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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 14:28

livre olympeCe début de texte d’Olympe de Gouges date de 1788. Il montre la lucidité de cette femme sur l’état révolutionnaire du pays, sa vision sentimentale de la politique qui ne doit pas arrêter le lecteur, son engagement clair et net aux côtés du Peuple pour tenter d’apaiser les conflits, un engagement allié à un sens patriotique. Ce début de texte entre dans un cycle de publications d’œuvre d’Olympe de Gouges que les Editions La Brochure vont entreprendre pour poursuivre leur activité féministe.

 

 

Remarques patriotiques

 

Par la Citoyenne, auteur de la lettre au Peuple

 

Ma lettre au Peuple, ou le projet d’une caisse patriotique, a ému les belles âmes. Elle a excité la critique des mauvais Citoyens. Ils osent même dire que le caractère français est éteint, et que l’égoïsme est actuellement l’esprit dominant de la Nation. Ah ! s’il n’a pas brûlé jusqu’à présent pour la Patrie, il peut renaître de sa cendre. La France a peut-être été trop florissante jusqu’à ce siècle ; elle a excité l’envie de toutes les nations, et pour un choc violent qu’elle éprouve, faut-il qu’elle se perdre elle-même ? O France, France ! Relève ton front altier, et n'inspire point à tes voisins le sentiment de la pitié. Que le Peuple, les Parlements et le Roi ne forment quune même famille, et la Nation reprendra bientôt sa première splendeur. Et vous, ennemis de vos frères, de votre Roi et du repos public ; étouffez cet esprit de révolte et de discorde, qui n'entraînerait que votre perte, et la chute de l'Etat. La misère n'a déjà que trop affligé votre Pays ; craignez d'allumer les flambeaux de la guère, et de périr les premiers dans une infâme boucherie. Mes avis ne sont point bizarres ; c’est en employant les matériaux de la vérité, que je prétends démontrer le danger, le bon, et l’utile. C’est une femme, qui ose se montrer si forte, et si courageuse pour son Roi, et pour sa Patrie.

La France est plongée dans la douleur ; le Peuple souffre et le monarque gémit.

Le Parlement demande les Etats-Généraux, et la Nation ne s’entend pas. Ils sont indécis sur la manière de s’assembler. Toutes ces altercations sont des entraves au salut que l’Etat attend de leurs lumières. Le Tiers- Etat avec raison prétend avoir autant de voix que le Clergé et la Noblesse, mais la dignité de ces derniers ne veut point entendre que les organes du Peuple sont des voix aussi salutaires que les siennes à l’administration des Finances, et aux prompts remèdes qu'on doit porter à un mal qui s’empire tous les jours. Il me semble voir un malade dans son lit, à qui il faut une prompte opération. Un habile médecin l'ordonne sur le champ ; mais les parents qui ont souvent des vues contraires à celles du sage Médecin demandent une consultation de ce qu’il y a de mieux dans la Faculté, sur la manière de faire l’opération. L’auguste Assemblée d’Esculape ne s’entend pas. On disserte longtemps ; le mal devient désespéré, ou le malade périt ; et le bon médecin est le Tiers-état. Messieurs les Nobles, sont l’auguste assemblée des Médecins, à qui je représente, avec les droits que mon sexe me donne, de laisser de côté le rang, les titres, et ce vain préjugé de ses dignités idéales, et voler en foule faire l'opération du Royaume, chasser le mal, et introduire le bien.

Voilà sur quelles conséquences il faut discuter. La supériorité doit se taire, et faire place à la raison ; et dans une semblable calamité, Barons, Marquis, Comtes, Ducs, Princes, Evêques, Archevêques, Eminences, tout doit être citoyen ; tous doivent donner l'exemple de cet amour patriotique au reste de la Nation, pour concourir ensembles au bonheur de l’Etat et à la gloire de son Pays.

Le bien est-il donc si difficile à faire ? Oui, sans doute, les Parlements et le Souverain en font la triste expérience ; mais je l’ai déjà dit, que le Roi et les Parlements ne forment qu'un même cœur, et l’âme de la Patrie se signalera. Et pour mieux vous toucher de cette vérité, Puissances supérieures aux peuples, considérez le tableau effrayant que je vais retracer à vos yeux du plus grand nombre des citoyens. Le commerce est écrasé, une quantité incroyable d’ouvriers sont sans état et sans pain, que deviennent-ils ? Pourriez-vous vous en rendre compte sans frémir ? Tout est arrêté, le riche impitoyable cache son argent ; vil instrument de sa cupidité, peut-il prolonger ses jours, peut-il les rendre plus heureux ? Ces trésors dans l’inaction quel bien peuvent-ils faire à personne ? C’est à l’Etat qu’il faut les offrir, et les offrir sans aucun intérêt, tel qu'ils les placent dans leur coffre-fort. Dans la caisse de la nation, ils vous rapporteront un prix au-dessus de leur valeur, vos collatéraux, après vous, s'applaudiront de trouver dans votre fortune de tels recouvrements, vous leur laisserez la gloire et les honneurs qui éterniseront votre mémoire. Si une si belle victoire n’émeut point vos âmes abjectes, craignez le désespoir des malheureux et des révoltés. Vous ne sauriez vous le dissimuler, c’est toujours sur les riches qu’ils portent leurs mains hardies et meurtrières, et souvent dans leurs fureurs ils ne distinguent plus les bons d'avec les méchants.

Dans un Etat de Monarchie, tel que la France, le peuple ne peut être heureux qu’autant que l'Etat n’est point obéré ; la vraie constitution est fondée sur l’amour de son pays et de son Roi : voilà les Francs, voilà leurs véritables vertus. Si elles n'existent plus dans la nation, la nation est perdue, elle sera livrée au pillage des brigands, et peut-être soumise aux puissances ennemies.

C’est donc à vous, grands, sages, bon citoyens à détourner les maux que je redoute pour ma Patrie. Il se peut que mon cœur pénétré ne soit trop alarmé de ses craintes, et que cette crainte m’ait fait voir un danger évident. Ah ! Combien de fois les Etats se sont perdus, faute de prévoir les grands événements ! Ce sont de ces causes célèbres où chacun est intéressé et le parti le plus puissant doit entendre et recevoir avec plaisir les avis du parti le plus faible. C’est sur les intérêts du public et de l’Etat qu’il faut se prononcer ; mais en se prononçant, il faut les unir et les accorder, et si vous les divisez, vous les perdez tous les deux. Je sais que dans un temps heureux les maximes de l’Etat sont différentes de celles du public et que la politique du gouvernement ne permettrait point aucune observation relativement à ses administrations, mais devenu plus humain que politique, plus sage que vain, il écoute et reçoit avec plaisir les avis de chacun, quand ils ne tendent qu’au salut général. Le premier instant des têtes citoyennes produit quelque fois les plus grands revers ; mais leur retour sage et salutaire répare bientôt un instant de fermentation. Tel [C’est ainsi] qu’on voit actuellement les arrêtés des Parlements. Le mal s’est empiré par trop de zèle ; mais ce mal peut se réparer par ce même zèle. Unissez-vous donc, messieurs, et ne perdez point de vue l’impôt volontaire, et quel que faible que soit l’Auteur dans ses rayons de lumières, ils n’en sont pas moins utiles pour le bien de la France. Souvent les moyens les plus simples ont produit de grands effets ; craindrait-on de les employer, parce qu’ils sont faciles ? Craindrait-on de les mettre en exécution, parce que c’est une femme qui les propose ? Craindrait-on d’obscurcir l’éclat de la Couronne, en offrant à son roi un don pur et volontaire, quand il peut, à son gré, créer des impôts ? Y a t il plus à rougir de recevoir de la part de ses sujets un service, que de les forcer la baïonnette au bout du fusil de vous l’accorder ? Il me semble que les impôts sont ainsi exécutés, ou je ne me connais point en matière politique. Il me semble aussi que dans les temps de guerre, différentes villes maritimes ont offert au Roi des vaisseaux qu’il a acceptés sans rougir, et je ne vois pas de différence avec le projet de caisse patriotique pour la dette nationale, ou je n’ai point l’ombre du sens commun. Craindrait-on que cet impôt n’eût point l’effet que j’en promets ? Et quand cela serait, par ce moyen on s’instruirait du véritable caractère français. Cette expérience serait peut-être très utile à l’Etat et à la Nation, et ce moyen facile, sans effets, donnerait sans doute des points de vues pour ceux qui conviennent actuellement.

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 14:25

Félix-Marcel Castan et les contre-capitales

 

Les journées de Larrazet ont décidé cette année de balayer toute l’action de Félix-Marcel Castan. Je ne retiens que  son analyse et son combat contre le centralisme évoqué par Claude Sicre à partir de la notion de « contre-capitales.»

L’idée est la suivante : face à Paris (où à côté de Paris) il s’agit de construire des contre-capitales capables de synthétiser des démarches culturelles originales et authentiques (qui ne seraient pas une sous-traitance de la culture nationale ou internationale). Castan serait l’inventeur de cette stratégie géniale qu’il suffirait de généraliser à la France entière pour enfin la transformer en profondeur. Comme Castan aurait voulu que la démarche du Trait d’Union, journal de Larrazet, se généralise, alors qu’à Larrazet même, elle a changé de nature : si au départ c’était la jeunesse, comme il le souhaitait, qui dirigeait le journal, Félix a ensuite eu du mal à admettre que la Maison des Jeunes devienne Maison de la Culture (vu la difficulté de passer le témoin aux générations suivantes).

Dans les carnets de route (n°5) F-M Castan rappelle ce principe de contre-capitale à partir de cette clef de son système : « Le champ culturel est peut-être le seul champ d’action qui ne soit le prolongement QUE de lui-même ». Il s’agit ici de la création-action culturelle à ne pas confondre avec l’animation culturelle. Les contre-capitales sont donc des lieux capables de ravir à Paris, qui a confisqué la nation française, le rôle de pôle culturel authentique sur la scène du monde. J’ai souhaité intervenir brièvement dans les débats car, tout en mesurant l’importance du combat anti-centraliste, j’ai des doutes sur le prolongement pratique avancé. D’où mes trois observations :

1 ) Des pays avec des contre-capitales authentiques, il n’en manque pas. Le plus connu est l’Italie où par exemple, en ce qui concerne la presse quotidienne, Rome, Milan, Turin publient des quotidiens de portée nationale et internationale. Il n’y a pas comme en France les journaux nationaux venant de Paris et à côté les journaux provinciaux, mais des identités fortes liées à l’histoire. Est-ce que le phénomène contre-capitale a résolu les problèmes culturels de l’Italie ? Le pays n’est pas centraliste mais la culture dominante y est très puissante (je laisse d’autres le soin d’analyser cette culture dominante).

2 ) Claude Sicre, grand admirateur des USA, pourrait-il établir un pont entre la stratégie des capitales version USA (qui fait que New York est capitale de rien aux USA) et la version Castan qu’il défend avec ardeur ? New York se veut en fait la capitale du monde !

3 ) Pourquoi, en se changeant en capitales multiples, la capitale unique qui désertifie le pays, ne répercuterait pas le problème dans les régions? D’autant que dans notre région, Toulouse est déjà un facteur grave de désertification, et culturellement de mépris envers les villes environnantes !

 

Pour toute réponse j’ai retenu que les cas étrangers n’ont rien à voir, que pour les USA il suffit d’y aller pour changer de point de vue à l’égard de ce pays, et qu’en faisant échouer les expériences toulousaines comme le Marathon des mots, tout ira mieux ! Or, j’entends les mêmes dire que, quand par Marseille capitale européenne de la culture, le Massilia Sound System peut récupérer de l’argent des « centres » les plus divers, c’est une bonne chose ; mais que quand Toulouse reçoit de l’argent des différents « centres » pour le Marathon des mots, c’est Paris qui descend à Toulouse et il est regrettable que des Occitanistes par exemple, aillent cautionner le système en demandant des aides financières ! Pour le moment, au Marathon des mots, je suis allé écouter l’an dernier des écrivains algériens, et l’année avant des écrivains latino-américains qui n’étaient pas la parole de la culture parisienne ! C’est le moins qu’on puisse dire !

Mais, va-t-on me répondre, le problème c’est que cette initiative détruit les initiatives locales vu l’argent englouti ! J’entends l’argument mais les sommes colossales pour Marseille capitale européenne de la culture n’ont pas en principe le même but, le même effet ?

 

Dans un monde où se développe le féodalisme, je maintiens que la notion de contre-capitale ne règle rien pour combattre le centralisme. Pas plus d’ailleurs que la notion de réseau, le plus grand des réseaux du nom d’internet n’ayant pour vocation essentielle que de renforcer les pouvoirs des centres (ça nécessiterait un article en soi). Quelqu’un a parlé de « démocratie culturelle » une notion qui a été incapable elle aussi de résoudre le problème. Alors que proposer ? Sortir des affirmations péremptoires, en revenir au réel sans chercher à le faire entrer de force dans une théorie établie (l’autonomie de la création culturelle), et faire chacun ce qu’il peut, là où il peut. A ce titre, l’existence atypique des Editions La Brochure que j’anime, comme d’autres actions, doit beaucoup au combat de Félix-Marcel Castan. A une différence prêt : à tirer les leçons de cette expérience, nous n’aurons pas l’occasion de nous plaindre des subventions non reçues. 15-11-2008 Jean-Paul Damaggio

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 10:26

Vous pouvez demander aux Editions La Brochure 82210 Angeville pour le prix de 5 euros port compris la brochure de 70 pages : Marketing politique : de Kennedy à Obama



Victoire d’Obama, victoire de Piolin ?

 

 

Los Angeles, 11 février 2008, des centaines de milliers de latinos ont l’oreille collée à leur poste radio. Oui, j’ai bien dit à leur poste radio. Leur émission préférée, le show matinal de Piolin sur la radio Qué Buena, va commencer.

En Californie nous sommes face à la Chine, nous sommes au bord de la mer du XXIème siècle, celle qui dans les stratégies mondiales supplante l’Atlantique et donc l’Europe. Ted Margadant prof d’histoire à l’université de San Francisco le sait : pour son départ à la retraite sa spécialisation en histoire de France sera remplacée par une spécialisation en histoire de la Chine.

A Los Angeles, le maire est un latino qui soutient Hilary Clinton mais l’émission radio a aujourd’hui comme invité Barak Obama. Rien à voir avec les trois débats-spectacles à la télé qui joueront un grand rôle si Obama devient candidat démocrate, mais dans cette technologie désuète, tout est réglé d’avance. Ici, devant les micros de la radio, pas question de répondre à côté, pas question de vendre des salades ou de faire semblant. Et l’enjeu est immense : cette émission radio a réussi en 2006 à mettre un million des personnes dans les rues de Los Angeles, un million qui se multiplièrent jusqu’à dix à travers les villes du pays, pour provoquer une journée de grève générale (il m’arriva de conter cette histoire sur La Sociale). La revendication ? La légalisation de dix millions d’illégaux ! Bush avait promis, Bush essaya de tenir sa promesse mais une coalition de démocrates et républicains conservateurs la bloqua au Congrès.

Que peut dire Obama au peuple latino ? L’enjeu est immense car les maîtres du monde savent depuis longtemps diviser pour régner, or, les latinos, installés sur les barreaux de l’échelle sociale, se trouvent juste en-dessous des noirs, de quoi allumer facilement la guerre des minorités. Mais Obama vient de Chicago, ville où dès 1983, une union entre latinos et noirs a permis l’élection du maire noir Harold Washington (dans son cabinet d’avocat débuta Obama), ville où la même radio a une émission équivalente à celle de Piolin, il s’agit de celle d’El Pistolero, ville où cette union des pauvres ne s’est jamais démentie.

Dans l’histoire politique d’Obama tout commence par Chicago voilà pourquoi il fut un des deux sénateurs à avoir participé aux grandes marches des latinos du 1er mai 2006 (l’autre c’est Ted Kennedy qui marcha à Washington). Dès cette époque, il savait que là se jouait l’histoire de l’élection présidentielle. Et lui, Obama, pouvait établir une solidarité solide entre latinos et noirs afin d’assurer un meilleur sort à tous les pauvres. Ted Kennedy, sur la même radio, lui apporta dès janvier 2008 un soutien clair et argumenté (un morceau d’anthologie que je traduirais un jour pour un coup de chapeau au dernier des Kennedy).

Ceux qui écoutent la radio de Los Angeles ne sont pas seulement des spectateurs de la vie (comme ceux qui se collent à l’écran télé), ils sont des messagers, des acteurs, des créateurs d’événements. L’émission commence à quatre heures du matin pour les femmes de ménage qui prennent leurs balais dans les bureaux, pour les fatigués des fast-foods, pour les camionneurs etc. Piolin c’est Eddie Sotelo un ancien latino clandestin auquel des millions de latinos s’identifient. Pour boucler la boucle et se préparer activement à la campagne électorale, il a obtenu cette année (le 23 avril) sa nationalité US en même temps que 18 000 personnes rassemblées dans un stade de Los Angeles pour la cérémonie habituelle (je comprends pourquoi des préfets en France souhaitent créer des cérémonies pour la remise des papiers aux nouveaux Français !).

Il suffit que les auditeurs de Piolon en soient convaincus et ils passent à l’action. Obama a des atouts pour les convaincre.

Il connaît parfaitement l’histoire des dix dernières années qui furent marquées en 1996 par une triste loi de Bill Clinton. Les latinos favorables à Hilary eurent du mal à cause de la dite loi IIRIRA, une loi d’immigration qui, au départ, sembla anodine, puis qui se transforma en guillotine. Les Etats furent autorisés à légiférer en matière d’immigration et petit à petit les sans-papiers comprirent le prix des papiers. Aux USA, il n’existait pas de religion de la carte d’identité, le permis de conduire pouvant servir à cette fin. Mais avec les nouvelles lois, on demanda leurs papiers aux jeunes voulant s’inscrire dans les universités publiques, on demanda les papiers pour passer le permis etc. Pas à pas, des portes se fermaient si bien que les latinos prirent pour argent comptant la promesse de légalisation venue de Bush en l’an 2000. Ce Texan ne pouvait qu’être attentif à un problème touchant largement la population de son Etat !

Les années ont passé, les problèmes se sont aggravés, et c’est seulement depuis les immenses manifestations de mars-mai 2006 que des hommes politiques ont proposé des lois favorables aux sans-papiers, sans pouvoir les faire voter. A chaque fois, Obama fut du côté des sans papiers. Il se trouve d’ailleurs que les projets de lois furent proposés par des élus de l’Illinois. Après le refus de la légalisation des dix millions d’illégaux, il fallait de toute façon se pencher sur les lourdes conditions matérielles permettant d’accéder à la naturalisation afin de la simplifier et de la faciliter. Même cette modeste réforme (HR 1379) fut repoussée. Un autre projet visait à permettre aux jeunes exclus de l’Université, par manque de papiers, de pouvoir y entrer, en leur accordant un visa de résidence provisoire. Obama défendit la loi mais sans pouvoir obtenir une majorité.

En ce jour de février, les milliers de personnes collées à leur radio ont été enthousiasmées et en redemandèrent. Michelle Obama aura droit ensuite à un passage à l’antenne. Peut-être que la double victoire d’Obama (sur Hilary et sur Mc Cain) se joua en cette occasion. Même l’équipe d’Obama fut surprise par l’effet Piolin. En son temps, Ted Kennedy fut lui aussi surpris : il accepta de chanter dans l’émission et aussitôt après, ses maigres talents de chanteur firent le tour des médias !

Obama craignait la rencontre avec les latinos de Floride qui appartiennent à un autre type d’immigration que celui de Los Angeles et Chicago. Mais la jeunesse hispanique de cet Etat releva la tête et put marginaliser les habitués de l’extrémisme anti-castrisme ! Obama fut ovationné quand il déclara qu’il fallait changer radicalement les rapports avec Cuba. A durcir le ton contre Castro et Cuba, les anti-castristes n’ont fait que donner des armes aux durs du régime castriste et de Cuba. Il faut sortir de l’ère des conflits. A partir de la plaque tournante latino-américaine qu’est Miami, les USA peuvent-ils inverser leurs rapports avec toute l’Amérique latine ? Si un assassinat sérieux d’Obama se mijote, il prendra sa source chez les extrémistes de Floride.

Mais Obama pourra-t-il légaliser dix millions de sans papiers au moment où le pays entre en récession ? Le plus souvent, il s’agit de sans papiers qui travaillent, qui vivent et s’activent depuis longtemps dans le pays. Il s’agit en fait d’une simple clarification.

 

Est-ce que je viens de démontrer que la victoire d’Obama symbolise un tournant dans l’histoire des Amériques ? Bien sûr qu’il s’agit d’un tournant, mais loin de moi l’idée d’en déduire qu’il s’agit d’un tournant alternatif au capitalisme. Au contraire, c’est la preuve que le capitalisme a et aura encore pour longtemps de la ressource. Le Parti démocrate va pouvoir entrer à l’Internationale socialiste (il y a seulement un rôle d’observateur). Obama va pouvoir reprendre des discussions perdues avec Gorbatchev, un socialisme de marché va pouvoir s’habiller de rose, quelques pauvres risquent de devenir moins pauvres mais dans le fond, par ce sang neuf, les problèmes seront seulement déplacés. Je ne vois là aucun retour de Keynes car plutôt que de donner des droits on va donner des aides pour que le clientélisme, qui a fait le bonheur de Lula, fasse « le bonheur » aux USA. Les pauvres seront encore sans travail mais avec un peu moins de faim au ventre. Le seul domaine du droit sur lequel il faudra surveiller Obama, c’est celui du droit à une sécurité sociale. Quant au droit à la retraite, pour le moment seule Cristina Kirchner a osé l’infamie : nationaliser les fonds de pension. Le socialiste espagnol Zapatero s’égosille pour arrêter ce mauvais exemple (des banques de son pays y perdent beaucoup). En conséquence, en matière d’alternative, par « ce socialisme » on reste très loin du compte, et il faudra sans doute que Piolin revienne à la charge pour qu’avance la république sociale. Barack Obama lui a promis, s’il est élu, de revenir répondre aux questions des auditeurs et aux siennes au moment de la préparation de la loi de légalisation qui devra intervenir avant la fin de l’année 2009. Le président des USA au Show matinal de Piolin ce serait la consécration ! Mais comme Barack Obama lui a aussi proposé de l’embaucher dans son cabinet, que fera Piolin ?

Que feront surtout les millions de personnes à qui Obama a déclaré pendant l’émission : « Si nous voulons des changements il faudra organiser la pression sur le gouvernement et le Congrès comme Martin Luther King Jr. avec les immenses manifestations de son temps. » Obama lui même a tenu à le confirmer, le changement ne viendra pas des politiques mais des manifestations dans les rues. A suivre.

5-11-2008 Jean-Paul Damaggio

 

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:23

Moissac fête Slimane Azem

 « Qui veut aujourd’hui avoir un nom

doit d’abord se taire

et cela je ne saurais m’y résigner »

Slimane Azem (poème 58)


(sur la photo Salah Amokrane pilier de l'organisation de l'hommage) 

 






Parmi les festivités qui se déroulent à Moissac, lieu où vécut le chanteur kabyle Slimane Azem, de 1963 à son décès en 1983, voici un compte-rendu d’un débat animé par Salah Amokrane du Tactikollectif. Beaucoup de témoignages, beaucoup d’émotions et quelques rappels.

Naïma Yahi, jeune historienne, a eu la lourde charge de lancer des interventions qui surent aller à l’essentiel tout en restant brèves. En tant que chercheuse autour du patrimoine culturel de l’immigration et en particulier celle de Kabylie, elle a eu l’occasion de croiser l’œuvre du chanteur. Elle va donner les repères essentiels de sa vie (voir textes déjà publiés sur ce site) et retenir surtout que cette œuvre du poète « participe à l’histoire générale des idées ».

 

Un Algérien a fait le voyage et c’est aussi très important vu l’histoire mouvementée entre Slimane et son pays. Il s’agit d’un journaliste, directeur du festival algérien de musique Chââbi, Abdelkader Bendameche. Il veut livrer un modeste témoignage qui fait référence à l’époque où, chanteur, il reprit plusieurs chansons de Slimane sans comprendre les paroles et pour un public qui ne comprenait pas les paroles. C’est dire la force des mélodies. Il reconnaît que cet artiste était un grand communicateur doué pour la création, qui mérite par son usage de l’allégorie et de la fable toute notre reconnaissance. Il aurait 90 ans aujourd’hui et il est temps de lui rendre l’hommage mérité.

M. Bendameche aura ensuite à répondre à la question de la place de Slimane dans l’officialité algérienne. C’est vrai, il n’y avait pas de personnalité officielle de son pays pour l’hommage, lui étant là, bien que cadre supérieur de l’Etat, à titre personnel, mais comment ne pas remarquer qu’à la date du Premier Novembre il est en principe difficile, en particulier au maire du village natal de Slimane de se déplacer ? Il suffit de regarder en ce moment la télé algérienne pour se souvenir que c’est l’heure des commémorations du début de la révolution algérienne (1er novembre 1954).

Il est incontestable, même s’il y a quelques évolutions positives, que le statut de la langue et culture kabyle, comme en ont témoigné deux personnes, reste fragile en Algérie.

 

Le journaliste Rabah Mezouane ouvrira la longue liste des témoignages directs, lui qui est arrivé en 1976 en France. Natif de Tizi-Ouzou il se souvient d’abord combien, le quart d’heure kabyle de l’émission Radio-Paris, était attendu autour de lui dans sa jeunesse, et dans ce quart d’heure, l’idole incontestée, c’était Slimane Azem. Il en explique la raison par le fait qu’il était le chanteur qu’on pouvait écouter en famille (d’autres pour cause de décence n’avaient pas un public si large). Ce point est en effet très important dans l’approche d’un répertoire que Slimane veut à la fois populaire et artistique. Et qu’est-ce que le populaire ? L’oral, la fable et le quotidien. Slimane par une mémoire précise et un génie propre sait puiser dans la littérature orale propre aux langues tenues à l’écart de l’officialité. Il rejoint donc aussitôt la fable et Rabah ajoutera ce trait important : « on l’écoutait comme on lit un journal ». Slimane était en France, Rabah était en Algérie mais les chansons parlaient exactement de la vie au pays comme il parlait de la vie de l’immigré. De plus, il s’agissait, par une lecture au second degré, de trouver la trace du chanteur engagé. Dans La grenouille c’était Ben Bella.

Dernière note que Rabah rapporte du contact direct avec Slimane : « c’est un homme qui a beaucoup souffert ». En tant que musicien il note la modernité de ses compositions et de ses sons avec parfois des airs tziganes.

 

Mouss, pour le groupe Origines contrôlées, rappellera son témoignage donné déjà à Garganvillar (voir autre texte sur ce site) sur la fonction du poète dans sa famille. « On en a mangé grave, dit-il, et on ne comprenait pas les mots » mais il se souvient que par la voix de Slimane, son père ouvrier exilé pouvait prendre la parole et c’est toute la fonction qu’il attribue à son art : « aider les gens à vivre donc aider les gens à avancer ». Son père était dans la salle et finalement Mouss aura dit exactement ce que va indiquer, en une phrase, le frère de Slimane : « Je remercie tout le monde réuni ici pour honorer la mémoire de mon frère ». Oui, il s’agissait de reconstruction d’une mémoire qui fait actualité.

 

Un natif du village natal de Slimane rappellera par la référence à la langue berbère, l’amazigh, toute la place de cette langue dans l’œuvre de Slimane, la place de la femme et des valeurs véhiculées comme l’ouverture, la tolérance et la fierté. Il sait qu’avec la salle il sera possible de partager des trésors de témoignages. Lui en cite deux : monter un piège pour attraper les oiseaux en kabylie, et les longues discussions en France pour qu’il rapporte à Slimane des nouvelles du pays.

 

Le public très nombreux aura largement la parole et en particulier la famille. Mais je reste sur ma faim quant à la question relancée par Naïma Yahi : quel Moissagais il était ? Le maire, Jean-Paul Nunzi interviendra sans rien apporter sur ce point, se félicitant simplement du succès de la journée et de l’apport qu’elle peut représenter en tant que passerelle entre « la communauté marocaine » présente dans la ville et les autres Moissagais. J’ai mis des guillemets au terme de communauté marocaine employé par le maire car le fait d’être marocain n’implique en rien une communauté et par ailleurs la distance est grande entre Tizi-Ouzou et Rabat, même si le Berbère va des uns aux autres.

Une expo de quelques documents prêtés par la famille et installée dans la bibliothèque apportera quelques éléments avec des photos par exemple.

 

La question de l’inspiration de Slimane a été très bien débattu avec ses trois étages : l’enfant paysan qui observe et aime la nature, le petite écolier qui a connu La Fontaine, et La Fontaine qui n’a rien fait d’autre que de reprendre Esope pour apporter son génie propre au fabuliste grec. Avec toujours en toile de fond un point évoqué au départ : l’oralité, question que l’on retrouve dans les variantes propres à plusieurs œuvres du poète.

 

Une idée de jumelage entre Moissac et Agouni Gueghrane, l’incroyable village natal par sa position au sommet d’une montagne, a été proposée car comme l’indiqua en conclusion Salah, il ne s’agira pas d’en rester à ce week-end d’hommage mais il faudra continuer.

 

Puis une nièce de Slimane, Malika, présenta un écrit de son fils David (si j’ai bien compris) qui avait 10 ans au moment du décès de l’oncle Slimane et qui a su rendre, en un beau texte poétique, toute la vie du chanteur. La poésie est encore vivante.

1-11-2008 Jean-Paul Damaggio

P.S. Après les débats les conversations sont allées bon train. Trois dames discutaient dans un coin. « Et l’épouse de Slimane, personne n’en parle, est-elle décédée ? » demande l’une. « Oui », répond l’autre. Je me mêle alors à la conversation : « Sur la tombe, le nom de sa femme s’y trouve, mais pas la date du décès. Est-elle décédée à Moissac ? » « Oui » me confirme la dame.

 

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:20

« Dans mon rêve j’ai vu les morts

Et les ai trouvé vivants

Je les questionnai sur leur sort

Et compris toute leur colère

Ils pleuraient les vivants

Qui aux yeux des gens sont morts »

Slimane Azem

 (sur la photo le frère de Slimane et sa fille)

 La journée du dimanche 2 novembre s’est déroulée en deux temps. Un premier temps autour de la tombe du chanteur au cimetière de la ville et un deuxième temps dans un jardin à côté de la voie ferrée où une œuvre artistique a été dévoilée ainsi que la plaque portant le nom de Slimane Azem.

Etrange : en ce jour de la fête des morts propre à la religion catholique, à Moissac, c’est la tombe d’un homme qui faisait référence au Coran ou aux saints de son village qui rassemble le plus de monde autour de sa tombe. Pourquoi ? Parce que le Slimane Azem vivant a su écouter les morts, comme des vivants d’aujourd’hui pensent à lui, étant mort. Le respect des aïeux était une des pierres angulaires de sa poésie et la strophe qui introduit cet article s’adresse aux jeunes qui, en méprisant les anciens, sont aux yeux des gens déjà morts.

Comme pour la religion, le respect ne signifie pas chez Slimane la simple soumission. En tant que chanteur, il saura être à la fois de son temps, des temps passés et de ceux du futur. Honorer les morts ce n’est pas les répéter, ce n’est pas davantage les oublier.

La foule des 300 personnes présentes témoignait par sa diversité, du passage de témoin qui s’est produit et se produit, tout comme dans le concert de la veille, la dimension festive d’Origines Contrôlées s’allia avec l’art plus paisible d’Idir pour que chacun se sente dans la fête.

Le frère de Slimane eut juste ces paroles que j’espère avoir bien entendu : « Les vivants sont morts, les morts sont vivants, éternellement ».

 La foule s’est ensuite déplacée en ville pour plus de discours mais toujours autant d’émotions, appuyées par des chants berbères chantés par une partie de l’assistance.

Le maire, Jean-Paul Nunzi, rappela la bonté, la générosité propre à l’artiste Slimane, il rappela les traits de son visage faits à la fois de douceur et de douleur. En rendant hommage en ce lieu – un hommage inespéré pour certains – il rappela Candide et son jardin. Après tant de souffrances il reste à cultiver son jardin non comme le lieu d’un repli mais au contraire comme le lieu d’espoir, espoir de futures récoltes toujours possibles.

 Le frère de Slimane et sa fille Malika (sur la photo) apporteront aussi leur lot d’émotions à cette cérémonie qu’une fine pluie ne pouvait ternir. Quelques vers du poète ont résonné comme celui qui, à présent, se trouve sur l’œuvre définitive présente sur la place et qu’il vous reste à découvrir.

Un passage d’une chanson de Slimane sera lu en amazigh, en occitan et en français. André Calvet, occitaniste bien connu qui, dans un dictionnaire des noms de rues de Moissac, avait manifesté, voici un an, avec son ami René Pautal, le souhait de voir le nom de Slimane sur les murs de la ville, apporta cette touche à la cérémonie. Auteur de la traduction en occitan (avec Norbert Sabatié), et que vous trouverez sur ce site, il permit concrètement ce croisement des langues avant que ne reprennent les multiples discussions, les multiples retrouvailles d’une famille en devenir, celle des peuples construisant leurs destins.

2-11-2008 Jean-Paul Damaggio

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:18

Luttes en Tarn-et-Garonne : Le service public de la poste

 

 

Depuis plusieurs mois se développe en Tarn-et-Garonne un mouvement important et populaire de défense de la Poste que je trouve réjouissant. Pour en apprécier le contenu, comme toujours il me paraît indispensable de faire un peu d’histoire.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que La Poste développe les agences postales en accord avec les mairies car ce n’est pas d’aujourd’hui que le travail de privatisation se prépare.

Il a fallu d’abord séparer le téléphone de la poste et c’est le gouvernement Jospin qui s’y est employé jusqu’à entamer le processus de privatisation de France-Telecom. Nous savons à présent les résultats avec les zones blanches en matière d’internet. Les zones blanches ce sont celles où les opérateurs et France Télécom se refusent à intervenir pour adapter les réseaux aux nouvelles technologies. En Tarn-et-Garonne, il y a aussi des réunions sur ces questions car le mécontentement est grand. Le Conseil Régional a fondé une société d’économie mixte Terra, pour combler les vides et, qu’elle n’a pas été ma surprise dans une des réunions, en apprenant qu’il s’agissait d’une entreprise de service public ! En effet Terra ne veut laisser personne sur la route, veut s’adapter aux besoins réels des personnes et non demander aux personnes de s’adapter aux règles des opérateurs et travaille avec les élus. Mais peut-on appeler service public une entreprise qui comble les trous laissés par les multinationales ? En faisant observer que ce sont les mêmes élus qui ont privatisé France Telecom et qui, aujourd’hui, aident Terra, il m’a été répondu qu’au niveau national il fallait appliquer les directives européennes. Bonne réponse ! Donc au niveau national il faut des marchés ouverts à la concurrence mais régionalement, Terra étant la seule entreprise capable de fournir le haut-débit à 40 euros par mois sans la téléphonie illimitée, il est possible de fournir un service sans concurrence ! Il faut cesser d’invoquer la concurrence quand trois ou quatre multinationales se partagent mondialement un marché. La question est toujours la même : à l’Etat les services jugés non rentables et aux multinationales les autres services. Aux cliniques les services rentables et à l’hôpital ce qui l’est moins. Etc. J’en appelle à la naissance d’un service public d’internet.

Mais comment définir le rentable ?

C’est là que j’en reviens à La Poste.

Jusqu’à présent, les directions de La Poste avaient procédé pas à pas mais cette fois, sous la pression d’une hiérarchie soumise à la culture du résultat, elles ont pensé pouvoir frapper un grand coup avec 29 Postes visées dans le département. La colère a pu se fédérer, a pu s’amplifier, les élus, du fait de cette pression, ont dû se mobiliser et la réflexion globale a été engagée.

La rentabilité c’est faire du nombre. Tout acte est mis en équation et l’équation dit la réponse : il faut réduire les horaires, il faut allonger les tournées, il faut abandonner le poste de receveur etc.

La Poste ne fonctionne déjà plus comme un service public, pas seulement par le nombre important de travailleurs précaires, pas seulement par la perte d’une grande partie du marché des colis, mais par ses règles les plus cruciales.

Castelsarrasin ferme le lundi matin mais pas Moissac car à Moissac il y a plus d’actes qu’à Castelsarrasin disent les autorités. C’est vrai, le lundi matin était mon jour préféré car c’était calme, mais le reste du temps c’est souvent trente minutes d’attente y compris quand les quatre guichets sont ouverts.

Pour la Banque Postale, que dire de ce monsieur qui vient dans son petit bureau de poste un lundi à 16 h pour retirer 500 euros et à qui l’employée répond : « Mais il faut s’y prendre à l’avance. Je ne peux vous les donner que dans trois jours ! »

Oui, les personnes âgées sont plus lentes, oui la vie n’est pas que du nombre !

Faut-il en conséquence abandonner tout principe de rentabilité ? Pas du tout, la défense du service public c’est aussi tenir compte des réalités, des évolutions, des investissements etc. Voilà pourquoi de mon point de vue, ils sont à réinventés dans la transparence. Non les intérêts des usagers et ceux des employés ne sont pas toujours identiques (pensez à une ouverture le samedi après-midi par exemple), non tout bureau de Poste n’a pas la même légitimité, mais toute politique sérieuse ne peut se construire qu’avec des outils plus sérieux que ceux mis en place ces dernières années.

 

Et les élus ? Prenons l’exemple du conseiller général de Molières. Il lui arriva par le passé de signer de bon cœur un partenariat avec La Poste. Il se félicita en long en large et en travers dans la presse locale. Aujourd’hui il découvre que ça va pas. C’est une prise de conscience utile à condition de bien expliquer comment il a pu être induit en erreur, pour que la même manœuvre de la direction de La Poste ne se reproduise pas. Si le mouvement a pris de l’ampleur c’est souvent parce que des personnes qui ont vécu avec confiance l’installation de leur agence postale ont découvert ensuite tous les services perdus et peuvent donc l’expliquer concrètement aujourd’hui.

Tout en conduisant la lutte défensive il me paraît important de construire des outils capables de rendre la Poste à sa vocation nationale. Quand une lettre met quatre jours pour aller d’un point à l’autre du Tarn-et-Garonne c’est bien la preuve que le système ne peut plus continuer de la même façon.

1-11-2008 Jean-Paul Damaggio

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:16

Une soirée au Bar In Vivo à Montréal

   

BON DE COMMANDE Editions La Brochure

 

Trois amis se sont étonnés, en découvrant sur Train de nuit, le site internet de Jacques Desmarais, des photos où on y découvre le passage des Editions La Brochure à Montréal. Etonnement justifié car il s’agissait d’une aventure peu commune. Nos éditions ne sont pas spécialisées dans la poésie (ni en rien d’ailleurs) en conséquence éditer un auteur québécois c’était comme un rêve. Or l’œuvre de Gaston Miron, poète québécois est une des quatre références essentielles de La Brochure, pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer pour le moment. Je préfère mentionner une coïncidence. Un poète montalbanais Olivier Demazet va présenter à Montauban Vénus Houry-Ghata le 18 février… une personne que nous avons eu la chance d’écouter à Montréal ! Avec l’écriture, les frontières s’effondrent surtout quand on a une même langue en partage.

Mais éditer le livre était une chose, le présenter dans le cadre d’une belle fête en était une autre. Un jeudi, de 17 à 19 h, rassembler autour d’un tronc d’arbre, artistes, amis et curieux, c’était un tour de force dont tout le mérite revient à Jacques. Chacun a ses impératifs dans la vie, mais tous les invités trouvèrent le moyen de les déplacer pour ce détour par le Bar culturel engagé In Vivo situé dans la partie ouvrière de la célèbre rue Sainte Catherine http://www.bistroinvivo.coop/.

A 17 h 30, tout commença sous les bons hospices de Marc-André Delorme (il traduisit en portugais un poème). Beaucoup ne pouvaient arriver qu’après les heures de travail (et en particulier de nombreux collègues de Jacques) d’où ce retard. Mais tout s’enchaîna ensuite à merveille.

A écouter les lectures de poèmes, je prétends qu’en France nous avons un peu perdu l’habitude de cette activité. Je rends hommage à Montauriol Poésie qui, à Montauban, contribue à de telles lectures (nous avons aussi le printemps des poètes) mais je n’ai jamais trouvé la même diversité de ton. De Michel Vincent qui tape du pied sur la scène, à Nina louVe qui d’un geste fait taire les bavards pour les captiver, de Jacques qui mâche chaque mot, à la pause musicale avec Yves Boisseau, j’ai découvert des poèmes comme si je ne les avais jamais lu ! Je suis même allé ensuite vérifier dans le livre pour m’assurer qu’ils y étaient. Or la poésie de Jacques n’est pas facile même s’il la présente comme des poèmes-récits. Entre les lignes il manque des épisodes laissés à l’imagination du lecteur. Chaque vers devient alors plus symbolique. Sa fille remarquait qu’à les entendre, des mots devenant plus forts, pouvaient heurter des sensibilités qui à la simple lecture auraient pris l’histoire autrement.

 

Et le final ? Chacun sait qu’un vrai spectacle se mesure à l’attention portée sur le final. Leonard Cohen fut l’invité indirect avec une traduction en français d’une chanson de ce Montréalais des Etats. Une poésie chantée par une femme grattant sa guitare. Parmi les références des Editions La Brochure j’avais mentionné bien sûr la féministe Flora Tristan et aussitôt cette chanteuse me demanda des références, car elle avait fait des études de féminisme, et le nom lui disait quelque chose mais sans plus. J’espère qu’au festival Alors Chante où nous avons régulièrement la possibilité de croiser des Québécois, nous y entendrons un jour Eve Cournoyer. Paolo Duchesneau n’a pas pu apporter tout son talent car il fallait impérativement clore à 19h pour laisser la place à un groupe de jazz et Jacques lui-même avait imaginé plusieurs autres interventions (des occurrences aux cannibales par exemple) mais globalement le public fut très heureux de ce voyage dans les mots. Je retiens ici ce passage de Tirania un poème-recit qui raconte le coup d’Etat de Pinochet à travers l’histoire de Carmen Gloria Quintana :

« Mais répète encore

Carmen Gloria :

Pourquoi c’est vrai ?

Comment c’est fou ?

la manivelle du coup

les torchons de la magouille

les milices

la peur

les bûcheurs de jeunes

l’essorillement des gorilles

les autodafés

les crevasses dans la tête

les insomnies

le fuckaillage

dans les syndicats en escalope »

 

Sincèrement, la poésie n’est pas au repos. Jean-Paul Damaggio

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 11:09

Le Québec et Sarkozy

 

J’étais au Québec au moment du passage rapide qu’y fit le président de la république française. Le journal La Presse proposa à cette occasion, le 17 octobre, un grand entretien avec Nicolas Sarkozy. Les Québécois n’en furent pas surpris : Paul Desmarais, le propriétaire du journal, est un des proches amis de Sarkozy et son conseiller indirect pour les affaires nord-américaines.

Paul Desmarais, né en 1927 avec un frère plus vieux de cinq ans qui fut député de 1979 à 1984, est né en Ontario à Sudbury où il commença sa carrière de grand propriétaire. Depuis 1978 il ne cesse d’allonger la liste de ses titres de gloire jusqu’à la légion d’honneur française. Grand maître de Power Corporation du Canada Ltée, il a tenu à devenir propriétaire de l’essentiel de la presse du Québec dont le titre La Presse. Un quotidien reste cependant indépendant, Le Devoir. Il publiait au même moment un entretien avec un autre Français d’importance, Le Clezio qui séjournait alors à Montréal.

 

Quelles questions pouvaient être posées au Président et pour quelles réponses ?

La valeur travail, la place du français, la question de la laïcité, le marché et l’Afghanistan furent les thèmes habituels dont on peut penser, vu le manque d’originalité, qu’ils ont été suggérés par l’équipe à Sarkozy. Je vais m’en tenir à deux thèmes d’importance, le français et la laïcité.

« Je ne crois pas au déclin du français, qui reste la seconde langue officielle dans le monde et celle de deux des huit pays du G8. » dit d’abord Sarkozy, propos amusant pour des Québécois qui définissent notre langue plus par l’usage réel que par ses titres officiels. Mais le Président est rassurant : « Le renforcement de la francophonie au Canada revêt à bien des égards un caractère exemplaire. » Encore et toujours du bavardage alors que dans Le Devoir, Louise Beaudoin et Jean-François Lisée publiaient au même moment une lettre ouverte à Sarkozy qui faisait un bilan crucial et cruel. « Sans la fermeté de la France, le premier ministre René Lévesque n’aurait pas reçu la Légion d’honneur des mains du président Valéry Giscard d’Estaing, le Québec n’aurait pas été l’invité d’honneur du Salon du livre de Paris en 1999, le premier ministre québécois n’aurait dû occuper qu’un strapontin aux obsèques du président Mitterrand. Nous vous épargnons la liste complète, Monsieur le président, elle est longue et fastidieuse. » Bilan crucial et cruel car Sarkozy préfère jouer la carte USA et Canada que la carte Québec. « Le renforcement de la francophonie au Canada » lui parfait plus simple à dire que « le renforcement de la francophonie au Québec ».

 

Pour la laïcité voici la question posée : « Bien des Québécois estiment que le Québec devrait suivre les traces de la France dans la gestion de la diversité culturelle et religieuse, notamment en ce qui a trait à la laïcité, plutôt que l’approche anglaise (et canadienne anglaise), plus libérale, du multiculturalisme ? Où vous situez-vous, personnellement dans ce débat ? La France a-t-elle trouvé LA solution au problème de cohabitation entre des citoyens aux cultures parfois aux antipodes ? »

La question est située sous la photo d’une femme portant le hidjad et en conséquence on mesure tout de suite son orientation. La réponse sera classique dans la rhétorique sarkozienne :

« Je suis avec beaucoup d’intérêt les débats qui ont lieu au Canada et au Québec en particulier, sur les questions d’intégration et sur la laïcité. Je suis profondément attaché au principe de laïcité parce qu’il est un des fondements de la République. » Encore une fois la réponse commence par « l’officialité ». Il n’est pas pour la laïcité car c’est un principe démocratique mais parce qu’il fonde une république. D’où le glissement qui suit : « Je plaide pour une laïcité positive, c’est-à-dire qui respecte, qui rassemble, qui dialogue ; une laïcité qui se vit comme une tolérance et non comme une exclusion. » Rien de nouveau sous le soleil sarkozien. Or c’est la nature même de la laïcité de respecter, de rassembler et de susciter le dialogue. Il est inutile d’imaginer une laïcité qui exclut, car c’est alors le contraire de la laïcité (je renvoie au beau site du mouvement laïque québécois). Sarkozy ne revient donc pas sur le distinguo qu’évoque la question entre approche française et anglaise. En matière de religion le respect mutuel n’est pas une question de bonne volonté, de savoir vivre, de qualités humaines etc. Il s’agit d’abord d’en finir avec toute religion d’Etat ce qui n’est pas le cas de la Grande-Bretagne. En finir avec toute religion d’Etat c’est en finir avec l’idée que l’appartenance à une religion est signe d’appartenance à un pays, c’est donc créer les CONDITIONS du dialogue puisque chaque croyant est mis sur un pied d’égalité. Bien sûr, cette séparation des églises et de l’Etat n’est pas le miracle magique pas plus que le droit à l’interruption volontaire de la grossesse ne rend heureuses toutes les maternités possibles, voilà pourquoi la laïcité n’est pas UNE solution, mais un chemin qui en marchant ouvre des solutions. La conception anglaise, en marchant, ne fait que revenir à la question de départ : qui est supérieur à l’autre ? Et ensuite le supérieur peut TOLERER celui qui cire ses chaussures. L’idée de tolérance est contraire à l’idée de laïcité.

 

Paul Desmarais pouvait se féliciter des réponses et surtout des actes de son ami Sarkozy : après l’annonce d’un séjour de deux jours à Québec pour le sommet de la Francophonie, le communiqué officiel fut modifié : un jour à Québec puis un jour à Camp David pour que Sarkozy y retrouve Bush.

Or, sans se focaliser sur la question de la souveraineté, le débat Québec-France mérite un très large développement car il est d’une richesse infinie. C’est ce que Le Clézio a pu démontrer de son côté.

28-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:44

jacques desmaraisJacques Desmarais dévoile ses « Poèmes cannibales »

par Yvan Fortin

 

C’est dans un Bistro In Vivo débordant de paroles et d’énergie que le poète et communicateur Jacques Desmarais a lancé, le 9 octobre, son premier recueil intitulé Poèmes cannibales; loin dans ma campagne.

Dans ce livre de 140 pages, publié aux Éditions La Brochure (ISBN,978-2-917154-31-1), l’auteur propose une sélections de 32 poèmes inspirés de la vie et dont l’écriture s’échelonne de 1976 au printemps 2008. Ce lancement s’est déroulé dans une ambiance de fête grâce, entre autres, à la collaboration musicale de Paolo Duchesneau. L’événement a aussi été agrémenté de quelques lectures poétiques.

« La publication de ce recueil est pour moi comme une traversée du miroir. C’est le passage de mes poèmes de la sphère privée à celle publique. Mes textes s’échappent vers le monde collectif », a confié l’auteur quelques minutes avant de monter sur la scène du In Vivo.« J’ai été inspiré par les surréalistes et les automatistes, dont Michel Garneau. Avec le temps, mon écriture a pris de la maturité. Je pense que mes images sont mieux construites. Même si j’utilise le ″je″, mes textes font une large place à la fiction tout en restant près de la vérité. »M. Desmarais voit d’un bon œil la popularité du slam. Cet art urbain est une parole vivante, une littérature vécue dans l’instant qui donne accès à l’émotion; un genre poétique basé sur une rencontre entre le poète et le public.

« Le slam dépoussière la poésie et la forme. C’est très motivant de voir ces jeunes faire de la poésie. »Né à Béthanie, Jacques Desmarais vit à Montréal où il a étudié la philosophie et l’éthique appliquée. Il s’est toujours intéressé de près à la poésie et s’est produit sur plusieurs scènes de la métropole, au fil des ans. À travers l’émission de jazz et de poésie Train de nuit, diffusée à Radio Centre-ville, et dont il était le coanimateur, il a partagé sa passion pour cet art souvent méconnu. Sur son blog, il continue à entrelacer le jazz, le slam et poésie dans le ciel culturel montréalais.

Levez le voile sur l’univers poétique de Jacques Desmarais en visitant son carnet électronique au jack-jackyboy.blogspot.com

Source :

http://www.flambeaudelest.com/article-261261-Jacques-Desmarais-devoile-ses-Poemes-cannibales.html

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:35

  jacques desmarais

Trois semaines de silence sur ce blog car nos éditions étaient en voyage aux Amériques pour, entre autres activités, présenter notre premier livre de poésie. Voici une présentation de l’auteur en attendant mieux.

 

 

Jacques Desmarais, poésie-sucrée

 

En publiant le livre Poèmes cannibales Loin dans ma campagne, les Editions La Brochure n’ont pas souhaité rendre hommage à un ami mais à un poète qui se trouve être aussi un ami.

Qu’est-ce donc qu’un poète ? N’ayant qu’un contact très irrégulier avec la poésie ma réponse n’a ici d’intérêt qu’à cause de ma découverte d’un poème précis du recueil : Magnolia Blues. En quelques vers, je sais que Jacques y raconte sans tricher un seul instant, une année de sa vie. Le poète c’est d’abord une sensibilité à fleur de peau qui souvent vient de l’enfance. Alors le poète devient langue : « Le français ici n’a pas d’horloge / goûte le pétrole sur la Baie de l’Atchafalaya ».

La poésie est un effort permanent, une relecture infinie. Oui elle existe la baie de l’Atchafalaya, oui le pétrole en est devenu le rythme des bras qui pompent. Oui il existe « le baiser d’une méchante tornade / qui a piqué à travers champ / comme une jument en calvaire ».

Pourquoi un baiser et non un coup de fouet ?

Entre peur et peur, fidélité et fidélité, Jacques, poète par la naïveté qu’il transporte toujours avec lui, nous oblige à distinguer sa naïveté audacieuse d’une autre très paresseuse.

Le poète effarouche le bavardage surtout quand « il pue la canne à sucre / et les marécages ». Il cherche alors une langue qui se perd, celle de sa mère, de sa voisine. Pas de poètes sans l’intimité d’une langue à reconstruire. « Ajoute du vrai / au langage, / Car la Louisiane / d’où je t’écris… / me fait bander à part ! » Et voilà que le poème s’achève et la construction devient un monument quand on a aussitôt envie de recommencer la lecture. Je ne prétends pas avoir la même sensation avec tous les poèmes, cette sensation sucrée qui incite à en reprendre. Quel drôle d’aliment ce sucre si génial qui pue pourtant énormément au moment de sa fabrication !

 

Une sensibilité, une langue, une construction…, quand un poème vous ouvre une porte d’univers alors vous pouvez vous lancer dans un autre voyage comme dans « la coulée des angevins ». Si Jacques aime parler de poèmes-récits en voilà un où le récit n’est pas très linéaire et n’a rien d’une coulée où tout d’un coup déboule «  un zeste de poussière sur tes restes de viande séchée… ». La chute finale « Nous vaincrons » relance la lecture en quête d’un « nous » et d’un objectif incertain de « victoire ».

 

Bien sûr je pourrais invoquer, pour dire le poète Jacques, le mot de Michel Garneau qui introduit le livre, qui est en fait un acte puisque ce talentueux personnage a accepté de lire à la radio des textes de cette « voix authentique ». Garneau écrit aussi : « ces poèmes qui ne peuvent pas avoir été écrits ailleurs qu’au Québec et par le dénommé Jacques ».

 

Avouons-le : qu’un petit éditeur français accepte de donner un coup de pouce à une voix québécoise en 2008 à de quoi surprendre ! « je lancerai ma bouteille à l’humanité » dit Jacques car pour lui être québécois c’est le meilleur moyen de s’adresser à l’humanité contrairement à d’autres qui pensent utile de policer leur français pour mieux s’adresser à l’humanité.

 

Jacques est devenu poète très jeune et les amis de ce temps là qui l’entourent encore disent que c’est par la chanson qu’il passa au poème, la chanson toujours au cœur de la parole de son pays qui est l’hiver. Jacques préfère invoquer la découverte de la parole possible, la sensation tout d’un coup que sa vie d’enfant de paysan était une part de l’art. Alors le poète monte sur une table et tout commence ou tout fini. Tout commence car le coulée d’angevins est là devant. Tout fini car jamais Jacques ne pourra sortir d’un univers « Cailloux réverbères / échangés par les fenêtres de l’invisible ».

 

A la présentation de son livre le 9 octobre, j’ai découvert un nouveau Jacques qui mangeait les mots de ses textes comme d’autres dégustent les meilleures pâtisseries. Mais c’est une autre histoire pour la semaine prochaine. 25 octobre 2008 Jean-Paul Damaggio

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