Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres

Publicité

Cladel et les soldats

Le samedi 3 octobre à Lafrançaise, Tarn-et-Garonne, à partir de 15 h, la Compagnie des écrivains fête Léon Cladel. En prévision de cette journée, je vous propose une série de sept voyages en Cladélie.

 

Voyage au pays des soldats

 

Léon Cladel fut pris entre deux feux par rapport à la guerre. D’un côté il était un admirateur des soldats de l’an II, ces héros-citoyens qui firent la République, qui firent la France ; et de l’autre il vomissait les guerres napoléoniennes qui envoyèrent tant de jeunes à la boucherie.

Et quand ces guerres devenaient celles de Napoléon Le Petit, tout aussi meurtrières que celles de l’Oncle avec des jeunes devant faire sept ans de service militaire faute d’argent pour se payer un remplaçant, la colère de l’écrivain était encore plus vive.

Cependant, quand en 1870 l’Allemagne menace de prendre Paris, quand le pays se trouve en danger, Cladel, avec le livre Crête Rouge redevient un défenseur des soldats. Mais, une fois de plus, il sera déçu, déçu par ce nouveau héros qui deviendra un nouveau traître à la cause du peuple : Léon Gambetta

 

Les nouvelles mettant en scène des soldats sont légion, des soldats qui ne veulent pas partir à la guerre, d’autres qui en reviennent et surtout la nouvelle TREIZE qui raconte l’histoire d’un soldat bien particulier, celui qui remplaça l’écrivain lui-même grâce à un effort financier consentit par son père sur demande expresse de sa mère. La poésie que j’ai retenu pour ce voyage, je l’ai cité souvent, si souvent qu’il m’arriva d’oublier le dernier vers que Cladel ajouta à son sonnet. Retrouvant le poème sans ce vers, j’en fus scandalisé.. puis doublement scandalisé quand je découvris que la faute m’incombait. Le revoici donc en entier. 09-09-09 J-P Damaggio

 

LE SOLDAT

 

Le connais-tu soldat cet étranger ?

Il te ressemble comme un frère ;

Ainsi que toi, triste, il pense à sa mère,

A ses boeufs, au village et non point au danger.

 

Regarde, il a sur son cœur de berger

Le doux portrait de sa bergère,

Qu'il a quitté et qui désespère,

Qu'il a quitté et qui désespère;

 

Soldat de France, dis pourrais-tu 1'égorger ?

Hé quoi ! soldat ! tu prends tes cartouches,

Et tu la portes à ta bouche...

 

Ce soldat étranger, sa mère l’aimait tant !

Il est tombé : ton fusil a su faire,

Il te ressemblait comme un frère !

 

Allons, très-bien ! soldat ! le monarque est content.

Léon Cladel

(extrait d'un journal éphémère La Lauseto en 1878)

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article