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L’histoire, ce massif si montagneux !

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Le 8 mars 2001, dans L’Humanité, l’historienne Michèle Riot-Sarcey écrit : « Comme le dit Benjamin, tout événement qui n’est pas directement visé par l’historien est définitivement perdu par l’histoire dans la mesure où il n’est pas récupéré. Ponctuellement, le mouvement féministe a été victime de cet effacement : voilà pourquoi, dans les années 70, a pu être publié, sans aucune arrière-pensée, ce numéro de Partisans intitulé : Année zéro du féminisme

 

Je possède ce numéro de Partisans (voir photo), une revue dirigée uniquement par des hommes sous la conduite de François Maspéro, et où, en effet, la priorité est donnée à l’actualité. Une seule référence à l’histoire : le titre d’un article le pain et les roses, « slogan féministe utilisé pour la première fois en 1909 au cours des grèves des ouvrières des filatures aux USA ».

 

Je parlais dernièrement avec l’ami Fabrice Michaux des cheveux longs qu’au même moment, en 1968, certains portaient en croyant inventer un signe de révolte, les cheveux longs qui avaient fait fureur cent ans pour les mêmes raisons. !

 

L’histoire un éternel recommencement ? Et ses oublis aussi ?

Si les historiens existent c’est exactement pour le contraire, et pendant longtemps on a même pensé qu’ils contribuaient au « progrès » donnant sens à l’histoire. Dans le numéro de Partisans l’édito indique : « Tout mouvement de libération contre un système oppressif va dans le sens de l’histoire. » Fatalité que ce sens de l’histoire ? Mais alors il n’y a plus d’histoire !

Sauf que les historiens sont aussi l’histoire, et l’histoire c’est l’histoire de la classe dominante, une histoire toujours en train de se faire !

 

Pour sortir du piège tendu par les éternels vainqueurs, Michèle Riot-Sarcey propose d’en finir avec l’idée d’une histoire faite de continuités, pour s’intéresser plutôt aux phénomènes discontinus qui vivent dans les souterrains de l’histoire quand ils ne peuvent occuper les premières places (l’utopie par exemple, le féminisme aussi…).

A réfléchir. JPD

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