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Victor Hugo et Jean Bousquet
Jean Bousquet : Début de la postface de Jean-Paul Damaggio qui présente le personnage dans le livre à paraître début février aux éditions la brochure : Victor Hugo, Jean Bousquet proscrit de Moissac, 10 euros.
Qui était donc ce proscrit parmi les 27.000 victimes du coup d’Etat du 2 décembre (30 pour le Tarn et Garonne et 3000 pour le Var par exemple) ? Avec qui s’est-il battu ?
Pour répondre on est obligé de commenter surtout des interrogatoires de police mais comme les archives départementales conservent une lettre qui témoigne directement de la vie de Bousquet, le seul endroit où j’ai pu enfin trouver sa signature (elle orne la quatrième de couverture avec une page de la lettre), donnons la priorité à ce document.
Fin de la LETTRE DE BOUSQUET
« Je vous disais aussi que nous avons reçu des chanson patriotique et je vous assure que si on vous les antan chanté au Banquet sela leur fera plaisir je tacherais aussi de vous les envoyé avec les gravures
Mille chose de notre par à tous les démocrates de Dunes et que si personne plus ne va a votre banquet vous en aurez toujours un avec moi
Sallut et fraternité
J’ai conservé l’orthographe qui montre une faible maîtrise du français et quant au contenu, il est typique d’une lettre militante. Ribaud voulait avoir des gravures pour décorer le local de son « cercle des travailleurs » et Bousquet lui répond qu’il va lui donner les gravures et en plus des chansons.
Il s’agit de la seule signature car il refuse, à l’inverse de ses amis, de signer les interrogatoires que la police lui présente.
D’autres lettres ont dû être saisis mais c’est là, l’unique « parole » directe de l’homme qui soit accessible. Notons qu’ils se désignent entre eux comme « démocrates » alors que l’adversaire policier les appelle « socialistes » preuve que l’adversaire est plus clairvoyant sur la nature du combat politique que ceux là même qui le conduisent ! Ils deviendront en effet des socialistes à la fin du siècle.
Les événements
Le 3 décembre au matin, au moment où le dirigeant castelsarrasinois Poumarède part pour Toulouse chercher des ordres, Bousquet part pour Agen. Le Tarn-et-Garonne plus jeune que les autres départements n’est pas encore très uni et ne peut, comme le Gers ou l’Aveyron, réfléchir à une stratégie tournée contre la préfecture montalbanaise.
Sur le chemin du retour, il s’arrête à Lamagistère pour donner la consigne : rendez-vous demain à Moissac pour prendre la sous-préfecture (voir plus loin). Le 3 décembre au soir Bousquet fait son compte-rendu dans son café. Les événements qui vont s’en suivre font apparaître la plupart de personnes qui se distinguèrent les années précédentes avec Bousquet.
Depuis longtemps, il tient un café (rue de la place). Il est propriétaire. Il a un côté plus populaire que tous les autres dirigeants républicains. Il n’était pas candidat aux élections municipales de 1850 sur la liste républicaine pleine de démocrates plus bourgeois que prolétaires avec de grands noms de Moissac : Detours, mais aussi Delthil, Chabrié, Capgras, Delbrel, des noms qui ont leur rue en ville aujourd’hui.
En ce 3 décembre Bousquet se retrouve devant son public debout sur une table ou une chaise. La réunion va décider, semble-t-il, de prendre la mairie de Moissac. Décision plus musclée que celle de Montauban (le simple envoi d’une délégation pour s’informer), ce qui correspond d’une part aux positions des républicains de Moissac, et d’autre part aux actifs relais agenais qui possèdent un journal quotidien. Le Lot et Garonne aura 894 condamnés !