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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 14:49

lizama-salazar.jpg

Un souvenir m’est toujours resté. En décembre 1976 j’étais assis sur les marches d’une imposante maison dans une rue de Mexico et je regardais les gens passer. Pas très loin, des vendeurs de brochures populaires attendaient les clients. Parmi les passants certains entraient et sortaient du bâtiment devant lequel j’étais assis, ce qui fait qu’au bout d’un moment, la curiosité m’incita à faire de même. Et là, surprise, d’où le fait que la scène soit toujours présente en mon esprit. Un immense escalier conduisait au premier étage et sur les murs des peintures murales des grands peintres que je connaissais : Rivera, Orozco et Siqueiros. Là, gratuitement, au regard de tout un chacun, sans le moindre gardien à l’entrée des peintures mondialement connues étaient vivantes. Je suis ressorti et j’ai tenté de lire une inscription, tout en haut, au-dessus de l’immense entrée : Palacio de Bellas Artes.

 

En arrivant à Valladolid je n’ai donc pas été surpris de voir le palais municipal ouvert même après la fermeture des bureaux, et avec Marie-France, nous sommes entrés. De très belles photos de la ville étaient exposées dans une salle avec à côté, un patio servant de lieu de conférence et un escalier. Nous n’avons pas osé en gravir les marches mais le lendemain, en se passant à nouveau devant le bâtiment, en fin de soirée, nous avons vu des promeneurs sur la galerie du premier étage, ce qui nous incita à gravir les marches de l’escalier vu la veille. Là haut, surprise : une belle vue sur la place, une belle galerie au-dessus des arcades, et quatre immenses peintures murales. Rien n’indiquait leur présence.

Le peintre, un natif de Mérida, Manuel Lizama Salazar, formé à l’école des Beaux Arts de Mérida, est aujourd’hui retraité. Il s’agit donc de peintures contemporaines commandées par la municipalité pour illustrer l’histoire de la ville. Voici quelques mois, le peintre a d’ailleurs entrepris une petite rénovation pour redonner du lustre à l’œuvre à l’approche des festivités de la fin 2010 : enlever les toiles d’araignées, mettre du vernis, réparer quelques couleurs dégradées.

Quatre immenses tableaux s’offrent au regard. Le premier fait allusion à la prédiction des mayas quant à l’arrivée par la mer d’êtres nouveaux et il s’appelle la Prophétie. Deuxième étape de l’histoire : la Conquista et la fondation de Valladolid. Ensuite c’est l’étape de la révolte indienne connue sous le nom de « guerre des castes » et qui commença en 1847. Pour le peintre c’est El Procurador de Indios où on découvre la torture subie par les mayas et leur rébellion. Et enfin l’heure de la révolution sociale avec les révoltés de la ville qui, juste avant les événements nationaux de 1910, prirent les armes et furent fusillés. La peinture est d’un grand réalisme avec les allégories habituelles, et elle impressionne par la taille.

Le peintre continue de travailler. Il a 68 ans et se consacre plus que jamais à la peinture après avoir été professeur d’arts plastiques. Il innove autant qu’il reprend les techniques passées et dans sa ville il anime une expo annuelle au Centre Culturel José Marti situé dans le Parc des Amériques c’est-à-dire loin du centre, un bâtiment qu’en conséquence nous n’avons fait qu’entrevoir en y passant en bus. Avec d’autres (cette année ils sont 13 peintres) il donne à voir la création dans le Yucatan. Les deux autres à être connus sont Rafael Pinto Aranda et Fernando Palma Burgos. Lizama a exposé beaucoup au Mexique et aussi un peu à l’étranger (jusqu’à Gijon en Espagne). Il est heureux d’avoir choisi ce métier et est déterminé à poursuivre ses recherches.

 

Nous avons découvert d’autres peintres dans des conditions équivalentes, c’est-à-dire en des lieux gratuits comme des maisons de la culture ou des théâtres. La plus spectaculaire a été celle de Rufino Tamayo à Mérida, un des artistes mexicains les plus marquants des dernières années http://es.wikipedia.org/wiki/Rufino_Tamayo (voir le troubadour ci-dessous)

et dans la même ville l’œuvre, très moderne, d’une hollandaise à qui il avait été demandé d’articuler le passé maya et le présent du Mexique. Utilisant tous les outils de l’informatique, de la photo, son résultat m’est apparu à la fois dérisoire et marquant. Dérisoire car les collages, les compositions étaient trop faciles mais marquant parce l’ensemble provoque émotions et réflexions (voir ci-dessous). 3-12-2010 JPD

 

peinture-d-une-hollandaise.jpg

 

Tamayo-le-troubadour.jpg

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 19:03

cerf-volant.jpg

Dans notre chambre d’hôtel à Valladolid il y avait un tableau représentant d’une modeste maison maya de la campagne, avec à côté un enfant jouant au cerf-volant, un témoignage d’un ancrage de cette pratique dans l’histoire locale.

Gamin, j’ai d’abord était surpris par ce terme : un cerf-volant car quel rapport établir entre le cerf et le cerf-volant, et surtout je n’ai jamais réussi à en faire voler aucun. Dans son dictionnaire Alain Rey explique que l’origine du mot (1669) est obscure et qu’elle pourrait venir de serpent-volant à cause des légendes où serpents et dragons volaient dans le ciel.

Au Yucatan la passion pour ce jeu a conduit à lui donner une multitude de noms :  papagayo (perroquet), papalote, cometa (nom plus fréquent en Espagne), estrella (étoile), cubo (cube), cubanos (cubains), et le plus surprenant chinitos de papel qui signifient « chinois en papier ». Je dis le plus surprenant car en effet les chinois sont grands admirateurs de ce jeu et qu’on se demande parfois si les mayas ne venaient pas de Chine.

La ville de Valladolid a des terrains de sports où les jeunes peuvent s’amuser à ce jeu mais aussi une place assez grande, sans voitures, devant un des couvents les plus anciens du Mexique, où nous avons pu observer tous les détails de l’exercice auquel des enfants se livraient. Le lâcher dans le ciel est nettement plus simple que de le ramener, car là, il y faut de la méthode si on veut garder la très longue ficelle bien enroulée. J’ai du mal à évaluer la hauteur que peuvent atteindre de tels cerfs-volants mais franchement c’est très haut. Sur nos plages, on remplace la faible hauteur par des systèmes plus sophistiquées permettant de jouer sur les déplacements du cerf-volant. Je serais curieux de voir la réaction d’un enfant de Tetiz devant nos pratiques.

J’écris Tetiz car, dans cette ville proche de Valladolid, ils organisent chaque année une grande foire où les enfants viennent confronter leur talent quant à la réalisation du cerf-volant (nous n’en avons jamais vu en vente) et quant à son usage.

Tout commence par l’armature qui décide de la taille. Ils peuvent avoir entre un et deux mètres de haut. Il suffit d’utiliser des barres d’aluminium de récupération ou des tiges d’une plante qu’ils appellent nieve (neige).

Pour le cerf-volant lui-même il peut être garni avec du papier ou avec du plastique, le papier étant plus fragile mais plus facile à peindre. Il faut ensuite le doter d’une queue multicolore.

Le jeu étant de l’ordre du social, chaque enfant trouve facilement quelqu’un pour l’aider dans son action et ainsi autour du cerf-volant nous avons une fête familiale. Avec les parents qui regardent les yeux chargés de nostalgie et les enfants qui jouent avec le vent.

2-12-2010 Jean-Paul Damaggio

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:22

La situation mexicaine est très étrange en matière de religion puisqu’elle se caractérise par trois phénomènes : des autorités politiques qui imposèrent à partir de 1857 une forme de laïcité qui se renforcera au fil des ans (jusqu’à devenir une des références des inventeurs de la loi de 1905 en France) ; des autorités religieuses catholiques qui continuent leur combat traditionnel malgré tout (avec la référence à la virgen de los remedios) ; le peuple qui dans ce bras fer a créé et crée sa propre religion (avec la virgen de guadalupe). Comme toute la réalité mexicaine aujourd’hui en révolution, ces phénomènes sont tous en forte transformation. Depuis l’an 2000 le nouveau pouvoir est beaucoup plus favorable à l’église catholique ; les églises évangéliques entre autres sont en plein développement ; les drames quotidiens relancent la religiosité populaire.

L’Eglise officielle

Elle affiche clairement sa position par des affiches apposées sur les églises : non à l’avortement. (pour le moment le droit à l’IVG a été décidé par la gauche dans le District fédéral). Elle s’appuie sur des fidèles toujours actifs, toujours présents. Elle se permet de plus en plus d’intervenir dans la vie politique. Sur la question des narcos, question cruciale, le 7 novembre 2010, le vice-président de la Conférence épiscopale mexicaine a demandé aux politiques, à la fin d’une messe, d’empêcher que le pays ne tombe dans l’enfer enfer. « Nous demandons à nos représentants, à nos autorités, qu’elles s’unissent pour que rapidement il y ait plus de justice et qu’on arrête cette infâme vague de violence. »

Hier le même homme n’aurait pas osé s’adresser aussi directement à la classe politique car il sort là de sa fonction.

La laïcité en recul

Ce recul est général. Alors que les cimetières ont été laïcisés dès 1857 il n’est pas rare de lire dans la presse la dénomination camposanto à la place de celle de pantéon ou cementerio. L’enseignement religieux gagne des galons au fur et à mesure que l’enseignement public se dégrade. Et par la compagne de l’actuel président de la république, membre d’un groupe catholique actif, l’Etat semble développer une complicité nouvelle avec les autorités. Cependant, pendant la fête nationale nous n’avons vu aucune intervention de l’église dans les défilés ou autres manifestations. Dans bien d’autres pays d’Amérique latine les évêques auraient bénis et conduits les cortèges.

La religion populaire

Les interférences entre les rites mayas et les rites catholiques sont connus et persistent. La laïcité n’a en rien fait reculer cette religiosité inventive, originale et constante. Aujourd’hui, avec les rites évangélistes des métissages nouveaux se produisent comme nous l’avons découvert à Tulum avec des jeunes adaptes d’un rap religieux. On peut même éventuellement imaginer que les autorités religieuses faute d’un appui de l’Etat, nepuissent contrôler la base, les communautés ayant d’autant plus de marge de manœuvre. A l’heure actuelle les institutions épiscopales catholiques ne contrôlent qu’une faible partie des églises catholiques d’où la possibilité laissée aux mafias d’agir aussi sur ce point.

Parmi les exemples de religiosité peu orthodoxe en voici un exemple.

A côté de Valladolid qui n’est pas une grande ville, il y a Izamal plus petit, et plus petit encore Sitilpech où pendant 18 jours eurent lieu, comme à Izamal, des festivités autour du Santo Cristo Negro, un Christ noir ! Pour la clôture de la cérémonie, il y avait 4000 personnes et la statue d’un Christ en effet tout noir a été ramené dans son sanctuaire. La procession dura une heure et demie pour faire cinq kilomètres. Il y avait les mariachis (musiciens) et autres réjouissances pour honorer ce Christ en croix qui entra dans son sanctuaire aux côtés de la Vierge. JPD

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 20:48

 Des images d’une guerre de rue brésilienne (11 000 militaires contre les narcos) viennent de nous sortir des discours soporifiques sur les succès de Lula, à partir du moment où chacun comprend que le problème n’est pas là soudainement mais au cœur du pays. Il ne prend cette ampleur visible que pour une raison circonstancielle : dans la ville en question le sport doit être prochainement roi. L’intervention de l’armée a une fonction : dire aux narcos que, vu le nombre de villes brésiliennes, ils peuvent aller faire leurs affaires loin de Rio. Les narcos mexicains eux, n’ont plus d’ordre à recevoir, ils les donnent !

L’effet immigration : un piège sans fin ?

L’histoire mexicaine est fortement liée à l’histoire des USA, pays qui, au cours d’une grande guerre de conquête, priva le Mexique d’une grande part de lui-même. Aujourd’hui, il s’agit d’immigration mexicaine vers les USA, suivant la formule dite « gagnant-gagnant » : la main d’œuvre mexicaine volant au secours de l’économie des USA, et les immigrés renvoyant au pays d’origine une part importante de leurs gains. Malheureusement, en peu de temps, ce système qui a fonctionné en partie, a changé du tout au tout. En 2006, la conjoncture a presque résolu positivement le problème visant la légalisation de dix millions de latinos aux USA. De John Mac Cain le Républicain à Ted Kennedy le Démocrate, un courant politique a failli obtenir du Congrès le vote décisif mais au dernier moment, des démocrates et républicains conservateurs ont empêché toute légalisation ! Depuis, le système est devenu « perdant-perdant » : côté USA, Obama qui avait promis la dite légalisation, tente avant janvier, d’obtenir seulement une mini loi concernant les enfants nés aux USA, dans un contexte où la crise sert d’atouts aux xénophobes en tous genres, et côté mexicain, le président peut crier au scandale concernant la situation chez les gringos, il ne considère pas mieux les étrangers vivant au Mexique, que ne le font les autorités US dans leur pays !

Ce froid énorme entre les autorités des deux pays est doublé d’un autre problème, celui de l’évolution du pouvoir des Narcos.

Le pouvoir narco : une insurrection ?

Si en Colombie, et à un moindre degré au Brésil, la violence des narcos est de l’ordre du banal, au Mexique le phénomène est à la fois plus nouveau et plus radical, ce qui provoque une véritable guerre à la frontière des USA. Pendant mon séjour au Mexique Hillary Clinton a cru bon, au grande désespoir des forces de la gauche mexicaine, de désigner à deux reprises les narcos comme des insurgés. John Reed auteur du célèbre, Mexico Insurgés, a dû se retourner dans tombe !

Après avoir donné un coup de pouce aux terroristes désignés ensuite comme le diable, voilà que les USA donnent un coup de pouce aux narcos qui aiment en effet se présenter comme des insurgés ! Ils seraient la nouvelle révolution mexicaine ! Vu qu’avec les islamistes, leurs discours « révolutionnaires » font parfois le bonheur d’éléments de la gauche française, j’attends avec impatience qu’elle diffuse les corridos mexicains à la gloire de tel ou tel cartel !

A vivre au rythme du pays, on a la sensation que la question « narcos » est devenue une obsession totalement justifiée. Pour un séjour mexicain se déroulant dans le Yucatan, zone toujours tranquille, il s’agit d’une vision de loin mais une vision qui permet de discerner les divers éléments :

- double domination (ou même esclavagisation) sur les habitants du lieu par la généralisation de la consommation de drogue et par la terreur.

- double domination sur les autorités par l’argent et le crime.

- mise en place d’une spirale de la répression qui fait que des éléments de l’armée et de la police en arrivent aux méthodes de l’adversaire.

- marginalisation totale de toute revendication pacifique, politique et sociale.

Les chefs narcos deviennent des héros par la construction d’une hégémonie centrée sur l’accès à « l’argent facile » qui se symbolise par la formule consacrée : « il vaut mieux vivre pleinement jusqu’à 20 ans que vivre malheureusement jusqu’à 80 ans ».

Le pouvoir narco devient un cancer social au premier sens du terme. Il ne s’agit plus de truands sanguinaires cantonnés dans un secteur social mais de héros qui osent s’élever contre la légalisation de l’exploitation des pauvres. Ils distribuent donc leur argent pour construire des gymnases, des églises, des œuvres qui sont ensuite à leur dévotion et sous leur contrôle. Des insurgés donc ? Absolument pas quand on note que leur premier adversaire n’est ni le système capitaliste, ni l’Etat de droit mais… le journaliste libre. A Ciudad Juarez (là où la Révolution de 1911 commença) sur le journal local un éditorialiste lança sous forme provocatrice la question : mais que faut-il faire pour plaire aux narcos ? Un journaliste y a été assassiné uniquement parce que chaque jour, il comptait les morts ! Pourquoi cette haine envers la liberté de la presse ?

Les narcos comme forme nouvelle de la contre-révolution !

Cynthia Rodriguez, journaliste mexicaine de Proceso, est allé travailler en Italie pour mieux comprendre la mafia de chez elle. En y arrivant, elle a eu aussitôt la confirmation d’importants liens entre les cartels mexicains et la « N’drangheta », une organisation beaucoup moins connue que « Cosa Nostra » ou « La Camora ». Cynthia Rodriguez a enquêté et découvert que la mafia de Calabre est un type spécifique de criminalité à laquelle l’anti mafia répond par des moyens spécifiques. Là-bas pas l’ombre d’un repenti.

Cette expérience unique, la journaliste en a fait un livre. Face à l’internationalisation des mafias, la riposte a besoin d’être internationale. Malheureusement, malgré des personnes courageuses, dans la presse, la police, la justice, le mal avance à grande vitesse. Tous les jours, la presse mexicaine raconte l’invraisemblable, tous les jours la répression se fait plus féroce, tous les jours l’impasse semble au bout du tunnel. Que disent devant les caméras de télévision des croyants qui sortent d’une église ouvertement payée par la mafia, le portrait du chef étant incrusté en bonne place à l’entrée ? Que des dons de ce genre, ils en veulent beaucoup car peu importe d’où vient l’argent, pourvu que chacun puisse prier dans de bonnes conditions !

Hugo Chavez, en ce mois de novembre, vient lui aussi de mesurer le danger qui monte : il a accepté d’extrader vers les USA un narco  prisonnier au Venezuela, et mieux encore, il a accepté de signer un accord de coopération avec « l’infâme voisin colombien » sur ce sujet. Je vais revenir plus loin sur la signification de telles décisions.

Les révolutions du nouveau millénaire

Tout le monde connaît la question de Louis XVI en 1789 : « Une révolte ou une révolution ? » La révolte était liée au peuple en action, tandis que la révolution, sur le modèle anglais de 1689, était un retour au point de départ, en fait une réaction, en l’occurrence d’une partie de l’aristocratie contre le pouvoir royal, celle qui avait obtenue la convocation des Etats Généraux.

Très vite la Révolution française a transformé la dispersion des révoltes, en l’organisation d’une profonde mutation, non pour en revenir au point de départ mais pour aller vers un autre destin. Cette révolution a marqué toute l’histoire des deux siècles suivants. Encore en 1951 en Iran Mossadegh tenta une révolution de ce genre bloquée par les USA. Nous aurons la suivante en 1979 et c’est peut-être là le tournant des révolutions du nouveau millénaire. En 1979, une authentique révolution entraîna tout le pays dans la tourmente mais très vite, par la guerre que les USA appuyèrent en aidant l’Irak, les éléments réactionnaires éliminèrent les démocrates (par l’appel à l’union sacrée). En 1989, la chute du monde soviétique ajouta à la tendance, non que ce monde ait eu encore des allures de pays révolutionnaires, mais il constituait un souvenir (et un point de blocage). Au même moment, l’Algérie, pays phare des non-alignés, tombait entre les mains d’une violence qui allait prendre une tournure dramatique non seulement pour le pays, mais pour tout le monde car elle osa l’impossible qui se banalisa ici ou là. Les révolutions du nouveau millénaire, qu’on le veuille ou non, nous ramène au premier sens du mot révolution : le retour à la case départ, le retour à l’infamie assumée par des religions, des seigneurs, des féodaux et par les mêmes rassemblés parfois sous un seul visage.

Au Mexique le phénomène « narcos » entraîne des débats liés à ces phénomènes :

- faut-il minimiser la question pour ne pas donner une assise médiatique à des truands aux agissements sans nom ?

- faut-il dramatiser le problème pour inciter toute la société à réagir afin de le tuer dans l’œuf ?

- faut-il d’abord analyser le phénomène avant de s’engager dans des réactions à contre-sens ?

La spécificité des narcos mexicains est aujourd’hui claire : ils veulent prendre le pouvoir ! Et les USA pensent qu’il est intelligent de réagir en dénonçant « l’insurrection des narcos » ! Non, il ne s’agit pas d’insurgés mais d’exploiteurs plus déterminés que jamais, du travail du peuple.

Quelle réaction possible ?

Que faire pour arrêter la révolution en cours ?

Hugo Chavez martela pendant plus d’une décennie que la solution était simple : améliorer le sort du peuple et les narcos s’évaporeraient comme s’évapore l’eau sous l’effet de la chaleur. Il a incontestablement amélioré le sort du peuple mais il a fini par se rendre à l’évidence, la violence et l’insécurité ne baissent pas. Au Venezuela, le sport favori c’est l’enlèvement contre rançon. Ce qui me fait penser à ce mafieux mexicain qui n’enlevait que des chefs narcos pour demander une rançon (il les savait solvables) et qui, la rançon touchée, exécutait ses prisonniers ! L’armée a fini par l’abattre. Bref, qu’il faille des mesures sociales c’est nécessaire mais pas suffisant ! Chavez veut donc doubler à présent mesures sociales et mesures de répression contre les truands. Les victimes de l’insécurité sont dans le peuple, les riches ayant des moyens considérables pour se protéger, et si leur système est pris en défaut, ils peuvent le reconstruire.

Au Mexique, Les zapatistes du sous-commandant Marcos n’ont pas disparu. Ils continuent d’œuvrer avec « l’autre campagne » pour dénoncer « la violence et la militarisation ». Aussitôt cette question est posée ici comme ailleurs : les méthodes répréhensibles de l’armée peuvent-elles être mises sur le même plan que celles de la mafia ? Les zapatistes ont surtout l’armée et l’Etat contre eux, et ils vont être tentés de dénoncer plus facilement de telles institutions que l’action des narcos, conçue finalement comme le résultat des tristes politiques des autorités. Or, les narcos prennent pas à pas le pouvoir politique dans le cadre d’un capitalisme féodal qui révolutionne le système en place. Et paradoxe des paradoxes, c’est avec l’apparition du pluralisme politique en l’an 2000 que ce phénomène a pu se développer. Auparavant les clans réglaient leur compte au sein même du PRI. Avec le nouveau contexte, le pluralisme permet de choisir entre la peste et le choléra ! Nous sommes politiquement dans le même cas que la sortie du FLN algérien. L’appel mythique aux élections pluralistes a conduit à l’explosion d’un système à bout de souffle.

La révolution des narcos est une révolution plus consistante que la « révolution conservatrice » car elle touche à l’ensemble du tissu social. Quand des enfants de 5 ans commencent à se droguer sans pouvoir ensuite trouver le moindre centre de soins, la plupart étant sous contrôle des narcos qui veulent empêcher toute dénonciation éventuelle, que faire ? En adaptant les règles économiques, les néo-libéraux ont changé les mentalités. Par le même processus, les mafieux changent plus que les mentalités, ils éliment les rapports familiaux, les rapports religieux, les rapports entre les sexes. Des féministes tendent à minimiser le phénomène narco, car il masquerait les dénonciations de ces dix ans : le féménicide. Mais que dire de l’infanticide et de tous les autres meurtres ? En quatre ans 27 000 enfants assassinés !

Le grand « marché » de l’immigration clandestine est en passe de tomber dans l’escarcelle des narcos ce qui fait qu’à chaque moment de la vie, soit il faut pactiser soit il faut disparaître. Les narcos font payer leur protection, exécute leur justice et élimine tout désir d’éducation. Le savoir est au bout du fusil !

Ces quelques notes ne proviennent pas d’un mauvais voyage réalisé dans ce pays, au contraire le séjour dans le Yucatan a permis de rencontrer une société tranquille, généreuse, et si accueillante ! Mais tous savent dans la région qu’il s’agit d’un équilibre très fragile. Pendant notre séjour, une explosion s’est produite dans une zone que nous avons fuie, la Riviera Maya, où dans une petite partie d’un hôtel de Playa del Carmen sept morts dont six touristes canadiens sont venus ternir l’image pacifique des lieux. En fait, un simple accident provoqué par des malfaçons validées sans doute par des pots de vin. Tous les habitants savent que le cancer narco peut venir par Cancun. S’il y a une moindre chute du tourisme qui est la base économique de la vie locale, alors tout peut se mettre à trembler, dans la péninsule aussi.

L’action de AMLO

En l’an 2000 une part de la gauche aida la droite (Fox) pour se défaire enfin de l’ennemi majeur le PRI, en pensant qu’ensuite, elle aurait son heure. A ce moment-là, le PAN qui n’avait pas été au pouvoir, semblait blanc comme neige, et décidé à ne pas reproduire les maux qui avaient été dénoncés. Très vite les éléments de gauche comprirent qu’ils avaient perdu le choléra pour gagner la peste, si bien qu’en 2006 le même PAN a pu bourrer les urnes pour s’assurer une victoire sur le fil (Calderon : un président ne peut se représenter). L’adversaire de gauche, un homme du sud (le Tabasco) qui avait dirigé le district fédéral et obtenu le soutien de son parti le PRD, a donc été battu. Andres Manuel Lopez Obrador continue courageusement une action sur trois bases :

- dénonciation féroce de la mafia du pouvoir

- reconstruction par une nouvelle organisation du peuple

- programme clairement populaire, social qu’il s’engage à respecter.

Il rassemble des foules, il a des relais dans la société mais son courage peut-il suffire ? Sa position est nettement moins forte qu’en 2005 alors qu’inversement, les mafias ont marqué des points. Il dénonce avec vigueur l’horreur narco, mais peut-il aller s’exprimer à Ciudad Juarez ? Dans cette ville, les Zapatistes, fin octobre, ont tenu un rassemblement contre la violence et la militarisation. Des actions qui malheureuse-ment ne peuvent viser que le long terme quand des millions d’habitants sont sous le coup de l’urgence. Qu’est ce que je fais demain matin ? Je paie ma cotisation aux mafieux ou je disparais ? En cinq ans ils sont 200 000 à avoir quitté Ciudad Juarez.

Même sans le dire, la tradition d’un militant de gauche, c’est d’analyser un problème… en fonction de la solution qu’il a sous le coude (les monopoles détiennent tout… je nationalise les monopoles) or là, je l’avoue la situation me paraît sans solution. Si nous voulons réagir, impossible d’arrêter l’analyse en cours de route. Au Mexique le cactus est une plante visible sur le drapeau. Il va falloir se piquer pour être à la hauteur des enjeux nouveaux que le monde actuel impose aux espoirs de justice sociale, démocratie, liberté et laïcité qui restent tout autant chevillés à mes convictions, même si le chemin pour les atteindre me paraît au mieux masqué par la jungle. 28-11-2010 Jean-Paul Damaggio

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 20:44

La péninsule du Yucatan est une zone à part dans l’histoire du Mexique, de part son éloignement géographique, de Mexico la capitale, et de la frontière des USA. Cependant, par la mer et aujourd’hui l’avion, les USA y jouèrent un rôle important. Terre des mayas, elle se divise en trois Etats, celui du Quintana Roo du nom d’un célèbre révolutionnaire avec Cancun en référence, celui de Campeche du nom du port de Campeche (la joie des pirates autrefois) et celui du Yucatan lui-même avec Mérida comme capitale, ce dernier Etat jouant le rôle de moteur de la région. L’histoire moderne du Yucatan tient en mot, le nom d’un petit port qu’on devine sur la droite du morceau de carte : Sisal.

La fibre de henequen est devenue surtout pendant la première guerre mondiale la source d’un développement considérable transitant par le port de sisal et prenant ainsi son nom.

A cette histoire est liée l’histoire d’un révolutionnaire totalement différent des grands noms de l’histoire nationale : Felipe Carrilo Puerto.

Une histoire effacée ?

Sauf à croire au père noël, même si le sisal tout comme le maïs sont des produits résiduels du Yucatan actuel, l’histoire qui fut générée continue dans les bas-fonds de la société. J’insiste, même si les hamacs à 500 euros et en nylon concurrencent les hamacs en sisal à 2500 euros, le passé ne tombe pas des oubliettes.

Au début de 1900, le Yucatan est divisé en trois zones agricoles : celle des grandes plantations de henequen pour permettre une exportation avantageuse avec une population de serfs ; celle des terres à maïs entre les mains de mayas qui défendent depuis des décennies, les armes à la main quand c’est nécessaire, leur forme d’existence ; celle des terres d’élevage. Le henequen c’était 75% de la population et 75% des terres cultivées sans qu’en aucun cas on ne trouve des propriétés de centaines de milliers d’hectares comme dans le Nord du Mexique.

Toute réforme agraire ne pouvait s’appliquer de la même façon suivant les situations et suivant le moment historique.

La première guerre mondiale

La révolution mexicaine croise la première guerre mondial or cette guerre va permettre un développement considérable du henequen. En 1912 l’objectif du gouvernement de Mexico est incertain : une réforme agraire par création de la petite propriété, ou par maintien des grands domaines mis collectivement entre les mains des paysans ? Ce dilemme ne sera pas propre au Mexique, et la façon de le résoudre sera toujours révélatrice du type de révolution envisagée.

A Mérida vont s’affronter deux stratégies : celle de Mexico (on divise les propriétés) et celle du parti dominant au Yucatan conduit par une figure historique Felipe Carrillo Puerto (on tient compte des trois cas de figure).

Avec la première guerre mondiale, le prix du sisal augmente fortement et permet aux grands propriétaires de donner plus à leurs serfs, laissant entendre qu’il n’était pas utile de leur appliquer la réforme agraire.

Carranza au pouvoir à Mexico hésite : en 1915, il veut surtout remplir les caisses de l’Etat et en conséquence il suffit de contrôler l’achat et la vente de fibre pour s’assurer des rentrées financières d’autant plus avantageuses que le commerce se développe.

Mais en 1919, les USA vont acheter de plus en plus leur fibre au Kenya, en Tanzanie, des propriétés sont abandonnées et elles pourraient être partagées au bénéfice de paysans pauvres. Sur 360 000 hectares cultivées en 1915, un tiers sont abandonnées en 1920. En fait rien n’est fait ou très peu car il faudrait aussi aider financièrement les futurs propriétaires et l’Etat n’en a pas les moyens.

Bref, d’hésitations en changement de conjoncture, ce n’est pas là que pouvait naître une petite paysannerie indépendante. Quelques péons seront cependant libérés (auparavant leurs dettes envers leur patron les empêchaient de partir) et créeront une classe d’ouvriers agricoles.

Du côté du maïs, il existe surtout des terres communales gérées à partir des anciennes traditions indiennes sous le contrôle de caciques. Partager ces terres, ce n’est plus affronter un propriétaire presque capitaliste, mais un cacique qui avec sa communauté défend depuis longtemps son mode de production.

L’arrivée de Felipe Carrillo Puerto

Il dirige un parti politique propre au Yucatan le Parti Socialiste du Sud-Est (PSSE). Il est élu gouverneur en 1920 sous la présidence d’Obregon avec qui il partage le désir de créer l’indépendance économique de l’Indien. Il octroie aussi le droit de vote aux femmes. Il met au point une réforme agraire diversifiée.

1 ) Expropriation graduelle et sans indemnité des plantations de sisal

2 ) Pour les villages, il privilégie la propriété communautaire et l’exploitation collective

3 ) Un petite propriété pourra naître en marge de ces deux situations.

Maintenant vous savez par qui il va être assassiné !

Le président Obregon a été mis au pied du mur par les USA : pour obtenir leur reconnaissance diplomatique et leur aide financière plus question de créer des soucis aux grands propriétaires et ceux du sisal, qui, même en moindre quantité fournissent les USA, sont bien placés pour faire suivre leurs plaintes.

Dans la réalité Carrillo Puerto sera obligé de transiger. Comme par des lois l’Etat acquiert le contrôle du commerce du sisal, il vérifie que c’est un bon moyen pour remplir les caisses des par des taxes que les plus grosses propriétés peuvent payer mieux que les petites, taxes qui ensuite vont servir à aider les autres paysans, et à créer la fonction publique d’Etat. Par exemple, il a le souci d’aider la culture et l’éducation.

Il commence sa réforme en 1923 en cherchant à distribuer 400 000 hectares à 23 000 paysans des villages. Les difficultés vont apparaître et il ne pourra distribuer que 100 000 hectares. Mais même dans ce cas, les bénéficiaires demandent des armes pour se défendre et il ne peut en donner ! Les coup bas vont pleuvoir, les grands propriétaires vont attiser les divergences d’intérêts et en le 21 décembre 1923 le gouverneur est arrêté par les hommes des grands propriétaires, puis passé par les armes les jours suivants.

Une mémoire toujours présente

Parmi les petits livres diffusés aujourd’hui par le gouvernement du Yucatan, l’un est en hommage à Felipe Carrillo Puerto présenté comme le plus révolutionnaire des gouverneurs de la région. Ce livre est trilingue : espagnol, français et maya.

Par des contes, il permet de saisir l’histoire du premier dirigeant socialiste d’Amérique latine, une histoire qui ne peut pas être sans conséquence y compris aujourd’hui car il ne s’agit pas seulement d’un homme mais d’un symbole.

En 1923 il déclarait devant les ruines de Chichen Itza :

« Je suis arrivé aux ruines en pleurant…, j’ai senti mon âme pleine d’amertume - je me suis demandé jusqu’à quand ces œuvres seraient ignorées ; personne n’a rien fait pour que le nom des mayas resurgisse… le cœur de l’homme doit l’amener à accomplir de grandes choses ; sans ce cœur nous ne pouvons pas ressentir ce que l’on fait pour que des choses plus belles et plus grandes se passent et qu’elles soient faites avec amour. Le moment arrivera où en un seul jour, le silence de sept ans sera rompu. »

Chichen Itza est aujourd’hui classé parmi les dix merveilles du monde mais les Mayas vivants sont encore loin d’avoir pu gravir les marches de la dignité.

29-11-2010 Jean-Paul Damaggio

 

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 21:14

La Jornada du 25-11-2010. Sur le journal : L'ONU réussit à frêner le Sida, et le lecteur se demande : Voyons quand nous réussirons à nous débarrasser de l'autre PAN démie. (PAN c'est le parti au pouvoir) Avec en toile de fond le portrait de deux anciens présidents et le constat : Dix ans au pouvoir.

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 18:08

Ayant participé en 1976 au Bicentenaire de la Révolution américaine, ce qui m’incita à préparer activement le Bicentenaire de 1989 en France, je ne pouvais rater le double anniversaire mexicain.

Qu’est-ce qu’une révolution ?

Le Mexique vient de célébrer, avec en point d’orgue la fête nationale du 20 novembre, un double anniversaire ainsi formulé : bicentenaire de la guerre d’indépendance et centenaire de la révolution mexicaine. D’un voyage dans ce pays, je ramène la même question qu’en 1976 et 1989 : qu’est-ce qu’une révolution ? En 1810 débute, comme en 1776 en Amérique du Nord, une guerre entre le pouvoir colonial et les bourgeoisies locales. Sauf qu’au Mexique l’originalité est connue : le point de départ est un soulèvement autant du peuple que des élites, soulèvement qui faisait suite à diverses révoltes indigènes. Le Bicentenaire 1810-2010 inaugure donc une suite de Bicentenaires qui vont traverser l’Amérique latine avec en 2012 au Venezuela (date de l’élection présidentielle) un nouveau monument qui sera sans doute élevé à la gloire de Bolivar. Pour l’Indépendance mexicaine, pas un nom ne sort du nombre ! Inversement, pour la Révolution de 1910, avec Madero, Zapata, Villa, la liste des personnages dont les portraits ornent aujourd’hui les façades des édifices publics est longue. Ceci étant, des historiens ont contesté radicalement le fait que 1910 ait été une Révolution, la date du 20 novembre en guise du 14 juillet, étant en effet très ridicule. Ce qui apparaît avec plus de certitudes que jamais, c’est qu’une révolution est beaucoup plus un processus qu’une date, un processus qui dura longtemps au Mexique (20 ans), un processus qui n’est pas seulement la lutte entre exploiteurs et exploités, mais qui entraîne toute la diversité populaire dans l’action.

En définissant une révolution comme un processus, non seulement on évite de braquer le projecteur sur la date « fondatrice » mais aussi sur le résultat final toujours jugé par certains comme inexistant. La France de 1801 aurait changé un roi pour un empereur donc la révolution n’aurait pas eu lieu ! La Révolution de 1810 aurait changé le pouvoir du roi d’Espagne par celui des « roitelets » locaux donc elle n’aurait pas eu lieu. Sauf que dans les deux cas, les répercussions furent mondiales ! La parenté entre la Révolution française et celle du Mexique sont d’ailleurs très claires.

 

La révolution est nationale, sociale, laïque et démocratique

Le Mexique de 2010 est dirigé par un pouvoir de droite ce qui fait que les célébrations ont pris une tournure non moins massive que dans la France de 1989, mais plus surprenante.

La surprise tient au fait qu’auparavant le pays a été dirigé par un parti unique, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) qui, comme tous les partis uniques (je pense au FLN algérien par exemple) avait fait de l’histoire l’instrument de sa propre légende. Cette fois, les statues sont descendues de leur piédestal, en conséquence certains ont distingué les célébrations de la révolution, des célébrations de la « révolution sociale ». Le pouvoir de droite a pu célébrer aussi bien 1810 que 1910 car, et c’est la preuve qu’il s’agissait de révolutions, dans les deux cas parmi les forces engagées apparaissent des conservateurs.

Pour la période qui, dans le monde, va de 1776 à 1962, la révolution se caractérise en fait par la constitution de nations, je veux dire que l’engagement est si global que la lutte diverse est interclassiste et aboutit finalement à cimenter un peuple « national ». La diversité mexicaine en 1810 est tout aussi phénoménale que la diversité française en 1789. Du Sud au Nord, des montagnes aux plaines, des paysans aux pécheurs, le Mexique est plus une mosaïque de Caudillos qu’un pays, aussi, encore en 1910, nous verrons surgir des oppositions fortes entre le Nord de Villa (avec les USA en toile de fond) et le Sud de Zapata (avec les indigènes en toile de fond). Ceci étant, et c’est vrai pour les Zapatistes de 2010, la conscience nationale demeure première, sur les revendications autonomistes. Une nation n’est rien d’autre que la construction d’une nouvelle géographie de la lutte des classes dans laquelle le peuple peut trouver ses repères pour y avoir participé, ce qui n’est le cas ni dans le féodalisme diversifié, ni dans la « globalisation » actuelle.

Parce que la révolution est nationale, elle a une dimension démocratique et au Mexique elle aura toujours une forte dimension sociale avec la figure de l’assassiné, Emiliano Zapata. Cependant, la figure paysanne ne doit pas faire oublier les figures ouvrières avec les luttes des mineurs ou des employés du textile.

 

La révolution et son actualité

Du voyage, je ramène surtout le face à face entre le passé et l’actualité qui fait naître une interrogation sur le futur. Des milliers d’articles, des spectacles, revues, publications, manifestations, interventions, des cérémonies, des rénovations, toute l’année 2010 le pays s’interrogeant sur lui-même, s’est questionné quant à son avenir, point que je vais traiter plus précisément dans un autre article. Pour le dire autrement, un historien a posé cette question : « en 2110 que retiendra-t-on de 2010 ? » Depuis l’an 2000, et la fin de l’hégémonie du PRI, le Mexique est entré dans un nouveau processus qui risque, au fil des années, de devenir la matrice des « tristes » révolutions du nouveau millénaire. Comme partout, la gauche, qui fut la première à mettre en cause l’hégémonie du PRI, grâce au Parti de la Révolution Démocratique (PRD), est aujourd’hui au bord de la disparition par l’effet d’une division suicidaire. Au cours de la précédente élection présidentielle, en 2006, la victoire du candidat du PRD, Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO) a été volée par une fraude électorale, celui-ci a donc continué son action sous le titre de « président légitime du Mexique » ce qui n’a pas plu au PRD, en conséquence, pour les élections partielles du District fédéral que le PRD dirige depuis 13 ans, c’est la confusion au sein du PRD et sur l’union avec le mouvement autour de AMLO. Si la gauche s’effondre, la voie est ouverte à un narco-Etat !

Le Mexique me paraît plus que jamais le premier sismographe de l’histoire politique du monde.

23-11-2010 Jean-Paul Damaggio

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 18:05

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Cruelle fable mexicaine : « La curiosité n’a pas tué le chat, elle le fit journaliste. C’est alors seulement qu’ils l’assassinèrent. » Ce dessin, vu le cynisme du monde actuel, peut très bien avoir été publié dans un journal peu glorieux en matière de liberté des opinions.

 

 

Contrairement à ce que je pensais les kiosques à journaux sont rares dans le Yucatan. J’en avais imaginé un sur le Zocalo de Valladolid par exemple, or il n’y en avait pas. Quand j’ai questionné en fin de soirée une personne pour savoir s’il était possible d’acheter un journal, il m’a été répondu : « non, pas à cette heure-ci ». Dans cette ville je n’ai vu que des vendeurs à la sauvette et une dame avec quelques journaux assise sur un trottoir. Le quotidien le plus lu est Por Esto ! que les habitants achètent le matin. J’ai trouvé mon premier exemplaire dans une boutique qui vendait de tout et où on était entré pour acheter des tortellinas. Il en restait un numéro mais fallait-il encore le savoir.

Le premier journal acheté à Cancun, El Diario de Yucatan, est de format nord-américain et joue dans la gamme des journaux « sérieux ». A ce moment là je ne connaissais pas l’agenda politique de l’Etat de Yucatan à savoir que comme à Mexico le PAN pris le pouvoir en 2001 à Mérida (gouverneur Patron Laviala) pour le perdre au bénéfice du PRI en 2007 (gouverneure Ivonne Ortega). En fait ce journal est celui du PAN tandis que Por Esto ! et celui de AMLO (la gauche du parti de gauche le PRD) et il peut donc critiquer le PRI comme le PAN.

Mon premier hebdo, Proceso était vendu dans un kiosque au marché de l’artisanat de Cancun où il y avait aussi un kiosque sur le Zocalo mais contrairement à ce qu’il m’arriva de découvrir dans quelques villes d’Amérique latine, aucun lecteur ne stationnait devant l’étalage pour lire les divers grands titres. Je ne prétends pas que la presse soit moins lue qu’ailleurs (il doit exister des statistiques sur ce point) ou qu’elle suscite moins d’intérêt. Simplement, chaque pays a là aussi ses coutumes.

J’ai par exemple découvert un journal comme La Verdad seulement en prenant le bus : des vendeurs étant placés au feu rouge dans la banlieue pour caser des exemplaires aux automobilistes.

 

Bien sûr la ville de Mérida se distingue avec trois kiosques installés sur le Zocalo. L’après-midi les journaux de Mexico sont parfois disponibles et j’ai pu ainsi acheter enfin un exemplaire de La Jornada que je lis depuis longtemps sur internet. Juste avant qu’on n’arrive dans la ville, elle était le lieu d’un grand congrès international de la presse des Amériques. Le Président de la République en personne fit le déplacement et cela donna lieu à quelques débats sur la liberté de la presse au Mexique et dans le monde. Ce organisme international (Société interaméricaine de presse) est en fait aux ordres des USA.

Dans cette ville je me suis laissé aller à acheter, dans une librairie, un autre hebdo, La Revista peninsular qui est à la gloire des autorités.

 

A Campeche, un petit magasin vendait des journaux et sur le Zocalo deux dames à chaque bout de l’allée la plus fréquentée, proposait quelques titres. L’une en particulier était toute petite et on se demande ce qu’elle pouvait gagner à faire ce travail.

 

A Tulum enfin, une exception au petit kiosque de la place de la mairie, la publication d’un petit quotidien de la ville sur un beau papier : Expresiones de Tulum, journal écologique, social et culturel.

 

Je ne dis rien de la presse qu’on trouve partout dans le monde, sur la santé, le sport, les jeux, la télé etc. Il s’agit d’un domaine où les USA donnant le ton depuis longtemps l’uniformité est de saison.

26-11-2010 Jean-Paul Damaggio

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 00:26

Aucun guide touristique ne mentionne sur ses plans les bibliothèques alors qu’il s’agit de lieux significatifs d’un pays, d’une ville. Dans les 5 villes que nous avons visité nous sommes allés à la rencontre de trois bibliothèques

 

Bibliothèque municipale de Valladolid

Dans cette ville de 200 000 habitants environ la bibliothèque municipale se trouve sur le Zocalo (la place centrale), autant dire qu’elle est inévitable. Pendant notre séjour elle était d’autant plus inévitable que dans le cadre des festivités du Centenaire de la révolution sociale elle offrait diverses initiatives. La plus spectaculaire fut la décision d’ouvrir un micro, toute une journée, aux lecteurs qui souhaitaient lire un passage des livres de la collection publiée par l’Etat du Yucatan et en lien avec le fameux centenaire. Tout lecteur pouvait emporter en cadeau le livre dont il avait lu un passage. Le nom de cette action : Múul Xook - Leamos juntos (lisons ensemble).

Ces lectures se sont faites en espagnol et en maya et durèrent en effet toute la journée. La bibliothécaire a fait preuve d’un volontarisme honorable, en relançant ses appels, en organisant sans doute le passage de quelques collégiens, en mettant une grosse ambiance. Le lieu est propre, ouvert de 8 heures du matin à 8 heures du soir, mais cependant très modeste. Nous avons remarqué, pour les moments où nous avons suivi les lectures, que pendant un grand moment les lectrices occupèrent tout le temps. Les lecteurs en maya n’osèrent prendre le micro qu’en fin de soirée.

Bref, un effort extraordinaire en faveur de la lecture.

 

Bibliothèque centrale de Valladolid

Dans la même ville nous avons visité la bibliothèque centrale, c’est-à-dire celle sous la responsabilité de l’Etat du Yucatan. De l’extérieur, le bâtiment est immense, bien peint, mais de l’intérieur il y a seulement trois salles occupées par les livres et pas de journaux ou revues à disposition. La bibliothécaire est heureuse que des Français viennent se promener en ce lieu et elle nous offre un livre à chacun de la fameuse collection produite par l’Etat pour le centenaire. Les livres sont plutôt anciens et là pas plus qu’ailleurs nous ne comprendrons le type de rangement. Comme dans la précédente il y a internet à disposition mais la bibliothèque elle-même n’est pas du tout informatisée. De toute façon vu le peu de livres ce travail ne semble pas indispensable. J’écris peu de livres mais il est émouvant d’imaginer que des lecteurs ont pris là ce livre inoubliable de Tabucchi qui s’appelle Sostiene Pereira ou le Rouge et le Noir de Stendhal. J’arrête mon regard sur celui de Vazquez Montalban, Quinteto de Buenos Aires, un auteur moins présent que Vargas Llosa avec par exemple ce livre de lui que je ne connais pas La señorita de Tacna. Les Français sont bien représentés avec Anatole France, Proust, Giono, Simenon ou Bernard Clavel.

 

Bibliothèque de Mérida

Le premier jour, en marchant vers le Zocalo, de retour du Musée, nous sommes passés devant l’imposant bâtiment de la bibliothèque centrale de la ville. Il nous reste seulement cette image fugace, avec des fenêtres grandes ouvertes donnant sur la rue (la climatisation n’est sans doute pas encore installée) car par la suite nous n’avons pas eu l’occasion d’y repasser, la ville étant si riche en bâtiments à visiter, et de plus un dimanche se trouva dans notre temps de séjour, ce qui réduisait d’autant la possibilité d’une visite.

 

Bibliothèque de Campeche

Celle-ci se trouve aussi sur le Zocalo, un bâtiment totalement impressionnant qui était auparavant le lieu du Palais du Gouverneur et qui a été réaménagé au début des années 60 quand une construction totalement nouvelle et « moderne » a déplacé le dit Palais vers le bord de mer. Elle est deux fois plus grande que la bibliothèque centrale de Valladolid, avec des livres plus neufs et un répertoire internet. Nous sommes tout de même dans la capitale de l’Etat ! Au premier étage un lieu d’exposition qu’on éclaire pour nous. Il s’agit d’une présentation bien dans la tradition mexicaine vu qu’elle est centrée sur le squelette.

Quelques jeunes travaillent dans l’une ou l’autre salle. Des ordinateurs sont à disposition et on retrouve les classiques déjà repérés à Valladolid. La présence d’Anatole France peut surprendre. Je repère deux éditions des Misérables de Victor Hugo.

On trouve même quelques revues et journaux à disposition.

Le soir l’éclairage des arcades et de l’ensemble du bâtiment le rend encore plus beau.

24-11-2010 Jean-Paul Damaggio

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 17:05

 

22 ans, tomber sous les balles

Valladolid est une ville très paisible aussi quelle ne fut pas la surprise des habitants quand ils apprirent un matin qu’un jeune avocat de 22 ans venait de se faire assassiner chez lui. Deux jours après, le coupable était sous les verrous et c’est la raison de mon récit. Le drame du Mexique c’est, après les assassinats, l’impunité globale des coupables or là, les habitants ont pu se rassurer, le crime était expliqué.

Le coupable n’était autre qu’un soldat de la caserne, des soldats qui, la veille, avaient déjà fait l’objet d’un article dans la presse, leur mauvaise conduite ayant obligé la police locale à les arrêter pour les conduire en prison. Cette arrestation pour conduite en état d’ivresse ne fut d’ailleurs pas de tout repos pour les policiers courageux qui reçurent quelques coups de poing ! Mais comment un soldat peut-il se laisser aller à un acte aussi dramatique ? Deux phénomènes vont intervenir.

Le jeune tombé sous les balles était un homosexuel et il avait eu une relation avec son assassin avant que celui ne lui envoie deux balles dans la tête.

Et le soldat venait tout droit de Ciudad Juarez. Le journaliste l’avait indiqué la veille de l’assassinat : ces soldats, habitués à la terreur existant dans la ville de Ciudad Juarez, continuaient de se comporter à Valladolid comme s’ils étaient au cœur de l’enfer, et cette attitude troublait fortement l’ordre public. On peut imaginer que les esprits rendus malades par leur action dans le nord du pays soient ensuite renvoyés dans le sud pour s’y reposer mais, manifestement, le repos ne suffit pas à les soigner.

Alors ils se défoulent à Valladolid comme ils devaient le faire à Ciudad Juarez sauf que dans leur nouvelle affection les institutions sont encore en mesure de faire respecter le droit.

La mort de ce jeune ne témoigne pas seulement d’un fait divers repérable dans tous les pays du monde, mais il témoigne d’un glissement du pays vers la folie.

 

Un gouverneur à vomir

Dans les cinq hôtels où nous avons dormi il y avait chaque fois la télévision mais dans aucun des cas nous n’avons retrouvé les mêmes chaînes ! Cependant, en deux occasions, j’ai écarquillé les yeux en découvrant un message publicitaire de gouverneur d’Oaxaca où l’homme se couvrait d’éloges ! J’avais suivi, voici deux ou trois ans, la révolte des indigènes à travers l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca (APPO), et la répression féroce qui mis fin à la grève. Aussi je me souvenais du nom du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz (URO) et le revoir là, sur l’écran, vantant à répétition les mérites de sa politique, c’était à ne pas y croire. Même un journaliste nord-américain perdit la vie dans cet affrontement. Bradley Roland est mort sans que justice soit faite ni vis-à-vis des exécutants du crime ni vis-à-vis de ceux qui le conçurent !

C’est vrai, la mafia de cette domination toujours active du PRI (70 ans de présence ininterrompue) a aussi fait des dégâts parmi ses propres membres, exécutés avant qu’ils ne parlent trop. Par exemple Heriberto Pazos, l’homme clef de la fraude électorale abattu par de jeunes sicaires en mobylette. Etrangement, les piliers de l’édifice URO venaient du mouvement social de gauche avant de se « convertir en caciques de leurs mouvements suivant la même logique que celle fabriquée par la famille-amorale de la mafia sicilienne, fondée sur des amours pervers et le rejet conscient de toute idée de gauche conséquente, de la vie simple critique, créative et constructive qui naît de la résistance » (Jésus Peraza Menedez). Et paradoxe final, les messages publicitaires d’URO n’avaient pas vocation à gagner des voix puisqu’il ne pourra pas se représenter ! Il prépare peut-être ainsi, le terrain pour son successeur ?

 

Yesica Martinez Puentes, policière à Ciudad Juarez

Je l’avoue, j’ai du mal à comprendre qu’encore aujourd’hui des personnes aient le courage d’entrer dans la police municipale de cet enfer moderne. Depuis quelques années, ils sont des dizaines de milliers à quitter la ville pour aller n’importe où ailleurs mais d’autres ne peuvent sans doute faire autre chose que de rester. Et quand on reste, il y a du travail… dans la police ou dans la fabrique des cercueils. Les industriels de ce secteur n’arrivent pas à fournir assez de marchandise. Mais bon revenons à Yesica une jeune femme de 22 ans.

Le 6 novembre avec un collègue, elle était devant un centre commercial de la ville, au croisement des rues Diuego Alcala et Armée nationale, à y exercer sa surveillance. A 9 heures du matin, sans crier gare, une camionnette est arrivée et a tiré laissant les deux policiers morts sur le pavé. Pourquoi eux ? Disons plutôt : pourquoi pas eux ? Quelques balles allèrent jusque sur la vitrine d’une banque en face ce qui déclencha l’alarme.

Les criminels, peu soucieux de se cacher, furent interpelés peu après, les armes étaient toujours dans la camionnette. L’un avait 28 ans et l’autre 17 ans. Vraiment rien d’original dans ce récit !

24-11- 2010 JP Damaggio

 

 

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