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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 22:16

Elections italiennes

 

Il s’agissait d’élections partielles dans quelques municipalités après la "fin" personnelle de Berlusconi et de Bossi. Un mouvement nouveau : 5 étoiles, c’est le nom donné par un comique qui joue dans la dérision du politique pour le dire schématiquement. Sous une autre forme ça fait au parti des Pirates en Allemagne. Mais il faut pousser la réflexion.

 

 

Gênes : Centre gauche 49% ; Liste civique 14,6%, Mouvement 5 étoiles : 13,9% ; Centre droit : 12,5%

Palerme : Orlando (IDV et Ecolos) 46,6% ; Centre gauche 20,7% ; Centre droit 11,3% : Centre8,74%

Parme : Centre gauche 39 % ; Pizzarotti 19,4%, Centre 16,2% ; Liste Civique (Ghiretti) 10%

Vérone : Ligue du Nord : 57,4% ; Centre gauche 22,7% ; 5 étoiles 9,3% ; Centre droit : 8,8%.

Cunéo : Centre 37,1% ; Centre gauche 29,1% ; Ligue du Nord : 11,4% ; 5 étoiles : 8,8%.

 

 

Bilan simple : Victoire du centre-gauche ; Boum des 5 étoiles ; écroulement de la Ligue du nord. Bossi a perdu Cassano Magnago, sa ville natale, Sarego, siège « du parlement de Padanie ». Si Vérone persiste avec la Ligue c’est une victoire personnelle de Flavio Tosi.

 

Mais où est le monde de Mario Monti qui dirige le pays ?

D’ici les législatives, les évolutions ne vont pas manquer. JPD

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 23:01

Après Madeleine Parent, après Lise London, le décès de Miriam Mafai m'a beaucoup touché. Cette féministre historique du PCI est un immense pan d'histoire qui s'en va. J'avais "croisé" une part de sa vie dans un spectacle à Avignon : le silence des communistes. J'aurais voulu écrire un bel article mais je sais que je ne vais pas avoir le temps. Alors je renvoie simplement à ma chronique avignonaise. Jean-Paul Damaggio

http://la-brochure.over-blog.com/article-l-italie-avignon-2007-89596468.html

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 21:08

En juillet 1977, j’ai passé tout le mois à l’école centrale du PCF. Pat les beaux hasards de la vie, dans le dortoir spartiate, je me suis retrouvé à côté d Pierre Laroche, prof de fac, grand connaisseur de l’Italie. Si jamais dans les cours nous n’avons eu droit à la moindre référence à Gramsci, dans les couloirs il m’a présenté ce phénomène. Je n’ai pas été surpris des années plus tard de le trouver parmi les traducteurs du philosophe marxiste.

En cette période d’analyses politiques voici cet extrait des œuvres de Gramsci, œuvres dont des éléments viennent d’être judicieusement présentés à La Fabrique, sous le titre « Guerre de mouvement et guerre de position » par Razmig Keucheyan. JP Damaggio

 

Cahier 13, point 17

 

« L'erreur dans laquelle on tombe souvent dans les analyses historico-politiques consiste à ne pas savoir trouver le juste rapport entre ce qui est organique et ce qui est occasionnel : on en arrive ainsi, ou bien à présenter comme immédiatement agissantes des causes qui n'opèrent au contraire que médiatement, ou bien à affirmer que les causes immédiates sont les seules causes efficientes ; dans le premier cas, il y a excès d'« économisme» ou de doctrinarisme pédant, dans l'autre, excès d'«idéologisme»; dans un cas, on surestime les causes mécaniques, dans l'autre, on exalte l'élément volontariste et individuel.

[La distinction entre «mouvements» et faits organiques, et mouvements et faits «conjoncturels»  ou occasionnels, doit s'appliquer à tous les types de situation : non seulement aux situations où se fait sentir une régression ou une crise aiguë, mais aussi à celles où se manifeste un développement progressif ou une phase de prospérité, et à celles qui connaissent une stagnation des forces productives.]

Le lien dialectique entre les deux ordres de mouvements, et donc entre les deux ordres de recherche, est difficile à établir exactement et si l'erreur est grave dans le champ de l'historiographie, elle le devient encore plus dans l’art politique, où il ne s’agit pas de reconstruire l’histoire passée, mais de construire l’histoire présente et à venir : dans la mesure où ils remplacent l’analyse objective et impartiale et où il ne s’agit pas ici d’un « moyen » conscient d’encourager à l’action, mais d’automystification, les désirs personnels et les pires passions personnelles, les plus immédiates, sont la cause de l’erreur. Dans ce cas aussi, c’est l’histoire du trompeur trompé : le démagogue est la première victime de sa démagogie. »

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 19:22

Ingrao-copie-1.jpg

En réponse à Indignez-vous, l’éditeur Aliberti publie : S’indigner ne suffit pas avec comme auteur Pietro Ingrao à partir d’un entretien avec la féministe Maria Luisa Boccia et un prof de l’Université de Sienne.En fait il y a un premier entretien sur le cas Stéphane Hessel puis la reprise d’un article plus ancien sur le doute.

J’ai été un peu frustré par cette lecture, non par son aspect très rapide, mais par la dominante intellectuelle qu’on retrouve avec la liste des noms cités. Cette dominante est venue surtout des questions. Comme si à l’heure des bilans, il restait un poème à écrire. Car ce petit livre est plus un bilan de la vie d’Ingrao qu’un appel général aux générations futures (même si les deux peuvent se rejoindre).

Frustration car si nous sommes clairement en Italie (dans un dialogue avec la France) nous avons la sensation aussi d’être nulle part. Etrange de constater dans l’indice des noms que les deux seuls hommes politiques présents sont Bush et Hitler.

Mais bon, un tel livre c’est peut-être un tremplin pour découvrir que Marx est toujours là…

JP Damaggio

P.S. Je découvre l’existence d’un autre livre d’Ingrao : Mi sono molto divertito. Scritti sul cinema (1936-2003)

 

Indice dei nomi

Albertelli, Pilo 41

Arnheim, Rudolf 13, 38

Baudelaire, Charles 41

Brecht, Bertolt 50

Bush, George W. 28

Chaplin, Charlie 36

Croce, Benedetto 41

De Sanctis, Francesco 41

Franco, Francisco 13, 14

Gesmundo, Gioacchino 41

Gramsci, Antonio 18, 35

Hessel, Stéphane 5, 12, 13, 15, 17, 32, 34-36

Hitler, Adolf 14

Joyce, James 38

Kafka, Franz 37

Leopardi, Giacomo 38

Mallarmé, Stéphane 41

Marchesi, Concetto 41

Marx, Karl 18, 35, 37, 38

Momigliano, Attilio 41

Montale, Eugenio 41

Pavese, Cesare 50

Proust, Marcel 41

Quasimodo, Salvatore 41

Rimbaud, Arthur 41

Saba, Umberto 41

Sartre, Jean-Paul 17

Schmitt, Carl 31

Ungaretti, Giuseppe 38, 41

Verlaine, Paul 41

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:26

saviano.jpg

La classe politique italienne se divise en deux à présent : celle qui déverse les torrents de boue et celle qui cède pas à pas. Et nos médias sont friands d’un tel désespoir si bien que Berlusconi n’étant plus aux premiers postes, l’Italie est oubliée. Or les Illustres y sont, encore et toujours, légions. Roberto Saviano est l’un d’eux et son dernier livre le confirme de belle manière. Un Illustre qui, quand il parle des déchets de Naples n’hésite pas à faire le procès de tous les dirigeants politiques de la ville de gauche ou de droite. Pour tomber dans le « tous pourris » ? Ce serait tomber dans les bras de la mafia qu’il combat pied à pied en tant que journaliste ! Car pour lui la mafia elle est visible dans cette formule « tous pourris » comme dans celle de « tous coupables ».
Pour la version française de son livre, Saviano nous offre une préface où il nous renvoie à notre myopie nationale face à un phénomène crucial de nos sociétés. Un candidat à la présidence de la république prononcera-t-il le mot mafia ? On parlera des « affaires » comme quand, en Italie, la mafia se cantonnait dans sa version locale. Le poids de cette infamie ne se mesure pas au nombre de morts qu’elle provoque ! Elle se mesure dans ce propos courant : «tous pourris ».


Roberto Saviano existe car il n’est pas seul. Né en 1979 à Naples, journaliste à l’Espresso, à la Repubblica, il a des millions d’Italiens avec lui. J’ai écrit « ordinaire » car en fait il est avec des millions d’Italiens. Il cite ce couple dont le mari après 40 ans de lutte contre une maladie dégénérative, mais qui lui laisse toute sa tête, décide de mourir. Pas en partant se cacher en Suisse, pas en payant un pot-de-vin, pas dans le silence. Il va finir par trouver un médecin qui assume l’acte fatal. Et Saviano tient absolument à mettre la réponse de l’Eglise, car l’Eglise a son mot à dire :
« Concernant la demande d’obsèques ecclésiastiques adressée pour le défunt M. Piergiorgio Welby, le vicariat de Rome précise qu’il n’a pu y accéder car, à la différence des cas de suicide dans lesquels on présume l’absence de conscience et de volonté pleines et entières, la volonté de M. Welby de mettre fin à ses jours était manifeste, ayant été affirmée publiquement et à plusieurs reprises, ce qui est incompatible avec la doctrine catholique. »
 

 

Et Saviano, qui n’est pas plus « bouffeur de curés » que moi, précise que l’Eglise a pu enterrer en grande pompe Franco ou Pinochet mais pas ce modeste citoyen qui a mené un combat pour le droit. « Incompatible avec la doctrine catholique ? » Hypocrisie quand tu nous tiens, car les adaptations de cette doctrine pour les suicidés, les divorcés et autres est bien connue…
Mais voilà, en temps de crise, le peuple se tourne vers les religions et pour faire plaisir à ce peuple là, s’il vous plaît soyez tolérants avec les clergés du monde !

Mais revenons-en au sujet qui fait le cœur de la vie de Roberto, qui lui vaut de vivre dans une caserne, escorté en permanence par cinq carabiniers, le combat contre la mafia. Il nous fait le récit de la mort de Giovanni Falcone, il montre comment, avant la mort physique, il y a eu l’entreprise d’isolement de cet homme, aussi bien par la droite d’abord, que la gauche ensuite, cette descente aux enfers qui fait que le premier attentat raté, « on » a dit qu’il l’avait suscité pour sa propre gloire. Falcone dont la mort a fait un héros mais qui n’aspirait ni à la mort ni au rôle de martyr. Falcone qui souhaitait servir l’Etat de droit. Falcone dont les adversaires réussirent à tromper Leonardo Sciascia qui s’excusa par la suite d’un propos qui a fait croire que pour lui, Falcone, jouait aux héros.

On me dit que mon eucalyptus a gelé, que si le coupe il repoussera par la racine. La racine c’est le peuple d’Italie qui voudrait refaire pousser son pays mais le lierre de la mafia a tué l’arbre et personne n’ose l’abattre pour qu’il renaisse. La démocratie a été vendue dit le dernier chapitre… mais la Révolution de demain la verra de retour. Une Révolution qui devra être à la hauteur des défis d’aujourd’hui, ceux que Saviano pointe si bien… On a même le droit de pleurer en lisant son livre, tout comme on a le droit de chanter !
5 04 2012 Jean-Paul Damaggio
P.S. Télérama n°3244 a donné la parole à Saviano. Ce blog avait fait de même en traduisant l’essentiel d’un de ses articles sur LGV et Mafia.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 12:10

sostiene.jpg


Hier soir, en lisant le journal mexicain La Jornada, j’ai appris le décès du grand Antonio que j’ai beaucoup fréquenté voici dix ans, que j’e n’ai pas oublié ensuite car il m’a tant appris. Pour moi Tabucchi, c’est à jamais Sostiene Pereira, un roman avec lequel j’ai appris l’italien. J’ai lu ensuite plusieurs autres ouvrages comme le très court Les trois derniers jours de Fernando Pessoa un délire mais j’en suis resté à l’histoire fatidique. « je pense que jamais une longue mémoire n’a été aussi nécessaire à l’homme qu’en cette fin de millénaire… ». Qui peut imaginer un grand débat entre Tabucchi et Montalban ? Dans la dérive droitière de son cher pays, Tabucchi est resté debout du moins à lire quelques-uns de ces derniers articles car l’histoire va parfois si vite…
Tabucchi est mort à Lisbonne d’un cancer à l’âge de 68 ans. Lui qui était la langue italienne faite homme, il observait le monde de ce point éloigné qu’est Lisbonne le lien de son amour, comme Vargas Llosa le fait de Londres. Eloigné car le Portugal c’est l’Atlantique quand l’Italie c’est la Méditerranée.
Tabucchi avait la plume romancière mais aussi journalistique. Pourquoi n’ai-je pas à ce jour vu le film réalisé à partir de Sostiene Pereira ? Car Tabucchi comme tant d’autres écrivains italiens c’est d’abord le cinéma. La télé va-t-elle lui rendre hommage par la projection d’un des films issus de ses romans ? Oui, je rêve, un hommage à Tabucchi en France… Peut-être à Lisbonne. Il a commencé sa vie littéraire en racontant à ses jeune copains le film qu’ils venaient de voir, tout en jouant au billard. Raconter un film n’est-ce pas un bel exercice ?
Et tout commence par La dolce vita… Et Antonioni lui donnera le désir définitif d’écrire.

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 15:45

L’Italie de Monti

 

Il est arrivé le grand expert, et la moindre des curiosités, c’était de savoir quelles nouveautés savantes il pouvait apporter à la politique car après tout puisque presque partout en Europe nous sommes dans la même galère, ça pourrait nous servir.

J’étais en septembre en Italie (voir article) et je savais que les jours de Berlusconi étaient comptés car ses amis du patronat et le Vatican en plus ne voulaient plus de ce boulet. Mais quelle perle rare pouvait le remplacer ? Donc ce fut l’expert Monti.

En septembre Berlusconi venait d’augmenter la TVA de 1%. Le grand Monti vient de l’augmenter de 2%. Et en avant la musique... Les fraudeurs vont pouvoir s’en donner à cœur joie.

Berlusconi avait entrepris non pas des réformes des retraites comme le langage convenu parle, mais le massacre des retraites. Monti là aussi double la mise ! Et en avant la musique… Non je ne vais pas vous détailler comment les Italiens né en 1952 se sont levés un matin en découvrant qu’ils vont devoir cotiser cinq ans de plus avant la pause générale. Et quant au développement de l’emploi, il faut être expert pour y voir un bénéfice.

C’est vrai, il y a la politique des grands travaux… Au même moment en Espagne, le Galicien Rajoy, peu adepte des grands travaux en homme de droite qu’il est, a décidé de mettre en veilleuse la LGV galicienne dont il avait assuré la construction, tandis qu’en Italie pour se donner un air de gauche, Monti 40 km de LGV Treviglio-Brescia et le métro à Naples. En fait une paille puisqu’au total c’est 5,2 milliards d’euros…

Il fallait une note joyeuse à cette aventure si classique et tristesse c’est en allant à la pharmacie qu’on la trouvera : les médicaments sur ordonnance mais non remboursés seront aussi dans le secteur de la parapharmacie…

 

Oui mais le mécontentement est minime donc c’est que ça doit être bon…

Vous l’avez compris, on n’a pas changé le produit mais l’emballage, et dans nos sociétés l’emballage, tout de même, c’est l’essentiel. Quand l’expert a parlé que peut répondre le citoyen ? (voir article) Il se fait petit et dit : «merci mon dieu ». Malheureusement le destin de l’emballage est connu, il faut le recycler et avec les experts c’est génial car il y a toujours un expert pour remplacer l’autre. Le mécontentement est minime ou minimalisé ? Si les manifestants s’étaient appelés « indignés » ils auraient eu droit à des heures de télé mais voilà ils sont seulement syndicalisés et c’est d’un ringard à faire mourir de rire….

 

Je vais vous avouer tout de même le grand succès de Monti : il a remis en piste La Ligue du Nord, lui qui doit pourtant bien la connaître en venant de Milan. En suivant Berlusconi la Ligue était arrivée à un point de rupture entre ceux qui voulaient continuer cette version douce du féodalisme, et ceux qui rêvaient à haute voix de la Grande Padanie. Aujourd’hui La Ligue du Nord est le grand parti d’opposition… Il y en a d’autres qui disent non, dans le monde politique comme le parti de Ventola et celui de Di Pietro mais si le Parti démocrate ne se bouscule pas pour inciter à la révolte, l’Italie va continuer de conduire le bateau Europe vers les bas-fonds et c’est bien triste pour un pays que j’aime. JPD

P.S. Un article de fond suivra à l’heure nécessaire.

 

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 17:19

Médiapart a donné la parole à Sandro Gozi, un ancien conseiller de Romano Prodi désigné comme un des espoirs du Parti démocratique (PD). Défenseur de la ligne centriste, même s’il est le porte-parole de ce parti il n’en est pas le secrétaire général, Bersani (son nom ne sera pas mentionné), qui se place clairement sur une position à gauche.

Comme chacun sait le gouvernement Monti est présenté comme un gouvernement d’experts comme si les experts étaient au-dessus de la politique. Or il suffit de citer deux noms pour comprendre que ce gouvernement est tout aussi politique que les précédents. D’abord la ministre de la justice imposée par Berlusconi – on se demande pourquoi ce ministère tient à cœur au Cavaliere – Paola Severino. Ses titres de gloire sont clairement au service de Berlusconi, le plus gros étant la façon dont elle aida son employeur à prendre le dessus sur Benedetti dont l’affaire Mondadori. Il avait été envisagé de donner le poste à Livia Pomodoro présidente du Tribunal de Milan.

 

Citons sur l’autre côté, le véto du Parti démocratique à la nomination d’un autre expert : Ornaghi. Ce recteur de l’université catholique de Milan devait devenir le ministre de l’éducation qui comme en France n’est plus, depuis longtemps, un ministère de l’éducation publique. Il occupe seulement le ministère des biens culturels. Le poids du Vatican sur ce gouvernement n’en est pas moindre avec Corrado Passera qui, avec la bénédiction de la Conférence épiscopale, devient le super ministre des activités productives. Le Vatican a pris une large part à la chute de Berlusconi et il récupère les bénéfices.

 

Médiapart  a-t-il posé à Sandro Gozi des questions dérangeantes sur de tels sujets ? Pas le moins du monde. Au contraire nous lisons : « Je ne suis pas trop inquiet, je suis même très optimiste. Ce débat sur la technocratie qui bafoue la politique n'a pas lieu d'être, car il s'agit en fait de permettre le retour de la bonne politique. Car aujourd'hui, qu'est devenue la politique en Italie? Depuis une décennie, il ne s'agissait que d'une confrontation sectaire entre berlusconiens et anti-berlusconiens! Et ce conflit passionné a fait beaucoup de mal au pays, au point de paralyser toute réforme. »

 

Je préfère l’opinion de Paolo Flores d’Arcais : « Berlusconi a démissionné, le gouvernement Monti a pris sa place, mais le post-berlusconisme n’a pas encore commencé. » Pour qu’il commence Flores d’Arcais pose trois conditions : le démantèlement du pouvoir médiatique de Berlusconi, l’affrontement de la crise (de manière sociale) et le rétablissement de la légalité.

A suivre. 23-11-2011 Jean-Paul Damaggio

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:47

En cherchant des notes du festival 2007 je tombe sur ce souvenir que je livre ici au moment où l’Italie change tout pour que rien ne change. JPD

 L’Italie

Ces notes étant écrites de mémoire je commence par la fin qui va nous conduire en Italie.

Jean-Pierre Vincent vit le spectacle à Milan et décida d’en faire une traduction pour le « In » d’Avignon. Sur scène, Gilles David joue un vieil Italien, Vittorio Foa. Il n’a pas l’apparence d’un homme de 91 ans car tout le spectacle est dans le texte : décor minimum, pas de musique (ou si peu), pas de costume, juste un acteur disant un texte.

Vittorio Foa, en 2001, décida de s’interroger sur le silence des communistes. Des spectateurs pensèrent peut-être qu’il fut l’un d’eux or ce n’est pas le cas : il fut membre de l’aile gauche du PS après avoir appartenu au Parti d’Action au lendemain de la Résistance. Mais depuis 1990, Vittorio a rejoint le PDS qui fut le nouveau parti issu du fameux PCI. Il décide de s’adresser à deux communistes historiques pour qu’ils expliquent pourquoi, depuis vingt ans, l’histoire communiste est devenue si silencieuse.

Sa première interlocutrice est Miriam Matai. Je n’avais jamais entendu son nom. Jeune étudiante en 1945 elle s’engagea alors dans le PCI qui devint l’essentiel de sa vie. Les questions tournent autour de « la révolution », de l’URSS, de l’Histoire et du temps présent. Elle admet qu’en 1945 la rhétorique communiste sur « la révolution » était une simple rhétorique. Pour elle, concrètement, la révolution c’était un modeste acquis social qui pouvait naître de luttes populaires. J’ai retenu cet échange : Vittorio disant à Miriam, je ne suis pas d’accord avec toi, l’histoire se fait aussi avec des « si ». Dans la tradition marxiste le rapport entre déterminisme et engagement n’a jamais été clair. Pour Vittorio il n’y a pas de doute : « on aurait pu faire autrement ! ». Et si on avait fait autrement l’histoire n’aurait pas été la même. Pour Miriam qui ne s’en explique pas, on suppose que les hommes faisant l’histoire dans des conditions données, ces conditions déterminent un parcours social inévitable. L’engagement consiste alors à pousser les contradictions du capitalisme jusqu’à ce qu’il explose.

Avec Alfredo Reichlin, plus connu, considéré un temps comme le playboy du PCI, le débat portera surtout sur le présent avec cette obsession du bel Alfredo : la politique se meurt, en conséquence, si le débat sur le passé est plein d’intérêt, il ne résout pas les questions soulevées par la mondialisation, cette mondialisation que Miriam veut seulement civiliser comme les réformistes d’hier civilisèrent les capitalismes nationaux.

En les écoutant, j’ai repensé aux invités manquants de ce débat à trois, et par exemple Pietro Ingrao, Rossana Rossanda (cité en passant) et toute la frange qui est restée communiste. Comment s’interroger sur « le silence des communistes » en oubliant ceux qui tentent de faire vivre l’idéal en question ? Car il sont disqualifiés par avance en tant qu’archaïstes ? Aujourd’hui une nouvelle force politique semble naître en Italie, à la gauche du nouveau parti de centre gauche car après le PCI, il y a eu le PDS puis la DS puis à présent nous aurions le PD (parti démocrate qui fait penser au mouvement démocrate de Bayrou).

Cette observation n’enlève rien aux mérites de ce spectacle courageux car aborder au théâtre les questions directement politiques c’était de toute façon un pari osé et un pari qui a fonctionné côté public, puisqu’il fallut ajouter des séances supplémentaires.

Pendant le séjour, nous avons croisé l’Italie avec la traditionnelle Commedia del arte, un spectacle tout en chansons ce qui pouvait faire regretter que la pièce de Jean-Pierre Vincent ne se termine pas par une chanson. Pour cette année nous avons délaissé Dario Fo présent avec trois spectacles. Mais nous avons retrouvé Goldoni avec Barouffe à Chioggia, une histoire qui pouvait faire apparaître les combats sociaux entre les pêcheurs et les négociants mais qui se changea en grosse farce au sujet d’histoires d’amour. Nous retrouverons les acteurs dans une autre pièce, acteurs qui ont eu le mérite de jouer à 12 sur une scène minuscule.

JP Damaggio

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:11

Révolution de palais à Rome

Avec Reagan est venue l’heure de la révolution… conservatrice. Peu après avec Gorbatchev est venue l’heure de la révolution… dans la révolution. Bilan : avec les années 90 même le PCF avait relégué au magasin d’antiquité toute référence à la révolution, les peuples des pays de l’Est ayant finalement tourné la page du socialisme réellement inexistant.

Chavez est arrivé, armé d’une révolution bolivarienne, et le mot révolution a continué d’être brouillé jusqu’aux mémorables « révolutions arabes » fruit d’un engagement populaire mémorable dans un contexte général où l’heure est aux pires conservatismes.

Avec la Grèce puis l’Italie d’aujourd’hui nous en revenons aux révolutions de palais chères aux régimes d’avant la révolution française, et à tous les régimes autoritaires qui lui ont succédé.

La chute de Berlusconi est bien sûr plus emblématique encore que celle de Papandréou.

Berlusconi lâché par ses amis

Si nous étions dans la logique démocratique, la chute de Berlusconi aurait dû susciter des scènes de liesse dans les rues de Rome. La fin d’un caïman qui a façonné le pays depuis des années, c’est tout de même un choc ! Nous ne le saurons pas en France mais la société italienne continue d’occuper la rue pour manifester comme elle l’a fait tout au long du berlusconisme, des manifestations qui prouvent à contrario que la question du pays n’est plus Berlusconi depuis des mois !

J’étais en Italie fin septembre juste au moment où la TVA augmentait de 1% (de 20 à 21%) en septembre la fin de Berlusconi  et Berlusconi continuait de plastronner en disant qu’il était là jusqu’aux prochaines élections en 2013. Or toute la presse indiquait qu’il avait perdu le soutien de l’église, du patronat, d’une partie de la ligue du nord et que sa chute était seulement conditionnée à un point : qui oserait le remplacer ?

« Bruxelles » s’est chargé de la succession à Athènes comme à Rome car la démocratie est devenue un vieux souvenir de notre vieille Europe. Nous le savions, et nous le vérifions. Or le cas italien est emblématique car de Craxi à Berlusconi en passant par Monti, c’est Milan qui dicte sa loi à Rome, autrement dit c’est l’économique qui commande au politique et nous savons à présent où conduit cette stratégie…

Mario Monti le fonctionnaire

Super Mario, terme en référence à un jeu bien connu, a été étudiant, professeur, recteur et enfin président de l’Université de Milan. Comme la plupart des intellectuels italiens il est un pro-européen convaincu si bien que le non de la France à l’Europe l’a fortement énervé bien qu’à l’époque il ait été contraint d’abandonner son poste à Bruxelles. Il a l’art d’inverser les rôles : il reproche aux gouvernements incapables d’assumer leurs responsabilités, de faire porter le chapeau à l’Europe peu responsable des dysfonctionnements nationaux. « L’Europe c’est le bouc émissaire. »

Voilà l’extraordinaire titre de gloire qu’il retient de son passage pendant dix ans à la commission de Bruxelles où il avait la responsabilité de la concurrence : « J’ai vu des pays comme l’Allemagne qui, après d’exténuante résistance, a dû abandonner un privilège vieux de cent ans, la garantie publique des banques. » ! N’est-ce pas génial dans le contexte actuel ? D’autres retiennent le demi-milliard d’euros d’amende imposé à Bill Gates.

Malgré l’avis favorable de Barroso, il a été remplace en 2004 par Buttiglione et la rumeur a couru que ce fut à la demande de la France et de l’Allemagne. Berlusconi lui a expliqué qu’il s’agissait d’équilibre interne à sa coalition… Bref, voilà donc un homme ni de droite ni de gauche qui va conduire l’Italie en expert…

Et la gauche ?

Pierluigui Bersani (du PD : Parti démocrate) a fait venir à Rome voici deux ou trois jours, François Hollande, pour participer à un immense meeting (avec bien d’autres vedettes internationales). Je doute que nous ayons droit à un juste retour des choses à Paris. Donc, à Paris, les médias donnent l’impression de ne rien connaître de la gauche tellement Berlusconi était une référence facile pour faire vendre du papier. Aujourd’hui à 12 h 30 France Culture se permet d’inviter « une députée européenne verte » qui est obligé tout d’abord de rappeler au journaliste qu’elle n’est plus euro député et que les Verts ne sont plus au parlement italien.

Bersani, comme je l’ai déjà indiqué dans un article suite au référendum de juin 2011 en juin les fourmis font tomber l’éléphant , veut s’orienter vers une coalition surtout tournée vers la gauche et au meeting de Rome il en a fait la claire confirmation. « Non, le premier parti du pays ne sera plus une roue de secours. » dit-il en référence aux alliances centristes précédentes, derrière une autre vedette venue de Bruxelles : Romano Prodi. Ou, aujourd’hui, à celle suscitée par d’autres derrière Casini. Il annonce donc des pas en avant dans la construction d’un projet alternatif avec le parti de Di Pietro et celui de Ventola, deux partis qui s’implantent fortement au sud où le PD disparaît plus ou moins. Aujourd’hui en Italie, tout le monde en est conscient : « Face à l’argent la démocratie est optionnelle. » En conséquence, le départ de Berlusconi pourrait bien être son triomphe !

C’est Nichi Vendola qui le dit le plus clairement : « Si Monti accepte les propositions de l’Europe avec l’appui du PD alors ça ne sera pas seulement la défaite de la gauche mais la défaite de l’Italie. » Il propose trois mesures immédiates : la réduction des dépenses militaires, la taxation des transactions financières, une autre fiscalité sur le patrimoine. Et en même temps des mesures sociales. J’admire sa formule : « la militarisation de la politique » pour cataloguer la classe politique qui se comporte comme un sage petit soldat aux ordres des banques. L’heure est grave. 12-11-2011 Jean-Paul Damaggio

P.S. Depuis l’article j’ai vu à la télé quelques personnes manifestant leur joie mais l’esprit est ailleurs.

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