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Jaurès au Panthéon et le PCF (III)

René Merle dans un article sur Jaurès au Panthéon http://www.rene-merle.com/article.php3?id_article=578 évoque la position du PCF exprimée par Renaud Jean. Faute d’avoir trouvé celle-ci nous donnons trois autres articles de novembre 1924 qui permettent de réfléchir à la question.

 

 

Merci, Paris ! (L’humanité 22 novembre 1924)

 

Il n’est pas de mots pour exprimer la puissance et la solennité de la journée prolétarienne d'hier.

Comprenez-vous maintenant, camarades, que la bourgeoisie se soit toujours obstinée à vous refuser le droit élémentaire de manifester dans les rues ? La démocratie me saurait tolérer le renouvellement de pareilles expériences.

Une foule immense, se détournant de la pompe odieuse et de l’apparat gouvernemental, a suivi les drapeaux et les mots d'ordre des organisations révolutionnaires. Chacun a pu se livrer aux comparaisons impartiales et mesurer, à la densité des deux cortèges, la portée et la vigueur des sympathies .du prolétariat parisien.

Derrière le monde officiel, des cadres, des chefs, un parti qui meurt ; l’âme des travailleurs a quitté cette ombre. Dans nos rangs, la vie, l’élan, la flamme ardente et vivante, tout le cœur  généreux de la grande ville révolutionnaire.

Elle a conservé intact le souvenir de Celui qui vécut et mourut. noblement pour elle.

Le gouvernement radical, aidé des socialistes, avait voulu se livrer sur le cercueil de Jaurès, à une opération politique suspecte.

Les travailleurs de Paris ont formulé énergiquement leur sentiment sur cette tentative malsaine d'accaparement, de mainmise sur une mémoire qui leur appartient en propre. Le seul Panthéon qu'à leurs yeux eut désiré Jaurès, c’est le cœur même des ouvriers qu’il a servis jusqu’au sacrifice suprême.

Et puis, il faut le dire, il faut le crier à tous les pharisiens honteux de la démocratie et du socialisme. qui passent leur vie à insulter la révolution russe. : hier, la foule associait dans l’ardeur de son cœur Jaurès assassiné et la République des Soviets qui demeure plus que jamais à ses yeux, l’exemple, le modèle et le but final de son action.

Admirable sûreté d'instinct et de pensée chez les prolétaires douloureux et assoiffés d’action et d’idéal. Sans doute, ils savent qu'entre l'idéologie de Jaurès et celle du bolchévisme il ne manque pas d'oppositions sérieuses. Mais ils savent aussi que Jaurès avait le cœur trop haut .placé et l’intelligence trop ouverte pour ne pas s’être donné s’il eût vécu, au grand mouvement humain par lequel la Russie entraîne le monde.

Aussi, nous le pouvons. dire, la journée d'hier fut vraiment d'essence révolutionnaire. Elle constitue une condamnation sévère pour le faux socialisme discrédité et compromis qui a définitivement perdu la confiance de l’élite ouvrière. Ce fut l’apothéose du communisme, acclamé durant de longues heures par des centaines de mille d’hommes qui, de la manière la plus émouvante, lui ont porté le témoignage de leur confiance et de leur sympathie.

C’est un devoir pressant pour notre Parti de ne pas se montrer inférieur au destin qui lui est promis dans l’avenir prochain.

Marcel Cachin

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