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Par éditions la brochure
L’Humanité présente l’accord avec Vinci. Je préfère pour le moment éviter les commentaires. JPD
le 22 Juin 2011 : La LGV Tours-Bordeaux enfin sur les rails
Au terme de multiples rebondissements, RFF a signé avec Vinci le plus important partenariat public-privé ferroviaire de France. Pour le plus grand bonheur des actionnaires.
C’est fait ! La signature, jeudi 17 juin, du contrat de concession de la ligne nouvelle à grande vitesse Tours-Bordeaux, entre Réseau ferré de France et le groupe Vinci, clôt une saga qui dure depuis plusieurs mois. Malgré les subventions des collectivités territoriales, malgré les pressions des ministres et des élus auprès des collectivités réticentes, le financement de la LGV n’était toujours pas acquis. L’obstacle principal traversait la région Poitou-Charentes où la majorité des élus du conseil régional soutiennent la présidente, Ségolène Royal, dans son refus de mettre sur la table une subvention de près de 100 millions d’euros, sans laquelle le projet aurait été sérieusement retardé. La région a ensuite proposé un prêt. « Chaque région a la liberté et la responsabilité d’utiliser ses fonds publics du mieux possible et moi j’ai décidé de faire un prêt… Ce n’est pas aux régions de financer la construction de la LGV. Puisque la LGV est sous-traitée à une entreprise privée, il est normal que, le jour où l’entreprise privée va faire des bénéfices, elle rembourse le contribuable », déclarait Mme Royal en avril dernier. Au bout du compte, trois semaines avant la signature du contrat, l’État décide d’avancer la participation de Poitou-Charentes. Il est vrai que le coût de la ligne, aujourd’hui estimé à 7,8 milliards d’euros, est assuré pour moitié par 57 collectivités. La seule région Aquitaine apporte 600 millions d’euros. Le conseil général de la Gironde, par exemple, qui a dû resserrer son budget, a certes voté une subvention (élus PS et UMP) mais avec des contreparties. Il n’empêche, Jean-Jacques Paris, au nom du groupe communiste, qui a voté contre la participation, lance un signal d’alerte : « C’est pour qui le jackpot du plus important partenariat public-privé ferroviaire ! Alors que 71 % du financement est public (État, RFF, collectivités locales), le groupement Lisea est assuré d’une rente de 250 millions d’euros par an pendant cinquante ans, pour 2,7 milliards d’euros investis (rentabilité de l’ordre de 15 % l’an) ! » Alain Rousset, le président d’Aquitaine, principal promoteur de la LGV, admet lui-même que « les taux de profit sont élevés. Et c’est l’usager ou le contribuable qui, au final, devront rémunérer l’actionnaire ».
La saga n’est pas terminée pour autant. La suite, c’est le prolongement de la LGV vers Toulouse et le Pays basque, où les oppositions sont plus radicales. Il faudra trouver encore quelques milliards d’euros. Les actionnaires de Vinci ou d’un autre opérateur sont prêts…
Jacques Moran
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