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Avec Raoul Verfeuil
Dès 1983 avec l’ami Marcel Maurières nous avons évoqué ce Tarn-et-Garonnais inconnu auquel j’ai consacré en 1993 une brochure. Grâce à l’envoi de ce document par René Merle nous allons entamer un travail autour de ce militant socialiste puis communiste puis socialiste-communiste. Avec des publications surprises !
Pour la médaille du jeune Verfeuil, à suivre.
L’ENCYCLOPÉDIE socialiste, 1914. Tome II.
Les Fédérations socialistes : Fédération du Tarn-et-Garonne
Il existait à Montauban, il y a une vingtaine d’années, un groupement, à tendances socialistes qui s’appelait « Les Chevaliers du Travail » ; reconstitués quelques années après, à la suite d’une conférence de Zévaès, délégué du P.O.F, les Chevaliers du Travail adhérèrent à cette organisation nationale. Parmi les adhérents de ces vieux groupements restés fidèles au socialisme se trouvaient les frères Abbès, les citoyens Coujoulou, Taillefer, Soulé, qui sont pour la plupart encore adhérents au Parti. Le docteur Bach, de Toulouse, visita souvent le Groupe de Montauban ; il donna des réunions sous ses auspices et représenta les socialistes de cette ville dans les congrès du Parti Ouvrier. Des dissensions personnelles s’élevèrent au Groupe et eurent comme suite la naissance d’un autre Groupe, « La Jeunesse Socialiste », fondé par le citoyen Niel, qui adhéra au P.S.R.
A Moissac, à Valence-d’Agen, deux groupements se constituèrent et, sous l’inspiration de la « Jeunesse Socialiste » de Montauban, adhérèrent également au P.S.R, tandis que le groupe d’Auvillar, « La République Sociale », s’affiliait au P.O.F. En 1903, tous ces Groupes étaient disparus, et seuls les socialistes de Montauban avaient reconstitué le Groupe dont Henri Niel était le secrétaire. Après une réunion du citoyen J.Monties, le Groupe de Montauban donna son adhésion à la Fédération de Gascogne et se fit représenter à ses Congrès de Saint-Clar (1903) et Dunes (1904). Mais il était peu nombreux, composé d’éléments hétéroclites et sans aucune influence sur la vie politique montalbanaise. Le groupe de Valence-d’Agen avait eu une existence intermittente. Ses principaux militants, Dupin, Roubert, Filhol, le reconstituèrent à plusieurs reprises ; il présenta à plusieurs élections cantonales Filhol et Roubert ; en 1905 il adhéra également à la Fédération de Gascogne. Celui de Montauban n’existait plus en fait. Mais il s’était formé une Jeunesse laïque à tendances socialistes et révolutionnaires qui symbolisait le mouvement d’avant-garde et d’où devait sortir quelques bons militants du futur Parti unifié ; entre autres les citoyens Raoul Lamolinairie, Emile Poujol, etc. Après la constitution de l’Unité, le Groupe de Montauban se réorganisa, à la suite d’une conférence publique donnée sous les auspices de la Jeunesse laïque par C.Sabatier, professeur à la Faculté de Toulouse. Un jeune militant, René Cabannes, apporta une courtoise contradiction. La sympathie avec laquelle il fut écouté enhardit quelques socialistes : Raoul Lamolinairie, Terrieux, etc., qui approuvèrent les doctrines collectivistes défendues par Cabannes et se prononcèrent contre un ordre du jour en faveur du ministère Clémenceau. Plus de cent auditeurs les suivirent. Ce fut le point de départ d’une nouvelle action socialiste à Montauban. Malgré le milieu particulièrement ingrat, où les travailleurs sont absorbés par la lutte entre un parti réactionnaire très puissant et un parti démocratique fortement outillé, l’idée socialiste commence à germer ; les premiers bourgeons de l’arbre sont éclos successivement à Caussade, Septfonds, Finhan, Moissac, Beaumont-de-Lomagne, Laguépie, Bruniquel, Verfeil-sur-Seye, Molières et Verdun, où des groupes du Parti militent très activement. Ces groupes, avec celui de Montauban, fondèrent, le 19 juin 1910, au Congrès de Finhan, la Fédération du Tarn-et-Garonne. L’année suivante, à son Congrès de Laguépie, la Fédération désigna comme secrétaire général E.Bardiès, professeur de sciences démissionnaire, qui, après une vigoureuse campagne électorale contre Cruppi, à Toulouse, se consacra au développement de la Fédération du Tarn-et-Garonne par de nombreuses conférences dans tout le département. La trésorerie générale fut confiée à Gouffé, ouvrier plombier-zingueur qui, avec Lamolinairie, collaborateur au « Midi Socialiste » sous le pseudonyme de Raoul Verfeuil, furent les premiers artisans de l’œuvre d’organisation. Terrieux, Abès jeune, serrurier, Montsarrat, commis des P.T.T à Montauban, sont les principaux militants de la Fédération. Les socialistes de Montauban présentent deux candidats aux élections municipales de 1908, Terrieux et Barrière, sur une liste de coalition républicaine. Ils sont élus tous deux . Une liste partielle autonome, violemment combattue par les radicaux et quelques transfuges des anciens groupements, échoue en 1912. Mais la municipalité de Laguépie est conquise. Aux élections législatives de 1910, le citoyen Terrieux obtint 1890 voix dans la circonscription de Montauban. A Montauban, les militants socialistes ont fondé une coopérative. Ils ont fait élire deux conseillers prud’hommes, Barrier, ouvrier imprimeur, et Barrière, ouvrier menuisier, qui ont depuis abandonné le Parti. Aux élections législatives de 1914, ils ont présenté deux candidats : le citoyen Eloi Hébrard, conseiller municipal de Verfeil-sur-Seye, pour l’arrondissement de Montauban, et le citoyen Raoul Lamolinairie, pour l’arrondissement de Castelsarrasin. Hébrard a obtenu 1160 voix et Lamolinairie 881 dans des conditions de lutte particulièrement difficiles. La Fédération du Tarn-et-Garonne est appelée à prendre prochainement un grand développement. »