annunzio. Et pourtant, Pirandello qui travailla pour «atteindre au secret plus profond de l’humour» de Cervantès à partir de son Don Quichotte, qui va avoir le prix Nobel en 1934, est depuis 1925 «un compagnon de route» de Mussolini ![i]

Borgese, d'une autre génération (Sicilien né en 1882) avait dû, en 1931, s'exiler aux USA où il écrira un livre décisif : Goliath ou la montée du fascisme (adroitement republié dès 1986 par les Editions Desjonquières dans la traduction partielle d'Etiemble)[ii]. Il écrit dans la préface: «Nulle comparaison n’est possible entre la signification du fascisme et celle du communisme, qu'on aime ou qu'on abhorre celui-ci. Le communisme progresse en effet dans la direction que donnèrent à l’esprit humain les idées du XIXème siècle et celles des siècles antérieurs ; c'est un développement des révolutions anglaise, américaine et française. Le fascisme, lui, est une nouveauté : c'est simple justice que de reconnaitre à Mussolini le droit à cette vantardise. A l’en croire, le fascisme serait, et jusqu'à nouvel ordre, la marque distinctive du XXème siècle, ou, pour le citer, une civilisation nouvelle. » Et plus loin, Borgese caractérisera le fascisme par ce mot: une involution. Pourtant, Borgese était non-marxiste!

Primo Levi, d'une autre génération (né à Turin en 1919) était, en janvier 1941, dans un autre état d'esprit. Il écrit dans le Système Périodique[iii] «Ni en nous, ni dans notre génération, que nous fussions "aryens" ou "juifs", l’idée qu'on devait et pouvait résister au fascisme n’avait encore fait son chemin. Notre résistance d’alors était passive, elle se limitait au refus, à 1’isolement, à la volonté de ne pas se laisser contaminer. Le grain de la lutte active n’avait pas survécu jusqu'à nous. Il avait été étouffé quelques années plus tôt avec l’ultime coup de faux qui avait relégué en prison, en déportation, en exil ou au silence les derniers acteurs et témoins turinois : Einaudi, Ginzburg, Monti, Vittorio Foà, Zini, Carlo Levi. Ces noms ne nous disaient rien, nous ne savions presque rien d’eux, le fascisme, autour de nous, n’avait pas d’antagonistes. Il fallait recommencer à partir de rien, "inventer" un antifascisme à nous, le créer à partir du germe, des racines, de nos racines. » Et pourtant, Levi était juif et antifasciste de la première heure !

Ces trois témoignages pour tenter de prouver, à l’encontre de ceux qui ne connaissent que 1933, l’Allemagne et Hitler, qu'il faut regarder vers l’Italie pour réfléchir à l’extrême-droite. Aussi qu'observons aujourd'hui ?

 

Elections italiennes en 1989-1990

Apres les dernières élections, parlant du MSI, à qui notre FN a pris le symbole de la flamme, Le Corriere della Sera titrait : « L'anticommunisme ne paye plus ». En effet, comme le montre les résultats, le MSI a été avec le PCI, les Verts, et l’extrême-gauche, le perdant des Elections administratives de mai dernier. Pourquoi et comment ? La mort du chef, Giorgio Almirante ? Les dernières évolutions moins droitières du secrétaire général actuel Pino Rauti ? Une situation italienne moins tendue par les problèmes de l’immigration ? Les dirigeants du MSI s’accordent à dire : dans le Nord, leurs voix sont allées vers Les Ligues et au Sud, elles ont rejoint les abstentionnistes. Mais qui sont Les Ligues ?

Il est jeune, il est beau, il présente bien et s'appelle Umberto Bossi. Il est le leader de la Ligue Lombarde, le mouvement qui vient d'être 1’incontestable vainqueur des dernières élections, associé à d’autres ligues régionales. Que veut ce mouvement ? Schématiquement : plus d'autonomie pour les régions chics (donc d’abord Milan, la ville de Berlusconi et Craxi) qui ne doivent plus payer pour aider les «incapables » du Sud. Quel est son électorat? Bien sûr, avant tout, des gens du Nord (jusqu'à 20% à Milan et 5% au niveau national), mais un électorat disparate. Les analystes déclarent: « des ouvriers, des membres des professions libérales, des étudiants, des employés, des petits entrepreneurs, des gens qui ont toujours rejeté la politique comme d'autres qui furent membres de partis traditionnels. Ils se définissent comme démocrates-chrétiens rebelles, communistes repentis etc. ».

Apres les élections du mois de mai, les Italiens durent revenir aux urnes en juin 1990 pour le référendum sur les pesticides et la chasse. Ce referendum va amplifier les résultats des élections administratives par un phénomène nouveau en Italie. Les partisans du Non au rejet des pesticides et à la limitation plus ou moins importante du droit de chasse, vont l’emporter grâce à l’abstention. Et Norberto Bobbio dans un éditorial de La Stampa va expliquer que l’abstentionnisme des électeurs n’est que la marque de l’abstentionnisme de la direction de la classe politique. Pour comprendre, il faut savoir que le résultat du référendum d'initiative populaire lancé par les Verts ne pouvait être validé, à cause d’une loi nouvelle, que si plus de 50% des électeurs se déplaçaient. Plutôt que d'appeler à voter Non, les adversaires du référendum ont poussé à l’abstention, renforçant ainsi les phénomènes qui discréditent la classe politique qu'ils représentent ! Et ils ont gagné ! L'abstentionnisme de la classe politique dénoncé par Bobbio, c’est le refus de décider en dehors des consensus. «Les Lombard » ne pouvaient que se réjouir, et de la défaite des Verts, et de la façon dont cette défaite a été acquise.

 

Conclusion

La montée de 1'extrême-droite me parait être aujourd'hui 1’indicateur majeur d'abord d’un mal politique, celui de notre système démocratique. Il est par là-même 1’indicateur d’un mal social, d’une crise économique (en Italie aussi les problèmes de l’immigration apparaissent) mais gare aux simplismes. Si l’extrême-droite a une histoire, il serait triste de la réduire à un groupe de revanchards. Si elle pousse sur les lieux de misère, il serait grave, une fois de plus, de la réduire à un mécanisme (la misère et le désespoir jettent le citoyen dans les bras du chef), mécanisme que Marx lui-même a montré, dans un autre contexte il est vrai, pour expliquer Juin 1848. En ces quelques lignes, je n’ai donné que quelques informations sans suggérer de perspectives pour combattre le fascisme. Peut-être en suis-je à l’état de Primo Levi en 1941 ? Un des axes que pourtant je pense juste de mettre en avant est la lutte par l’humour. J’ai envie de renvoyer au point de départ de mon article et donc à Pirandello. Le Pen manie la rhétorique comme le lui a appris D'Annunzio (par 1'intermédiaire de ses conseillers, j'en conviens). Il est le champion du «bon» mot. Et aux bons mots, les bons remèdes. Pour disqualifier la droite, il lance que leur union pour la France est une union pour la frime. Aussitôt les télés, des journaux sautent sur 1’expression. Si Le Pen passe bien à L'Heure de Vérité, c'est que l’émission passe bien pour les « vérités » de Le Pen. Ce n’est pas Le Pen qu'il faut interdire de télé, mais des émissions qui, par leur essence, servent la rhétorique de Le Pen. Je crois que nous ne remercierons jamais assez Le Pen pour les efforts d’intelligence auxquels il nous pousse. Efforts d’analyse des médias, de la démocratie, de l’identité et que sais-je encore ! Dans le cadre de tels efforts, « ce que vaut une ombre, l'humoriste le sait bien». Mais à ce jeu, il est vrai, Le Pen peut finir par gagner. Comme le disait un Italien après la défaite de son équipe en demi-finale du Mondiale : ce n’est pas 1'Argentine qui a gagné, mais 1'Italie qui a perdu !



[i] Pirandello, Ecrits sur le théâtre et sur la littérature, Folio

[ii]A. Borgese, Goliath où la montée du fascisme, Ed. Desjonquieres.

[iii] Primo Levi, le Système Périodique, Albin Michel

 

Commentaire : J’avais souhaité attirer l’attention sur le phénomène des Ligues qui depuis n’a fait que se confirmer, permettant à Berlusconi de fédérer le MSI recomposé et les Ligues très composées alors que Le Pen est resté coincé. Est-ce en Italie le fascisme d’aujourd’hui ? Pour répondre il faudrait poursuivre l’analyse.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 21:13

L’Italie d’en bas

 

Voici une première approche de l’Italie d’en bas suite à mon voyage de quinze jours dans le pays. Découvrir en si peu de temps, une manif anti-raciste à Rome de 200 000 personnes, des rassemblements de métallos en grève de 350 000 personnes à travers le pays, une manif écolo en Calabre de 25 000 personnes, une grève générale d’un jour organisée par les COBAS surtout dans l’éducation et les transports, voilà un tableau peu conforme aux réalités françaises, même si au printemps dernier des foules y occupèrent la rue à l’initiative des syndicats. Des luttes sans traduction politique ? Je doute du bien fondé de la notion de « traduction politique ». Elle prétend que si le politique ne donne pas de perspectives globales aux luttes celles-ci sont sans lendemain. Le modèle est en partie celui du Front populaire de 1936. La victoire politique serait un encouragement aux luttes qui se traduisent alors par des avancées sociales sérieuses. En 1981, le phénomène n’aurait-il pas été inverse ? Les luttes se mettant en attente, en veilleuse, pour ne pas handicaper le gouvernement de gauche ?

Mais revenons en Italie. On assiste à deux phénomènes qui ne sont pas propres au pays : le développement d’actions à la base et le mutisme organisé des médias à ce sujet Parce que le pays souffre d’un contrôle de « la liberté d’expression » ? Justement, pendant mon séjour, le Parlement européen a failli voter une résolution à ce sujet mais il s’agit uniquement d’un règlement de compte entre deux géants des médias : Berlusconi et Murdoch. Il existe encore en Italie des journaux très opposés à Berlusconi qui, cependant, furent très discrets sur les luttes, et surtout sur celle des métallos. Il Manifesto pointa parfaitement ce phénomène.

En conséquence, il est très difficile de saisir l’état de l’Italie d’en bas, y compris pour les Italiens eux-mêmes. Et nous pouvons en dire autant, avec des nuances, en France, en Espagne ou au Mexique. Les syndicats ne sont plus des relais fiables. Leur institutionnalisation le met en porte à faux. Les grands mouvements sont atomisés. Il existe un cas à part qui est celui des luttes écolos qu’une certaine écologie politique a su récupérer. En Italie l’écologie politique est à présent balayée de la carte donc la seule traduction politique des luttes… ce sont les luttes elles-mêmes. Les habitants de Calabre savent à présent qu’aucun parti politique n’est destiné à résoudre le problème qu’ils affrontent, et qu’en conséquence, seule leur action sociale, qui regroupe toute la population, peut tenter d’imposer à n’importe quel pouvoir les revendications qui sont les leurs ! Ils voteront aux élections mais ce vote, dans tous les cas, restera secondaire par rapport aux manifestations concrètes. Des partis feront promesses sur promesses mais la seule promesse c’est de rester mobilisés par dizaines de milliers. En France, la lutte pour l’IVG ne pouvait pas savoir qui, de la droite ou de le gauche, serait leur meilleure « traduction » politique. C’est la droite qui finalement a accepté de franchir le pas ! S’agit-il ici de disqualifier toute action politique ? Je me contente suivant la formule consacrée « d’analyse concrète d’une situation concrète ». L’Italie est un pays, comme sa sœur française, fortement politique et fortement politisée. Nous savons que sans passer par le politique les luttes s’éparpillent et peuvent être manipulées. Mais nous constatons aussi les limites « actuelles » du politique dues aux multiples déceptions qui expliquent, non pas un repli vers les luttes locales, mais à mes yeux une reconstruction d’un imaginaire révolutionnaire adapté aux situations présentes, reconstruction, qui peut alimenter de multiples impasses comme un retour théologique, mais sans lequel les bavardages politiques deviennent de plus en plus des bavardages politiques. Une des impasses les plus dramatiques serait pour les intellectuels d’adopter un suivisme des luttes sans proposer un recul théorique. Nous savons me semble-t-il à affronter deux urgences : élaborer une théorie de l’Etat et une théorie des médias. Sur la question de l’Etat, pour la prendre par la petite porte, quelles leçons tirer du financement des partis politiques et des syndicats qu’il opère depuis les années 70 en Italie et 90 en France ? Sur la question des médias : la liberté d’expression se réduit-elle à l’affrontement entre capitalistes pour en détenir le contrôle ? Il y a eu des journaux de parti comme l’Unita en Italie et l’Humanité en France, quel bilan ? Rossana Rossanda que j’ai eu le plaisir d’entendre sur la 6 pendant une demi-heure, a reconnu que le bilan de Il Manifesto est nul en tant que « traduction politique ».

20-11-2009 Jean-Paul Damaggio

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 21:03

Et les intellectuels italiens ?

 

D’un colloque sur Norberto Bobbio à un autre sur Rosa Luxemburg, d’une pétition pour les sans-papiers à une autre sur les droits des femmes, les intellectuels italiens ne sont pas en vacances. J’ai même eu la chance d’écouter Rossana Rossanda, la légendaire créatrice, avec d’autres, du quotidien il Manifesto qui faisait deux constats : Il Manifesto n’a malheureusement jamais débouché sur un mouvement politique, le débat politique d’hier ne volait pas aux raz des pâquerettes comme celui d’aujourd’hui. Sauf que nous savons à présent que les glorieux débats des années 60 et 70 ne servaient peut-être qu’à masquer le sordide d’une vie politique enfouie qui, c’est vrai, ose à présent se montrer. Je n’ai pas noté l’utilisation de la notion « droite décomplexée ».

Cependant en guise de compte-rendu de voyage, je veux m’attarder sur une expérience étrange que nous avons vécue à Castelfiorentino : un hommage à Carlo Lizzani. Nous ne connaissions rien de ce cinéaste mais nous avons été attiré par la projection d’un film avec Dario Fo et Franca Rame, annoncée sur Il Manifesto à la page Toscane.

La projection était organisée par un ciné-club rendant hommage chaque année à un cinéaste en prenant alternativement un italien et un étranger. Avant Lizzani ce furent Gianni Amelio, Giuseppe Ferrara, Gillo Pontecorvo et Mario Monicelli qui furent fêtés. Nous étions dans une petite ville une trentaine de personnes à regarder un film de 1955, Lo Svitato qui était d’une étrange actualité puisqu’il traitait des dérives de la presse. Mais fallait-il encore pouvoir suivre ! L’italien employé n’était compréhensible que chez un personnage, les autres devant sans doute parler le dialecte romain ou autre. Nous pouvions d’autant plus admirer le jeu d’acteur d’un Dario Fo jouant un peu à Charlie Chaplin.

La manifestation était très bien organisée, avec beaucoup de moyens, puisque le film était accompagné d’une exposition et d’un livre complet, offert avec le billet d’entrée. Au total nous découvrons un personnage clef du cinéma italien, une participation réduite de la population à l’événement, et l’indication que si les intellectuels sont toujours là, ils perdent l’influence et la force des temps passés.

Sur l’Expresso la parole est au même moment donné, dans la partie actualité, à un cinéaste des temps actuels qui s’est distingué avec il Divo déjà présenté sur ce site http://srv05.admin.over-blog.com/index.php?id=1086214524&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=871258661373
: un film osant s’attaquer à Andreotti, précurseur de Berlusconi en terme d’usage des médias. Paolo Sorretino, le réalisateur, propose un film d’aujourd’hui pour traiter un sujet d’hier, et c’est peut-être là la raison de son succès. Andreotti représente au premier abord « l’antiquité » de l’Italie, la Démocratie chrétienne étant à présent si oubliée. Pourtant, « la génération spontanée » n’ayant rien à voir avec la politique, il fallait trouver le lien qui va des années 70 au regard italien actuel et le réalisateur a trouvé le lien à l’image, aux médias, et le style frisant la caricature (avec un acteur, Toni Servillo qui joua le jeu). Paolo Sorrentino démontre parfaitement que les intellectuels italiens ne sont pas en vacances, qu’ils travaillent, qu’ils savent être efficaces mais au prix d’exclusion des chaînes de télé. Le courant démocratique classique me semble enfermé dans le passé mais, par des ruptures, peut-être que tout un héritage ne demande qu’à reprendre son envol. La philosophie politique de Norberto Bobbio célébrée y compris par le président de la république, pour le centième anniversaire de sa naissance, fait figure d’antiquité tellement la démocratie est en crise, mais, ne peut-elle nous ramener aussi à aujourd’hui ? Paolo Sorrentino pourrait-il nous inventer un portrait de ce monument, qui ne le réduise pas à une nostalgie entre anciens défenseurs des républiques passés ? Où serait-ce peine perdue à tous les coups ? Giorgio Napolitano expliquera comment l’ancien communiste avait au début de grandes difficultés pour dialoguer avec le social-démocrate que fut toujours Bobbio, puis les points de vue se rapprochèrent et il pense que le dialogue fut fécond. Si fécond que Berlusconi est au pouvoir ? Une bonne part de la tradition française de gauche a souvent privilégié le débat avec les Allemands (et Arte pousse encore dans ce sens) or, le rééquilibrer par un débat avec les déboires italiens, ça serait peut-être un moyen de mettre plus de piment dans nos aliments. 22-10-2009 Jean-Paul Damaggio

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 10:49

L’homme tambourin : Claude Sicre

 

(Sur la photo un ange de Fra Angelico au tambourin)

Comment est la vie ! Il pleuvait sur Perugia pendant la fête du chocolat aussi la Galerie nationale dell’Umbria prenait une saveur particulière. Le lieu est magnifique et les peintures exposées parfaitement bien mises en valeur. Sobriété et clarté étaient à la mesure de l’art concerné, celui d’avant les éclats de la Renaissance. Pour la beauté du récit disons que nous étions salle 13 même s’il s’agissait peut-être de la salle 12. Les deux sont consacrées à Niccolo di Liberatore appelé l’Alunno, un natif de Foligno dont la peinture date peut-être de 1466. Sur cette peinture qui m’arrête un instant, je découvre un ange (toute peinture de l’époque était religieuse) jouant du tambourin. J’ai cru voir par la position, la manière de jouer, la simplicité, un homme-tambourin du nom de Claude Sicre. Instantanément j’ai compris qu’à écrire un jour sur ce musicien il me faudrait écrire une légende ! Etrange sensation que de découvrir en ce lieu, subitement, la structure d’un récit précis tordant le coup à la biographie en frappant les esprits par quelques flashs (terme qui nous est venu de l’anglais vers 1923).

 

Claude Sicre sur un marché de Monclar, Claude Sicre présentant son livre sur l’Americke, Claude Sicre sur la scène d’un château des Corbières (Lagrasse), Claude Sicre toujours sortant d’une légende et y entrant aussitôt. Une passion pour le folklore en phase avec une posture de légende. Il aurait aimé faire de son ami Felix Castan un autre personnage de légende mais, non seulement il ne jouait pas du tambourin mais, qui plus est, il aimait se référer à l’analyse concrète d’une situation concrète, aussi il refusait de se laisser entraîner loin de lui-même.

Légende ? Le tambourin a fait Claude Sicre même si Claude Sicre vise plus loin que son tambourin. Or, le tambourin vient de la nuit des temps (ou de leur lumière) et Claude en joue avec cette évidence en tête (et les Troubadours pour complices). Pas question de tomber dans le piège d’une recherche historique sur la naissance et le cheminement de cet instrument à travers les années et les espaces. Niccolo le montre là sur un tableau, un musée de Tunisie le présente au milieu de tant de percussions, le tambourin fait son monde.

 

Soudain, tout s’efface, les malentendus et les bien-entendus, les mots et les gestes, les provocations et les invocations : il reste une légende accrochée à un quartier de légende, portée par une civilité et vivant comme les enfants. Pourquoi faut-il qu’à un moment les légendes nous abandonnent ? Parce qu’on ne sait plus les conter quand tant d’oreilles enfantines restent là prêtes à les écouter ! Oui, la légende de l’homme-tambourin peut faire du bruit, peut ensevelir même tous les bruits d’univers humides.

 

Il pleuvait sur Perugia, dans la rue, en sortant du musée, au kiosque à journaux j’ai payé avec un billet l’exemplaire du Manifesto. L’homme m’a rendu la monnaie et j’ai tombé une pièce au milieu des magazines. « Ne cherchez pas, en voici une autre… ».

1-11-2009 Jean-Paul Damaggio

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 10:48

Considérable manif anti-raciste à Rome

 

Longtemps j’ai pensé que le racisme contentait de se répéter à travers l’histoire alors que l’anti-racisme devait, pour riposter sérieusement, se réinventer. Le cas italien permet de vérifier que les répétitions du racisme ne sont pas seulement de simples répétitions. Pays d’émigration d’abord et d’immigration aujourd’hui, le racisme a été contraint de faire preuve « d’intelligence ». Son bras armé est né au début des années 90 sous le nom de Ligue Lombarde puis de Ligue du Nord et aujourd’hui il suffit de dire La Ligue de Bossi. Pendant que le racisme de Le Pen était d’ordre national celui de Bossi était d’ordre régional et la nuance n’est pas sans importance à l’heure où un des objectifs du capitalisme est de mettre à bas l’Etat.

Pour le racisme institutionnel (le racisme au quotidien est encore autre chose) l’Italien du Sud fut donc le premier bouc-émissaire montré du doigt (c’était l’institutionnalisation d’un racisme du quotidien). Depuis, l’étranger s’est ajouté au tableau et ma première constatation sur l’anti-racisme italien, c’est qu’il préfère privilégier la lutte contre les infamies dont sont victimes les étrangers aux autres. Le mot d’ordre « Personne n’est clandestin » et la façon de le mettre en œuvre m’a fait penser aussitôt à l’anti-racisme français des années 85-90 avec la célèbre main « Ne touche pas à mon pote » dont j’attends toujours l’analyse de ses effets. L’antiracisme serait-il contraint de proposer des parapluies aux habitants d’une maison pleine de gouttières quand il faudrait surtout refaire le toit ? Bien sûr en attendant les travaux sur le toit le parapluie est en effet nécessaire mais le problème c’est qu’au lieu d’aller vers une reconstruction du toit, les forces dominantes continuent la démolition obligeant l’antiracisme a donner de plus en plus e parapluies…

 

La manif du 17 octobre à Rome n’a pas été organisée par l’équivalent de SOS Racisme mais essentiellement par l’organisation syndicale CGIL avec autour de multiples organisations locales. Pour la Toscane je note : « Cité métisse » à Empoli, « Espace libéré » de Pistoia, « Collectif Bujanov » de Valdarno, Collectif d’immigrés à Lucca, etc… Au total elles seraient 400 organisations laïques, religieuses, nationales ou locales à être membre du « Comité du 17 octobre ».

La Repubblica annonce un chiffre de 200 000 manifestants pour cette manif annuelle depuis 1989, date de l’assassinat raciste d’un clandestin sud-africain, Jerry Masslo. Elle a ajouté à ses mots d’ordre une défense des homosexuels que le Parlement italien venait d’insulter en refusant de voter une loi défendant leurs droits et qui avait été proposée par un député centriste. Le fait que l’organisation de base soit la CGIL a permis, plus qu’en France, d’inclure les travailleurs dans le cortège et en particulier les travailleurs clandestins (une part du cortège se fit remarquer par la forte présence des travailleurs sénégalais venu du Nord du pays). Au total la diversité des cas apparut avec plus d’éclat que d’habitude : réfugiés kurdes rassemblés autour du portrait de Ocalan, réfugiés somaliens fuyant l’enfer de Mogasdiscio, jeunes Equatoriens devenus souvent des assistants de personnes âgées. Il Manifesto dans sa série de portraits d’immigrés, évoquera avec détails ces immigrés italiens rentrés au pays pour y finir leurs vieux jours et bénéficiant de l’aide de sud-américains clandestins qui leur permettent de rester chez eux.

Dans l’Unita du 19 octobre, pour tirer la leçon de la manif, la CGIL insistera sur le fait que l’action doit aller au-delà des défilés pour s’inscrire dans ce fait l’essentiel de l’activité syndicale, l’obtention de Conventions collectives où les discrimination doivent être remises en cause en permanence pour permettre à tous les travailleurs de bénéficier de droits égaux.

Le soir sur le Rai Tre la manif a fait quelques minutes avec des questions posées à des anonymes puis à des officiels comme Moni Ovadia, Ventola pour Sinistra e Liberta, un membre de Rifondazione, un de l’Italia de Valori et enfin l’inévitable Marco Pannella. Sur Rai 2, le morceau a été réduit de moitié (seulement Pannella) et une femme voilée défendant ses droits. 28-10-2009 Jean-Paul Damaggio

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 10:41

Elle venait de l’Umbria

Nous sommes dans « el valle alto del tiber » ou, pour le dire en italien « l’alta valle del tevere » ce qui en français signifie, la haute vallée du Tibre. D’ici, par le torrent et le fleuve on arrive donc à Rome et plus encore à la cité du Vatican, le Vatican n’étant plus qu’une cité. De Gubbio à Citta di Castello nous traversons les montagnes qui constituent  l’approche des Apennins. Pour une fois l’Italie est vide de villages, de cultures ; seule la forêt et les fortes pentes dominent en ce coin reculé des grands axes routiers. A 20 km du point de départ et à 30 du point d’arrivée, il existe cependant quelques maisons accrochées à une pente et surplombant une petite vallée. En ce lieu les civilisations les plus anciennes ont cependant laissé quelques traces ! Les Etrusques bien sûr, mais les Lombards davantage à cause d’une tour étrange datant d’avant l’an mille qui sert d’identité au village. Entre ces deux civilisations anciennes, il y eut la romaine visible par un chemin de montagne qui rejoignait la via Flaminia et qui a encore quelques dalles marquées par les traces des charrettes. Toute civilisation digne de ce nom existe d’abord par les voies de communication qu’elle réussit à mettre en place. Voilà pourquoi l’URSS d’hier tenta la première les vols spatiaux. Malheureusement elle fut très loin de créer une civilisation entre 1917 et 1992 alors que les ingrédients étaient là. Même dans ce petit village de l’Umbria il existait en 1920 des communistes qui, après la Marche sur Rome de Mussolini, durent fuir.

J’imagine el Nono décidant, un triste matin, de quitter avec sa famille, ce lieu enchanté pour partir d’abord vers Citta di Castello, Arezzo, Firenze et enfin la France.

Aujourd’hui, sur la place du village, trône en bonne place, le siège du parti de Berlusconi. C’est le seul siège du PdL que nous trouverons au cours de notre séjour de quinze jours dans le pays.

Trente ans avant, il m’arriva de faire une halte de quelques minutes sur cette place. C’était un temps où le tourisme n’avait pas pris la dimension industrielle d’aujourd’hui : conformément aux mœurs italiennes vous pouviez arriver à 13h 30 dans une ville vide, pour vous garer devant la Galerie des Offices à Florence. Depuis, le touriste est devenu plus important que la FIAT et même à Pietralunga, c’est le nom du village, par « le vert » l’accueil des vacanciers est minutieusement organisé. A Candeleto, la piscine, le camping, le bois didactique, le centre des oiseaux rapaces, tout est fait pour susciter un séjour intelligent. Comme tous les autres, le village a son musée : grâce à la collection de Silvio Bambini vous avez un musée ornithologique naturel.

Dans mon souvenir la tour lombarde s’était évaporée pour ne garder de cette place que la référence au monument aux morts. En Italie les monuments aux morts posent un problème car il n’est pas pensable d’honorer ceux qui, en 1940-1945, sont tombés pour la défense du fascisme. Chaque commune use de son stratagème propre. A Montelupe le monument m’est apparu unique : il donne la liste de ceux tombés pour le fascisme en inscrivant : morts pour une guerre injuste, la liste des partisans, et la liste des personnes civiles tuées. Dans beaucoup d’endroit, on préfère éviter les noms pour s’en tenir à une formule vague « aux morts pour la patrie ». A Pietralunga, les noms y sont pour la guerre 1915-1918, pour le reste, dans mon souvenir même frais, j’ai l’impression que rien n’est clair pour la période 1940-1945.

Je préfère en revenir à cette tour lombarde qui orne ce texte et qui devait hanter la mémoire du Nono reconstruisant sa vie à Montauban d’abord, puis ailleurs dans le Tarn-et-Garonne. Il avait plusieurs enfants dont une fille au prénom peu commun, Ezide, qui repose à présent dans le cimetière de Saint-Antonin Noble-Val. La complexe histoire de l’immigration italienne d’alors est le produit de déchirements bien précis. Comme le tourisme, l’immigration est devenue industrielle à l’âge où la transmission de la mémoire a été brisée par le capitalisme conquérant. Pour rester en Italie ils sont des milliers à se défaire de tout papier et de toute empreinte digitale pour ne pas être renvoyé dans un pays hypothétique qui pourrait être le leur. Ils sont arrêtés, envoyés dans des centres, puis relâchés faute de pouvoir être chassés, jusqu’à l’arrestation suivante. De plus en plus d’ombres errent sur notre planète, et le téléphone portable à portée de main ne change rien au vide environnant. Une tour lombarde comme identité, un rocher blanc comme point d’attache, d’un point à l’autre de l’univers nous avons vécu par des territoires. Il en reste des espaces. Ce qui, dans ce texte permet de le lire, j’en conviens, mais les espaces ne disent rien. Tiber, Tevere, Tibre, vous êtes effacés.

30-10-2009 Jean-Paul Damaggio

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 22:19

La Scientologie en Italie

 

Le 18 octobre 2009 Le Corriere de l’Umbria consacre une page à la Scientologie avec trois photos : celle du siège essentiel qui se trouve à Milan, celle d’un manifestant anti-scientologie et celle d’une conférence épiscopale qui dénonce l’organisation. Quatre articles font le tour de la question qui peut se résumer en ceci : la Scientologie est surtout une entreprise qui en veut à votre argent. Cependant, sur cette page de journal, il s’agit plus d’informer que de condamner. La Scientologie toucherait 15 000 Italiens avec surtout 5000 adeptes et son organisme clef est La Wise (World Institute of Scientology Entreprises). Il s’agit de rassembler les entreprises qui se reconnaissent dans les valeurs de l’organisation : lutte contre les injustices, amélioration du comportement éthique et rétablissement de la santé mentale. Résultat : une enquête de l’hebdo de grande diffusion, Panorama, est mentionnée qui indique que 237 entreprises étaient affiliées, en 2006, à la dite organisation (imaginez, des entreprises qui luttent contre l’injustice etc… !). Elles doivent verser 10% du chiffre d’affaire en plus de la carte d’adhérent du responsable qui coûte 500 dollars par an pour une entreprise de moins de 20 salariés, 1500 pour les autres. Pour quels avantages ? Les cours d’enseignement de management à la sauce Ron Hubbard qui sont facturés en plus. Et la Scientologie de se défendre en disant qu’elle n’accède pas au financement de l’Etat comme les autres religions.

Bien sûr, en Italie l’Eglise catholique tient la Scientologie à distance, l’accusant de ne pas avoir de dieu véritable à son programme ce qui est donc un péril aussi grand que l’athéisme. L’article fait référence à la situation dans les autres pays et en particulier aux procès français dont tout le monde attend le verdict avec intérêt. Il y a eu aussi des procès en Italie mais sans grande conséquence.

La raison de cette page du journal de Pérugia consacrée à la Scientologie tient au fait qu’une adepte a décidé de témoigner tout en cachant son nom. Elle prétend qu’en ce qui la concerne elle a su profiter des services de la scientologie pour affronter ses problèmes, en évitant de se faire embarquer trop loin. Il s’agit pour elle d’une secte qui profite des gens faibles. Au départ on y trouve une philosophie de vie puis si on se laisse entraîner et on tombe dans l’endettement maximum, donc dans la dépendance à la secte. Rien de surprenant si l’histoire de la scientologie italienne commence dans la capitale économique, Milan, dès 1974. Là où sont les fortunes, là se greffe l’organisation. Pour les tarifs, une session individuelle peut aller de 100 à 1000 euros de l’heure. Elle a fréquenté la secte six mois à Milan où elle s’est trouvée face à un siège social splendide, fait de marbre, et de nature à impressionner l’adepte qui arrive. Elle aurait pu continuer dans la secte où on lui proposa un travail dans le marketing mais elle préféra partir. Elle a continué de recevoir des coups de téléphone mais en restant ferme, elle s’est défendue. Elle met en cause la secte quand elle décida de soigner le fils de John Travolta en l’écartant de la médecine traditionnelle alors que dans ce cas le choix était néfaste.

 

La référence à cet article réalisé par Chiara Cruciati, vise donc seulement à mentionner une réalité devenue mondiale et présente dans presque tous les pays. Pour son analyse il n’y a rien de mieux à faire que de se reporter au livre que Paul Ariès a consacré au sujet voici des années et qui reste d’actualité.

28-10-2009 Jean-Paul Damaggio

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:08

Surprise chez les Verts italiens

 

Créé en 1985, les Verts italiens ont une longue histoire liée à la gauche de ce pays en commençant par le rôle premier de Marco Pannella. Aujourd’hui ils sont absents du Parlement italien comme du Parlement européen et leur dernier Congrès (l’assemblée générale) devait tirer les leçons de tels échecs. Il s’est tenu à Fiuggi, les 10 et 11 octobre, à quelques kilomètres au sud de Rome. Trois motions avaient étaient mises en débat que je résume ainsi : la direction sortante proposait la fusion avec un nouveau petit parti de gauche Sinistra e Liberta qui devait prendre alors le nom de Sinistra Ecologia e Liberta ; une autre proposait le rapprochement avec le Parti démocratique en basant l’action sur un retour à la base ; la dernière s’en tenait au maintien de la Fédération Verte.

Le journal il Manifesto plutôt favorable à la motion majoritaire, suivait le Congrès grâce à Guglielmo Ragozzino, qui sans en attendre la fin des travaux (vu les délais pour l’article du dimanche), partit écrire son papier pour annoncer la fusion des Verts et de Sinistra e Liberta. Or, il avait noté les multiples difficultés du début du Congrès autour de la validation des délégués, en particulier ceux de Potenza, difficultés qui donnèrent tout de suite une tournure très polémique à la rencontre. Pour calmer les querelles il était possible de voir en boucle une petite vidéo montrant les militants français d’Europe Ecologie chantant et dansant suite à leur victoire. Il conclut son article du samedi en disant que le rapport des forces serait le suivant : 60-26-14 d’après les majoritaires et 50-36-14 suivant les minoritaires.

Le mode d’organisation du Congrès ne proposait pas le vote sur les motions mais le vote sur le président du parti, et là il n’y avait plus que deux candidats : les minoritaires l’emportèrent de quelques voix ! Dans il Manifesto du mardi 13 octobre le journaliste en question proposa un entretien avec le nouveau président pour se faire pardonner sa bourde. Pourquoi ce coup de théâtre et quelles suites ?

La porte-parole des majoritaires Grazia Francescato avait annoncé par avance dans l’hebdo ami Left qu’elle ne se représenterait pas, Loredana De Petris devant prendre la suite aux côtés de Monica Frassoni présidente annoncée des Verts Européens. En face les minoritaires avaient un seul candidat : Angello Bonelli qui a obtenu 245 voix contre 231 à Loredana dotée au départ du soutien affiché de 247 délégués. Quelques délégués changèrent donc de position et l’histoire des Verts italiens bascula. Un changement qui a peut-être tenu à deux choses : le refus de donner la parole pendant le Congrès à Marco Pannella, et le rôle trouble d’un ancien dirigeant Alfonso Pecoraro Scanio, président du parti de 2001 à 2008. Les battus expliquèrent aussitôt qu’ils respectaient la démocratie et qu’ils resteraient dans le parti (avant le Congrès les minoritaires avaient annoncé, en cas de fusion, qu’ils feraient scission) en conséquence de quoi, le parti Sinistra e Liberta se retrouve un peu dans le noir, car il comptait beaucoup sur cet apport pour mieux s’inscrire dans la vie politique du pays.

Le représentant au Congrès des Verts européens a annoncé que la décision ne changeait pas les données pour le poste de Monica Frassoni à la tête de ce parti.

Que dit à présent Angelo Bonelli ? Qu’une constituante écologiste est en route pour rassembler tous les écologistes, et aller vers « des Verts post-idéologiques ». Un appel dans ce sens avait été lancé avant le congrès. Le journaliste lui fait remarquer que cette constituante est vide pour le moment mais au nom de la transversalité des thèmes écolos, il a bon espoir. Et Marco Pannella a-t-il joué un rôle dans cette affaire ? Angelo Bonelli lui rend hommage. Sauf que les Verts restent au pied u mur : que faire aux élections régionales qui vont se dérouler en même temps qu’en France ? Là, le flou est de rigueur : des listes autonomes écologistes mais en fait chaque région fera à sa manière.

J’étais en Toscane au moment des évènements et j’ai pu découvrir que l’après Congrès risque de ne pas être celui annoncé. Un autre parti veut tirer son épingle du jeu, un parti en pointe : il s’agit de Italia di Valori (IdV) de Di Pietro. Dans cette région une partie des Verts vient déjà de rejoindre Di Pietro qui est autrement présent sur la scène politique (autour de 7%) que le petit parti Sinistra e Liberta.

Ce Congrès confirme les difficultés des Verts et il Manifesto, grâce à son journaliste Bruxelles Alberto D’Argenzio, a ajouté un article sur l’état des Verts européens pour mieux en prendre conscience. J’ai ainsi appris que les Verts allemands dirigent depuis longtemps avec la CDU le lander de Hambourg. Monica Frassoni qui était la présidente du groupe des Verts au Parlement européen avant les élections de 2009, expliquait : « Les Verts allemands cherchent des alliances avec la CDU et les libéraux sur les thèmes de la reconversion industrielle, de l’éducation et de la recherche car la question essentielle n’est pas d’être de droite ou de gauche. »

Si aux dernières européennes les écolos finlandais firent des progrès, il s’agit de Verts qui participent au gouvernement avec le centre droit, une stratégie qui, par contre, n’a pas porté chance aux Verts irlandais.

Bien sûr, la référence c’est la France. Et là tous les Verts italiens se retrouvent d’accord. Ceux qui voulaient l’alliance avec Sinistra e Liberta donnaient en référence dans leur motion le nom de José Bové et à présent, sur le site des Verts, où a disparu le logo de Sinistra e Liberta, l’homme vedette, c’est Daniel Cohn-Bendit.

26-10-2009 Jean-Paul Damaggio

 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:00

Les primaires pour le PD italien

 

Le 23 octobre 2009 nous entrons avec Marie-France, sur le coup de midi, dans le point internet de la petite ville de Gubbio. Pendant que le responsable, un homme tranquille d’une quarantaine d’années remplit les formalités d’usage (en Italie les internautes étrangers doivent donner leur carte d’identité dont les contenus sont relevés), un jeune d’environ 30 ans pousse la porte et se lance dans de grandes discussions avec le commerçant. Il ne vient pas là pour utiliser les services mais par passion du débat politique. Il attend sans doute de nous que nous entrions dans la conversation autour de la question des primaires dans le Parti démocratique (PD) qui doivent se dérouler deux jours après. Il ne sait pas que nous sommes français et explique donc qu’il va voter, qu’autrefois sa famille était toute communiste mais qu’à présent, il a pris le passeport permettant de passer au PD, le parti adapté aux temps modernes. Au bout d’un moment, le commerçant se tourne vers moi, et, pour mieux me faire comprendre le sens de la conversation, il indique que lui est toujours communiste. Son interlocuteur est là pour le « chambrer » dans le cadre d’un jeu habituel sans le convaincre d’aller voter dimanche. Le commerçant reste communiste même s, dit-il, il n’y a plus de parti communiste en Italie (visiblement il ne compte pour rien les vestiges qui restent).

Ce témoignage vise à indiquer que le débat sur les primaires a largement touché les citoyens italiens qui ont participé au-delà de toute les prévisions (plus de deux millions de personnes) et qu’il est donc utile d’en décortiquer les éléments.

 

Des primaires ?

Le terme de primaires nous vient directement du système politique des USA où il concerne un élément très précis de l’élection : le choix du candidat à la présidentielle pour le Parti démocratique et le Parti républicain. Le projecteur braqué sur cette élection fait oublier le reste du fonctionnement politique nord-américain sans primaires, mais restons-en à l’Italie, pays où les primaires vont aussi être utilisées, mais dans des conditions totalement différentes ne serait-ce que parce que le pays n’a pas de régime présidentiel. Avec les primaires du 25 octobre 2009 nous entrons dans une toute autre page d’histoire des primaires puisqu’il ne s’agit plus de choisir le candidat à une élection mais les responsables du parti politique lui-même ! Comme en France il est question de primaires pour le choix du candidat à la présidentielle, j’insiste : en Italie tout citoyen désireux de payer 2 euros, ayant plus de 16 ans, étant Italien ou étranger avec permis de séjour, pouvait choisir entre trois candidats aspirant à la direction du PD. Et j’insiste sur un autre élément : il ne s’agissait pas seulement d’élire « un chef » mais l’ensemble des responsables de l’organisation ! Pour le secteur de Pise par exemple, c’était pas moins de 200 candidats qui apparaissaient sur les trois listes ! Je n’ai pas le nombre total de candidats mais il doit être considérable.

 

Le Parti démocratique

Ce parti est depuis deux ans l’héritier de « l’Olivier » une coalition, née elle-même de l’union entre d’anciens communistes, d’anciens démocrates chrétiens et autres courants de « gauche ». Dans un premier temps, il fut dirigé par Walter Veltroni qui après sa défaire face à Berlusconi avec qui il envisagea un moment de discuter… a préféré se faire romancier. Sans entrer dans le détail, précisons que la dérive droitière de ce parti l’incita à refuser toute union avec l’extrême-gauche et sur ce point il gagna. Prise entre le vote utile pour le PD (afin de battre Berlusconi) et le vote contre sa participation au gouvernement avec Prodi, l’extrême-gauche qui avait su s’unir sous les couleurs de l’arc-en-ciel, a volé en éclat jusqu’à s’atomiser sans fin. Cependant une nouvelle force politique tente de tirer son épingle du jeu. On en parle peu en France : il s’agit du parti de Di Pietro, L’Italie des Valeurs (IdV). Dans ce contexte le PD a pensé se refaire une santé par l’opération des primaires.

 

Les trois candidats

Bersani, Franceschini et Marini ont donc présenté leurs listes validées par le PD. Bersani serait plus tenté par une alliance sur sa « gauche » avec IdV, Franceschini plus sur droite avec le parti centriste, l’UDC de Catini qui rejette Berlusconi un peu comme Bayrou rejette Sarkozy, et enfin Marini se bat plus sur des idées dont celle de la laïcité (c’est sur Il Manifesto que le nom de ses défenseurs ont été publié sur toute une page). Les polémiques entre candidats n’ont pas pris l’ampleur de celles du PS français, et une lutte entre générations n’est pas non plus apparue. Bersani l’emporta comme prévu avec plus de 50% des voix. Il avait le soutien plus ou moins affiché de Prodi ou Massimo d’Alema. C’est sans doute ce fait qui incita les deux intellectuels Camillieri et Nanni Moretti à soutenir Franceschini.

Les positions social-démocrates de ce parti et le but de cet texte visant à étudier surtout la méthode, ça me dispense d’entrer dans le détail des contenus politiques ce qui ne signifie pas à mes yeux qu’ils soient sans intérêt.

 

La fin du politique

Par définition, un parti politique est une « part » du combat politique donc en décidant pour élire ses responsables de s’adresser à la population toute entière, il se dénie tout droit à l’existence ! Cette stratégie est une inversion du centralisme démocratique, qui déplace le centre, sans atteindre elle non plus la démocratie !

Il serait grave à mes yeux de nier la difficulté qui existe dans tous les partis, indépendamment de leur idéologie, à inventer le mode de fonctionnement adapté à leur combat. L’appel au «peuple» pour choisir les dirigeants, même si ce n’est pas la solution, me paraît par exemple plus digne que l’appel à cliquer sur internet en faveur de tel ou tel texte, en faveur de telle ou telle action.

Si la démarche adoptée par le PD m’apparaît comme la fin du politique, la dénonciation de la démarche ne m’apparaît pas comme l’ébauche d’une réponse ! En France, le 25 mai 2005 le peuple de gauche a dit NON au TCE et il a découvert le 26 mai que personne n’était prêt à transformer ce NON en force politique car les révolutionnaires sont, partout dans le monde, comme un boulanger ayant préparé de manière parfaite son pain, en oubliant de préparer l’outil essentiel, qu’est le four !!! J’ai croisé tant d’intelligences capables de décrypter brillamment la crise et le capitalisme lui-même, mais totalement allergiques à la réflexion sur les statuts d’une organisation capable d’unir pour construire un futur démocratique, que je me demande pourquoi on a si souvent perdu la dialectique ! Est-il indigne de s’occuper du four ?

Qu’on ne s’y trompe pas, le choix du PD italien n’entre pas dans une stratégie étudiée, mais continue le bricolage habituel et que lui ne puisse en sortir, c’est son problème, mais que la gauche authentique c’est plus grave. Pourquoi l’IdV arrive à vivre ? Car ce parti est construit autour d’un leader. N’y a-t-il rien de possible en matière d’organisation entre le factice appel au peuple et l’alignement derrière un leader ? L’existence des partis politiques, qui sont une des conditions majeures de la construction permanente de la démocratie, est un enjeu majeur de nos sociétés, et pas seulement celle d’un parti révolutionnaire car il ne peut y avoir vie politique que par le pluralisme des partis. Le cas italien est, depuis le début des années 90, un laboratoire dont j’ai vérifié, à ma grande surprise car je l’avais un peu oublié depuis quelque temps, toute l’importance qu’il présente.

26-10-2009 Jean-Paul Damaggio

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