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Murielle Magellan « Bousculer les formes »

Murielle Magellan  « Bousculer les formes »

 

 

De retour à Montauban pour y présenter son premier roman, Murielle Dbjay qui signe à présent Murielle Magellan, y a témoigné en toute simplicité de sa vitalité.

Le public, en ce 16 janvier, était curieux à la fois de son travail d’écriture mais aussi de l’évolution de la vie de la jeune montalbanaise qui se livra avec plaisir au jeu des questions réponses (à l’initiative de la Librairie Le Scribe).

 

La jeune montalbanaise :Murielle Dbjay

Lily Latu était là pour faire remonter quelques souvenirs du début, sur les planches à la FOL (Fédération des Oeuvres Laïques), de la toute jeune Murielle que sa mère, enseignante, incita à faire du théâtre dès l’âge de 11 ans. Conséquence, pendant des années, tous les samedis, l’univers de l’artiste en herbe fut celui du monde de l’éducation populaire.

Mais Murielle « traînait » très tôt un autre passion que celle du théâtre : la chanson, et une camarade de classe était là pour rappeler qu’en Seconde, elles rythmaient les tours de piste chers au prof d’EPS, en chantant My Lord… Elles parièrent même de répondre en chanson au prof de français ! D’ailleurs, la chanson décidera d’une première étape de sa vie : la montée à Paris.

Avec une autre association montalbanaise, Alors Chante ! Murielle Dbjay put sur la scène du théâtre montrer tous ses talents à la manière de Barbara. Je n’ai qu’un souvenir vague de son tour de chant mais j’avais gardé la sensation d’une forme artistique « tonique », premier terme que reprendra une personne pour qualifier son roman.

Appartenant à un monde « protégé » elle finira par s’installer définitivement à Paris où, par un travail constant, elle forcera peut-être la chance. Etrange coïncidence que de retrouver à la tribune de l’Ancien Collège de Montauban, une semaine après Gérard Barray, enfant de médecins montalbanais devenant artiste à Paris au début des années 50, une enfant de médecins ayant suivi le même chemin dans un autre univers artistique quarante ans après.

 

La romancière : Murielle Magellan

Murielle précise les conditions dans lesquelles elle est devenue romancière. L’envie l’habitait depuis longtemps mais, prise par autre chose, elle laissait en jachère ce rêve. Suite au succès de sa pièce Trait d’union, le journaliste Michel Feld l’engagea à écrire un roman. Le conseil ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde qui se lança. Après quelques retards, le journaliste lui apporta son soutien, pour croiser le « passeur » inévitable : l’éditeur. Chez Julliard, Betty Mialet accepta de prendre en compte le roman et il fut publié en septembre 2007 : LE LENDEMAIN GABRIELLE.

A la question : « qu’elle est l’activité qui vous intéresse le plus ? » sa réponse fut simple : « Dans tous les cas, je fais la même chose : écrire ». Murielle a plusieurs cordes à son arc – et conseille aux jeunes d’opérer de la même façon pour réussir – mais toutes les flèches visent la même cible.

L’histoire du roman met face à face ou côte à côte, suivant le roman que chacun se fait à la lecture, une solitude et une famille, mais sans défendre une posture plus qu’une autre. La question lui fut posée : « où est la vraie vie ? » Question qui rejoignait une autre sur le besoin d’écrire : « Faut-il être malheureux pour devenir créatif ? »

Pour la jeune femme, l’essentiel c’est de prendre la vie comme elle vient. On peut être heureux et réussir à écrire, de manière peut-être plus cérébrale que la réponse émotionnelle que suscitera la douleur. « La vraie vie » ce n’est pas celle de demain, c’est celle que l’on vit, en conséquence, à ses yeux, dans le roman, chaque chemin a ses mérites.

Son écriture de romancière ne serait-elle pas marquée par son expérience théâtrale ? Elle espère que non car un roman, c’est une écriture littéraire qui doit avoir sa propre force. Bien sûr, parmi ses outils à disposition, on retrouve l’écriture théâtrale, sa passion pour la chanson mais avec une idée : « bousculer les formes ». En conséquence le roman commence ainsi : « Point final. »

Murielle Magellan est une adepte de la polyculture et à ceux qui craignent qu’elle ne se disperse, elle répond par ses créations constantes.

 

Quelques références

Après sa vie montalbanaise, Murielle Magellan a suivi des cours de comédie au Théâtre National de Chaillot et parallèlement a obtenu une Maîtrise de Littérature moderne à la Faculté de Jussieu en 1991. Ses différentes expériences lui ont permis de développer une technique d'enseignement de la scène répondant aux besoins spécifiques des chanteurs.

Depuis 1999 elle intervient au Studio des Variétés (où elle fut élève en débarquant dans la capitale) dans deux domaines : la mise en scène avec le groupe vocal Cas 6, Jacques Haurogné, William Schott et cie et le coaching d'interprétation avec Romain Didier, Valérie Barrier et Flor del Fango. On la retrouve aussi dans les stages collectifs.

Par ailleurs Murielle Magellan est auteur pour le théâtre et comédienne : on la retrouve toujours liée à sa ville Montauban, avec La Procession - Film de François-Henri Soulié - court métrage.

Le tournant c’est donc : TRAIT D'UNION pièce de 2004 - mise en scène de Bernard Murat avec Caroline Silhol, François Marthouret, Stéphane Hillel et Charlotte Kady, jouée au Théâtre des Mathurins à Paris.

Pour la chanson (Auteur - Compositeur - Interprète) elle fut en première partie de Léo Ferré, elle passa au Festival de La Rochelle, à celui de Montauban et au printemps de Bourges en 1986.Elle précisa à Montauban qu’elle n’a pas chanté depuis plus de dix ans mais que dernièrement pour un ami, elle se remit au piano et y retrouva d’autant plus de plaisir que sa prestation fut un succès.

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