Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
Le sens de la Poste selon Jean-Pierre Chibrac
(cet article est une reprise suite à une petite modification qui entraînera un autre article)
Le Samedi 4 mars 2006 une affaire époustouflante éclate au grand jour : un conseiller financier de La Poste Villebourbon à Montauban aurait détourné 1 million d’euros ! Il faudra attendre trois ans, avant qu’elle ne passe devant les tribunaux : la somme est exactement de 1 144 450 euros ! C’était donc vrai. Mais qui a pu se livrer en quatre ans, de 2002 à 2006, à une telle escroquerie ? En comptant bien, nous arrivons à la somme de 20 000 euros par mois, dans un Bureau de Poste qui semble familial et où personne ne remarqua rien, jusqu’à la découverte par un vieux monsieur d’un manque de 30 000 euros sur son compte. Qui a pu se sentir au-dessus des lois pour oser une telle escroquerie ?
Comment les deux quotidiens locaux allaient-ils suivre le dossier ?
Le Petit Journal du 4 mars ne nomme pas le conseiller financier préférant annoncer des explications dans un numéro suivant, article qui ne viendra jamais. On y apprendra seulement le 6 mars, que la direction de la Poste à découvert elle-même, suite à une enquête interne, le pot aux euros. Le Conseiller financier fut suspendu en janvier mais l’affaire fut rendue publique seulement deux mois après !
La Dépêche sera plus précise et plus sérieuse en rappelant les liens du conseiller financier Jean-Pierre Chibrac, avec le PS (directeur de la campagne du candidat PS aux législatives de 2002) ce qui obligera l’ex-député Roland Garrigues à s’expliquer dans le bimensuel qu’il anime : Le Réveil (n°3099). Il rappelle que directeur de campagne est un poste peu important sur le plan financier mais que d’autres activités du « conseiller » sont « oubliées » par la quotidien : « Il a ensuite été admis dans un club de service, les Kiwanis où les gens sont honnêtes, dévoués et tiennent pignon sur rue. Par ailleurs, il appartiendrait à des cercles où l’on met en avant des qualités plutôt que des défauts. Il était responsable syndical. » Roland Garrigues n’ajoute pas que tout en étant suspendu de son travail (donc soupçonné de malversations) il continuait à s’afficher joyeusement au restaurant aux côtés d’un conseiller général socialiste.
L’homme s’appelle donc Jean-Pierre Chibrac et tous ceux qui le côtoyaient étaient d’accord sur un point : il présentait très bien. Avec un tel pécule mensuel, il pouvait s’offrir maisons, voitures et tableaux de maître.
Avec l’argent pillé, Jean-Pierre Chibrac décida de faire œuvre démocratique en créant un journal : Post Scriptum en septembre 2003. Une tâche pas facile, mais un personne bien informée m’avait annoncé à l’avance que ce journal durerait seulement deux ans, et en effet sans que le mensuel ne s’en explique il cessa toute parution en juin 2005. Il donna la parole à divers socialistes, semblant jouer la fonction d’un PS ouvert vers sa gauche ! Dans un paysage médiatique local très contrôlé, ce travail faisait figure de bol d’air salutaire. On voit comment à présent !
Pour truander, la manœuvre était simple : profiter de la naïveté des personnes âgées qui lui confiaient leur argent. Mises en confiance, elles ne s’étonnaient pas de ne pas recevoir confirmation officielle des versements et à partir de là le conseiller jonglait… et se servait. J-P Chibrac vient d’être condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis et il doit rembourser à La Poste 2 300000 euros, plus 1500 euros à chacune des parties civiles. Parions que l’homme absent au moment de la sentence fera appel pour gagner du temps. Sincèrement je doute encore qu’il passe par la case prison.
22-04-2009 Jean-Paul Damaggio