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Montauban-Privatisations : Contre-attaque de la députée-maire

Montauban-Privatisations : Contre-attaque de la députée-maire

 

Depuis le 4 juin, date du Conseil municipal qui a avalisé, comme prévu, la privatisation de l’eau, de l’assainissement et des piscines ai-je été mis K.O. ce qui expliquerait mon silence ?

Non bien sûr, d’autant qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil : la maire avance et le riposte fait du surplace. Elle avance avec deux pages sur le bulletin municipal qui sont le chef d’œuvre attendu. Contre toute attente, la nouvelle gestion privatisée va baisser le prix de l’eau et même de l’assainissement de 5%. ! L’argument est vieux comme le monde, le privé fait toujours mieux  : « la gestion de l’eau est son métier » avec « un prestataire de service adossé à un grand groupe » et son « niveau de technicité » etc. Les représentants de Castres démontrèrent le contraire : la régie autonome qu’ils ont mis en place a prouvé que sur plusieurs plans, elle faisait mieux que le privé !

Puis, comme toujours, on garde pour la fin de l’article l’argument frappant : « La plupart des villes de France et du Tarn-et-Garonne ont depuis longtemps délégué la gestion de l’eau.. » Et oui, elle met le PS et le PRG face à ses contradictions qui sont celles aussi de l’UMP puisque le maire de Castres qui a abandonné le privé est membre de l’UMP ! Elle insistera sur cet argument en Conseil municipal avec une déclaration du maire PS de Marmande, afin de mettre en difficulté les élus de l’opposition.

Il est frappant de constater que le bulletin municipal est totalement silencieux sur le devenir des employés municipaux concernés !

 

Concernant à présent les documents municipaux qui, par des rapports, montrent les avantages et inconvénients de chaque système. Le point crucial tourne autour de la « transparence financière » et on lit : « les comptes du service en régie intéressée sont transparents pour le Collectivité ». La vérité est toute différente : la meilleure transparence est celle défendue par l’association des usages de Castres avec la régie autonome. Comment en effet accéder à la transparence des budgets de Véolia par exemple ? Si la Collectivité dépense de l’énergie pour y accéder il vaudrait mieux qu’elle gère elle-même, non ? Madame Barèges est en effet malhonnête sur un point : elle établit un lien entre les impôts et la gestion de l’eau ce qui est totalement faux. La gestion de l’eau est un budget annexe et s’il y a des investissements à faire, ce sont en effet les usagers qui en auront la charge, et non les imposables. Qui peut donc croire que le privé va faire des investissements à perte ?

C’est habituel : si le privé diminue le prix de l’eau c’est qu’il diminuera les services ou les investissements. L’exemple de Castres est là aussi totalement éclairant avec le refus du privé de gérer les boues de l’assainissement !

 

Un point cependant reste flou : Danièle Petit avait demandé aux amis de Castres si la privatisation n’était pas une façon d’échapper, pour la maire, à la responsabilité pénale et civile, qui répondirent que la maire restait en dernière instance responsable de la qualité de l’eau. Or, elle écrit dans les documents : « La responsabilité pénale et civile sera déléguée au régisseur, il devra anticiper et partager les risques sur les enjeux du service : techniques et économiques, en tout état de cause, il s’agit d’un « partage des risques » et non d’un transfert total des risques. » Comment peut-on conclure un phrase à l’inverse de son introduction ? Des experts seuls peuvent nous répondre.

 

Comme promis un article reviendra de manière spécifique sur la question des piscines car pour conclure il s’agit de faire un point sur l’état de la riposte.

C’est sûr le conseil municipal du 4 juin a été chaud mais malheureusement la confusion continue d’être entretenue sur les enjeux de la pétition quand nous lisons sur La Dépêche du 5 juin : « Pour obtenir un référendum d’initiative locale il faut au moins 7500 signatures. Ce qui n’est pas le cas pour l’heure. » Est-ce de l’ignorance entretenue par quelques élus, ou de la désinformation de la part du journaliste ? Le PS a été assez longtemps au pouvoir dans le pays pour instaurer une loi qui donnerait ce droit aux citoyens, mais il s’en est bien gardé : les 7500 signatures peuvent pour le moment imposer un nouveau débat au Conseil municipal, mais la décision du référendum appartient seulement à la maire, membre d’un droite différente de celle de Chirac, une droite peu désireuse de se lancer dans des consultations de citoyens. Elle a été claire vis-à-vis des salariés : il n’y aura pas de référendum. Sur ce point je lui fais confiance !

 

Depuis l’annonce des mesures c’est l’occasion de vérifier la différence de réactions entre une décision de compétence municipale (eau et assainissement) et une autre de compétence de la communauté d’agglomération, la CMTR (les ordures). Face à la Mme Barèges maire, c’est la mobilisation ; face à Mme Barèges présidente de la CMTR, c’est le calme plat. En conséquence la décision de la CMTR sur les ordures n’a fait l’objet d’aucune information ! Sauf par l’intermédiaire du président de la Communauté des communes Castelsarrasin-Moissac qui crie au fonctionnement dans l’illégalité du SIRTOMAD.

J’en reviens pourtant à mon idée consistant à préparer les conditions matérielles et solidaires pour proposer une grève des éboueurs victimes eux aussi de la privatisation. Je n’ai jamais proposé, ça me semble évident, de décider à la place des salariés mais de décider en commun suivant ce qui était possible, au vu d’une grève des éboueurs fin mars, et au vu de la solidarité éventuelle. Pas question de foncer bille en tête ! Or, la décision de séparer l’action des salariés et l’action du collectif devient une décision de plus en plus néfaste. Si, pour la gestion de l’eau, on veut proposer la forme alternative de la régie autonome, c’est possible seulement en dialoguant avec les salariés, les premiers concernés. Si, pour les poubelles, chacun veut lutter avec des arguments sérieux, c’est possible seulement en dialoguant avec les salariés. A Toulouse derrière la benne à ordures il y a trois employés, à Montauban deux, et demain avec la privatisation un. Voilà des questions concrètes. De plus cette séparation permet d’entretenir la confusion. La victoire ne me paraît possible que par l’intervention forte des salariés, la pétition est à côté un phénomène mineur. Mais je peux me tromper…

 

16-06-2009 J-P Damaggio

 

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