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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 17:10

Aant que le quotidien ne soit interdit, il lui arriva une fois de parler du Camp de Septfonds où des milliers de réfugiés espagnols de la guerre d'Espagne furent parqués. Un article historique. JPD

 

L’Humanité 8 août 1939

 

Et voilà ceux qu’on veut livrer à Franco

Geste émouvant des réfugiés du camp de Septfonds

pour leurs camarades victimes de la terreur franquiste

 

Le Secours populaire de France et des Colonies vient de recevoir l'émouvante lettre suivante :

 

« A l'occasion de la commémoration du 3° anniversaire de la rébellion des traîtres et parjures, conduits par Franco, nous avons cru de notre devoir d’organiser parmi nous une souscription, destinée à nos frères qui eurent le malheur de rester sous les griffes de la réaction en Espagne.

Nous n'avons pas la prétention de soulager par notre apport modeste leurs besoins matériels ; nous nous sommes seulement proposés de leur faire connaître que notre esprit de lutte n'est pas amoindri ; que nous partageons leurs souffrances et leurs peines, et que, aidés par la véritable démocratie française et internationale, nous n'aurons pas de repos avant d'avoir vu notre patrie libre du joug qui actuellement la déshonore.

« Nous joignons sept cent cinquante-six francs 63 à titre de première remise.

« Vive le Secours populaire de France ! En avant dans la lutte !

 Signé La Commission d'organisation. »

 

Ainsi, c'est au moment même où le gouvernement français s’apprête à livrer à Franco, sur l’instigation de M. Bonnet, 50 000 réfugiés, que les héroïques soldats de la République affirment leur foi indélébile dans la libération de leur patrie envahie ; et dans la cause invincible de la démocratie.

Quelle réponse et quels exemples !

Quelle réponse pour ceux qui ont cru briser la volonté farouche et la dignité républicaine de ces hommes, qu'un gouvernement français digne de ce nom aurait dû accueillir comme des héros, et qui doivent subir la honte des camps de concentration !

Quelle réponse pour ceux qui, après avoir livré l'or de la République espagnole à Franco, se plaignent de « ne pouvoir garder indéfiniment les réfugiés à la charge de l'Etat français » et s'apprêtent, contrairement à la déclaration de M. Sarraut, à renvoyer en Espagne des victimes toutes désignées, à la terreur des bourreaux franquistes ! Et ceci au moment où Franco prend prétexte des querelles et des attentats terroristes des factions rivales du fascisme espagnol à la solde de l’étranger, pour accabler le valeureux peuple espagnol sous un régime de terreur sauvage et bestiale.

Mais aussi, quel exemple pour nous dans l'abnégation et le sacrifie ! Voilà des hommes qui ont souffert des horreurs de la guerre, qui souffrent encore de mille privations, loin de leurs femmes et de leurs enfante, et qui pensent à ceux qui sont plus malheureux qu'eux-mêmes, à leurs camarades emprisonnés et internés dans les camps de concentration de Franco.

Voila qu'ils trouvent encore le moyen, en troquant les quelques bijoux de famille ou objets qui leur restent, de collecter de l'argent, ramassé sou à sou, dans le but de réconforter leurs frères et soutenir leur lutte !

Cette lettre admirable dicte à tous les Français honnêtes leur devoir : empêcher que ne soit commis le crime du renvoi chez Franco, c'est-à-dire au massacre, de 50.000 républicains traités en « monnaie d'échange» par M. Bonnet. Agir pour que le gouvernement s'engage enfin résolument dans la voie qui a été tracée par les Conférences française et internationale d'aide aux réfugiés espagnols et aux volontaires internationaux et qui conduit à la liquidation rapide des odieux camps de concentration, par l'intégration des réfugiés dans la production et la vie sociale française. Unir, unir sans cesse nos efforts pour aider matériellement et moralement les réfugiés espagnols et les volontaires de la liberté.

Par notre action et notre union, soyons dignes de la foi Indestructible, et de l'esprit de sacrifice des vaillants soldats de la République espagnole !

Emile BUREAU.

Secrétaire du Secours populaire de France et des Colonies.

N. B. Aidez-nous à secourir les réfugiés espagnols en souscrivant au compte chèque postal. .T. CHAUVET.KM-2-57, PARIS, ou à Georges ETIENNE, c. c. 79-21 PARIS

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:48
voici un lien pour tout savoir des journées républicaines de Huesca. pour les lecteurs de l'espagnol. amicalement jpd.
.. en este enlace:
Espero sea de tu interés. Gracias por leerme.
Un abrazo cordial
Carlos Migliaccio (a) NEOFATO
www.neofato.es
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:32

gaita-de-boto.jpg

 

L'ami René Merle m'ayant indiqué sa surprise à découvrir la présence de cornemuses en Aragon voici deux photos de ce groupe folklorique qui a animé le 14 avril avec le cercle républicain de Huesca. Visiblement le folklore dans le secteur est toujours actif. Le journal du jour a consacré une page à Ruben Finestra.

folklore-au-cimetiere.jpg

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 15:10

au-cimetiere-de-Huesca.JPG 

 

En décembre nous étions aussi passés par les tombes républicaines de Huesca mais cette fois, en musique, le tour fut beaucoup plus grand. Il révèle d’abord qu’en 1936 les phalangistes, plus encore que l’armée, visèrent surtout des instituteurs. Comme le rappela un témoin encore vivant qui expliqua comment « ils nous ont volé la République » : « ils savaient qu’une chose ne peut être volé, le savoir acquis par les gens, donc il fallait tuer les enseignants. »

Sur une autre tombe l’anecdote fut la suivante : un anarchiste s’était caché dans la cave pensant que le soulèvement c’était l’affaire de trois ou quatre jours, les phalangistes arrivèrent chez lui et torturèrent tant sa femme, qu’il sortit de sa cachette et fut fusillé. Sans un troisième cas, la tombe portant injustement une croix contenait quatre personnes. En fait les phalangistes voulaient en fusiller trois mais ils menottaient les personnes par deux et ils prirent donc le quatrième au hasard. Le chef des musiciens qui accompagnait le groupe ajouta alors une anecdote : « Sa famille ne savait pas où avait disparu cet homme et c’est seulement en 2003, quand ils découvrirent sur le journal la plaque en l’honneur des trois notables et du quatrième homme qu’ils comprirent les raisons de la disparition ! »

 

Mais le moment le plus significatif c’est la photo ci-dessus ! Une immense croix, à croire expliqua Carlos Escartin que nous sommes au monument en l’honneur de Franco. En bas de cette croix une minuscule plaque qui n’est même pas fixée. Cette plaque c’était pour satisfaire à une exigence d’un homme qui avait déclaré qu’il ne reviendrait pas à Huesca tant que son frère, ancien maire fusillé par les fascistes, n’aurait pas une plaque dans le cimetière. Et voyez, la plaque il l’a eu ! Quelqu’un indiqua que le frère en question vivait toujours à Zaragoza. Une personne demanda s’il n’était pas possible de réparer cette injure et Carlos Escartin eut alors cette formule : « Nous avons beaucoup de volontés mais peu de moyens ». Le Cercle républicain de Hueca a décidé d’abord de la mise en place d’un monument à la gloire des deux républicains Galan et Garcia… par souscription populaire et qu’ensuite seulement ils tenteraient de s’occuper de la suite !

 

D’autres personnages ont été honorés qui révèlent la richesse de la lutte républicaine même sous le franquisme. A suivre. Jean-Paul Damaggio

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 15:07

encore-vicvien.jpg

El Diario del Alto Aragon a rendu compte des journées culturelles au programme du Cercle républicain de Huesca. Avec Marie-France nous avons suivi deux des journées. Celle du Vendredi 13 avril a été très originale car trois jeunes filles ont présenté un documentaire qu’elles avaient réalisé suite à un voyage au camp de Mauthausen.

Pourquoi Mauthausen ? Sur ce blog nous venons justement d’évoquer ce camp où furent rassemblés les Espagnols. D’abord ceux qui avaient envoyés sur la ligne Maginot comme chair à canon face aux Allemands mais la stratégie d’Hitler ayant contourné la ligne Maginot ils furent parmi les premiers prisonniers. Des prisonniers cependant originaux. Fallait-il les renvoyer en Espagne ? Franco préféra confisquer tous leurs biens et les déclarer apatrides. Ils furent parmi les premiers étrangers à occuper les camps de la mort, le premier convoi français partant pour cette destination étant un convoi de républicains espagnols.

Et le sort des survivants continua d’être atypique puisqu’ils ne risquaient pas d’être accueillis comme des héros dans leur propre pays ! En conséquence, aujourd’hui encore, la mémoire espagnole, quant aux camps hitlériens, est une des plus faibles !

Les trois jeunes filles ont obtenu le droit de faire ce voyage, elles ont eu un peu de matériel pour filmer mais elles ont précisé qu’au départ qu’elles ne connaissaient rien de cette histoire.  Le documentaire était certes artisanal mais témoignait que la jeunesse pouvait être sensible à ce sujet qu’il faudrait évacuer d’après certains, pour ne pas remuer les couteaux dans les plaies. Elles ont pu interroger quelques survivants.

Du débat je retiens cette intervention d’un participant au sujet des drapeaux car elle témoigne bien de la particularité du cas espagnol. Dans le film, cet homme a remarqué qu’au moment des cérémonies au camp de Mauthausen (en 2007) il y avait toute sorte de drapeaux. Certains étaient venus avec le drapeau de l’Union soviétique, d’autres avec le drapeau de la Russie actuelle, il y avait aussi deux types de drapeaux polonais et quelques cas tout aussi originaux. Mais seulement le drapeau de la république espagnole ! Pas celui de l’Espagne actuelle ! Une des jeunes filles qui est devenu depuis une historienne a alors expliqué qu’en effet le drapeau actuel de l’Espagne était doublement absent : sa présence aurait été mal reçu par les victimes des camps et de toute façon les autorités ne veulent pas s’empresser d’honorer les victimes des camps qui seraient toutes d’ailleurs… mais surtout pas d’Espagne.

Or dans le documentaire il est fait référence à un groupe de jeunes héroïques, qui ont pu sortir les négatifs de photos prises par les SS qui servirent ensuite au procès de Nuremberg !

Comme toujours, le dépaysement est très bénéfique pour aborder un tel sujet.

Les journées étaient accompagnées par une exposition sur la présence des femmes dans les camps réalisée par les Amis des victimes de Mauthausen.

 

Le défi c’était de vérifier si des jeunes pouvaient se passionner pour le sujet. Le défi a été relevé aussi nous saluons l’organisation de cette soirée. Jean-Paul Damaggio

journee-a-Huesca.JPG

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 15:02

la-plaque-a-vicien.JPG

En décembre 2011 une délégation de Français sont partis à Vicien, près de Huesca, en hommage à Maurice Rajaud qui mourut dans ce village pour avoir voulu y défendre la liberté. Le maire s’était engagé à installer une plaque dans le cimetière. Le 14 avril, date mémorable dans l’histoire espagnole, grâce surtout au Cercle républicain de Huesca cette plaque a été inaugurée dans ce même cimetière. Une riche cérémonie où, avec Marie France nous avons apporté la présence de la France. Pour l’Italie il y avait Valeria Patane qui prépare un documentaire sur un des Italiens mort sur ce front Guiseppe Zuddas (il venait de Sardaigne). Elle a bien sûr chanté la Bella ciao, entre deux moments de musique, apportés par les cornemuses du cortège. Il a été rappelé avec précision l’ensemble des forces diverses qui participèrent au siège de Huesca, anarchistes, membres du POUM, communistes, Italiens Français, Polonais etc. Dès les premiers jours de la guerre, Vicién est devenu le symbole de l’internationalisme et de cette fraternité sans laquelle la liberté et l’égalité ne sont rien.

Cérémonie émouvante où nous avons retrouvé des amis, des militants et toute l’ambiance aragonaise. Cette plaque témoigne parfaitement de la présence internationaliste et nous remercions tous ceux qui ont œuvré au succès de cette matinée. JPD

au-cimetiere.JPG

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 22:15

Nous le savons, la Guerre d’Espagne a été un événement international et non une simple guerre interne dite civile. Dans son livre sur l’écrivain péruvien José Maria Arguedas, L’utopie archaïque, Mario Vargas Llosa ne pouvait qu’évoquer cet épisode de l’histoire du Pérou. Il me semble instructif de le rappeler ici. Il peut entrer dans la série des cas d’hommes qui vont devenir écrivains « grâce » à la prison. JPD


 

« Le général Camarotta, qui avait commandé les troupes italiennes envoyées en Espagne par Mussolini pour appuyer Franco, arriva au Pérou, en mission officielle du gouvernement fasciste, pour aider la dictature du général Benavides à réorganiser la police. Quelqu'un eut la singulière idée de mener le général Camarotta rendre visite à son compatriote, le professeur italien Hipolito Galante, qui dirigeait l'Institut de philologie de San Marcos, une université qui était, au dire d'Encinas, « un foyer bouillonnant d'agitation en faveur de la République espagnole ». Ce climat s'était échauffé ces derniers jours avec les nouvelles de bombardements de populations désarmées effectués par l'aviation italienne sur l'Espagne. En voyant apparaître sur le campus de San Marcos le général Camarotta, en uniforme de parade avec toutes ses médailles, les étudiants, parmi lesquels Arguedas, organisèrent un acte de protestation ; ils l'entourèrent en chantant L'Internationale et essayèrent de le jeter dans le bassin de la cour de droit. D'après Moreno Jimeno, qui prit part à l'incident et passa pour cela plus d'un an en prison, un groupe de professeurs sauva le général Camarotta du plongeon, mais ne lui épargna pas d'être insulté et molesté. Un coup de filet immédiat jeta en prison presque tous les membres du CADRE, parmi lesquels Arguedas qui, par voie de conséquence, perdit son emploi à la Poste principale. Le général Benavides institua un conseil de guerre pour juger les détenus.

Arguedas demeura détenu à Lima près d'un an, du milieu de 1937 à juin 1938, passant huit mois au Sexto, deux mois à l'intendance et un mois et demi à l'hôpital. Dans la prison tristement célèbre appelée El Sexto, les criminels, les voleurs et les vagabonds étaient enfermés avec les prisonniers politiques — apristes, communistes ou indépendants —, innombrables à cette époque de répression très dure. C'est en se souvenant de cette expérience qu'il écrirait, des années plus tard, son roman El Sexto (1961). »

Mario Vargas Llosa 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 22:14

La gare de Borredon

 

Publié le 09/04/2012 10:02 | La Dépêche du Midi

Montalzat. La gare de Borredon devenue lieu de mémoire

La gare de Borredon situé sur la commune de Montalzat à un passé historique chargé. En effet le 2 février 1939 le premier convoi de réfugiés débarquaient où 16000 suivirent. Cette gare bien choisie, loin de toute habitation pour cacher la vilénie de ces actes ; pour être ensuite conduit à pied au camp de Judes à Septfonds distant de 7km.

 

Le Centre d'Interprétation et d'Investigation de la Mémoire d'Espagne Républicaine présidée par José Gonzales a racheté la gare pour en faire un musée et un comité d'animation culturelle à la mémoire des républicains espagnols. Vingt neuf associations mémorielles se sont greffées, sur un projet sur quatre ans. Venant d'Espagne et de toute la France, prés de 800 personnes se retrouvaient devant cette gare, qui rappelait beaucoup de souvenirs tragiques.

 

Plus huit cents personnes étaient au rendez-vous, dont certains acteurs de cette époque; les personnalités présentes les élus de Montalzat avec son Maire Yves Vayssié, Madame Brigitte Barèges député, Raymond Massip vice président du Conseil général et maire de Montpezat de Quercy et les différents maires des communes voisines, ainsi que de nombreuses associations d'anciens combattants. Yves Vayssié se souvient étant enfant de ces exilés travaillant dans les fermes, Brigitte Barèges pendant son allocution rendit hommages à ces hommes et femmes fuyant cette guerre civile. Madame Ruiz adjointe au maire de Toulouse fit un vibrant discours à ses compatriotes présents. José Gonzalez pendant son discours où l'émotion n'était pas feinte parla au nom de ces combattants pour la liberté, où tant d'amis étaient restés en route.

 

Dans cette foule nombreux témoins de cette époque ; venant des Asturies, Jésus Garcia avait 9 ans quand il traversa les Pyrénées, se retrouva au fort des Rousses dans le jura, son papa est recruté par l'armée française. Après l'invasion allemande, il retrouve son père dans le Lot-et-Garonne. A la suite de ces événements son père entrera dans la résistance suivi de près par Jésus son fils. La suite de cette inauguration se continua dans le parc du château à Montalzat aimablement prêté par la municipalité.

http://www.ladepeche.fr/article/2012/04/09/1326646-montalzat-la-gare-de-borredon-devenue-lieu-de-memoire.html

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 20:34

Des liens pour tout savoir sur l'inauguration de la gare. JPD

 

https://picasaweb.google.com/neofato/LaGareDeBorredon#

 

http://www.neofato.es/borredon.htm

 

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 22:09

gare-de-borredon.JPG

Sur la photo, gare de Borredon, au milieu celui qui tient un papier pour chanter c'est le réalisateur du film à sa gauche Joseph Gonzalez et à sa doirt l'homme à la casquette, le célèbre Toni.

 

L’association M.E.R. 82 a permis la projection en Tarn et Garonne, en présence du réalisateur, du film documentaire, Los perdedores, qui raconte l’histoire des « Moros » de la Guerre d’Espagne. Driss Deiback, à cheval entre l’Espagne et l’Allemagne indique qu’il a fait un film à partir de son cœur. Par son prénom on imagine cependant un lien avec le Maroc d’où Franco a « extrait » dès le début de la guerre, 20 000 Marocains, soit achetés par un discours mensonger, soit obligés en ce qui concerne les récalcitrants (ils seonr jusqu'à 100000). Des victimes du colonialisme (ils venaient de la partie du pays sous « protectorat » espagnol) jetés sans préparation, sans explication dans une guerre dont ils n’avaient rien à faire.
Ce documentaire bouleversant est surtout un témoignage urgent, les témoins étant de plus en plus rares. Il appartient aux historiens de se pencher plus largement sur les responsables de cette boucherie organisée par les fascistes. Un des témoins indiquera cependant son aversion pour les « rouges » car dans les tranchées il y avait aussi bien des hommes que des femmes (c’était vrai avant la constitution de l’armée républicaine) et pour lui cette promiscuité était indigne des femmes.
Ce documentaire devient en même temps une page d’histoire actuelle quand un ancien combattant montre le montant de sa pension : 5, 17 euros PAR MOIS !
D’où le titre qui fait que ces soldats furent des perdants… tout en ayant été du côté des vainqueurs ! En conséquence des Républicains, perdants au premier degré, ont pu reprocher au réalisateur son titre mais avant d’avoir vu le film car si « ce mille-feuilles » comme dit Joseph Gonzalez peut susciter discussions, il est un fait incontestable, les soldats marocains furent aussi des perdants. Réduits à être de la chair à canon ils laissèrent des milliers de morts sur le sol espagnol sans un seul…. cimetière repérable.
Aussitôt un point surgit, cher à notre actualité qui fait que la présentation de La Dépêche parle de soldats musulmans plutôt que de soldats marocains. Ils étaient arabes ou berbères (dans le film les deux langues complètent l’espagnol), musulmans sans doute et à ce titre manipulés pour les inciter à faire la guerre à des sans-dieu, mais ils étaient Marocains fondamentalement. La question des rapports entre l’Espagne et le Maroc (et la question du Sahara occidental est souvent cruciale) est une question géopolitique avant d’être une question religieuse or les images d’archives montrent comment les fascistes utilisaient la peur des musulmans pour effrayer les Républicains. Les liens avec l'Algérie sont autres.


Sauf qu’une question imprévue apparaît alors dans le film : et si, moins qu’une conquête militaire, l’islam s’était installé en Espagne par la conversion religieuse. Tout le monde connaît en France la légende des Arabes qui auraient été arrêtés à Poitiers alors que nous savons que d’Arabes il n’y avait guère. Les maîtres du christianisme ont inventé quelques fantasmes, depuis tant et tant de croisades, pour tenter de les justifier. Et l’Espagne est placée au carrefour de cette histoire : sa langue en témoigne largement.
Et à parler de langue, le nom matamoro toujours en vigueur, dit bien ce qu’il veut dire (tuer des maures).


Pour la projection est aussi venu Abdesslam Bouteyeb président du centre de mémoire commune pour la démocratie et la paix qui a évoqué comment les rapports entre les deux pays étaient encore aujourd’hui manipulés par l’ignorance du passé. Il n’a pu expliquer pourquoi le film, qui est passé plusieurs fois sur une chaîne de télé espagnole n’est pas passé au Maroc. Le réalisateur a même évoqué le projet d’une projection à Tanger par l’Institut Cervantès qui a été annulé. Or dans le film, les Marocains présentés sont dignes et témoignent d’une humanité phénoménale malgré les horreurs auxquelles ils ont dû participer. Je pense à ce soldat qui évoque une histoire d'amour avortée avec une espagnole, à cause de la guerre.

Une question est venue sur le cas des Italiens et des Allemands qui participèrent aux côtés de Franco à sa croisade contre les « rouges ». Aussitôt le réalisateur indiqua qu’il y avait une différence de taille : les soldats marocains ne venaient pas de pays fascistes. C’est vrai mais la plupart des Italiens qui ont été enrôlés étaient des pauvres tout aussi trompés que les Marocains, et je renvoie au témoignage fondamental de Leonardo Sciascia (1). Bien des soldats de Mussolini sont revenus antifascites ! Côté Allemands, ils furent moins nombreux et je ne connais pas la situation.

Il ressort du film que la victoire des envahisseurs de l’Espagne républicaine a été construite sur le mensonge, voilà pourquoi même après la guerre et la Retirada, la répression a continué.

Ce film est porteur d’un autre regard sur la guerre d’Espagne aussi je suis bien content qu’on ait pu entendre le discours actuel de la Fondation Franco car ce discours se détruit de lui-même. Ceux qui pensent qu’il ne faut pas leur donner la parole, sous-estiment le sens critique des spectateurs. Par contre, même si je ne me plains pas de la parole qui lui est donnée, je trouve qu’il a manqué une réponse à un imam qui, à la fin, explique le besoin d’un cimetière musulman pour lutter contre les discriminations. Il récupère le constat d’une discrimination bien réelle pour en proposer une autre car pour moi, je considère qu’il est possible d’enterrer un musulman selon son rite dans un cimetière laïque qui évite justement une mise à l’écart d’une communauté. Et en plus, il me paraît malhonnête de vouloir récupérer pour une communauté les bénéfices de l’Alhambra. Et nous voilà donc dans un débat d’une brûlante actualité : un musulman espagnol est-il un espagnol musulman ? Oui les merveilles de l’Alhambra étaient négligées par les habitants de Grenade pendant des décennies et sauvées par des étrangers, mais ne confondons pas le respect des antiquités, tardif même en France (en 1910 Versailles était quasiment une ruine) et le racisme quotidien.
Un coup de chapeau à cette journée organisée par M.E.R. 82. 10 mars 2012 J-P Damaggio

http://mer82.eu/mapage/index.html



(1)    Heures d’Espagne, Fayard, 1992

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