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Séverine présentée à Montauban

Séverine présentée à Montauban

 

Pour poursuivre quelques échos des journées Olympes de Gouges de Montauban, le portrait de Séverine qu’a tracé Christiane Douyère-Demeulemaere a suivi les fil des années sans rien masquer des zones d’ombres et de lumières qui firent la vie de la célèbre journaliste. Elle compléta très bien l’intervention précédente de Yannick Ripa sur l’âge d’or de la presse féministe, le XIXé siècle. On va retrouver les mêmes noms.

 

Mais tout d’abord un mot des portraits qui furent projetés pour illustrer les propos de la conférencière : celui que vous avez ici est; si j'ai bien écouté la conférencière, une peinture d’un homme déjà évoqué sur ce blog, André Gil. Il vient du Musée Carnavalet et je le trouve très beau. Mais la référence de Wikipédia indique une peinture de Renoir. Il me faudra vérifier.

 

Pour résumer d’abord sa vie : Séverine, née Caroline Rémy, 27 avril 1855 à Paris meurt le 24 avril 1929 à Pierrefonds. On retrouve un élément de la vie d’Olympe de Gouges : mariée très tôt sans son consentement, elle vivra ensuite avec le docteur Guebhard, dont l’aide financière sera décisive pour permettre à Vallès de relancer, à son retour d’exil, Le Cri du peuple. L’entrée en journalisme de Séverine lui fera connaître Georges de Labruyère de l’Echo de Paris avec qui elle vécut jusqu’à la mort de ce dernier en 1920, date à laquelle elle reviendra jusqu’à sa mort avec Guebhard.

 

C’est en allant à Bruxelles qu’elle y croisa l’homme qui changea sa vie : Jules Vallès. Odile Kralovitch (1) présentera ainsi le livre que Christiane Douyère-Demeulemaere consacra à cette relation : « Elle a visiblement pris un grand plaisir à raconter presque au fil de la plume les cinq années de collaboration du célèbre tandem, et elle nous fait partager ce plaisir. Le livre se lit en effet comme un roman et l’on passe, chapitre après chapitre, d’un intérêt premier pour l’« insurgé » et le communard, pour le grand journaliste, pour ses souvenirs de la Commune et de l’exil, à un étonnement devant la prise en main de la direction du Cri du Peuple par cette élégante et belle jeune femme : Caroline Rémy. Une bourgeoise certes, mais très vite devenue, sous le nom de Séverine, une grande dame du journalisme, sincèrement républicaine et socialiste, généreuse, et si bien formée par son maître qui sut, au-delà des apparences, deviner ses qualités, sa force de caractère, son courage, sa détermination. »

 

Pour rendre compte des propos de l’intervenante je ne peux qu’inciter aux diverses lectures autour de Séverine qui fut vraiment admirable dans sa liberté de penser, de travailler et de lutter. Puisque nous étions à Montauban, je vais seulement retenir un élément qui rencontre l’histoire locale.

Les conflits, au sein des courants socialistes et anarchistes viendront surtout au moment clef du boulangisme, du nom du général Boulanger qui par son populisme entraînera dans son sillage des militants d’extrême gauche entre 1886 et 1889, les mêmes qui sont et deviendront encore plus antisémites avec la condamnation de Dreyfus. Séverine sera entraînée dans l’aventure, comme elle sera en partie aux côtés de Drumont porte-parole de l’extrême droite. Elle est l’amie de Marguerite Durand, l’épouse d’un député boulangiste, femme admirable qui permettra une avancée importante du féminisme avec la création du grand quotidien La Fronde, un journal qui très vite évitera le piège anti-dreyfusard d’une certain gauche. Là, l’intervenante a eu la bonne idée de rappeler qu’il y avait à La Fronde l’épouse du Montalbanais Henri Lapauze, Jeanne Loiseau qui prendra comme nom de plume Daniel Lesueur. Cette dernière se retrouve dans le recueil d’articles que nous avons publiés d’Henri Lapauze, articles issus d’un journal La Renaissance, un hebdo créé par son mari, où il y avait « une rubrique féministe ». Elle ne pouvait noter qu’il y avait la fille d’un autre Montalbanais moins connu, Judith Cladel. Autant de raisons de poursuivre l’étude de ce quotidien dont la photo d’un exemplaire fut présenté sur écran grâce à une des personnes qui assurait la technique des Journées Olympe de Gouges et qui avait ce document émouvant.

8-03-2009 Jean-Paul Damaggio

 

(1) Référence électronique

Odile Krakovitch, « Christiane Douyère-Demeulenaere, Séverine et Vallès. Le Cri du Peuple, Paris,

Éditions Payot, Collection « Portraits intimes », 2003, 282 p. ISBN : 2-228897-08-6. 17,50 euros. »,

Revue d'histoire du XIXe siècle [En ligne], 31 | 2005, mis en ligne le : 18 février 2006, URL : http://

rh19.revues.org/index976.html.

 

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