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Montauban - Privatisations (IV) : Les piscines

Montauban - Privatisations (IV) : Les piscines

 

Le tableau de la présence en piscines couvertes pour le Tarn-et-Garonen est simple : deux pour Montauban, une pour Golfech (merci EDF) et une autre à Lavit (merci le centre d’handicapés).

Deux projets secouent la vie locale : celui de Caussade et celui de Castelsarrasin-Moissac. Pourquoi ? Le budget de fonctionnement est très important et les collectivités territoriales hésitent à se lancer dans une telle aventure. Pour Caussade, la Communauté des Communes met un frein aux projets du maire de Caussade ; et pour Castel-Moissac c’est le maire de Castelsarrasin qui freine les rêves de M. Empociello de Moissac.

Ces piscines couvertes sont-elles nécessaires ?S’il en existe une dans la petite ville de Golfech (avec qui plus est un caisson de plongée), comment penser que les trois plus importantes cités du département en soient privés ? En tant qu’instit j’ai utilisé toutes les piscines et j’en ai tiré quelques enseignements.

 

Sur Montauban il y a Chambord et Nautica. J’ai été contre Nautica dès sa mise en place au début des années 90 (dès que possible je vais mettre en ligne l’article en question) car, de piscine ordinaire elle s’est changée en piscine « ludique » suivant la mode de l’époque. La « vague » de Nautica n’a jamais apporté la fréquentation espérée et depuis longtemps, heureusement que les écoles utilisent les lieux, sinon le fonctionnement serait un gouffre encore plus grand que ce qu’il n’est ! Une piscine c’est une piscine pour apprendre à nager et pour nager : celle de Nautica ne permet ni l’un ni l’autre ! Il s’agit de s’amuser avec un coin pour les bébés nageurs, avec un toboggan foireux et avec une vague bien piètre.

Pour Chambord la piscine commence à se faire vieille (voir fermeture temporaire suite à la tempête) or l’idée de Madame Barèges c’était depuis longtemps de lancer quelque chose de plus grandiose sur le lieu même. Comme pour le parking privé, comme pour le Crématorium, il suffit de tout confier à un délégataire qui va faire l’investissement, et tout roule sur des roulettes ! Sauf que, comme pour le parking, le délégataire est gourmand et ne peut se contenter d’un élément du puzzle. En la matière, il lui faut contrôler l’ensemble de la gestion de l’eau, surtout la partie où on peut faire des bénéfices.

 

La privatisation de la piscine, c’est une façon de plus pour la municipalité de Montauban de se défausser sur le privé, de ses responsabilités. Avec un personnel qui, comme dans le cadre des autres privatisations, doit quitter le statut de la fonction publique territoriale pour celle d’employé du privé avec CDI, c’est le moins qui puisse être fait pour faire avaler la pilule.

 

Voilà un exemple classique où un problème du « service public » appelle un remède pire que le mal ! J’appelle « problème » le fait que Nautica ne peut continuer de la même façon mais pourquoi le privé pourrait-il, mieux que la mairie, faire face à la situation ? En exploitant mieux les travailleurs ? La piscine, ça passe par des emplois saisonniers qui, avec la mairie, permettent à des employés faisant peu d’heures de compléter leur salaire (personnel de service des écoles présents au vestiaire par exemple) mais qui avec le privé se changeront en personnel précaire. Les prix, comme nous l’avons déjà vu pour le Crématorium, seront plus facilement à la hausse. Précisions cependant que pour le Crématorium la gauche a fait vadrouiller le projet pendant des années de Montauban à Castelasarrasin puis à Moissac avec retour à Montauban avant que Madame Barèges n’active la réalisation avec l’aide du privé ! Bel exemple qui confirme que l’appel au privé vient s’insérer très souvent dans l’incapacité du service public à se mettre en marche rapidement. Ce qui ne peut nous résoudre à vanter les mérites du privé !

 

On se doute que pour le secteur des piscines ce n’est pas l’éventuelle grève du personnel qui peut faire bouger la situation.

 

La piscine touche deux publics très différentes : les classes populaires l’été qui ne connaissent pas les piscines privées, et les sportifs en toute saison. Dans les deux cas la privatisation est un massacre : c’est le peuple qui va payer la facture et quant aux sportifs, comment admettre que pour se livrer à leur loisir, ils doivent entrer dans un univers privé !

17-05-2009 Jean-Paul Damaggio

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