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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:30

Québec , notes en passant

 

Voici vingt ans vins et fromages n’étaient au Québec que des produits venant de France mais aujourd’hui les temps changent. Souvent, des personnes venant d’Europe lancent et adaptent des cultures aux beaux résultats. La bataille du goût marque-t-elle des points aux Amériques ? Au Canada le courant écolo s’implante petit à petit (il vient d’obtenir de bons scores aux élections) mais le problème est celui de partout : à quel prix les bons produits ? Si les fromages de France des années 60 avaient disparus c’est à cause du prix prohibitif. En conséquence les « copies » sont facilement rentables en laissant les fromages plastiques du modèle US pour les plus aisés.

Cependant une vague de listériose a produit un mauvais coup car le ministère de l’agriculture a décidé de tout détruire par précaution.

 

Le journal Alters Echos étant une mine de renseignements on y apprend dans le dernier numéro que le Premier ministre du Canada a reconnu les malheurs que la colonisation a fait subir aux autochtones (le journal d’Ok-OC apporte sur le sujet de plus amples renseignements). Rien de plus exact et il est bon de signaler que cette décision a été prise après la projection d’un film du chanteur réalisateur Richard Desjardins, film au titre clair : le peuple invisible.

Cependant toute réalité a deux faces or, comme il se trouve que le Canada est en campagne électorale que disent les autochtones ? Un de leurs chefs, dans une manif il y a trois jours a désigné le gouvernement du Premier ministre en question (M.Harper) comme étant un des plus colonialistes de l’histoire du pays.» En politique le système est classique : il serait bien que les victimes se paient de mots aux yeux de l’histoire et vivent de leurs maux au présent.

Comment rester colonialiste aujourd’hui ? En prétextant qu’au nom du néolibéralisme il faut en finir avec les aides sociales. Jean-Paul Damaggio

 

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 14:27

Pour poursuivre l’analyse de la campagne aux USA en vue de la brochure sur le marketing voici un texte complétant les précédents sur le sujet. En nous excusant auprès des lecteurs du blog pour ces trois semaines d’interruption.

 

Obama : la victoire par l’argent ?

 

 

Après un séjour aux Amériques puis-je ajouter quelques informations au flot d’articles sur les élections aux USA ? Dans New York City, rares sont les références à la campagne sauf un immense panneau VOTE au plus haut des pubs de Times Square. Un appel au vote qui n’est pas inutile si on note que le Canada voisin, qui vient d’avoir des élections fédérales, a perdu 10% de participation. Mais aux USA les indicateurs sont inverse : la nouveauté de la campagne, avec la possibilité d’avoir un président noir, devrait permettre de passer le 61% de votants de 2004. Notons cependant que ce nombre évacue tous les nombreux non-inscrits et qu’il masque la faible participation (autour de 30%) aux autres élections. Par exemple, il faudrait évoquer les élections au Congrès qui se déroulement en même temps (pour la moitié du pays), et qui sont plus présentes dans les journaux US que dans les journaux français.

Pour le moment, une seule chose est sûre : l’inflation financière de la campagne. Et il ne s’agit pas seulement des dépenses extravagantes de la candidate à la vice-présidence, Sarah Palin.

La bataille de l’Ohio devenant de jour en jour plus décisive, c’est là que les dépenses de campagne prennent une ampleur colossale et Obama est le vainqueur avec plus de 14 millions de dollars mis en jeu quand Mc Cain en reste à 10 millions. Cependant Mc Cain prend sa revanche si on se réfère à la part utilisée dans leurs dépenses globales. Le candidat républicain a utilisé dans cet Etat Clef 12% de ses frais engagés, quand le démocrate n’a mis en jeu autour de Colombus que 9,6% de sa somme globale à la date de l’article (mi-octobre). Etrange situation dans cet Etat : alors qu’il est agricole, Mc Cain y perd des points en annonçant son opposition à l’utilisation des agro-carburants, mais il en marque en annonçant aux victimes de la crise économique, qu’il faut aider les pauvres et non les banquiers de Wall Street. Une élection présidentielle aux USA n’est pas une élection nationale à cause du mode de scrutin. Dans les Etats acquis solidement à un camp, la campagne y est sans utilité puisque le candidat arrivé en tête rafle tous les grands électeurs.

Donc les financements varient suivant les enjeux. Mais la campagne redevient nationale quant à son fonctionnement global calqué sur les méthodes de marketing, ce qui suppose en premier lieu la conquête de moyens financiers.

L’appui de Colin Powell à Barack Obama ne fut donc pas seulement un appui politique mais aussi un appui financier. Dans les caisses de Barack Obama les dons augmentèrent aussitôt sensiblement après l’annonce alors qu’ils étaient déjà très haut. Le New York Times du 20 octobre s’est largement penché sur le sujet en rappelant d’ailleurs qu’il suffit à chaque électeur de taper son zip code sur le site officiel du financement des partis, pour connaître les noms de TOUS les donateurs.

Le 27 octobre, avec l’appui officiel du Financial Times à Obama, un nouvelle page de la campagne a été tournée poussant plus encore Mc Cain vers un discours « favorable » aux pauvres et Obama vers un discours « responsable ». Pourquoi le Financial Times soutient le candidat démocrate ? Pour ce journal une campagne doit démontrer des capacités de leader or Obama a su soulever l’espoir tandis que Mc Cain traîne les pieds. Face à la crise qui s’annonce, Obama peut relancer le capitalisme tandis que Mc Cain l’enferme dans le passé. Mieux que ça, le journal approuve les propositions « social-démocrates » de Obama : plus de sécurité sociale par exemple. Mais sa victoire ne risque-t-elle pas d’alimenter des désillusions ?

En même temps qu’Obama est candidat de « Google » et de la Silicon Valley, il est aussi le candidat de simples citoyens sincères qui distribuent des tracts sur Washington Square, qui inscrivent des appels manuscrits sur des papiers du métro et qui croient que la page Bush sera définitivement tournée. Le hasard a voulu qu’au moment même où nous vivions ces événements l’Islande faisait la Une des journaux surtout au Canada. L’effondrement de ce petit pays de 330 000 habitants qui vient de bénéficier de l’aide du FMI, fait penser, à un prof d’université de New York et aussi de l’université d’Islande, que la situation ressemble à celle de l’Allemagne en 1919. Le FMI de DSK pense se trouver un nouveau rôle en devenant le sauveteur de pays à la dérive, après avoir été la sangsue de pays souhaitant se développer, mais il s’agit d’une nouvelle illusion. Pourquoi le cas de l’Islande suscite la peur ? Le gouvernement britannique fut le premier à mettre le gouvernement islandais au banc de la société quand celui annonça qu’il ne pouvait plus rembourser les sommes déposées par des Britanniques dans les banques islandaises. Le vol des emprunts russes d’une France ancienne !

Le trou sans fond de ce pays semble toucher l’Irlande autre modèle de développement. De l’un à l’autre les sauveteurs risquent de manquer de bouées et demain Obama, même avec les conseils de Soros, peut découvrir que les sommes colossales gagnées pendant la campagne furent le vestige d’une époque passée. Ce ne sont pas les liquidités qui vont manquer mais les maisons, les emplois, les aliments etc. Une campagne de publicité orne les panneaux à New York : « Pensez aux personnes âgées, elles peuvent être des employées de maison ». Tout le monde sait que c’est l’argent des fonds de pension qui part en fumée, aussi l’âge de la retraite qui recule depuis quatre ans, va reculer encore beaucoup (peut-être de 10 ans indique le New York Times) au moment où les entreprises veulent seulement des jeunes ! Obama président pourra-t-il servir la finance et les sans-finance ? A suivre. 28-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 15:54

Propositions de Michael Moore

 

 

 

Face à la crise financière le cinéaste Michael Moore fait cette proposition : la sécurité sociale pour tous. Mais quel rapport entre sécurité sociale et crise financière ? Parce que le système capitaliste est désigné comme malade, la médecine devrait se mettre gratuitement au chevet des habitants du pays ! Michael Moore a l’habitude d’étudier la réalité à partir des questions sociales et il a pu vérifier que les insolvables refusent de payer les crédits car ils sont d’abord obligés de payer énormément pour leur santé. La couverture sociale pour tous dégagerait alors les sommes d’argent capables de payer les crédits. Les crédits à risque (dont je suis fatigué qu’on les appelle subprimes) sont au risque des malades. Je crois savoir qu’en France une assurance aide les malades qui se retrouvent incapables de payer leurs crédits.

Est-ce alors le retour de l’Etat providence assimilé à la stratégie de Keynes ?

Entre le plan financier de Bush et le refus du Congrès de quel côté se placer ?

Soyons clairs, parmi les opposants à Bush il y a ceux qui refusent toute intervention de l’Etat dans l’économie (et qui veulent donc que e système en reste à sa logique) et ceux qui acceptent cette intervention mais la juge mal dirigée puisqu’elle vole au secours des voleurs au lieu d’aider les victimes. Une fois de plus le débat politique n’est pas entre Pour et Contre, mais entre les deux camps qui veulent profiter du crime, les exploiteurs et les exploités.

Michael Moore pose donc la question juste et je ne cherche pas à savoir s’il veut sauver ou pas le capitalisme. Oui, Keynes voulait sauver le capitalisme, mais de quel danger ? Du danger « communiste » et danger « fasciste ». Après la crise de 39, le PC des USA a pu largement développer son action. Aujourd’hui Keynes n’a plus aucun intérêt car le danger ne vient plus du « communisme ». Aujourd’hui, pour sauver le capitalisme c’est Sorros qui est à l’honneur (y compris dans des milieux de gauche), Sorros l’économiste en chef d’Obama, Sorros qui veut l’intervention de l’Etat au service des plus riches.

Si à présent nous savons que le monde est devenu multipolaire suite à l’effondrement US (y compris des dirigeants européens qui se mettent à rêver de prendre sa revanche sur son mentor) il ne s’agit pas du monde multipolaire de la guerre froide mais d’un monde capitaliste multipolaire.

L’économiste mexicain Alfredo Jaime-Rahme qui avait annoncé depuis n an l’arrivée du krach reconnaît à la fois le pas en avant que constitue cette multipolarité, et le désert dans lequel se trouve la gauche pour promouvoir une alternative économique claire au capitalisme pluriel.

Lula ne s’en cache pas, il veut le développement du capitalisme brésilien et en Bolivie le théoricien Alvaro Garcia Linera vice-président parle clairement de capitalisme andin. Quant au capitalisme théocratique iranien c’est encore une autre formule !

Les schémas classiques de réponse par la social-démocratie (Keynes), le socialisme (Lénine) ou l’anarchisme ne répondent pas à la forme actuelle prise par la crise économique et idéologique. Nicolas Sarkozy peut faire volte-face tous les matins pour s’annoncer comme un être nouveau afin de mieux masquer son passé, car il sait que des milliers de gens peuvent gober ses volte-face à partir du moment où en face c’est une débâcle aussi dramatique que dans son camp.

La république démocratique ET sociale qui, depuis 1851, a marginalisé le social pour mieux dévoyer le démocratique, reste à inventer. Et il ne s’agit pas, au moment où le démocratique vacille, de penser que le social peut prendre sa revanche contre le démocratique. Non et cent fois non, il faut travailler à une république sui sera démocratique car sociale et sociale car démocratique. Politiquement, le rétablissement de cette dialectique est impératif.

Oui, Michael Moore, c’est par du social qu’on sortira de la crise et si le capitalisme pense en tirer gloire, c’est son problème. A mes yeux si le social devient la pierre angulaire d’un nouveau système, il sera déjà une sortie du capitalisme qui ne tombera pas en un jour pas plus qu’il est né en un jour. 2-10-2008 Jean-Paul Damaggio

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 15:53

Max Biro publie un roman aux Editions La Brochure. Le titre « Le Fauxscialiste » (10 euros, 120 pages) indique clairement sa dimension politique. Max Biro est devenu Gersois et nous sommes dans le Gers mais toute ressemblance avec des personnes ayant existé ou encore vivantes serait pure coïncidence. Voici le début du premier chapitre.

 

Chapitre 1

 

 

Le commissaire Aymé Cassagnard était dans sa baignoire. Il avait conservé son appartement de fonction une fois parti à la retraite. Cet appartement prêté à son administration par la commune de Villefranche lui fut laissé par celle-ci. Il aimait les sous. La mairie avait pensé que Cassagnard pourrait rendre encore quelques services. Il payait donc un loyer léger, dans le centre bourgeois de la haute ville.

Cassagnard était plutôt gras, gascon aimant le Floc, le Playmont, le Pacherenc qui accompagnait si bien le foie gras. Il aimait la garbure, le confit et cela se voyait dans sa couperose, sa replètude, accentuée par sa petite taille. Le hasard, Dieu ou le grand architecte de l’univers lui avait donné un visage où son âme se reflétait. Ce n’était pas appétissant.

Il se leva, se tourna vers le mur parallèle à la baignoire et se regarda. Il avait fait refaire la salle de bain aux frais de l’administration. Il avait fait poser une glace monumentale qui couvrait le mur.

Il se dit à lui-même et à haute et intelligible voix :

« Ça ferait pas un beau député-maire ça ! »

La baignoire était elle-même sur une plate-forme, un piédestal de deux marches. Le flic en uniforme qui jusqu’à la retraite de son patron était détaché comme homme à tout faire et femme de ménage l’imaginait, tel au lever du Roi convoquant ses collaborateurs les plus proches afin que l’un lui tende la serviette et l’autre le peignoir.

Ce flic (rare) domestique était aussi musicien, il voyait son chef sortant du bain sur une musique de Téléman ou de Lulli.

Cassagnard était socialisant (discrètement). Le Parti socialiste lui avait fait des avances, les radicaux aussi. Il était de gauche, sincèrement laïcard, humaniste petit-bourgeois, et sûrement plus petit bourgeois qu’humaniste.

S’il se croyait de gauche c’est qu’il était laïque, il n’allait pas de la laïcité au social, il en avait du moins les langages et les mots. Il aurait compris de défendre les ouvriers, mais sûrement pas d’aller jusqu’aux précaires qui y sont sûrement pour quelque chose, il n’y a pas de fumée sans feu, salauds de pauvres !

Les courants s’affrontaient, on était Fabiusien ou Rocardien, non par idéal, conviction, non, on était d’un courant par le hasard de voisinages, des services rendus, de renvois d’ascenseur parfois de courant à courant, de droite à gauche.

On rencontrait la droite dans des banquets et on s’affrontait aux élections.

Il avait une femme, elle restait à la maison : il était gascon… à l’ancienne !

«Venir dîner, oui, ma femme… non vous savez, pour la sortir ! »

Cassagnard aimait les sous. On lui promit un fromage, conseiller général d’abord et peut être la présidence du syndicat d’électricité (rien à faire, de vrais jetons de présence !). Le titulaire actuel nouveau sénateur laissait quelques morceaux aux autres.

Il sortit de sa baignoire et ne rompit pas avec l’étrange habitude des flics de se vêtir de bleu, qu’ils soient habituellement en uniforme ou même en bourgeois. Au temps des pénuries on comprenait qu’ils ramènent et traînent vieux pantalons ou chemise venant de leur administration. Il avait donc une chemise bleu clair, un costume bien coupé bleu sombre. Seule la cravate à rayures rouges et grises donnait un aspect haut fonctionnaire.

Dans la salle de bain, vaste, haute de plafond, il y avait une armoire plaquée de citronnier, centenaire, dont les portes fermaient mal, et dont la simple beauté aurait sûrement une place dans un bureau intime, un salon… Elle servait au rangement des serviettes.

Rose Cassagnard aimait les serviettes éponges douces et colorées, elle en avait de toutes couleurs. Elle changeait d’adoucissant, testait les lessives, lisait Femmes actuelles !

Le commissaire sortit entre deux piles d’un tas, une enveloppe en papier kraft. On y lisait : « Ministère de l’Intérieur ». A cette entête sacrée, sa femme s’arrêtait. Elle lui faisait les poches, regardait dans son portefeuille, faisait et défaisait sa valise, mais là «Ministère de l’Intérieur » ! Elle n’y touchait pas. Il dissimulait ainsi en sécurité  argent personnel, lettres de ses liaisons. Liaisons est un bien grand mot : une secrétaire en manque d’avancement ou une relation fatiguée de la ville ! Il disait d’ailleurs : « La mère un tel, je me la saute ! »

Les mâles gascons de l’entourage étaient admiratifs : « Il se les fait toutes ». Il avait aussi une maîtresse permanente, à disposition, en encas !

Il prenait le café avec tel ou tel, écoutant les ragots, les faits divers. Il copinait avec de petits journalistes, des hommes  qui au ras des informations savaient, réfléchissaient, recueillaient, se servaient de tout ce terreau explicatif qui nourrit les événements. Ils avaient souvent une vue claire et sans illusion y compris sur la bienveillance de Cassagnard.

Il n’avait pas de préjugés et tapait la carte avec deux ou trois maquignons qui avaient l’élégance de payer leurs dettes de jeu, pas trop regardant si lui en oubliait !

Il cria sans daigner la voir, à sa femme : « Ne m’attends pas pour manger… ni ce soir».

Elle pensa qu’elle grignoterait des restes avant d’aller à son club de bridge. La municipalité fauxscialiste avait réhabilité un ancien collège, pour y loger les associations. Elle avait donné un local de 30 m carrés à « la maison des ensembles » collectif regroupant une dizaine de groupuscules gauchards et nostalgiques, cent cinquante mètres au «club de bridge », lieu de rencontre de la classe moyenne aisée où l’on voyait femmes de notables, membres de professions libérales, petite bourgeoisie socialiste au pouvoir dans la ville.

La banque alimentaire y avait aussi ses entrepôts. Il n’y avait pourtant pas de risques de promiscuité douteuse, les entrées étaient séparées. Seul le parking était commun et chacun reconnaissait les siens à la puissance  et à  l’âge des voitures.

 

Il passa d’abord à son ancien bureau, il y avait encore des amitiés ou plutôt des suzerainetés. Son successeur le commissaire Baille ne voyait pas cela d’un très bon œil, mais le subissait n’ayant aucune illusion sur le « Gascon ». Il  avait travaillé sous sa direction à Toulouse et l’autre lui avait dès le premier jour joué un grand cinéma : «  asseyez-vous mon vieux. J’ai vu votre dossier… même au-delà…. Vous êtes un républicain intègre… je n’ai pas à le dire… un homme de gauche… Bravo ! Nous ferons bon ménage…. Alors confidentiellement (Cassagnard ouvrit son tiroir), Baille, à vous je peux le dire, mon père a combattu Franco ». Il sortit deux tampons de son tiroir sans vraiment les montrer. « Ce sont les tampons de la CNT. Mon père faisait des actions clandestines en Espagne, jamais ils ne me quittent »

 Cassagnard a toujours la porte ouverte, il écoute tout, promet tout, approuve tout…. On en entend plus parler. Il croit faire des compromis lorsqu’il se compromet… toujours du coté du pouvoir ! Il aime se mettre des plumes de paon sur son croupion de veau ! Plus le singe monte haut plus on lui voit le cul !

Baille ne savait comment se débarrasser de ces visites. Chaque fois il ressentait une irritation acide. Lui n’était pas extraverti, démagogue, bon enfant, compréhensif, magouilleur, clientéliste. 

                                                                                                                                               Max Biro

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:34

Toi qui es perspicace

Slimane Azem

(variante du poème 50 du livre de Youssef Nacif)

 

Toi que nous savons être clairvoyant,

Précise-moi la raison pour laquelle

Le ver choisit de se loger dans la figue.

D'apparence, elle reste belle, mordorée

Mais quand je m'avise de l'ouvrir,
Je trouve son intérieur pourri.

 

Explique-moi, je t'en prie,

Que toute autre chose aille de travers,
De toutes parts des témoins viennent

Décharger celui-là dont chacun connaît les crimes

Pour vouer aux gémonies

Celui dont le seul crime est de se taire !

 

Inutile de versifier,

Une allusion me suffira. Mais explique-moi,

Que dans le nid que se compose la tourterelle,

Finisse par se vautrer le hibou !
Mais si Mohand avait bien dit :

« C'est de la confiance que naît la peur » ?

 

Comment se fait-il, dis-moi,

Que d'aucuns voient lever leur chance

Sans qu’ils aient eu à peiner outre mesure ?

Alors que sans avoir rien fait de mal,

La tortue se retrouve surchargée à vie

Et que cet orge que laboure le boeuf

Finisse par faire le festin de l'âne !

 

Une accusation se pose-t-elle sur le chacal ?

Aussitôt ils la transposent sur le coq :

Une raison de plus pour le manger,

Lui qui crie déjà trop fort !

Si de plus arrivaient des invités,

Son cas sera tranché en une nuit...

 

Traduction en occitan :

Norbert Sabatié et André Calvet

 

Tu que siás clarvesent

Tu que te sabèm plan clarvesent

Diga me doncas la rason que fa

Causir lo vèrm de se lotjar dins la figa.

D’aspècte, demòra polida, vermelhada
Mès quora m’avisi de la dobrir

Al dedins, tota poirida la tròbi.
Diga me doncas, te’n pregui,

Que quicòm mai se demargue,

De pertot venan testimònis
Per descargar aquel dont cadun sap los crimis
Pertan de cobrir de vergonha

Aquel que lo sol crimi es de se calar !

 

Baste de versificar,

Un imatge me sufirà. Mès diga me,

Cossí dins lo niuc que se bastís la tortora
Fins finala se voluda lo chòt !

Mès se Mohand aviá plan dich :

« Aquo’s de la fisança que la tremor naís » ?

Consi doncas se far, diga me,

Que cap vegèsson fortuna se levar

Sens jamai aver mascanhat mai qu’aquò,
Mentre que sens aver res fach de maissant,

La tartuga per totjorn se tròba subrecargada

E qu’aquel òrdi que lo buòu laura
Acaba per l’ase de far son festin !

 

Qu’un acusament tombèsse sul chacal,

Tanlèu lo fan portar sul gal
Rason de mai per lo manjar,

El que crida tan fòrt ja !

Se’n mai d’aquò arribavan de convidats,

Son cas en una nuèch seriá trencat...

 

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:27

M-J Colet Femme en retardLes Editions la Brochure viennent de publier une autofiction de 300 pages écrite par Marie-José Colet qui vous la présente par ce court texte.

 

BON DE COMMANDE Editions La Brochure

 

La femme en retard

 

La femme en retard. Il s’agit du deuil que fait une femme, Clara, de sa mère, Flora. Le point de départ de chaque partie en est une année. Clara retrouve Flora à partir des années de la vie de sa mère. Nous sommes tous des temps, entre notre vie et notre mort. Clara va donc découvrir dans un retard douloureux les temps de sa mère, et dans le mouvement des années de Flora, elle se retrouvera dans son temps, dans son histoire et dans son identité.

Dans cette autofiction, j’ai travaillé le retard que nous avons tous, les uns par rapport aux autres, mais aussi le retard que nous prenons dans notre propre vie, tant nous sommes faits d’amour, de joies, de chagrin, de projets, tant nous sommes pris par nos propres années à vivre.

Le livre se déroule entre 1943, date d’une lettre écrite par la grand-mère de Clara, la veille de son départ vers Sobibor et l’année 2005 où Clara se retrouve avec sa famille devant le mur des noms, lisant le nom inscrit de sa grand-mère.

Entre ces deux temps,  j’ai écrit des chapitres et des années que je vous laisse découvrir par une lecture attentive et heureuse, j’espère, malgré la tristesse de mes propos.

J’ai voulu terminer cette autofiction par l’espoir que nous laissent  ceux qui dans leur quotidien oeuvrent à construire et à créer.

J’ai souhaité écrire un roman sans colère et sans haine, j’ai souhaité poser un acte de paix, un acte de femme disant non à la guerre qui de génération en génération transmet larmes et folie pour les survivants. J’ai souhaité que mon personnage Clara, en retrouvant sa mère Flora retrouve sa propre histoire, son temps et sa sérénité pour qu’à partir de son passé douloureux, elle puisse vivre un avenir généreux tourné vers tous et auprès de ses compagnes les femmes.

 

Marie-José Colet

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:25

Toujours en prévision d'une brochure sur le marketing

Sarah Palin and Marketing

 

Geraldine Ferraro fut candidate à la vice-présidence des USA en 1984 avec le démocrate Walter Mondale pour des raisons politiques appuyées sur une analyse marketing.

Sarah Palin est la deuxième candidate à la vice-présidence n 2008 avec le républicain McCain pour des raisons de marketing appuyées sur une analyse politique.

En 24 ans comment le rapport entre politique et marketing a-t-il pu s’inverser sur ce plan comme sur d’autres ?

Même si la proximité politique entre Démocrates et Républicains est ancienne aux USA, encore en 1984, face à la candidature du sortant Reagan, les Démocrates occupaient le versant social du capitalisme quand les Républicains en occupaient le versant libéral. Walter Mondale faisait figure d’homme presque de gauche. Mais, depuis les années Clinton, la page a été totalement tournée, le peuple et ses préoccupations ne font plus que de la figuration. D’ailleurs le peuple existe-t-il ?

Aujourd’hui la campagne électorale est donc devenue un vaste décor de carton pâte digne du meilleur cinéma. Obama avait gagné de justesse face à une femme, il fallait donc une femme pour aider McCain à maintenir ouverte la plaie des primaires démocrates (82% des femmes ayant soutenu Hillary pensent se tourner vers McCain). Obama se voulait l’homme opposé à la classe politique de Washington, il fallait donc une femme outsider de la politique. Et ce fut Sarah Palin qui apportait en plus avec ses positions d’extrême droite la garantie d’un soutien de communautés religieuses influentes.

Opération marketing sur toute la ligne et opération réussie au-delà des espoirs républicains eux-mêmes, quand la presse se décida à ridiculiser cette femme jugée incapable, et qui bénéficia alors de la compassion des autres femmes.

Etrangement, à un mot prêt, on posa à Sarah la question que l’on posa autrefois à Géraldine. Si cette dernière dut expliquer comment elle pourrait répondre à une attaque soviétique, Sarah fut interrogée sur la réponse qu’elle apporterait à une attaque de la Russie. C’était juste au moment où la Russie décidait d’une contre-attaque en Géorgie ! Comme si les femmes constituaient un bloc psychologiquement fragile, bloc qui crée ensuite des conséquences.

Tous les sondages plus minutieux les uns que les autres indiquent que Sarah permit à John de gagner des points (voir le dernier en date de Newsweek) tandis qu’autrefois Géraldine en fit perdre beaucoup à Walter (les femmes d’alors pensèrent que Géraldine ferait mieux de s’occuper de sa vie familiale). Le marketing aurait-il assuré la naissance d’un nouveau comportement des femmes aux USA ? Incontestablement Sarah Paulin a bénéficié de l’effet Hillary Clinton dont pourtant Obama aurait dû tirer profit. Mais voilà Obama a préféré choisir de se préserver sur son flanc faible, sa jeunesse, en choisissant comme numéro 2 un vieux briscard de la politique.

Parce qu’ainsi on s’éloigne à cent à l’heure des questions politiques de fond, on constate que la forme prend le dessus sur le fond.

Le fond, m’a répondu un lecteur à mon précédent article, c’est qu’Obama est le candidat de Wall Street et point à la ligne. Comme si Wall Street c’était un bloc compact alors qu’ils sont aussi nombreux ceux qui profitent des failles, que ceux qui tombent dans les failles. Pour le dire autrement et en schématisant, Obama est le candidat de Google et McCain celui du complexe militaro-industriel. Bien sûr, les deux géants peuvent avoir des intérêts communs mais aussi des intérêts divergents. En 2000, quand Bush est arrivé au pouvoir, il a promis une maison pour chaque famille américaine. Nous savons huit ans après le prix à payer, et les guerres internationales qui accompagnèrent cette flibusterie. Dans ce contexte difficile pour les Républicains, le vote des femmes est devenu un enjeu majeur comme le vote des pauvres, et il est utile de constater qu’au moment où dans le Sarkophage, Paul Ariès évoque avec intérêt le livre « Pourquoi les pauvres votent à droite ? » de Thomas Franck, un hebdomadaire français titre au sujet du duo McCain / Sarah : la revanche des pauvres de l’Amérique profonde.

Sarah Paulin a aussi été choisie par le marketing pour rappeler que les Républicains pensent plus aux pauvres que les Démocrates en col blanc même si leur peau est noire.

Ces paradoxes manipulés par le marketing n’effacent pas la vraie question posée par Paul Ariès et sur laquelle nous reviendrons : « Comment refaire de la question économique l’axe majeur de tout projet alternatif ? ».

20-09-2008 Jean-Paul Damaggio

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 14:13

Une autofiction vient de compléter le catalogue des Editions la Brochure. Elle est écrite par Marie-José Colet qui en trois cent pages nous raconte les relations mères-filles et la chasse aux juifs de 1940-1944, jusque dans ses ultimes conséquences. Le livre s’appelle La femme en retard, 20 euros et nous offrons la lettre qui sert de point de départ au récit. 

 

BON DE COMMANDE Editions La Brochure

 

Drancy, le 22 mars 1943

 

                    Mes chers tous

 

Je vous ai déjà écrit et je n’ai rien reçu. Je regrette, j’aurai voulu me rassurer avant de partir, je pense beaucoup à vous et j’espère que vous jouissez d’une parfaite santé. Ne vous faîtes pas de mauvais sang pour moi car je prends tout avec courage. Je me porte bien et chacun a son destin. Il nous reste que de prier le bon dieu pour qu’il nous réunisse et nous permette de nous revoir au complet. Je vous avertis de ne rien envoyer ni lettre ni colis car nous partons pour une destination inconnue demain. Sarah.

(Lettre de Sarah, adressée à sa famille, écrite la veille de son départ pour Sobibor où elle ne devait jamais arriver.)

Point de départ du livre de Marie-José Colet

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 14:12

Le prochain livre des Editions La Brochure est un livre de récits-poèmes de Jacques Desmarais, québécois et grand amateur de slam aujourd’hui. Parmi « Poèmes cannibales, Loin dans ma campagne » nous vous offrons l’un d’eux chargé de musique. Nous reviendrons sur la question après la présentation du livre à Montréal au mos d’octobre.

 

NOVA BOSSA

 

Voyageurs de la nuit,

en ces heures complices

où les plumes d’oiseaux

ingouvernables

allument les étoiles,

vos signes de tête

dans le champ magnétique

des alliances perdues

retentissent

au milieu des pierres aimantées

jusque dans la courbure des mots

et traduisent dans ma gorge

les pas,

les rimes normandes

qui n’ont encore jamais dansé

sur les toits.

      Jacques Desmarais

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 14:11

A la page 27 et 29 du dictionnaire fientifique d’économie sociale et politique, Max Biro se moque de la « banque pipilaire » d’où est née cette autre banque d’investissement dénommée Natixis. « Sonnez trompettes, roulez tambours, ainsi naquit Natixis. C’est une filiale (de la Banque Populaire-Casen), elle est cotée en Bourse, tout de suite elle cherche l’actionnariat populaire ! Mais le dépliant en petites lettes dit que c’est ouvert à l’Amérique ! » Et la conclusion met en garde contre cette dérive financière annonciatrice de déboires.

 

Dictionnaire fientifique (suite)

 

 

Aujourd’hui Natixis est victime de la crise des crédits à risque (nommés généralement subprimes pour aider à comprendre…) et appelle la Caisse des dépôts à la rescousse. Les syndicats négocient la suppression de 800 emplois e interne et autant parmi les prestataires extérieurs. La naissance de Natixis c’était le bonheur au rendez-vous en conséquence Max Biro ajoute son humour à la situation en refaisant parler ses bécasses et son vieil oiseau noir.

 

Natixis suite de la page 27

 

Les deux bécasses triomphaient pleines d’admirations et répétaient lassantes une comptine « Natixis natixis escrocrisse, escrocrisse, les subprimes dans le cul, Natixis je te pisse ».

« Plait-il ? » dit le vieil oiseau noir perché sur le portail fermé d’une maison de classe moyenne d’un enseignant moyen de la FSU.

« O vieil oiseau noir prémonitoire ! Page 27 du dictionnaire fientifique tu annonçais le naufrage moral et matériel de Natixis. O vieil oiseau noir ça y est nous y sommes !  

Les bécasses reprirent « Natixis au cul je te pisse, acheté l’orviétan, jouez, jouez votre argent, Caisse d’épargne, Banques populaires, Casden, jouez au poker, au tric trac, à la bourse, au casino, à chat perché.»

Un passereau de Garonne qui avait parcouru pays, océans et mers, conclut :

«L’ action paie… Pas à la Bourse mais dans la rue ! »

 

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