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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:16

Une soirée au Bar In Vivo à Montréal

   

BON DE COMMANDE Editions La Brochure

 

Trois amis se sont étonnés, en découvrant sur Train de nuit, le site internet de Jacques Desmarais, des photos où on y découvre le passage des Editions La Brochure à Montréal. Etonnement justifié car il s’agissait d’une aventure peu commune. Nos éditions ne sont pas spécialisées dans la poésie (ni en rien d’ailleurs) en conséquence éditer un auteur québécois c’était comme un rêve. Or l’œuvre de Gaston Miron, poète québécois est une des quatre références essentielles de La Brochure, pour des raisons qu’il serait trop long d’expliquer pour le moment. Je préfère mentionner une coïncidence. Un poète montalbanais Olivier Demazet va présenter à Montauban Vénus Houry-Ghata le 18 février… une personne que nous avons eu la chance d’écouter à Montréal ! Avec l’écriture, les frontières s’effondrent surtout quand on a une même langue en partage.

Mais éditer le livre était une chose, le présenter dans le cadre d’une belle fête en était une autre. Un jeudi, de 17 à 19 h, rassembler autour d’un tronc d’arbre, artistes, amis et curieux, c’était un tour de force dont tout le mérite revient à Jacques. Chacun a ses impératifs dans la vie, mais tous les invités trouvèrent le moyen de les déplacer pour ce détour par le Bar culturel engagé In Vivo situé dans la partie ouvrière de la célèbre rue Sainte Catherine http://www.bistroinvivo.coop/.

A 17 h 30, tout commença sous les bons hospices de Marc-André Delorme (il traduisit en portugais un poème). Beaucoup ne pouvaient arriver qu’après les heures de travail (et en particulier de nombreux collègues de Jacques) d’où ce retard. Mais tout s’enchaîna ensuite à merveille.

A écouter les lectures de poèmes, je prétends qu’en France nous avons un peu perdu l’habitude de cette activité. Je rends hommage à Montauriol Poésie qui, à Montauban, contribue à de telles lectures (nous avons aussi le printemps des poètes) mais je n’ai jamais trouvé la même diversité de ton. De Michel Vincent qui tape du pied sur la scène, à Nina louVe qui d’un geste fait taire les bavards pour les captiver, de Jacques qui mâche chaque mot, à la pause musicale avec Yves Boisseau, j’ai découvert des poèmes comme si je ne les avais jamais lu ! Je suis même allé ensuite vérifier dans le livre pour m’assurer qu’ils y étaient. Or la poésie de Jacques n’est pas facile même s’il la présente comme des poèmes-récits. Entre les lignes il manque des épisodes laissés à l’imagination du lecteur. Chaque vers devient alors plus symbolique. Sa fille remarquait qu’à les entendre, des mots devenant plus forts, pouvaient heurter des sensibilités qui à la simple lecture auraient pris l’histoire autrement.

 

Et le final ? Chacun sait qu’un vrai spectacle se mesure à l’attention portée sur le final. Leonard Cohen fut l’invité indirect avec une traduction en français d’une chanson de ce Montréalais des Etats. Une poésie chantée par une femme grattant sa guitare. Parmi les références des Editions La Brochure j’avais mentionné bien sûr la féministe Flora Tristan et aussitôt cette chanteuse me demanda des références, car elle avait fait des études de féminisme, et le nom lui disait quelque chose mais sans plus. J’espère qu’au festival Alors Chante où nous avons régulièrement la possibilité de croiser des Québécois, nous y entendrons un jour Eve Cournoyer. Paolo Duchesneau n’a pas pu apporter tout son talent car il fallait impérativement clore à 19h pour laisser la place à un groupe de jazz et Jacques lui-même avait imaginé plusieurs autres interventions (des occurrences aux cannibales par exemple) mais globalement le public fut très heureux de ce voyage dans les mots. Je retiens ici ce passage de Tirania un poème-recit qui raconte le coup d’Etat de Pinochet à travers l’histoire de Carmen Gloria Quintana :

« Mais répète encore

Carmen Gloria :

Pourquoi c’est vrai ?

Comment c’est fou ?

la manivelle du coup

les torchons de la magouille

les milices

la peur

les bûcheurs de jeunes

l’essorillement des gorilles

les autodafés

les crevasses dans la tête

les insomnies

le fuckaillage

dans les syndicats en escalope »

 

Sincèrement, la poésie n’est pas au repos. Jean-Paul Damaggio

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 11:09

Le Québec et Sarkozy

 

J’étais au Québec au moment du passage rapide qu’y fit le président de la république française. Le journal La Presse proposa à cette occasion, le 17 octobre, un grand entretien avec Nicolas Sarkozy. Les Québécois n’en furent pas surpris : Paul Desmarais, le propriétaire du journal, est un des proches amis de Sarkozy et son conseiller indirect pour les affaires nord-américaines.

Paul Desmarais, né en 1927 avec un frère plus vieux de cinq ans qui fut député de 1979 à 1984, est né en Ontario à Sudbury où il commença sa carrière de grand propriétaire. Depuis 1978 il ne cesse d’allonger la liste de ses titres de gloire jusqu’à la légion d’honneur française. Grand maître de Power Corporation du Canada Ltée, il a tenu à devenir propriétaire de l’essentiel de la presse du Québec dont le titre La Presse. Un quotidien reste cependant indépendant, Le Devoir. Il publiait au même moment un entretien avec un autre Français d’importance, Le Clezio qui séjournait alors à Montréal.

 

Quelles questions pouvaient être posées au Président et pour quelles réponses ?

La valeur travail, la place du français, la question de la laïcité, le marché et l’Afghanistan furent les thèmes habituels dont on peut penser, vu le manque d’originalité, qu’ils ont été suggérés par l’équipe à Sarkozy. Je vais m’en tenir à deux thèmes d’importance, le français et la laïcité.

« Je ne crois pas au déclin du français, qui reste la seconde langue officielle dans le monde et celle de deux des huit pays du G8. » dit d’abord Sarkozy, propos amusant pour des Québécois qui définissent notre langue plus par l’usage réel que par ses titres officiels. Mais le Président est rassurant : « Le renforcement de la francophonie au Canada revêt à bien des égards un caractère exemplaire. » Encore et toujours du bavardage alors que dans Le Devoir, Louise Beaudoin et Jean-François Lisée publiaient au même moment une lettre ouverte à Sarkozy qui faisait un bilan crucial et cruel. « Sans la fermeté de la France, le premier ministre René Lévesque n’aurait pas reçu la Légion d’honneur des mains du président Valéry Giscard d’Estaing, le Québec n’aurait pas été l’invité d’honneur du Salon du livre de Paris en 1999, le premier ministre québécois n’aurait dû occuper qu’un strapontin aux obsèques du président Mitterrand. Nous vous épargnons la liste complète, Monsieur le président, elle est longue et fastidieuse. » Bilan crucial et cruel car Sarkozy préfère jouer la carte USA et Canada que la carte Québec. « Le renforcement de la francophonie au Canada » lui parfait plus simple à dire que « le renforcement de la francophonie au Québec ».

 

Pour la laïcité voici la question posée : « Bien des Québécois estiment que le Québec devrait suivre les traces de la France dans la gestion de la diversité culturelle et religieuse, notamment en ce qui a trait à la laïcité, plutôt que l’approche anglaise (et canadienne anglaise), plus libérale, du multiculturalisme ? Où vous situez-vous, personnellement dans ce débat ? La France a-t-elle trouvé LA solution au problème de cohabitation entre des citoyens aux cultures parfois aux antipodes ? »

La question est située sous la photo d’une femme portant le hidjad et en conséquence on mesure tout de suite son orientation. La réponse sera classique dans la rhétorique sarkozienne :

« Je suis avec beaucoup d’intérêt les débats qui ont lieu au Canada et au Québec en particulier, sur les questions d’intégration et sur la laïcité. Je suis profondément attaché au principe de laïcité parce qu’il est un des fondements de la République. » Encore une fois la réponse commence par « l’officialité ». Il n’est pas pour la laïcité car c’est un principe démocratique mais parce qu’il fonde une république. D’où le glissement qui suit : « Je plaide pour une laïcité positive, c’est-à-dire qui respecte, qui rassemble, qui dialogue ; une laïcité qui se vit comme une tolérance et non comme une exclusion. » Rien de nouveau sous le soleil sarkozien. Or c’est la nature même de la laïcité de respecter, de rassembler et de susciter le dialogue. Il est inutile d’imaginer une laïcité qui exclut, car c’est alors le contraire de la laïcité (je renvoie au beau site du mouvement laïque québécois). Sarkozy ne revient donc pas sur le distinguo qu’évoque la question entre approche française et anglaise. En matière de religion le respect mutuel n’est pas une question de bonne volonté, de savoir vivre, de qualités humaines etc. Il s’agit d’abord d’en finir avec toute religion d’Etat ce qui n’est pas le cas de la Grande-Bretagne. En finir avec toute religion d’Etat c’est en finir avec l’idée que l’appartenance à une religion est signe d’appartenance à un pays, c’est donc créer les CONDITIONS du dialogue puisque chaque croyant est mis sur un pied d’égalité. Bien sûr, cette séparation des églises et de l’Etat n’est pas le miracle magique pas plus que le droit à l’interruption volontaire de la grossesse ne rend heureuses toutes les maternités possibles, voilà pourquoi la laïcité n’est pas UNE solution, mais un chemin qui en marchant ouvre des solutions. La conception anglaise, en marchant, ne fait que revenir à la question de départ : qui est supérieur à l’autre ? Et ensuite le supérieur peut TOLERER celui qui cire ses chaussures. L’idée de tolérance est contraire à l’idée de laïcité.

 

Paul Desmarais pouvait se féliciter des réponses et surtout des actes de son ami Sarkozy : après l’annonce d’un séjour de deux jours à Québec pour le sommet de la Francophonie, le communiqué officiel fut modifié : un jour à Québec puis un jour à Camp David pour que Sarkozy y retrouve Bush.

Or, sans se focaliser sur la question de la souveraineté, le débat Québec-France mérite un très large développement car il est d’une richesse infinie. C’est ce que Le Clézio a pu démontrer de son côté.

28-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:44

jacques desmaraisJacques Desmarais dévoile ses « Poèmes cannibales »

par Yvan Fortin

 

C’est dans un Bistro In Vivo débordant de paroles et d’énergie que le poète et communicateur Jacques Desmarais a lancé, le 9 octobre, son premier recueil intitulé Poèmes cannibales; loin dans ma campagne.

Dans ce livre de 140 pages, publié aux Éditions La Brochure (ISBN,978-2-917154-31-1), l’auteur propose une sélections de 32 poèmes inspirés de la vie et dont l’écriture s’échelonne de 1976 au printemps 2008. Ce lancement s’est déroulé dans une ambiance de fête grâce, entre autres, à la collaboration musicale de Paolo Duchesneau. L’événement a aussi été agrémenté de quelques lectures poétiques.

« La publication de ce recueil est pour moi comme une traversée du miroir. C’est le passage de mes poèmes de la sphère privée à celle publique. Mes textes s’échappent vers le monde collectif », a confié l’auteur quelques minutes avant de monter sur la scène du In Vivo.« J’ai été inspiré par les surréalistes et les automatistes, dont Michel Garneau. Avec le temps, mon écriture a pris de la maturité. Je pense que mes images sont mieux construites. Même si j’utilise le ″je″, mes textes font une large place à la fiction tout en restant près de la vérité. »M. Desmarais voit d’un bon œil la popularité du slam. Cet art urbain est une parole vivante, une littérature vécue dans l’instant qui donne accès à l’émotion; un genre poétique basé sur une rencontre entre le poète et le public.

« Le slam dépoussière la poésie et la forme. C’est très motivant de voir ces jeunes faire de la poésie. »Né à Béthanie, Jacques Desmarais vit à Montréal où il a étudié la philosophie et l’éthique appliquée. Il s’est toujours intéressé de près à la poésie et s’est produit sur plusieurs scènes de la métropole, au fil des ans. À travers l’émission de jazz et de poésie Train de nuit, diffusée à Radio Centre-ville, et dont il était le coanimateur, il a partagé sa passion pour cet art souvent méconnu. Sur son blog, il continue à entrelacer le jazz, le slam et poésie dans le ciel culturel montréalais.

Levez le voile sur l’univers poétique de Jacques Desmarais en visitant son carnet électronique au jack-jackyboy.blogspot.com

Source :

http://www.flambeaudelest.com/article-261261-Jacques-Desmarais-devoile-ses-Poemes-cannibales.html

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:35

  jacques desmarais

Trois semaines de silence sur ce blog car nos éditions étaient en voyage aux Amériques pour, entre autres activités, présenter notre premier livre de poésie. Voici une présentation de l’auteur en attendant mieux.

 

 

Jacques Desmarais, poésie-sucrée

 

En publiant le livre Poèmes cannibales Loin dans ma campagne, les Editions La Brochure n’ont pas souhaité rendre hommage à un ami mais à un poète qui se trouve être aussi un ami.

Qu’est-ce donc qu’un poète ? N’ayant qu’un contact très irrégulier avec la poésie ma réponse n’a ici d’intérêt qu’à cause de ma découverte d’un poème précis du recueil : Magnolia Blues. En quelques vers, je sais que Jacques y raconte sans tricher un seul instant, une année de sa vie. Le poète c’est d’abord une sensibilité à fleur de peau qui souvent vient de l’enfance. Alors le poète devient langue : « Le français ici n’a pas d’horloge / goûte le pétrole sur la Baie de l’Atchafalaya ».

La poésie est un effort permanent, une relecture infinie. Oui elle existe la baie de l’Atchafalaya, oui le pétrole en est devenu le rythme des bras qui pompent. Oui il existe « le baiser d’une méchante tornade / qui a piqué à travers champ / comme une jument en calvaire ».

Pourquoi un baiser et non un coup de fouet ?

Entre peur et peur, fidélité et fidélité, Jacques, poète par la naïveté qu’il transporte toujours avec lui, nous oblige à distinguer sa naïveté audacieuse d’une autre très paresseuse.

Le poète effarouche le bavardage surtout quand « il pue la canne à sucre / et les marécages ». Il cherche alors une langue qui se perd, celle de sa mère, de sa voisine. Pas de poètes sans l’intimité d’une langue à reconstruire. « Ajoute du vrai / au langage, / Car la Louisiane / d’où je t’écris… / me fait bander à part ! » Et voilà que le poème s’achève et la construction devient un monument quand on a aussitôt envie de recommencer la lecture. Je ne prétends pas avoir la même sensation avec tous les poèmes, cette sensation sucrée qui incite à en reprendre. Quel drôle d’aliment ce sucre si génial qui pue pourtant énormément au moment de sa fabrication !

 

Une sensibilité, une langue, une construction…, quand un poème vous ouvre une porte d’univers alors vous pouvez vous lancer dans un autre voyage comme dans « la coulée des angevins ». Si Jacques aime parler de poèmes-récits en voilà un où le récit n’est pas très linéaire et n’a rien d’une coulée où tout d’un coup déboule «  un zeste de poussière sur tes restes de viande séchée… ». La chute finale « Nous vaincrons » relance la lecture en quête d’un « nous » et d’un objectif incertain de « victoire ».

 

Bien sûr je pourrais invoquer, pour dire le poète Jacques, le mot de Michel Garneau qui introduit le livre, qui est en fait un acte puisque ce talentueux personnage a accepté de lire à la radio des textes de cette « voix authentique ». Garneau écrit aussi : « ces poèmes qui ne peuvent pas avoir été écrits ailleurs qu’au Québec et par le dénommé Jacques ».

 

Avouons-le : qu’un petit éditeur français accepte de donner un coup de pouce à une voix québécoise en 2008 à de quoi surprendre ! « je lancerai ma bouteille à l’humanité » dit Jacques car pour lui être québécois c’est le meilleur moyen de s’adresser à l’humanité contrairement à d’autres qui pensent utile de policer leur français pour mieux s’adresser à l’humanité.

 

Jacques est devenu poète très jeune et les amis de ce temps là qui l’entourent encore disent que c’est par la chanson qu’il passa au poème, la chanson toujours au cœur de la parole de son pays qui est l’hiver. Jacques préfère invoquer la découverte de la parole possible, la sensation tout d’un coup que sa vie d’enfant de paysan était une part de l’art. Alors le poète monte sur une table et tout commence ou tout fini. Tout commence car le coulée d’angevins est là devant. Tout fini car jamais Jacques ne pourra sortir d’un univers « Cailloux réverbères / échangés par les fenêtres de l’invisible ».

 

A la présentation de son livre le 9 octobre, j’ai découvert un nouveau Jacques qui mangeait les mots de ses textes comme d’autres dégustent les meilleures pâtisseries. Mais c’est une autre histoire pour la semaine prochaine. 25 octobre 2008 Jean-Paul Damaggio

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:30

Québec , notes en passant

 

Voici vingt ans vins et fromages n’étaient au Québec que des produits venant de France mais aujourd’hui les temps changent. Souvent, des personnes venant d’Europe lancent et adaptent des cultures aux beaux résultats. La bataille du goût marque-t-elle des points aux Amériques ? Au Canada le courant écolo s’implante petit à petit (il vient d’obtenir de bons scores aux élections) mais le problème est celui de partout : à quel prix les bons produits ? Si les fromages de France des années 60 avaient disparus c’est à cause du prix prohibitif. En conséquence les « copies » sont facilement rentables en laissant les fromages plastiques du modèle US pour les plus aisés.

Cependant une vague de listériose a produit un mauvais coup car le ministère de l’agriculture a décidé de tout détruire par précaution.

 

Le journal Alters Echos étant une mine de renseignements on y apprend dans le dernier numéro que le Premier ministre du Canada a reconnu les malheurs que la colonisation a fait subir aux autochtones (le journal d’Ok-OC apporte sur le sujet de plus amples renseignements). Rien de plus exact et il est bon de signaler que cette décision a été prise après la projection d’un film du chanteur réalisateur Richard Desjardins, film au titre clair : le peuple invisible.

Cependant toute réalité a deux faces or, comme il se trouve que le Canada est en campagne électorale que disent les autochtones ? Un de leurs chefs, dans une manif il y a trois jours a désigné le gouvernement du Premier ministre en question (M.Harper) comme étant un des plus colonialistes de l’histoire du pays.» En politique le système est classique : il serait bien que les victimes se paient de mots aux yeux de l’histoire et vivent de leurs maux au présent.

Comment rester colonialiste aujourd’hui ? En prétextant qu’au nom du néolibéralisme il faut en finir avec les aides sociales. Jean-Paul Damaggio

 

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:27

Pour poursuivre l’analyse de la campagne aux USA en vue de la brochure sur le marketing voici un texte complétant les précédents sur le sujet. En nous excusant auprès des lecteurs du blog pour ces trois semaines d’interruption.

 

Obama : la victoire par l’argent ?

 

 

Après un séjour aux Amériques puis-je ajouter quelques informations au flot d’articles sur les élections aux USA ? Dans New York City, rares sont les références à la campagne sauf un immense panneau VOTE au plus haut des pubs de Times Square. Un appel au vote qui n’est pas inutile si on note que le Canada voisin, qui vient d’avoir des élections fédérales, a perdu 10% de participation. Mais aux USA les indicateurs sont inverse : la nouveauté de la campagne, avec la possibilité d’avoir un président noir, devrait permettre de passer le 61% de votants de 2004. Notons cependant que ce nombre évacue tous les nombreux non-inscrits et qu’il masque la faible participation (autour de 30%) aux autres élections. Par exemple, il faudrait évoquer les élections au Congrès qui se déroulement en même temps (pour la moitié du pays), et qui sont plus présentes dans les journaux US que dans les journaux français.

Pour le moment, une seule chose est sûre : l’inflation financière de la campagne. Et il ne s’agit pas seulement des dépenses extravagantes de la candidate à la vice-présidence, Sarah Palin.

La bataille de l’Ohio devenant de jour en jour plus décisive, c’est là que les dépenses de campagne prennent une ampleur colossale et Obama est le vainqueur avec plus de 14 millions de dollars mis en jeu quand Mc Cain en reste à 10 millions. Cependant Mc Cain prend sa revanche si on se réfère à la part utilisée dans leurs dépenses globales. Le candidat républicain a utilisé dans cet Etat Clef 12% de ses frais engagés, quand le démocrate n’a mis en jeu autour de Colombus que 9,6% de sa somme globale à la date de l’article (mi-octobre). Etrange situation dans cet Etat : alors qu’il est agricole, Mc Cain y perd des points en annonçant son opposition à l’utilisation des agro-carburants, mais il en marque en annonçant aux victimes de la crise économique, qu’il faut aider les pauvres et non les banquiers de Wall Street. Une élection présidentielle aux USA n’est pas une élection nationale à cause du mode de scrutin. Dans les Etats acquis solidement à un camp, la campagne y est sans utilité puisque le candidat arrivé en tête rafle tous les grands électeurs.

Donc les financements varient suivant les enjeux. Mais la campagne redevient nationale quant à son fonctionnement global calqué sur les méthodes de marketing, ce qui suppose en premier lieu la conquête de moyens financiers.

L’appui de Colin Powell à Barack Obama ne fut donc pas seulement un appui politique mais aussi un appui financier. Dans les caisses de Barack Obama les dons augmentèrent aussitôt sensiblement après l’annonce alors qu’ils étaient déjà très haut. Le New York Times du 20 octobre s’est largement penché sur le sujet en rappelant d’ailleurs qu’il suffit à chaque électeur de taper son zip code sur le site officiel du financement des partis, pour connaître les noms de TOUS les donateurs.

Le 27 octobre, avec l’appui officiel du Financial Times à Obama, un nouvelle page de la campagne a été tournée poussant plus encore Mc Cain vers un discours « favorable » aux pauvres et Obama vers un discours « responsable ». Pourquoi le Financial Times soutient le candidat démocrate ? Pour ce journal une campagne doit démontrer des capacités de leader or Obama a su soulever l’espoir tandis que Mc Cain traîne les pieds. Face à la crise qui s’annonce, Obama peut relancer le capitalisme tandis que Mc Cain l’enferme dans le passé. Mieux que ça, le journal approuve les propositions « social-démocrates » de Obama : plus de sécurité sociale par exemple. Mais sa victoire ne risque-t-elle pas d’alimenter des désillusions ?

En même temps qu’Obama est candidat de « Google » et de la Silicon Valley, il est aussi le candidat de simples citoyens sincères qui distribuent des tracts sur Washington Square, qui inscrivent des appels manuscrits sur des papiers du métro et qui croient que la page Bush sera définitivement tournée. Le hasard a voulu qu’au moment même où nous vivions ces événements l’Islande faisait la Une des journaux surtout au Canada. L’effondrement de ce petit pays de 330 000 habitants qui vient de bénéficier de l’aide du FMI, fait penser, à un prof d’université de New York et aussi de l’université d’Islande, que la situation ressemble à celle de l’Allemagne en 1919. Le FMI de DSK pense se trouver un nouveau rôle en devenant le sauveteur de pays à la dérive, après avoir été la sangsue de pays souhaitant se développer, mais il s’agit d’une nouvelle illusion. Pourquoi le cas de l’Islande suscite la peur ? Le gouvernement britannique fut le premier à mettre le gouvernement islandais au banc de la société quand celui annonça qu’il ne pouvait plus rembourser les sommes déposées par des Britanniques dans les banques islandaises. Le vol des emprunts russes d’une France ancienne !

Le trou sans fond de ce pays semble toucher l’Irlande autre modèle de développement. De l’un à l’autre les sauveteurs risquent de manquer de bouées et demain Obama, même avec les conseils de Soros, peut découvrir que les sommes colossales gagnées pendant la campagne furent le vestige d’une époque passée. Ce ne sont pas les liquidités qui vont manquer mais les maisons, les emplois, les aliments etc. Une campagne de publicité orne les panneaux à New York : « Pensez aux personnes âgées, elles peuvent être des employées de maison ». Tout le monde sait que c’est l’argent des fonds de pension qui part en fumée, aussi l’âge de la retraite qui recule depuis quatre ans, va reculer encore beaucoup (peut-être de 10 ans indique le New York Times) au moment où les entreprises veulent seulement des jeunes ! Obama président pourra-t-il servir la finance et les sans-finance ? A suivre. 28-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 15:54

Propositions de Michael Moore

 

 

 

Face à la crise financière le cinéaste Michael Moore fait cette proposition : la sécurité sociale pour tous. Mais quel rapport entre sécurité sociale et crise financière ? Parce que le système capitaliste est désigné comme malade, la médecine devrait se mettre gratuitement au chevet des habitants du pays ! Michael Moore a l’habitude d’étudier la réalité à partir des questions sociales et il a pu vérifier que les insolvables refusent de payer les crédits car ils sont d’abord obligés de payer énormément pour leur santé. La couverture sociale pour tous dégagerait alors les sommes d’argent capables de payer les crédits. Les crédits à risque (dont je suis fatigué qu’on les appelle subprimes) sont au risque des malades. Je crois savoir qu’en France une assurance aide les malades qui se retrouvent incapables de payer leurs crédits.

Est-ce alors le retour de l’Etat providence assimilé à la stratégie de Keynes ?

Entre le plan financier de Bush et le refus du Congrès de quel côté se placer ?

Soyons clairs, parmi les opposants à Bush il y a ceux qui refusent toute intervention de l’Etat dans l’économie (et qui veulent donc que e système en reste à sa logique) et ceux qui acceptent cette intervention mais la juge mal dirigée puisqu’elle vole au secours des voleurs au lieu d’aider les victimes. Une fois de plus le débat politique n’est pas entre Pour et Contre, mais entre les deux camps qui veulent profiter du crime, les exploiteurs et les exploités.

Michael Moore pose donc la question juste et je ne cherche pas à savoir s’il veut sauver ou pas le capitalisme. Oui, Keynes voulait sauver le capitalisme, mais de quel danger ? Du danger « communiste » et danger « fasciste ». Après la crise de 39, le PC des USA a pu largement développer son action. Aujourd’hui Keynes n’a plus aucun intérêt car le danger ne vient plus du « communisme ». Aujourd’hui, pour sauver le capitalisme c’est Sorros qui est à l’honneur (y compris dans des milieux de gauche), Sorros l’économiste en chef d’Obama, Sorros qui veut l’intervention de l’Etat au service des plus riches.

Si à présent nous savons que le monde est devenu multipolaire suite à l’effondrement US (y compris des dirigeants européens qui se mettent à rêver de prendre sa revanche sur son mentor) il ne s’agit pas du monde multipolaire de la guerre froide mais d’un monde capitaliste multipolaire.

L’économiste mexicain Alfredo Jaime-Rahme qui avait annoncé depuis n an l’arrivée du krach reconnaît à la fois le pas en avant que constitue cette multipolarité, et le désert dans lequel se trouve la gauche pour promouvoir une alternative économique claire au capitalisme pluriel.

Lula ne s’en cache pas, il veut le développement du capitalisme brésilien et en Bolivie le théoricien Alvaro Garcia Linera vice-président parle clairement de capitalisme andin. Quant au capitalisme théocratique iranien c’est encore une autre formule !

Les schémas classiques de réponse par la social-démocratie (Keynes), le socialisme (Lénine) ou l’anarchisme ne répondent pas à la forme actuelle prise par la crise économique et idéologique. Nicolas Sarkozy peut faire volte-face tous les matins pour s’annoncer comme un être nouveau afin de mieux masquer son passé, car il sait que des milliers de gens peuvent gober ses volte-face à partir du moment où en face c’est une débâcle aussi dramatique que dans son camp.

La république démocratique ET sociale qui, depuis 1851, a marginalisé le social pour mieux dévoyer le démocratique, reste à inventer. Et il ne s’agit pas, au moment où le démocratique vacille, de penser que le social peut prendre sa revanche contre le démocratique. Non et cent fois non, il faut travailler à une république sui sera démocratique car sociale et sociale car démocratique. Politiquement, le rétablissement de cette dialectique est impératif.

Oui, Michael Moore, c’est par du social qu’on sortira de la crise et si le capitalisme pense en tirer gloire, c’est son problème. A mes yeux si le social devient la pierre angulaire d’un nouveau système, il sera déjà une sortie du capitalisme qui ne tombera pas en un jour pas plus qu’il est né en un jour. 2-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 15:53

Max Biro publie un roman aux Editions La Brochure. Le titre « Le Fauxscialiste » (10 euros, 120 pages) indique clairement sa dimension politique. Max Biro est devenu Gersois et nous sommes dans le Gers mais toute ressemblance avec des personnes ayant existé ou encore vivantes serait pure coïncidence. Voici le début du premier chapitre.

 

Chapitre 1

 

 

Le commissaire Aymé Cassagnard était dans sa baignoire. Il avait conservé son appartement de fonction une fois parti à la retraite. Cet appartement prêté à son administration par la commune de Villefranche lui fut laissé par celle-ci. Il aimait les sous. La mairie avait pensé que Cassagnard pourrait rendre encore quelques services. Il payait donc un loyer léger, dans le centre bourgeois de la haute ville.

Cassagnard était plutôt gras, gascon aimant le Floc, le Playmont, le Pacherenc qui accompagnait si bien le foie gras. Il aimait la garbure, le confit et cela se voyait dans sa couperose, sa replètude, accentuée par sa petite taille. Le hasard, Dieu ou le grand architecte de l’univers lui avait donné un visage où son âme se reflétait. Ce n’était pas appétissant.

Il se leva, se tourna vers le mur parallèle à la baignoire et se regarda. Il avait fait refaire la salle de bain aux frais de l’administration. Il avait fait poser une glace monumentale qui couvrait le mur.

Il se dit à lui-même et à haute et intelligible voix :

« Ça ferait pas un beau député-maire ça ! »

La baignoire était elle-même sur une plate-forme, un piédestal de deux marches. Le flic en uniforme qui jusqu’à la retraite de son patron était détaché comme homme à tout faire et femme de ménage l’imaginait, tel au lever du Roi convoquant ses collaborateurs les plus proches afin que l’un lui tende la serviette et l’autre le peignoir.

Ce flic (rare) domestique était aussi musicien, il voyait son chef sortant du bain sur une musique de Téléman ou de Lulli.

Cassagnard était socialisant (discrètement). Le Parti socialiste lui avait fait des avances, les radicaux aussi. Il était de gauche, sincèrement laïcard, humaniste petit-bourgeois, et sûrement plus petit bourgeois qu’humaniste.

S’il se croyait de gauche c’est qu’il était laïque, il n’allait pas de la laïcité au social, il en avait du moins les langages et les mots. Il aurait compris de défendre les ouvriers, mais sûrement pas d’aller jusqu’aux précaires qui y sont sûrement pour quelque chose, il n’y a pas de fumée sans feu, salauds de pauvres !

Les courants s’affrontaient, on était Fabiusien ou Rocardien, non par idéal, conviction, non, on était d’un courant par le hasard de voisinages, des services rendus, de renvois d’ascenseur parfois de courant à courant, de droite à gauche.

On rencontrait la droite dans des banquets et on s’affrontait aux élections.

Il avait une femme, elle restait à la maison : il était gascon… à l’ancienne !

«Venir dîner, oui, ma femme… non vous savez, pour la sortir ! »

Cassagnard aimait les sous. On lui promit un fromage, conseiller général d’abord et peut être la présidence du syndicat d’électricité (rien à faire, de vrais jetons de présence !). Le titulaire actuel nouveau sénateur laissait quelques morceaux aux autres.

Il sortit de sa baignoire et ne rompit pas avec l’étrange habitude des flics de se vêtir de bleu, qu’ils soient habituellement en uniforme ou même en bourgeois. Au temps des pénuries on comprenait qu’ils ramènent et traînent vieux pantalons ou chemise venant de leur administration. Il avait donc une chemise bleu clair, un costume bien coupé bleu sombre. Seule la cravate à rayures rouges et grises donnait un aspect haut fonctionnaire.

Dans la salle de bain, vaste, haute de plafond, il y avait une armoire plaquée de citronnier, centenaire, dont les portes fermaient mal, et dont la simple beauté aurait sûrement une place dans un bureau intime, un salon… Elle servait au rangement des serviettes.

Rose Cassagnard aimait les serviettes éponges douces et colorées, elle en avait de toutes couleurs. Elle changeait d’adoucissant, testait les lessives, lisait Femmes actuelles !

Le commissaire sortit entre deux piles d’un tas, une enveloppe en papier kraft. On y lisait : « Ministère de l’Intérieur ». A cette entête sacrée, sa femme s’arrêtait. Elle lui faisait les poches, regardait dans son portefeuille, faisait et défaisait sa valise, mais là «Ministère de l’Intérieur » ! Elle n’y touchait pas. Il dissimulait ainsi en sécurité  argent personnel, lettres de ses liaisons. Liaisons est un bien grand mot : une secrétaire en manque d’avancement ou une relation fatiguée de la ville ! Il disait d’ailleurs : « La mère un tel, je me la saute ! »

Les mâles gascons de l’entourage étaient admiratifs : « Il se les fait toutes ». Il avait aussi une maîtresse permanente, à disposition, en encas !

Il prenait le café avec tel ou tel, écoutant les ragots, les faits divers. Il copinait avec de petits journalistes, des hommes  qui au ras des informations savaient, réfléchissaient, recueillaient, se servaient de tout ce terreau explicatif qui nourrit les événements. Ils avaient souvent une vue claire et sans illusion y compris sur la bienveillance de Cassagnard.

Il n’avait pas de préjugés et tapait la carte avec deux ou trois maquignons qui avaient l’élégance de payer leurs dettes de jeu, pas trop regardant si lui en oubliait !

Il cria sans daigner la voir, à sa femme : « Ne m’attends pas pour manger… ni ce soir».

Elle pensa qu’elle grignoterait des restes avant d’aller à son club de bridge. La municipalité fauxscialiste avait réhabilité un ancien collège, pour y loger les associations. Elle avait donné un local de 30 m carrés à « la maison des ensembles » collectif regroupant une dizaine de groupuscules gauchards et nostalgiques, cent cinquante mètres au «club de bridge », lieu de rencontre de la classe moyenne aisée où l’on voyait femmes de notables, membres de professions libérales, petite bourgeoisie socialiste au pouvoir dans la ville.

La banque alimentaire y avait aussi ses entrepôts. Il n’y avait pourtant pas de risques de promiscuité douteuse, les entrées étaient séparées. Seul le parking était commun et chacun reconnaissait les siens à la puissance  et à  l’âge des voitures.

 

Il passa d’abord à son ancien bureau, il y avait encore des amitiés ou plutôt des suzerainetés. Son successeur le commissaire Baille ne voyait pas cela d’un très bon œil, mais le subissait n’ayant aucune illusion sur le « Gascon ». Il  avait travaillé sous sa direction à Toulouse et l’autre lui avait dès le premier jour joué un grand cinéma : «  asseyez-vous mon vieux. J’ai vu votre dossier… même au-delà…. Vous êtes un républicain intègre… je n’ai pas à le dire… un homme de gauche… Bravo ! Nous ferons bon ménage…. Alors confidentiellement (Cassagnard ouvrit son tiroir), Baille, à vous je peux le dire, mon père a combattu Franco ». Il sortit deux tampons de son tiroir sans vraiment les montrer. « Ce sont les tampons de la CNT. Mon père faisait des actions clandestines en Espagne, jamais ils ne me quittent »

 Cassagnard a toujours la porte ouverte, il écoute tout, promet tout, approuve tout…. On en entend plus parler. Il croit faire des compromis lorsqu’il se compromet… toujours du coté du pouvoir ! Il aime se mettre des plumes de paon sur son croupion de veau ! Plus le singe monte haut plus on lui voit le cul !

Baille ne savait comment se débarrasser de ces visites. Chaque fois il ressentait une irritation acide. Lui n’était pas extraverti, démagogue, bon enfant, compréhensif, magouilleur, clientéliste. 

                                                                                                                                               Max Biro

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:34

Toi qui es perspicace

Slimane Azem

(variante du poème 50 du livre de Youssef Nacif)

 

Toi que nous savons être clairvoyant,

Précise-moi la raison pour laquelle

Le ver choisit de se loger dans la figue.

D'apparence, elle reste belle, mordorée

Mais quand je m'avise de l'ouvrir,
Je trouve son intérieur pourri.

 

Explique-moi, je t'en prie,

Que toute autre chose aille de travers,
De toutes parts des témoins viennent

Décharger celui-là dont chacun connaît les crimes

Pour vouer aux gémonies

Celui dont le seul crime est de se taire !

 

Inutile de versifier,

Une allusion me suffira. Mais explique-moi,

Que dans le nid que se compose la tourterelle,

Finisse par se vautrer le hibou !
Mais si Mohand avait bien dit :

« C'est de la confiance que naît la peur » ?

 

Comment se fait-il, dis-moi,

Que d'aucuns voient lever leur chance

Sans qu’ils aient eu à peiner outre mesure ?

Alors que sans avoir rien fait de mal,

La tortue se retrouve surchargée à vie

Et que cet orge que laboure le boeuf

Finisse par faire le festin de l'âne !

 

Une accusation se pose-t-elle sur le chacal ?

Aussitôt ils la transposent sur le coq :

Une raison de plus pour le manger,

Lui qui crie déjà trop fort !

Si de plus arrivaient des invités,

Son cas sera tranché en une nuit...

 

Traduction en occitan :

Norbert Sabatié et André Calvet

 

Tu que siás clarvesent

Tu que te sabèm plan clarvesent

Diga me doncas la rason que fa

Causir lo vèrm de se lotjar dins la figa.

D’aspècte, demòra polida, vermelhada
Mès quora m’avisi de la dobrir

Al dedins, tota poirida la tròbi.
Diga me doncas, te’n pregui,

Que quicòm mai se demargue,

De pertot venan testimònis
Per descargar aquel dont cadun sap los crimis
Pertan de cobrir de vergonha

Aquel que lo sol crimi es de se calar !

 

Baste de versificar,

Un imatge me sufirà. Mès diga me,

Cossí dins lo niuc que se bastís la tortora
Fins finala se voluda lo chòt !

Mès se Mohand aviá plan dich :

« Aquo’s de la fisança que la tremor naís » ?

Consi doncas se far, diga me,

Que cap vegèsson fortuna se levar

Sens jamai aver mascanhat mai qu’aquò,
Mentre que sens aver res fach de maissant,

La tartuga per totjorn se tròba subrecargada

E qu’aquel òrdi que lo buòu laura
Acaba per l’ase de far son festin !

 

Qu’un acusament tombèsse sul chacal,

Tanlèu lo fan portar sul gal
Rason de mai per lo manjar,

El que crida tan fòrt ja !

Se’n mai d’aquò arribavan de convidats,

Son cas en una nuèch seriá trencat...

 

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:27

M-J Colet Femme en retardLes Editions la Brochure viennent de publier une autofiction de 300 pages écrite par Marie-José Colet qui vous la présente par ce court texte.

 

BON DE COMMANDE Editions La Brochure

 

La femme en retard

 

La femme en retard. Il s’agit du deuil que fait une femme, Clara, de sa mère, Flora. Le point de départ de chaque partie en est une année. Clara retrouve Flora à partir des années de la vie de sa mère. Nous sommes tous des temps, entre notre vie et notre mort. Clara va donc découvrir dans un retard douloureux les temps de sa mère, et dans le mouvement des années de Flora, elle se retrouvera dans son temps, dans son histoire et dans son identité.

Dans cette autofiction, j’ai travaillé le retard que nous avons tous, les uns par rapport aux autres, mais aussi le retard que nous prenons dans notre propre vie, tant nous sommes faits d’amour, de joies, de chagrin, de projets, tant nous sommes pris par nos propres années à vivre.

Le livre se déroule entre 1943, date d’une lettre écrite par la grand-mère de Clara, la veille de son départ vers Sobibor et l’année 2005 où Clara se retrouve avec sa famille devant le mur des noms, lisant le nom inscrit de sa grand-mère.

Entre ces deux temps,  j’ai écrit des chapitres et des années que je vous laisse découvrir par une lecture attentive et heureuse, j’espère, malgré la tristesse de mes propos.

J’ai voulu terminer cette autofiction par l’espoir que nous laissent  ceux qui dans leur quotidien oeuvrent à construire et à créer.

J’ai souhaité écrire un roman sans colère et sans haine, j’ai souhaité poser un acte de paix, un acte de femme disant non à la guerre qui de génération en génération transmet larmes et folie pour les survivants. J’ai souhaité que mon personnage Clara, en retrouvant sa mère Flora retrouve sa propre histoire, son temps et sa sérénité pour qu’à partir de son passé douloureux, elle puisse vivre un avenir généreux tourné vers tous et auprès de ses compagnes les femmes.

 

Marie-José Colet

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