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7 mai 2003 la grève s'installe

1 ) Si l’on reprend le point 10 du précédent journal, il était noté au programme du 7-05 : « éventuellement un rassemblement devant l’I.A. à 15 h ». Vu que, pour le Premier degré en général et pour une part du Second degré, le 7 était journée de grève, en fin d’AG du 6 quelqu’un proposa, alors que l’attention était au plus bas, cette idée de rassemblement. La proposition a été reprise, le téléphone a fonctionné, et environ 150 personnes se sont retrouvées devant l’IA avec décision d’une nouvelle AG au Collège Ingres de 16h à 18h.

 

2 ) Cette AG a rassemblé environ 80 personnes dans un lieu plus propice au débat que la cour du lycée Bourdelle. Après un tour d’horizon de la lutte, sa mise en place est apparue comme très sérieuse. En commençant par le Lycée de Capou où la grève a continué avec 30% du personnel environ.

 

3 ) Point chaud, le Lycée Bourdelle. De 54% de grévistes la veille, le pourcentage a baissé à 30% avec une AG le matin même, forte en moyenne d’une soixantaine de personnes qui décidèrent une action exceptionnelle pour le lundi : blocage du lycée toute la journée par des piquets de grève. Ainsi, personne ne se déclarerait gréviste pour cause d’impossibilité de travailler. Le blocage débutant le matin très tôt, à 6 h.

 

4 ) Pour le Premier degré largement majoritaire dans l’AG, un comité de grève s’est mis en place le matin avec une soixantaine de personnes rassemblées à l’Ecole de Linon à Montauban. Il décida : la mise au point d’une lettre en direction des parents, la rédaction d’article envoyé aux médias et la proposition d’une banderole aux écoles : « école en lutte » plutôt qu’ « école en grève » pour tenir compte des situations. Le comité de grève a obtenu une salle à sa disposition à la Maison du Peuple à Montauban (des questions pratiques importantes).

 

5 ) Une autre assemblée, rassemblant l’ensemble des grévistes du secteur, eut lieu le matin à Moissac. Le débat porta sur la reconduite du mouvement et l’info aux parents. Là comme ailleurs l’idée retenue a été de reprendre le travail vendredi et de relancer le mouvement mardi. Après Castelsarrasin, Moissac aura sa réunion publique avec les parents le mardi 13 mai à 18h30. Incroyable ! Alors que tous les efforts de la journée porteront sur les retraites voilà que deux réunions poussent vers des discussions sur la décentralisation. Etrangement les défenseurs des retraites sont accusés aussitôt d’être peu solidaires des « décentralisés » mais inversement, les « motivés » de la décentralisation n’admettent pas qu’on constate leur silence sur les retraites (dans un Lycée, après quatre réunions des personnels, pas l’ombre d’une discussion sur la question des retraites malgré des demandes diverses !) . Pour moi, les deux combats se tiennent avec une différence : l’un peut mettre beaucoup plus de monde dans la rue que l’autre.

Le refus du débat sur les retraites masque les difficultés d’organisations syndicales désavouées par le personnel EDF et qui pourraient l’être à nouveau.

 

6 ) Pour UNSA et FSU l’appel est « grève dès lundi » avec effort de mobilisation autour du Lycée Bourdelle. Il a été rappelé que cette action n’a de chance de succès que par une forte présence, si on se réfère à la répression vécue au Lycée de Borde-Basse à Castres, contre une manifestation moins dure que le blocage total. Le proviseur a indiqué qu’il ne ferait pas appel à la police.

 

7 ) Appel est lancé à tous pour que le mouvement se donne les moyens de faire suivre l’information rapidement. Une décision prise le soir pour le lendemain pose, pour le Premier degré, des problèmes pratiques de lien avec des parents que l’on souhaite gagner à notre cause.

 

8 ) En matière de compte-rendu, terminons par le secteur rural. Le secteur de Lafrançaise et Lauzerte ont été mentionnés. Personnellement, je doute des pourcentages de grévistes donnés officiellement par l’Inspection académique à savoir pour le 6 mai : 60,34% dans le Premier degré, 43,75% dans le Second, 26,58% pour les Administratifs techniques, 65,86% chez les Conseillers d’orientations. Bien sûr le chiffre pour les assistances sociales 85,71% est lui tout à fait crédible puisqu’il s’agit de 6 grévistes sur 7 (plus tard elles diront être 9). Une façon de noter le peu d’attention au social dans nos établissements. Pour le Premier degré, avec 1200 personnes dispersées sur tout le département, comment, le jour même, savoir la situation ? Du mardi au mercredi la grève a généralement régressé de moitié. Nous verrons donc les chiffres demain de l’IA.

9 ) Quelles décisions concrètes pour poursuivre le mouvement ? Pour le vendredi situation assez calme. Pour le lundi action autour de Bourdelle. Pour le mardi  matin A.G. des enseignants avec manifestation l’après-midi en direction de l’hôpital, les pompiers étant en tête car ils sont en grève depuis 45 jours. Une AG interprofessionnelle clôturera la journée, c’est la bonne nouvelle annoncée par le responsable de la FSU. Le jeudi Xavier Darcos et Luc Ferry seront à Rodez. Faut-il projeter le voyage dans l’Aveyron ?

 

10 ) La question a été posée : cette AG interprofessionnelle pourra-t-elle se prononcer sur la suite de la grève ? Le responsable de la FSU a répondu qu’il n’est pas pensable que, par exemple, une telle AG prenne une décision pour les hospitaliers. Mais dans l’AG des enseignants, quand la reconduite de la grève est votée, ça ne signifie pas que tous les établissements s’exécutent. Un vote en AG donne une indication de la mobilisation mais nous savons qu’ensuite, chacun se détermine dans sa profession. Les cheminots sont assez grands pour décider eux-mêmes. D’où l’idée de l’AG des enseignants le matin, pour indiquer à l’AG interprofessionnelle l’orientation qu’ils choisiront.

 

11 ) Ce souci de l’interprofessionnel a aussi été évoqué localement par exemple à Lafrançaise ; cet ancrage local permettant un dialogue sans doute plus approfondi qu’à l’AG générale et donc plus fructueux. Les rencontres de la postière et de l’institutrice, du retraité et de l’actif etc. constituent un outil fabuleux pour dépasser les divisions.

 

12 ) Peut-être que de telles décisions permettront de répondre à la déclaration d’une femme en début d’AG : « à partir du 13 on ne lâche pas jusqu’à ce que le gouvernement lâche quelque chose ». Oui mais quoi ? La grève devra-t-elle durer jusqu’à épuisement ou jusqu’à un objectif à travailler en commun ?

Voici trois ans, des grèves et manifs d’enseignants ont obtenu un succès : la fin d’Allègre comme Ministre de l’Education nationale, mais avec la même politique poursuivie par Jack Lang ! Se battre oui, pour se faire rouler dans la farine, merci. D’accord, tout le monde n’a pas la même conception de la farine.
7 mai 3003 J-P Damaggio

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