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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 20:12

lettre jo

Voici une lettre trouvée par Guy Astoul aux Archives départementales du 82, où Jeanbon donne sa réaction suite aux événements du 10 mai que nous avons largement évoqué sur ce blog. Le lecteur peut mesurer l'ampleur de la bagarre... et jamais les mots protestant ou catholique ne sont présents. JPD

PS : j'ai mis la ponctuation actuelle.

 

 Monsieur,

M Pierre Sers de Bordeaux m’encourage à m’adresser à vous comme à un véritable ami de la liberté, pour vous faire connaître tout ce qui se passe à Montauban. Il m’exhorte aussi à écrire directement au président du club des jacobins mais je n’ai pas osé suivre ce dernier conseil parce qu’on prétend, et que plusieurs faits tendent à m’en persuader, que rien n’est moins sûr que le secret de nos postes de province ; c’est uniquement à vous, monsieur, que je prendrais la liberté de transmettre quelques faits sur notre malheureuse position. Vous en ferez l’usage que votre sagesse vous suggèrera.

Vous avez su, Monsieur, l’insurrection aristocratique qui a ensanglanté la ville de Montauban le lundi 10 mai. Les relations les plus modérés, même celles qu’a osé publier la municipalité ennemie de la révolution et disposée à commettre tous les crimes pour l’empêcher, vous auront fait frémir d’horreur sur le traitement à la fois barbare et ignominieux exercé contre les citoyens de la ville la plus honnête.

Dans les conciliabules secrets de nos bourreaux trois cent autres avaient été condamnés à la mort : aucun des officiers de la garde nationale connus pour leur attachement à la constitution, et c’était le plus grand nombre, ne devait échapper à cette horrible proscription. Quelques autres citoyens étaient aussi condamnés : j’étais du nombre de ces derniers. Je me dérobais par la fuite, au sort qui me menaçait mais ma femme fut insultée, chassée de sa maison, couchée en joue par un brigand, obligée de se réfugier chez une parente et trop heureuse d’échapper à la mort. Ma maison fut occupée pendant la nuit de ce désastreux événement par une escouade de sept hommes. Deux officiers municipaux eurent l’insolence d’y aller faire visite le lendemain sous prétexte qu’il leur avait été dénoncé que j’avais un dépôt d’armes. Ils ne trouvèrent rien et s’en retournèrent sans même avoir dressé procès-verbal de leur visite ; plusieurs autres maison furent exposées au même outrage. Aussi une foule de citoyens ont quitté cette malheureuse ville et se sont réfugiés dans les villes voisines : Bordeaux et Toulouse se sont distinguées par leur attachement à la cause commune et par l’humanité dont elles ont usé envers les infortunés. Je suppose, Monsieur, que vous connaissez les arrêtés de la première de ces villes. Je vous envoie celui de la seconde.

Les officiers municipaux de Montauban avaient soudoyé le peuple pour lui faire commettre les atrocités dont il se rendit coupable ; et ils l’avaient même mal payé ! Quand ils redemandèrent les armes par une proclamation affichée, quelques-uns de cette canaille disaient hautement qu’ils ne rendraient leur fusil que lorsqu’on leur paierait les 30 sols qui leur avaient été promis. Les femmes qui avaient été assemblées devant la porte du couvent se plaignaient qu’on leur avait promis 12 sols pour faire du tapage et qu’on n’avait donné à l’un que 2, 3 ou 4 sols, ou même rien du tout.

Cette population rassasiée de sang avait été ..... sans travailler, il fallait la faire vivre. Les ateliers des manufactures sont tous entre les mains des hommes dont les frères, les fils, les parents étaient égorgés ou emprisonnés La plupart avaient suspendu leurs travaux. Il était à craindre qu’un peuple mourant de faim, ne se tourna vers le véritable auteur de ses maux et les déchira. Pour éviter cette juste vengeance les officiers municipaux firent faire une collecte chez les habitants aisés dans le nombre desquels ont compte principalement les familles malheureuses. Pour décider à donner, ils les menacèrent encore de la fureur du peuple et leur arrachèrent des mains l’argent destiné à payer le meurtre de leurs proches. Un officier municipal le plus dévergondé de tous à la vérité, Vialètes d’Aignan eut même l’effronterie d’aller dans la prison solliciter la bienfaisance des captifs en faveur de leurs assassins Ces braves gens frémirent d’horreur et l’un d’eux lui répondit avec indignation : « que ceux qui ont commandés les bourreaux, les payent ».

Cependant on apprit la marche des troupes bordelaises ; la ville se remplit d’alarme. Les officiers municipaux assez inquiet pour croire à une guerre civile et par elle à la contre-révolution demandèrent des renforts de toutes parts. Pour éloigner la garde toulousaine qu’ils redoutaient, ils écrivirent à la municipalité de Toulouse que tout était calme à Montauban, que la paix y était rétablie. Et dans le même temps, ils requerraient toutes les autres villes voisines de leurs envoyer des détachements considérables de leur garde nationale. Leurs émissaires parcouraient les campagnes, enrôlaient jusqu’aux gardes de la ferme préposés sur la frontière du Languedoc à veiller sur la contrebande du sel. C’était un nommé Ricote, commis lui-même sur les cuirs et les cartons, qui recrutait cette belle armée. De son côté un nommé Porquet commissaire de la marine engageait les matelots au service de la municipalité. Cet homme abominable se transporta même à Moissac pour engager les propriétaires des bateaux à les couler à fond pour que l’armée de Bordeaux ne put point passer la rivière à la Pointe. Dans la ville on s’occupait et probablement on s’occupe encore des plus grands préparatifs, on rassemblait toute la poudre de chez les marchands, on faisait fondre des balles, faire des cartouches forger des hallebardes...

Jeanbon Saint-André

 

Note JPD : Beaucoup d'autres maisons protestantes furent dans le même cas... pour mieux les protéger de la fureur populaire, dirait le maire aristocrate.

Note JPD : En fait Toulouse tarda à réagir mais Jeanbon est réfugié dans cette ville alors il privilégie ceux qui voulaient soutenir la révolution.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 10:49

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Avec l'aide préciseuse de quelques amis je mets la dernière main à l'édition de ce livre (180 pages, 14 euros) sur l'assassinat de Cayla par les fascistes à Moissac le 13 juin 1935. Sur la photo de l'équipe de rugby de 1921, à gauche nous avons Cayla, et à droite le Croix de Feu Valès, celui qui lui envoya les coups de poing qui ont causé la mort du jeune ! 

Si d'autres personnes peuvent apporter photos ou souvenirs je suis preneur bien sûr. Depuis que j'étudie ce dosser, il m'arriva de croiser deux descendants de Cayla mais je n'ai pas noté les coordonnées. De toute façon l'oubli ayant été organisé, elles en savaient peu sur la réalité des événements.

Jean-Paul Damaggio


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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 17:23

                   1790.jpg

 

L’ennui avec les révolutions c’est qu’à abattre les privilèges, elles font oublier leur existence surtout que ne manquent jamais à l’appel ceux qui aident à cet oubli !

Moi-même j’ai du mal à imaginer l’immensité des privilèges antérieurs à 1790. Par exemple : retrouver le nom du marquis qui était propriétaire du Moulin de Moissac c’est comme un choc. L’immensité de ce moulin. La puissance de ce moulin. Et bien sûr, marquis oblige, une entreprise à privilèges !

Et le cloître acheté par le secrétaire de mairie qui en fait cadeau à la municipalité !

Et partout cette domination d’une caste. Comment ne pas admirer ceux qui brûlèrent les châteaux ! Ils en avaient gros sur la patate à travailler depuis des siècles pour la caste.

Pourvoir politique, économique, social, religieux tout le monde était sous contrôle.

Alors c’est quoi la révolution ? Oui, c’est quoi la révolution ? L’explosion d’expressions diverses, multiples, variées… Des brochures, des placards, des livres, des journaux. Partout des brochures, des placards, des livres des journaux. La contre-révolution gagne le jour où tout rentre dans le rang ! Le jour où les innombrables sociétés populaires sont obligées de mettre la clef sous la porte. Pas à cause d’une fatigue quelconque induisant une désaffection. A cause de la "loi" car ceux-là même qui étaient contre le principe des lois les utilisèrent ensuite pour tuer la démocratie.

Pour revenir à l'actualité : en Tarn-et-Garonne, face au quotidien régional, est né un jour le Petit Journal qui, comme les tentatives précédentes, se devait de mourir avant l’âge de raison. A la grande déception de Jean-Michel Baylet non seulement ce journal s’incrusta mais il fit des petits dans la plus grande partie des départements du Sud-Ouest ! Il annonça le débat sur 1790 ce que se garda bien de faire la Dépêche du Midi. Peut-être la prochaine fois car bien sûr la question n’est pas close. Nos marquis d’aujourd’hui finiront pas s’épuiser, à force de se raconter trop d’histoires.

Jean-Paul Damaggio

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 13:30

 

                             gebelin chapeau

                          gebelin-blog.JPG

 

Chronique de Michel Veyres sur Les Nouvelles du Tarn et Garonne

SALUONS, CHAPEAU BAS, PÉTRONILLE CANTECOR

 A l’entrée de Caussade, en venant de Montauban, une sculpture rappelle le souvenir de l’industrie chapelière. C'est le moment de faire appel à Jacques GEBELIN qui y a consacré un travail, publié en 1895. Celui-ci, professeur de géographie à la Faculté de lettres de Bordeaux décède dans sa maison, à Réalville le 15 septembre 1898, nous précise Jean-Paul DAMAGG1O.

Nous avons donc un essai qui débute par une présentation du département. Nous pouvons noter les cultures pratiquées alors comme le blé, le maïs... et. retenons notre souffle « les raisins chasselas, dits de Montauban qui se sont faits un nom sur le marché de Paris »...

Et « si Montauban réunit un assez grand nombre d'industries », Septfonds en a une seule, mais d’importance car chacun doit alors savoir que « Septfonds est bien la capitale d'une grande industrie » celle du chapeau de paille.

Tout d'abord il convient d'en rechercher l'origine. C'est une bergère de Septfonds, Petronille CANTECOR, qui en est l'inventrice Le savant géographe nous conte comment cela vint, comment « un petit commerce de détail commença ». Nous sommes alors en 1798, durant la période révolutionnaire. Et peu à peu l'artisanat devient industrie, « le cercle des affaires s'élargit » ... jusqu'à Toulouse. Des manufactures sont créées, le chapeau de paille est porté par les hommes comme par les lemmes. Toutes les catégories sociales le portent. Divers progrès techniques contribuent au développement. Ainsi, en octobre 1895, Septfonds compte 26 établissements de différentes tailles employant environ 1200 personnes. La réputation devient internationale. La population s’accroît : les nombres sont révélateurs. Des fortunes naissent. Et le travail du chapeau gagne les localités voisines comme Caussade… La matière première vient non seulement des environs proches mais aussi de l'étranger, de Chine même. Un souci émerge que nous relevons : « Affranchissons nos fabriques de l'intermédiaire de l'étranger... » et « Bordeaux est le port désigné du Bas-Quercy.

Des ambitions s'expriment !

Une notice biographique de Jacques GEBELIN nous donne l'étendue de ses compétences et de son savoir et des travaux réalisés. Les obsèques célébrées par le pasteur se déroulent à Réalville. Des lettres de condoléances vinrent de France, de l'étranger.., montrant l'importance du savant.

A noter quelques pages du journal « Le Républicain » qui apportent quelques précisions, un complément, à l’industrie du chapeau.

L'image d'un temps.

 

Michel Veyres

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 21:55

C’est sans doute la première fois qu’un tel débat avait lieu à Montauban et je remercie d’autant plus la dizaine de personnes présentes.

La présentation a été brièvement faite en quatre points :

- l’intérêt de l’histoire locale confrontée à l’histoire nationale : quand on sait que l’actuel Musée Ingres était l’évêché, c’est une manière concrète de comprendre la puissance de l’église et comme il a été indiqué dans le débat quand on sait que l’évêque de choc Tonnelier de Breteuil a en plus fait construire un château considérable, cette puissance s’ajoutant à tant d’autres était énorme.

- les événements du 10 mai : après une élection municipale qui voit l’élection d’un marquis (je suis preneur d’autres exemples équivalent en France) la nouvelle municipalité royaliste souhaite s’emparer de la garde nationale. Elle y réussit le 10 mai grâce à une émeute populaire ! Comment les révolutionnaires allaient-ils réagir ? Finalement l’Assemblée nationale destitue la municipalité le 31 juillet après le passage d’un médiateur qui calme les esprits mais surtout après des affrontements considérables dans la presse.

- les explications : la sociologie de Montauban fait que les patrons protestants qui sont du côté de la République (et qui contrôlent la garde nationale) n’emportent pas l’adhésion des ouvriers à la dite République, ouvriers qui sont catholiques sincères et qui vont donc appuyer l’aristocratie au nom de la défense du catholicisme comme religion d’Etat. Cet événement va convaincre le pasteur Jeanbon Saint-André (comme beaucoup d’autres) d’entrer dans la lutte politique. Les événements du 10 l’obligent, comme des centaines d’autres Montalbanais, à se replier d’abord à Toulouse puis à Bordeaux.

- cet événement sera fondateur de l’identité du Montauban moderne où un courant légitimiste sera toujours très fort et face à lui les « républicains » au sens large seront toujours obligés de s’unir pour ne pas subir la loi de la réaction. Cette situation, en obligeant chacun à se positionner, va influer également sur l’identité des villes voisines : Toulouse, Castelsarrasin, Moissac.

Dans le débat plusieurs questions ont permis de cerner ces quelques pistes.

 D’abord quelques questions techniques : pourquoi la municipalité tient absolument à s’emparer de la direction de la garde nationale ?

- cette force armée bourgeoise car il fallait être assez riche pour se payer l’équipement, pouvait devenir un obstacle pour des hommes ayant en vue la contre-révolution.

- la municipalité avait déjà obtenue d’avoir seule les clefs des arsenaux pour déjà contrôler l’activité de la garde nationale. Il existait d’autre « forces de l’ordre » mais les régiments de l’armée, présent à Montauban, étaient-ils fiables pour les révolutionnaires ? N’étaient-ils pas surtout les héritiers de l’Ancien régime ?

Bref l’enjeu consistant à contrôler les hommes en arme était fondamental.

 Le 10 mai, une guerre de religion ?

Les questions religieuses qui ont toujours marqué l’histoire de la ville avant, pendant et après la révolution, presque jusqu’à nos jours, ont été en effet au cœur des événements mais ne furent pas à mon sens l’enjeu même des événements.

D’une part les catholiques ne formaient pas une communauté d’opinions : ce sont les maîtres de cette contre-révolution qui auraient aimé masquer l’enjeu global sous le seul aspect religieux. En choisissant le 10 mai pour aller devant les églises faire l’inventaire, en mobilisant les femmes, l’intention était d’alimenter la guerre religieuse : mais comment faire oublier que le président de la garde nationale était un catholique ? Pourquoi le peuple sincèrement catholique de Montauban aurait-il oublié la signification du luxe de l’évêque ?

Côté protestant les divisions ne sont pas et ne seront pas moindres. Dès le départ le protestantisme est habité par des intérêts différents entre ceux de la noblesse militaires, ceux de la bourgeoisie, ceux du peuple croyant et ceux du clergé. Mary-Lafon en fait une belle démonstration pour la ville de Montauban. Entre le patron protestant et l’ouvrier protestant les intérêts religieux ne pouvaient pas totalement supplanter les intérêts sociaux. D’ailleurs les ouvriers protestants devaient être plus rares que les paysans protestants.

 Le 10 mai émeute spontanée ou dirigée ?

L’un n’empêche pas l’autre et l’un ne peut effacer l’autre.

Pour certaines interprétations, la municipalité aurait été débordée. Il y aurait eu cette émeute, elle aurait donné les clefs des arsenaux sous la pression populaire, et elle prétend même qu’ensuite elle aurait réussi à rétablir l’ordre.

Si j’ai publié les documents de l’époque c’est pour que chacun se fasse son idée à la lecture des arguments des deux camps sans donner ma propre interprétation. Mais aujourd’hui à la lumière de mes lectures et réflexions, je n’ai aucun doute : il y a eu un complot qui, sans la réaction des Bordelais, aurait pu gagner d’autres villes afin de faire céder l’Assemblée nationale dans sa marche en avant, révolutionnaire. Le document que la municipalité publie le 11 mai vise à masquer la réalité du nouveau pouvoir en place : elle ne dit pas que Dupuy-Monbrun a été obligé de fuir ! Comment le commandant de la garde nationale peut-il fuir alors qu’en principe il dirige les forces de  l’ordre ? La municipalité parle d’une ville devenue tranquille sans dire qu’elle s’est vidée de tous les éléments révolutionnaires. La mayonnaise aurait pu ne pas prendre ou prendre un peu moins mais du début à la fin il s’en est trouvé quelques-uns à battre les œufs !

 Le 10 mai clarificateur des débats régionaux ?

La compétition constante entre Toulouse et Montauban a fait que le 10 mai la garde nationale de Toulouse s’est bien gardée de passer à l’action pour défendre le Montauban républicain. Inversement celle de Moissac a voté tout de suite le soutien à Montauban. A Castelsarrasin l’hésitation fut grande et c’est là qu’on mesure l’importance de la décision bordelaise : elle fait pencher la balance du côté des patriotes.

 Le 10 mai et Jeanbon Saint-André

Deux lettres du pasteur protestant, trouvées par Guy Astoul, montrent les violences dont sa femme a été victime. Il va alors devenir comme bien d’autres, un homme engagé dans la défense de la cause publique. Il gardera toute sa vie le souvenir de ce moment crucial et à chaque contre-révolution qu’il affrontera il aura la même explication quez pour le 10 mai : la population a été achetée, trompée et manipulée. Ce qui est vrai mais pas totalement.

 L’identité de Montauban

C’est une question qui mériterait une étude spécifique mais les quelques connaissances accumulées sur l’histoire de la ville montrent que périodiquement, au moment des crises, le royalisme prenant ensuite les formes du légitimisme relèvera la tête. Le Ralliement, journal royaliste durera en Tarn-et-Garonne jusqu’au début des années 1920 et tant qu’il vivra le célèbre historien Edouard Forestié en sera une cheville ouvrière.

 Révolution/ contre-révolution

Mon point de vue : c’est la mise en marche d’une contre-révolution qui prouve la nature même de la révolution et inversement la dite révolution, suivant les intelligences qui l’animent, va donner sa forme à la contre-révolution.

Quelqu’un propose de parler plutôt d’action et de réaction car parfois le mot de révolution n’a pas un sens très clair.

Et en effet la discussion sur le sens ne pouvait se régler à la conclusion de ce débat, mais l’exemple du 10 mai à Montauban nous rappelle concrètement qu’il y a bien révolution et qu’en face les contre-révolutionnaires ne restent pas l’arme au pied… c’est le cas de le dire. Toute tentative - au nom de la juste discussion sur le sens - de masquer l’existence même de la révolution, est une des dimensions classiques de la contre-révolution… le jour où elle finit par l’emporter. D’ailleurs l’ère des révolutions ne serait-elle pas révolue même si dans quelques pays elle fait l’actualité quotidienne ? Marx, en pensant un projet révolutionnaire, avait jugé indispensable de penser le projet contre-révolutionnaire à qui il n’était possible de s’opposer que par l’usage de la dictature du prolétariat. Mais Marx… Jean-Paul Damaggio

 

P.S. : De retour à la maison je tombe sur LCP sur une documentaire présentant l’époque de l’unité populaire au Chili… avec à la clef la contre-révolution que l’on sait. Dans le débat quelqu’un a fait observer qu’avec Cuba on a l’exemple d’une révolution sans contre-révolution. L’assassinat d’Allende visait plus que le Chili...

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 10:29

Le 17 juin 1789 : Les représentants du Tiers-Etats aux Etats Généraux, ralliés par quelques nobles et ecclésiastiques se proclament assemblée nationale constituante.

Le 14 décembre 1789 : Mise en place des communes. Chaque communauté, ville ou village, forme une commune dirigée par une municipalité élue dont le chef porte le nom de maire. L’assemblée générale des habitants est remplacée par un corps municipal composé de trois à vingt membres auquel est adjoint un certain nombre de notables également élus pour former avec lui le Conseil général de la commune dans le cas d’affaires importantes.

Les « citoyens actifs » de la commune aptes à participer aux opérations électorales sont les électeurs, âgés d'au moins 25 ans, n'étant pas domestiques et payant une contribution correspondant au minimum à un salaire de trois journées de travail. Pour être éligible aux fonctions municipales, il faut payer une contribution foncière égale à la valeur de dix journées de travail.

Le 21 février 1790 ce sont donc les premières élections de la France moderne et elles sont municipales. Une réforme était intervenue pour des élections en 1788 placées sous le contrôle du seigneur et du curé. En 1790, nous sommes donc dans un autre univers. Si pour les Etats généraux tous les habitats furent invités à se prononcer dans le cadre de leur ordre propre et avec une sous-représentation bien connue du Tiers Etat, le 21 février 1790 débute le suffrage censitaire.

Montauban s'est distingué en élisant un marquis. Est-ce que d'autres communes firent de même ? Je sais que pour les communes proches importantes comme Moissac et Castelsarrasin, les aristocrates semblent s'être distingués par leur absence mais les études sont rares (parfois faute de documents) et je ne connais aucune analyse d'ensemble. Or...

 ... L'enjeu municipal :

A partir de 1800 et jusqu'en 1882 les maires sont nommés par les autorités sauf pendant la Seconde république. La période de l'occupation sera aussi dispensée de tout vote, aux municipales comme pour les autres élections. Et la ville de Paris élira directement son maire pour la première fois en... 1977. Preuve que la nomination du maire est un point important.

Aussi on peut en arriver à ce constat : "Dès 1790, les passions et les rancunes parlaient déjà très haut au sein des assemblées populaires ; et l'on ne saurait s'étonner qu'au cours des années suivantes, lorsque les événements eurent découragé les timides et enflammé les agités, les affaires communales, soient délaissées par la masse des citoyens paisibles, et livrées aux fantaisies d'une minorité d'exaltés et d'ambitieux."

La disqualification classique des municipales, que je récuse totalement, est l'envers du décor incitant à justifier la nomination des maires par l'autorité supérieure. "Passions et rancunes" sont parfois de l'ordre du célèbre "clochemerle" mais ce ridicule là n'est que le résultat du mépris du local de diverses sommités. Généralement les enjeux ne sont pas seulement de l'ordre du sentiment...

Mais faudrait-il encore pouvoir disposer d'études sérieuses sur les élections municipales à travers les âges, pour le comprendre. Je suis preneur d'informations.

 Jean-Paul Damaggio

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 11:20

 

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Révolution/ Contre-révolution

Le cas du 10 Mai 1790 à Montauban,

Documents, Analyse

 Gamin, j’étais fasciné par une gravure souvent présente sur les livres d’histoire : la contre-révolution du 10 mai 1790 à Montauban.

En résumé : une peuple révolté s’en prend à la garde nationale de la ville et tue plusieurs hommes, puis emprisonne les survivants, au nom de valeurs comme « le catholicisme religion d’Etat » etc.

Je pensais alors que la contre-révolution était portée par les seuls aristocrates et autres groupes dominants… mais le peuple tout de même ! Par la suite, l’exemple de la Vendée a repris à plus grande échelle le cas du 10 mai montalbanais.

Un peuple manipulé ? Un peuple trompé ? Mais pourquoi était-il plus manipulé et plus trompé que le peuple qui, lui, faisait la révolution ? Parce qu’il était acheté ? Parce qu’ailleurs les classes dominantes n’osaient pas se livrer à cette opération ?

Bien sûr, c’est une part de la réalité mais une petite part…

En fait, aucun automatisme sociologique n’impose à personne sa prise de position politique. Aussi, les rapports entre révolution et contre révolution ne peuvent se réduire aux circonstances sociales.

 Bref, pour comprendre, j’ai fini par rassembler de multiples documents de l’époque venant des deux camps afin de faire revivre les fantômes du passé.

Une façon très concrète de saisir l’importance nationale du 10 mai et un moyen pour que chaque lecteur se fasse son idée.

Toute la France avait les yeux braqués sur Montauban : de l’incroyable féministe Melle de Kérilio, aux membres de l’Assemblée nationale, tous donnent leur avis. De Bordeaux à Toulouse, tous les esprits et toutes les forces se mobilisent.

Ces documents prouvent que déjà, l’information joue un rôle central pour l’orientation de l’action.

Ensuite, vous lirez une analyse sur les rapports pour moi inévitables, entre révolution et contre-révolution.

Il serait vain de croire une révolution possible sans réaction d’une contre-révolution. Est-ce à dire que toute révolution est condamnée à la violence, celle imposée par la contre-révolution ?

 P.S. : 180 pages 15 euros sortie le 1 octobre


Sommaire

 Avant-propos et chronologie des événements, page 5

1 - Les événements

Proclamation de la municipalité de Montauban, p. 8

Commentaires des élus de Bordeaux, p. 12

L’exposé sommaire fait par la municipalité, p. 19

Le cri de la vérité, en soutien à la municipalité, p. 35

2 - L’action des catholiques

Les catholiques concernant la religion, p. 50

Anonyme : à propos de l’évêque

3 - Point de vue des victimes

Le point de vue de Baillo qui est à Paris, p. 59

Le point de vue des soldats, p. 66

Adresse aux femmes de Montauban, p. 90

4 - Les suites législatives

Le 19 mai 1790, p. 98

L’Assemblée nationale de juillet 1790, p. 110

Le témoin citoyen de Nîmes, p. 115

La ville de Toulouse le 30 mai, p. 119

Adresse de la municipalité, p. 123

Suites à l’assemblée en octobre aux Jacobins, p. 133

Présentation d’une gravure, p. 134

5 - Analyse des événements p. 135

6 - Des récits d’historiens

Daniel Ligou, p. 151

Mary-Lafon, p. 153

Taine, p. 163

Jaurès, p. 167

7 - Sur les personnages

Les gardes tués, p. 173

L’évêque, p. 174

Le maire, p. 176

Le commandant de la garde nationale, p. 177

Edouard Forestié, p. 178

8 - Hors-texte

Réflexion : révolution/contre-révolution p. 179

9 - Sources

 

Gravure, p. 184

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 14:21

 

                                 couv garcia

 

A Barbastro, Aragon, un hommage est prévu à Villacampa. Tout sur le site ci-dessous :

http://www.neofato.es/arasanz2013.htm

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 16:02

                        nitrate.jpg

 Livre à paraître dans trois semaines qui raconte comment deux enfants vivent la fin de leur ville. 140 pages avec 70 photos. 15 euros. Une suite au livre sur le Chili.

Mon ami René Merle a publié sur son blog quelques éléments du folklore des Amériques et vient de recevoir un commentaire émouvant que vous pouvez y lire (les merveilles d’internet sont dans de tels messages). Ce commentaire pose la question du nom de ceux que les Québécois appellent autochtones, en observant que René a évité le mot « indien » qui matérialise un erreur de Christophe Colomb. Cette question des noms aux Amériques est un des révélateurs puissants de nos sociétés. Pas seulement par ce qu’en français on nomme des Amériques, mais par ce qu’en France et ailleurs on nomme au sujet des produits venus des Amériques.

Je m’explique : La Colombie pays de Colomb ? L’Argentine pays de l’Argent ? Pour le Pérou, c’est aussi le nom donné par les colonisateurs mais avec un terme de la région. Quant à la petite Venise, dite Venezuela…

Mais bon, il s’agit là de réalités géographiques, ce qui importe moins que les réalités humaines. Cessons donc de dire les Esquimaux pour les Inuits sauf que la dignité, si elle commence par le nom ne s’arrête pas là.

Un des Péruviens qui s’est affronté à ce problème, jusqu’à ce suicider, s’appelle José Maria Arguedas et le lire tout comme l’Equatorien Icaza reste d’actualité.

Le Nouveau Monde n’était nouveau que pour les Européens, pas pour les autochtones. Etant si nouveau, il était peuplé de « sauvages » donc ils ne pouvaient nous apporter… le maïs, la pomme de terre et j’en passe.

L’origine des céréales étant palestienne, le maïs ne pouvait venir que de cette région d’où ce nom du vieux français que l’on trouve au Québec : blé d’Inde (où on retrouve les Indes), qui en italien donne granoturco (littéralement grains turcs). Et nous pourrions jouer à cette quête des noms, pour tant de produits !

Pour moi, défendre la dignité des autochtones passe aussi par la reconnaissance de leurs talents agricoles comme ouvriers. D’où la publication du livre dont vous avez la couverture en image et sur lequel je reviendrai prochainement. Qui sait que, sans les indigènes des Amériques, nous n’aurions pas eu le développement de notre agriculture (par les produits et les engrais) et que sans eux nous n’aurions pas eu non plus les facilités apportées par le cuivre. Et là je ne parle pas des temps anciens mais bien des temps modernes.

 

Des Indigènes des Amériques s’insurgent contre les musées construits parfois à la gloire de leur passé, et qui oublient les talents de leur présent. J’ai découvert ce phénomène en décembre 1975 au Musée Anthropologique de Mexico, mais, pour mon plus grand plaisir, le Musée de Lambayeque découvert au Pérou vingt après fait le lien à merveille entre toutes les époques.

 

 

Et comment ne pas conclure par cette aberration qui elle n’est ni Italienne, ni Espagnole, qui veut qu’on appelle en français, Amérique, une petite partie du continent ! Les habitants des USA sont des Etasuniens ou des Nord-américains, mais en aucun cas des Américains sous peine de changer la nature des Brésiliens, des Chiliens et de tant d’autres qui sont aussi des Américains ! Mais là aussi le changement de vocabulaire n’est pas pour demain. JPD

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 15:20

                                       couv jaurès blog

 

La religion ? Oui ; si les clergés n’en sont pas les seuls maîtres.

L’action collective ? Oui ; si la conscience individuelle en sort plus libre.

La liberté ? Oui ; si elle favorise la justice sociale.

La classe ouvrière ? Oui ; si sa défense ne ridiculise pas les autres travailleurs.

La philosophie ? Oui ; si l’action en est la source.

L’histoire ? Oui ; si elle est l’avenir de l’homme.

L’écriture ? Oui ; si l'oralité, la voix, porte haut sa part d’idéal.

La paix ? Oui ; tant que l’adversaire n’assassine pas.

La démocratie ? Oui ; comme outil pour empêcher la guerre.

 

Les nuances selon Jaurès permettent aux coupeurs de tête d’en prendre une tranche pour se payer la tête du député tarnais.

Jaurès patriote ? Le FN s’en sert de référence.

Jaurès peuple ? Sarkozy saute dans la mémoire du barbu.

Jaurès pour la religion ? Des cléricaux espagnols s’en servent de drapeau.

Jaurès socialiste ? Des socialistes se disent alors socialistes.

Jaurès socialiste ? Des communistes s’emparent de son socialisme.

 

Les nuances selon Jaurès entraînent quelques sourires chez des apôtres de la décision. « S’il avait été ministre, il aurait perdu le sens des nuances ! »

Un ministre ça décide et la décision ça tue la nuance.

Un ministre ça réalise et réaliser c’est mieux que discuter.

Un ministre ça change le monde et les nuances ne changent rien.

 

Sa vie durant Jaurès a été un grand décideur car il n’y a pas que les ministres qui décident. D’ailleurs décident-ils vraiment ? De leur plan de carrière sans doute… Jaurès n’avait pas de plan de carrière.

 

Jaurès aurait pu être un grand philosophe, il décida d’être un homme politique.

Jaurès aurait pu perdre toutes les élections sur le secteur Castres-Mazamet. Il décida de mener bataille à Carmaux.

Jaurès aurait pu jouer à l’anguille pour se servir. Il décida de servir plutôt que de se servir.

Jaurès ne cessa jamais de décider. Pour défendre Dreyfus ou les retraites ouvrières.

Pas un de ses articles de presse, sans qu’il n’ose une proposition qui pouvait enrager quelques-uns de ses amis et en réjouir d’autres ! Chaque article était une décision !

 Je me méfie de ceux qui sous prétexte de sortir Jaurès du fétichisme commémoratif, l’enferme dans leur propre fétichisme. Jaurès est mort car la nuance ne peut pas être commercialisable. Jean-Paul Damaggio

 

 

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