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La Poste ici et là

La poste des villes et
la poste des champs

 

'Voici un article qui vien d'êtrre publié dans le journal ci-contre et dont lel ien est dans la liste des liens)

Quand ils étaient gamins, les dirigeants de La Poste ont trop chanté la comptine bien connue : « le facteur n’est pas passé, à la boîte aux lettres ». En conséquence, dans le Tarn, l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne et ailleurs, c’est le démantèlement à tout va. Dans plusieurs secteurs du Tarn les facteurs se sont mis en grève illimitée pendant plus d’une semaine, pour s’opposer à des conditions de travail démentes. Un témoin des luttes à Vaour indique : « Au final, il y a tentative de briser la grève des facteurs. Mais plusieurs Municipalités, Vaour, Penne, et sans doute d’autres, ont refusé que des « jaunes » viennent distribuer en Mairie les lettres. Monsieur Audard, à Larroque, a lui accepté. Cette question se pose sur l’ensemble du territoire national, victime des principes de l’Europe qui détruit systématiquement nos services publics. » Voilà, c’est bien dit !

L’ancien « Petit Travail Tranquille » qui faisait partout du facteur un membre de la famille, de qui on aimait recevoir le calendrier pour les étrennes, est devenu une variable d’ajustement à qui tout est quantifié.

Mais les guichets ne sont pas en reste. En ville c’est la queue, même pas la queue amusante des temps anciens où chacun y allait de sa blague, mais la queue silencieuse des temps stressés. Après chaque couvaison printanière, un vol nouveau d’apécés (APC = agence postale communale) sort tout droit des têtes penseuses des dirigeants de La Poste, appliquant en cela la loi de 2004 qui met en oeuvre les directives européennes. Cet été, en Tarn-et-Garonne, ce furent 29 bureaux proposés à la réorganisation. Des usagers, des élus, des salariés se sont unis pour dire NON. Conséquence : l’hiver est devenu « moratoire », le temps que l’armada des arguments frappants soit révisé. D’ailleurs, dans l’Aveyron, le directeur de La Poste est content : d’avril 2008 à avril 2009 ce sont 20 bureaux qui vont se changer en apécés, sauf que ça coince là-bas aussi. Un apécé, ce sont des réductions d’horaires, de services, avec en plus un investissement municipal (moins de 1000 euros par mois de compensation pour prendre en charge la gestion du bureau : local, personnel, nettoyage…). Cette stratégie sert à décourager les usagers pour montrer ensuite que rien n’est viable et qu’il faut tout arrêter ! Comme dans les entreprises que des patrons veulent faire fermer : les comptes sont reportés sur un autre élément du groupe industriel et voilà qu’ensuite le canard fragile est envoyé à la rôtissoire. Ils veulent « fermer » toute une partie de la France, dite rurale, et pressurer la partie restante dite urbaine. Or un pays sera toujours fait de villes et de champs pour le bonheur de la diversité bien connu des rats. Dans les école il faudra changer la comptine : « Le facteur n’a pas cassé, notre boîte à lettre ; la loi du fric est passé, mais elle est trop bête ».

01-03-2009 Jean-Paul Damaggio

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