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Voici un extrait du livre Longue vie au Prix Goya, 17 euros que vous pouvez commander à nos éditions : La Brochure 82210 Angeville
LE PRIX GOYA ! Quelle expérience !
Qui aurait pu croire que, moi, j’allais lire, aimer, détester des livres ?!
Tout a commencé ma première année en 1ère L. Moi je voulais faire des langues, c’est tout. Lire était une perte de temps. Moi qui aimais (et qui aime toujours) parler, discuter, argumenter, convaincre, qu’allais-je faire avec un livre en m’enfermant dans le silence ? JAMAIS !
Première surprise je suis en littéraire avec un certain M. Rossignol. Oh la barbe ! Il va encore nous imposer son truc Goya …
Me voilà dans cette classe. Assise au fond (toujours au fond) j’écoutais ce prof de Français qui m’avait l’air très sympa mais qui allait m’imposer la lecture de livres qui pour moi n’allaient même pas me servir pour avoir mon Bac. Car mon but ultime, c’était quand même d’avoir mon Bac et m’évader à Toulouse. Je compris qu’un seul livre du prix Goya allait être sur ma liste au bac. Ouf ! je n’avais qu’à lire celui là.
Ca y est le jour J arriva. Certains élèves étaient tout excités à l’idée de lire pas un, mais des livres ! Ils étaient devenus fous.
Ce jour là, Claude Rossignol prononça la phrase qui allait tout déclencher. Je croyais même qu’il faisait une blague. Pour un prof de Français quand même ! « Quand un livre ne vous plaît pas, ne le lisez pas jusqu’au bout ! » Ah bon, et depuis quand il ne faut pas lire un livre jusqu’au bout ? C’est comme si le prof de maths m’avait dit (il aurait dû) : « quand un exercice ne vous plaît pas, ne le faites pas jusqu’au bout ». Ce Prof de Français était tombé sur la tête.
Là je me pris au jeu à la grande surprise de mon amie Vivi. Je prenais des livres, les lisais jusqu’au bout ou pas, en discutais avec mes camarades. Il me fallait bien argumenter car je n’avais pas à arrêter un livre en plein milieu pour aller faire autre chose mais parce que je n’accrochais pas. Il fallait en trouver des arguments… et j’en trouvais. J’étais tellement prise par ce concours que, quand j’avais lu un livre jusqu’au bout, je ne laissais personne le soin de le critiquer. Les jours passaient et je m’investissais de plus en plus. Je me mis responsable de la rotation des livres ; en fait, j’aimais ça et je voulais être partout. Les débats passaient, l’élection du prix, et moi je ne décrochais pas. Je ne sais pas si c’est pour garder ce prix que j’ai redoublé ma première L, mais l’année d’après j’étais encore au prix Goya. En Terminale, je n’étais plus au prix Goya d’office, alors je me suis inscrite au Club Goya.
Depuis, je sais que la lecture peut être un plaisir. Aujourd’hui je suis Professeur des Ecoles et lorsque j’en aurai la possibilité je pense que j’organiserai un mini prix et dirai à mes élèves « Quand un livre ne vous plaît pas, ne le lisez pas jusqu’au bout ! »
Katia MORENO
Membre des jurys 1993 et suivants
Août 2008