Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
Lettres de Victor Hugo à Léon Cladel
(Il s’agit de lettres recopiées sans doute par Judith Cladel qui se trouvent dans le fonds Cladel 17 J 1 des archives départementales du 82. A un endroit seulement elle n’a pu lire deux mots du texte.
Victor Hugo sur les Va-nu-pieds
3 avril 1873
Quelle haute et belle page ! comme vous parlez fièrement la langue de justice et de vérité ! Vous avez l’irrésistible éloquence d’un grand cœur, servi par un noble esprit.
Offrez mes hommages à Madame Cladel. Il me tarde de vous voir tous les deux, il me tarde de serrer la main au vaillant écrivain, et de baiser la main de la femme charmante
[il s’agit d’une dédicace d’une nouvelle des va-nu-pieds, L’Hercule, mais elle n’est pas sur ma version de ce livre]
23 avril 1873
Je vous écris coup sur coup mais c’est que votre Hercule est, vraiment, bien beau, le coup de foudre fait plus que briser le cœur il le serre. On sent derrière cette mère, la pauvre femme qui va mourir de faim, quel contre coup !
Je vous remercie d’avoir attaché mon nom à cette page tragique et puissante, et je suis votre ami.
Nov 1878
Cher confrère, je bénis votre Rachel au nom de son Dieu et au nom du mien (entre nous ce sont les mêmes).
J’accorde personnellement, à votre digne éditeur, l’autorisation qu’il me demande pour l’étude de ma fille sur Camille Berru. Mais il faut, qu’il en obtienne une autre, celle de Madame Lockroy.
Quant à moi, je garde à ce cher Berru mon plus tendre souvenir ; c’était l’idéal du bon garçon et du vaillant homme. Jamais nature plus fière et plus énergique ne s’est cachée sous des formes plus douces et plus cordiales. Berru est un des républicains. Je lui ….sous… le cœur sur la main, l’âme au ciel. Vous pouvez si vous le jugez à propos communiquer ces quelques lignes à votre éditeur qui en fera ce qu’il voudra.
Cher confère, vous faîtes de belles amours et des enfants charmants. Je suis deux fois avec vous.
[Rachel est une des filles de Cladel qui vient de naître]
5 juin 1872
Vous avez fait, Monsieur, un livre puissant et vrai. Vous touchez au mal, mais c’est pour le bien. Vous maniez hardiment la plaie, en homme qui fait crier, mais qui saurait guérir. J’aime ces fortes pages où la vie est partout. Votre livre est un livre de vérité et de probité. Je vous remercie.
[peut-être à propos de la fête votive]
Pas de date
J’ai lu votre livre tout imprégné de vie et de vérité. Vous êtes un robuste esprit, tourné vers la lumière. Courage car vous aurez à souffrir, étant dans le vrai. Il faut que l’écrivain soit un juste.
Vous subirez vaillamment toutes les conséquences de votre fonction. Je vous remercie de m’avoir dédié une des plus belles pages de ce brave et bon livre.
10 juin 1879
Mon cher confère, j’ai commencé à lire votre livre, ce livre que vous m’avez dédié.
C’est beau, et c’est bon, c’est puissant et c’est excellent. Le temps me manque pour le lire une autre fois, comme je le voudrais. Mais je tiens à vous écrire tout de suite mon émotion. J’ai vu hier Madame Léon Cladel, nous avons pris jour pour votre retour. Je vous dirai alors tout ce que me fait éprouver ce livre, maroué d’une griffe et touché par une aile. A bientôt, à toujours.
[Il s’agit de Ompdrailles ou le tombeau des lutteurs dont voici la préface :
A Victor Hugo
Maître,
Enfant, je balbutiai votre nom déjà immortel ; adolescent, je me nourris de vos chefs-d’œuvre ; homme, et plus que jamais de vos fidèles, je vous offre aujourd’hui ce travail avec l’admiration et le respect que doit avoir pour votre génie sans rival tout ouvrier dont la plume est l’outil.
Léon Cladel, Paris le 1er mai 1879]