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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 15:23

On en parle moins mais elles étaient cependant significatives.

Inutile de rappeler le rôle important de La Lombardie. On y apprend la victoire de la droite conduite par le nouveau responsable de la Ligue : Roberto Maroni (42,8%) (48 sièges) avec 16,7% pour le PdL et 13% pour la Ligue du Nord.

Le centre-gauche fait seulement 38% (21 élus) avec le PD réalisation à lui seul 25% et le SEL 7%. Dans cette région l’alliance avec Rivoluzione civile a été réalisée mais IdV de Di Pietro ne fait que 0,64% ce qui confirme l’échec cuisant de ce parti qui avait créé la surprise en 2008.

Pour le Mouvement 5 étoiles on est avec des résultats beaucoup plus modestes qu’à l’échelle nationale : 14% (9 élus)

 Pour Rome les résultats sont inversés :

Le centre gauche gagne avec 40,6% (28 sièges) dont 29 pour le seul PD et le SEL fait seulement 3,6% (1 élu)

Le centre droit perd avec 29,3% (13 élus) le PdL faisant 21%. Cette liste regroupait 12 partis !

Le mouvement 5 étoiles fait un score proche de celui de Milan 16,6% (7 sièges)

 Dans la petite région de Molise le centre-gauche l’emporte avec 44% soit 12 sièges. Le PD ne fait que 14,8% car dans cette région IdV obtient un bon score, 7% et même le petit Pdci (le parti des communistes) obtient un élu ainsi que le SEL.

Le Mouvement 5 étoiles fait 12% et la droite 25%.

 

De ces trois élections locales il ressort que le M5S a des résultats moins exceptionnels que nationalement, ce qui indique bien une fragilité de son électorat. Entre droite et centre-gauche, on a la vérification que la bataille reste serrée. JP Damaggio

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:50

espresso-grillo.jpg

 

L’hebdo de la gauche intellectuelle, L’Espresso, a hésité pour choisir la Une de l’exemplaire d’avant les élections. Ils avaient pensé à « Forza Italia (ma non quelle di Silvio) » sur une photo de l’Italie manifestante, puis finalement la tête de Grillo a été retenue. L’hebdo se retrouve en phase avec la vague 5 étoiles (M5S) ? Sauf que le contenu du journal est sans rapport avec la couverture…

On y trouve par exemple un excellent article de Roberto Saviano sur l’achat des votes, une pratique ancienne et nouvelle qui démontre, si c’était nécessaire, les limites du droit de vote. Sauf que, s’il y a un parti qui n’a pu acheter aucun vote, c’est sans aucun doute le M5S, un des partis les plus pauvres du monde parmi ceux qui font 25% de l’électorat ! L’article finalement s’attaque à celui qui fait de l’illégalité, des pots de vin, des trafics d’influence et autres multiples délits, la normalité. Et le discours de Silvio décrétant que les magistrats sont pires que la mafia a marché, sauf que la nouveauté vient aussi d’une explosion inverse, de celui qui n’a rien et pour tout siège de parti, un blog !

L’Italie de Beppe Grillo serait-elle la preuve qu’il existe toujours un Italie honnête ? Ou la référence à l’honnêteté serait-elle seulement une manœuvre de plus ?

Dans le numéro de l’Espresso vous ne trouverez aucune analyse explicative du phénomène Grillo, ce journal comme La Repubblica étant un adversaire déclaré de Grillo, qui le leur rend bien en dénonçant cette suprématie médiatique. En conséquence, dans l’hebdo, Grillo apparaît ainsi dans le propos de Bersani : « Où va nous conduire Grillo ? Hors de l’Europe ! Hors de la démocratie. » Puis Bersani se fera plus modéré face à Grillo : « Il vaut mieux 100 députés de Grillo que 10 de la Ligue ».

Ce numéro de L’Espresso nous apporte des informations que la France ne cherche pas : Où en est la Slovénie qui grâce à l’Europe devait devenir l’Autriche ? Elle se retrouve au fond du gouffre. Où en est le financement des églises en Allemagne ? Phénoménal ! Et ce n’est pas parce que les églises sont pleines mais parce que les presque 2 millions d'employés qui dans les écoles ou les hôpitaux travaillent pour les églises n’ont aucun droits syndicaux, la Constitution reconnaissant que de telles institutions doivent se régler suivant les lois des églises. En conséquence une enseignante qui divorce ne peut qu’y admettre son licenciement…

 Mais Grillo alors ? La gauche intellectuelle aurait-elle oublié le peuple ? Les laissés pour compte ne compteraient plus ? Et quand le peuple se trouve heureux de rire des maux du pays, la guillotine du « populisme » lui tombe sur la figure !

 Grillo renvoie parfaitement à une grande masse des Italiens (bien plus que le 25% électoral) l’image qu’ils veulent avoir d’eux-mêmes. Et que les sociologues, la télécratie, les experts, les produits made in Europe aillent se faire enculer suivant le slogan consacré. Nous sommes arrivés à un point de l’histoire où la démocratie n’est plus la parole donnée au peuple, mais la parole volée au peuple ! Et si Grillo a trouvé la forme et le contenu pour rendre visible ce phénomène, il serait malhonnête de le limiter au cas du peuple italien.

 Partout, la gauche qui avait hérité de l’histoire, la fonction de tribune du peuple, a tourné ses regards vers la classe moyenne, sa classe propre politique en devenant un des éléments classiques. Observez l’évolution sociologique des députés PS et PCF : les jeunes sont souvent des permanents de la boutique politique et l’instit, le paysan, l’ouvrier ont été remplacés par le professeur, l’avocat ou le professionnel qui, à force de circuler dans les couloirs feutrés des institutions, se sentent porteur d’un rôle qui n’est plus celui d’hier. Un ami paysan de la Confédération paysanne me disait avoir observé le même phénomène chez des dirigeants syndicaux de son syndicat.

Faut-il alors ressortir le schéma erroné de l’opposition peuple/élites ? Beaucoup espèrent que les députés de Grillo, à circuler dans les dits couloirs feutrés, prendront les plis de l’idéologie dominante, et après avoir minimisé le phénomène, ils annoncent déjà sa fin ! D’ailleurs sans Grillo, le phénomène n’existerait pas ! Ce qui est faux évidemment. Grillo comme d’autres hommes politiques est le révélateur d’un problème profond, et que le problème soit rendu visible par une élection ou pas, il est là, prêt à ronger les bases du système.

 Mais ayant déjà été accusé d’accorder trop d’importance à un phénomène passager, il est temps de conclure : Grillo n’est pas la révolution mais la révolution d’aujourd’hui est rendue visible par Grillo. Jean-Paul Damaggio

P.S. La participation a été de 75% soit 5% de moins qu'en 2008.

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 11:58

L'écart considérable entre les estimations sortie des urnes et résultats finaux me semble également un élément de la réalité à analyser. A suivre. JPD

 

Résultats italiens définitifs en pourcentage et en sièges :

A la Chambre :

Pd-Sel :29,5%, 340 sièges (292 Pd, 37 SEL, 6 centristes, 5 parti du Tyrol)

Pdl-Lega : 29,1%, 124 sièges (97 PdL, 18 Ligue, 9 Fratelli d'Italia)

Grillo : 25,5%, 108 sièges.

Monti : 10,5%, 45 sièges (37 Monti, 8 UDC)

Ingroia : 2,2% - 0 sièges (Les élus de IDV sont donc exclus du parlement)

(Majorité 309)

 

Au Sénat :

Bersani : 28,1%, 120 sièges

Berlusconi : 29,6%, 117 sièges

Monti : 7,5%, 18 sièges

Grillo : 28,4%, 54 sièges

(Majorité 158)

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 22:51

Grillo premier parti d’Italie car les autres sont des coalitions et le PD comme le PDL font moins que Grillo qui est un seul parti.

 

Résultats quasi réels :

Sénat

PDL/Ligue 29,6% 123 sièges

Grillo 28,3% 57 sièges

PD-SEL 28,1%  104 sièges

Monti 7,6% 17 sièges

 (Pout le Sénat la prime majoritaire pour le gagnant est donné par région d'où la différence entre Grillo et PD-SEL qui ont le même résultat en voix et pourtant en siège il y a une grosse différence)

Chambre :

PDL/Ligue 28,9%

Grillo 25,5%

PD-SEL 29,7%  

Monti 10,6%

 Pour la Chambre le gagnant a 50% des sièges au niveau de toutr l'Italie donc PD-SEL sont majoritaires mais pas au Sénat sauf entente avec des élus Grillo.

Donc contrairement aux sondages sorties des urnes le pays est ingouvernable.

Mais il reste quelques bureaux...

Dans tous les cas quand Grillo appella sa campagne le Tsunami tour il prouve qu'il avait raison. Et il annonce "la victoire de l'honnêteté". A suivre. JPD

 

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 16:20

Le dépouillement est long vu le nombre de partis mais voici les données de Repubblica à la sortie des urnes.

Elles correspondent aux derniers sondages avec un polarisation de l'opinion qui a sanctionné le "sauveur" Monti. Berlusconi dans l'opposition, il ne va pas tenir en place. La liste Ingroia ne passerait pas la barre fatidique de 4%. Et le mystère reste entier sur le comportement des élus de Grillo. Quoi qu'il en soit, vu le mode de scrutin, la majorité de "gauche" est solide. Mais que va-t-elle faire? Une donnée reste incertaine, la victoire de la gauche en Lombardie alors qu'elle est évidente pour les régionales de Rome. JPD 

Résultats italiens sortie des urnes :

A la Chambre :

Pd-Sel :34,5%,
Pdl-Lega : 29%,

Grillo : 19,5%.

Monti : 9,5%

Ingroia : 3,5%

Au Sénat :

Bersani : 37%,

Berlusconi : 31%,
Monti : 9%

Grillo : 16,5%

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 13:52

livre-de-mello.jpg

 Quand on prétend analyser les phénomènes sociaux sous l’angle de la lutte des classes, à quoi bon s’intéresser à des comiques qui réduisent la politique à un spectacle ? Comme de simples révélateurs ? Non, vu que je me propose d’aller, par ce biais, au fondement de quelques réalités universelles !

 Les pays existent toujours

L’Italie et la France sont deux sœurs si proches que les comparaisons ne manquent pas et le lien entre Coluche et Grillo vient spontanément par le fait qu’ils utilisent le comique pour parler au peuple. Mais le parallèle s’arrête là : malgré l’existence de l’Union européenne, le phénomène Grillo démontre que l’Italie reste l’Italie et que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de Coluche point qui me servira de conclusion. Coluche tenta d’être candidat à la présidence de la république, Grillo conduit un mouvement pour des élections législatives car là-bas le président est élu au second degré… si bien qu’en fait Grillo… n’est même pas candidat ! Aucun Italien ne pourra voter pour lui ! Ils vont voter sur un bulletin doté de 27 partis en faisant une croix sur le sigle M5S (Mouvement 5 étoiles) donc pour des candidats totalement inconnus à l’exception de quelques uns. Le lecteur pense qu’il s’agit là d’un point de détail or il se souvient peut-être qu’en France pour voter Mélenchon le Front de Gauche trouva presque 12% alors qu’un mois après pour les législatives le score de ce parti est tombé de moitié ! Mais bon allons à l’essentiel.

 Grillo l’anti-Berlusconi ?

Avec le début des années 90, toute la classe au pouvoir a été balayée sans que l’opposition puisse briller car un phénomène est arrivé, celui du géant des médias, Berlusconi, qui a promis en 2013, ne plus revendiquer le titre de futur premier ministre, mais qui cependant est toujours là, et avec un appui populaire conséquent malgré les multiples échecs de sa politique. Cette télévision, qu’elle soit de gauche, de droite ou du centre, a décidé depuis plusieurs années d’effacer Beppe Grillo des écrans : c’est la première observation que me fait le chauffeur de taxi que j’interroge sur le phénomène Grillo. En réponse le parti M5S a décidé qu’une des conditions pour en être candidat, c’était de refuser toute présence sur les plateaux télé ! Lui-même refusa toute invitation ! Ainsi, à des journalistes qui se sont précipités pour interroger les rares distributeurs de tacts de ce parti, les militants ont simplement répondu : on n’a rien à vous dire ! Sur ce point Grillo est bien l’anti-Berlusconi et en choisissant de fuir la télé il a encaissé la critique classique : « c’est qu’il a peur de répondre aux questions ». J’ai connu les succès télé de Georges Marchais, puis ceux d’Olivier Besancenot et enfin le cas Mélenchon et dans les trois cas j’ai considéré que de tels succès ne pouvaient que conduire à l’échec, à défaut d’une claire analyse du rôle de la télé. La réponse de Besancenot est connue : « Il faut utiliser les failles de l’adversaire de classe quand on le peut… ». Mélenchon a joué une autre partition : je veux passer à la télé mais en me montrant agressif vis-à-vis des journalistes. Grillo réplique qu’il parle au peuple dans des meetings immenses : 40 000 à Milan (chiffre de la police 35 000) soit 10 000 présents de plus que pour la coalition de gauche, deux jours avant ! Et Milan c’est un emblème ! Et il n’est pas allé que dans les grandes villes… Même si tout le monde sait que les présents sont souvent des curieux et que Grillo sera victime du vote utile car l’écart devenant plus serré entre le centre-gauche et la droite, pour battre la droite certains vont voter Parti démocratique.

 Grillo le démolisseur ?

Grillo dit non à la télé, non aux partis, non aux syndicats et un reproche classique pointe son nez dans le rang des maîtres du monde : « il a un rôle facile car il détruit alors qu’il faut reconstruire l’Italie ». Il ne suffirait pas de dire NON, il faudrait aussi proposer des ALTERNATIVES. N’oublions pas que ce mode de pensée a été concocté aux USA par des savants en communication qui, pour contrôler les opposants, veulent d’abord les tirer sur le terrain qui est le leur. Or, il suffit d’écouter Grillo et de lire son programme : dire NON c’est proposer ! Ce fut la deuxième remarque du chauffeur de taxi qui visiblement ne votait pas Grillo mais qui m’indiqua : « Ce que dit Grillo, il le dit depuis vingt ans et depuis vingt ans tout le monde sait qu’il a raison. » Je savais que le mouvement avait commencé à naître autour de 2005, puis a été formalisé en 2009 mais je n’imaginais pas un antécédent aussi lointain et là aussi les médias jouent un rôle majeur en tuant « l’histoire » au profit de la « génération spontanée » que Pasteur, pour d’autres raisons, mis à mal. Si Grillo peut rassembler 15% des suffrages c’est que le mouvement vient de loin ! Avec Marx, c’est comme avec Pasteur, tout point de vue de classe détruit le phénomène « génération spontanée » en politique ! Grillo est l’effet de courants puissants et ce n’est pas seulement l’effet d’une farce d’un jour ! Et Grillo lui-même aime le rappeler : « il y a vingt ans, je suis allé devant les usines Fiat pour dire aux ouvriers qu’il était possible de produire une voiture qui consomme 1 litre au 100 et les syndicats m’ont ri au nez. » Parce que ce n’est là que le problème des patrons ? Et le plus gros NON de Grillo concerne l’Europe actuelle ! N’oublions pas que l’Italie a été, dans toute ses composantes, fortement favorable d’où le premier traité signé à Rome ! En proposant un référendum afin de savoir si les populations veulent sortir de l’Europe et retrouver leur propre monnaie, Grillo va à contre sens même si à présent Berlusconi reprend ce discours. Fondamentalement Grillo n’est pas un démolisseur et la présence sur la tribune de Milan de Dario Fo invoquant l’histoire : « Je me retrouve en 1945, nous retrouvons l’aspiration à une révolution », nous confirme dans ce constat. Le fils de Dario Fo, Jacopo Fo indiquera de son côté que s’il a des amis sincères dans le M5S comme dans le regroupement Rivoluzione Civile, il appelle à voter SEL de Vendola (la gauche du centre-gauche).

 Mais qu’en pensent les révolutionnaires ?

Tous les partis sans exception ont d’abord ridiculisé le M5S mais devant son succès populaire les positions ont évolué à gauche. Que dit par exemple Ingroia qui avec « l’extrême-gauche » (terme impropre) conduit Rivoluzione civile qui replace l’échec de 2007 avec Gauche arc-en-ciel ? Dans Il manifesto du 22 février il répond à cette question : « Grillo fait » peur » a titré Il corriere. Il vole des votes à tout le monde. Il vous fait peur à vous aussi ? »

Antonio Ingroia : « Non. Je participe pour gagner et l’objectif est de changer la politique. De ce fait le phénomène Grillo me préoccupe plus qu’il ne me fait peur : d’un côté il intercepte des poussées de rénovation mais de l’autre il n’a pas une proposition pour la transformation positive de ces poussées. Il ne fait que protester, sauf quelques arguments avec lesquels nous sommes d’accord : moralisation de la politique et de l’environnement. De plus, et c’est la faute de la politique, il représente l’échec de la démocratie : avec une série de spectacles sur les places auxquels les Italiens vont comme spectateurs et non comme acteurs, il attire les soutiens de quelques-uns qui voteront pour lui car il les représente hors il ne les représentera pas car il n’est pas candidat. Ses candidats sont personne (signori nessuno), je le dis avec respect, que les électeurs ne connaissent même pas. » Par un tel propos, qui reprend le discours de la classe dominante sur Grillo, Ingroia est décevant : il n’a rien compris !

 L’heure du marketing politique

La différence entre Coluche et Grillo s’appelle internet. Je ne vais pas ressortir le discours tant entendu sur les révolutions arabes produites par facebook, qui sert à masquer les enjeux sociaux réels, mais en Italie plus qu’en Tunisie l’outil internet joue un vrai rôle et particulièrement dans la façon dont il a été manœuvré par l’équipe de Grillo. Il m’est arrivé de produire une brochure sur l’histoire du marketing politique conçu aux USA pour valider le marketing en général, et j’ai pu observer que la question ne passionne pas les chercheurs en sciences sociales. Le marketing n’est pas réductible à la manipulation (son but est pratique : organiser la rencontre entre un produit et son client potentiel) mais, en son fond, il fait de la politique une marchandise. Il n’existe pas pour tromper l’électeur mais pour le changer en client ! Pour bien comprendre il faut lire le livre de Federico Mello sur « la face obscure des étoiles ». Pas traduit en français, je tenterais de donner quelques éléments dans de futurs articles. Pour le moment vous pouvez vous reporter à cet article de l’Espresso. Grillo est né à la politique par son blog car sa façon d'écrire et ce qu'il écrivait allait à la rencontre de réalités précises et largement partagées. Face au monde d'aujourd'hui le retour au politique sera un parcours très difficile. Jean-Paul Damaggio

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 21:34

Partir pour l’Italie c’est d’abord se reconstruire des repères là où ils ont disparu depuis la chute de la démocratie chrétienne et du PS, au début des années 90, chute entrainant celle du PCI.

Partir pour l’Italie, quand on est un militant anti LGV, c’est d’abord retrouver l’état des lieux du puissant mouvement du Val de Susa contre le TAV (Tren alta velocita).

 Et bien sûr, quand les repères s’effondrent tout devient possible même l’impossible diront certains. Sauf que contrairement à un lieu commun chez quelques utopistes, demandez l’impossible n’est pas toujours de bon augure.

 Autour du NO TAV va se nouer en effet une étrange coalition : Albertino Perino dirigeant historique du NO TAV, Dario FO le comique « communiste » bien connu et Beppe Grillo le dirigeant du nouveau parti qui vient de conduire un Tsunani tour en Italie au bénéfice de son Mouvement des 5 étoiles (M5S). Beppe Grillo est un comique à la Coluche (pour tenter un comparaison simpliste) qui vient de Gênes et qui est entré en politique voici trois ans, après une préparation débutée en 2005.

 Albertino Perino vient d’apporter son soutien personnel à Grillo tout en précisant que dans le mouvement NO TAV il y a divers engagements politiques mais avec Grillo c’est sortir de la marginalité pour ce mouvement qui espère envoyer un député au parlement (Marco Scibona).

 C’est dans le Val de Susa que Dario Fo, voici plus d’un an, a rejoint Beppe Grillo, l’homme politique avec qui il se sent des liens très forts sans pour autant participer à sa campagne. Lesquels ?

 Beppe Grillo est un artiste qui se préoccupe des questions culturelles alors que les hommes politiques oublient cette richesse italienne car « la culture ça ne se mange pas » d'après un ministre. Il parle vrai, il est en lien avec les gens et par exemple, avec ceux disent non à la grande vitesse, et que Beppe Grillo suit depuis longtemps. Au vu d’élections précédentes Albertino Perino indique que dans le Val de Susa, Grillo va faire un score à la Bulgare et il est sûr que le succès du M5S apportera de l’eau au moulin de la révolte, à l’espoir d’une baffe envoyée à toute la classe politique.

 Beppe Grillo est donné autour de 15% dans le pays et devient donc un phénomène national après avoir été un phénomène puissant dans le Val de Susa. Il en appelle à une autre société. Il ne parle pas que de la Grande Vitesse mais de l’Italie et sa crise, du chômage et attaque tous les responsables d’une situation dont ils ne peuvent pas être la solution : « si vous croyez encore en Berlusconi c’est que vous croyez en Peter Pan ». Il ose tout, comme dire que Dario Fo pourrait devenir son ministre ou même devenir le premier ministre.  Sur son blog;, il y a un long discours de Dario FO

 Ce mouvement, pur produit d’internet dont le slogan est : «chacun compte pour un », devient tous les jours une caricature de démocratie dite participative, mais je reviendrai sur ce phénomène objet d'un livre qui décortique « la dictature des réseaux » ce à quoi Grillo aura la réponse facile car ceux qui le dénoncent sont eux en fait la dictature médiatique qu’il a dans le collimateur (L’Espresso et La Reppublica). Toute critique au M5S se retourne comme une crêpe car le M5S critique tout. A suivre. JPD

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 10:53

Sur son blog Jean Luc Mélenchon rend compte d’un voyage à Rome où il est allé soutenir « Rivoluzione civile » la coalition conduite par Ingroia où il découvre : « c’est le modèle français qui fonctionne ». Pour la naissance de cette coalition, il insiste : « je crois que l’expérience progressive et pragmatique du Front de Gauche français éclairait la voie. » Or il s’agit seulement d’une union électorale née fin décembre 2012 quand l’annonce d’élections anticipées a obligé les petits partis  à s’unir pour passer la barre fatidique de 4% donnant droit à une représentation parlementaire.

Par exemple : quoi de commun entre les Verts italiens et le Parti de la refondation communiste ? Ce parti des Verts a perdu toute son aile gauche à la fondation du S.E.L.(voir plus loin), une courte majorité préférant la position centriste de EELV ! En réalité dans cette coalition le parti phare est celui de di Pietro, l’IDV (l’Italie des Valeurs) qui jusqu’à présent avait participé à des alliances avec le Parti démocratique et obtenu dans ce cadre jusqu’à 7%. A présent la liste est créditée, dit Mélenchon, de 4 à 6%. Mélenchon aime les sondages qui lui conviennent. J’espère que la liste passera la barre de 4% mais la tendance est classique : plus on approche de l’élection et plus la tendance est à la baisse au nom du « vote utile » qui est inévitable dans toute élection même celle à la proportionnelle. Après l’élection, chaque parti reprendra sa route loin de l’image d’un Front de Gauche qui a pu traverser les tempêtes depuis six ans.

Après la présentation de Rivoluzione civile Mélenchon évoque les autres candidats. «Paolo Ferrero [organisateur de Rivoluzione civile] a même tendu la main au liquidateur Nicchi Vendola. Sans résultat ». Nicchi Vendola a participé aux primaires à gauche car avec son parti le S.E.L. (Sinistra Ecologia Liberta), il préfère tenter d’exister dans le cadre de la coalition avec le Parti démocratique. Doté lui aussi de 4%, il est cependant certain d’obtenir une représentation parlementaire car la coalition passera forcément cette barre fatale. Liquidateur ? Venu de l’extrême-gauche il a créé le S.E.L. avec différents courants et tente de peser ainsi sur le Parti démocratique comme Mélenchon tenta pendant des années de pousser à gauche le PS en y restant à l’intérieur. J’aurais d’ailleurs aimé qu’il écrive un livre faisant le bilan de cette expérience pour éclairer les citoyens mais dans l’ensemble il ne donne pas la sensation d’avoir joué le rôle de liquidateur de la gauche, plutôt prêt à faire l’éloge de Mitterrand et du gouvernement Jospin, qu’à en faire la critique.

Ensuite il dénonce le socialisme libéral du Parti démocratique et la stratégie de Monti. « Tout cela devait se dénouer glorieusement avec les élections du 24 et 25 février. Hélas rien ne se passe comme prévu par les très intelligents. Mario Monti est dans les choux dans les sondages. Il se traîne à 12 ou 14%. Les « démocrates » du PS local, qui faisaient les malins se font rattraper par Berlusconi de jour en jour. Et l’autre gauche fait son retour. »

Nous l’avons vu, pour le retour de l’autre gauche ça reste du fragile. Pour Berlusconi rattrapant la coalition du « PS local », il oublie d’indiquer que l’écart est toujours de 10%. Mais surtout il ne mentionne pas celui qui risque de créer l’événement, Beppe Grillo.

Avec son mouvement « Les cinq étoiles » il est comme « Rivoluzionne civile » victime du vote utile, il est un seul « parti » et pourtant, il remonte dans les sondages autour du 16% devenant la troisième force politique du pays ! Si « Rivoluzione civile » a reçu comme il l’indique des dissidents du S.E.L. il a reçu aussi des dissidents des « Cinq étoiles » provoquant en son propre sein… des dissidences !

Beppe Grillo est ce comique qui dit sous diverses formes : « qu’ils s’en aillent tous » (andare a case tutti). Son programme a des formes de gauche écolo (l’eau bien commun etc..) mais tout autant des formes de droite. Et quand j’écris « son » programme il faut aussi comprendre les deux éléments : programme citoyen et programme du chef. Le mouvement est né d’internet et il se prétend aujourd’hui une communauté, la communauté des Italiens prenant en main leur destin. Saisir les deux faces du phénomène est un impératif : l’écouter parler aux immenses foules qu’il rassemble, habillé comme tout le monde, sans cravate, et fustigeant le monde des médias et de la finance, me semble important. En Italie, il y a eu le phénomène Ligue du Nord qui continue de diffuser un fascisme des temps présents dans ses zones d’influence. Avec Beppe Grillo nous revenons aux élections de 1994 quand Berlusconi sorti, comme tout neuf sur la scène politique, a balayé la démocratie chrétienne, le PS et poussé toute la gauche vers le centre. Beppe Grillo est tout neuf (première élection à ce niveau) et si pour le moment il récolte surtout les déçus de la droite, il sera demain en position pour récolter les déçus de la gauche car ça ne fait pas l’ombre d’un doute, la gauche est en passe de l’emporter. Bien sûr les électeurs auront le dernier mot mais si Berlusconi devient minoritaire, sa coalition va exploser et avec une gauche incapable d’affronter sérieusement la profonde crise italienne, c’est un comique de premier plan qui peut devenir l’alternative ! J’aurais aimé lire quelques propos de Mélenchon sur ce phénomène mais j’ai la sensation que comme pour le FN, il préfère négliger cette « imposture », quitte demain à en faire son adversaire préféré. Si Berlusconi était porté par une fortune immense, Beppe Grillo fait figure de simple citoyen sans argent, décidé à bousculer le régime. Pour quelles aventures ? Nous restons loin du « modèle français » aussi bien à l’extrême-gauche, à gauche, au centre qu’à droite.

J-P Damaggio

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:57

Voici une déclaration des animateurs d'un site internet qui se sont engagés dans la campagne aux côtés du S.E.L. (sinistre ecologia liberta) voir : (labyrinthe italien ) lui-même uni au Parti démocratique qui lui-même regarde du côté de Monti dont les idées sont opposées à celles exprimées ici. A suivre.

J-P Damaggio

 

La campagne Sbilanciamoci ! invite les candidats à l'élection générale, des 24 et 25 février à s'engager pour un avenir de l'Italie : l'environnement, la paix, la citoyenneté, la justice sociale, une économie différente. Les candidats aux élections générales du 24 et 25 février 2013 ayant demandé l’appui de Sbilanciamoci ! peuvent représenter un tournant et une discontinuité en ce qui concerne les politiques néolibérales d’austérité qui ont appauvri le pays et l’ont fait sombrer dans la récession. Ces politiques ont accentué les inégalités, augmenté le chômage, affaibli le bien-être, et rendu le travail plus précaire en mettant en difficulté des entreprises

Ce n’est pas « L'Europe qui le demande » : il n'y a pas besoin de « redonner confiance aux marchés» : les politiques économiques alternatives sont possibles. Pendant des années, la campagne de Sbilanciamoci! a présenté son rapport «pour l'utilisation des dépenses publiques, pour les droits à l’environnement, la paix». Le quatorzième rapport a été présenté fin novembre 2012 et contient 94 propositions, chiffres en main, pour démontrer qu'un autre loi de stabilité permettrait d'investir dans la reprise économique, avec un nouveau modèle de développement écologiquement durable, une redistribution des richesses et une plus grande justice sociale.

Juste quelques exemples : si on réduisait les contributions croissantes à l'école privée, il y aurait plus de ressources pour le public. Sans formation, recherche et enseignement supérieur le pays n'offre aucun avenir. Il faut des investissements publics dans la qualification de l'offre de formation, le droit à l'éducation, l’école et les bâtiments de l'Université et dans la recherche. Si nous abandonnions la folie de « grands travaux», comme la réalisation de la grande vitesse en Val Susa, il y aurait des ressources pour les « petits travaux» dont le pays a besoin, des travaux pour la  mobilité durable à la lutte contre l’hydrogéologie. Si nous renoncions à l'achat de chasseurs-bombardiers F35 et réduisions les dépenses militaires de 20 %, il y aurait des ressources pour le bien-être, la coopération internationale et la fonction publique nationale et nous pourrions même réduire la dette nationale. La politique étrangère de notre pays ne peut se baser sur des missions militaires à l’étranger, mais sur la coopération internationale et la solidarité. Une politique fiscale avec une plus grande progressivité, permettrait une redistribution plus équitable des richesses. Et ainsi de suite.

A partir de l'environnement, la santé, l'instruction, la politique d'accueil des immigrants, et par opposition à la corruption, la fraude et l'évasion fiscale, il existe une direction nouvelle pour fixer des choix de politique économique.

Nous sommes plongés dans une crise financière, économique, sociale, environnementale et de la démocratie. Pour en sortir, la première étape doit être culturelle. Nous devons retourner un paradigme – celui du néolibéralisme – et en réaliser un autre : celui d'une économie fondée sur les biens communs, la durabilité environnementale et sociale, l'égalité des droits. Nous sommes candidats – dans les différentes forces politiques – pour parvenir à un « changement de route ». Nous soutenons les propositions de la campagne de Sbilanciamoci! Nous nous engageons, si nous sommes élus, à poursuivre notre action au Parlement. 

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 21:09

Dans Repubblica d'aujourd'hui voici le résumé des réactions suite à une petite phrase de Berlusconi. C'est juste un élément de l'ambiance d'une élections qui va secouer le pays. Monti ne décolle pas dans les sondages, le Mouvement 5 étoiles plonge, tout bouge. A suivre. JPD

 

Berlusconi fait l'éloge de Mussolini : sa phrase fait le tour du monde

Une phrase choquante de Silvio Berlusconi sur le fascisme fait le tour du monde. Il Cavaliere, prenant la parole à Milan pour la journée de la mémoire dans lequel on rend hommage aux victimes de l'Holocauste, a fait cette distinction : « le fait des lois raciales est la pire faute du chef de file, Mussolini, qui, par tant d’autres aspects, a à l’inverse fait tant de bien ». Il n’a pas suffit d’une clarification ultérieure de l'ancien premier ministre qui «condamne » les dictatures et affirme son rôle d’ « ami d'Israël » pour redimensionner l'incident. Il a suscité la colère du président des communautés Union des Juifs italien, Renzo Gattegna, qui définit les mots de Berlusconi comme « stupéfiants ». Pier Ferdinando Casini a parlé d’un « énorme » non-sens, Nichi Vendola rejette « ces sales paroles » du chef de la Pdl, tandis que le ministre Andrea Riccardi se souvient que le fascisme a été une « dictature violente ». Rosy Bindi, accuse enfin, l’ancien premier ministre d’ « insulte à la démocratie. » Berlusconi a répondu en dénonçant ce qu'il considère comme une « spéculation politique» pour faire «campagne électorale ».

di TOMMASO CIRIACO

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