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Par éditions la brochure
En direct d’Avignon 2008, voici un témoignage sur une exposition gratuite qui a lieu dans un Cloître de la ville à l’invitation du Conseil général.
Ernest-Pignon-Ernest reste le même avec cette expo sur sept femmes en extase rassemblées au fond du Cloître Saint-Charles. Le même par l’éphémère : les toiles sont de grandes feuilles non encadrées qui en conséquence semblent se plier, se tordre et se défaire. Le même par l’éphémère : les toiles subissent un éclairage variable comme varie la lumière du jour au cours d’une journée. Le même par le dessin : toujours du noir et blanc et toujours ce soin du détail. Le même par le dessin : des expressions par les CORPS en extase. L’expo indique seulement qu’il s’agit de sept femmes avec leur nom (une documentation est offerte au visiteur) mais rien ne permet de savoir qui est qui. Pourtant la documentation donne les présentations historiques de Madame Guyon, Marie de l’Incarnation, Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne, Angèle de Foligno, Hildegrande de Bingen et Marie-Madeleine. En clair des personnes de chair et de sang qui décident d’oublier leur corps, pour être au-delà de la chair et du sang.
En plus du jeu de lumière, les feuilles dessinées sont accrochées au dessus d’un bassin à l’eau immobile. L’ambiance est sobre et toute la pièce fait corps (c’est le cas de le dire) avec le travail de l’artiste. On sent cependant venir chez Ernest-Pignon-Ernest, l’heure d’une mutation qui n’est pas son entrée au musée, mais son entrée dans un livre magnifique qui accompagne l’expo pour la dépasser très largement. L’artiste est connu pour ses collages dans la rue. Pour les mystiques qu’il n’a jamais pensé inscrire dans cet espace public, il a donc choisi une salle ordinaire d’un cloître désaffecté. Mais comme à son habitude il a cherché à ce que son matériau de travail soit aussi un objet de son travail. Les feuilles de papier sont donc distordues pour empêcher la sensation de feuille à plat et donner ainsi vie à l’œuvre. Ensuite vient le dessin qui passe cependant par le modèle, Bemice Coppieters. Toutes les femmes dessinées sont donc une même femme que l’artiste présente ainsi : « Son implication, sa disponibilité, son fascinant talent de danseuse, son potentiel d’expression ont été essentiels. Ce qu’elle proposait à partir des esquisses et des lectures que je lui soumettais, anticipait le dessin à venir et le fondait. » J’ai retrouvé là toute la modestie du propos d’Ernest-Pignon-Ernest que j’avais entendu un an avant à Montauban. Que répondra-t-il aux questions des Festivaliers le 12 juillet ? A suivre. 11 juillet 2008 Jean-Paul Damaggio
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