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Montauban sans Sarko ! ! !

Montauban sans Sarko ! ! !

 

Le 21 septembre 2007, sous le titre Officiel, le journal La Dépêche annonce la visite à Montauban de Nicolas Sarkozy prévue pour le 26 juillet 2008. En janvier 2008, la publicité autour du bicentenaire du Tarn et Garonne confirme la nouvelle. Après Napoléon 1er, Sarkozy se préparait à honorer ce petit coin de France. En prévision de cet événement, mon ami Léon Dunara, décédé depuis, a publié une parodie d’un discours qui n’a pas eu lieu, vu que, sans la moindre explication, le voyage a été annulé. Entre le passage d’Obama (devenu le copain de notre président) et le Tour de France, Nicolas 1er a préféré s’abstenir de paraître aux côtés de Jean-Michel Baylet, dont le parti politique (le PRG) permit pourtant le vote au Congrès de la modification constitutionnelle.

 

Sans prétendre tirer de grandes leçons de ce non-événement, je voudrais me laisser aller à quelques observations. Entre janvier et juillet 2008 Nicolas 1er a été obligé de revoir sa stratégie. En janvier, c’était encore le moment des grandes résolutions, comme font les enfants pour fêter l’année nouvelle. De Riad à Rome, il fallait mettre en œuvre une politique de civilisation, la France étant trop étroite aux projets de sa Grandeur. Depuis, combien de « civilisations » ont été revues à la baisse ? Comme l’énorme question méditerranéenne ! Sarko a décidé de revoir sa campagne de « promotion » et à l’heure des soldes, en juillet, elle s’est pour l’essentiel limitée à la présentation de son image (qu’on le filme mais qu’il ne dise rien surtout !). En conséquence, qu’aurait pu apporter Montauban à son image ? Le rapport Atali souhaitant en finir avec les départements, tout comme une partie de la gauche de gauche, a été remisé au placard en quelques jours. La fête pour le bicentenaire d’un département aurait pu paraître comme la confirmation de cet enterrement, or il n’est que de façade.

 

Faute de Sarko, la fête du bicentenaire du département se contenta de l’autre vedette annoncée, qui fut bien présente, le Brésilien Gilberto Gil. Ce ministre de Lula est surtout un chanteur en charge de la promotion culturelle de son pays, ce dont il s’acquitte avec talent. Quel Brésil transporte-t-il sur la corde de sa guitare ? Etrangement, nous allons en revenir au sarkozysme !

Gilberto Gil a pour fonction de casser les images d’épinal que transporte le mot Brésil et qui ont noms : samba, tropiques et carnaval de Rio. Gilberto Gil c’est le Brésil ouvert sur la planète ou, pour le dire à sa manière : le lieu du mélange de la terre entière. Le Brésil, c’est la civilisation au carrefour de TOUTES le civilisations ! De Bob Marley à l’Italie en passant par les Beatles, la samba se voit réduite à une fonction parmi d’autres. Comment ne pas être ému en entendant Gilberto Gil rendre hommage au compositeur et chanter : Volare, cantare, dans un italien parfait !

 

Et si, au nom de la grandeur du Brésil, Giberto Gil (que je rebaptise Gilberto Brasil) devenait le Mac Do de la world musique ? Une musique à la qualité technique impeccable mais où le gustatif est réduit aux mérites de la sauce ketchup ? Avec le public, j’ai beaucoup applaudi le chanteur brésilien, et le lecteur peut penser que je fais la fine bouche après dégustation. J’insiste donc : l’ensemble de l’orchestre, l’ensemble du spectacle est d’une grande classe. Oui, mais après ? Pourquoi les hommages rendus ne touchent pas la musique colombienne, péruvienne, en plus clair la musique des pauvres ? D’Atahualpa Yupanqui à Compay Segondo la musique des Amériques a montré que sa grandeur résidait plus dans l’enracinement jamais achevé, que dans le melting pot au plus petit dénominateur.

 

Oui, finalement, le Brésil que nous présente Gilberto Gil c’est le sort que Sarko réserve pour la France. Contre le gaullisme vieux jeu, vieille France, contre la gauche bloquée bloquante et bloqueuse, Sarko veut devenir le président du monde, un monde où la méditerranée redeviendrait la mer phare, alors que cette fonction est en train de quitter l’Atlantique pour se déplacer vers le Pacifique. La culture française qui a été la culture d’un monde cultivé, doit vendre du métissage, celui qui a permis à Sarkozy de devenir président ! Le métissage peut alimenter les identités ; il peut aussi les noyer ! C’est la seconde option qui unifie Gilberto Gil et Sarkozy. Mais je peux me tromper. 08-08-2008 Jean-Paul Damaggio

 

 

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J
«Le métissage peut alimenter les identités ; il peut aussi les noyer !»<br /> L'essentiel est dit ici!<br /> <br /> «Tisser» ensemble oui, mais refuser les différences, c'est niveler par le vide les «manières différenciées d'être au monde», pour dire comme ce très local poète du nom de Gaston Miron.
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