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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 22:30

Grâce à l’heureuse initiative de la Bibliothèque Léon Cladel de Moissac, la Fête des Art se complète cette année, le 17 et le 18 avril, de la présence du livre et avec une splendide organisation à laquelle les Editions La Brochure ont été heureuses de pouvoir s’associer. Vous pourrez donc nous retrouver à notre stand avec nos dernières parutions et le dimanche de 15 h 30 à 16 h Jean-Paul Damaggio se propose de faire revivre deux personnages de Moissac, Jean Bousquet grâce à un texte de Victor Hugo et Léon Cladel grâce à une nouvelle sur un farinier de la ville. Il en profitera pour glisser un mot sur Slimane Azem, trois personnages qui sont édités par nos soins.

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 16:32

L’arrivée de Mary-Lafon à Paris début 1830 (extrait du livre de souvenirs publié en 1882 : Cinquante ans de vie littéraire)

Nous arrivons la nuit : la voiture s'arrête dans la cour des Messageries. On descend ma malle, un grand escogriffe s'en empare, et, moitié de gré, moitié de surprise, m'entraîne dans son hôtel. Je ne voulus pas sortir ce soir-là. C'est au grand soleil et bien reposé d'un emprisonnement de quatre jours et quatre nuits dans la cellule roulante de MM. Laffitte et Caillard, que j'entendais voir et admirer Paris.

Il parut enfin ce jour si impatiemment attendu. Levé à l'aube, je sortis et ne rentrai qu'à minuit. Ce fut mon unique occupation pendant les premières semaines ; comme je n'habitais l'hôtel que pour y coucher et que je ne parlais à personne, j'étais à l'abri des périls qu'une bourse assez bien garnie aurait pu attirer à mon inexpérience. Je dois avouer qu'après l'avoir parcouru pendant un mois dans tous les sens et à fond pour ainsi dire, car j'étais un rude marcheur, Paris ne me sembla pas au-dessus de l'idée que je m'en étais faite. Il n'avait pas, il est vrai, sa physionomie actuelle, Paris a bien changé depuis. Ces larges voies, ces magnifiques boulevards qui lui versent à flots l'air et la lumière n'existaient pas même en projet. Un espace vague et tout à fait primitif séparait le Louvre des Tuileries et commençait à la place du Carrousel, à l'extrémité méridionale de laquelle s'élevait seul comme une quille l'hôtel de Nantes. Deux rues, quelques maisons et un corps de garde enveloppaient le théâtre du Vaudeville bâti en face du Palais-Royal. Une autre rue abominable d'aspect et d'habitants, appelée rue du Chantre, se glissait en rampant comme une couleuvre jusqu'à la porte du Louvre qui regarde les Tuileries. Vis à vis l'arcade du pont des Saints-Pères, la rue du Doyenné, qui abrita la jeunesse de Théophile Gautier, descendait vers la Seine. L'aile des Tuileries terminée par le pavillon Marsan avait en regard, dans toute sa longueur, des maisons basses, coupées par des ruelles. Dans la principale de ces demeures peu monumentales était installé le bureau des gondoles allant de Paris à Versailles. Une terrasse à treillages verts, de quatre à cinq mètres de haut ornait la façade de cette maison, dont j'aurai bientôt occasion de parler.

Comprenant bien que le centre de Paris, fait pour le bruit et les affaires ne convient ni aux néophytes des professions libérales, ni aux hommes d'étude, je me hâtai de porter mes pénates dans le quartier Latin, à deux pas du quai des Augustins. Là, où s'ouvre, dans sa splendeur et sa largeur superbe, le boulevard Saint-Michel, se trouvait une rue étroite, difficile, boueuse, humide en tout temps et qui grimpait péniblement, sans souci de la ligne droite, jusqu'à la place dédiée à l'archange que baigne à l'entrée du boulevard la fontaine actuelle. C'est dans cette rue appelée de la Harpe, en mémoire de quelque enseigne mirifique et parlante, que je cherchai mon campement. Tout au bout entre le collège Saint-Louis et la Sorbonne m'apparut à gauche une voie transversale portant le nom de rue Neuve-Richelieu. A droite s'élevait un modeste hôtel ayant pour vis-à-vis Flicotteaux, l'aquatique Flicotteaux, Brébant des dîners à un franc vingt-cinq centimes. C'est dans cette maison tenue par un brave et digne homme, ex-sergent de la vieille garde, que je m'installai avec deux étudiants venus en même temps que moi à Paris, Jean-Louis Arnal, mort médecin de l'empereur, et Pierre Magne destiné, ce que je n'eusse pas alors soupçonné, à devenir ministre des finances. Mary-Lafon

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 19:58

decalogue.jpgNos éditions reviennent à la poésie avec ce livre de Maximilien alias Démocrite qui rassemblent des années d'écriture sous la forme d'un premier opusucle de la nouvelle collection SMS : Seuls les Mots Savent.

Le livre de 50 pages est à 8 euros sauf pour ceux qui en feront l'acquisition directement chez l'auteur doté d'un site.

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 15:07

 

Suite à la mort de Jean Ferrat, je venais de terminer la reprise du texte « Pour le bonheur 1985 » quand je tombe, sur le numéro de Libération du 17 mars sur deux textes liés à un Forum : « Le bonheur une idée neuve » (débat le 26 mars au TNB). Alain Badiou et Elisabeth Roudinesco tentent deux approches opposées de la question.

Comme Sarkozy souhaite moraliser le capitalisme, Roudinesco propose plus sérieusement de « moraliser » le socialisme ou pour le dire avec ses mots aller vers un projet « qui n’éliminerait pas les libertés fondamentales et permettrait de combattre l’ignorance, l’obscurantisme, le communautarisme. » Le titre de son article : aucune révolution n’a réussi à concilier liberté et égalité ». Son article s’en tient à définir « un vrai pari » pendant qu’Alain Badiou veut en appeler au présent contre la promesse. Il commence fort, par la recherche traditionnelle chez lui, de la provocation : « Les « lendemains qui chantent » n’ont jamais été qu’une mythologie, plus employée, à vrai dire, par les ennemis de la pensée révolutionnaire ou communiste que par ses amis ou ses militants. » Dans l’article on comprend mieux quand il oppose « les politiciens parlementaires qui, dans leurs « programmes », auxquels eux-mêmes ne croient guère, promettent de satisfaire dans l’avenir les intérêts de leurs diverses clientèles » et la joie du militant qui découvre dans l’action présente qu’il est « capable de bien plus de choses nouvelles que ce qu’il imaginait ». Il termine par une redéfinition du bonheur communiste : « aimez ce que jamais vous ne verrez deux fois. »

 

Dans ma quête autour du bonheur j’ai plutôt tendance à me retrouver dans le texte de Badiou que dans celui de Roudinesco… tout en me disant qu’ils peuvent se rejoindre, en notant tout d’abord que ce n’est pas le bonheur comme idée neuve qui importe mais une idée neuve du bonheur. Et cette idée neuve doit commencer par réorganiser la dialectique entre le futur et le présent, entre les fins et les moyens, entre l’action et la réflexion.

Je suis d’accord avec Badiou pour contester radicalement le piège religieux de « la promesse » sauf que dans le monde d’aujourd’hui… le présent est une vie à crédit. Pour rendre le présent acceptable, le système a décidé de vendre le futur, de faire payer nos enfants aussi, à l’heure de la lutte, des personnes ou des pays, étranglés par la corde de la dette… se taisent. La question économique de la dette ne peut pas être séparée de celle du bonheur quand il n’y a pas si longtemps le peuple avait pour valeur d’acheter comptant. La démarche de Badiou peut tomber dans l’activisme (l’action pour l’action), une valeur utilisée par les directions syndicales qui proposent des tonnes de manifestations… pour la manifestation : le critère du succès n’est plus la victoire revendicative mais le nombre de manifestants ! Donc il est utile d’en revenir à E. Roudinesco qui redéfinit les fins : une révolution articulant liberté et égalité, objectif qui, en effet, me paraît primordial. Pour assurer la rencontre entre les deux démarches, pour une idée neuve du bonheur, il faut en finir avec le principe que les fins justifient les moyens pour spécifier que ce sont les moyens qui décident des fins, que ce n’est pas la théorie révolutionnaire qui fixe la pratique révolutionnaire mais que « l’action est le critère de la vérité », et qu’une grande idée du futur est mobilisatrice quand elle se construit en fonction des réalités du présent. Le formule « agir local, penser global » devient alors catastrophique. Une idée neuve du bonheur c’est « penser local, agir global ». Il me faudrait un autre article pour éclaircir ce point.
18-03-2010 Jean-Paul Damaggio

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 15:05

 

(En 1985, dans le cadre de la préparation d’un congrès du PCF,  je concluais 34 pages à l’adresse de mes camarades du PCF par ce texte que je reprends ici tel quel, avec quelques notes.)

 

Bonheur : ce n'est pas un mot de notre langage et il est donc absent du projet de résolution. Je n’en fais pas une affaire, je tiens simplement à formuler ici quelques idées farfelues qui, en dehors des textes, me font communistes. En parlant de textes je note que c'est le mot espoir qui est le plus en vogue parmi nous. Nous sommes le parti de l’espoir. Ce mot a peut-être la cote car il renvoie immédiatement à son contraire désespoir, et marque ainsi facilement l’antagonisme entre socialisme et capitalisme (plus loin je précise pourquoi le malheur n’est pas le simple contraire du bonheur).

Remarquons que le mot désespoir laisse de plus en plus la place à désespérance. Cherchez la différence entre ces deux définitions :

Désespoir : abattement total de quelqu'un qui a cessé d'espérer.

Désespérance : état d’une personne qui a perdu l’espérance.

Là où je suis farfelu c' est qu’étant sans espérance, je ne suis pas abattu…

Mais venons en au fait : j’ai un faible pour le mot bonheur.

Ce n’est pas vieux je l’avoue. Face au bonheur j'ai longtemps adopté deux comportements : l'indifférence ou l’évidence. Prenez la phrase légendaire de Saint Just : « Le bonheur est une idée neuve en Europe. » J'ai acheté les oeuvres complètes de Saint Just seulement à cause de cette phrase car j'ai fini par m'interroger : Comment le bonheur a-t-il pu être une idée neuve ? L'aspiration au bonheur ne serait-elle pas une aspiration naturelle de tout homme à travers les siècles ? J’ai donc longtemps pensé que s’il fallait montrer que le bonheur n’a pas le même prix pour tout le monde[1] il n’en demeurait pas moins que tout monde, d’évidence aspirait au bonheur.

En même temps je pensais que ce mot de bonheur était un mot bien vague, bien creux, sans nul doute un truc d'intellectuel en peine de mots et en mal de peine. Tout juste une affaire pour sourire de la peine des hommes. Or, voilà que peut-être, en prenant le virus intellectuel, je suis devenu un communiste - bonheur. Simple état d'âme ?

C'est toujours dans le combat qu'on trouve la réponse.

Quelques brillantes têtes autour du Pivot télévisuel n'en finissaient pas d'inviter les téléspectateurs à se méfier du bonheur. Ils me mirent la puce à l’oreille et depuis j'ai gratté. Ils me disaient ici et là que c'est simple comme un bonjour, que la preuve nous l'avions, et qu'il ne fallait surtout pas recommencer. Ils déblatéraient poliment sur tous les moches sentiments qu'au nom du bonheur on pouvait instaurer... dictatoriquement. A chaque mot, ici ou là, on sentait les fauteuils devenir plus confortables, les cravates plus belles et les têtes plus grosses. Je ne sais pas s'ils étaient de la Nouvelle Adroite[2] mais ils savaient causer que je n'en pouvais plus.

Je ne regrette pas ma lecture de Saint Just. Le bonheur doit en 1984 devenir une idée neuve en Europe et pourtant je n'admets aucune leçon de histoire puisqu'elle ne se répète jamais[3].

La croisade anti-bonheur de nos savants-généraux modernes est cousu de fil blanc. « Dans les pays socialistes ils ont eu l’audace de vouloir faire le bonheur du peuple contre le gré des peuples. Il faut donc que tout le monde soit vacciné : le bonheur est discrédité. » Je viens de l’écrire : ces savants modernes sont les généraux d’aujourd'hui. Ils tuent sans arme, et sans guerre. C’est là qu’on mesure l’importance de la question des pays socialistes. C’est grâce aux déraillements de ces pays là que nos savants modernes jouent leur comédie. Ils ont mis un scénario en place qui vise à rabaisser l’homme pour laisser monter le taux de profit. Mieux, l’homme va se rabaisser lui-même en refusant le bonheur. Le bonheur ne sera jamais coté en Bourse. Le bonheur du travail bien fait est sans rentabilité. A moins qu'un fils de pub se charge de la question et le temps d'un été, le bonheur se sera les Bahamas.

Lénine a voulu faire le bonheur de son peuple et au nom de cet idéal, il a réussi (fait rare) à prendre le pouvoir et même à le garder. L'objectif des hommes de 1917 est-il atteint ?

La réponse à cette question doit avoir de l’intérêt pour les Soviétiques, mais moi en France, je suis dans un autre pays et je ne connais personne qui puisse me justifier l’enterrement du bonheur même en grande pompe. Je refuse de m'autodétruire car pour moi tel est l’objectif qu’on nous fixe à coups de voyages vers l’Est (ce qui est faire beaucoup de cas d’expériences dont on nous rabâche pourtant qu'elles sont chaque année plus catastrophiques).

 

Le contraire du bonheur ce n'est pas le malheur mais la peur. Celui qui est dans le malheur et qui le ressent ainsi, peut encore croire au bonheur. Mais celui qui a peur ?

Aujourd'hui les hommes ont peur. Peur de l’accident, de perdre le boulot, de l’agression... C'est la peur qui pousse les hommes à pousser les canons[4].

Aujourd'hui sans mobilisation militaire, sans ennemi extérieur, ils veulent nous enfoncer dans la peur. On a eu peur des jaunes, des rouges mais aujourd’hui même les communistes ne font plus peur(même s'ils soulèvent la haine de quelques uns). La peur est plus profonde. Nous mêmes, nous incitons à la peur en montrant les dangers d'une guerre atomique mais en même temps nous montrons la voie de l’espoir. Seulement suffit-elle ?

La peur est réactionnaire et le bonheur révolutionnaire. Quant à l’espoir, il est réformiste !

Je ne veux pas dire que la politique du parti est réformiste[5] sinon je le dirais sans détour. C'est juste le mot que j’interroge. Je ne veux pas d'ailleurs à partir du mot bonheur inventer une politique du bonheur à un taux variant au rythme de l’inflation.

« Le bonheur inventé définitivement » comme Ferrat chante juste !

 

Dans la tribune de discussion de l’Humanité[6] un camarade écrivait : « Voulons-nous un texte qui se contente de donner la meilleure analyse possible de la situation et un plan d'action, ou voulons-nous aussi qu'après le congrès les communistes soient enthousiastes ? »

Il proposait de mieux s'inscrire dans le mouvement « irrésistible » de libération des peuples : « Nous ne réoxygènerons notre Hexagone qu'en ouvrant nos fenêtres sur l’air du monde. »

En effet, ne prenons pas la France pour le centre du monde et la terre pour le centre de l’univers mais n'allons pas demander le bonheur à la porte d’à côté. Ce n’est pas cela qu’ils peuvent nous donner, les peuples du monde ! Quant à l’enthousiasme revenons y.

On a mis ces dernières années l'enthousiasme des communistes à rude épreuve. N’est-ce pas Lajoinie qui quatre jours avant les Présidentielles de 1981 disait : « nous ferons 25% » ?

Mon enthousiasme personnel n’a jamais été à cette école. Il ne s’est jamais gonflé de chiffres, non pas que je m'estime plus malins que d’autres, mais parce que je puisse mes forces ailleurs. J’ai été surpris par le mauvais score de Marchais, par le mauvais score des Européennes de 1984 et bien sûr attristé. Concernant le parti, j'ai été refroidi ces derniers temps, mais mon enthousiasme militant reste intact car c'est dans la réalité sociale telle qu'elle est, que je l'alimente. Si d'un côté je constate que j’affronte d’affreux oiseaux de malheur qui sèment l’autodestruction, je sais qu'en même temps les malades refusent de se laisser soigner sans comprendre.

« Le bonheur est dans le pré, cours y vite il va filer » dit la chanson. Avec la société capitaliste le bonheur n’est plus dans le pré (il n'y a plus de pré) mais on n'a plus à courir après, car il est là. Je parle de la société capitaliste d'aujourd'hui que je refuse d'assimiler à la société du malheur. Il faut se construire le bonheur là où l’on est, et dans un igloo si on est au pôle.

Alors le bonheur ne serait-il qu'une question individuelle ? Est-ce que ce ne serait qu'une question de vie privée ? Est ce qu’il ne faudrait pas dire chacun son bonheur ?

Je persiste et signe dans le farfelu. L'enthousiasme se puise dans la réalité. Le privé n'existe plus et tout est politique(ce que j'ai refusé de comprendre longtemps). Le plus politique des deux n’est pas toujours celui qui vote à toutes les élections. Le bonheur inventé c'est celui qui a du cœur et les communises n’en manquent pas... surtout en dehors des réunions du parti.

Et s’il est inventé définitivement c' est que le capitalisme nous donne les armes pour cela, à condition qu'on les remettent sur leurs pieds[7]. C’est parce que le bonheur est une affaire individuelle que c'est une affaire de société. C’est quand il est affaire de société qu'il est bonheur individuel. La solution Le Pen c'est le bonheur mécanique de l’homme-rouage.

Dans ce cas le bonheur devient une huile super-molygraphite désinfectante, et anti-poussière communiste pour rouages grippés. L’homme vaut plus que cela. Mais voilà que je risque de philosopher et je m’en voudrais de faire une concurrence inutile à notre philosophe Lucien Sève qui, en cherchant bien, a pu m'entraîner sur la pente où je me trouve. Alors oui au bonheur. Jean-Paul Damaggio



[1] Avec un ami humoriste j’ai toujours considéré que « l’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas. »

[2] C’était du temps de la « nouvelle droite » qui depuis n’en finit pas d’être nouvelle et décomplexée.

[3] Un pied de nez à la célèbre citation de Marx car pour ma part je ne connais aucune comédie capable de répéter la tragédie.

[4] Depuis nous avons la peur écologique… la peur climatique… la peur scientifique mais jamais la peur capitaliste.

[5] Quoi que…

[6] Ces tribunes d’avant Congrès, à la parole contrôlée, sont cependant une expression du plus grand intérêt.

[7] Des armes remisent sur leurs pieds, ce n’est pas très clair…

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 13:34

Pris par le temps je n'avais pas mis sur le blog ce texte de Philippe Guillen mais comment de Lorca à Ferrat ne pas faire le lien... J-P Damaggio
Théâtre à Moissac.

Ce Vendredi 12 Février, dans la Halle de Paris à Moissac  se rejouait un drame, celui de l'Espagne qu'on assassine.

Aout 1936, Grenade souffre, Grenade saigne. Les militaires et falangistes tiennent la ville, et la Poésie est en prison. Dénoncé puis arrêté il y a peu, Fédérico Garcia Lorca va mourir !

Dans un cercle blanc, celui d'une scène qui pourrait tout aussi bien être plaza de toros, un homme voudrait se faire entendre d'un autre, le convaincre. Comme tourne un disque sur le vieux gramophone qui s'épuise, comme la robe sang d'une chica désespérée tourbillonne au son du Flamenco, l'artiste, l'ami et  l'officier falangiste tournent aussi, mais sans que jamais le premier puisse rattraper le second ni l'arrête. C'est sans espoir! La sensibilité, l'amour des choses et des gens, sont incarnés par Don Manuel de Falla, le grand compositeur venu sauver son ami Federico. La brutalité, la haine des autres et de la différence, sont portés par le commandant Valdés, le militaire botté jusque sous les bras, bardé de cuir et sanglé de médailles. Il est le bras qui tue pour le plaisir de tuer, l'ignorance qui n'admet que la bêtise et la soumission, qui jalouse l'intelligence et l'assassine. C'est lui le Gouverneur, c'est lui le représentant de Franco dans la ville.

Jamais le vieil artiste ne pourra rattraper le bourreau, ne le convaincra d'épargner la Poésie, de sauver la beauté, car la mort a déjà frappé. Il est trop tard pour Federico, les balles franquistes l'ont déjà fauché. Et le pervers Valdés, ordonnateur du crime, s'amuse des efforts désespérés de Falla: à Grenade les balles valent plus que les phrases et plus que la vie. Et l'Espagne est là, emportée comme dans une spirale. Elle est dans le vain flamenco de cette jeune danseuse qui ne parviendra pas à attendrir le tueur en uniforme, qui ne sauvera pas son frère tout comme Falla n'a pas sauvé Lorca. L'Espagne est là aussi dans le secrétaire du fauve, dans le jeune soldat Calderon qui par Federico découvrit la poésie et l'amour, qui voudrait pouvoir arrêter le crime mais se résigne à n'être qu'un homme de registres, un "comptable de la mort".

Bref, un beau texte, puissant, et de bien bons acteurs. Dans un petit bureau rond, des voix qui portent, des visages graves, des gestes efficaces... et sur les gradins, un public emporté, des spectateurs impressionnés, des moissagais effrayés. Monsieur François-Henri Soulié, Mademoiselle et Messieurs les comédiens de la Mandoune, BRAVO !

Philippe Guillen.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 10:37

lili-et-murielle.jpg

Murielle Magellan et Eliane Latu : les retrouvailles
 

A l’invitation de la Compagnie des écrivains, Murielle[1] est revenue à Montauban avec à ses côtés, à la tribune, les témoins de sa jeune et forte volonté artistique. Théâtre, cinéma, chanson, dès le début, elle n’a pas hésité à mettre plusieurs cordes à son arc pour réussir à exprimer sa propre humanité. Vu de loin, ce risque de dispersion pourrait apparaître comme des sables mouvants où beaucoup s’enfoncent, mais pas pour Murielle Magellan qui sait tout assembler dans un savant bouquet. Dans le débat, elle reconnaîtra qu’aujourd’hui encore son appétit est plus immense que son estomac, mais décidée à se discipliner, elle vient donc de refuser un rôle de comédienne dans une pièce.

Elle précise que, comme pour tout un chacun, articuler dans la vie les nécessités et les désirs est un défi à tenir, son parcours lui permettant à présent de mieux accomplir ses désirs, même si, à répondre à des commandes, elle y a toujours casé une part d’autoportrait. Les nécessités l’ont donc poussé vers la télévision où l’écriture de scénarii est plus rémunératrice. Pour les désirs, elle ne pensait écrire des romans que plus tard mais elle a pu s’y lancer, et travaille à l’heure actuelle au second qui, après Gabrielle, replacera un personnage féminin au cœur de l’intrigue.

Eliane Latu, photos à l’appui, rappellera les débuts théâtraux de la jeunesse Murielle qui elle-même nous offrira aussitôt sa première réplique sur scène, reprise des Femmes savantes. F.H. Soulié rapportera un souvenir cinématographique, autour d’un court métrage qu’il a réalisé et où la jeune Murielle jouait le rôle d’une Sainte Vierge sur les causses, sous la chaleur et avec de lourds costumes. Il a cette formule que j’aurais pu mettre en titre : « Murielle c’est une promesse tenue et ça fait plaisir. »

Jo Masure de son côté rappellera comment il découvrit les talents de la chanteuse programmée en octobre 1983 dans un spectacle avant Maurice Fanon et Paco Ibanez et qui suscita tant d’émotions dans la salle.

Bref, quand Murielle partit pour Paris, elle avait déjà un bagage, entendons des retours critiques sans lesquels l’entêtement à devenir artiste manquerait d’atouts auxquels se rattacher quand le découragement affleure.

Dans la capitale un producteur, avec qui elle n’a finalement pas travaillé, l’incita à prendre un pseudo. Murielle Dbay est devenue Murielle Magellan pour quelques raisons qu’elle apporta avec la sincérité qui la caractérise (mais un artiste peut-il éviter la sincérité ?) : déjà enfant elle observa qu’à écouter l’appel à l’école, l’enseignant nouveau marquait un temps d’arrêt devant son nom difficile à prononcer, par la suite pour une vie publique il lui sembla préférable de choisir un pseudo, et depuis elle ne le regrette pas car ça permet de maintenir un distance entre vie privée et vie publique. Il nous reste à imaginer que Magellan c’est le désir d’aventure et on n’a pas à imaginer beaucoup quand on lit le parcours de son héroïne Gabrielle qui, face à l’effondrement de ses cadres stables, plutôt que de se lamenter ou d’essayer de les reconstruire, préfère suivre une route nouvelle, une route où « la barre » est placée très haut, et quoi de plus haut que d’avoir envie de faire le tour du monde ?

En conséquence elle n’est pas bloquée par la page blanche, son travail c’est d’écrire et elle travaille, l’inspiration venant ensuite.

Pourrait-elle, à capella, chanter un refrain ? Elle ne chante qu’en s’accompagnant au piano, le piano qu’elle a rencontré dès l’âge de sept ans (sa professeur était dans la salle) et qui est peut-être la cause de son envol, car c’est à partir du piano qu’elle a commencé à composer, à écrire des chansons, à toucher à l’art. Elle répéta ce qu’elle avait dit au moment de son premier passage, à savoir qu’au théâtre de la FOL, elle avait 12 ans au début et était impressionné par les discussions des plus grands qui avaient des opinions, elle étant plutôt ébahi, mais on peut penser cependant, qu’avec son compagnon le piano, même si ce n’était pas formulé, elle devait déjà savoir où elle passerait et où elle ne passerait pas. Observons que ce piano est un signe extérieur de richesse (financière, culturelle et sociale) qui aurait pu la conduire vers une vie rangée, classée et ordonnée, mais qu’elle décida d’en faire autre chose pour le bonheur de tous ceux qui pensent que la vie consiste à se tenir debout. N’en doutons pas un seul instant, au rythme qui est le sien, demain, elle viendra encore frapper nos esprits par son talent, sa fougue et sa soif d’exister.
16-01-2010 Jean-Paul Damaggio

 



[1] J’ai du mal à écrire Murielle car l’héroïne préférée de mon auteur préféré, Vazquez Montalban s’appelle Muriel.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:06

Laroui à Lauzerte

C’est toujours avec une certaine émotion que je me dirige vers Lauzerte car j’y ai commencé ma carrière d’instituteur. En ajoutant ma passion pour les nouvelles, voici donc une double raison de ne pas rater la Place aux Nouvelles, initiative de la Librairie Le Scribe autour de ce genre littéraire. Le temps de dire bonjour à quelques amis, je fais le tour des livres et je passe juste au bon moment devant le stand de Anouar Benmalek qui est un habitué et dont Marie-France a lu O Maria. Une dame s’approche de l’écrivain d’à côté pour lui dire que dans cinq minutes, il a sa lecture à faire. Je le prends alors en photo, et il m’interpelle aussitôt pour me dire : « Ce n’est pas moi qu’il faut prendre en photo mais la dame qui est là devant vous. »

J’en déduis que sa lecture doit manier l’humour et avec Marie-France nous nous dirigeons vers la salle pour attendre son intervention. Dès les premiers mots de Fouad Laroui, qui a invité pour l’aider à lire une complice féminine, son style surgit comme un bol d’oxygène réparateur. Franchement, Fouad Laroui à Lauzerte c’est un peu comme un énorme miracle. J’ai envie de m’en tenir d’abord à la nouvelle qu’ils se régalent à lire ensemble, lui et elle, dont le titre est tout un programme, le jour où Malika ne s’est pas mariée (titre d’un livre à paraître début octobre, qui était donc en « sortie nationale » à Lauzerte !), surtout que dès le départ Fouad insiste sur « ne s’est PAS mariée ». L’histoire se passe au début des années 70 au Maroc dans une petite ville du bord de mer, Eljadida. L’instituteur traditionnel, par l’intermédiaire d’un homme à grande barbe blanche, fait une demande en mariage à la fille moderne d’une veuve. Le titre donne par avance la réponse. Un bijou cette nouvelle, un bijou qui nous rappelle que partout les années 70 furent libératrices…

Fouad Laroui est un économiste et écrivain marocain, né en 1958 à Oujda. Il a poursuivi ses études au Lycée Lyautey à Casablanca, puis en France, à l'Ecole des Mines et celle des Ponts et Chaussées. Il retourne quelque temps au Maroc pour travailler dans une usine de phosphates à Khouribga et part au Royaume-Uni et précisément à Cambridge et à York (lieu qui deviendra thème d’un de ses romans). Après avoir obtenu son doctorat en sciences économiques, il s'installe à Amsterdam où il enseigne l'économétrie et les sciences de l'environnement à l'Université. En 1996, Fouad Laroui publie un roman Les dents du topographe qui reçoit le Prix Découverte Albert-Camus, en 1998 De quel amour blessé reçoit Prix Méditerranée des Lycées, Prix Radio-Beur FM, Le Maboul en 2000... et De l'islamisme, Une réfutation personnelle du totalitarisme religieux en 2006 (lecture salutaire mais qui est au courant ?). Si peu d’activités lui laissant du temps libre, Fouad Laroui est aussi chroniqueur littéraire à l'hebdomadaire Jeune Afrique, à la revue Economica et animateur d’une émission importante sur la deuxième chaîne marocaine. Il serait bien sûr injuste d’oublier ses poésies publiées… en néerlandais !

Preuve une fois de plus que bien souvent l’univers est à nos portes. Merci à Fouad et merci à la lectrice qui l’accompagna. A bientôt sur le front des luttes contre la sottise, la cruauté et le fanatisme, thèmes qui lui tiennent à cœur.

12-09-2009 Jean-Paul Damaggio

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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 15:13

Nous avons bien connu Noël Arnaud qui sous le pseudo de Léon Dunara a été mis à contribution malgré lui dans un bochure de nos éditions. Exécuteur testamentaire de Boris Vian il ne manqua jamais d'activité et comme il lui arriva de nous conter cette histoire du poème d'Eluad Liberté, voici la reprise de cette lettre en hommage au personnage.

Noël Arnaud à Anne Egger

Penne, le 10 mars 1997

Chère Anne,

Je vois venir une espèce de Barbe-Bleue qui s'appelle Lucien Scheler et qui a une tendance irrépressible à s'approprier tout ce qui passe à sa portée. En bon stalinien, il a fait croire à la municipalité de Saint-Denis qu'il lui faisait don du manuscrit original du poème Liberté d'Éluard, alors qu'il s'agissait d'une des très nombreuses copies écrites par Éluard qui passait une bonne partie de ses matinées (et il se levait très tôt) à recopier les manuscrits de ses poèmes pour les fourguer aux amateurs. La copie de Saint-Denis est donc " originale " en ce sens qu'elle est de la main d'Éluard. Seulement - ce qu'ignorait Lucien Scheler - le poème Liberté n'a reçu son titre définitif que chez notre admirable imprimeur de la Butte aux Cailles, Lucien Cario, et en ma présence, son titre étant jusque-là - et le manuscrit le prouve - non pas ce qu'on a raconté, et Scheler notamment, mais un titre il faut le reconnaître un peu faiblard : Une seule pensée, à telle enseigne qu'on peut se demander si ce poème aurait eu le même retentissement si Éluard avait conservé le titre primitif.

Pareillement, Lucien Scheler n'a jamais possédé le dessin original et bandant et en couleur d'Éluard avec la dédicace précise à Péret, dessin publié dans Dragée Haute n° 8 dont Bodson ou vous-même avez fait une photocopie couleur assez réussie. Oui je possède encore le dessin (et aussi le manuscrit de Liberté). Il suffisait au stalinien Scheler de voir son nom imprimé deux fois (oui, deux fois !) dans la brève légende du dessin imitant le dessin original d'Éluard à Péret, pour se rengorger. Pourquoi voudriez-vous que j'aie " quelque chose à dire " (comme vous dites) à ce sujet ? La seule chose que je puis vous dire, c'est que je m'en fous. Que les universitaires débloquent, ce ne serait pas la première fois, alors, hein ?

Votre lettre du 18 janvier est parvenue à Penne alors que j'étais hospitalisé, et ma femme aussi, c'est-à-dire à un moment particulièrement difficile. D'où mon retard à vous répondre. J'ai du reste le sentiment que votre lettre du 18 janvier 1997 et celle du 10 décembre 1996 avaient été précédées d'une autre que je ne retrouve pas, mais à laquelle j'avais donné quelque suite - que bien entendu, je ne retrouve pas non plus. Je lis dans votre lettre de décembre : " Bien entendu et si vous le désirez, je peux encore intégrer vos petites choses dessinées ou collées de Breton, Péret ou autres poètes ". Mais je ne désire rien du tout, et pourquoi voulez-vous que ce soit de " petites choses ". C'est un jugement de valeur un peu hâtif, vous ne pensez pas ? Encore une fois, je ne suis pas demandeur, et si vous publiez un livre (une thèse ?) incomplet d'une soixantaine d'illustrations dues à ces poètes (mais aussi à ces peintres) surréalistes, cela ne regarde que vous, et personnellement je m'en balance.

La non-spécialisation dans le Surréalisme, certes, mais c'est un tout petit bout de l'héritage de Dada qui, lui, allait beaucoup plus loin dans le " mélange des genres ". Le Surréalisme a mené, souvent parallèlement, la poésie et la peinture (et aussi la politique révolutionnaire), mais cela est difficilement compris par les universités françaises, sauf rares et récentes exceptions, alors que c'est une évidence (pédagogique) dans les universités allemandes et américaines depuis fort longtemps. C'est reconnaître, et je m'exécute volontiers, que vous avez choisi un sujet intéressant, mais il me semble que vous avez quelque propension à croire à l'absolu pouvoir des universitaires, à l'obligation de répondre à leurs questions avec un profond respect, et là vous vous égarez. François Caradec - dont vous lisez peut-être en ce moment le Raymond Roussel revu et augmenté - répliquait à une universitaire - par ailleurs plutôt sympathique - qui s'imaginait en droit d'exiger des documents et des informations qu'il ne lui donnerait rien si elle le prenait sur ce ton. Vous devez bien supposer que nous ne nous inclinons pas devant les "autorités", et l'université, ici comme ailleurs, participe, que vous le vouliez ou non, de la police des moeurs. Beaucoup d'universitaires, et spécialement ceux appartenant au Collège de 'Pataphysique, en ont heureusement conscience et adoptent une attitude discrète et nécessairement policée.

Je ne vous encourage pas moins à poursuivre vos utiles travaux dont je goûterai les fruits avec plaisir si Faustroll me permet d'en attendre le mûrissement (car vous en mettez du temps, fichtre).

Croyez-moi votre attentif et souriant

Noël ARNAUD

 

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 16:00

La dignité de l’espiègle

 

 

« Oui, jeune, j’étais espiègle, mais faut-il encore comprendre de quoi il s’agissait. J’avais quinze ans en 1945 et pour aller profiter de la vie du village située à cinq kilomètres, je devais marcher à pied, mes parents n’ayant pas l’argent pour m’acheter un vélo. Aujourd’hui les jeunes ne peuvent plus comprendre les dizaines de kilomètres que nous faisions souvent sans autre moyen de déplacement que nos jambes !

Deux petits voisins étaient plus riches que moi et utilisaient déjà la bicyclette. Pour se moquer de moi, sur la route du village, ils me doublaient, s’arrêtaient pour me regarder les rattraper, et me doublaient à nouveau avec l’arrogance en supplément, alors qu’ils auraient pu me transporter sur la barre du vélo ; j’étais plutôt poids plume.

Un jour j’ai eu une idée. Au village, je savais où ils installaient leur vélo : dans l’écurie qui jouxtait un bar, écurie indispensable au cheval qui servait de « voiture ». Je suis entrée dans l’étable, j’ai dégonflé les vélos et j’ai caché la pompe dans le foin. En sortant, le patron du bar, m’observant, me dit :

« Toi, tu as l’air d’avoir fait une ânerie ! »

J’ai alors expliqué mon acte et l’homme s’en amusa. Avait-il déjà noté l’air prétentieux des propriétaires des vélos ?

Quand les jeunes enfourchèrent leur bécane, enfer et damnation, ils pensèrent qu’elles étaient crevées et allèrent aussitôt se plaindre à l’homme du bar qui les regarda goguenard en indiquant :

« Crevé ? Crevé ? Allons il s’agit plutôt de roues dégonflées ! »

« Et la pompe alors, la pompe, où est-elle ? »

Pour les deux garçons l’affaire s’arrêta là et leur servit de leçon car ils cessèrent subitement de me doubler d’un air narquois.

Pour moi, en m’approchant de la maison, je vis au bout du chemin mon père qui manifestement m’attendait. Je craignais le pire…

« N’aurais-tu pas commis quelque action regrettable ? » me dit-il dès que je fus à portée de voix.

Pas question de mentir, aussi j’ai tout expliqué, et il eut alors ce simple commentaire :

« Nous verrons ce qu’il en est exactement car en fait je crois savoir que tu as crevé les pneus ! »

La clémence de mon père fit que je n’ai plus jamais entendu parler de cette espièglerie sauf qu’il restait tout de même une question : en un temps où il n’y avait pas de téléphone portable, comment mon père fut-il au courant avant même mon retour ? Seule ma sœur aînée et sa copine avaient pu me dénoncer, elles qui, pour des raisons inutiles à préciser, avaient déjà un vélo. »

 

En moi-même, à l’écouter, je me suis dit que l’espièglerie avait maintenu en bonne forme cette octogénaire dynamique et toujours digne. Et mon penchant politique m’incita à penser que la lutte des classes prend parfois des airs amusants.

19-07-2009 Jean-Paul Damaggio

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