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Mon bureau de poste chez moi…

Mon bureau de poste chez moi…

 

 

La Poste vient de lancer une nouvelle campagne de pub autour du fameux bureau de poste qui est chez vous et dont nous n’aviez pas repéré l’existence. Si je vous donne la phrase en entier vous allez comprendre : « Mon bureau de poste chez moi en un clic ».

Donc, grâce à internet, d’un clic, « vous achetez ce dont vous avez besoin et nous vous livrons à l’adresse de votre choix » c’est-à-dire des enveloppes, des prêt-à-poster, des colissimos, chronoposts ou timbres, tout ça chez vous sans vous déplacer.

Je ne suis pas un adversaire du « progrès » mais je pointe simplement trois mensonges classiques chez les fabricants de marketing : ces activités NE CONSTITUENT PAS un bureau de poste, mais une part des services proposés par un vrai bureau de poste ; il ne s’agit pas de « MON » bureau de poste mais d’un bureau de poste électronique auquel je peux accéder ; et enfin il ne suffit pas d’un clic car faut-il encore payer un service internet, avoir accès à l’adsl et autres questions liées à l’ordinateur. Cette campagne montre ainsi que le bureau de poste constitue un référence positive qu’il faut détourner !

Bien sûr, avec votre ordinateur vous pouvez acheter votre billet d’avion, votre billet SNCF donc pourquoi pas vos timbres ?

La machine à poster existe dans les bureaux de Poste et le plus souvent à Castelsarrasin, pour éviter la queue, je l’utilise. Si ces moyens techniques permettaient aux employés d’avoir plus de temps à consacrer à des services qui ne peuvent passer par les machines, tout le monde y gagnerai. Malheureusement, nous le savons depuis longtemps, les gains de productivité servent partout à augmenter l’exploitation des employés !

Puisqu’ils sont antérieurs à internet, pour le moment, on ne peut pas accuser cette technologie pour expliquer les réductions d’horaires des guichets que l’on peut observer depuis 2002.

Aujourd’hui, en allant au conseil d’administration du comité de défense de la poste, j’ai décidé de vérifier quelques données sur les horaires en question. Je découvre ainsi qu’à Nohic, à partir de la semaine prochaine il y aura une demi-heure de moins par semaine. Alors qu’en 2002 l’horaire semaine était de 33 heures, il est passé à 20 heures et tombe donc à 19 h 30. Pour la même période, à Saint-Aignan on est passé de 33 h à 13 h ; pour Saint-Porquier de 33 h à 23 h ; pour Montbartier de 33 h à 21 h 30. Je prends des exemples dans des zones d’augmentation de la population ! Pour Mas-Grenier, qui est passé en Agence Postale Communale, l’ouverture du bureau est passé de 33 h en 2002 à 15 h.

 

La dégradation du service n’est pas seulement une question d’horaire d’ouverture. Il est cependant facile, après réduction d’horaire, de constater que l’activité baisse, d’où la proposition de nouvelle réduction de l’horaire ! Et le service public devient squelettique !

 

Toutes ces questions et bien d’autres furent évoquées au C.A. du Comité de défense de la Poste avec l’idée de trouver les moyens de s’opposer à cette casse qui va être développée encore, par un prochain projet de loi en vue de créer la fameuse Société anonyme à fonds publics en attendant l’arrivée des fonds privés. Depuis dix ans, nous savons à présent où conduisent ces pratiques. Avec France Telecom on a perdu les PTT.

 

Mais quelle efficacité de l’action ? Le Comité de défense propose le développement de la signature de la pétition, et l’organisation d’un débat public départemental sur le sujet. Avec l’idée qu’un tel débat ouvre sur la dégradation des services publics mais sans noyer le cas de la Poste dans un échange plus global et plus vague.

 

Une discussion a porté sur l’état de la mobilisation qui, d’un côté, a permis dans notre département un moratoire dans la transformation des bureaux en APC, ce qui n’est pas négligeable ; et qui de l’autre, montre une certaine usure ici ou là. Plus largement, notre comité départemental s’inscrit dans l’action d’un comité national qui ne brille pas par une activité excessive, malgré la multitudes d’organisations qui sont partie prenantes (notre comité n’est pas à ce jour intégré à la liste des comités locaux sur le site internet du comité national).

 

Comme il n’est pas question de proposer un débat départemental sans en vérifier son utilité dans les comités de base, la décision majeure a été de proposer d’abord la poursuite de rencontres comme les deux dernières du genre, à Castelmayran et à Vazerac. Plusieurs lieux ont été retenus. Donc à suivre.

14-03-2009 Jean-Paul Damaggio

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