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Vendanges à Bruniquel

Vendanges à Bruniquel

 

Le 20 septembre 2009 nouvelles vendanges à l’ancienne à Bruniquel où je suis invité pour proposer à la vente mon dernier livre sur l’usine à fer du village. Retrouvailles, rencontres, bavardages divers, découvertes, tant d’événements se croisent que j’en fais ce petit compte-rendu. Le tissage avec Madame Lecornue, les miniatures de Gino Bonutti de Lespinasse, le safran de Denise Soulier en photo devant le paysage de la vallée de l’Aveyron. Puis les odeurs anciennes. Et à côté de moi deux vendeurs autres vendeurs de livres Jean-Jacques Rouch qui devra s’absenter rapidement et André Lacombe de Montricoux.

Gino Bonutti de Lespinasse Haute-Garonne s’est passionné pour la réalisation de miniatures liées à la vie des champs. Il propose des photocopies d’articles de presse qui évoquent sa passion : « Gino, le Gepetto lespinasois prend la clé des champs ». Ses machines automatisées à l’aide d’un petit moteur électrique font penser aux petits trains qui circulent souvent sur des trains enchevêtrés mais lui c’est surtout l vie agricole qu’il représente à l’aide de forces poulies et courroies qui émerveillent les enfants. « Avant d’être un artiste inventif, il est avant tout un homme apprécié de tous qui colporte dans les rues de Lespinasse sa légendaire bonne humeur. » indique le journal.

Denise Soulier est devenue une spécialiste du safran qu’elle présente à merveille sur sa table et donc elle connaît de a à z les moindres secrets. Entrée à l’Ecole Normale de Montauban en même temps que moi, j’ai eu l’occasion de la croiser souvent depuis 1968. Elle me rappelle suite à un de mes textes précédents, qu’à l’E.N. il y avait un labo-photo et en effet, je revois aussitôt ce labo que j’ai fréquenté un temps mais abandonné suite à une mésaventure. J’avais préparé chez moi, un dimanche, une bouteille de révélateur ou fixateur, et le lundi, dans le bus pour rentrer à l’école, j’avais posé mon cartable avec le liquide au-dessus des sièges mais je découvris au moment de descendre qu’il avait fui !

André Lacombe rencontrera des personnes apportant leurs témoignages sur le maquis de Cabertat qu’il a étudié depuis des années. C’est ainsi qu’une Hollandaise expliquera que la maison où elle vit a hébergé un Juif et que par souvenir de ce moment heureux de sa vie la personne en question garda l’intérieur de la maison dans le même état jusqu’à ce qu’un enfant prenant la suite, « fasse du ménage ». Il me donne le moyen de renouer le fil avec la famille Djemad.

 

Parmi mes propres rencontres j’ai la surprise de croiser une dame qui, à la lecture de mon nom, me demande si j’ai des liens avec Maria, de Cayrac. Je lui confirme qu’elle était ma grand-mère et elle m’indique qu’elle s’appelle Odile Miquel qu’elle vit à présent en Sologne. Quelques souvenirs surgissent puis elle continue sa promenade. Juste au moment où le groupe de musique et danses africaines commence sa présentation, elle revient pour m’acheter le livre : j’ai eu quinze ans en Tarn-et-Garonne. Là elle revient sur un étrange moment de vie. Elle était gamine et se souvient parfaitement qu’après s’être brûlée elle a été amenée en vitesse auprès de Maria ma grand-mère qui avait le pouvoir d’éteindre le feu. Quarante après et ce souvenir en guise d’achat du livre ! « Eteindre le feu » faut-il donc y croire ? J’avais à côté Monsieur Lacombe qui vendait son livre sur le marquis de Cabertat, un homme aussi athée que moi mais qui m’apporta aussitôt le témoignage d’un homme très sérieusement brûlé qui, à Montricoux, s’est aussi fait éteindre le feu en quelques instant au grand soulagement visible du malade. Ensuite Michel Montet, le maire du village viendra apporter aussi une expérience. Il ya donc un peu partout des personnes capables d’éteindre le feu ? La médecine s’est-elle penché sur ce phénomène ? Jusqu’à quel point est-il efficace ?

Ma grand-mère n’était pas du genre à crier sur les toits son don particulier et il n’était pas question qu’elle en fasse commerce. Simplement, le bouche à oreille faisait que périodiquement des personnes venaient la voir pour être soulagées. Gamin, j’en ai été témoin à mon grand étonnement. Comment se don était-il apparu ? Comment pouvait-il fonctionner ? Voilà que ce petit moment- de vie relançait la question !

20-09-09 Jean-Paul Damaggio

 

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