Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:16

                                              livre bassène blog

Dr. Pape Chérif Bertrand BASSENE dont nous avons publié le livre ci-dessus (la deuxième édition est épuisée) vient d’écrire dans le Quotidien du Sénégal un article dont nous donnons le contenu et la référence pour qui veut retrouver le journal. La question dépasse celle stricte de la Casamance : comment de bonnes intentions écolos peuvent-elles aller à l’encontre de l’écologie ? Jean-Paul Damaggio

 

 

Mangrove contre rizière en Casamance : A propos d’une écologie «rizièricide»

 

Faut-il remercier M. Haïdar El Ali pour le travail écologique qu’il abat en Casamance ou le renvoyer à l’équation de sa méconnaissance des traditions ajamaat qui résulte en une politique qui fait violence à cette civilisation du riz ?

Cette interrogation, nous la limitons dans le cadre strict du vœu de monsieur Haiïdar de reboiser la mangrove au Sénégal et pour lequel il a mobilisé ses concitoyens qu’il a fini de convaincre à l’idée des bienfaits écologiques et des avantages économiques de cet écosystème menacé.

Certes, la tâche de M. Haïdar El Ali est assez noble quand il s’agit de sensibiliser les populations sur la nécessité de vivre en harmonie avec la nature, l’importance du respect de l’environnement et de lutter contre les déséquilibres engendrés par l’homme, en particulier dans la mangrove. Mais la dynamique de replantage de palétuviers telle qu’insufflée en Casamance (sud du Sénégal) est réprouvable pour tout défenseur des pratiques et connaissances traditionnelles.

Par connaissances et pratiques traditionnelles, nous voulons parler d’un domaine qui comporte de nombreux éléments tels que les savoirs écologiques traditionnels, et entre autres,  les savoirs relatifs à la flore et la faune locales.

Car, quand M. Haïdar demande de planter des palétuviers aux abords des villages casamançais, il ignore qu’il met en péril l’environnement naturel de la communauté villageoise, la connaissance qu’elle en a, ainsi que d’autres expressions de son patrimoine culturel immatériel [Cf., Unesco, Patrimoine immatériel]. Par ailleurs, son action a pour conséquence inéluctable la désaffection des jeunes Casamançais à l’égard des activités traditionnelles comme la riziculture.

En Casamance et dans le Pays Ajamaat in globo, qui va de la Gambie au-delà du Rio Cacheu, nous retrouvons les peuples ajamaat qui ont une civilisation du riz. Contrairement à leurs voisins Sereer qui occupent la région naturelle du Sine-Saloum - delta qui constitue la limite extrême de la Petite-Côte sénégalaise - et qu’on assimilerait bien à une civilisation du sel. Sel qu’on y exploite grâce au bras de mer que le Sine-Saloum constitue et où entre l’eau salée jusque dans les terres habitées, transformant ainsi la vie des villageois Sereer. Cette différence des identités est renseignée par le type de relations que les deux peuples Ajamaat et Sereer ont  avec les fleuves et  autres marigots.

Ainsi, si la politique de reboisement de la mangrove et des palétuviers est pertinente pour lutter contre la salinisation des terres dans le Sine-Saloum, nous restons convaincus qu’elle ne sera que contreproductive en Casamance qui est une zone de riziculture ancienne très avancée et beaucoup plus évoluée, même à ses débuts, que celle qui prévalait à la même époque dans le delta central nigérien.

En préalable, un rappel historique qu’on ne saurait mettre en sursis dans ce texte s’impose. En effet le pays ajamaat, cette région sur la côte Atlantique entre la Gambie et la Guinée-Bissau, était un de ses centres de diversification. Le riz y constituait l’activité économique principale vers 1500 av. J.-C. Or, la riziculture ajamaat comporte une technologie d’exploitation des marais maritimes et des lascis de marigots extrêmement exigeante en énergie et en temps qui, par sa perfection et ses méthodes, n’a aucun équivalent en Afrique noire. Cette technologie est encore utilisée par les populations et méritent d’être protégée, vulgarisée. Les renseignements tirés de l’examen des textes historiques constitués par les récits des premiers navigateurs européens ayant fréquenté l’embouchure de la Gambie, de la Casamance, du Rio Cacheu et qui avaient attesté de la présence d’une civilisation du riz dans cette région confirment cette matérialité historique encore vérifiable [cf., Histoire authentique de la Casamance, 2011].

Pour revenir à notre propos, et comme l’écrivait encore au 19e siècle le Nantais et résident français de Carabane, Bertrand Bocandé (ancêtre du footballeur feu Jules François Bocandé) : «Partout où les mangliers, en retenant les vases, ont relevé le bord des marigots, et rétréci les espaces inondés, les Floups –Ajamaat abattent ces arbres et parviennent à transformer ces boues salées en rizières fertiles.» Un énième témoignage qui corrobore le fait que la disparition des mangliers que M. Haïdar veut replanter jusque dans les clôtures des villageois, n’est pas due uniquement à l’effet du sel. Mais au contraire à un effort écologique de nos ancêtres à transformer les espaces d’eau de mer en champs de riz, d’où la présence au cœur des îlots de mangrove et tout au long des fleuves et bras de mer des villages «Felupes/Floups» (c’est-à-dire habitants des marécages).

Nous avions nous même en 2007, lors du tournage d’un documentaire avec la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Amadou Mbaye Loum), donné des explications sur la manière dont les peuples ajamaat sont arrivés à vivre sur des îles aujourd’hui reconquises par l’eau de mer. Nous insistions sur le fait que, jadis, nos ancêtres avaient le courage de chasser la mer pour créer des rizières tout autour d’un village entouré de digues et au cœur des espaces de mangrove peu à peu transformés par désalinisation.

Pour avoir grandi dans ces villages, nous avons aussi constaté dans les années 2000, que les villageois de la Basse Gambie, Casamance, Guinée, sentant le besoin de nouvelles normes pour lutter contre l’eau de mer, réclamaient plutôt de l’aide pour reconstruire les digues afin de protéger un savoir-faire traditionnel autour de la riziculture (qui offre par ailleurs des renseignements sur la compréhension du droit foncier traditionnel ajamaat magistralement ignoré par l’Etat-Nation sénégalais à sa création, avec les conséquences de la crise dudit Etat en Casamance, que l’on connaît aujourd’hui).

Pour la petite comparaison, sans trop nous y attarder, le Président gambien, Professor Ahaji Dr Yahya Jammeh - alors qu’il est question de procéder à la vérification du tracé de la frontière sénégalo-gambienne - est celui qui exploite le mieux le potentiel agricole qu’offre le Fogni (gambien et sénégalais), cette région où la Gambie se développe plus vers (sic ! Ndlr). Tandis que la politique de protection de l’écosystème sénégalais n’a apporté qu’une réponse inadéquate non seulement à la nécessité de promouvoir la riziculture casamançaise dont la qualité n’est plus à démontrer, mais aussi au besoin de protéger l’identité ajamaat ; nonobstant les excellents résultats constatés dans d’autres paramètres comme la protection d’espèces ou d’habitats-clé.

Pouvons-nous aller jusqu’à dire que le grand militant écologiste, en favorisant l’avancée de la mer  et de la mangrove dans les villages ajamaat tout en arasant les bases de cette civilisation du riz, héritage légué par nos ancêtres soit un «rizièricide» ?

C’est désormais en tant que ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature/du développement durable qu’il est (et quel que soit le temps qu’il le sera), que nous l’interpellons face aux besoins des Casamançais de reconstruire les digues qui permettaient de protéger leur environnement contre la salinité tout en maîtrisant les eaux de pluies. C’est à lui de voir quelle politique en adéquation avec le «Plan Marshall pour la Casamance» du Président Macky Sall, pourrait aider les Casamançais à reconquérir leurs rizières.

Et de façon générale, en décrivant à grands traits la dissemblance entre civilisations sereer et ajamaat, nous voulions à partir de ce cousin si proche, démontrer qu’il y a une spécificité bien casamançaise qui implique que cette région ait besoin de se prendre en charge elle-même. Elle a besoin d’une certaine représentativité à travers une forme d’autonomie réelle, au lieu de toujours subir les conséquences de politiques étatiques qui lui tombent dessus tous azimuts.

 Dr. Pape Chérif Bertrand BASSENE  Assistant Professor, Univ. Of The Gambia

 

Auteur de, Histoire authentique de la Casamance, La Brochure, 2011

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 12:15

hommage razoua blog

Nouvelles du Tarn-et-Garonne :

 Le communard de Beaumont-de-Lomagne

C'est à travers les écrits de trois écrivains que l'éditeur nous présente la vie d'Eugène RAZOUA «né » sur les bords tranquilles de la grasse Gimone, descendant sans doute de quelque famille de Sarrasins d'Espagne établie en Gascogne « avec un nom africain RAZOUA». Ainsi commence le récit de Léon CLADEL, bien connu de nos lecteurs.

Il est le fils (I) d'un père notaire et royaliste et se trouve placé au séminaire d'où il s'échappe pour gagner, tout jeune, l'Amérique du sud où il séjourne durant quatre ans en divers pays. À vingt ans il regagne la France, s'engage dans le 5ème régiment de chasseurs à cheval, recommandé par sa tante la marquise de Cambis ! Mais, ayant épousé la belle Marianne, donc devenu républicain, il est envoyé au 3ème Spahis en Algérie où il se révèle plus ou moins rebelle à ses chefs, vivant le plus possible avec les indigènes. Courageux comme le montre l'auteur, « il en avait assez de ces officiers impertinents, féroces, dépravés et nuls en la société... »

Nous avons une belle description comme sait le faire CLADEL de RAOUZA. « drapé dans son vaste burnous rouge il sera quelques années plus tard, député de la Capitale, gagné par cette immortelle religion du progrès dont nous sommes les humbles desservants : cette foi républicaine. »

Tony REVILLON nous conte alors l’épisode parisien où il écrit « Ses souvenirs d'un spahi ». Il débute dans les lettres, participe à des journaux, devient un proche de DELESCLUZE, futur héros de la Commune de Paris (1871). Celui-ci s'écria au moment de la faillite de Napoléon le Petit : « Il suffirait de vouloir pour faire sortir des merveilles d'entre les pavés de Paris », phrase prémonitoire «Mais ceux qui tenaient le pouvoir ne voulaient pas » ajoute l'auteur.

Élu député... il ira jusqu'au bout de ses responsabilités au sein de la Commune. Un parcours qui le mène, échappant ainsi à la mort, en exil à Genève. Un de ses amis. Arthur ARNOULT nous dit ce dernier épisode de la vie de ce héros de la Commune, de cette vie d'exilé poursuivi par la haine versaillaise, ici révélée, en ses différentes manifestations.

Et viennent ensuite deux extraits des publications de RAZOUA révélateurs de ses qualités d'écrivain, suivis de deux autres témoignages le concernant.

Décidément RAZOUA mérite d'être connu !

Michel VEYRES

 

(I) Hommage à Eugène RAZOUA, Écrivain natif de Beaumont de Lomagne » Ed. La Brochure 2013 (50 p. 5 euros)

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:16

                                        couv garcia

Nous reprenons ici un chapitre du livre ci-dessus que nous venons de publier. JPD

HOMMAGE

à  Joaquín  Arasanz Raso «VILLACAMPA »

par  Claude  MARTI, (chanteur, poète et romancier)

(Article dans  la Dépêche du Midi).

 

« Adíos, guerrillero !

 Joaquin, j’avais le sentiment que la mort ne te concernait pas, qu’elle t’ignorait après t’avoir classé irrécupérable : trop vif, trop rapide, trop imprévisible pour sa faux…Sûr que tu lui avais mené une vie impossible, à la mort ! Elle  avait, des années durant, perdu le souffle à te poursuivre dans les hameaux du bout du monde; elle s’était abîmée à crapahuter derrière toi par les sentiers coupants réservés aux transhumances et aux guérillas. Le Languedoc, pour commencer, et l’Aragon, ensuite, elle les avait pris en haine : ces mas, ces bordes, ces casals, ces caserios perdus où vous abritiez vos nuits lui sortaient littéralement par les orbites !

       Elle s’en était donné du mal pour t’avoir ! Elle avait tout essayé: embuscades et longues traques. Vital pour elle, car elle avait reconnu en toi, en vous, les maquisards, ses ennemis fondamentaux : en cette année glaciaire 1944, l’intelligence de l’humanité se réchauffait peu à peu à votre jeunesse, la conscience de notre espèce « que l’on disait moribonde »  avait, parmi vous, établi sa base de reconquête. Tout ça, elle le savait, la camarde, et ça lui ternissait le rictus. Elle venait de vivre des moments fastes, elle avait bellement et longuement tué : magnifique temporada que la saison 1936-44, sous l’œil connaisseur des seigneurs de la guerre, croisés de la croix gammée ou ordinaire.

La solution finale du problème humain était en vue…et puis vous voilà !

         Au début, on n’aurait pas misé une peseta franquiste ou un franc de Vichy sur vos maigres cohortes. Sales, mal rasés, grotesquement fargués et armés. « Excellentes dégaines de terroristes ! », s’esclaffait la France rance, son maréchal gâteux et ses milices. La mort ne riait pas, elle. Votre existence lui engluait le sabre, il lui fallait redoubler d’efforts. Elle mit en œuvre ses meilleures recettes : délation, torture, cages, camps, pelotons, pendaisons. Peine perdue. Malgré les mille douleurs, c’est que vous aviez fini par lui briser les os et shooté à suivre dans son ballon de crâne vide : sous le soleil ressuscité d’août 1944, le Languedoc définitivement libéré. Et vous, les Espades, les maquisards guérilleros, il ne vous restait plus qu’à libérer  l’Espagne.

       Cap au Sud ! Franco allait tomber comme une vieille figue flasque, sous le vent formidable de l’Histoire.

       Erreur : en automne 1944, l’Histoire n’avait prévu aucun rendez-vous  officiel avec le haut Aragon. Elle avait trop à faire du côté du Rhin. Guérilleros, vous camperiez seuls sur quelques villages libérés, sur quelques kilomètres-carrés de victoire. Seuls et oubliés : cette nouvelle aventure de vos vies n’avait pas de futur immédiat.

       Joaquin, tu te racontais sans amertume : neuf ans de guerre et de guérilla, dix sept ans de prison  ! Ce jour là, nous savourions un « fino » dans la salle à manger de ton HLM, Barbastro, banlieue Nord, un dernier étage choisi pour son panorama : le proche horizon des oliviers et l’immense décor de la sierra Ferrera… La sierra Ferrera où la raison des Etats se partageant le monde vous avait, jadis, laissés pour compte : « Claudio, tu sais, là-haut, j’ai souvent vu s’ouvrir la bouche de la mort. Elle me crachait un morceau de ferraille, mais toujours trop tard. Je n’en ai jamais eu peur : pour mourir vraiment, faudrait savoir qu’on est mort…et ça n’arrive jamais ! »

       Joaquin, elle a quand même fini par t’avoir, miss orbites creuses ! Elle a dû te poignarder le dos, pendant que tu dégustais un vin  blanc andalou tout en contemplant les oliviers du Somontano.

Je ne me fais aucun souci pour toi, Joaquin : tu ne peux être mort, puisque tu ne le sais pas.

       Mais nous, nous voilà d’un seul coup plus fragiles et plus pauvres.

       Un saludo, guérillero !

                                                                        Claude MARTI

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 14:22

                                       couv-garcia.jpg 

Une nouveauté de la rentrée

 

Anne Marie et Joachim GARCIA agissent depuis des années au sein de  l’Amicale des Anciens Guérilleros « F.F.I » Gard-Lozère, pour la défense de la Mémoire des Républicains Espagnols et de la Résistance espagnole en France.

 250 pages, 10 pages couleur, 19 euros

« ADÍOS GUERRILLERO »

 « Vraiment c’est injuste pensait Anna. Je n’ai pas eu le temps… »

« Villacampa » le guérillero est mort !

Anna réalise la perte, l’absence cruelle d’un homme au destin d’exception. « Villacampa » a fait la guerre ! Et quelle guerre !

17 ans de prison pour l’homme !

17 ans d’attente pour Quinito son fils !

Dans la maison de Nîmes on peut voir étalés les journaux, et reviennent les souvenirs.

Mémoire silencieuse, souterraine, en souffrance, mémoire brisée.

Anna remonte dans le temps et rencontre l’Histoire.

Anna reconstitue le puzzle jusqu’à ce que surgissent les réponses aux questions qu’elle se pose :

 Qui était « Villacampa ? »

Pourquoi tant d’années de prison ?

Pourquoi ne l’a-t-on pas fusillé ?

  250 pages, 10 pages couleur, 19 euros

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 13:11

                                             couv-flamens-blog.jpg

 La Brochure : 64 pages, 5 euros

Pour avoir un avant-goût de la présentation de ces deux personnages le 15 mai à Castelsarrasin, voici deux faits extraits de la brochure qui reprend un certain nombre de documets les concernant :

 Candidat au poste de sénateur à plusieurs reprises, Camille Delthil (1835-1902) indique son programme très à gauche en 1897 :

« Il faut donc réviser la Constitution dans un sens nettement démocratique et arriver soit à la suppression du Sénat, soit à sa nomination par le suffrage universel direct.

La deuxième réforme réclamée par la Démocratie française c’est l’impôt sur le Revenu.

L’impôt actuel est injustement réparti et, par certains côtés, il est même d’une iniquité révoltante. Nous devons sans tarder davantage, en corriger les défauts en en appliquant l'IMPOT PROGRESSIF SUR LE REVENU.

Ce mot de progressif, nous le savons, sonne mal aux oreilles de quelques privilégiés de la fortune, et cependant, ne l’avons-nous pas la progression ?... Si nous l'avons, mais à rebours ! Elle est en faveur des gros contre les petits, et ne serait-ce pas un acte de justice sociale de l'établir à l'inverse de ce qu'elle est : car, selon le mot du marquis de Mirabeau : « les grandes fortunes sont dans un Etat ce que les brochets sont dans un étang. »

Dans une Société bien organisée, celui qui possède beaucoup doit payer beaucoup et celui qui a peu payer peu.

Voilà les deux principales réformes de notre programme, que nous complétons par le scrutin de liste, la loi sur les associations, la réforme administrative et le crédit agricole. »

Demander la suppression du sénat pour un candidat aux sénatoriales c’est une audace qui depuis n’a pas été atteinte. Remercions de Gaulle pour avoir osé faire la moitié du chemin en mettant le sénat à la remorque de l’assemblée nationale !

 

De son côté, Pierre Flamens (1825-1893) propose cet amendement au Conseil général du 82 en 1883 :

M. Flamens dépose l'amendement suivant :

« Le soussigné,

«Vu la nécessité de munir les 24 bibliothèques cantonales pédagogiques des livres indispensables aux instituteurs ;

« Vu le défaut de justification et même d'allégation d'insuffisance de revenus fait pour la maîtrise de la cathédrale et pour l'évêché,

« Demande la suppression de la somme de 5,000 francs portée au budget des cultes, sous-chapitre VIII, article 2 :

Art. 2. — Secours pour concourir aux frais du culte. :.. 4,000 F

Art. 3. — Secours à la maîtrise de la cathédrale          1,000 F

Total                                                                     5,000 F

et d'affecter cette somme aux besoins de bibliothèques pédagogiques cantonales, en l'inscrivant à ce titre au budget de 1883.

« Signé : P. FLAMENS. »

L'amendement de M. Flamens est mis aux voix et n'est pas adopté. »

 

Nous étions trente ans avant la loi de séparation des églises et de l’Etat que Flamens demandait déjà avec énergie.

 Une question surgit : comment et pourquoi deux hommes faisant partie de la classe sociale la plus riche de Moissac et Castelsarrasin pouvaient-ils se placer aussi clairement du côté de la classe pauvre ?

Une question fondamentale pour comprendre la Troisième République et qui sera abordée plus tard. JPD

 

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:11

                                               P1090229.JPG 

Voici un autre élément sur le débat à la Librairie Deloche :

l’engagement citoyen.

 

Comment ne pas admirer cet outil internet qui d’un clic vous permet d’entrer en communication orale et visuelle, et pour de peu de frais, avec n’importe qui sur la planète ? Et comment ne pas noter que le « vivre ensemble » entre voisins « matériels » est de plus en plus difficile ? Abolir les distances n’est pas à ce jour le signe d’une avancée de la fraternité. Et poser cette question vous classe aussitôt dans l’univers des esprits retardataires incapables de saisir les chances du monde moderne ! Question dont pourtant l’école témoigne fortement d’où les réflexions suivantes.

 Pour tout enseignement c’est une vieille histoire que celle de l’entrée des nouvelles technologies à l’école. Il était donc inévitable que le débat porte aussi sur ce point quand internet devient le mot magique.

 Quand j’ai vu arriver les ordinateurs à l’école, j'ai saisi cette mutation grâce à un parent d’élève, cadre à la poste, qui a suscité dans l’école où j’étais directeur une rencontre entre parents-enseignants-et informatique (1984). L’institution sur ce point a été en dessous de tout sauf à dénigrer ceux qui ne pouvaient avancer seuls, et à profiter de ceux qui se formaient à l’extérieur. Sur un point opposé, il y a eu des stages de trois mois offerts à des personnes qui aussitôt après allaient souvent offrir leurs services au privé où ils pouvaient gagner beaucoup plus, d’autant que dans l’éducation nationale la formation acquise était de peu d’efficacité.

 Depuis on ne cesse d’observer que l’imposition technologique est de l’ordre du fait accompli mais pas de l’ordre de la réflexion. Ceux qui veulent réfléchir sont des mauvais joueurs ! L’idée finale c’est bien sûr de remplacer l’enseignant par des programmes d’ordinateur ! L’économie serait énorme !

 Or dans l’apprentissage le lien humain restera toujours colossal ! Et sur deux points. Les enfants entre eux apprennent énormément en cour de récréation. Les enfants entre eux apprennent énormément grâce au maître qui guide. Je prétends par exemple que quand le maître répète à l’enfant qui ne suit pas, celui qui en profite le plus, c’est celui qui suit car ainsi il consolide son savoir, il prend plaisir à revivre le chemin par lequel il a trimé.

Voilà pourquoi j’émets des doutes immenses sur l’enseignement individualisé. Bien sûr, quand un problème est cerné, quand il faut faire face à un impératif, des enseignants formés pour, sont précieux. Mais la classe reste le lieu de la validation du mouvement vers le savoir.

Face au travail de fourmi qui se fait à l’école, les médias viennent brusquer la construction de la fourmilière car ils stipulent que d’un clip tu accèdes à une fable de La Fontaine. Et mémoriser une telle fable, c’est quoi ? Je parle de la fable comme d’autre chose, je parle de mémoriser car apprendre, sauf à se moquer du monde, c’est mémoriser ! L’immédiat qu’imposent les médias balaye d’un mot cet effort vital pour tout humain. La plupart des adultes d’aujourd’hui utilisent la puissance d’internet avec les connaissances apprises hier, mais les enfants d’aujourd’hui risquent fort d’être de plus en plus prisonniers d’un labyrinthe.

 Face à l’effort de structuration de la pensée, de construction du raisonnement, l’écran n’offre qu’un pâle reflet. Faites l’expérience : tapez votre nom sur internet et généralement, à votre insu il en sort quelque chose, quelques fragments qui ne correspondent pas à ce que vous êtes, mais nous savons que c’est un geste que fait tout employeur avant l’embauche… Je lis un journal sur internet et c’est pratique car c’est rapide, on peut y faire des recherches dans les archives… on peut prendre un journal de n’importe quel pays etc. Mais l’écran ne dira jamais combien de pages, comment est structuré la présentation etc. Il est cent fois préférable d’avoir eu entre les mains une version papier pour échapper à la dictature du fragment. Pour l’école, le rêve des économistes c’est bien sûr d’avoir le manuel scolaire sur l’écran : pour le bien des arbres ! Je suis 100% d’accord avec l’idée d’encyclopédies sur internet mais pour les manuels scolaires la version papier est un complément à la version écran (d’autant qu’avec le numérique les frais d’impression sont fortement divisés). Et encore, pas n’importe quelle version écran !

 Dans la librairie j’ai croisé une très ancienne passionnée de l’enseignement de la lecture pour qui, il devait être lié à l’apprentissage de l’écriture. Peut-on en finir avec l’écriture manuelle au nom de la force de frappe de l’écriture sur clavier ?

 Toute l’évolution sociale, technique, psychologique imposerait des débats de fond sur l’appropriation des enjeux scolaires par la société. Mais les médias ne peuvent être friands de cette recherche car ils imposent la surface des réalités comme seul horizon de nos regards. Une fois de plus, j’en entends qui vont réagir ainsi : « en voilà un qui ne mesure pas la chance que représente internet » car justement l’ordre consensuel renvoie l’esprit critique dans les marges des marges. Vous refusez le nucléaire, alors cous voulez la bougie et la messe est dite. Et cette dictature me semble même néfaste aux défenseurs du nucléaire !

 Je termine par une expérience qui m’a marqué à jamais. Avec des collègues nous sommes arrivés un lundi matin dans l’école de Faudoas dirigée alors par M. Fieldès. Tous les enseignants étaient partis en stage. A la récréation nous avons vu les enfants se diriger vers des gros tonneaux agricoles en tôle où ils montaient debout et qu’ils faisaient avancer et reculer comme nous pouvons le voir au cirque. Danger maximum s’ils tombaient sur un petit qui passait par là. Danger maximum pour tout le monde. Pas du tout, au fil des ans les enfants maitrisaient l’ensemble de l’activité avec plaisir, nous les avons laissé jouer comme d'habitude. Aucun inspecteur n’aurait pu admettre cette « compétence » enfantine auto-apprise par les gamins et qui démontre qu'en nous sous-estimons ce que les circonstances peuvent créer d’intelligence collective, chez les enseignants comme chez les enfants. D’où la question qui n’a pas le mérite d’être une proposition : comment nous libérer des chaînes qui nous lient. ? JP D.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 12:05

           P1090228.JPG

Librairie Deloche

Suite au débat sur les livres de Jean-Pierre Frutos (au milieu) et de François Schachli à gauche

Pas à pas le terme de «gouvernance» s’est imposé dans la bouche des hommes politiques au pouvoir (presque comme une évidence). Je ne vais pas ici entrer dans le détail pour dire seulement ceci : il vient du management, il vient d’une pente glissante où la politique étant ramenée à la gestion, la gestion est réduite au modèle de l’entreprise. Loin de moi l’idée que le système de l’entreprise serait le mal, et que le bien serait du côté du service public. Au contraire, je pense que les améliorations dans la gestion d’une entreprise devraient bénéficier à tous mais sans s’imposer comme critère de LA POLITIQUE. Voici un élément du livre de François Schalchli sur la gouvernance qu’il évoque au moment où il est question du conflit nécessaire à la démocratie, conflit que la gouvernance doit évacuer :

 « Ces analyses concordent entre elles pour faire du conflit le point central et permanent de la démocratie. Elles peuvent diverger ensuite sur le niveau et genre de risque à prendre en matière de rupture, de menace d’éclatement d'une communauté politique en conséquence ou suite à un conflit ; sur le fait d'instituer des limites de l'extérieur ou de parier sur une auto-organisation collective. C'est là matières à débats, mais aucune ne prend la stabilité comme horizon.

    d) le contre-modèle de la gouvernance : quand conflit et pouvoir se dissolvent

Tout cela ne se met bien évidemment pas en place sans problème, car la stratégie de  tout pouvoir face à cette possibilité du conflit, sous les deux formes que nous avons analysées, s'affirme dans une logique constante d'extension et de monopolisation de ses prérogatives : il cherche à cette fin  en  général  à réduire, minimiser, voire masquer les conflits.

Dans l'actualité, nous sommes amenés, à côté de la montée de formes autoritaires, à voir se développer des pratiques de gouvernance suffisamment « intégratrices » des différents acteurs-partenaires pour empêcher les authentiques clivages et conflits.

Le concept de gouvernance remplace celui de pouvoir gouvernant ou de gouvernement : toutes les parties prenantes sont rassemblées dans une supposée égalité pour concourir à la conduite d'une action dans une orientation donnée. Toutes concourent et tout concourt « finalement » vers celle-ci, après concertation et dans une harmonieuse complémentarité ! Il y a au mieux à « s'ajuster » !

En conséquence, avec la gouvernance, on ne sait plus identifier le pouvoir : il n'est plus localisable, visible. »

 L’école de la bonne gouvernance c’est donc l’école où il faut masquer les conflits… au moment où les conflits s’imposent avec plus de force !

Le conflit, parents-enseignants ? Il est là d’évidence par le simple fait que le parent regarde son enfant (c’est normal) quand l’enseignant travaille avec le collectif groupe classe (qui change d’ailleurs chaque enfant !). La reconnaissance de ce conflit est la seule base permettant un travail fructueux entre parents et enseignants, car conflit ne signifie pas que toute collaboration est impossible. Chacun étant à sa place et la respectant, chacun peut s’épauler ! L’idée de la co-éducation de la FCPE entre dans l’idée de la bonne gouvernance. Travaillons ensemble et ceux qui ne veulent pas travailler ensemble sont les archaïques. Quand Sarkozy supprime toute formation pour les enseignants il confirme que ce n’est pas un métier et qu’en fait tout le monde est plus ou moins instituteur ce qui est un massacre non d’une compétence « enseignant » ou d’une technique pédagogique, mais d’un « savoir » car tout métier est source de savoir.

Le conflit enseignants-enfants ? Il est là d’évidence par le simple fait que l’enfant (même à 6 ans) a déjà une explication sur tout, explication qu’il va devoir remettre en cause pour accéder à la connaissance… et à ce cri joyeux du Euréka quand enfin après épreuves, il recolle les morceaux d’un savoir qu’il n’imaginait pas. Suis-je en train d’écrire que rien ne vient sans sueurs au front ? Conflit entre principe de réalité et principe de plaisir ? Bien sûr qu’on peut apprendre en s’amusant à condition d’admettre que s’amuser s’apprend aussi ! Si c’est dur d’apprendre, tout n’est pas dur tout le temps ! Y compris au sein même d’une journée. Comme l’indiquait très bien pour autre chose François Schalchli, aujourd’hui chacun vise le plaisir immédiat et refuse l’idée : « souffre pendant dix ans et après tu pourras profiter ! »

Le conflit enseignants-inspecteurs car dans l’institution éducation nationale, comme le releva quelqu’un, qui est légitime pour exercer le pouvoir ? Que dire d’enseignants qui en 2008 doivent expliquer aux parents que la suppression du mercredi matin c’est bon pour leurs enfants et qui cinq ans après doivent expliquer le contraire ? Dans le secteur privé la légitimité est plus simple à mesurer dans les comptes d’exploitation. Dans le monde du politique, gérer l’éducation en bilan comptable annuel c’est tuer le fondement du métier : bien des effets sont à long terme et doivent donc s’étudier avec des outils appropriés. Jean-Pierre Frutos insista sur le long terme. Ce conflit est plus admis que les autres car on sait qu’il y a d’un côté une « bonne parole » celle de la hiérarchie, et une autre disqualifiée, celle des enseignants. Je peux témoigner pour le peu de temps où j’ai été délégué du personnel, du mépris que la hiérarchie éprouve envers ceux qui sont sous ses ordres, mépris d’autant plus grand que finalement d’ordres ils ne peuvent qu’en donner très peu !

Et le conflit école-société qui est dans le titre et le livre de Jean-Pierre Frutos ? Comment ne pas admettre que la société impose ses règles à l’école ce qui fait que quand la gouvernance devient le masque du gouvernement, il devient aussi le masque de l’école ? J’ai évoqué le modèle inavoué des USA (dans d’autres domaines il est plus avoué) où j’ai travaillé deux ans, et on m’a dit après le débat que j’exagérais. La réponse mériterait un livre mais trois évolutions sont incontestables :

- le quantitatif prenant tout le pouvoir sur le qualitatif. Exemple : un prof d’université doit produire chaque année une quantité définie d’articles, de livres, la quantité servant de critère de l’importance de son travail.

- la violence sociale marquant des points comme jamais chez les enfants (par chance nos sociétés n’admettent pas encore que le port d’arme est gage de liberté)

- les mépris général envers le corps enseignant qui aux USA a toujours été moins considéré que l’ouvrier ce qui est bien pour ce dernier mais ne règle pas le problème. Bien sûr, il y a des filières d’excellences…

 Bref, un ministre avant de se lancer dans « l’inévitable réforme » preuve de son agitation, pourrait non pas lancer un grand débat-déballage mais affronter les conflits pour ce qu’ils sont, sans discourir sur le fait qu’il a la charge des enfants… Le pauvre ! JP Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:50

couv-jaures-blog.jpg

190 pages, 15 euros ISBN : 978-2-917154-88-5

Ce livre est un quasi point final au travail des éditions La Brochure. En 190 pages les textes de Jaurès rassemblent ce que nous avons cherché à faire vivre : la lutte pour la révolution sociale et démocratique.

En choisissant l’année 1906 nous avons choisi un moment historique où la contre-révolution cléricale s’affronte à l’offensive de la révolution sociale. Rappelons les grands événements de l’année qui prouvent contrairement à quelques lieux communs que l’histoire ne s’accélère pas aujourd’hui :

7 janvier : Elections sénatoriales.

Janvier : Campagne pour les retraites ouvrières.

1er février : Affrontement crucial au sujet des Inventaires à Sainte-Clothilde Paris car il donne le départ de la révolte cléricale.

18 février : A. Fallières prend ses fonctions de nouveau Président de la République.

11 février : Encyclique du pape Pie X : Vehementer nos

24 février : Loi sur les retraites ouvrières votée à l’Assemblée mais le Sénat la refusera.

10 mars : Catastrophe de Courrières (plus de 1000 morts).

14 mars : Pour remplacer le Ministère Rouvier, Ministère Sarrien avec Clemenceau à l’Intérieur et Briand à l’Instruction publique et aux Cultes.

8 avril : Fin de la Conférence d’Algésiras sur le Maroc.

1er mai : Echec de la Grève générale : répression féroce de Clemenceau.

6 mai : Premier tour des élections législatives.

20 mai : Deuxième tour, Jaurès est élu de justesse avec 51,1%.

30 mai : Première assemblée des évêques de France.

9 juillet : Décès de la mère de Jaurès qui ne peut être présent à l’enterrement.

12 juillet : Dreyfus est réhabilité et réintégré dans l’armée.

13 juillet : Loi sur le repos hebdomadaire débutant le 31 août.

10 août : Encyclique du pape Pie X : Gravissimo officii

25 octobre : Début des négociations pour le Ministère Clemenceau.

1 4 novembre : Congrès d’Amiens de la CGT avec la rédaction de la fameuse Charte.

2 janvier 1907 : Nouvelle loi sur l’exercice public des cultes.

6 janvier : Encyclique du pape Pie X : Une fois encore.

 

La Charte d’Amiens, les premières législatives du Parti socialiste nouveau car unifié, les débuts des lois sur les retraites et sur la limitation du temps de travail et en même temps, contre la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, l’offensive papale.

L’année où le parti radical-socialiste cumule tous les pouvoirs et s’en sert pour massacrer les ouvriers en lutte. Sur le plan international, les suites de la Révolution russe de 1905.

Que pouvait dire Jaurès ?

Il joue la modération et la fermeté, la critique et la proposition, le témoignage et l’histoire. Et au total une clairvoyance impressionnante !

22 janvier : « Le suffrage universel n’aura qu’à souffler sur cette bande vacillante. » Et en effet les élections législatives suivantes même difficiles confortent son parti.

13 février : « Ô travailleurs, si vous aviez seulement le sentiment de votre force, si vous saviez vous unir et appliquer résolument vos volontés concordantes, à un plan de réformes conduisant à la propriété collective, la race humaine s’élèverait d’un mouvement rapide et certain dans la lumière et la justice. » Toujours la réforme… pour faire la révolution !

Jaurès contre l’emprunt russe, pour le droit de vote des femmes, et pour remettre à leur place les Eglises. Jaurès sur tous les terrains avec détermination mais avec patience. Cette patience m’impressionne à toutes les pages, et ne pourrait fonctionner aujourd’hui où l’Internet permet (et impose parfois) une réaction immédiate parfois superficielle.

Cette patience était possible car le cap était clair : réformes sociales, réformes sociales et encore réformes sociales.

Jean-Paul Damaggio

P.S. Notre catégorie Jaurès de ce blog est enfin honorée d'un livre.

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 15:48

couv-marx-blog.jpg

 158 pages, format A5, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-87-8

En rééditant le court texte de Marx où il présente Simon Bolivar nous avons souhaité l’accompagner des diverses interprétations auxquelles l'action de cet homme a donné lieu.

De Mussolini à Franco en passant par Chavez et tant d’autres, les combats de Bolivar ont été mis à toutes les sauces. Après Washington pour le Nord, Bolivar pour le Sud ? Deux libérateurs du continent américain ? Sauf que Washington a gagné avec l’appui des Français et Bolivar avec celui des Anglais. Dans les deux cas, un appui extérieur qu’il n’est pas bon de rappeler pour la gloire des deux militaires. Et pourtant…

Bolivar a laissé une œuvre inachevée que la gauche latino-américaine doit reprendre ? Un Bolivar qui aurait eu comme adversaire inévitable les USA, pourtant très heureux de voir les Espagnols chassés de « leur » continent ?

Qu’est-ce que la liberté en 1815 ? La liberté des Bourgeois contre les féodaux ? Marx plaide pour une autre révolution, celle de la classe ouvrière qui est enfantée par la Bourgeoisie comme la Féodalité a enfanté la dite Bourgeoisie. Pour Marx, le cas Bolivar le renvoie à cette vision du futur explicité dans Luttes des classes en France :

« La révolution sociale du XIXème siècle ne peut pas tirer sa poésie du passé, mais seulement de l’avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-même avant d’avoir liquidé complètement toute superstition à l’égard du passé. Les révolutions antérieures avaient besoin de réminiscences historiques pour se dissimuler à elles-mêmes leur propre contenu. La révolution sociale du XIXème siècle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour réaliser son propre objet. Autrefois la phrase débordait le contenu, maintenant [avec la révolution sociale], c’est le contenu qui déborde la phrase. »

 Que dirait Marx quand aujourd’hui encore la révolution sociale prétend s’appuyer sur des réminiscences historiques ? Quand la phrase "révolutionnaire" déborde si souvent le contenu ! La vision de Marx est toujours une vision historique CONTRE toutes les visions abstraites qui traitent de la liberté, de la guerre, de la dictature etc. comme des entités en soi. La révolution elle-même ne peut pas être entendue comme la répétition des révolutions passées. Pourquoi ? Parce qu’avant celle de la classe ouvrière la révolution se faisait pour des intérêts particuliers qui devaient être masqués sous le voile de l’intérêt général. Avec la révolution sociale, la classe ouvrière ouvre l’ère d’une révolution qui en faisant le bien pour le travail ouvrier fait le bien pour toute la société. La guerre contre les illusions qui pouvaient être néfastes en 1789 quand il fallait trouver tous les moyens pour en finir avec l’aristocratie, devient une guerre salutaire pour construire l’avenir. Bolivar devient sous la plume de Marx, l’archétype de l’illusion néfaste !

Si je partage ce point de vue de Marx, je conteste le suivant qui lui fait penser qu’à construire un Etat impossible, Bolivar aurait joué la comédie du pouvoir, à l’heure où l’Etat est sans avenir. Pour Marx l’heure est à l’internationalisme –une des forces de la classe ouvrière – et Bolivar aurait pu trouver grâce à ses yeux puisqu’il veut construire un vaste Etat contre les divisions nationalistes de l’Hispano-Amérique. En fait Marx est enfermé dans sa propre théorie juste économiquement, mais bancale politiquement. Oui, le capital s’est internationalisé et a pris les commandes sur toute la planète mais la révolution ne pouvait faire de même !

Contre Bolivar, les nationalismes de l’Hispano-Amérique vont fleurir et qui peut s’en étonner quand on pense à l’écart entre le paysan des Andes péruviennes et celui des llanos vénézuéliens. Aujourd’hui encore, contre toute attente, les Nations Unis enregistrent un nombre toujours plus grand d’Etats ! Si ces Etats s’appuient parfois sur des replis nationalistes, ce n’est pas toujours le cas et le démantèlement de l’URSS est source d’interrogations.

Le cas de Bolivar continue et continuera d’être source de réflexions… pour qui veut faire reculer le mythe au profit de l’histoire. Aujourd’hui, il arrive souvent qu’au nom des transformations technologiques on veuille effacer l’histoire et au nom du libéralisme, effacer la société, mais dans les deux cas, c’est peine perdue. L’histoire humaine revient par la fenêtre quand on la chasse par la porte.

J-P Damaggio

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:05

                        couv-balafre-blog.jpg

66 pages, 5 euros, format A5, brochure

Les promoteurs et concepteurs de la ligne à grande vitesse n'ont que faire de la vie sur le tracé. Alors pour les éclairer à la vitesse d'une tortue...

JP Damaggio

 

 

Sommaire :

 Dunes : Le pont romain, Pont du Diable ?

Donzac : La sociabilité des cornières

Saint-Loup : L’astronome Perrotin (1845-1904)

Saint-Cirice : La cloche d’une église (1523)

Auvillar : Marcabrun, un des premiers troubadours

Saint-Michel : Une église phénoménale

Merles : Le chêne de Henri IV

Le Pin : Le Château Saint Roch

Saint-Nicolas : La voiture Cadillac n’est pas pour Vitalis

Caumont : La Blonde d’Aquitaine

Castelmayran : Une merveille du futur ?

Angeville : Un nom de rêve

Saint-Aignan : Le royaume du peuplier

Castelferrus : Tour de l’horloge extraordinaire

Garganvillar : Une merveille d’instituteur

Cordes-Tolosannes : Belleperche

Castelsarrasin : L’usine inoubliable

Saint-Porquier : La beauté du canal latéral

Escatalens : Plaine, ma plaine…

La Villedieu du Temple : A l’heure des oiseleurs

Lacourt Saint-Pierre : Un lavoir sur le canal

Montbeton : Adeline Lombrail (1858-1891)

Bressols : Pigeonnier comme patrimoine

Montauban : Une gare historique

Labastide-Saint-Pierre : Le plaisir de l’histoire

Montbartier : Grand Sud Logistique

Campsas : Etienne Salers, l’art du vin

Canals : Une héroïne de la Résistance

Fabas : Un sénateur-maire

Grisolles : Le génie de la fabrication des balais

Pompignan : Le château de la famille Pompignan

Dieupentale : L’amour pour une gare

Repost 0
Published by éditions la brochure - dans nos livres édités
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • Le blog des Editions la Brochure editions.labrochure@nordnet.fr
  • : Rendre compte de livres publiés et de commentaires à propos de ces livres
  • Contact

Activités de La Brochure

 

La pub sur ce blog n'est bien sûr en aucun cas de mon fait. Le seul bénéficiare financier est l'hébergeur. En conséquence ce blog va servir exclusivement aux productions de La Brochure. Pour les autres infos se reporter sur un autre blog :

 VIE DE LA BROCHURE

 

BON DE COMMANDE EXPRESS en cliquant ICI      

___________________________________________________________

 Les Editions La Brochure publient des livres, des rééditions, des présentations de livres. Ils peuvent être commandés à notre adresse ou demandés dans toutes les librairies (voir liste avec lesquelles nous avons travaillé  ici      ) :

Editions La Brochure, 124 route de Lavit, 82210 ANGEVILLE

Téléphone : 05 63 95 95 30

Adresse mèl :                          editions.labrochure@nordnet.fr

Catalogue de nos éditions :                                       catalogue

Catalogue 2011 :                                                                   ici

Présentation des livres :                                          livres édités

Bon de commande :                                             bon de commande

Nos livres sont disponibles chez tous les libraires

indépendants en dépôt ou sur commande

 

Nouveau blog RENAUD JEAN et LIVRES GRATUITS

Vous pouvez nous demander de recevoir la lettre trimestrielle que nous publions et nous aider avec les 10 euros de la cotisation à notre association. Merci de nous écrire pour toute information. Les Editions La Brochure.      

Articles sur la LGV: seulement sur cet autre blog:

Alternative LGV 82     

 

 

Nouveautés de 2013

 Elections municipales à Montauban (1904-2008) ICI :

Moissac 1935, Cayla assassiné : ICI

Tant de sang ouvrier dans le nitrate chilien ICI  

Révolution/contre-révolution le cas du 10 mai 1790 à Montauban ICI

 ADÍOS GUERRILLERO  ici

J’ai vu mourir sa LGV ici

Derniers titres :

Portraits de 101 femmes pour 20 euros. ici

Karl Marx, sur Bolivar ici

Ducoudray-Holstein Histoire de Bolivar ici

Jean-Pierre Frutos, Refondation de l’école ici

Jean Jaurès : Articles de 1906 dans La Dépêche et dans l’Humanité ici

Recherche