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Galeano et Olympe

Galeano et Olympe

 

Au débat à Montauban sur « olympe de gouges femme politique » l’ami Jean-Louis Sendral évoqua les propos d’un écrivain d’Uruguay Eduardo Galeano au sujet de la Montalbanaise. En cherchant sur Internet, j’ai découvert une évocation de son travail au sujet de femmes mémorables, que vous lirez ci-dessous avec quelques observations. Eduardo Galeano avait bénéficié d’une certaine notoriété en France au début des années 70 avec son livre phare « Les veines ouverte de l’Amérique latine » mais son dernier livre traduit en France avec retard l’est par une petite maison d’édition ce qui le rend difficilement accessible : « Sens dessus dessous, l’école du monde à l’envers » chez homnisphères. J-P Damaggio

 

Le texte suivant est une transcription littérale de ce qu’a exposé oralement Eduardo Galeano dans: "La vie selon Galeano", dans un nouveau cycle du canal Encuentro.

 

« FEMMES

Saint Jean Crisóstomo disait: « Quand la première femme a parlé elle a provoqué le péché originel » et Saint Ambrosio a conclu: « Si on permet à la femme de parler de nouveau, elle apportera encore la ruine de l’homme ». L’église catholique lui a interdit de parler, les fondamentalistes musulmans lui mutilent le sexe et lui cachent le visage. Les juifs orthodoxes commencent la journée en remerciant ainsi : « Merci seigneur de ne pas nous avoir fait femme ». Elles savent coudre, souffrir et cuisiner. Des filles obéissantes. Des mères pleines d’abnégation. Des épouses résignées. Pendant des siècles et des millénaires, il en a été ainsi bien que de leur passé on ne sache pas grand chose. Nous n’avons que des voix masculines. Pour honorer un homme illustre on dit : « Derrière chaque grand homme il y a une femme », en réduisant ainsi la femme à la triste condition de dos de la chaise !

 

Aujourd’hui je vais vous raconter à ma façon quelques histoires de femmes qui ne correspondent pas toujours avec l’identité voulue par les Eglises.

[Nous donnons ici son portrait d’Olympe de Gouges]

Olympia
Les symboles de la Révolution française furent féminins
. Des femmes au bonnet phrygien, les seins à l’air, les cheveux au vent et le drapeau à la main (1). Mais la Révolution française proclama les droits de l’homme et du citoyen. Puis peu après une militante révolutionnaire, l’actrice (2) Olympia de Gouge proposa que la Révolution approuve aussi une Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne. Un tribunal révolutionnaire la condamna, et la guillotine la décapita. Quand Olympia de Gouge s’approcha de l’échafaud elle demanda : « Si les femmes peuvent monter jusqu’à la guillotine... Pourquoi ne pourraient-elles pas monter à la tribune publique ?. » Une semaine après, la Révolution française décapita rien de moins que la femme du ministre de l’intérieur car elle s’occupait de politique... « ce qui n’est pas une affaire de femmes ».(3)

Quelques années plus tard, pendant la première Commune de Paris, une période de grands changements révolutionnaires, au cours duquel on approuva le Suffrage Universel... universel mais pas tant que ça... (4) car on a soumis au vote de l’Assemblée jusqu’à quel point le vote serait universel, et il en résulta que les votants, tous des hommes, votèrent contre le vote des femmes, par une résolution approuvée par 899 votants contre un donc approuvée à l’unanimité moins un. »

 

Notes de l’auteur :

1 ) Derrière l’image donnée on reconnaît aisément le célèbre tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple qui concerne en fait la révolution de 1830.

2 ) Olympe n’était pas actrice mais auteur de pièce de théâtre.

3 ) Sur le coup je n’ai vu à qui Galeano faisait référence puis après vérification j’ai compris qu’il s’agissait de Madame Roland dont le mari avait été en 1792 ministre de l’Intérieur et qui se suicida en apprenant que sa femme avait été guillotinée.

4 ) Sur ce point Galeano se trompe : il s’agit de la Révolution de 1848, la Commune de Paris n’ayant pas eu le temps de s’occuper de la question.

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