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Olympe de Gouges aux enfers

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D'ici 30 jours voici une nouvelle publication des éditions la brochure : 130 pages, 10 euros. Pour tout savoir, lire l'introduction ci-dessous.

 

 

Introduction
Vous lirez plus loin [dans le livre] cet extrait significatif :
« Cet ouvrage est de longue haleine, et je ne le présenterai pas du matin au soir ; je veux faire cependant mes adieux comiquement à mes concitoyens ; après avoir mis les morts au théâtre, je veux y mettre les vivants ; je veux me jouer moi-même, ne point faire grâce à mes ridicules pour ne point épargner ceux des autres ; je n’ai pas trouvé de plus vaste plan, ni de plus original que madame de Gouges aux enfers. »

Mécontente du traitement qu’on lui inflige elle imagine donc d’écrire ce livre à la troisième personne : Olympe aux enfers. Ce titre me semble résumer le contenu des textes qui vont suivre. Olympe de Gouges le répète chaque fois, il s’agit de textes écrits sans plan et sans ordre, des textes peu littéraires, mais qui témoignent parfaitement de la douleur extrême d’une femme qui n’a qu’un but, chercher le bien, et qui ne trouve, en face d’elle, que tracasseries, complots et mépris. Si c’était contre elle, elle n’en ferait pas cas, or elle veut témoigner en faveur de grandes causes, comme la situation des noirs, l’exploit de femmes peu ordinaires, et on vient lui rire au nez !
Qui, en France, hier comme aujourd’hui, connaissait ou connaît l’incroyable Egyptienne, Hypatie ? Olympe la connaissait et sa pièce est malheureusement partie en fumée. Celle sur Ninon de Lenclos par contre, nous l’avons. Qui était Ninon de Lenclos ? Olympe, on le lira, joue l’ignorante, mais elle ne l’était pas. A mes yeux, ses écrits ne témoignent pas d’un grand théâtre, d’une grande littérature (la Révolution a-t-elle laissé des grands noms de la littérature ?), mais d’une vie authentique. Ils entrent dans cette merveilleuse catégorie des textes d’histoire écrits en direct ! A montrer, sans se gêner, le fonctionnement des Comédiens français, elle fait œuvre unique !
Quand, en 1994, j’ai lu les préfaces, j’ai été aussitôt séduit par cette originalité. Mais en publiant le théâtre d’Olympe de Gouges aux Editions Cocagne en 1993, Félix Castan écrivait : « Chaque pièce est précédée ou suivie dans l’édition originale de documents sur les difficultés et les démêlés qu’elle a entraînés pour l’auteur, lesquels portent rarement sur le contenu de l’œuvre, et nous préférons les renvoyer à une section spéciale du quatrième volume des œuvres complètes. » Pour Félix Castan, ces préfaces brouillaient l’œuvre, or, le plus souvent, il cite une phrase des préfaces en guise d’introduction à l’œuvre ! J’admets mon erreur possible, mais je ne place pas les combats d’Olympe sur la planète Littérature mais sur la planète Histoire.
Dans ces textes, écrits à la première personne, on comprend pourquoi elle fut à la fois très en avance sur son temps et très en retard sur la Révolution ! Très en avance sur son temps car en tant que femme elle prend une parole qui lui est refusée, elle saccage les mœurs établies et sa dénonciation de la condition des noirs n’est pas la moindre. Très en retard sur la Révolution car elle a comme référence la Nature, et dans la Nature, les rois sont la sagesse. Elle ne se ralliera à la République que quand le roi, par sa fuite, aura démontré qu’il était du côté des forces étrangères et non du côté de la France.

Cette publication que vous tenez entre les mains, c’est presque l’accomplissement d’un rêve d’enfant. Tout n’y est pas, tout n’étant pas disponible à la bibliothèque de Montauban, mais quel souffle dans ces quelques pages.
D’abord le gros dossier autour de la pièce L’esclavage des noirs. Dans son très beau livre , Olivier Blanc, traite en détail cet épisode que je résume dans la présentation.
Vient ensuite, le dossier sur l’autre pièce, Molière chez Ninon, un écrit qui devait permettre de compenser l’échec du premier et qui en fait l’aggrave.
Avec la révolution, Olympe tente d’être dans l’actualité avec les VŒUX FORCES ou LE COUVENT en octobre 1790, un nouveau dossier qui démontre que pour elle rien ne change : ses persécuteurs restent les mêmes. Ils seront encore à l’œuvre avec sa pièce MIRABEAU AUX CHAMPS-ÉLYSÉES, qui ne sera l’heure de son triomphe. Peut-être certains attendaient-ils d’elle des sujets plus frivoles.
Les mauvais coups que reçoit Olympe peuvent varier, ils l’envoient tous aux enfers, avant l’échafaud, avec sa pièce Sur L'ENTRÉE DE DUMOURIEZ A BRUXELLES ou Les vivandiers.

Le plus souvent, pour écrire le théâtre comme les textes directement politiques, Olympe dit s’appuyer sur des songes. Visiblement elle n’a pas pu se rêver au paradis… J-P Damaggio

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