Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
Hommage à Léon Cladel, pour l’inauguration de son buste, le 15 août 1894
publiée dans le journal La Tribune
Traduction collective avec pour base un travail de René Merle
A toi, Léon Cladel
Moi l’homme des bois
Laissant un jour mon terroir
Le Lauraguais et sa splendeur
Dans tes terres champêtres
Ce Quercy tant vanté
Je m’en suis allé, le cœur enflammé
Ô mon maître !
Je m’en suis allé
Vers Montauban la belle cité,
Rempli d’une ribambelle d’espoirs,
Tout plein d’ardeur,
Et, brillant sur ta mémoire,
La lumière de la gloire éternelle
M’a conduit ici.
L’âme emplie
D’une profonde admiration
C’est la Nation occitanique
Qui me convie
Elle a fait pour toi palpiter les cœurs :
Maître, oublie les découragements
De ta vie !
Ne sois plus affligé
Par tes batailles si fameuses
Contre des bêtes venimeuses
Ô grand vaillant,
Tu en sors indemne
Et béni sans mesure
Par ceux qui ont du talent.
Hier pleuraient
Tes yeux attristés ;
Mais les temps clairs sont apparus
Qui auparavant étaient bien sombres ;
Pour beaucoup, maintenant, tu es un demi dieu
Alors que quand tu étais parmi les vivants
Ils t’excommuniaient.
La tête dans l’azur,
Regarde ton Œuvre enfin appréciée,
Si se répand partout la Pensée,
Oh, à coup sûr,
Le peuple de France sera en alerte
Pour couper la forêt de l’ignorance
Qui est si sombre !
Elle sera zélée,
Ta hache dans nos mains,
Bien que nous soyons de faibles humains ;
Tu l’as bien emmanchée
Ô plus qu’ardent bûcheron,
Avec le meilleur acier
Elle est forgée.
Tu béniras
Cette fière entreprise,
Il n’aura pas peur de la paresse
Notre bras ;
Et l’Aube que tu as tant espérée,
Vite vite tu la verras se lever
Du côté de l’étoile du matin.
Oui, pour être libres,
Nous ferons ce que tu avais promis :
Il lèvera, le bon grain que tu as mis
Dans tes livres
Et les félibres qui naîtront
Sur la terre d’Oc seront
De rouges félibres !
Des sauveurs,
Elle en aura toujours la langue-mère
Dont tu étais un amant fidèle ;
Ses splendeurs
Brilleront à travers les Âges
Car nous sommes Latins, car nous sommes enfants
De vaillants défenseurs.
Dans les campagnes
Nos aïeux chantaient gaiement, ;
Et voilà pourquoi il nous plaît,
À nous fils de laboureurs,
D’être par et pour l’Oc devenus vaillants
Et des vieilles libertés devenus les défenseurs.
Et il nous plaît également
De croire que viendra une heure
Où tout ce qui à présent nous attriste
Plus que jamais
Ne sera plus, dans notre mémoire
Qu’un rêve lointain qui épouvante
Et qui ne reviendra jamais.
Prosper Estieu
Iéu lou Silvestre,
Laissant un journ moun terradour,
Lou Lauragués e sa splendour,
Dins toun campèstre,
Aquel Carci qu'as tant lausad
M’en soun anad, cor abrasad
O lou miu Mèstre !
M’en soun anad
Vés Mount-Alba, la ciutad bello,
Amb d'espèrs uno ribambello,
Tout afanad,
E, clarejant sur ta memôrio,
La lux de l'immourtalo glorio
M'a'qui menad.
L'amo claufido
D'uno prigoundo admiraciu
Es l'Ouccitanico naciu
Que m'acouvido
A fa per tu batega 's cors : -
Debrembo Mèstre, lous malcors
De la tiu vido !
Sios plus doulent
De tas batèstos tant famousos
Countro de bèstios verimousos
O grand Valent,
Sourtisses franc de blassaduro
E benesid sènse mesuro
Pels, qu'an talent.
Aiér rajaboun
Lous tiunis èlhis entristoulids ;
Mès tempses clars soun espelids
Quo negrejaboun ;
Per belcop, aro, ès un mièch dius,
E quand èros demèst lous vius ;
T'escumenjaboun..
Cap dius l’azur,
Gaito toun Obro ènfins presado,
Senvenant pertout la Pensado,
Oh ! pla segur,
S'alertara, l’ pople de Francio,
Per coupa l’ bosc de l’ignourancio
Qu'es tant escur !
Sera 'fougado,
La tiu pigasso, à nostros mans,
Malgrat que siom de flacs humans ;
L'as pla margado,
O subre - arderous bouscassier,
E dambe lou melhour acier
Elo es fargado.
Benesiras
Aquelo ufanouso intrepreso,
N’aura pas pou de la pigreso,
Lou nostre bras ;
Et l'Albo qu'as tant esperado,
Léu-léu la veiras arbourado
Vès lous lugras.
Oc, p’r esse libres,
Farem ço quo t’èros proumès ;
Lebara, lou boun gran qu'as més
Dedins tous libres
E’s félibres qu'espeliran
Subre la terro d'Oc seran
Rouges felibres !