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Pour la défense des services publics ?
Aujourd’hui lundi 15 décembre à 15h je passe à la poste de Castelsarrasin. Une queue d’une heure. Elle est à présent fermée le lundi matin et en conséquence c’est l’embouteillage l’après-midi. Heureusement j’ai seulement un paquet à poster et je sais utiliser l’automate. Alors, vive la machine ! Un vieux monsieur dans la file (c’est sûr à cette heure là la file est surtout composée de retraités) me regarde et me demande de lui expliquer. Je lui explique la manœuvre pour l’automate. Il est content, il gagne une heure de temps. Mais est-ce la solution ?
Les banques sont reines pour développer le « faîtes-tout vous-mêmes » dans des « espaces » ouverts 24 h sur 24. Je ne suis pas contre les machines mais dans un cadre convivial, dans un cadre de service, dans un cadre humain, pas dans un univers oppressif.
Est-ce à dire que la manifestation à l’initiative d’ATTAC, où nos éditions avaient une table d’information (voir photo), et qui s’est déroulée à Montauban le samedi 13 décembre, a été une réussite ?
Cette manifestation fait suite à plusieurs autres et en précède sans doute tout autant. Parce que quand le nombre d’heures de formation à l’école est réduit d’une demi-année pour l’enseignement primaire, parce que quand les trains s’arrêtent de moins en moins dans les gares et que les postes sont fermées, la colère ne peut que grandir. Mais comment permettre la manifestation de cette colère ?
Par des pétitions, des défilés dans les rues, des colloques, des articles (comme celui-ci) ?
Trop de formes de révolte ont été banalisées au point que la population se sent sous le coup de la fatalité. J’insiste, cette fatalité n’est pas seulement alimentée par une idéologie millénaire, mais est le résultat, y compris, de l’action des adversaires… de la fatalité. Quand on propose des tonnes d’action et que le résultat est là, défaites sur défaites, comment ne pas s’interroger sur le bien-fondé des dites actions ? Comment ne pas observer que la mise en concurrence des luttes est devenue la plus belle victoire de nos adversaires ? Quand on répète à tout bout de champ que les luttes qu’on ne mène pas sont les luttes qu’on perd, à des personnes qui mènent des luttes qui furent toutes perdues, comment ne pas admettre le bien-fondé du découragement ?
Je n’ai aucune proposition miracle pour sortir de l’impasse. Je répète donc que la solution passe par une réinvention du politique, instrument qui me paraît le seul capable de fédérer les luttes pour proposer une alternative globale, aux mauvais coups partiels mais répétés que l’on porte aux droits sociaux. Toute l’action associative est POLITIQUE et il serait temps de l’admettre sous peine de faire le jeu de l’adversaire. Autrefois, dès que quelqu’un « faisait de la politique » dans nos villages, il était considéré automatiquement de gauche car en effet à droite on refusait la politique en tant que source de division de l’unité nationale. Depuis que politiquement « la gauche » a abandonné ses promesses, c’est la débandade et la confusion. Le thème des services publics devrait susciter d’immenses rassemblements studieux avec constats précis permettant un dialogue entre employés, citoyens et élus. Un dialogue où chacun viendrait pour faire son propre constat d’erreurs : des élus contestant les privatisations qu’ils ont opérées, les employés soucieux d’armer les citoyens, et des citoyens abandonnant le laisser-aller, laisser-faire cher à la classe dominante.
Tout doit être mis sur la table non pour faire le procès aux uns ou autres mais pour redémarrer dans de nouvelles conditions. D’ailleurs les services publics sont devenus indéfendables car ils ne sont déjà plus des services publics ! (il m’arriva de tenter de le démontrer dans une réunion ATTAC voici au moins 5 ans et depuis c’est pire). La SNCF, un service public ? La Poste y compris quand elle délègue ses activités aux communes n’est plus un service public. Et l’éducation nationale qui a le mieux résisté car les gourmands de la finance ne savent trop comment s’en emparer est démantelée en commençant par les deux bouts : la maternelle et l’université ! En conséquence, je change mon titre : pour la création de services publics actuels. 15-12-2008 Jean-Paul Damaggio