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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 09:29

Slimane AzemA paraître fin septembre 2008 : Slimane Azem, Le peuple en chansons. Une brochure de 82 pages pour établir un pont entre notre société et ce chanteur kabyle. En attendant voici un écho d’un concert.

 

Slimane Azem, le peuple en chansons

 

Le lieu, un village. L’association qui organise : un certain bout du monde. Sur scène Origines Controlées. Il s’agit de chansons de l’immigration algérienne. La vedette est décédée depuis 1983 et sa tombe se trouve à une dizaine de kilomètres, à Moissac, Tarn-et-Garonne. Elle s’appelle Slimane Azem. S’il avait été là, en ce 6 juin 2008, il aurait ouvert de grands yeux. Comment un public aussi divers peut-il vibrer à sa musique, à ses mélodies ? Pourtant, cheveux blancs et noirs, peaux blondes et sombres, tout le monde danse. Sur des paroles en kabyle ! Bien sûr avec Slimane, on retrouve la grande famille des chanteurs kabyles d’Aït Menguellet à Idir en passant par l’inévitable Matoub Lounès.

La première fois que j’ai entendu parler de Aït Menguellet c’était en 1992 dans un journal algérien, sous la plume d’un journaliste qui comme beaucoup d’autres trouvera ensuite refuge en France : S.A.S. Il racontait un stade plein, 10 000 personnes pour un concert dont les recettes devaient venir en aide aux habitants pour améliorer l’accès à l’eau. Depuis, à suivre ce filon, je retrouve à chaque pas le peuple en chansons.

Mouss et Hakim, les deux chanteurs du groupe Origines Contrôlées, ne diront pas autre chose : Slimane Azem était le chanteur que leurs parents écoutaient sans cesse. Le père maçon leur avait appris un proverbe : ou tu travailles à l’école ou ça sera la pelle et la pioche pour vous ! Et finalement ils chantent le peuple debout, le peuple cultivé même s’il était illettré.

 

Slimane Azem est un homme à l’histoire tourmentée. Fils de paysans, paysan lui-même, il deviendra à un moment propriétaire d’un café à Paris où il chantera pour les siens, pour sa grande famille. Depuis longtemps, il composait, écrivait, chantait mais grâce au café (comme d’autres qui bénéficièrent du café-concert) il peut atteindre un public plus large, toujours plus large jusqu’à la scène de l’Olympia.

 

A Garganvillar le public aura droit à deux chansons de Slimane : Le bœuf et la carte de résidence. La première est une fable d’un admirateur de La Fontaine. Car ainsi vont les cultures : dans un magnifique village de Kabylie un homme à l’école coloniale s’enthousiasme pour le fabuliste français et se sert de ce savoir pour broder sur sa culture populaire qu’il transporte en France !

 

Car les deux chanteurs d’aujourd’hui le répètent partout : quand ils chantent ce répertoire ils chantent une part de la France qui n’a jamais été seulement de langue française. Et si le Kabyle s’ajoute au breton et à l’occitan (Idir a beaucoup chanté avec Alan Stivel) vive la France. Combien de fois Slimane s’est mis à écrire une chanson sur le bon mot d’un de ses amis ? Il portera toujours avec lui son Algérie qu’il chante sans cesse, mais il chante de France et la plupart des immigrés qui s’identifient à lui, qui se retrouvent en lui, sont en France et Français.

 

Et dans ce village de France où le public danse au son de l’accordéon comme au son de djerbouka c’est pas un club de tourisme qui propose un détour folklorique. C’est la vie d’aujourd’hui, la fête forte des rythmes de partout. Mouss aime le répéter : le bal musette dont Garganvillar est un haut lieu, n’est que la rencontre entre une musique populaire d’Auvergne et des accordéonistes italiens. Cette identité de la France enfermée dans un troisième âge historique est elle aussi un croisement. Ne disons pas un mélange car quand on mélange on se perd et le peuple n’a pas à se perdre. Le mélange c’est la culture coca (light ou pas) forme bien connue de cocalisation, c’est le poulet pour tous forme achevée de la gastronomie perdue. Le peuple de partout avait auparavant sa gastronomie même si comme pour le jeune Slimane elle était surtout faite seulement de figues ou d’orge. Ce concert d’un soir je vous propose de le déguster avec un texte d’un écrivain rare Areski Metref qui tient chronique dans le Soir d’Algérie (il fut à Politis pendant toute une époque) et qui publia un texte hautement beau sur Slimane Azem vu cette fois de son pays. 6 juin 2008 Jean-Paul Damaggio

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 09:37

Harari-BiroLe décès de Clément Harari

 

Clément Harari, acteur de théâtre puis de cinéma vient de décéder. Au cours de sa vie il croisa dans le Gers Max Biro et ils se racontèrent leur vie. Max décida de publier le récit de la jeunesse de l’artiste et c’est devenu, publié aux Editions la Brochure : La jeunesse de Calmoun, format A5, couverture couleur (une peinture de Max) 144 pages, 12 euros. ISBN : 978-2-917154-11-3

Nous vous offrons ici le premier chapitre de ce livre.

 

" Brahim conduisait une vieille Hillman des années 50, pas trop pourrie, poussive, un peu cabossée, rouillée, petite pour un taxi.

Il allait vers l'aéroport.

Le mois précédent, il avait trouvé un américain, l'avait transporté, 15 jours, avait rendu services, hôtel, restau, kif, putes : «une fille de la bonne société, 17 ans, pas cher»... « Un petit jeune, non ? »

Il avait payé ses retards de loyer avec le plumage du pigeon.

Brahim arrivait vers la station de taxis de l'aéroport.

Il vit, son prochain client.

«OUI BON ! Yom saïd».

 

Sur le trottoir, un homme, sa valise ouverte, laissant les chemises, une trousse de toilette se répandre dans la poussière, les papiers gras et les mégots.

L'homme avait une soixantaine d'années, pas grand, plutôt gros, rouge de teint, ce rouge des rouquins, teint immuable quand les cheveux sont devenus blancs, une petite barbiche de docteur de Western, un short.

Il était accompagné d'une femme pas très jeune non plus, habillée de clair, très hiératique, irritée de la maladresse de son mari, une femme qui avait été belle, très belle.

 

Brahim planta son taxi là, courut, prit les choses en main, aida à remplir la valise, la referma à peu près.

«Come on, taxi, not expensive, come on, come on».

La femme fit oui de la tête, l'homme reprit la direction des opérations : “Garden city !”

«Garden city OK...». Brahim ouvrit les portes, cérémonieux, rassurant, jeta les deux bagages dans le coffre.

Il allait démarrer.

Un flic l'accroche, «à la queue, tu maraudes, YA 'ars Décharge tes clients vite, vite ! »

« Va te faire enculer».

Des cris, du bruit, une bagarre, le flic s'en va.

Brahim démarre... Brahim à haute voix « Bon pigeon » et souriant, «Hôtel, Sir, GOOD HOTEL ?»

«Garden city !»

«Seventeen kilometers to Cairo Mister, Heliopolis Great circulation, modern, Egypt ! Great country ! Tomorrow, with me, look, beautiful palace !»

 

Le bruit rendait fou Harari, il avait vu le désert, il y a trente ans, ici.

Du taxi, il ne voyait pas l'Egypte de son enfance. L'Egypte n'avait récolté que des moissons de voitures rouillées, embouteillées, et un bruit de cataracte de klaxons.

Le taxi traversait Héliopolis à lentes séquences de routes et de ralentissements, d'arrêts.

Ils passèrent devant une synagogue délaissée.

Le Baron Empain avait dit :

« Je veux être enterré au Paradis terrestre ».

Ici ! Qu'est devenu le Paradis terrestre ?

«Beautiful Egypt, you understand ?»

Harari écoutait cette langue de cuisine et d'aéroport, qui envahit le monde et se limite aux échanges de touristes et aux changes occultes de dollars.

«Mon brave. Te fatigues pas en Anglais ....... Je suis né ici».

Brahim dans sa surprise freina, le conducteur qui le suivait à quinze mètres dans une guimbarde, se mit en travers pour l'éviter et injuria Brahim :

«Qu'une datte noire entre dans le cul de ta mère, la fille de chienne en chaleur, par devant et par derrière ! »

Toute l'adolescence d'Harari l'envahissait à écouter les deux conducteurs.

Les deux voitures se bloquaient côte à côte, feu rouge exceptionnellement respecté ou accident en aval.

Harari baissa la vitre : « Ne t'en fais pas c'est ma faute haak 'aleya».

«Walla» «tu es vraiment Egyptien !»

«Je m'appelle Harari, Clément Harari, ils disent en Europe, ici Calmoun, Calmoun Harari, j'étais le jeune Calmoun, comme ton père et le père de ton père et de son père, aussi loin que tu veux, en djellaba.»

Que reste t'il du petit Calmoun dans ce vieil Harari ?

Il se revoit enfant, sur le balcon de la maison de ses parents à Héliopolis, le balcon d'en face était tout proche, de la rue montait une clameur.

Il voyait comme hier, la foule, les drapeaux rouges, le fleuve à ses pieds de petit garçon de cinq ans, les grands tissus qui flottaient.

Il serrait sa petite main sur la peinture écaillée noire de la fonte ouvragée, un cri que dans un premier temps, on ne distinguait pas dans la clameur, était scandé puis psalmodié : «Saad, Saad».

Toute sa vie le sentiment de fraternité et d’exaltation monterait en lui lors des mouvements populaires, viendrait comme un écho de ce jour, première scène d'un immense opéra, il se raccrocherait, emporté par les flots, parcelle infime !

Fraternité envahissante ressentie, côte à côte, amour romantique, il le cherchera, donnant à sa raison les raisons raisonnables, nostalgie.

Sa mère, les cheveux gris tirés en chignon bien serré, robe bien coupée, moderne, occidentale ou bien jupe et corsage blanc repassé, légèrement empesé, sa mère venait le prendre par la main et le faisait rentrer, dans la grande salle à manger, fermait la fenêtre de la rue.

Elle n'aurait pas pensé révolution, elle ne savait pas ce que c'était.

C'était incongru ce ronflement de la foule, du peuple, alors elle le faisait rentrer.

 

C'était une famille ouverte, allant vers le progrès, mais elle cuisinait pour tous dans une cuisine, petit recoin, sur des réchauds à mèche, orientaux.

Cette femme, pondait tous les deux ans, régulièrement un petit Harari, heureuse pour un garçon, supportant le coup du sort pour une fille !

Comment aurait-elle pu savoir ce qu'étaient ces fleuves d’espérance et de colère se brisant sur le protectorat britannique.

Elle ne savait pas se servir de l'argent, confondait les pièces. Elle ne sortait pas.

Elle ne faisait pas le marché.

Elle vivait une vie parallèle avec les autres femmes de la famille. Elle allait au temple, le samedi, séparée des hommes.

Elle venait d'Alep, ils n'étaient que des Juifs si semblables et si différents des Arabes.

Tout petit enfant avec les Teffilims, et le Talet, toutes les fêtes, toutes, venaient, Pourim, Yom Kippour, Pessah, Souccoth.

 Sa mère l'avait mené jusqu'à la table, ses frères et sœurs tous plus vieux, six, étaient déjà assis.

Son père avait une assiette, symbolique, mais repérait un morceau, et le piquait, seigneurial, chez l'un ou chez l'autre. La mère durant le repas, servait le repas debout toujours debout, derrière son monde, attentive, invisible, présente.

La table était chargée de plats différents aux préférences de chacun, des fils d'abord, mais les filles étaient à l'assaut de leur égalité.

Youssef, appelait la bénédiction de l'Eternel sur la famille, au Shabbat, tous les jours goûtait dans le silence, un premier morceau regardant sa femme, sentencieux oracle, disait : «bien, un peu trop de sel».

Elle ? Elle avait l'impression d'avoir perdu son honneur. Il goûtait alors le riz, le riz quotidien, le Maréchal des aliments. S'il semblait être satisfait, elle retrouvait son active sérénité.

Toujours inflammable, elle se mettait à se plaindre, se lamentant, «Pourquoi es-tu mon mari ? », elle se dirigeait vers la fenêtre, menaçait de se jeter, pour mettre fin à une si terrible vie, puis dans l'indifférence générale, après une scène de vingt minutes, pleine d'imprécations, de lamentations, retournait comme si de rien n'était à ses travaux.

Lors du mariage, le beau-père n'avait-il pas dit la formule rituelle : «Prends la, elle sera esclave en ta cuisine».

 

 

La politique entrait le long de ces repas, le père au courant du moindre fait, en dissertait avec les aînés, garçons et filles, s'opposait ou approuvait les interventions de ses amis invités, mais d'une manière à la fois éloignée partiale et passionnée, ou tel un sage talmudiste serein et désincarné.

L'enfant savait qui était président du conseil en France, quel était le premier port exportateur de riz (Rangoon), ce que faisait la chambre bleue horizon, ce que fut la première révolution russe de 1905, qui était Bêla Kun, l'éphémère dictateur rouge Magyar.

Mais bientôt, la famille quitta Le Caire. "

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 09:29

Valse du hérissonLa valse du hérisson

 

Par un hasard de la vie, Démocrite fut invité à tenir chronique quotidienne sur un journal courant 2007. Il a rassemblé les textes en question, publiés par les Editions La Brochure sous le titre d’une des chroniques, celle que nous vous offrons. La Valse du hérisson, 164 pages, 15 euros, ISBN : 978-2-917154-13-7

 

 

Et voilà, c’est reparti, sur nos routes empoussiérées, se dodelinent ces petites bêtes non pas à poils ni à plumes mais à piquants que l’on nomme communément hérissons. Mâles ou femelles, petits ou grands, ces grands pourfendeurs de couleuvres, insectes et autres viscosités rampantes ont le chic et le choc pour surgir du bas-côté sous nos roues crantées.

Immanquablement le résultat ressemble à une bouillie informe d’où émerge de ci de là, un museau, une patte figée dans la mort motorisée. Je n’ai pas de tendresse particulière pour ces animaux, si ce n’est que je tente de les respecter pour leur contribution à Dame Nature et que je regrette profondément que leurs pas menus les portent systématiquement sur nos départementales asphaltées à leurs risques et périls. Le péril est bien souvent le lot de ces charmantes bestioles. Par ailleurs, je ne résiste pas au plaisir d’un audacieux parallèle entre cette existence vouée à la recherche d’insectes et à la nôtre tout aussi périlleuse quand à la somme des dangers qui nous guettent sans cesse : guerres, maladies, accidents, tromperies et autres inventions dont l’Homme a le secret. Nous passons tellement de temps à vouloir traverser la vie avec nos aveugles passions que nous avons parfois du mal à voir le transport qui nous écrasera au mitant du parcours. Notre besoin affiché de battre sans cesse des records de vitesse, de richesse, de pouvoir nous fait oublier le sens même d’une vie trop souvent ternie par les vicissitudes du quotidien.

Pareil au hérisson qui s’empresse de traverser sans se soucier du monstre métallisé qui se présente au loin, nous avons une propension extraordinaire à courir après notre perte sans jamais prendre le temps de regarder à droite, à gauche avant de nous engager. Le hérisson signe une fois sur deux sa perte ! Puissions-nous ne pas faire de même et nous préserver de toute illusion quand il s’agit de traverser le gué ! Puissions-nous montrer autre chose que nos piquants pour exister !

J’ai ramassé le cadavre du hérisson mort devant mon portail, et pour ne pas laisser au bord de la route ceux qui n’osent franchir le pas, je vous invite à construire un monde où personne ne sera écrasé, écarté, oublié en chemin. 

Cet hérisson a cessé de vivre et n’a pu se défendre malgré ses piquants et ses pattes étaient mues d’une dernière pulsion à son agonie. Gageons que les hommes et les femmes que nous côtoyons chaque jour se choisiront enfin un autre destin et qu’ils refuseront l’inéluctable pour ne pas être un jour… au bord d’une route !

Les violons jouaient un air joyeux de Johann Strauss, une valse, je crois ! Et nous nous souvenons de cette autre guerre…

Le 5 mai 2007

 

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