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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 21:21

les-arbres.JPG
Hier mercredi, en partant pour Toulouse, j’ai découvert sur ma gauche à deux kilomètres de chez moi un spectacle stupéfiant. Pour comprendre je dois expliquer que pour moi, les paysages les plus beaux sont ceux de vergers. Bien sûr si, comme en Equateur, vous avez sur le bord de la route, pendant plus de 100 km, les mêmes bananiers, ce n’est plus un verger, c’est une entreprise de destruction massive de la nature. Quand je dis verger, je parle au mieux de quelques hectares et je parle surtout,  j’en fais l’aveu, d’un verger de pêcher. Je raconte, je raconte car à la vue du spectacle à pleurer j’ai décidé de rester sur la route classique pour y croiser quelques repères stables comme quelques rangées de cerisiers ou de pommiers, et laisser ainsi mon esprit vagabonder à son aise.


J’essaie de cultiver le suspens mais avec la photo vous avez déjà compris : sur ma gauche, dans le champ, un paysan était là avec sa tronçonneuse pour abattre de jeunes pommiers. Je dis pommiers mais ils étaient si petits que je ne suis pas sûr. Pour de vieux vergers, je ne dis pas, la tronçonneuse a son rôle à jouer. La vie a toujours eu besoin de la mort, aussi réactionnaire que soit cette dernière.


Attention, je n’incrimine pas le paysan. J’imagine au contraire que ce travail destructeur a dû le faire souffrir car, après tant de soin porté à une plantation, comment la détruire avant même toute production ! Des arbres morts à cause du gel? Des arbres à abattre à cause de la crise? Je ne me suis pas arrêté pour discuter, je partais pour Toulouse.


Le Salon de l’agriculture n’est qu’une abstraction par rapport à la vie agricole, une vitrine diront certains, un lobby, pensent les derniers des mohicans. Je ne sais comment l’agriculture s’est mise un jour en salon – d’ailleurs à l’âge des slides et des flyers pourquoi pas saloon ? – mais j’ai toujours pensé que ça lui allait mal. Peut-être parce que la beauté des vergers ne peut voyager ? Mais au fait, à quelle saison le verger est-il le plus resplendissant ? La réponse naturelle c’est, l’été, or pour le pêcher, l’hiver, juste après une belle taille lui donnant forme et élégance, le pêcher affiche mieux sa faiblesse, sa modestie. Il semble presque ridicule et l’ignorant, qui le croiserait là pour la première fois, ne pourrait en aucun cas imaginer l’heure grandiose de la récolte, le moment où le fruit prend couleur en sortant du vert pour attirer l’attention sur lui.
Quand j’aurai le temps, je taperai sur internet « poème sur le pêcher » pour découvrir le résultat mais pour le moment j’arrive enfin à Toulouse.
Au retour, la tête pleine de grande vitesse, j’ai jugé préférable de prendre l’autoroute, mais, plutôt en verve, je suis passé là où il n’y a que le T, vous savez bien, l’endroit où vous n’avez pas besoin de ticket car tout est automatique. N’étant pas doté de l’appareil magique bien pratique pour les habitués de l’autoroute, je me suis arrêté et j’ai appuyé sur le bouton rouge. Derrière moi, les voitures attendent sans impatience. Au répondeur une voix automatique me répond qu’une opératrice de Vinci va me parler mais qu’en attendant, surtout, je n’entreprenne aucune marche arrière. Au bout d’une minute, personne ne klaxonne et madame Vinci me parle. J’en suis flatté et je lui explique que je ne peux avoir de ticket. Elle me répond avec une politesse toute professionnelle que c’est normal je suis dans la mauvaise case mais qu’elle va intervenir pour me l’offrir ce fameux sésame que je dois rendre à la sortie.
Voilà tout est bien qui finit bien. Je pensais sur le bord de la route faire la photo d’un immense panneau qui indique VIGNOBLE en montrant une vigne. Car l’autoroute, sachez le, c’est tout de même éducatif. 1-03-2012 Jean-Paul Damaggio

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:11

Le livre sur Jean-André Poumarède publie une partie du manuel de son oncle, concernant la vigne, édité en 1841. Un manuel totalement surprenant. Observez la présence de l'occitan. JPD

      Cave et conservation du vin

      Acidité, aigreur. Maladie du vin qui est aigre. Le vin qui tourne à l’aigre commence par paraître plus généreux : on dit qu’il est fort, qu’il est fortin : ensuite une pointe d’aigreur se développant, on le dit piqué. Votre vin est piqué. Après cela, il devient tout à fait aigre et enfin véritable vinaigre.


Affranchir les tonneaux. C’est les visiter au moment de décuver, les réparer, les laver, les purger des défauts qu’ils ont contractés, et les mettre prêts à recevoir le vin.


Arome. Parfum du vin ; on l’appelle aussi bouquet. Le bouquet quant il est naturel plaît à beaucoup de consommateurs.


Barrique. La barrique a différentes jauges ou capacités. Les une ne jaugent que 200 litres et même moins, les autres 300 et plus ; après 5 ou 600 litres ce sont des foudres. (Voyez ce mot).


Baissière. Le reste du vin quand on approche de la lie. Boire de la baissière.


Baquetures. Vin qui tombe dans le baquet quand on le met en bouteilles. Ne nous faites pas boire ces baquetures.


Besaigre. Vin qui commence à aigrir, parce qu’il est au bas. (Bi al bas). Notre vin commence à être besaigre, à tourner au besaigre.


Bonde, Bondon. Tampon de bois court avec lequel on ferme le trou du bondon ou de la bonde d’une barrique (La boundo). Bonder, Bondonner.


Bonde ou soupape hydraulique, à ressort : nouvelle invention qui sert en place de bonde. Ces nouvelles bondes préviennent les apparitions des gaz et interceptent la communication de l’air extérieur avec le vin. Elles sont évidemment avantageuses, mais leur service n’est ni commode, ni bon marché.


Bouquet. (Voyez Arome).


Buffeter. On buffette les tonneaux, lorsqu’on en tire du vin, par les joints des fonds ou des douves, sans qu’il reste trace de cette fraude, qui se commet principalement dans les transports : tous les bouviers du Rouergue et de l’Auvergne buffettent le vin.


Canelle. Tube de buis ou d’un autre bois dur, par lequel on tire journellement du vin d’une barrique en perce ; on ferme la canelle avec une broche du même bois.


Cave. La cave diffère du cellier, en ce qu’elle est plus ou moins enfoncée dans la terre, tandis que le cellier n’est le plus souvent qu’un simple rez-de-chaussée. La cave n’a pas de fenêtres, mais des soupiraux. Un caveau est une petite cave dans une plus grande, servant à garder les vins de prix, et dont le maître seul doit avoir la clé.


Casse-bouteille. Instrument inventé pour mesurer la force des bouteilles qui doivent contenir du vin mousseux.


Chalumer le vin. Boire à la dérobée du vin d’un tonneau avec un chalumeau de paille, de chènevotte ou de roseau.
Esope se levait la nuit,
De concert avec ma servante,
Chalumait sans faire de bruit
Les tonneaux de son maître Xante.
Nous ne connaissons pas l’auteur de ces vers qui sont d’ailleurs très anciens.


Chante-pleure. Tube de fer-blanc percé de trous, qui sert à verser du vin dans un tonneau qui n’est pas plein, sans troubler celui qu’il contient. (Canto-plouro).


Chantier (Lous tindouls). Pièces de bois sur lesquelles on pose les barriques dans la cave.


Clouet. (Voyez Etancher).


Coller les vins. C’est, après qu’ils sont reposés et soutirés au moins une fois, y introduire de la colle ou de la gomme arabique délayée, qui entraîne au fond les matières suspendues dans le liquide et le clarifie. — Collage.


Couper. Mettre les vins ensemble pour les améliorer, l’un par l’autre, ou pour en tirer plus de profit. C’est une véritable fraude pour les vins fins ; vin de coupage, vin qui sert à couper les autres ; le vin de Gaillac est un excellent vin de coupage pour les vins du nord, avec lesquels il se marie parfaitement.


Dépôt, Lie, Foeces. Matières qui se déposent au fond du tonneau et quelque fois dans les bouteilles par le repos : le soutirage et le transvasement ont pour but de les séparer du vin.


Dépôtement. (Voyez jauge).


Encaver. Mettre le vin dans la cave.


Engerber. Mettre les tonneaux l’un sur l’autre, lorsque la cave est trop petite pour les contenir autrement. (escarassa), l’engerbement doit être évité autant que possible.


Etancher. Fermer l’ouverture d’une barrique par laquelle le vin fait au dehors. — Etanchoir. Sorte de couteau qui sert à enfoncer la neille dans les joints des barriques pour les empêcher de fuir ; on l’appelle aussi clouet.


Fausset. Cheville de bois qui couvre le trou fait avec le foret (Douzil).


Fleurs. Points et petites feuilles blanches qui nagent sur les vins dans les tonneaux et les bouteilles (canos) ; c’est un défaut et un commencement de maladie, le vin fleuri tourne bientôt à l’aigre.


Foret. Instrument qui sert à faire dans les tonneaux un petit trou, qu’on ferme avec un fausset.


Foudre. Grosse barrique, gros tonneau, dans lequel on entre pour le nettoyer. Les foudres des moines d’Eidelberg contenaient plus de 200 de nos barriques, 400 hectolitres.


Fouetter. On fouette le vin pour y mêler la colle, les blancs d’œuf qui servent à le coller, à le clarifier. On se sert d’un fouet, qui est une verge de fer garnie au bout de petits paquets de crin, ou de soie de porc, comme les goupillons des églises de campagne, qui, au besoin, pourraient servir à cet usage. — Fouettage.


Frelater. Sophistiquer le vin en y mélangeant des choses étrangères. Frelateur.


Fuir. Se dit d’une barrique qui laisse échapper le vin ; les tonneaux fuient par les joints, par les faussets, canelles, et robinets mal assurés, par les trous de vers, etc.


Fûté. Se dit du vin qui a contracté le goût du fût, ou du bois. Fût ou futaille, est le nom qu’on donne aux vases de bois destinés à contenir le vin.


Gras ou graisse. Maladie du vin qui l’épaissit et le fait filer en tombant comme de l’huile. Cette maladie est si rare dans le midi, que la langue vulgaire n’a pas de terme pour la désigner. On ne dit pas vin gras mais vin graissé.
Glouglou. Bruit que fait le vin lorsqu’on le verse d’une bouteille plein ou presque vide.


Jauge. Capacité du tonneau, verge de fer avec laquelle on mesure cette capacité (Berzo). Jaugeur, celui qui fait métier de jauger les tonneaux (berzaïre). Quand on n’est pas d’accord avec l’opération de jaugeage qui est souvent inexact, on a recours au dépotement, qui consiste à vider la barrique, et à en mesurer le liquide avec des pots à mesure qu’il coule.


Mécher un tonneau. C’est y brûler dedans une mèche soufrée ou imbibée d’alcool ou esprit-de-vin. Mécher au souffre, mécher à l’alcool. Méchage.


Muter. On mute le vin lorsqu’on le soufre : l’acide sulfurique interrompt la fermentation, le vin muet est un vin fortement soufré, qui sert à muter les autres, en s’y mélangeant à dose convenable. Dans le Bas-Languedoc, on trouve à acheter de ce vin muet : le mutage, par ce moyen est plus facile et plus expéditif.


Neille. Corde détordue, étoupes, morceaux de linge qui servent à étancher les barriques qui fuient. On les introduit dans les joints ou petits trous avec l’étanchoir ou un simple couteau. (Voyez Etancher).


Ouiller. C’est mettre du nouveau vin dans les barriques pour qu’elles soient toujours pleines. Ouillage, action d’ouiller, c’est aussi le vin avec lequel on ouille. L’ouillage devrait être de la même qualité que le vin qu’on ouille. — Ouiller une barrique.


Pipe. Mesure de compte dans le midi, qui désigne deux barriques. Dix pipes de vin, c’est 20 barriques. Le vin s’y vend ordinairement à la pipe. Ainsi quand on dit que le vin vaut 40, 50, 60 fr. sans autre explication, on entend 40, 50, 60 fr. la pipe. On appelle quelque fois pipe ou piparde un seul tonneau qui a la capacité de deux tonneaux ou barriques ordinaires.


Pope. Petite pompe faite pour transvaser le vin d’un tonneau à l’autre.


Poussé. Vin tourné (Escaudat). Pousse, maladie du vin poussé (Escaoudaduro). Le vin poussé, commence à pousser, tourne à la pousse (s’excaoudo). Si le vin graissé est rare dans le midi, le vin poussé y est au contraire fort commun. Cette maladie y est même contagieuse, car le vin sain mis en décuvant dans un tonneau qui a connu l’année précédente du vin poussé, pousse à son tour l’été suivant. On a écrit (Maison rustique du 19e siècle, tome 3, page 218), que les vins qui contiennent seulement 3% d’alcool passent rarement à la pousse. C’est une grande erreur : nous connaissons du vin qui pousse tous les ans et qui donne communément 12 litres d’eau de vie à 20° de Cartier par hectolitre ; ce qui fait bien plus de 3% d’alcool. Nous connaissons aussi des vins qui ont moins d’eau-de-vie et qui ne poussent pas. Cette maladie n’attaque guère que le vin rouge dans nos pays. On dit que le remède est d’ajouter à chaque tonneau 30 grammes (une once petit poids) d’acide tartrique : dans ce cas, s’il se rétablit, il faut le boire de suite, car il n’est pas de garde.


Remplage. C’est la même chose qu’ouillage. — Vin de remplage, vin d’ouillage.


Remplissage. C’est la même chose que remplage.


Sommelier. C’est dans les maisons considérables celui qui a soin de la cave.


Soufrer. (Voyez Mècher).


Soupirail. Fenêtre ordinairement au niveau du sol extérieur qui donne de l’air, et quelque fois un peu de jour à la cave. Le soupirail est un petit trou qu’on ferme avec un fausset, et qui sert à donner de l’air à une barrique. On n’en fait de deux espèces : l’un est au bout du chanteau, au fond du milieu, tout près du jable ; l’autre, qu’on ne fait que pour le vin blanc, est près du trou du bondon. En champagne on l’appelle broqueteur.


Siphon. Tube recourbé qui sert à transvaser le vin d’un tonneau dans l’autre.


Soutirer ou tirer au clair. Faire couler tout le vin clair qui est dans un tonneau, jusqu’à ce qu’il coule trouble, afin de le séparer de la lie. (Tira al fi).


Sur. Le vin est sur quand il a un goût acide, aigret ou aigrelet, qui approche celui de l’oseille. — Suret qui est un peu sur. — Vin suret (Bert ispre).


Tate-vin. Espèce de sonde avec laquelle on puise du vin par la bonde pour le goûter.


Terroir, goût de terroir. Il y a deux sortes de goût de terroir : l’un qui ne déplait pas toujours, provient des substances minérales de la vigne comme la pierre à fusil et autres semblables ; l’autre provient de matières végétales ou animales qu’on a portées, ou qui se trouvent dans le sol, c’est un grand défaut.


Tonneau. C’est la même chose que barrique. Le tonneau est aussi une mesure de compte composé de 4 barriques de 200 litres, ou à peu près, pesant un myriagramme, ou 10 quintaux métriques, ou 20 quintaux poids de marc ; c’est le tonneau de mer et de rivière.
Transvaser. Faire passer le vin d’un tonneau ou d’une bouteille dans un autre vase semblable.


Vidange. Un tonneau est en vidange, lorsqu’on en sort tous les jours pour l’usage de la maison.


Vinaigre. Vin aigri qui sert à différents usages. La lie, acide qui se forme dans les tonneaux qui le contiennent, s’appelle mère du vinaigre, ou simplement mère. On appelle aussi mère ou mères-vinaigre, les futailles dans lesquelles les vinaigriers font passer le vin pour le faire aigrir. Ils sont plusieurs mères dont ils tirent sans cesse du vinaigre qu’ils remplacent par du nouveau vin.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 19:20

Instituteur, communiste sa vie durant, savant préhistorien, pêcheur, père et mari, Paul Darasse était un phénomène que j’ai admiré sans le connaître. Pour préparer une émission radio, je viens de me plonger dans de vieux dossiers et quel immense plaisir que de relire ce texte en occitan ! Je pensais l’avoir perdu ! Ce texte est un hommage à une culture populaire par la langue, l’anecdote, la joie, la vie. Je ne peux le traduire car je ne sais que dire : en bon français on dira qu’avec son épaule démonté Paul a passé une mauvaise nuit mais pourquoi ne dirait-on pas « une méchante nuit » ? Quelle différence entre lo mètge et lo medecin ? Michel Ferrer dans son immense Abécédaire de Noble-Val fait une très belle présentation de cet homme que je qualifie de géant malgré sa petite taille. Paul, tu nous manque. JPD


Paul Darasse dans Dètz ans, un recueil de textes de l’atelier d’Occitan de Saint-Antonin Noble-Val.

ARRENGAIRES, DEVINHAIRES, MASQUES
I a unes cinquanta ans d'aquô, èri regent a Cailutz. Un dijôus del mes de julh qu'èri anat fliscar dins las raspas de Sèrras, dejôs Brossas, limpèri sus una bauma e tombèri sus l'espatla esquèrra que se desmarguèt. La dolor un côp apasimada contunhèri de pescar encara un parelh d'oras. Apuèi m'entornèri a Cailutz, sus ma bicicleta, tenent lo guidon amb la man drecha. Pas comôde per que monta totjorn un pauc de St-Antonin a Cailutz. En arribant a l'ostal, siosquèri ben recebut per la femna ! Bon. Me'n vau trobar lo mètge (lo medecin se volètz). Èra lo filh Andriu, magrostin, amb de braces teunhes coma mos punhets. Èri pas plan fôrt mas ça que la, èri plan pus musclat que el. M'agacha, me palpa e me ditz : « Vous êtes trop musclé pour moi. Je vais vous envoyer à Montauban à l'hôpital pour 2 ou 3 jours. — Nani, i diguèri. L'espatla es pas que desmargada. Deman anirai à Vidalhac, serà viste garit pel Foinat.

Passèri una maissanta nuèch, me podètz creire. L'endeman, preni ma bicicleta e monti a Vidailhac. Lo Foinat laurava a dos o tres quilomètres de l'ostal. Lo trôbi. Acaba de far sa rega, arrèsta los buôus. « Bonjorn. Qué vos es arribat ? A ! vesi, avètz l'espatla desmargada. Quitatz la vèsta ». Tot parlant, me palpa. «Avètz la platèla qu'es passada davant. Es pas res. Serà lèu arrengada ». Lo Foinat èra un fotral d'ôme amb de mans coma de batedors. Me tôrna palpar l'espatla, m'atrapa la man que pendholava, ten lo braç plan estirat e lo fa virar en davant, puèi lo quilha plan drech... e ieu me quilhavi suls artelhs per sègre que me fasiá mal, lo bogre ! E el coutunha de far virar lo braç en rè. Macarèl que me fasiá mal ! Apuèi me met lo braç plan orisontal, fôrça un pauc e : clac ! Quicôm a petat dins l'espatla e sentissi plus res. Plus de dolor. «E ben, sètz garit. Podètz remenar lo braç. Pendent un jorn o dos, vos conselhi de vos pendolar a una pôrta pr'amor d'assolidar l'espatla ».

Lo mercegèri plan, i balhèri un bilhet — que demandava pas res — e m'entornèri, content, urôs.

En arribant a l'ostal, ma drolleta me ditz : «Tu es guéri papa ? — Eh oui ». Alara m'atrapa la man e vlan ! la me brandis d'un côp sec... e iue tôrna demolir l'espatla. L'endeman tornèri en cô del Foinat.
Març 1983

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 20:27

Une heure trente d’émission sur France 3 pour présenter le « second tour » de Zebda, le groupe toulousain qui avait fait huit ans de pose grès active. Une émission bien faite, bien rythmée, intelligente donc une émission très tardive. Les téléspectateurs ont pu retrouver l’univers Zebda dasn toute sa splendeur.


« Rassembler sans être consensuel »
Pour écouter Zebda, tous les âges, tous les milieux sociaux, tous les sexes, toutes les couleurs de peau peuvent se retrouver car le choix du groupe est celui du rassemblement. Tel était le secret du tube « Tomber la chemise ». Une musique joyeuse, populaire avec en même temps des paroles allant du frivole au sérieux, Zebda joue toujours sur le fil du rasoir. L’accordéon m’a semblé plus souvent au rendez-vous que dans la première version. Dans le reportage télé, ils font à Cahors un détour par une maison de retraite et aussitôt ils sont chez eux car ils chantent, dansent, jouent avec le public, jamais contre lui. Une chanson le dit plus globalement : « partout c’est chez nous… » une affirmation à l’intention de ceux qui voudraient les maintenir dans une case, celle du chanteur de banlieue par exemple. C’est un peu la marque de tout artiste, il n’entre dans aucune case. Pour Zebda, c’est aller à contre-courant du communautarisme dominant. Ils chantent donc les rues, les écoles comme ils chantaient hier le bruit et l’odeur.


Une radicalité sans exclusion
Encore une case impossible, encore une position d’équilibriste. Leur radicalité vient du besoin premier qui a structuré leur soif de chansons : l’expression de la révolte. Ce besoin a été tel qu’il a conditionné la forme prise par leur art, un art collectif. La pose de Zebda devait permettre à chacun de jouer sa propre carte mais finalement ils ne sont forts qu’ensemble. Pas étonnante leur affinité affichée dans l’émission avec Massilia Sound Système, même si je vois mal Zebda chanter en occitan. Jouer collectif, c’est en l’occurrence chanter en chœur [ils seront ensemble dans un concert en Ardèche au mois de Mai]. La force, la dynamique que dégage le groupe vient de cet effort commun. Mais comment chanter la révolte et rassembler ? Parce que la révolte n’est pas un drapeau. « C’est le doute qui trace ma route » indique Magyd Cherfi. ¨Parce que le rassemblement concerne surtout l’univers de la gauche car la dénonciation de Chirac ou Sarkozy a toujours été claire. Donc, tout comme il y a une limite à la radicalité, il y a en une au rassemblement.


Pourquoi refuser la case ?
Quand chacun se range dans la case qui lui est assignée par la classe dominante, celui qui ensuite sort de sa case est un suspect. Nous avons aujourd’hui l’impératif besoin de devenir des suspects… et quand ça peut se faire en musique… Vous les gars de Zebda vous êtes des victimes et vous devriez chanter ça, la victimisation, vous devriez cracher sur les coupables, vous devriez pleurer sur votre sort. Et Magyd de dire : « Jeunes nous étions des pauvres, mais nous étions aussi des privilégiés ». A que les oreilles ordinaires souffrent à entendre un tel contre-sens ! Pourtant c’est si vrai, pourtant nous avons été si nombreux à vivre dans la joie la pauvreté des années 60…


Et les invités ?
Tatou c’était pour la fin, auparavant la première invité c’est une femme, Baya Kesmi. Elle a réalisé deux films, Le nom des gens, Ceux qui aiment la France. L’extrait diffusé donne envie d’en savoir plus.


Un mot de politique
En 2001, avec les Motivé-e-s, donc sur la base d’une chanson de Zebda, une liste entra en piste aux municipales de Toulouse. D’autres firent de même dans quelques villes. Une liste sans relais classique si bien que les organisations organisées et organisantes – parfois agonisantes – ont affirmé de suite que cette poussée de fièvre serait sans lendemain. La poussée de fièvre fut considérable puisque la liste passa largement le 10%. Et pourtant elle fut en effet éphémère. Aux municipales suivantes, en 2008, Magyd Cherfi se trouva dès le premier tour sur la liste du PS. J’ai été témoin de l’autodestruction des Motivé-e-s et j’en ai été triste. Cette aventure était bien autre chose que l’action des Indignés, car il y a eu une participation électorale qui a permis de vérifier l’appui populaire de l’opération. Alors pourquoi et comment l’autodestruction ? C’est là un autre article à prévoir. Je pense que ce succès national de Motivé-e-s en 2001 n’est pas sans lien avec la séparation du groupe en 2004 et aujourd’hui le « second tour » de Zebda, adapté et adaptable au monde d’aujourd’hui témoigne clairement d’une radicalité perdue. Musicalement ce « second tour » est offensif mais en véhiculant plus de nostalgie que de rêve. De 1984 à 2004 Zebda avançait sans trop savoir où il allait. Aujourd’hui ils savent exactement où ils vont (une maîtrise professionnelle) mais pour quelles avancées ? Deux mots leur furent renvoyés : «patrimoine», «phénomène». Ils sont devenus un patrimoine car ils ont été des phénomènes. Ils vont nous ravir encore et le plus longtemps possible.
5-02-2012 Jean-Paul Damaggio

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:13

armand.jpg


Continuant le Scribe, la librairie La femme renard propose à Montauban son premier étage pour des expositions. En cette fin janvier, l’ami Didier Mir y occupe toute la place et j’ai été très surpris et très heureux d’y découvrir des facettes de son talent que j’ignorais.

Dans le texte de présentation il indique tout de suite : « Figures, c’est d’abord l’histoire d’un retour à la peinture. » De Didier, j’avais découvert les multiples dessins qu’il publia dans Point Gauche ! mais je ne connaissais pas ses qualités de peintre aussi, ce retour surprenant, et passionnant est important. Un retour qu’il explique par la décision, après avoir amassé des centaines de photos d’une famille disparue, de confronter cette « matière première » à l’art figuratif.
Dans un premier temps, il ne veut pas s’encombrer avec la ressemblance physique puis elle s’impose peut à peu et ça donne à l’exposition une unité qui la fait, plus encore, universelle. L’universel est dans la simplicité d’une main, d’une pose, d’un regard, une simplicité qui nous fait tous des figures de ces tableaux. Des tableaux d’un autre âge, penseront certains, vivant sous la dictature de l’abstraction. Il a fallu d’autant plus de courage à Didier Mir pour maintenir son cap qu’il associe à Luis Sepulveda ou Luis Llach.
Voilà donc comment je retrouve «     Armand » et sa casquette, dont Rosendo Li a fait aussi le portrait. « Armand » était à Montauban l’homme au chant d’oiseau, le marginal toujours bien dans la société, et avec sa mobylette il était le peuple. Dans la peinture  de Didier, je retrouve tout le sourire, toute la joie de vivre d’Armand qui aurait pu se lamenter sur son sort mais qui semblait bien au-dessus de sa misère. Bien sûr la reproduction sur ce blog ne peut pas rendre les mérites de la couleur, elle est juste une indication.
J’encourage Didier à laisser de côté modes et pensées dominantes pour dire son art personnel fait de simplicités et de chaleurs HUMAINES.
Une autre partie de l’exposition est tout aussi passionnante, autour de la figure du taureau.
J-P Damaggio

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 10:35

remi-cazals.jpg
Quand en 1978, Rémy Cazals a publié chez Maspéro son livre : Avec les ouvriers de Mazamet (dans la grève et l’action quotidienne 1900-1914), je débutais mes recherches historiques et son étude a été pour moi très stimulante. Je débutais par 1851 en Tarn-et-Garonne et aujourd’hui Rémy Cazals se penche sur 1851 à Mazamet.
Il se trouve que j’ai été invité à Mazamet où il intervenait dans une journée consacrée au syndicalisme et j’avais tenu à distribuer un court texte sur 1851 à Mazamet car pour comprendre 1900, 1851 avait à mes yeux une grande importance.
Je me suis donc précipité sur son livre Bonaparte est un factieux (1) qui, par le titre même, donne la parole aux insurgés puisque la formule est le début d’un placard manuscrit apposé sur les murs de la ville.
Le livre permet d’entrer non seulement dans ce moment que fut la Seconde république mais il commence dès 1845 : « L’objectif de ce livre est de faire connaître les éléments directs de la parole populaire lorsqu’ils existent et de décrypter le discours des autorités, beaucoup plus présents. »
Quand on arrive à la dernière page, l’objectif est largement atteint et ce travail confirme ce que répètent les historiens de ce moment de l’histoire : son oubli est grave.
On y trouve quelques portraits plus détaillés que d’autres suivant les sources disponibles : celui du médecin des pauvres, Pierre Decazis par exemple, maire de Mazamet de septembre 1848 à février 1851. Cet homme est emblématique d’une démarche qui caractérise la politisation des citoyens entre 1848 et 1851, quand il déclare contre ceux qui ne voient dans le peuple que des ignorants : « Je sens la nécessité de dire quelques mots relativement à l’opinion qu’ont en général les hommes instruits sur la classe vulgaire : ils pensent qu’elle n’est pas susceptible de comprendre ses intérêts sur ce point [l’argumentation scientifique] ; mais qu’ils se détrompent, c’est là plutôt une coutume qui a été transmise du père au fils, qu’une absence de jugement. Car mettez-vous à la portée du paysan et parlez-lui un langage clair et précis, vous verrez s’il ne goûtera pas vos justes raisons. Qu’on ne confonde pas les hommes de ce siècles avec les hommes des siècles passés ; le grand comme le petit, le riche comme le pauvre, le citoyen de la ville comme celui de la campagne, ont tous reçu quelque étincelle de l’époque nouvelle où nous sommes entré. »
C’est le développement de cette politisation qui oblige la République conservatrice de 1850 à prendre des mesures anti démocratiques qui aboutiront au coup d’Etat et j’approuve des deux mains quand Rémy Cazals constate quand il fait l’analyse des résultats électoraux dans le Tarn en 1849 année où les républicains l’emportent alors qu’en 1848 ils avaient été battus :
« On est là en présence d’une situation durable, qu’il s’agisse de la différence entre le nord et le sud du Tarn, de la tendance conservatrice et cléricale des notables et des paysans du canton de Mazamet, et du cas particulier de Labastide-Rouairoux. »
J’ai moi-même vérifié cent fois que les comportements électoraux qui se sont mis en place en 1849 persisteront jusqu’aux années 1960 !
Brefs, un livre qui peut en surprendre plus d’un, agréable à lire et très clair. Puis-je cependant manifester un regret ? Il me semble qu’à côté de l’histoire événementielle que j’apprécie, pour atteindre l’objectif fixé, n’aurait-il pas été utile de proposer quelques éléments de synthèse ? Le journal républicain est mentionné au détour d’une phrase : une présentation plus précise aurait éclairé la parole populaire.
De même, comme partout on vérifie l’importance des cabarets : un synthèse sur ce point c’est une description de leur fonctionnement.
Si Rémy Cazals se réfère surtout à Maurice Agulhon j’avoue que j’aie autant me référer sur la question au livre de Ted W. Margadant French peasants in Revolt, The insurrection of 1851 où d’ailleurs il est question de Mazamet. JPD
Deux références où j’ai évoqué Mazamet sur le blog
http://la-brochure.over-blog.com/article-31374256.html
http://la-brochure.over-blog.com/article-31374354.html

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 21:33

Voici le récit d’un moment de la Fête de l’Huma de 1992. Beaucoup des acteurs du débat sont décédés depuis. Vénus Koury-Ghata par contre était à Montauban dernièrement. J'ai laissé Castan avec l'orthographe de l'article. Une lecture pour prendre du recul. JPD


Le 14 Septembre 1992
L'HISTOIRE D'AMOUR
L'Europe de Maastricht, égoïste et repliée sur elle-même, inquiète le Sud car elle va écarter des peuples et tirer un trait sur des possibilités de coopérations de toute nature.
LA France, le Sud, l'Europe: quel avenir? Quel rôle? L'espace midi avait mis ces questions à son menu. Alors, durant trois jours, on y a réfléchi. Comme on sait le faire dans ce Sud, de l'Atlantique à la Méditerranée. En paroles, en éclats de rire, en chansons, en musiques et en danses.
Dans le Sud, il y a toujours un forum quelque part. Samedi, juste après le repas de midi, c'est-à-dire vers 16 heures, c'est Aline Pailler, réalisatrice de «Regards de femme» sur FR3, qui officiait. Ses invités? Henri Jouve, agriculteur ardéchois; Edmond Baudoin, dessinateur nîmois; Vénus Khoury-Ghata, poétesse libanaise; Henri Garino, responsable du PCF de l'Aude, et Félix-Marcel Castans, poète et théoricien occitan. En hors d'oeuvre, une communication téléphonique internationale avec la parole en direct de l'écrivain espagnol Manuel Vazquez Montalban.
Le Nord, le Sud ? L'écrivain connaît bien. En particulier dans sa ville, Barcelone, où le clivage Nord-Sud est partout présent. La richesse pour le Nord. La pauvreté pour le Sud. «Il y a un décalage Nord-Sud en Europe aussi, dira-t-il, il n'est pas seulement géopolitique. Il existe dans chaque pays, en Angleterre, en France... L'Europe qui est à l'ordre du jour est souvent présentée comme un combat, un match de foot. C'est un défi médiatique où gagner est le plus important. Beaucoup plus important que convaincre le peuple avec des arguments.»
Henri Jouve doit son engagement au service militaire. Ou plutôt à son choix de partir dans le cadre de la coopération au Burkina. Il y recevra une leçon: «Pour communiquer, il faut d'abord écouter les gens.» Et puis aussi une autre. Universelle, celle-là. «Les paysans se développent eux-mêmes. On ne les développe pas.» De son expérience africaine, il en garde une grande sensibilité au problème du déficit alimentaire. Les Africains ont un savoir-faire culturel dont on ne parle jamais. En France, comme en Europe, on a aussi une agriculture qui est capable de produire. Le drame est qu'on ne conçoit l'aide alimentaire que sous la forme de produits cadeaux. Résultat: une déstabilisation permanente de l'agriculture africaine. Maastricht ? «Le libéralisme en agriculture ne peut pas marcher.» Et «puis aussi, pour ce paysan de l'Ardèche, la grande question de la dignité». Elle se mesure à la façon d'être. «Je suis digne quand je suis capable de faire vivre ma famille. Les contraintes européennes viennent briser cette dignité.»
Prix du meilleur album de bandes dessinées au festival d'Angoulême en 1992, Edmond Baudoin confiera d'emblée à Aline Pailler deux secrets. «Il est difficile de s'exprimer par le dessin. Il en dit toujours trop. Avec un seul trait, on peut dire l'amour, la haine ou la colère.» Et aussi: «Le bonheur ? Il n'y a rien à raconter. On ne raconte toujours que des choses qui font mal.» Pour Edmond Baudoin, le risque est que cette Europe dont il est question se ferme aux pays du Sud. «Mettre des fils de fer barbelé autour de la Méditerranée ne réglera pas les problèmes.» La Méditerranée, «c'est deux mille ans d'histoire. C'est une culture qui a irradié sur l'ensemble de l'Europe, y compris celle du Nord. Ce qui me fait peur, c'est que ce n'est plus l'homme du Nord qui vient envahir le Sud, mais une machine économique. Celle-ci ne se préoccupe plus du tout de culture, mais d'esclavage».
« Il n'y a plus 500 morts par jour au Liban en ce moment. Mais c'est pire. Il y a l'indifférence du monde et la misère », lance Vénus Khoury-Ghata, comme un cri. Elle parlera de son pays, où un enfant sur trois ne peut aller à l'école, où l'art est désormais mort, où la langue arabe n'a plus droit de cité international. «On est en train de nous oublier.» Vénus Khoury-Ghata a quitté son pays. «Si j'étais restée là-bas, je me serais exprimé en faisant des enfants. Ici j'écris des livres.» On ne saura pas si elle le regrette.
«Je suis profondément européen», précise Henri Garino. Comment pourrait-il en être autrement pour lui qui est né dans un camp de concentration, de mère ukrainienne et d'un père espagnol engagé volontaire ? «Je suis un fils de l'Europe.» Aujourd'hui, il vit en Languedoc-Roussillon, «un pays profondément marqué par l'immigration espagnole du temps de Franco, par celle des Italiens et celle des Maghrébins. On est mélangés. On est l'Europe humaine. Celle qui seule devrait prévaloir.» Le responsable communiste évoquera de manière inattendue François Mitterrand. Lors de son émission télévisée pour la promotion du «oui», le président a dit qu'avec Maastricht un «1981» ne serait plus possible en France, celle-ci ayant perdu alors sa liberté d'action pour mettre en œuvre une politique de son choix. «Ça fait froid dans le dos, dira Henri Garino, tout cela n'est pas la liberté, la démocratie, encore moins le socialisme.»
Félix-Marcel Castans se fera historien pour raconter comment l'Occitanie a précédé les premiers théoriciens de la nation indépendante, considérant la France comme le support de leur propre communauté. Il évoquera aussi les troubadours, «fondateurs de l'amour occitan», et donc déclarés hérétiques par l'Eglise universelle. Car - le saviez-vous ? - les hommes n'ont pas toujours fait l'amour de la même manière. Depuis les troubadours, un principe est posé : l'homme ne règle pas le rythme érotique. C'est la femme seule qui a à décider des étapes. Une philosophie du plaisir qui s'accommode mal du centralisme et de l'autoritarisme. «Maastricht renforcera le centralisme. Il y aura une inquisition pire que celle du XIIIe siècle.»
Toutes ces idées, et bien d'autres encore, ont été entendues sur l'espace midi. On pourrait écrire un livre. Mais cet ouvrage serait de toute façon incomplet. Car il ne raconterait ni les accents ni les sons. Les sons de ces voix qui, en contre-chant aux paroles des invités d'Aline Pailler, suggéraient eux aussi le Sud. Avec le Polyrythmic de Gascogne, la Squadra de Gênes, le Basque Benat Achiary et un Bernard Lubat en verve. Presque de la musique aussi, les mots d'André Benedetto, qui lira un texte écrit il y a dix ans sur les «avantages du Marché commun» pour les habitants du Sud. Paroles et musique enfin avec «Coetse», un spectacle inspiré d'une chronique d'Afrique du Sud, dont le principal interprète est Richard Bohringer. Le Sud n'a finalement pas perdu le nord, à la Fête de l'Huma.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 21:27

Alain Mariet en pleine action

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Alain Mariet en pleine action.

 

Sympathique rencontre à Bourret, à l’initiative d’Alain Mariet, autour de la chanson occitane, Lo Boier, cette chanson qui raconte l’histoire d’une femme que le laboureur retrouve mal en point quand il rentre chez lui au point de lui préparer une soupe. Un ami d’Alain, Fernand, aime la musique, la chanson et de fil en aiguille l’un a cherché l’histoire, l’autre à produit une interprétation.
Il s’agissait de présenter la brochure réalisée par Alain Mariet et d’ouvrir une petite discussion qui ne pouvait qu’être productive quand il s’agit de culture populaire. Une dame a précisé qu’à Bourret on ne disait pas que le laboureur trouve sa femme, mais trouve Margot (dans la version habituelle elle s’appelle Jeanne). Et surtout le mot clef, c’est l’adjectif qui désigne l’état de l’épouse : despantolhado disait-on à Bourret et la dame ne sait pas ce que ça peut signifie et il s’agit de débraillée. Ce qui confirme le terme de Saint Nicolas, descordelado et qui est bien plus fort que le terme « officiel » qui dit seulement désolé.
Je ne sais si quelqu’un a fait l’inventaire de toutes les versions possibles mais voilà une tâche qui m’aurait plu.
Fernand, malgré son bel âge, explique les merveilles de l’informatique pour les musiciens. Il a mis au point une interprétation mais il se dit qu’elle pourrait être fignolée et j’imagine cette version sur youtube. Une version lente, dramatique comme est dramatique la chanson.
Un petite discussion sur le fait de savoir si entre 1940 et 1945 la chanson était enseignée à l’école. Fernand était alors à l’école et il se souvient très bien du carnet de chant. Il chantait tous les matins Maréchal nous voilà ! puis un jour un monsieur est passé et finie cette chanson, mais par contre, Lo Boier, a toujours été au programme. Un instit qui n’était peut-être pas dans le moule.
Et le refrain ? le fameux refrain ! Dans la version de Bourret on ne disait pas la liste des voyelles mais seulement O O O O O.
Une chanson qui témoigne de la richesse de la musique populaire dont les effets sont plus souvent qu’on ne croit au cœur de nos vies.
Le gâteau, le cidre et le vin blanc étaient là pour clore cette simple rencontre amicale qui témoigne d’une richesse culturelle souvent négligée voire méprisée. En avant pour la suite.
10-01-2012 Jean-Paul Damaggio

P.S. Sur la couverture de la brochure nous pensions à un boier mais la dame nous dit : c'est un pastre...

 

Photo de Fernand en pleine explication

 

fernand.JPG

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:30

livre-laborde.jpgPhoto : La couverture du livre écrit par Christian Laborde en 1989 chez Hidalgo Editeur au sujet de Claude Nougaro. C’est avec Claude Nougaro, l’homme aux semelles de swing publié en 1984 chez Privat que Christian Laborde a commencé sa carrière littéraire.

Guy Silva présente et interroge Nougaro pour L’Humanité, 2 mars 1981 (du temps où les articles pouvait être longs).


IL habite près de la Butte- Montmartre — à proximité du célèbre cabaret « Le Lapin agile » où, précisément, Claude Nougaro eut son premier auditoire. Ce rapprochement l'émeut, visiblement. Pour cette maison, il a eu le coup de foudre. C'est une maison d'artiste. Elle a appartenu à un sculpteur. Dans l'atelier subsiste encore une énorme pierre, intacte « pour cause de décès ». A part cela, les lieux ont changé d'aspect. Le piano trône désormais avec un orgue de compagnie.
Claude Nougaro a tout de même voulu y installer les chevalets du peintre Estrade, son ami.
Le calme règne. La maison semble au repos: Le jour de relâche est arrivé. Le citadin Nougaro se décontracte en pleine ville. Il savoure en ce moment les bravos du music-hall qui n'ont peut-être jamais été aussi chaleureux. Claude Nougaro en est parfaitement conscient.
— Jusqu'ici, Paris me tournait autour, un certain tout-Paris, cruel, critique, tribunal... Or, on peut avancer, maintenant avec humour, le mot « consécration ».
Il parle de « succès quantitatif » mais il oublie de préciser qu'il reste cette fois un mois à l'affiche. Une performance de longue durée.
— Ma façon de chanter coïncide avec la réceptivité du public. Il y a une sorte d'épanouissement. Cet « Olympia », je le prépare, en fait, depuis 1955. C'est un long mûrissement.
Soudain, il s'interrompt. Le film de sa carrière se déroule.
— Depuis mes débuts, je n'ai pas arrêté, il me semble, de marcher avec des périodes de fatigue, des reprises d'énergie, des portes qui se sont entrebâillées, des ciels qui se sont ouverts.
Comment se définit-il ? N'est-il pas le mieux placé ?
— Je suis un paysan des nuages et tellurique également, tellement inscrit dans l'incarnation et dans le rythme, dans la substance matérielle du langage, qu'il s'agisse des mots ou des notes. Je suis un paysan de l'âme.
Ce « paysan »-là a de la graine fertile. Il sème à tous vents.
— Je suis profondément baroque. Je n'ai pas beaucoup de racines à travers ma naissance territoriale. Ma région, mon régionalisme, ma méridionalité m’ont certainement apporté des influences. Le côté méditerranéen, c'est ma mère. Elle est italienne et... pianiste. Mon père, c'est Toulouse.
« Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin...
Parfois, au fond de moi, se raniment
L'eau verte du canal du Midi
Et la brique rouge des Minimes
0 moun pais
0 Toulouse
0 Toulouse. »
« Un torrent de cailloux » roule toujours dans l’accent de Nougaro.
— Quelque part, à l’horizon de mes atavismes, il y a je ne sais quelle présence sarrasine qu’on peut retrouver à Toulouse. Voici le Capitole, j’y arrête mes pas.  Le bel canto, l'Opéra de la fin du XIXe siècle, dont mon père — baryton — était le serviteur, a certainement imprégné ma sensibilité d'enfant.
« Le ténors enrhumés tremblaient sous leurs ventouses.
J'entends encore l'écho de la voix de Papa,
C'était en ce temps-là mon seul chanteur de blues... »
—L'Opéra, dit-il, est pour moi le supra-théâtre. Non seulement il y a des chocs de passion entre des créatures plus ou moins mythiques, mais il y a aussi le chant, les lumières, tout ce rite du spectacle dont je suis moi-même le porteur. J'ai grandi dans les coulisses de l'Opéra de Paris et dans celle du Capitole. J'ai vu la féerie. J'ai travaillé le classique avec mère. Cela sert pour la diction, le phrasé. A l'écoute de certains chanteurs, on ne comprend pas un traître mot.

Au fait, a-t-il rêvé d'être un jour chanteur d'Opéra ?
— Non, hélas je n'avais pas la voix. Et puis j'ai été littéralement fasciné par la façon de chanter des Noirs.
La musique noire américaine, dès mon enfance, m’a fait danser devant le buffet de la cuisine de ma grand-mère paternelle. Tournant le bouton de la TSF, me sont parvenus les premiers accents du jazz américain, par l'intermédiaire d'Armstrong, Bessie Smith, Glenn Miller, d’une façon mystérieuse que je ne saurais analyser. Cette musique a appartenu à mon espace sonore immédiat. Je l'ai regardée passer comme un témoin émerveillé rempli d'extase et d'infinie nostalgie, d'infinie mélancolie. Cela me fait penser aux marins dans un film de Fellini, qui partent en barque la nuit voir voguer un immense paquebot illuminé — c'est dans « Amarcord », je crois — avec des sirènes, tel un monument de lumière. Moi, j’ai vu surgir le jazz comme une soucoupe chantante, un peu surnaturelle, une planète qui me laissait dans mon orphelinat nocturne, quelque part. Toutes les fibres de ma chair et de mon âme tendaient vers cette espèce de patrie.
Cela lui est venu très tôt. C’était en lui. Comme la danse. Saviez-vous qu’il voulait devenir danseur ?
— Créateur né ? Non. Danseur né ? Ah ça oui! Mon corps, le mystère de mes cellules obéissent â des mots d'ordre venus de la musique et du rythme.

Avec Claude Nougaro, on ne peut dissocier la musique et les mots. Il s'agit bien d'un mariage d'amour.

Grâce à la grande poésie française du XIXe siècle, j'ai connu mon premier choc avec le verbe. Grâce notamment à Victor Hugo. A travers l'alexandrin, ces rythmes carrés, rimés, forgés, tam-tamés, je dirai, c'était déjà de la percussion verbale. Le langage se mettait à bouger, comme si les mots étaient devenus des corps de danseurs. Il y avait une chorégraphie de l'image. Cela fait partie des sens et des sons. Le mot soleil est phonétiquement rayonnant de la lumière du soleil. Je ne peux pas le détacher de sa sonorité.
Pour moi, la poésie, c'est projeter des images dans l'imaginaire. Evidemment, la chanson offre cette possibilité. Au pouvoir évocateur des mots et des signes qu'ils peuvent échanger entre eux, le pouvoir émotionnel des mots est encore exacerbé par la dimension musicale qui ajoute d'autres rayonnements. La chanson m'a permis de focaliser toute mon énergie expressive. Le chant, la voix, le souffle, le langage, les lumières collaborent pour faire passer une émotion, une vision.
« Sur l'écran noir de mes nuits blanches
où je me fais du cinéma
une fois, deux fois, dix fois, vingt fois
je recommence la séquence
où tu me tombes dans les bras...
je tourne tous les soirs
y compris le dimanche... »
Claude Nougaro est de ceux qui tiennent la chanson en haute estime. « La chanson, celle qui rêve / de déplacer plus d'air / que l'air de la Tosca. »
La chanson, c'est un tableau, une histoire, un film, une danse. Elle me permet d'être tour à tour un boxeur, une femme si je veux l'être, je ne sais quel héros, Prométhée.

Claude Nougaro, comme tant d'autres, a été marqué par sa rencontre avec Charles Trenet.
C'est le père de la chanson moderne. Oui, vraiment. J'étais fasciné par son invention radieuse dans le jeu des syllabes, les sonorités, la fraîcheur des images, l'évocation de son univers enfantin. Il chante le bonheur et la mélancolie. C'est un chanteur solaire, un vrai poète.
Poète ? Nougaro, ses textes le prouvent, l'est aussi.
Lui se considère « comme un petit homme noir qui marche dans sa vie. De temps en temps, je bondis, puis je titube, je me couche. Je suis un errant. Je suis un bariolé du point de vue de mes cultures. J'aime cette liberté de pouvoir changer de genre. Ainsi, à « l'Olympia » j'offre une palette de styles différents ».
Du jazz au rock en passant par la valse viennoise.
Claude Nougaro écrit tous les textes de ses chansons mais pas toutes les musiques.
— Je suis à l'écoute des musiques venues de l'extérieur. Elles sont propices à des rencontres avec des musiciens qui m'inspirent. Parfois, la musique, je ne l'entends pas, je la vois. J'ai l'intention d'écrire une fresque sur le jazz, un poème lyrique.
Comment travaille-t-il ? D'abord accepte-t-il la notion de travail ?
— C'en est un effectivement. J'ai sur moi un petit magnétophone ; un calepin sonore auquel je confie une mélodie qui n'arrive. Je suis un grand marcheur dans Paris, un flâneur. Chemin faisant, je reçois des visages. Je rumine beaucoup. Je peux recopier quarante fois les deux premiers vers d'un texte, pour savoir si cela tient au papier avant que cela ne tienne à la voix. La maturité se fait lentement. Cela ressemble à un alambic. Il faut que cela infuse puis, tout d'un coup, il y a un jet mais qui est toujours retravaillé. J'aime bien le côté ciselé, minéral, sculpté.
CLAUDE Nougaro n'a nulle envie d'écrire un roman, il ne sera pas non plus un homme de «Mémoires». Par contre, il caresse deux espoirs. Au moins.
— Ecrire un livret d’opéra est une idée qui progresse. Je rêve d’avoir un jour un grand orchestre. Les concerts Colonne m’ont fait signe. Faire intervenir d’autres éléments est un projet qui me plaît assez. J’aimerais aussi faire du cinéma en tant qu'acteur. Aucun metteur en scène français n'a encore songé à moi. Il me semble que cela doit arriver un jour. J'aime le cinéma italien, américain, celui qui est imprégné de musique.
— Ma passion, c'est la vie. C'est faire de la beauté avec la vie, du plaisir. De la beauté et de la bonté, cela va de pair.
« Il serait temps que l'homme s'aime
Depuis qu'il sème son  malheur
il serait temps que l'homme s'aime
il serait temps, il serait l'heure.
…..
Que l'homme s'aime, c'est peu dire
mais c'est la mon pauvre labeur
Je le dis à vos poêles à frire
moi le petit soldat de beurre
Que l’homme s'aime c'est ne dire
qu'une parole rebattue
et sur ma dérisoire lyre
voyez déjà elle s'est tue... »

— La beauté est terrible. Elle fait peur. Elle est assez torturante. Il faut l'humecter de fraternité. L'homme c'est un passage d'un mystère à un autre, il a le devoir de vivre et d'être à l'honneur de la vie. Seulement il n'est pas toujours capable de répondre aux questions qui l'assaillent : le mal, la souffrance, la violence, la bêtise, l'obscurité, la peur. Le monde est ., effrayant. Je veux que mes chansons apportent du pain et de la lumière. Tout ce que je fais est une célébration de l'homme. Ce qui m'intéresse n'est pas d'être une vedette, c'est d'appartenir au monde, d'être là pour servir la vie.
Et la carrière internationale, y pense-t-il ?
— Je suis cloué sur ma langue française. Il ne me viendrait jamais à l'esprit de mener une carrière « aznavourienne ». Avec des adaptations, aller chanter en italien, en anglais en allemand, en japonais... Par contre, de même que je suis capable d'apprécier — sans comprendre ni l'anglais ni le portugais — un chanteur américain ou brésilien, si on me demande d'aller chanter dans ma langue à moi à l'étranger, pourquoi pas ?
La langue française a atrocement besoin qu'on la défende. Son rayonnement culturel, sa grandeur diminuent tragiquement au profit de la langue anglaise qui a tout envahi. Ses armes d'invasion ont été le cinéma américain et une sonorité assez magique, qu'on nomme chanson, qui a fasciné les oreilles de la vieille Europe. C'est le mythe venu de ce continent qui a complètement façonné, martelé sa dynamique sur la sensibilité planétaire. Les textes ayant peu d'importance. Sauf exception. Je pense à Bob Dylan. La langue française est devenue une langue d'intellectuels et de spécialistes de l'intelligence. Les artistes ont un rôle à jouer. Ils peuvent être de bons soldats pour que la langue soit vivante, qu’elle soit sensible, qu’on la ressente par le sens et non pas par le front, par le mental. Il faut qu’elle soit sensuelle.

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:26

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Sur la photo : Béatrice Amiel, animatrice des Hivernales, Claude Sicre et Hélène NOugaro.

 

Après le film sur Brassens à Réalville, les organisateurs de la soirée avaient donné carte blanche à Claude Sicre pour présenter une série de clips où chante Nougaro. En plus nous avons eu la présence d’Hélène Nougaro, la veuve du chanteur. L’animateur a commencé par dire que les deux chanteurs avaient un parcours similaire pour justifier sans doute la juxtaposition des deux moments de la soirée. Hélène Nougaro a corrigé tout de suite : « Brassens ne s’est jamais marié tandis que Nougaro s’est marié plusieurs fois. » Voilà une entrée en matière qui cassait par avance tout discours consensuel. Que la différence pointée porte sur le rapport aux femmes était peut-être moins qu’anecdotique. Hélène a précisé aussi que Nougaro venait d’une famille de grands artistes et non d’une famille du peuple. C’est là que Sicre a placé judicieusement une idée qu’il défend depuis longtemps : leur point commun aux deux était invisible dans les films, c’est un rapport à l’Italie. Les deux ont eu une mère italienne, l’une porteuse de la chanson populaire, l’autre de l’opéra.
Les clips ont permis de revoir Nougaro à travers sa vie. Hélène a un peu regretté qu’il ne s’agisse que de clips liés à la télévision car dit-elle, il était très mal à l’aise sur les plateaux télés. Il préférait la scène. »
Ceci étant, des interprétations rares comme celle de Paris Mai, et d’autres plus classiques (le lien à Brassens a été visible quand il a chanté devant lui la cane de jeanne) ranimèrent utilement nos mémoires, tout en montrant le gaspillage de moyens de la télé d’aujourd’hui, incapable de faire un plan fixe dans un décor sobre.
Nougaro inventeur du slam avec ses premières chansons ?
De toute façon un extraordinaire jeu avec les mots, les sons, les mimiques.
Une question est venue sur son lien au cinéma. Dans un entretien avec Guy Silva, que vous lirez sur ce blog, il avouer qu’il aurait aimé jouer dans un film.
Quant à savoir s’il y aura une Maison Nougaro à Toulouse, c’est pour le moment un projet. Il existe une association Nougaro qui fait vivre la mémoire du poète.
Concluons avec le propos de Sicre : « il reste trop méconnu, et moi-même je l’ai sous-estimé. » Claude Sicre anime un festival de cinéma sur les musiques du monde mais son lien avec Nougaro est surtout venu au moment où il était le promoteur du Carnaval de Toulouse quand en 1987, il décida de le faire chanter au-dessus du Capitole, « au-dessus de son père lui fit remarquer Nougaro.» Un grand merci à tous les organisateurs.
7-01-2012 Jean-Paul Damaggio

P.S. : Voici la présentation de Nougaro par Guy Silva, dans L’Humanité du  2 mars 1981 :
C'est à Toulouse, la ville rose, la ville du Capitole et des voix d'or, qu'est né Claude Nougaro, le 9 septembre 1929.
Il a dix-huit ans lorsqu'il s'essaie au journalisme. A Vichy d'abord, à Alger ensuite. Déjà le cinéma, la poésie et la musique l'attirent. A Paris il découvre la musique africaine, il se passionne pour le jazz. Avant de faire une première tentative de chanteur (en 1958), Claude Nougaro est notamment le parolier attitré de Philippe Clay et de Marcel Amont.
Avec la complicité du compositeur Michel Legrand, il enregistre en 1962 son premier disque. Le succès est foudroyant. Il y a « le Cinéma », « les Don Juan », « le Jazz et la Java », « Tout feu tout femme », « le Paradis », « Une petite fille ».
Son ami Jacques Audiberti écrit alors « ... Il peut donner aux mots une résonance concrète non encore entendue chez les poètes de papier. La matière des mots joue par elle-même, parallèlement au texte qui garde sa clarté... La phrase se métamorphose et se dédouble en batterie de jazz sollicitant les nerfs au nom des tam-tam et des moteurs d'aujourd'hui. Avec le taureau Nougaro, le poète qui sait écrire, débouche en force dans la noire arène du disque, afin que, de nouveau, retentissent la nuit, la femme, les chambres, la pluie, la femme surtout, hors du lit desséché des livres. »
Un accident de voiture immobilise Claude Nougaro pendant plusieurs mois (1964). Puis il reprend son ascension qui passe par l'Olympia (1969), le Théâtre de la Ville l’accueille en 1974. A la Fête de l'Humanité il connaît une énorme audience populaire que d'aucuns lui ont contestée un temps en voulant le marginaliser dans le ghetto de l'« intellectualisme ». Nougaro déjoua le piège, heureusement. Son public au fil du temps s'est élargi, a rajeuni.
Auteur (toujours), compositeur (souvent), interprète (complet), Claude Nougaro est quelqu'un qui compte dans le monde de la chanson.

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