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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:14

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Sur la photo, les trois cents personnes de la salle : au premier rang, la deuxième personne en commençant par la gauche, c'est ma mère juste devant Marie-France.

 

Le regard de Georges Brassens, un film de Sandrine Dumarais, a attiré beaucoup de monde à la salle des fêtes de Réalville en ce 7 janvier. Programmé dans le cadre d’un festival original, Les Hivernales du documentaire, la foule au rendez-vous a confirmé du bienfondé de cette initiative, qui intervient dans six villes et villages du Midi Quercy. Mais venons-en à Brassens.
Tout jeune l’artiste a acheté une caméra et a filmé son univers propre, et c’est à partir de cette vaste documentation que Sandrine Dumarais construit son propre regard sur l’artiste avec l’aide d’un certain nombre de témoins. Tout commence par le portrait des parents. Une maman pieuse, un papa libre-penseur. Et un fils du côté du père. Claude Sicre apportera, dans la discussion, une information absente du film et pourtant décisive à ses yeux : une mère italienne qui pratiquait la chanson, et, de Calabre à Naples, cette musique traditionnelle, est arrivée sur la guitare de Georges (ajoutons que la ville était fortement italienne). De telles images auraient pu constituer une filmographie familiale ordinaire, mais l’homme étant sur l’écran, se mettant en scène, est ensuite devenu un géant de la chanson – et ne pouvait plus se filmer – donc le public éprouve beaucoup d’émotions face à ce retour de la vie. Voir à Sète, un policier faisant la circulation, à un moment où l’essentiel des véhicules se sont des vélos, ça permet de mesurer les évolutions rapides de nos sociétés. Dans une émission télé, le vieux Brassens commentera quelques-unes de ses images de jeunesse (avec J-P Chabrol par exemple), images qui tendent à montrer que le cantautore (chanteur-auteur) a surtout fait le portrait de sa vie. Les admirateurs de Brassens qui connaissent son parcours sur le bout des doigts savent déjà que la mauvaise réputation, vient d’un épisode précis de sa jeunesse sétoise, épisode qui va d’ailleurs lui faire quitter la ville. Mais voir sur l’écran, cette bande de quatre jeunes qui vont voler des bijoux chez quelques personnes, pour les revendre à une bijoutière de la ville qui les met en vitrine, c’est totalement original.
Si le regard de Brassens est celui, naïf, de quelqu’un qui aime faire des pitreries, le regard de Sandrine Dumarais est plutôt celui d’une réalisatrice complaisante faisant de son héros… un héros. Est-ce qu’admirer Brassens c’est seulement penser à l’artiste ? Ou pour le dire autrement, une fois que l’artiste est là – dans sa grandeur – faut-il oublier l’homme ? La question se pose pour Brassens comme pour tous les artistes : peut-on en donner une présentation laïque ? Cela devrait être d’autant plus facile pour un anticlérical ! Prenons un exemple : en 1943 comme des milliers de jeunes, il part au S.T.O. d’autant qu’à Paris, les maquis ne pouvaient pas être Porte d’Orléans. Cependant, il était de Sète, ville rouge et n’aurait-il pas pu envisager un retour au pays ?

Puis, en revenant d'Allemagne, en découvrant cette part de la France résistante, comment a-t-il réagi ? L’image de Brassens qui ne marchait pas avec le troupeau comme l’explique un de ses amis, est aussi réelle que le troupeau auquel il a pourtant dû se plier.


L’autre face du personnage apparaît dans le film quand on le voit parler au milieu de ses « copains d’abord ». Dans la non demande en mariage, la posture révolutionnaire peut être une façon glorieuse de célébrer un machisme si classique dans le milieu anarchiste, depuis Proudhon. La femme serait-elle autre chose qu’un objet ? Et à être un objet vaut-il mieux être celui d’une vedette ?
J’insiste, ces questions là ne sont pas seulement des questions de la biographie de Brassens, mais des questions quant à son message puisque message il y a, et ces questions ne visent pas à rabaisser le talent du personnage mais à en discuter posément. Brassens comme la plupart des chanteurs de son époque, s’est imposé dans le cadre d’un affrontement social. Le fait qu’il ait fini par s’imposer, par devenir un homme capable de recevoir la légion d’honneur, autorise tout de même l’analyse ! Il n’y a plus les pro-Brassens et les anti-Brassens. Brassens est devenu un bien commun de l’histoire commune de la France et au-delà.
L’animateur de l’association a pensé judicieux d’indiquer que nous allions, nous aussi, avec le film, avoir une Jeanne à célébrer ; un clin d’œil à la Jeanne brûlée vive au cœur de quelques balivernes, une Jeanne comme Georges, incluse dans ce bien commun du pays. Pourquoi faut-il que le rapport le plus fréquent à l’histoire – si important en France – oscille entre oubli organisé et commémoration ostentatoire (pour dire anti-historique) ?
Vous l’avez compris, je ne suis pas pour tel ou tel piédestal mais contre tout piédestal. Et aussi un admirateur de Brassens.
7-01-2012 Jean-Paul Damaggio

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:08

PG : Les langues régionales

 

Le Parti de Gauche vient étrangement d’animer les débats au sein des défenseurs des langues régionales. Vous trouverez ci-dessous la déclaration que je vais commenter.

1 ) « Le Parti de Gauche est interpellé… » : je suis bien lacé pour savoir que le parti de Gauche est interpelé sur la question des lignes à grande vitesse sans que son bureau national n’avance la moindre proposition claire. Le plus souvent le parti de Gauche s’en tient au « programme partagé » avec le PCF pour se montrer unitaire. Donc pourquoi tout d’un coup des positions de principe sur le sujet ?

2 ) « Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale. » Si un débat n’a strictement aucun lien avec le contexte d’offensive libérale, c’est bien celui-là ! La question des langues régionales est ancienne comme le rappelle le premier point de l’argumentaire. Sous-entendre que la mise en concurrence des territoires c’est nourrir les langues régionales, ça relève de la bouffonnerie.

3 ) « Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine. » Voilà les grandes déclarations ! Le PG s’il était cohérent, revendiquerait un enseignement public de l’arabe (afin de ne pas laisser ce travail aux religieux) et cet enseignement bénéficierait surtout aux enfants parlant en partie cette langue… Nous savions Mélenchon attaché à la république mais l’égalité n’est pas républicaine sinon je crains qu’au nom de cette république on refuse tout droit de vote aux immigrés puisque le vote est lié à la nationalité. Donc là aussi, attention, ne donnons pas un droit particulier, même si pour le moment les étrangers de la communauté européenne ont eux ce droit de vote…

4 ) « Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. » Si le français est en danger ce n’est pas sous la pression des langues régionales mais de l’anglais.

5 ) « C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues: par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité. » J’entends mes amis occitanistes crier : la langue régionale c’est du latin ! Cette phrase du Parti de Gauche confirme une incompréhension totale de l’enseignement des langues ! Je le redis : enseigner en France l’arabe ou le japonais ce n’est pas la même chose.

6 ) Quant aux principes et propositions, ils me rappellent que le PS finance très souvent l’enseignement privé au-delà même de la loi sans qu’une dénonciation claire provienne du B.N. du parti de Gauche.

Conclusion :

Les langues régionales sont en France au bord du gouffre du fait d’une transformation sociale telle (disparition des paysans et de la sociabilité qui va avec) que les locuteurs anciens ont été mis sur la touche avant de pouvoir (ou vouloir) transmettre leur culture. Elles n’ont jamais été un danger pour la république, pour l’égalité, sauf chez ceux qui ont du peuple une vision abstraite. Cette déclaration ne me surprend pas : elle a le triste mérite d’alimenter les incompréhensions, là où il aurait fallu avancer des constats ouverts à l’analyse. J’ai cru relire une déclaration du PCF au temps de sa plus grande gloire, un parti qui a fini par évoluer un peu sur la question.

J-P Damaggio

 

A propos des langues régionales et minoritaires

Le Parti de Gauche est parfois interpellé sur la question des langues régionales et/ou minoritaires et leur enseignement. Nous voulons, avec cet argumentaire, affirmer et préciser notre position de principe sur ce thème.

 

La France s'est dotée, depuis les années cinquante, d’un cadre législatif protecteur pour les  langues régionales.

L’apprentissage des langues régionales et minoritaires est possible dans l’enseignement public : basque, breton, catalan, occitan, corse, tahitien, ainsi que 4 langues mélanésiennes. Les langues régionales et minoritaires sont prises en compte pour l’obtention du bac. 

Rien donc n'empêche dans les textes la pratique des langues régionales pour celles et ceux qui le souhaitent.

 

Ce débat a lieu dans un contexte général d'offensive libérale.

En particulier, la réforme des collectivités territoriales constitue l'un des dispositifs de ce projet de concentrations imposées, renforçant la concurrence et les inégalités entre les territoires et nourrissant les inégalités sociales. De plus, la question d'un acte III de la décentralisation est aujourd'hui ouverte dans le débat public. Cette contre-réforme et ces projets ne font qu’obéir aux directives européennes qui visent à transformer la France en une juxtaposition de provinces et de grandes métropoles en compétition les unes avec les autres dans le cadre du grand marché transnational de la concurrence libre et non faussée.

La droite mène cette offensive libérale, elle qui orchestre la grande braderie du service public de l'éducation nationale : suppressions de postes, marchandisation et mise en concurrence avec l'enseignement privé qui se voit accorder toujours plus de privilèges. Ainsi s'organise l'accès aux savoirs sous conditions de fortune, qui renforce les inégalités sociales devant l'accès au droit à l'éducation.

 

Les arguments qui sont avancés pour aller encore plus loin dans l'enseignement public des langues régionales ne sont pas recevables pour nous.

L'antagonisme entre les principes républicains et la prise en compte d'un patrimoine culturel et linguistique, avancé par certains, est factice : parce que nous sommes toutes et tous différents, tout en étant avant tout des semblables, nous avons besoin d’égalité. Revendiquer des droits particuliers à une catégorie de la population au nom des différences, est une atteinte à l’égalité républicaine.

Dispenser un enseignement public uniquement dans la langue de son choix, y compris en immersion, au détriment de l'apprentissage de la langue commune, le français, signifierait que des groupes entiers de locuteurs ne se verraient enseigner durant toute leur scolarité qu'une langue compréhensible uniquement par une fraction de la population de notre pays. Nous réaffirmons avec vigueur notre attachement au maintien d'une langue véhiculaire commune permettant à tous les citoyens de se comprendre. Le français doit être la langue de référence unique dans l'ensemble du service public d'éducation.

C'est aussi une erreur de faire des langues régionales une catégorie à part par rapport aux autres langues : par exemple les langues mortes et les autres langues étrangères dans leur diversité.

 

Nos principes et propositions :

Le PG réaffirme son attachement aux principes républicains qui sont évidemment compatibles avec la valorisation de tout patrimoine culturel.

Le PG s'oppose au projet libéral de l'Europe des régions qui vise à la mise en concurrence des territoires et affaiblir le rôle régulateur des états. Pour le PG, l'Etat devrait d'ailleurs être un rempart contre la dérégulation néolibérale qui détruit les solidarités et les services publics.

Le PG rappelle son attachement à l’attribution exclusive des fonds publics à l’enseignement public.

Le PG réaffirme son attachement à l’apprentissage par toutes et tous de la langue française dès le plus jeune âge comme garantie de la cohésion nationale et s'oppose à l'institution de droits particuliers pour des groupes particuliers. Nous réaffirmons l'unité et l'indivisibilité de la République par la préservation d’un langage commun.

Le PG n'est pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires car elle impose d'introduire des droits particuliers pour une catégorie de citoyens.

Le PG est favorable à l’enseignement des langues minoritaires de manière optionnelle dans le cadre du service public d'éducation.

Le PG réaffirme que le français est la langue administrative et la langue véhiculaire commune.

Octobre 2011

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 16:06

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La chanson du bouvier

 

Alain Mariet a souhaité se pencher sur une des plus vieilles chansons occitanes et sans doute la plus répandue sur tout le vaste espace de cette langue, lo boier. Il a été attiré par une énigme : le refrain qui reprend les cinq voyelles.

Il compare alors les diverses hypothèses et laisse à chacun le soin de se faire sa propre idée.

Comme toute action, elle appelle des réactions. Et j’en donne déjà une.

L’histoire est simple : le bouvier rentre chez lui et trouve sa femme dans tous ses états.

Elle est tristo, descounsoulado (pour l’écrire avec graphie retenue par Alain Mariet).

Si l’auteur de la brochure se penche sur les variantes concernant d’autres mots, il ne dit rien de la femme inconsolable. Pourquoi est-elle inconsolable ? René Pautal a qui j’ai posé la question m’a évoqué deux autres mots : despapachado et pour Saint-Nicolas de la Grave : descordelado. Deux termes qui expliquent pourquoi elle est inconsolable !

Dans un premier cas elle a les seins à l’air, des seins retenus dans le second cas par des cordes. En fait la femme aurait été violée par des soldats de la croisade des albigeois. Voilà donc une hypothèse qui s’ajoute au texte d’Alain Mariet. 12-11-2011 J-P Damaggio

 

P.S. Voici la chanson dans la graphie qui, je le sais, fera crier quelques amis occitanistes, mais je respecte le choix d’Alain Mariet : pour moi les auteurs sont maîtres de leur œuvre à leur risques et périls.

 

Quand lo bouié ben de laura (bis) / Planto sou agulhado

A.E.I.O.U. / Planto sou agulhado

 

Trobo sa fenno al pé del foc (bis)/ Tristo, descounsoulado

A.E.I.O.U. / Tristo, descounsoulado

 

Se sios malauto dit nous oc (bis) / Ta ferem un poutatge

A.E.I.O.U. / Ta ferem un poutatge

Am uno rabo, am un caulet (bis) / Une lauzeto magre

A.E.I.O.U. / Une lauzeto magre

 

Quand sarei morto enterro me (bis) / Al pu foun de la cabo

A.E.I.O.U. / Al pu foun de la cabo

Met-me lous pès a la paret (bis) / Le cap sous la canèlo

A.E.I.O.U. / Le cap sous la canèlo

Et los roumieous que passaran (bis) / Pendran aigo senhado

A.E.I.O.U. / Pendran aigo senhado

 

Et diran qui es morto aqui ? (bis)  / Aco es la paouvro Joana

A.E.I.O.U. / Aco es la paouvro Joana

Sen es anabo en paradis (bis) / Al cèl ambe sus crabos

A.E.I.O.U. / Al cèl ambe sus crabos

 

(En résumé : le bouvier vient de travailler, il trouve sa femme triste, il lui propose de lui faire une soupe et elle répond en évoquant sa mort, son enterrement, les gens qui passeront devant sa tombe, et elle sera au paradis avec ses chèvres.

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 16:25

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La Dépêche du Midi, sous la plume de J-P François, vient d'annoncer la rencontre autour d'un livre que nous avons déjà largement évoqués. Ceci est donc une forme de rappel pour vous inviter à y participer.

 

Article de La Dépêche

On connaît l'excellence des choix éditoriaux qui va de pair avec la réputation quasi ancestrale de la maison d'« Éditions du Rouergue » à Rodez. C'est encore plus vrai au travers d'un livre-album complété d'un CD qui vient de sortir. On débattra autour de cet ouvrage intitulé « Travailleurs venus d'ailleurs » demain vendredi 13 mai à 17 h 30 dans les locaux de la « Cave à Lire » de la librairie Deloche. Cette rencontre sera animée par Jean-Paul Damaggio qui en la circonstance quittera la page 156 de l'ouvrage où son portrait ouvre la galerie choisie pour évoquer le Tarn-et-Garonne. Laure Teulières pour les textes, Gilles Favier et Sara Jabbar-Allen en ce qui concerne les photos ont réalisé au travers des huit départements de Midi-Pyrénées un superbe casting. Qui réunit des portraits de femmes et d'hommes tous immigrés ou descendants d'immigrés et qui ont uni leurs destins à leur terre d'adoption. Le choix a été limité mais le rendu graphique et photographique est d'une très grande qualité. Gilles Favier le photographe a signé un travail d'artiste comme les abonnés de l'agence Vu et les lecteurs de «Libération» en voient souvent sous sa signature. On ne peut que conseiller aux lecteurs et au public de venir découvrir d'autres portraits qui glisseront facilement des pages dans la réalité pour conter leur vie, leur espérance et leur expérience dans une terre re-natale pour certains.

J-P François

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:43

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Voici ma dernière internvention dans un colloque occitaniste. C'était en 1991 grâce à Christian Laux. Un colloque à la gloire de Fourès. Par hasard, j'y cite Cladel.... JPD 

 

 

1. Présentation

Comprendre un écrivain du XIXème siècle c'est le replacer dans le tissu d'amitiés où il évoluait. Ceci est peut-être encore plus vrai pour Fourès que pour d'autres. Je vais donc évoquer le poète par l'écrit d'un de ses amis, un montalbanais. Il pourrait s'agir de Léon Cladel. Fourès le connut peut-être par l'intermédiaire de Louis-Xavier de Ricard car Cladel participa, à Paris, au Parnasse et à la Commune. Un poème de Fourès daté de 1877 et ayant pour titre " A la droulheto de Léon Cladel " témoigne de cette amitié comme la publication dès les débuts de La Lauseto d'un poème de Cladel : " Le soldat ". S'il ne s'agit de Cladel s'agit-il du félibre Augustin Quercy qu'il connut peut-être par l'intermédiaire de Léon Cladel ? Cladel écrivit à Quercy en 1885 : " En Provence, Mistral et sa bande de félibres ont fait des lexiques et des grammaires. Pourquoi Fourès, du Lauragais, et vous, son très digne lieutenant du Quercy, n'en feriez-vous pas autant ? " Mais l'homme que je vais évoquer ne sera pas Augustin Quercy. Alors son ami Antonin Perbosc ? L'ami Passerat va l'évoquer ici donc j'indiquerai simplement qu'à Montauban par l'intermédiaire de la Tribune du Tarn et Garonne il manifesta son soutien constant à Fourès. Le 10 mai 1891, il publie une traduction de l' " Yeuse " de Fourès (publiée dans Les Cants) qui se termine ainsi : " Et l'Yeuse c'est toi, maître Léon Cladel !". Il présenta dès leur parution en 91 Les Cants del Soulelh sous la signature de Romanès. Il publia dès septembre 91 un poème en français sur la mort de Fourès qui commence ainsi :

Toi qui tant eus horreur de " l'immonde prétraille "

Que ta strophe souvent, âpre, fustige et raille,

Dors en paix maintenant droit en ton fier tombeau !

 

Dans ce même journal l'union des quatre hommes, Cladel, Fourès, Perbosc et Quercy, s'est manifestée par la publication de trois traductions en oc d'un poème de Cladel : " L'âne ". Avouez qu'il est original de pouvoir comparer, côte à côte, trois traductions dans la même langue !

 

2. Témoignage de Séméziès

La vision de Fourès que je vais vous présenter est celle d'un ami d'occasion du poète et il s'appelle Marcel Séméziès. Joseph Salvat évoque l'anecdote que je vais vous conter en ces termes :

" Comment l'avait-il obtenue (sa nouvelle maison) ? Peut-être par quelque membre de cette société des Mousquetaires qu'il avait fondée avec Maffre de Baugé (d'Artagnan), Marcel Séméziès (Aramis) et François Tresserre (Athos) ; lui-même était Porthos, " le premier mousquetaire gris ". L'histoire des Quatre Mousquetaires a été écrite par Marcel Séméziès, le dernier survivant. Elle abonde en récits pittoresques de réunions et de rencontres. "

C'est donc ces récits pittoresques que je vais évoquer. Nous étions en 1884 et Séméziès avait 26 ans.

Comment Séméziès rencontra-t-il Fourès et quand ? Tout ce que je vais vous raconter maintenant est la présentation que Séméziès fait de la rencontre dans ses mémoires manuscrites déposées à la bibliothèque de Montauban.

Il indique qu'en juillet 1884 un nommé François Tresserre passe le prendre à Montauban pour un voyage chez Achille Maffre de Baugé. Ce dernier décida de les conduire chez Fourès. Fourès connaissait déjà Maffre de Baugé et F. Tresserre à qui il dédia un poème en 1881. Voici ce qu'écrit Séméziès qui est le nouveau de l'équipe :

" Je connaissais de nom Auguste Fourès, poète français et occitan, grande figure du félibrige. Nous partîmes tous trois pour Castelnaudary où nous attendait à la gare le poète prévenu par dépêche. C'est un long garçon fort maigre, vêtu à la diable, coiffé d'un feutre mou immense. Sa figure fine, aux yeux brillants et doux, à grandes moustaches et barbiche était extrêmement sympathique. L'homme était charmant, poète et excellent dans les deux langues, ami sûr, bon, généreux, dévoué. Très original aussi. Fils d'un riche quincailler, il avait laissé péricliter son fonds, n'entendant rien au commerce, abandonnant la marchandise au prix qu'on voulait et il avait fini par ne plus tenir dans sa boutique que deux articles, des épées et des chaînes de fer qu'il jugeait marchandises nobles. On devine ce qu'il devait en vendre à Castelnaudary. Il nous amena à une grande auberge où une table nous attendait en pleine cour, dans un coin d'ombre. Fourès n'était pas pour les salles à manger et vivait le plus possible toujours au grand air. Sur cette table on ne nous servit qu'un seul plat, mais quel plat ! Le cassoulet. Ceux qui ont goûté au cassoulet, par curiosité du nom, dans de grands restaurants ou de grands hôtels, ne connaissent pas ce mets des dieux, fait pour de gigantesques mangeurs, des héros d'Homère. Il faut l'avoir mangé comme nous ce jour-là, dans une auberge locale. Pas un plat correct, mais une énorme terrine vernie grande comme un fond de barrique, servie à même la table... "

Là j'interromps la citation, qui concernerait plutôt un colloque gastronomique — ce qui n'est pas cependant incompatible avec le sujet d'aujourd'hui — en la reprenant plus loin :

" Pour digérer cet énorme mets nous frétâmes une carriole de l'auberge, conduite par Fourès, et partîmes au hasard dans les hautes collines qui relient la Montagne Noire à la chaîne des Corbières. La chaleur était ardente mais, ivres de cassoulet, de vin blanc et de poésie, nous ne la sentions pas. Un chemin vague nous conduisit au pied du château en ruines que Fourès nous nomma : Cessac. "...

Là ils font des projets d'achat du château puis ils vont à Toulouse. " Nous y arrivâmes vers minuit et descendîmes à l'Hôtel des Bains où nous signâmes " Les quatre messieurs de Cessac, puis nous allâmes souper au Sion, où François trouva tout de suite quatre gentilles " Mesdames de Cessac " pour compléter la famille. Nous restâmes plusieurs jours à Toulouse, y menant une vie orientale, de plaisirs le soir et la nuit, de sommeil le jour.

Puis nous arrivons à des choses plus " sérieuses ". Ils décident de se donner le nom des quatre mousquetaires:

" Baugé fut D'Artagnan, Tresserre Athos, Fourès Porthos et moi Aramis. Cela posé nous songeâmes à étendre le cercle et à former un groupe qui s'appellerait Les Mousquetaires Gris où tous seraient frères comme nous l'étions mettant en commun argent, influences, relations, plaisirs, idées, une association de gens en révolte contre les platitudes, les conventions, les mornes usages de cette fin du XIXème siècle, une bande de joyeux, généreux, libres et romanesques rebelles qui ne comprendraient que des écrivains, des officiers ou des gentilshommes. "

Et Séméziès rime l'hymne sacré de cette compagnie et donne, après le règlement fixé par Maffre de Baugé, la liste des membres de cette compagnie. Mais nos farceurs ne s'arrêtent pas là.

"Et, les mousquetaires fondés, il leur fallait une gazette, un lien permanent entre eux et ce fut Le Passant, gazette de Messieurs les Mousquetaires Gris. Nous fondâmes cela à six : Baugé, Fourès, Tresserre, moi et Souëf qui marcha tout de suite à fond avec nous, et Amédée Reynès à Perpignan, pour la partie matérielle à laquelle nous autres, les cinq poètes, nous n'entendions rien. Nous mîmes chacun 500 F dans l'affaire et cette première mise de 3000 F, aidée de quelques souscriptions à 100 F de nos meilleurs amis et des abonnements, suffit à faire vivre la Revue près de quatre ans. Elle survécut même à la Compagnie et connut à Paris quelques mois de vraie notoriété. Un imprimeur de Perpignan, Larobe, ami de Reynès, nous fournit à bas prix le papier et l'impression et sur la demande d'Aimé Giron, du Figaro, un des romanciers de la maison, l'éditeur parisien Paul Ollendorf, voulut bien donner sa marque. Imprimé à Perpignan, Le Passant fut donc édité et lancé à Paris. Les premiers numéros furent à peu près entièrement rédigés par Baugé, Fourès, Tresserre, Souëf et moi, en multipliant chacun nos signatures. "

Il n'en mentionne aucune au sujet de Fourès. Parmi les autres noms qui participèrent à la revue on a la surprise d'y retrouver aussi bien Paul Verlaine que Frédéric Mistral, Verdaguer que Pierre Loti. Ce fut vraiment une note à part dans le mouvement littéraire de cette époque.

Je n'ai pu consulter que quelques numéros de cette revue. Les n° 49, 50 et 51. Le numéro 49 est daté du 20 juin 1885, ce qui suppose un numéro 1 en juin 1883 à moins qu'au départ elle ait été hebdomadaire. Le rédacteur en chef est bien Maffre de Baugé et Séméziès fait figure de secrétaire de rédaction. On trouve dans le numéro 50 un article de Maffre de Baugé où il écrit :

" Fourès de temps en temps fait parvenir jusqu'à moi son rugissement d'indompté : bien, rugis, lion ! Et dans les courtes épîtres qu'il m'envoie, je hume une verrée de vaillance. "

Dans ce même numéro il y a une publicité pour le lancement de l'almanach de La Lauseto avec l'adresse de Xavier de Ricard au Paraguay et celle de Fourès à Castres où il se trouvait chez un oncle paternel (il dit " y voir tous les jours les paysans vrais plus superbes encore que ceux de Cladel ") mais où il resta peu puisqu'en 1886 on le retrouve à Toulouse. Notons aussi en passant que si Fourès a donné les 500 F on doit mesurer sa générosité quand on sait qu'il était très endetté, à ce moment-là comme souvent, réussissant d'après Salvat à vendre la quincaillerie, avec l'accord de sa mère, fin 1884. La vie de pacha à Toulouse ne devait pas non plus être un bon plan pour sa bourse plate.

Le Passant paraissait deux fois par mois en 20 pages techniquement soignées. En quatre ans on peut considérer que cette revue publia 2000 pages ce qui n'est pas mal quand on a vu dans quelles conditions elle a été lancée. Marcel Séméziès à l'occasion de cette aventure fera paraître : l'Album des Mousquetaires qui est un recueil de poèmes où chaque petit texte présente un membre de la Compagnie. Indiquons ce qu'il y dit de Porthos-Fourès. :

" Voici venir Porthos. Paysans, jacquerie,

Bandits de grands chemins, reîtres, aventuriers,

Debout ! - Porthos pourtant parmi les chevaliers

Tiendrait haut rang ayant son droit de seigneurie.

 

Sur son pourpoint de drap pas une broderie,

Pas de plume à son feutre, et ses lourds baudriers

Sont de cuir comme ceux des simples cavaliers :

Porthos a deux amours : le peuple et la patrie.

 

Festins, danses, baisers, parures, colliers d'or,

Dentelles et velours, un sourire de femme,

Porthos trouve la chose indigne de son âme.

 

Il veut le pays grand et le peuple très fort.

Le grand amour de l'humble est dans son cœur antique,

- Féodal à la fois et très démocratique. "

 

Ce portrait ne me semble pas trop mauvais venant d'un homme qui n'avait rien à voir avec Fourès. Séméziès se présente ainsi :

" Je fus et je suis l'homme qui mécontent de son époque, inadapté et inadaptable à elle, ne songe qu'à s'en évader. Mon âme fut toujours orientale et antique, loin dans le passé, loin dans l'espace. "

D'où son amitié pour Loti. Il fut écrivain sans se préoccuper de langue d'oc et pour marquer la différence entre les deux hommes, retenons aussi cette confidence de Séméziès :

« Dans le cabinet de lecture je n'y lisais, non pas les journaux que je n'ai jamais lus et que je méprise, mais deux ou trois grandes revues puis des livres sans fin. »

Quand on connait la passion de Fourès pour les journaux, d'où le bon choix de finir ce colloque par une intervention sur l'actualité de Fourès, on mesure l'écart entre les deux écrivains, écart auquel il faut ajouter des divergences politiques considérables.

 

3. Observations

En conclusion voici quelques observations. Qu'est-ce qui pouvait regrouper ces hommes si divers ? Voici les premiers mots d'une lettre de Mistral à Lafagette publiée dans le numéro du 10 juillet 1886 du Petit Toulousain :

" Vos Pics et Vallées sont l'œuvre d'un exalté de la poésie. "

Le premier drapeau des mousquetaires comme de beaucoup des écrivains de l'époque avait un nom simple : La POESIE. La poésie donc la langue et non pas la langue donc la poésie. Et dans la conclusion de sa lettre Mistral écrit : " Et maintenant, cher confrère, quelles que soient nos divergences, embrassons-nous en art, en poésie et en patrie. "

Il confirme cette prédominance de la poésie devancée cependant par la parole magique : l'art.

 

D'où venait cette passion de créer des journaux ou revues car il est étonnant qu'une rencontre comme celle que je viens d'évoquer puisse déboucher sur une revue. En la matière on peut dire qu'en 1884 Fourès était un expérimenté et qu'il n'allait pas cesser de pousser à la création de journaux ou d'écrire pour des journaux. Ces journaux sont les enfants d'une loi de 1881 sur la liberté de la presse. Dans toute la France les rotatives vont se mettre à tourner à un rythme complètement fou. Mais dès la fin des années 1880 l'esprit frondeur aura les ailes coupées. Cette histoire me rappelle celle de la mise en place de nos radios dites libres au début des années 1980 et leur mise au pas au fil des ans par les grosses maisons commerciales d'où le mérite actuel de radios occitanistes qui existent encore. Concernant les journaux des années 80 prenons un exemple. Dans la foulée de la création du Passant Fourès crée Le Petit Toulousain (un peu avant, Augustin Quercy crée à Montauban Le Petit Montalbanais). En 1889 un certain Marcel relance Le Petit Toulousain. Il rend hommage à Fourès qui est présenté ainsi : " Fourès, volontairement retiré des affaires, les pieds sur les chenets de l'âtre, ayant à portée de la main les volumes amis " et ce Marcel fait croire qu'il va continuer le travail de Fourès, mais sur la page de droite on trouve un article de Francisque Sarcey qui était le contraire des valeurs de Fourès. Francisque Sarcey était la bête noire de Cladel qui lui consacra une nouvelle pas triste.

Et enfin, observation, rapport à la politique. Encore une fois comme son ami montalbanais Quercy, Fourès fut conseiller municipal et comme Quercy, cela le "tua" non physiquement mais moralement. Le premier point du règlement de la Compagnie des Mousquetaires est clair : " Mépris absolu de la politique et autres supercheries, escobarderies et filouteries contemporaines. " Ce mépris était déjà à double sens : le mépris de celui que la république désenchanta, nous dirons les désespérés de la gauche, et le mépris de celui venant de l'extrême-droite et qui crache sur la démocratie. C'est dans cette deuxième catégorie que se classe Séméziès. Si on compare les collaborateurs du Passant et ceux du Petit Toulousain créé peu après, on trouve quelques noms identiques comme Georges Beaume, Léo Rouanet, F. Tresserre mais des absents, Séméziès, et des nouveaux qui auraient pu se retrouver dans Le Passant : Cladel, Lugol, Nancy Mary-Lafon, Perbosc et Pouvillon. La politique mise à la porte dans Le Passant, une revue, rentre par la fenêtre dans un journal Le Petit Toulousain, d'autant que les journaux étaient souvent des machines de guerre électorales.

Si cette anecdote confirme que la devise générale d'une bonne part des hommes de lettres de l'époque est aussi le P.L.M. de tous les félibriges, Poésie, Langue, Mère-patrie, les événements actuels tendent à prouver qu'on n'a pas fini d'en chercher les raisons !

 Jean-Paul Damaggio

NOTES

Mémoires, Marcel Séméziès, manuscrit, B.M. de Montauban.

Le poète Fourès, Joseph Salvat, Collège d'Occitanie, 1974. L'Album des Mousquetaires, 1885.

Le Petit Toulousain, quelques exemplaires à La B.M. de Toulouse.

Le Petit Montalbanais 1884-1889, Montauban, Archives.

Le Passant, 3 numéros à la B.M. de Montauban.

Sur Marcel Séméziès : dans Dix siècles de Vie littéraire en Tarn et Garonne, B.C.P. de Tarn et Garonne.

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 14:05

Pourquoi les commentateurs politiques passent-ils toujours d’une présentation abstraite de la mondialisation à une évocation folklorique du local ? Et en France, quoi de plus folklorique que Marseille ? C’est ainsi que la famille Guérini, usant de la « fierté » locale, peut retourner à son profit, comme Bernard Tapie hier, ce qui ailleurs passe pour de l’escroquerie pure et simple. Malheureusement, depuis des années, en divers lieux et pour divers partis, électrices et électeurs n’ont pas hésité à réélire des politiciens condamnés ! Alors ?

Marseille

Tout le monde sait que la fédération PS de Marseille n’est que la partie visible d’un iceberg volumineux incapable de fondre sous le coup des chaleurs de l’actualité. En conséquence, épiloguer sur la part politicienne du rapport Montebourg sert de masque supplémentaire à l’analyse de fond d'un pant de la mondialisation : qu’est-ce que la corruption aujourd’hui, à Marseille, en France et dans le monde ? Puisqu’il s’agit du parti socialiste certains se penchent sur la différence de traitement, par la direction du parti, entre le cas Georges Frêche et celui des Guérini, sans se demander s’il ne s’agit pas de deux situations peu semblables. J’ose prétendre, sans défendre un seul instant Georges Frêche, que le clientélisme, le népotisme appartiennent à la vieille France alors que Marseille, depuis longtemps annonce le futur du pays. Dans un débat télé, un connaisseur de Marseille a lâché le nom de Sabiani et des années 30. Qui a pu saisir la référence ? Seuls les lecteurs du polar de René Merle, Treize reste raide[i], qui avait donné lieu à un article de ce dernier dans Libération (14-04-1998), ont pu comprendre comment, du fascisme des années 30 au vote FN des années 90, une tendance lourde circule dans les rues de la ville. René Merle indiquait alors : « Aujourd’hui l’épisode sabianiste est presque oublié. Mais on peut se souvenir que ce fascisme méridional a voulu capter le radicalisme social d’origine populaire, récupérer la protestation contre l’injustice sociale. » Douze ans après, ce propos n’est-il pas prémonitoire ?

Suis-je loin des Guérini ? Du mythe du « midi rouge » ?

La corruption se divise en deux éléments : les corrupteurs (qu’on oublie) et les corrompus (qu’il faudrait plaindre). Le système mafieux n’est pas l’effet du PS, mais le PS étant dominant dans les Bouches du Rhône, le système existant a investi le PS. Si le RPR hier, ou l’UMP aujourd’hui, avait été dominant (comme dans d’autres villes de la région PACA) c’est ce parti qui aurait croisé les corrupteurs (ne parlons pas ici du cas de Nice).

Notre siècle

Pourquoi, partout dans le monde, les peuples s’insurgent contre les corrupteurs, sans pouvoir imposer leur volonté ? Comment expliquer que de Caracas à Moscou, de Marseille à Tunis, de Rome à Managua, les pouvoirs soient face au même problème, qu’ils usent ou combattent, mais qui les ronge de toute façon, la corruption ? S’agit-il d’une perte générale de morale ? L’histoire est connue : en Italie, une opération « main propre » au cours des années 90, a obligé le socialiste Craxi à fuir chez son copain Ben Ali, qui vient à son tour d’être victime d’une opération main propre, pendant que l’Italie « nouvelle » est dirigée par un homme aux mains encore plus sales que celles de ses prédécesseurs ! Je ne rappelle pas cet événement pour signaler que la révolution tunisienne (ou d’autres) est vouée à l’échec, mais pour insister sur les tendances de fond de notre siècle. Elles sont de trois ordres qui s’autoalimentent et toutes visent à mettre à mal les vestiges issus de la révolution française : la montée en puissance de l’économie parallèle (au grand désarroi du capitalisme producteur), l’émergence d’extrême-droite diverses (et cette diversité en fait la force), le retour des féodaux contre les aristocraties établies. Les Guérini sont des féodaux qui peuvent faire de Martine Aubry leur vassale (ce n’était pas le cas de Frêche) ; leur stratégie alimente l’extrême-droite (qui se donne des airs de pureté) ; la dite extrême-droite use des vestiges de la démocratie pour tuer la démocratie ! La boucle est bouclée et les pendus sont légions.

Les Arabes

René Merle rappelait dans l’article de Libération « la vieille tradition de droite extrême, régionaliste, royaliste, maurassienne, vive par exemple dans la Vendée provençale rhodanienne ». L’écart entre les positions de Mistral et celles des félibres rouges, surtout de l’Hérault, n’est pas qu’anecdotique. Dans cette tradition, il y a le rejet de l’Arabe. Les révolutions tunisiennes puis égyptiennes auraient pu changer la donne en montrant un visage nouveau de ces peuples, mais le miroir qu’elles renvoient des complicités des dirigeants européens avec les dictatures (je n’ai pas écrit avec la facilité coutumière, occidentaux) écrase encore plus nos mœurs officielles. Après avoir été à la source de milliers d’émigrés, la Tunisie va-t-elle nous donner des leçons de démocratie ?

Marseille est le sismographe de toute cette mutation, lieu de la crise profonde à travers son port, son industrie, lieu au cœur de la méditerranée, doté en plus en France d’une fonction a-parisienne en tant que seconde ville du pays ! Montebourg ne fera que passer, l’iceberg lui, continuera son chemin. J’aimerais tant qu’il soit sondé minutieusement, l’iceberg !

09-03-2011 Jean-Paul Damaggio



[i] Treize reste raide, René Merle, 1997, Gallimard, 237 pages

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 12:30

Clovis et Jeanne Hugues

Clovis Hugues

Ci-dessus deux liens parmi d’autres, sur le site de René Merle, où uk revient sur le cas de Clovis Hugues que j’ai croisé comme ami de Léon Cladel. J’en profite pour apporter ma contribution à la connaissance de ce poète. JPD

 

Clovis Hugues par René Lacôte

Lettres Françaises 1953

Clovis Hugues poète politique et félibre

QUAND les livres coulants se vendaient trois francs, on trouvait, partout pour six sous des Poésies choisies de Clovis Hugues, dont l'éditeur était la « Librairie des publications à 5 centimes » : j'en garde un exemplaire qu'un lecteur fervent fit relier. Clovis Hugues eut même le privilège de voir inaugurer de son vivant (et il mourut à 55 ans) la rue qui porte son nom, dans le XIXe arrondissement, pour honorer avec le poète du Droit au bonheur le combattant de la Commune de Marseille et le premier élu du Parti Ouvrier Français. Quel poète, après Victor Hugo qui venait de mourir, connut à cette époque une telle popularité ?

Il avait fait ses débuts poétiques au fort Saint-Nicolas, Communard de dix-neuf ans détenu pour quatre ans. Il restait le même homme à la Chambre et dans ses vers, dont la conception s'exprimait en cette formule : « La poésie n'est grande que si elle complète le rêve par l'idée, l'idée par l'action ». Ce qu'on aimait dans son œuvre était l'accent des Châtiments, mis sur-des thèmes actuels qui en renouvelaient le besoin. Comme il n'avait pas tout le génie de son Maitre, qu'importait qu'il chantât ce que tout le monde pensait ! Le critique se tire d'affaire en décrétant qu'il « délavait en vers le programme de son Parti ›, ce qui le condamna sans appel, à la faveur du mallarmisme régnant. Gustave Khan, un raffiné, ne cessait pourtant de défendre la poésie de Clovis Hugues. Il la définissait par « un mélange de talent vigoureux, d'exquise simplicité, de bonté profonde et, on peut prononcer le mot puisqu'il fut tribun, de solidarité profonde avec tout ce qui frémit de beauté au souffre d'inquiétude ou de misère ».

Clovis Hugues reste l'un des meilleurs parmi nos poètes politiques. Encore faut-il qu’on le lise, et nous en reparlerons, Il demeure à notre portée, malgré le silence dont on l'entoure encore. Lemerre a notamment une édition de Poésies choisies qui parut il y a vingt ans, assez différente d'ailleurs de son édition à six sous, établie par l'auteur afin, disait-il, que le peuple « suspende la lyre au faisceau des outils. »

On sait bien de quoi l'art pour l'art entendit triompher, et comment il y parvint quelque temps. Qui pensait à célébrer le centenaire de Clovis Hugues, que nous signalions ici, il y a un peu plus d'un an ? A peine quelques félibres, car il a laissé, dispersée et introuvable, une œuvre provençale de tout premier plan. Les raisons des félibres ne sont pas toujours bonnes, mais celles de l'Ecole des Alpillcs étaient excellentes si j'en crois la conférence admirablement documentée que fit M. Marcel Bonnet devant ce groupement. M. Bonnet est un homme patient et prudent, qui s'est mis en quête des textes les plus oubliés à seule fin d'en donner lecture. La leçon de ces textes ne peut manquer de remettre en cause, parmi les félibres abusés, l'orientation même du Félibrige depuis si longtemps faussée.

Après Mistral qui n'en est pas innocent, on a fait du Félibrige une machine de guerre fasciste. Mistral, qui supportait Clovis Hugues, ne l'aimait guère ; il transmit en héritage aux grognards de son Empire la besogne frauduleuse à faire des anthologies de l'histoire. Selon Marius André, bon apôtre, lorsque Clovis Hugues écrivait- en provençal, « le naturel de la race, -tout ce - qui fait le fond immortel de tout homme bien né reprenait le dessus et il envoyait au diable ses théories sociales et politiques françaises. ». A-t-on suffisamment colporté cette fable sans pouvoir recourir aux textes !

La poésie provençale n'est qu'une partie de l'œuvre de Clovis Hugues, mais fort importante dans ce mouvement. Il y a dans ces chants de Provence un réalisme que Mistral n'a pas. Clovis Hugues n'est pas toujours clairvoyant, mais il est aussi loin de l'idéalisme provençal de Mistral que de l'Intellectualisme occitan d'aujourd'hui. Il n'y a pas, chez lui, qu'un repos aux sources de sa vie, puisque celles-ci sont prises dans tout leur contexte social et national (et point seulement paysan selon l'Evangile de la secte) et puisque, enfin, Clovis Hugues a su donner à la poésie provençale ses plus beaux chants révolutionnaires, en occupant dans sa lutte tout le terrain du Félibrige et bien au-delà.

Dans la langue nationale, il a repris aux faussaires et remis dans sa vraie lumière l'épopée nationale de Jeanne d'Arc. Félibre, il rend leur pleine réalité aux valeurs du Félibrige, en n'abandonnant pas même à leur vanité les totems régionaux qu'il recharge d'aspirations populaires. L'olivier, puisqu'il faut bien ici un exemple, l'Olivier, l'arbre sacré de Mistral et le symbole de la terre provençale, est un symbole aussi, pour unir les hommes, au-delà de la provence.

Et peréu cantaras, troulaire, Diras la nature e per ti fraire, Qu'ensigno à la terra avuglado Dins lou sang rouge dis armodo. La Pas, la Forço e leu Travai !

(Et tu chanteras aussi, poète, —Dans la nature et pour tes frères, — L'olivier rayonnant — Qui enseigne à la terre aveuglée —Dans le sang rouge des aimées — La Paix, la Force et le Travail).

Cette conception du Félibrige était alors assez commune pour qu'avant de pouvoir l'étouffer Mistral se plaignit d'être entouré de « rouges ». C'est si vrai que, lorsque aux côtés de Clovis Hugues les Marseillais envoyèrent un deuxième socialiste révolutionnaire à la Chambre (qui n'en comptait qu'une douzaine), c'est encore un félibre qu'ils choisirent, Antide Boyer,

Est-ce donc encore un hasard si le Félibrige, utilisant à sa propre gloire un nom et quelques poèmes choisis, ne nous a jamais donné l'édition complète de l’œuvre provençale, à laquelle Clovis Hugues songeait à la veille; de sa mort sous le titre Lis Oulivado ! On sait comment tout le socialisme, et même toute idée républicaine, ont été rayés de l'histoire du Félibrige. Ils reparaissent aujourd'hui dans les travaux objectifs des chercheurs, ils reparaissent même chez quelques poètes et conteurs, et le travail de M. Bonnet n'aura pas été vain s'il aboutit à l'édition de Lis Oulivado, prévue depuis quarante-cinq ans, et qui peut si puissamment contribuer à balayer l'édifice maurrassien.

(1)        Marce Bonnet : Le citoyen Clovis Hugues, poète provençal. Eole des Alpilles. à Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône).

 

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 00:46

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Vous ne trouverez sur ce blog pratiquement aucun de mes travaux sur la question du coup d’Etat de 1851 qui pourtant charpente ma pensée. Ils sont beaucoup plus sur le site 1851. Mais voilà que Michel Cardoze nous invite avec René Merle à parler du sujet alors voici les références. JPD

 

 

« Histoire des Sud », une émission de Michel Cardoze sur Sud Radio.

Du lundi 6 au vendredi 10 décembre 2010, de 13 h à 14 h (rediffusions de 22 h à 23 h) :

Décembre 1851, de la Provence à la Gascogne, Résistance et Insurrection face au coup d’Etat de Louis-Napoléon, avec René Merle (6,7,8, 9 décembre) et Jean-Paul Damaggio (10 décembre),

 

Pour écouter Sud Radio 

http://www.sudradio.fr/15/frequences/

http://www.sudradio.fr/10/Réécoutez/cat-64/histoires-des-sud/index.php?idcat=64

(réécouter, télécharger et écouter sur internet)

canal 179 sur Canalsatellite

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 19:06

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Toute fin entraînant un début, et tout début supposant une fin, la question peut paraître inutile. Sauf que pour un affamé il n’est pas sans intérêt de savoir s’il va débuter un repas ou s’il est fini !

Puisqu’il s’agit d’histoire voyons quelques cas : la révolution de 1917 marque la fin d’un monde par les débuts qui naissent alors ; la découverte de Christophe Colomb marque la fin d’un monde pas les débuts qui naissent alors etc…  Dans certains cas la nouveauté élimine un passé et elle inaugure donc le début de quelque chose ; dans d’autres cas la nouveauté fait seulement évoluer le passé et la fin domine puisqu’aucune alternative n’apparaît.

Ces considérations peuvent paraître spécieuses or avec le cas des révoltes de 1968 nous sommes face à une expérimentation dont l’analyse a une grande importance pour comprendre la suite des événements. J’aborde la question dans le livre sur Benedetto et j’y reviens ici à partir d’un entretien avec Philippe Caubère autour de son spectacle 68 selon Ferdinand publié par L’Humanité le 11 novembre 2002. Je lis : « Il y a eu une Révolution en 68 que cela plaise ou non. » « Je suis un défenseur acharné de 68, mais pas de manière nostalgique. Ce que les vieux peuvent raconter, ce n’est pas vrai : 68 a été une vraie révolution. »

J’appelle révolution l’action permettant d’ouvrir une phase nouvelle de l’histoire. Certaines peuvent être ratées, détournées mais les changements imposés durent. A mes yeux, les événements de 68, en France comme dans le monde, ont assuré aux régimes en place un nouvel avenir. Je prétends que 68 fut surtout la FIN de la Vieille France, une fin que le capitalisme ne pouvait pas imposer à sa frange conservatrice, et qui, par une voie détournée, non programmée, mais astucieusement manipulée, le trouva à la sortie, plus fort qu’au départ ! Pour ceux qui ne me comprennent pas, je tiens à rappeler qu’à travers l’histoire, je ne cesse de constater que les Révolutionnaires voient la mort du capitalisme pour dans les cinq ans qui suivent (y compris Jaurès), alors qu’il est toujours là, et que s’il est toujours là, c’est le résultat de l’incapacité des Révolutionnaires à mesurer la capacité du capitalisme à se renouveler. Dire avec Caubère que 68 ce fut une vraie révolution, c’est prendre la révolution pour de l’agitation !

La mort de la Vieille France n’a pas pu se produire seulement en Mai 68. Il faudra parfois des années avant de sortir de la boîte de Pandore, les cadavres qui y dormaient désormais. Par exemple, il faudra attendre 20 ans, et une décision de Jospin, pour en finir avec l’Ecole Normale. Même en 20 ans, les forces démocratiques ont été incapables d’inaugurer sur ce plan, comme sur d’autres, un DEBUT ! L’Ecole Normale, qui fut un début minutieusement réglé, a été remplacée par du vide, un vide faisant rapidement flop ! Pas question d’idéaliser cette Vieille France, pas question de nostalgie ; il fallait tourner la page, mais les forces sociales n’ont pas pu en imposer une nouvelle. Suivant le principe mit en lumière par Lampedusa (et je me demande souvent pourquoi cette lumière est venue de Sicile) : on a simplement tout changé pour que rien ne change ! Quand Sarkozy débauche des dirigeants socialistes, il continue une histoire évidente : le capitalisme avance par la gauche !

Zoé Lin qui interroge de belle manière Caubère en arrive alors à cette question :

« Mais que reste-t-il [de 68] dans le théâtre ?

Philippe Caubère : Moi ! »

La boutade me semble révélatrice.

A parler théâtre et Avignon Caubère indique : « C’est devenu conventionnel de dire que Jean Vilar est mort en 68… Ce n’est pas si simple. » Ce n’est pas si simple car « Jean Vilar a fait magnifiquement face : il a discuté, il a négocié pied à pied. »

Si vous permettez cette métaphore : la France vue comme une voiture qui au cours des années 60 gravit un col alpin et qui en 68 arrive au sommet… et perd tout moteur ; dans la descente, en roue livre, l’histoire passée va continuer un moment, et certains comme Vilar vont, non pas céder à l’euphorie du moment, mais tenter d’alerter sur les dangers de cette fausse roue « libre ». Il en avait tant bavé pour arriver au sommet qu’il ne pouvait pas croire que subitement tout allait être facile.

Ce qui importe à mes yeux c’est de chercher à comprendre cette montée des années 60, à la fois ses forces et ses faiblesses. Au sommet, Jean Vilar est pour ainsi dire mort - Paul Puaux cherchant avec et après lui, à gérer les acquis - comme est morte la Vieille France. Au Québec ils ont appelé ce moment « la révolution tranquille » car nous sommes depuis longtemps dans la globalisation. Quand Sarkozy prétend qu’il veut en finir avec 68, il parle d’un 68 mythique qui n’a jamais existé, celui qui a effrayé le bourgeois le temps de quelques barricades, mais qu’aucune force alternative était capable de changer en révolution !

 

Aux USA comme en URSS, des millions de gens ont pensé que le système vacillait. D’un côté à cause de la révolte étudiante et de l’autre à cause de la Tchécoslovaquie. Comme en France, le pouvoir est sorti plus fort de l’épreuve. Aux USA la révolte alla jusqu’à faire tomber Nixon grâce à l’action de la presse (qui depuis n’a pas cessé de se faire le relais des puissances financières) mais, avec la fin de la guerre du Vietnam, tout rentra dans l’ordre. Pour l’URSS, l’assassinat de la Tchécoslovaquie assura malheureusement une double fin : celle d’un éventuel communisme à visage humain, qui renforça Brejnev, jusqu’à ce qu’arrive la fin de tout communisme ! Oui, en 1968 un début aurait pu s’imposer, mais ce fut une fin, la fin d’un rêve socialiste ! Bien sûr l’aspiration à une autre révolution existe mais en lambeaux ! Gloire aux millions de personnes qui y travaillent de façon désordonnée ! Qu’elles sachent cependant que leur union ne suffira pas, pour construire le peuple en sa demeure car s’unir oui, mais pourquoi ? 24-08-2010 Jean-Paul Damaggio

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 14:33

 

Le terme semble étrange pourtant il témoigne d’une évidence : le lien inévitable entre poésie et politique. Pour les rois de l’inter-indisciplinarité il ne fait aucun doute.

Le musicien acharné à la mise en circulation de tels néologismes s’appeler Bernard Lubat et chaque année depuis 1978, fin août, il débroussaille sa forêt des Landes à coup de poïélitiques affutées.

Bien sûr on lui posa souvent la question du rapport entre art et politique et parmi les multiples réponses je retiens celle qu’il fit à Patrick Lavaud en 1984 dans un entretien qui nous entretient depuis, car c’est le plus riche (on le doit à l’éphémère revue Amiras) :

- Comment conçois-tu aujourd’hui les relations, les rapports entre l’artiste et la politique, et entre l’art et la politique ?

Bernard Lubat : Il n’y a pas de rapport. Il y a des tabous d’un côté comme de l’autre. Les politiques ont le tabou de l’artistique et les artistes ont le tabou du politique. C’est un truc qui ne me satisfait pas : j’ai beau être artiste, je suis citoyen quand même ! Avant d’être artiste, je suis citoyen. Je ne suis pas né artiste, je suis né citoyen comme tout le monde. Après, je suis devenu artiste, charpentier, menuisier, plombier, zingueur. Ce tabou réciproque ne doit pas être là par hasard ; il doit être né de la déception de l’artiste de ne pas être reconnu par le Prince, puisque le Prince désire plutôt acheter l’artiste qui lui convient. Dans la politique, c’est comme dans l’art : il y a ceux qui sont au-dessus de la ceinture, et ceux qui se la serrent. Moi, je me situe un peu au milieu : je ne vois pas comment je pourrais être d’un côté ou de l’autre, dans ce que j’affronte, dans ma vie de créateur artistique qui met sur la place publique l’étendue des dégâts, de sa propre recherche. Je ne peux éviter de m’interroger sur les fonctionnements de la Cité. »

 

En conséquence, le festival Uzeste musical ne peut se concevoir sans entretiens avec des syndicalistes, des politiques et tant et tant d’autres citoyens. Des débats qui ne peuvent faire l’impasse ni sur ce qui se joue, se pense et se dépense artistiquement dans le festival, ni sur des sujets sans lien direct avec l’art. C’est ainsi qu’on s’entretient ! JP D.

 

Programme 2010 du Festival d’Uzeste

http://www.cie-lubat.org/images/stories/pdf/programme%20-manifestif-%20.pdf

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