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Ingres au Québec

Vous retrouvez cet article sur le site Train de nuit (voir la rubrique liens) avec une correction car j'ai été mal informé qsur un point. Je vous laisse la découvrir.

Les poèmes cannibales permirent de construire un pont public entre Montauban et Montréal. Je n’imaginais que six mois après un nouveau pont autrement géant allait relier à nouveau les deux villes. Il s’agit d’une exposition sur le peintre Ingres qui doit débuter en février au Musée des Beaux Arts de Montréal et qui se retrouvera cet été à Montauban. Pour présenter le sujet j’ai tenu à écrire ces deux articles pour éviter les confusions.

Ingres côté « cour »…

Au début du Second Empire, Ingres est alors à Montauban, sa ville natale qu’il aima tant. Jacques Desmarais est obligé de souvenir du Musée Ingres qui orne la ville. Quand il y arriva , il la traversa à pied et fut donc contraint, en traversant le pont sur le Tarn, d’admirer l’imposant Musée qui était autrefois l’Hôtel de ville et qui était avant la révolution le Palais des évêques. L’événement donna lieu à un article où on découvre tout le côté « cour » du peintre qui se précipita chaque fois qu’il fallait honorer les grandes personnalités. « Le 27 janvier 1854 monsieur Ingres acheva, à l’Hôtel de ville de Montauban, la décoration du plafond de la salle dite de l’Empereur. Le sujet est l’apothéose de Napoléon 1er ; le tableau est de forme circulaire et les figures de grandeur naturelle. Au milieu d'un ciel d'azur, on voit Napoléon, vêtu seulement d'une chlamyde, tenant le sceptre de la main droite et étant accompagné de la Renommée. Ce groupe repose sur un char d'or que guide la Victoire, au-dessus de laquelle plane un aigle. Au-dessous de cette scène aérienne apparaît un segment de la terre où se trouve le trône de Napoléon, vide et tendu d'une étoffe de deuil. A droite du trône est la France en deuil également et suivant de l’œil Napoléon vers le ciel, tandis que de l’autre côté Némésis s’élance avec rapidité pour renverser l’anarchie. Enfin, au loin et près de l’horizon marqué pour le nier, on aperçoit le rocher de Sainte Hélène. Ce tableau monumental va donner un nouvel éclat aux belles décorations de l’intérieur de l’Hôtel de ville. » L’auteur de l’article, le jeune Pierre Baragnon (1830-1904) faisait là ses armes de journaliste de province, un journaliste promis à une grande carrière, dut se régaler à écrire ces quelques lignes lui qui vivra longtemps en Turquie. Il s’installera ensuite à La Ciotat. …

Ingres côté jardin

Le bain turc a été une commande du Prince Napoléon, un autre membre de la famille de Napoléon III, mais elle fut finalement achetée par l’ambassadeur de Turquie à Londres, celui qui emporta avec lui l’origine du monde de Courbet. Cette peinture entre dans l’autre face du peintre. On y trouve une abondance de nudités ! C’était l’époque où l’Orient érotique fascinait les artistes français ! Un temps bien surprenant quand on pense à « l’érotique » actuelle du Moyen-Orient. Ce tableau qui surprend, quand on le voit, par sa petitesse, vu tout ce qu’il contient, est comme le testament du peintre, la somme de tous les portraits de femmes qu’il réalisa, sauf que cette fois, il les dénuda. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’une peinture destinée à un musée mais à un salon très privé d’un univers toujours très huppé. L’étude de la peinture démontre qu’elle a été construite par étapes successives pour aboutir, après un projet carré, à une peinture en rond, pour accentuer l’érotisme de la scène. Peut-être un rond de serrure ! Elles sont donc vingt cinq femmes nues assemblées, vingt cinq femmes de toutes les couleurs, de toutes les conditions et dans toutes les positions. Plis et replis de la chair donnent au tableau une sensualité sans égal ! Les érudits pourraient vous donner le nom de presque toutes les femmes visibles et bien visibles que le peintre, à l’approche de la mort, peut prendre le risque de montrer. Le simple amateur d’art que je suis, a envie de retenir seulement deux points, la femme au cœur du tableau dont on ne voit que le dos, et au premier plan les outils du peintre qui manifeste ainsi sa présence. Tout est œuvre de sous-entendu. Le peintre est là sans y être et une femme montre l’essentiel, son dos ! Quant au détail, il est soigné et tout l’art d’Ingres est sans doute dans cette obsession, surprendre le spectateur par un dessin minutieux et pas toujours orthodoxe mais à jamais éblouissant. Bien sûr, les deux Ingres n’en forment qu’un seul mais la postérité qui a retenu « le violon d’Ingres » a surtout retenu le peintre des corps.
9-01-2008 Jean-Paul Damaggio

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J
Voici le lien précis où est repris le texte de J.-P. avec quelques corrections et des photos.<br /> <br /> http://jack-jackyboy.blogspot.com/2009/01/ingres-montral-non-qubec-peuchre.html
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