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Conversations autour d’Olympe
ci-contre, article du Petit Journal rendant-compte du débat (27 mars)
25 mars 18h Maison du Peuple Montauban.
Dix personnes autour de la table pour faire vivre Olympe de Gouges.
Avec comme référence, lue ou pas par certains, les deux premiers textes introduits par René Merle.
Des idées émises par les uns et les autres, je retiens sept projets de livre parce que sept c’est toujours bien !
A) Olympe dit : « Ce peuple un jour brisera ses fers, et reprenant tous ses droits écrits dans les lois de la nature… » Que font là les lois de la nature ? Celles de Rousseau bien sûr, celles qui disent que la société a perverti la bonne nature humaine. Dans le livre, René Merle fait également référence aux idées rousseauistes d’Olympe. Faut-il programmer un livre sur : Rousseau et Olympe ?
B) Olympe dit : « Ce n’est pas sans doute, mes connaissances étendues et mon art d’écrire qu’on remarque ; mais le simple patriotisme qui fait seul le mérite de cet écrit. »
Est-ce de la modestie chez Olympe ? Pourquoi invoque-t-elle de manière répétitive un manque d’art d’écrire alors qu’elle écrit avec tant d’art ? Faut-il programmer un livre sur : Olympe maître malgré elle de l’art d’écrire ?
C) Et sa référence permanente au patriotisme, comment l’articule-t-elle avec son idée du peuple.
René Merle note : « Quelle ambiguïté dans cet usage du mot « peuple » ! le mot coïncide à la fois avec le peuple (sociologique), partie non bourgeoise du Tiers-Etat, et le Peuple français, c’est-à-dire la Nation dont la patriote Olympe veut le salut. » Faut-il programmer un livre sur : Le peuple selon Olympe ?
D) Eduardo Galeano a dit quelque chose dernièrement sur Olympe de Gouges à la télé d’Andalousie. Faut-il programmer un livre sur : Olympe et sa postérité en Amérique latine ? En attendant ce livre, vous aurez en exclusivité le texte en question du grand écrivain uruguayen et surtout un texte d’un auteur du Nicaragua.
E) Pourquoi Olympe se présente toujours comme le soutien d’aucun parti, était-elle solitaire ?
Faut-il programmer un livre sur : La solitude volontaire d’Olympe ?
F) Question lancinante qui va ressurgir souvent dans le débat : à soutenir le roi, puis les personnes modérés de la Révolution, Olympe est-elle tout de même une révolutionnaire ? Dans ce cas je suis pour programmer un livre : Olympe change nos rapports à la Révolution bourgeoise.
G ) D’un texte à l’autre, à trois mois d’intervalle, on peut mesurer l’évolution importante des idées d’Olympe. Faut-il programmer un livre sur Continuités et discontinuités dans la pensée d’Olympe ?
Comme nous n’étions pas dans une assemblée universitaire à distribuer des thèses aux étudiants tout lecteur comprend que derrière ces questions d’histoire se trouvent des tonnes de questions présentes, que les participants voudraient contribuer à résoudre. Etrangement le premier souci d’Olympe c’est de résoudre la crise financière de l’Etat français. Ne tombons pas dans l’anachronisme mais avec cette crise en voilà une question qui dure ! Et la réponse avec : un impôt démocratique !
La France de la Révolution, plutôt que de créer un impôt sur le luxe demandé par Olympe a exproprié les richesses du clergé et de certains nobles pour les vendre aux bourgeois comme biens nationaux. D’ailleurs la propriété d’Olympe dans l’Oise après sa mort, a été vendue comme bien national ! Sa mort a résolu dans une moindre mesure la crise financière !
Mais l’Etat français n’a plus de biens nationaux à vendre ou presque ! J’attends tout de même la vente de la Tour Eiffel.
Plaisanterie mise à part, l’idée majeure qui veut que toute personne, y compris les femmes, puissent sérieusement participer à la vie politique a encore beaucoup de chemin à faire or elle me paraît la seule digne de notre humaine condition qui n’est pas donnée par la nature comme le pensait Olympe mais justement par la participation à la vie sociale. 26-03-2009 J-P Damaggio