Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres

Publicité

André Laurie pseudo de Grousset

« La vie de collège » une série d’André Laurie

 

Seule oratrice parmi les dix intervenants du colloque de Grisolles, Laurence Sudret a su jongler avec les diverses « vies de collège » écrites par André Laurie (pseudo de Grousset), afin de faire percevoir l’originalité de cette aventure littéraire. N’ayant pas sa science (je renvoie à son site) j’essaie de reprendre mes maigres notes pour survoler son intervention et je crains de ne pas être à la hauteur. Il faut dire que, troisième intervenante, mon attention donnait quelques signes de fatigue.

Le premier point qui me paraît capital c’est l’usage que Grousset fait de son exil londonien. Il s’investit tellement dans la vie locale que même après son amnistie il reviendra en Angleterre pour régler quelques affaires. Comment a-t-il acquis sa maîtrise de l’anglais, jusqu’à le faire devenir traducteur ? Sans nul doute, sa scolarité lui servit mais les langues vivantes n’occupaient pas la première place. L’homme semble doué d’une grande volonté d’adaptation.

Toujours est-il, à écouter Laurence Sudret j’ai acquis l’idée que sa confrontation approfondie entre civilisation française et civilisation anglaise allait devenir la matrice de sa vie intellectuelle.

Il prend contact avec l'éditeur Hetzel, par lettre en date du 26 octobre 1875, il lui écrit : "J'ai eu l'occasion de voir de près le système scolaire et de le comparer au nôtre". Il lui propose un manuscrit dont le titre est : "la métamorphose de Laurent Grivaud, Scènes de la vie de collège en Angleterre". Ce livre, publié dès 1880 sous le nom de André Laurie, est le premier d'une série de 14 "Vie de collèges"et exercera une influence considérable auprès de l'opinion publique de notre pays en lui faisant découvrir brusquement un système d'éducation différent. Traduit en 5 langues ce travail s’inscrit dans une démarche sociale chère à Pachal Grousset et que Laurence Sudret ne cessera de démontrer à travers une confrontation d’ensemble des diverses vies.

Celle qui est la plus auto-biographique n’est pas la vie au collège dans un département français, qu’il m’est arrivé de lire à la BM de Montauban, mais la vie au collège à Paris, autre moment clef dans les expériences du jeune Grousset.

Deuxième point : mettre en scène des enfants dans des romans était assez fréquent à l’époque mais des enfants saisis à l’école c’est l’originalité de l’écrivain. L’intrigue est souvent riche mais, en réponse à une question, l’intervenante reconnaît que les émotions amoureuses, si difficiles à dépeindre, apparaissent seulement dans le cadre de l’amour filial. L’enfant à l’école devient l’enfant libéré par le savoir, l’enfant grandi par la connaissance, l’enfant sortant de son monde pour rencontrer l’univers. Idée classique à l’époque de l’école libératrice mais la confrontation entre les divers systèmes démontre que toutes les émancipations ne suivent pas le même fil. Il y a l’exemple typique de la place du sport dans l’éducation, simplement effleurée par l’intervenante car traitée part d’autres invités au colloque, très antérieure à la France dans l’école anglaise. Débat qui nous conduirait à réfléchir à l’histoire de l’hygiène suivant les pays.

Troisième point : changer le monde, une obsession qui court dans la vie de l’écrivain, et qui transparaît dans les vies au collège, pas seulement, pour cet anti-clérical, par les valeurs positives associées à l’école, mais aussi par la confrontation avec les expériences historiques et géographiques. Le cas de la Grèce par exemple joue un rôle important ce qui ne veut pas dire qu’il faut substituer l’enseignement des langues vivantes aux langues mortes, ou l’enseignement pratique à l’enseignement théorique, mais qu’il faut savoir articuler les deux. L’effondrement de la société chinoise perçu à son époque viendrait d’un système éducatif trop tourné vers un savoir abscons.

Au fil du voyage proposé par Laurence Sudret on a la sensation de découvrir les problèmes actuels de l’école comme si les sociétés étaient sur ce point confrontées aux mêmes dilemmes. Sur le plan social, pédagogique, littéraire, scientifique, André Laurie mérite d’être lu encore aujourd’hui même si des thèmes ont vieilli. C’est du moins la sensation que m’a laissée une intervention qu’il sera important de retrouver sur papier dans les actes du colloque.

12-03-2009 Jean-Paul Damaggio

 

 

http://pagesperso-orange.fr/Laurence.Sudret/Presentation.html

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article