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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:47

Voilà que je découvre cet article qui recoupe mon article précédent sur les Zapatistes. Oui, généralement les autorités tablent sur l’usure des luttes sociales : leur argument c’est de nous fatiguer en nous manipulant, en nous poussant sur 150 terrains de lutte pour nous décourager. Les Zapatistes, depuis le début, ont leur propre calendrier qui, c’est sûr, n’est pas électoral ! J-P Damaggio

 La Jornada

28 Décembre 2012 Jaime Martinez Veloz

Est-il possible de démonter les raisons de 40 mille cœurs zapatistes ?

Ils ont quitté leur communauté, la nuit précédente ; ils marchaient en silence ; en silence ils sont venus des quatre coins du sud-est mexicain ; en silence, avec une haute façon morale et disciplinée, ils sont retournés dans leurs communautés. L'action était impeccable, propre et énergique. Ils ont laissé une déclaration que le temps va déchiffrer tout comme le cours des événements, ce qui ne se fait pas à la première lecture. La déclaration a le mérite d’être cryptée tout en tant claire. Elle encadre les possibilités et une mise en garde aux gouvernements et en même temps contient des surprises et des mesures d'urgence.

Quelle est l'explication qui pourrait fournir les services de renseignement (sic) de l'État mexicain, qui disait que l'EZLN était pratiquement liquidée ? Quelle est la réponse de ceux qui prétendent que le temps détruirait les structures organisationnelles de l'EZLN ? Que pensent ceux qui ont parié sur les actions de lutte contre l'insurrection duc contre-espionnage et sur la minimisation du conflit sous forme de formules détruisant le mouvement zapatiste ?

La capacité organisationnelle et la force organique du zapatisme ne s’est pas usé avec le temps ; au contraire ils se sont renforcés et multipliés, ce qui signifie que ceux qui parie sur l'usure et sur le fait que le temps épuise les insurgés ont échoué.

Les zapatistes ne s’en étaient jamais allés ; la classe politique ne voulait pas les voir ou c’est une autre chose elle n'a pas voulu assumer ses responsabilités à leur égard ; mais ils ont toujours été là construisant à partir de la base, en organisant dans la dignité, ce que pouvoir leur a refusé : un meilleur sort pour les leurs, en dépit des limitations et des pénuries de matériaux qu’ils remplacent avec imagination et créativité. Un échantillon du dédain des forces politiques mexicains face au problème des Indigènes, en particulier dans leurs rapports avec l'EZLN, s'exprime par le fait que la Commission de la Concorde et la pacification, qui doit exister conformément à la loi pour le dialogue, la conciliation et une paix digne au Chiapas, n’est pas encore formée, ce qui montre le manque d'intérêt de toutes les forces politiques représentées au Congrès de l'Union. Il est à noter qu'au cours de ces dernières années, il n’y a eu aucune réunion de la Commission législative où il y a eu le quorum légal pour être en mesure de concevoir une stratégie qui permette de résoudre un conflit dont la complexité n'est pas mince.

Quelle explication peuvent fournir à la Nation ceux qui, en accusant l'EZLN de vouloir balkaniser le pays, sont les mêmes qui ont livré les 52 millions d'hectares (un quart du territoire national) aux sociétés minières afin que, en échange de rien, ils participent au pillage du pays pendant 12 ans qu’ils soient nationaux ou étrangers ?

Que peuvent dire ceux qui depuis le gouvernement accusent les zapatistes d'être au service d’intérêts obscurs et qui sont aujourd'hui les employés de multinationales qui se sont appropriés des entreprises ou commerces mexicains qui ont été privatisés ?

Existe-t-il une justification ou explication, modérément fondée, de la part des institutions de l'État mexicain capable d’exposer pourquoi les Indiens mexicains sont les plus pauvres parmi les pauvres, lorsque leurs villages sont installés dans les territoires immensément riches, exploités par des compagnies minières étrangères et nationales ?

La multiplication des conditions de pauvreté et la marginalisation des peuples autochtones du Mexique démontre que c'est l'État mexicain qui a échoué non seulement dans sa stratégie pour réduire les décalages en matière autochtone, mais surtout dans la construction d'une relation qui comprenne le problème autochtone, leur conception du monde, leurs besoins, leurs liens avec la terre et les ressources naturelles de leurs territoires aujourd'hui dans les mains d'entreprises privées nationales et étrangères.

Il est temps que le gouvernement comprenne, ce que cela signifie que plus de 10 millions d'Indiens subsistent dans des conditions d'inégalité et de la misère. La question autochtone n'est pas une question de programmes d'aide sociale, mais le remboursement intégral de leurs droits constitutionnels.

L'EZLN n’est pas de retour, elle n’est jamais parti, sauf que son terrain d’intervention n’est pas électoral, mais les causes profondes du Mexique profond. La balle est dans la cour des institutions de l'État mexicain, dont la réponse doit commencer en créant les conditions pour réaliser pleinement les accords de San Andrés Larráinzar, convenue entre l'EZLN et le gouvernement fédéral, qui sont la base pour la mise en place d'une nouvelle relation entre l'Etat mexicain et les peuples autochtones de notre pays. Respecter les Accords de San Andrés est la seule chose qui peut commencer à démonter les raisons de 40 mille cœurs zapatistes qui ont manifesté de façon disciplinée, hissant haut les causes qui affectent et aggravent les indigènes mexicains et de larges segments de la société mexicaine.

À toute personne ayant le désir de connaître plus :es.scribd.com/doc/80284016/Derechos-Indigenas-a-18-anos-del-Levantamiento-Zapatista.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 17:47

Depuis bientôt 20 ans, les Zapastistes se manifestent pas un passe-montagne. Et quand ils sortent massivement dans les rues, certains médias évoquent « le retour des Zapatistes ». Ils ont toujours été là ! La traversée de leurs expériences diverses s’est toujours raccrochée au slogan : « Aqui estamos ! ». Même s’ils furent hier plus médiatiques qu’aujourd’hui, l’essentiel tient donc en cette simple formule : « nous sommes là ». Et ils sont là, même quand ils travaillent paisiblement dans leurs campagnes tropicales ! Pour rappeler qu’ils sont là, ils usent d’un masque car ce ne sont pas eux qui sont là, mais la cause historique qu’ils représentent et qu’ils vivent ! Quelle cause ?

 Vivre comment ?

Si la classe ouvrière est la classe révolutionnaire, le message zapatiste est d’un archaïsme qui fait peur. Paysans « attardés » ils sont le passé précapitaliste et peut-être même les vestiges d’un féodalisme qui ne dit pas son nom !

Sauf que la réalité est toute autre ! Nous savons à présent, me semble-t-il, que la révolution sociale ne sera pas l’œuvre uniquement de la classe ouvrière et que l’objectif n’est pas seulement industriel. La révolution sera multiple ou ne sera pas. Elle doit non plus fixer une voie unique vers « UN autre monde de possible », mais reconnaître que la volonté de vivre libre peut s’appuyer sur le travail des champs, des villes ou d’ailleurs à partir du moment où les maîtres du monde sont renvoyés dans leurs chaumières par aller vers « d’autres mondes possibles ».

L’utopie du développement infini des forces productives comme instrument de la libération des hommes a des mérites et des limites. Les Zapatistes ne veulent en aucun cas arrêter leur culture sur l’histoire passée. Ils ne veulent pas que les femmes restent moins que des animaux chez les Indigènes. Ils ne veulent pas que les dérivés du bonheur comme la drogue ou l’alcool soit l’échappatoire à leurs malheurs. Ils ont des ambitions pour eux et la terre entière.

 Vivre debout ?

La première des ambitions c’est de vivre debout car sans l’audace révolutionnaire il n’y a pas de vie qui tienne ! Oui mais vivre debout, ce n’est pas forcément céder aux lumières de la ville (l’Amérique latine est la zone du monde la plus urbanisée). Ce n’est pas davantage refuser les bienfaits de l’électricité. Il m’est arrivé de le vérifier : on peut vivre dans un coin reculé des Andes avec le confort ordinaire allant de l’ordinateur à la machine à laver. La question n’est plus celle de posséder mais d’utiliser et de bien utiliser. Suivant le principe marxiste bien connu, il est temps que la valeur d’usage d’un produit prenne le pas sur sa valeur marchande. Cependant plus facile à écrire qu’à réaliser !

 Vivre Mexicain ?

Les Zapatistes sont des Mexicains et se revendiquent tels. Ils n’en appellent pas à une sécession, une séparation, une vie entre eux mais au droit autogestionnaire à vivre comme ils l’entendent. Leur combat dérange beaucoup de gens aussi leur dernier tract n’est pas une adresse au Président de la république (ça serait lui faire trop d’honneurs) mais « à qui de droit ». Les Zapatistes ne se sont jamais défini face au pouvoir car sur leurs terres, ils sont UN pouvoir, ils s’organisent comme un pouvoir. Ils s’adressent donc à la société car leur message a besoin d’être entendu y compris par les militants révolutionnaires qui refusent de les prendre aux sérieux et y compris par ceux qui les prennent au sérieux.

Ils savent que s’ils sont entendus, c’est tout le Mexique qui change profondément car l’histoire de leur pays, ils la connaissent au plus profond de leurs chairs.

Finalement, ils sont "fatalistes" : la société finira bien finir par les entendre !

Jean-Paul Damaggio

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 18:59

                                       communique-ezln.jpg

Communiqué EZLN

Le 21 décembre, des dizaines de milliers de zapatistes ont marché dans les rues de 5 grandes villes de l'état, Ocosingo, Palenque, Comitan, Las Margaritas et San Cristobal de Las Casas. Durant la marche ce tract a été distribué.

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire indigène-

Commandance Générale de l'armée Zapatiste de Liberation Nationale.

Mexique.

21 décembre 2012,

 A qui de droit:

 VOUS AVEZ ENTENDU?

 C'est le son de votre monde en train de s'effondrer,

C'est celui du notre qui resurgit.

Le jour qui fut jour, était nuit,

Et nuit sera le jour qui sera le jour.

 DÉMOCRATIE!

LIBERTÉ !

JUSTICE!

 Depuis les Montagnes du Sud-Est Mexicain,

Pour le Comité Clandestin Rebel Indigène - Comandance Général de l'

EZLN

 Sous-commandant insurgé Marcos,

Mexique Décembre 2012

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 21:21

En 2006, le PRD (Parti de la révolution démocratique) représenté par AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador) a été battu de quelques voix par le parti de droite, le Parti d’Action Nationale (avec de fortes craintes de fraude). Cette année là les Zapatistes s’étaient fortement invités dans la campagne.

En 2012, le PRD uni à d’autres forces de gauche et représenté par AMLO a été battu de 7% par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (avec quelques craintes de fraude).

La gauche serait-elle maudite ?

 

De 2006 à 2012 AMLO a conduit une campagne permanente à travers le pays jusqu’à indisposer son parti, le PRD. Finalement, nous en sommes restés au grand classique, la gauche c’est le sud du Mexique et la droite ou le centre-droit, le nord.

 

Le Mexique est un pays aux multiples cassures qui semble ne pas pouvoir se ressouder.

 

Faut-il cependant retenir de l’élection le retour du PRI ? Ce parti était-il vraiment parti ? La passion médiatique pour les présidentielles – un des instruments destructeur du politique – fait oublier les élections de députés et sénateurs. En l’an 2000 le PRI a perdu la présidence mais ne s’est pas effondré et depuis, il est toujours resté très présent au parlement. Il serait déplacé de croire qu’il est resté le même parti d’avant la coupure de l’an 2000. Au contraire, la compétition avec le PAN et le PRD l’a obligé à changer ses cadres, ses pratiques et ses objectifs.

 

Premier point : le candidat du PRI a été élu grâce à l’union avec un quatrième parti toujours oublié… les Verts. Si aujourd’hui, à la Chambre des députés, le PRI arrive tout juste à la majorité absolue (151 sièges contre 149 aux adversaires) c’est grâce à cette union.

 

Deuxième point : AMLO pensait gagner car il a réussi à fédérer toute la gauche, il a eu le soutien d’un mouvement étudiant dynamique, il avait un peu adouci ses propositions. Son échec c’est le risque d’une explosion du PRD et de toute la mouvance. Un émiettement classique à gauche.

 

Troisième point : l’effondrement du PAN tient bien sûr à l’échec de la lutte contre le crime organisé. Mais il s’agit aussi de la crise générale du pays. Les deux phénomènes s’épaulent et à ce jour personne ne sait ce que va faire le PRI. Pactiser avec quelques cartels pour éliminer les autres ? Le Mexique est à un tournant.

 

Aux Amériques, le Mexique a toujours été la plaque centrale et l’échec de la gauche, comme l’échec du PS au Chili, pose des questions fondamentales. Si l’image de l’Amérique latine c’est aujourd’hui encore en France, une image de gauche, si la victoire d’Obama aux USA pouvait éventuellement renforcer cette tendance, le compte n’y est pas.

 

Pourquoi les propositions sociales de la gauche n’emportent pas l’adhésion dans un pays où l’action sociale reste très importante ? Il y a une part de fraude mais elle ne peut pas tout expliquer. Plus que jamais, la Révolution mexicaine c’est devenu le pouvoir du crime ! Et le Mexique joue bien le rôle de plaque centrale ! La gauche est alors prise en étau : d’un côté la classe dominante (qui s’appuie sur les riches), et de l’autre la classe criminelle (qui s’appuie sur les pauvres). Pour corser l’affaire, Hillary Clinton déclara que les cartels c’étaient les nouveaux insurgés !

 

Le retour du PRI, c’est une fois de plus le choix du non-choix. J’ai observé dans le Yucatan des élus du nouveau PRI dévoués à la cause publique. Noircir le tableau ne sert à rien. Cette action militante à la base, que le PRD n’a pas les relais pour l’assurer, n’a bien sûr rien à voir avec la gestion que va mettre en œuvre ce parti au niveau national.

De toutes les contradictions existantes qui traversent tous les mouvements, une solution humaine surgira-t-elle au pays de l’homme le plus riche du monde, Carlos Slim ? Le décor des mariachis a été remplacé par les narcos films et les narcos chansons pendant qu’aux USA des Mexicanos inventent le spanglish. D’une façon ou d’une autre, la gauche est au pied du mur : si au Mexique elle n’invente pas une sortie démocratique de la criminalité organisée, cette plongée dans une forme de fascisme mangera tout le continent.

Faut-il comme en Uruguay proposer que la marijuana soit cultivée sous contrôle de l’Etat ? (comme le tabac en France quand le tabac de ce pays constituait la consommation majeure)

Faut-il comme à Rio, envoyer épisodiquement l’armée éradiquer le crime dans une guerre féroce ?

Faut-il croire comme au Venezuela que les mesures sociales suffisent pour faire reculer l’insécurité ? Le résultat n’est pas probant malgré les efforts réels.

Faut-il relancer l’économie par la mise en chantier de nouveaux gisements en tout genre donnés en exploitation aux Chinois, comme en Equateur et au Pérou ?

Finalement, le retour du PRI est un non événement, sa faible majorité à la Chambre la garantie que le débat démocratique va se poursuivre, et la poursuite du seul journal-coopérative que je connaisse dans le monde (La Jornada un des éléments d'une presse exceptionnelle) continuera de faire mon bonheur. Contre les clichés dominants.

Jean-Paul Damaggio

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 13:32

Je n’oublie pas le Mexique qui va recevoir le G20 en pleine campagne électorale, une campagne très tendue qui va se conclure le 1 juillet puisque là-bas il y a un seul tour : celui arrivé en tête a gagné. Pour le moment le candidat du PRI le parti qui gouverna avant l’actuel pouvoir du PAN, fait la course en tête, mais le parti de gauche qui a réussi à s’unir derrière AMLO (Andres Manuel Lopez Obrador) tente une remontée.

 

Cette campagne apparaît cependant secondaire face au véritable pouvoir, celui du crime organisé. Et pour rappeler qu’il est là les massacres continuent. Soit le pouvoir d’Etat cède, soit les balles sifflent ! Et la dernière balle à avoir sifflé a touché mortellement un journaliste à Veracruz. L’assassinat d’un journaliste, ça reste le signe le plus clair d’une stratégie politique !

Le corps de Víctor Manuel Báez Chino, journaliste à Milenio El Portal de Veracruz, et directeur adjoint du journal virtuel Reporteros Policiacos.com a été trouvé, mutilé, jeudi matin près du Palais du Gouvernement.  Le crime a été revendiqué par le groupe Los Zetas.

Une coïncidence veut que les derniers mots du journaliste furent ceci à l’adresse de son amie María Gina Domínguez Colío: « Ils ne nous imposeront pas la peur comme forme de vie. »

En un an et demi, 9 journalistes de Veracruz sont tombés sous les balles mafieuses.

Aucun coupable n’a été arrêté. Pas de problème, tout va bien…

JP Damaggio

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 20:43

19 novembre 2005, Maurice Lemoine, grand spécialiste d’Amérique latine est à Montauban pour nous parler de la Révolution bolivarienne. Je lui explique mon étonnement : Le Monde diplomatique vient de publier un article de Carlos Fuentes alors que ce dernier vient de comparer Chavez à Hitler ! (voir Point Gauche ! de décembre 2005). Il est sidéré. Je lui donne la référence. Carlos Fuentes disparaîtra du Monde diplomatique mais continuera de jouer ailleurs l’homme de la belle gauche.

Carlos Fuentes est un grand romancier mais comme Octavio Paz et d’autres, il a continué de jouer l’homme de gauche avec des positions de droite. Voilà pourquoi je préfère Mario Vargas Llosa, un romancier aussi grand, mais  plus clair en politique : il se revendique clairement du centre-droit.

 

Chavez est-il un Hitler ? A moins qu’il ne soit, suivant une autre formule de Fuentes : « Un Mussolini tropical». Mais ce n’est pas là mon plus gros reproche envers Fuentes : c’est en préfaçant un livre d’un multi milliardaire et juste après le coup d’Etat qu’affronta Chavez, que Fuentes décida de diaboliser le président du Venezuela. Le 21 octobre 2006 dans un journal brésilien, Veja, Fuentes continue : « Chavez, un fasciste qui se donne des airs de gauche. »  Il se place du côté des plus riches mais joue toujours l’homme de gauche et est célébré comme tel aujourd’hui.

 

Pour moi, le président de l’Iran est un fasciste (ce n'est pas Hitler pour autant) et donc son ami Chavez pourrait en être un, sauf que Chavez est ami du président de l’Iran car « l’ennemi de mon est ennemi est mon ami ». Je refuse ce raisonnement idiot donc je pense que le fascisme de l’un n’est passé à l’autre, car ce n’est pas ça qui les unit. On n’est pas candidat à une élection de la même façon à Téhéran et Caracas (si Chavez est battu prochainement c'est le changement radical), on n’a pas accès à la même information, on ne pratique pas la même théocratie (même si depuis son cancer Chavez court les églises). Si Chavez est un Hitler alors, franchement j’ai pas compris qui était Hitler !

 

Bien sûr, c’est là une des positions extrêmes de Carlos Fuentes qui m’évite de faire un tableau plus détaillé de sa vision de la droite. Quand, va-t-on traiter l’actualité mexicaine avec sérieux…

 

18-05-2012 Jean-Paul Damaggio

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 10:29

Le Sénat mexicain a attendu le départ du pape pour valider un des souhaits majeurs du Vatican : la possibilité de l’enseignement religieux dans les écoles publiques. Les députés avaient donné leur accord depuis deux ans à une modification de la Constitution permettant un recul considérable de la laïcité historique du pays. Cette nouvelle étape de la contre-révolution mexicaine a été obtenue à huit clos (par crainte de manifestations du Forum civique mexicain laïque) suite à un vote qui a uni le PRI et le PAN, la gauche ayant refusé de s’associer à cette opération, peu de temps avant les grandes élections du 1er juin.

La politique devient un jeu de mots subtil puisque c’est en ajoutant la notion de « liberté de conscience et de convictions éthiques » à l’article 24 que l’on peut en déduire, qu’en plus de l’enseignement religieux dans les écoles publiques, les églises vont pouvoir diriger des moyens de communication de masse, autant dire des chaînes de télévision. Depuis longtemps la hiérarchie catholique avait demandé cette évolution.
Simplement il faut comprendre que la liberté de conscience impose des moyens pour l’exercer donc des possibilités d’action tout comme si on a des convictions éthiques. Ce qui fait que les autorités sous prétexte de donner plus de droits aux minorités sexuelles, relance un débat qu’on connaît bien en France : dans la société de consommation manquant de valeurs, la religiosité est d’autant plus nécessaire ! D’où l’aide aux églises…

Pensez, il est arrivé que des religieux aident à l’arrestation d’un grand narco ! « On veut nous faire croire qu’une absence de religion c’est être amoral » indique Imanol Ordorika qui en appelle au droit des femmes à pouvoir décider de leur corps (formule habituelle aux Amériques pour demander le droit à l’IVG).

Sur un autre point, la journaliste Soledad Loaeza a publié un article sur cette visite du pape : « Aux yeux de dieu, nous sommes tous égaux, mais nous ne le sommes pas aux yeux du pape Benoît XVI qui nous a traité de manière particulière. Lors des visites faites en Allemagne, Australie et Etats-Unis il s’était entretenu avec les victimes d’abus sexuels de la part d’ecclésiastiques à qui on avait confié des enfants pour leur éducation religieuse. »
En effet, au Mexique il n’a vu personne ni n’a écouté personne. L’homme au cœur du scandale s’appelle Marcial Maciel, et scandale est un mot trop faible pour les crimes connus. La journaliste pense que l’oubli est surtout venu de la part des évêques mexicains et moins de la part du pape qui a eu l’occasion de condamner le coupable d’histoires honteuses.
Mais le fait est là néanmoins : le pape a considéré les Mexicains comme des enfants.

Je rappelle que le Mexique a servi de modèle aux inventeurs de la loi de 1905.
Ces événements s’inscrivent dans une histoire mondiale où on voudrait nous faire croire que la critique de telles évolutions rétrogrades constitue une atteinte aux religions.
Il s’agit du contraire : permettre la liberté religieuse c’est mettre en échec TOUS les intégrismes qu’il ne faut confondre ni avec le racisme, ni avec l’antisémitisme, ni avec la haine.

Tout comme les crises favorisent les mafias, elles favorisent les religieux de partout et combattre le système capitaliste globalement ne dispense en aucun cas d’un combat clair et précis contre les intégrismes.

Voilà pourquoi je ne comprends pas qu’après le Mexique, le Pape soit reçu à Cuba comme un homme fréquentable pour les marxistes, d’abord parce qu’il condamne le blocus des USA et ensuite parce que les églises sont du côté des pauvres. Mais je n’ai pas toujours le sens des réalités…
29 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 17:02

Le Mexique est en pleine campagne électorale. Le 1er juin, le pays va changer de face, c’est sûr, et le Pape n’y sera pour rien. A-t-il fait le voyage pour sauver le parti du président sortant, le PAN ? On peut le penser car, entre l’ancien parti le PRI, largement favori des sondages, et l’église catholique, ce ne fut jamais le grand amour, si bien que même le PAN n’a pu remettre en cause des principes laïques de ce pays. Malgré le cas Florence, qui sait en France que là-bas la bataille politique fait rage ? Que le sort de Florence est soumis, depuis le début, aux aléas de la vie politique du Mexique ?

Je l’ai déjà écrit, et les événements ne font que me confirmer dans cette idée - même si le Mexique n’est pas à la Une des grands esprits de gauche qui rêvent sans cesse en un Eldorado aux Amériques : quand Mexico aura parlé, les rêves de gauche seront renvoyés une fois de plus aux calendes grecques.

Etrange Mexique où en l’an 2000, le PAN très à droite a réussi à mettre fin à une domination phénoménale du PRI, sans pour autant abattre ce parti, comme ce fut le cas dans d’autres pays des Amériques. Non seulement le PRI a su garder la tête hors de l’eau mais il a su se renouveler comme je l’avais vérifié au Yucatan, un Etat ou le PAN avait été en pointe mais où le PRI a, ces dernières années, repris le dessus.
Des observateurs avaient pensé qu’après le PRI puis le PAN, le parti de gauche PRD verrait enfin son heure arriver, d’autant que par une opération « savante » le choix du candidat unique de ce parti s’est fait, contre toute attente, dans le consensus. Quelle opération ? Si des primaires ont été organisées dans le PAN, pour le PRD on a confié le choix du candidat le meilleur, à deux ou trois agences de sondages ! Et c’est le candidat battu de 2006 qui est sorti du chapeau à savoir Andres Manuel Lopez-Obrador (AMLO) un homme qui depuis cette date n’a pas cessé de sillonner le pays pour défendre la gauche.

Il vient de proposer sa conception de la lutte contre le crime organisé : réduction des inégalités, création d’une police d’Etat moralisée qui remplacera l’armée et la marine dans l’action actuelle. Rien d’original si ce n’est une fermeté politique peu fréquente.
Mais pourquoi AMLO décida d’assister à la messe du pape à Guanajuato, pour s’agenouiller là où le peuple s’est mis à genoux ? Alors que le pays en en pleine discussion autour de l’article 24 de la Constitution qui fait du pays un pays laïque ? Parce qu’il faudrait que la gauche, avec la droite du PAN, contribue à la réconciliation du peuple catholique et du peuple politique, leur désunion ayant été à la base d’un affaiblissement du pays ? Voilà une idée qui court, qui fait même « moderne » afin d’en finir avec les querelles d’hier. Et pas à pas s’approchent les arguments habituels : le christianisme est un défenseur de la justice sociale, de la paix sociale, de la démocratie, du progrès, la tolérance, l’honnêteté, en un mot il est du côté despauvres. On en arrive à se demander comment un pays aussi catholique peut vivre sous le pouvoir des mafieux ! Mais voilà que je fais la mauvaise tête !

Et je lis : « les mérites de cette citation évangélique : “dar a Dios lo que es de Dios y al césar lo que es del césar” (donner à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César), une formule adéquate que nous ne pouvons oublier » or je ne trouve aucun mérite à cette citation !

Il se trouve qu’au Mexique comme au Sénégal ou même en France, l’élection du président reste un épisode secondaire dans le processus électoral. Il reste ensuite l’essentiel : la majorité parlementaire avec des députés dignes de ce nom. Or on découvre, sur ce point, un Mexique qui s’effondre ! Des nombreux candidats refusés par un parti passent au suivant dans une course au sauve qui peut qui tend à démontrer qu’à présent le besoin de pouvoir importe plus que le sens du pouvoir. Gonzalo Martínez Corbalá indique dans La Jornada du 26 mars : « sur ce point on en a vu de toutes les couleurs ». Son étude est totalement inquiétante. Si j’évoque la référence fait dans l’article, au livre de Norberto Bobbio, Droite et gauche, on découvre que nous sommes en paysage connu ! Avec la présidentielle j’ai évoqué des positionnements de droite, de gauche, et leur ambigüité quand il s’agit de parler du religieux, mais quand on passe aux législatives ou aux sénatoriales, les positions s’estompent, l’habitude ayant été prise dans de telles institutions de rayer des débats les oppositions claires. La Pape n’y peut rien, c’est magouilles et compagnie et en matière de magouilles, vu les révélations venues dernièrement du Vatican, tout le monde nage dans la boue.
Est-ce à dire qu’il y aurait un fossé entre cette classe politique sans repère et le peuple qui garderait une plus grande conscience du phénomène crucial de la politique. En France, avec les primaires socialistes, les observateurs ont été surpris par le phénomène Montebourg, surprise redoublée ensuite quand le même personnage se rallia à Hollande. N’est-ce pas cet effet surprise du peuple qui se reconnaît à présent dans le candidat Mélenchon ? Un peuple français qui ne veut pas lâcher son histoire ? Comme le peuple mexicain ne veut pas lâcher la sienne ?
Toujours est-il, pour le Mexique, malgré la crise, malgré le voyage du pape, malgré le crime organisé, le peuple de gauche n’arrive pas à se retrouver dans une stratégie claire pourtant indispensable pour sortir du trou noir dans lequel plonge le pays. Dernièrement j’ai découvert que 90% des coupes de bois étaient illégales et renflouaient les caisses des mafias en tout genre sans un sou de taxes pour l’Etat bien sûr. A suivre.
27 mars 2012 Jean-Paul Damaggio

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 23:21

Pression énorme du président en place au Mexique, qui ne peut pas être dans la campagne électorale actuelle (le Mexique va voter lui aussi) car il ne peut avoir plus d’un mandat : Florence Cassez ne sera pas libéré. Sur cinq juges seul celui qui proposait sa libération immédiate a maintenu sa demande. Alors qu’elle est la vérité ?
Au même moment les Mexicains découvre l’incroyable : leurs forêts sont pillées… Bien sûr, ils avaient remarqué ici ou là les coupes d’arbres non autorisées. L’association internationale qui a fait l’étude, Justice pour les arbres (drôle de nom n’est-ce pas !) est claire et nette ; seul 1% des délinquants sont condamnés pour le pillage des forêts ! Pourquoi ? Le crime organisé est le maître du jeu. J’avoue que je n’avais pas pensé à ça ! J’étudie les saccages des mafias mais les arbres tout de même… Le bénéfice, une fois déduits les pots de vin, tourne autour de 10 à 15 milliards de dollars.
L’étude indique que le respect des lois lié à la protection des forêts est peu efficace dans de nombreux pays pour empêcher et arrêter les coupes illégales. Réalisée pendant quatre ans dans quatre pays riches en ressources naturelles : Brésil, Mexique, Indonésie et Philippes, le résultat révèle que ce manque de protection est un abîme. Plus de 90% des coupes sont dans ces pays illégales et les polices minimisent ce phénomène. Après tout, il n’y a même pas de morts. A suivre. JPD

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 23:11

Florence Cassez libérée ?

Le Mexique est secoué une nouvelle fois par l’affaire Florence Cassez. Cette fois ce n’est plus du procès qu’il est question mais d'une libération qui entraînerait le procès de García Luna l’homme qui a monté toute l’affaire, le premier flic du pays. Et derrière García Luna c’est le procès d’un président en fin de mandat qui laisse un pays dans le sang pour cause de développement du crime organisé. Ce qui est sûr c’est que la scène de l’arrestation de la Française a été rejouée pour les besoins des médias. Et pour le reste ? Les preuves données aux juges ont-elles été également trafiquées ?
Contre Sarkozy, Calderon s’était insurgé en disant qu’on ne pouvait pas mettre en cause la légitimité de la justice mexicaine or c’est son ministre Arturo Zaldívar, qui propose la libération immédiate.
Tous les partis se divisent sur le sujet et le débat fait  rage chez les avocats. Nous reviendrons sur le sujet. 8-03-2012 Jean-Paul Damaggio

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