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Jaurès au Panthéon vu par le PCF (I)

René Merle dans un article sur Jaurès au Panthéon http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=578 évoque la position du PCF exprimée par Renaud Jean. Faute d’avoir trouvé celle-ci nous donnons trois autres articles de novembre 1924 qui permettent de réfléchir à la question. Jaurès au Panthéon vu par le PCF (I) Lundi 24 novembre 1924 dans l’Humanité Une journée ! Nous étions là cent mille en marche... A l’heure du départ, notre cortège escaladait les Champs-Elysées jusqu'au delà de la rue Marbeuf. Avec une discipline déjà révolutionnaire, encadré par notre service d'ordre, le peuple des usines de Paris accourait derrière nos drapeaux. Une haie de plusieurs rangs escortait d'acclamations le chant, de l’Internationale qui se répercutait par ondes larges de groupe en groupe. Passionnée d'ailleurs, cette foule, rangée sur le trottoir. Elle attendait là depuis des. Heures... Elle avait vu passer le cercueil, les officiels, le ministère, les « corps constitués »…, mais tout cela, ce n'était pas ce qu'elle cherchait. Notre cortège arrivait et nous étions pour elle comme une délivrance. Toute. son attente se ruait vers nous. Sur le chemin de nos drapeaux, ses acclamations jaillissaient et rejoignaient nos clameurs. Devant la Chambre, ses cris éclatèrent comme une colère brusque devant le drapeau tricolore dont on avait souillé le cercueil de l'Honnête Homme mort pour le prolétariat. Puis ce fut le défilé sur le boulevard St-Germain ; entre les murailles des maisons riches, les bourgeois, goguenards d'abord, puis pâles, atterrés, fermaient les fenêtres de leurs balcons sous nos sifflets. Le peuple tenait le pavé, il chantait encore sans doute, il était sans armes, mais les mots d'ordre inscrits sur les emblèmes qu'il portait étaient nets et tranchants comme des couperets… Le prolétariat se vengeait du vol de Jaurès par la bourgeoisie en faisant retentir une première menace, en acclamant la Révolution russe qu’il reliait indissolublement à la pensée de Jaurès mort pour la paix. Par là, la marche au Panthéon des organisations révolutionnaires prenait toute sa signification politique. On ne s'appesantissait pas sur le passé. On y puisait juste ce qu il fallait d'exemple pour rendre le présent fécond. Ce n'était pas un enterrement ; c'était comme une fête grandiose de renaissance... Paris ouvrier prenait conscience de sa force et, serrant, les poings, regardait le fascisme en face. Le Paris de la Commune ressuscité reprenait sa marche en avant. Hier, à Paris, les social-démocrates ont crié aux :plus sourds, qu'entre la bourgeoisie et le prolétariat ils avaient pour jamais choisi. Hier, à Paris, pour la première fois depuis la guerre impérialiste, un vrai souffle révolutionnaire a balayé les quartiers fascistes . Remercions Herriot. Il croyait étouffer la volonté de vengeance du prolétariat sous les fleurs. Derrière le cercueil de Jaurès, la Révolution communiste a eu sa première journée. Paul VAILLANT-COUTURIER.
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