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Salon du livre à Cocumont

 

 

Comme son nom l’indique c’est au sommet d’un mot que se perche le joli village de Cocumont. J’avais fait le voyage en Lot et Garonne car nous sommes à moins de 10 km de Samazan, village dont les lecteurs savent qu’il nous renvoie à Renaud Jean, personnage dont j’ai souhaité une fois de plus honorer la mémoire. Pour l’occasion j’avais mis en forme une petite brochure sur les élections municipales à Samazan en 1935 dont des éléments sont déjà sur le site. Et je tenais aussi à présenter Flora Tristan et le récit de son ultime séjour à Agen. Le Salon fut agréablement organisé, avec croissants à l’arrivée, apéro à midi et une salle sympathique adaptée à l’activité. Malheureusement, pour ce premier coup d’essai, le public n’a pas vraiment répondu présent. Il y avait au même moment une autre activité littéraire à Pujol qui a éventuellement fait ombre au Salon de Cocumont.

Parmi les lectrices j’ai fait quelques rencontres et vendus quatre ouvrages. Je retiens cette dame qui me raconte l’histoire d’un membre de sa famille, Italien envoyé en Allemagne pour le STO, libéré par les Russes en Silésie où ils firent aussitôt deux groupes, les Allemands et les Non-Allemands. Les soldats Russes tuèrent aussitôt, sans plus attendre, quelques Allemands en guise de vengeance (ils montrèrent des photos de proches décimés par les balles nazis). Comme souvent, ses souvenirs étaient donnés au compte-goutte et la dame en rappelle un : dans le camp de Juifs proche de son camp de travail (sous terre il travaillait à l’armement), il entendait la nuit, les personnes réveillées qui criaient car arrosées à l’eau froide.

Elle me rappela aussi un souvenir scolaire, au Lycée Hélène Boucher où elle entra en 1945. Les filles devaient porter des bas et la surveillante inspectait les jambes des élèves afin de noter la présence de la couture. Puis un jour, l’une se présenta sans la fameuse couture… elle portait les premiers bas qui en étaient dépourvus.

Puis, faute de rencontres avec les lecteurs, les auteurs ont pu largement bavarder entre eux. J’ai ainsi découvert l’existence d’un livre publié chez Atlantica par André Lavialle au sujet d’un dirigeant socialiste du Lot-et-Garonne qui vécut du temps de Renaud Jean : Rodolphe Roubet. On n’est plus à Samazan mais à Clairac pour y vivre au plus près des réalités, le combat socialiste de l’époque. D’un éditeur passer à l’autre, d’une expérience passer à la suivante : le monde est plein d’initiatives heureuses qui montrent la vitalité humaine. M. Carcenac en Dordogne, Utovie dans le Gers (je découvre en rentrant chez moi que c’est là qu’Henri Chevallier dont je vais éditer une brochure, publia un travail sur les luttes anti-nucléaires), La Mémoire du Fleuve à Tonneins, les Amis du Vieux Nérac… Même si le Lot-et-Garonne c’est la région Aquitaine, on s’aperçoit vite qu’on se trouve des connaissances communes.

 

En fait, j’ai passé beaucoup de mon temps à relire un travail sur Jaurès, le même Jaurès dont une phrase ouvre le livre sur Rodolphe Roubet : « L’essentiel est que nous agissions selon notre idéal, que nous donnions notre force d’un jour à ce que nous croyons la justice, et que nous fassions œuvre d’hommes en attendant d’être couchés à jamais dans le silence et dans la nuit. » (extrait d’un discours à l’Assemblée nationale du 25 octobre 1895).

Comment ne pas s’en tenir à ce dernier mot ?

27-09-09 Jean-Paul Damaggio

 

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