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Campagne électorale au Chili : suite

Le 14 septembre j’aurais aimé être dans la belle ville d'Arica pour y suivre la campagne de Marco Enríquez-Ominami. Il y abordait avec courage, en cette région frontalière, les questions de l’immigration. Le Chili et l’Argentine sont des pays qui reçoivent beaucoup d’immigrés et tout d’abord de Bolivie et du Pérou.

L’immigration, faut-il le rappeler, est une question mondiale et aussi ancienne que l’humanité. Partout elle suit le même chemin : des zones pauvres vers les zones plus riches.

Avec cette contradiction : ce sont les pauvres des zones riches qui la voient d’un mauvais œil.

Or les progressistes défendent les intérêts des pauvres, donc que faire ?

En appeler à la générosité ? Faire dans la morale ? Jouer la carte de la fraternité ?

Marco Enríquez-Ominami propose d’abord d’analyser la question.

54% des étrangers qui vivent au Chili viennent donc de Bolivie, Pérou mais aussi Argentine depuis la crise de l’an 2000. C’est le pays avec le plus fort taux d’immigration des Amériques (mis à part les USA bien sûr).

Il propose la création d’un ministère qui aura pour but d’étudier la circulation de l’immigration et de favoriser l’intégration, une intégration construite dans le débat avec les différents groupes. Intégration qui suppose une lutte en faveur de conditions sociales plus dignes pour des étrangers qui sont partout surexploités. Sans entrer dans le détail, disons que la stratégie de ce candidat et de ce parti atypique, est très pragmatique… pour garder des objectifs très progressistes.

 A Arica le nouveau maire Eduardo Piñones  appartient au Parti progressiste de Marco Enríquez-Ominami aussi le candidat a abordé les questions locales. Pas question de construire une nouvelle usine thermoélectrique dont le principe a été accepté par le gouvernement. Là encore nous nous trouvons face à un problème aujourd’hui bien connu en Amérique latine et qui porte un nom : « l’extractivisme », c’est-à-dire tout faire pour le développement de l’extraction des minerais et donc pour la production d’énergie nécessaire. Il était courageux de tenir un tel propos dans une ville dirigée par un de ses amis car généralement les élus plaident, au nom de la création d’emplois, pour cet extractivisme. D’autant qu’à Arica, le système électrique reste assez fragile. J’y ai été témoin d’une coupure pendant une bonne heure.

 Marco Enríquez-Ominami aurait aimé plusieurs débats télévisés thématiques dont un à Arica sur la politique de l’immigration, un autre ailleurs sur le pouvoir des multinationales du médicament etc. mais ses deux puissants adversaires s’y refusent. Je note qu’il appelle toujours « Concertation » l’union PS-Démocratie chrétienne qui se nomme pourtant à présent : Nouvelle majorité, car elle inclut le parti communiste.

 Aux précédentes élections Marco espérait devancer au premier tour le candidat de la Concertation qui était le démocrate-chrétien Eduardo Frei, car il pouvait capter beaucoup de voix de gauche. Cette fois, avec le retour de Bachelet qui se positionne de plus sur les thèmes que son parti a mis en avant, il espère devancer la candidate de droite pour être au second tour, mais il reste loin du compte. Marco et le PRO peuvent cependant observer qu’ils ont marqué des points : par exemple sur la mise en place d’une nouvelle constitution que Bachelet réclame aussi. Mais Bachelet voudrait la faire naître sans une nouvelle assemblée constituante… A suivre. JPD

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