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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:55

Kamal Ben Hameda : La compagnie des Tripolitaines Editions Elyzad

À Tripoli, dans les années soixante, on fête la circoncision du narrateur. Pourtant le jeune garçon ne peut se résoudre à quitter le royaume régi par sa mère et ses amies, Fella la «mangeuse d’hommes », Nafissa qui fume et qui boit, Jamila la sensuelle… toutes tripolitaines d’origine arabe, berbère, africaine, italienne, juive. De ses errances d’une femme à l’autre, dans une société où l’on ne mâche pas ses mots et où le regard porté sur les hommes est sans concession, le petit mâle en devenir forge sa sensibilité.

C’est un monde débridé, puritain, une Libye hors temps qui s’exprime dans cette ronde de portraits de femmes. Au-delà des contraintes de la bienséance comme dans l’intimité d’un gynécée, explosent leurs bravades et leurs malices, leurs vengeances et parfois leurs révoltes.

Kamal Ben Hameda revient de loin. D’un monde clos et ourlé d’interdits. Où la première ligne de barbelés est celle qui sépare le monde des hommes de celui des femmes.

Marina Da Silva, Le Monde Diplomatique.

 

Deux livres chez l’Harmattan

LA TENTATION DE LA LUMIÈRE : Suivie de Fragments de voyage et Fragments de dehors Kamal Ben Hameda, Kamal Ben Hameda

" Voyage entre clarté et lumière, entre frémissements et silences. Une quête où commence l'exil et qui suit ce qu'il y a d'indicible dans le chemin. Deuil du moi pour l'ouvrir à toutes les contrées des fonds de l'invisible… " Durant la nuit de l'âme, le voyageur ne s'égare jamais, son cœur se fait l'héritier des étoiles.

FRAGMENTS DE LUMIÈRE Kamal Ben Hameda

Au commencement il y avait le silence

Et le silence était lumière

Des cieux et de la terre.

 

Des extraits d’un site consultable en cliquant sur le titre

Poésie, acte de connaissance.

Connaissance dans l'acception primaire, matérielle et sensuelle de naissance à l'autre, avec l'autre, aux mondes.
Une naissance comme toute autre, réelle et palpable qui élit une nudité, nomme une transparence.
Une naissance à son corps, à sa parole ; au corps fait verbe et au verbe fait chair, sang, artères.
Dans ce sens, le poète est celui qui tente de reconnaître à travers le bruit strident de la cacophonie généralisée érigée en norme, sa parole.
La poésie comme épreuve de vérité, sa vérité, sa propre vérité.
La poésie comme quête des origines, reconnaissance de sa propre géographie, conquête de son territoire.
Reconnaissance de sa parole, défiant ainsi celle de l'Ordre des Dieux et des Pouvoirs.
La poésie, cet instant-là, devient le chemin qui mène de soi vers le Soi, un voyage initiatique, initiation à sa propre parole.
Un voyage périlleux, itinéraire de dévoilements, une traversée des royaumes des ombres et des masques…Et l'Afrique est le continent des masques ; ceux de la tribu, des chefs, des fonctionnaires de l'Invisible, des gardiens des troupeaux amnésiques et des esclaves, là où la seule parole permise est celle du pouvoir temporel et celle de l'intemporel.
La poésie, la Déesse du Verbe, demeure un des derniers recours contre cette violence de la Vérité Absolue qui agit souvent comme une camisole de force, invisible et inconsciente, à l'expression novatrice et libre. Le pouvoir de la poésie réside dans la contestation permanente de la langue momifiée et la défense des langages périphériques, souterrains.
Son rôle reste central et vital, celui de rappeler qu'il y a d'autres paroles, d'autres mémoires. Celui d'initier au voyage à la découverte de sa propre voie, sa propre voix.
Elle est une force salvatrice si l'habitant de ce continent, mille fois bafoué, ose entreprendre le voyage vers son pays insoupçonné, épeler la langue de ses paysages, sa langue propre, celle de la poésie, de sa poésie.
Retrouver une parole confisquée, une mémoire originaire, celle de la première enfance, des premiers émois, premiers étonnements et celle ancestrale respecté mais sans cesse remise en chantier, interrogée, interpellée, une mémoire des commencements, des questionnements, de la création et non la pensée actuelle de l'achèvement, du prêt-à cuire, prêt à consommer.
La parole du village retrouvée.
Retrouver la parole directe collective et plurielle du village où chacun dit sa parole sans mandataire, sans intermédiaire, où tous portent la parole de chacun comme les étoiles portent le ciel.
Une parole où le seul pouvoir
est à l'intérieur du cercle
celui du village

au centre du cercle
au grand vide
au cœur de la vie
au cœur de l'énigme.


Extrait
J'ai passé des années derrière les zincs contemplant sa splendeur
des journées entières à la regarder traverser allègre le règne
des jours
J'en ai perçu des paysages ensorcelés des matinées exaltées
des après-midi fauves
le soir j'errais à la recherche des traces de ses senteurs
j'ai meublé mes nuits de vertige
j'ai bati des citadelles pour me protéger des assauts de
l'absurde, entonné des hymnes à sa gloire
aux déflagrations de l'aube j'ai salué ses descendants
je résistais aux lois de gravitations
allumais des feux de joie
puis le jour installant son ordre je trouvais refuge derrière
les comptoirs regardant l'unique à moi souriante silencieuse
passer doucement à l'autre versant du jour
(Fragments de lumière)
Kloetinge, Pays-Bas, vendredi, 5 novembre1999

(Après la France l’auteur est allé aux Pays-Bas)

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 20:49

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Rendez-vous annuel à la Librairie de la Renaissance où cette année nous retenons parmi les nombreux invités, le Libyen Kamal Ben Hameda. Normalement il devait débattre avec l’Egyptien Gamal Ghitany mais, par chance à mes yeux, il s’est retrouvé seul, l’autre écrivain ayant eu à souffrir d’un retard d’avion. Bien sûr une discussion entre les deux aurait apporté quelques lumières mais le cas lybien, à lui seul, a largement rempli l’horaire.

 

L’homme politique

Il faut reconnaître que l’expérience de Kamal Ben Hameda est peu ordinaire. Il crie et il écrit depuis des décennies mais il a fallu une catastrophe pour qu’enfin on daigne l’écouter un peu. Son engagement démocratique est clair, si clair que dès le début de l’ère Kadafi il a dû fuir son pays pour la France. Le titre de la rencontre l’a surpris : « L’islamise, danger ou épouvantail ? ». L’islamisme, dont Ben Hameda sait très bien qu’il se prépare à prendre le pouvoir en Lybie - comme il marque plus que jamais l’ensemble de l’espace arabe – serait un épouvantail ? Il insiste, il dit « espace arabe », car parler par exemple de révoltes arabes c’est encore mettre les arabes au centre d’un univers bien plus complexe.

A Tripoli Ben Hameda a tout connu, les Berbères, les Turcs, les Touaregs, les Juifs, les noirs descendants d’esclaves, et même les arabes. Son pays fils de Mussolini est-il un pays ?

Quant à la religion musulmane il sait très bien comment elle est devenue le pivot obligé de la constitution passée, présente et avenir. Kadafi se plaçait même au-dessus de l’Islam mais lui comme les autres dictateurs ont utilisé l’Islam pour imposer leur folie.

Il paraît qu’ils étaient au pouvoir au nom du rempart qu’ils opposaient à l’islamisme radical ! Eux tous, de Ben Ali à Kadafi, se sont solidement installés au pouvoir avant l’arrivée de l’Islamisme radical, à l’aide de l’Internationale socialiste pour l’un, à l’aide du petit livre vert pour l’autre.

Et voilà ce que Ben Hameda découvre en arrivant en France - lui le témoin, le démocrate - pas le plus petit espace pour crier sa colère. De ce fait il en déduit que les révolutions de l’espace arabe devraient être l’occasion d’interroger l’état de la démocratie en France. Quelqu’un lui répondra que notre démocratie, vivant sous le règne de l’argent, n’est pas une démocratie. Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut entendre ! Bien sûr que cette démocratie du fric, il la condamne, mais Ben Hameda ne parlait pas de celle là, il parlait de celle conçue dans les officines de gauche, de toute la gauche. J’aurais aimé indiquer que le sort de Ben Hameda fut aussi celui de Chahla Chafiq arrivant d’Iran et découvrant en France un PCF en admiration devant la révolution des ayatollah , ou celui de démocrates algériens qui n’avaient pas noté que l’islamisme était un épouvantail…

Et au sujet de notre démocratie une personne présente a tenu à rappeler qu’à Bamako une bibliothèque était pleine du livre vert, des commentaires du livre vert, de colloques sur le livre vert et toute cette « littérature » était l’œuvre d’intellectuels français de référence...

 

S’il s’agit de rappeler que partout dans le monde les forces capitalistes se sont servies et se servent de l’islamisme (comme elles savent user de tant d’autres manipulations), c’est une vérité, mais qui écarte encore une fois le peuple pour réduire la réalité aux effets de la domination. Et les peuples ? Et les peuples qui ont fait tomber l’URSS ? Nasser, Boumédienne, Kadafi c’est l’ère de l’influence de l’URSS dans la zone, c’est la victoire de l’idéologie du parti unique. Les révolutions d’aujourd’hui c’est encore l’effet de la chute du communisme en Pologne puis en RDA. Il se trouve que l’islamisme est un désir populaire profond, la religion étant comme l’expliqua Marx à la fois opium du peuple et protestation du peuple contre la misère réelle. Il ne suffira pas d’arracher l’épouvantail pour contraindre les Frères musulmans et tant d’autres confréries à tenter d’imposer leurs volontés. Pour l’Egypte, un autre écrivain expliqua (voir prochain article) que les Frères musulmans pour mieux passer pour modérés savaient aussi mettre en avant des extrémistes ! Un autre type d’épouvantail !

 

Ben Hameda n’a pas été contre Kadafi seulement (1) quand celui-ci est venu à Paris à l’invitation de Sarkozy, mais quand il était aussi l’idole de l’anti-impérialisme, idole qu’il est encore à écouter Chavez. L’ignominie de Kadafi comme celle du PCUS c’est qu’à l’heure de leur effondrement, ils n’ont laissé aucune autre porte de sortie pour les peuples obligés de se jeter dans les bras du capitalisme… ou de l’islamisme. Pire, dans des pays où la référence aux tribus s’était estompée, voilà que toutes les divisions ont été réactivées… pour mieux régner.

 

 

Au sujet des événements Ben Hameda a rappelé que le déclenchement a été antérieur aux événements tunisiens avec un appel de l’opposition à manifester le 17 novembre puis le 7 avril. Des manifestations faisant suite aux actions régulières et très anciennes des femmes de Bengazi demandant le retour des corps des disparus. Et pourquoi le 7 avril ? Car ce jour-là suivant une tradition bien établie, il y avait des cérémonies nationales avec à la télévision le reportage sur les pendaisons d’étudiants réalisées en direct !

 

A quelqu’un qui souhaitait qu’on en revienne aux questions économiques, Ben Hameda a eu cette réponse : « Bien sûr que la Lybie est extrêmement riche, c’est une caverne d’Ali Baba et on sait où sont les quarante voleurs. Kadafi dans son cynisme habituel aimait répéter que le peuple pourrait être très riche mais que voilà, au nom de la révolution il fallait souffrir encore avant d’atteindre le paradis. » Et la question retombe… dans la religion ! Tout comme Dieu a décidé de doter les pays arabes du pétrole, il les a dotés de la patience pour attendre les succès complets des révolutions des années 60.

 

L’écrivain

Nous avons retrouvé le même auteur, le lendemain,  à la Cave poésie où Boris Terral a lu de larges extraits de La Compagnie des Tripolitaines. C’est justement un extrait de ce livre qui avait aussi été lu à la Librairie la Renaissance. Une autobiographie à partir de l’enfance de l’auteur, avant que la circoncision ne le renvoie dans le monde des hommes.

Un autre article va donner une vision littéraire du personnage. En attendant il est frappant de constater que de nombreux écrivains des pays arabes affichent tous un engagement politique.

26-06-2011 JP Damaggio

(1) mot que j'ai ajouté suite à un commentaire qui a fait aparaître son absence. Désolé

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 20:43

Depuis des années Michel Veyres, à la dernière page des Nouvelles du Tarn-et-Garonne, propose une chronique en lien avec le Tarn-et-Garonne. Dans le n°374 il présente avec sa minutie habituelle le roman de Léon Cladel que nous avions évoqué. JPD

Xilder dans Le Petit Journal

Xilder de Léon Cladel

 

Passion cornélienne sous la république naissante

 

Léon CLADEL est né à Montauban dans le quartier de Villenouvelle, en 1835, où son père était artisan bourrelier. Après des études de droit il devient à Paris écrivain, est remarqué par Baudelaire, honoré par ses pairs. Victor HUGO l'estime et a des relations d'amitié avec lui. Son œuvre romanesque et poétique se situe en plein dans ce XIXème siècle bouillonnant où finit par naître la IIIème République en son dernier quart après que celle-ci ait écrasé et massacré les Communards avec l'aide de Bismarck qui, victorieux de Napoléon III, annexait l'Alsace et la Lorraine !...

C'est donc dans un contexte de crises diverses où monarchistes, boulangistes, cléricaux s'agitent... que se déroulent ce roman (I) de l'écrivain, inédit à ce jour, et dont la publication est due à Christian DELPÉRIÉ.

Nous sommes au mois de mai, dans les années 1880 : deux hommes s'apprêtent, revolver en main, à se tirer dessus lors d'un duel par le temps printanier où retentissent les trilles des merles près du bois de Charville, en région parisienne. L'un. Henry Xilder, Alsacien, est le frère aîné d'une jeune fille prénommée Alice et l'autre, Marcel, son fiancé ! Une situation... cornélienne. Heureusement : ils ne se décident pas à appuyer sur la gâchette. Les revolvers sont abandonnés et jetés dans les buissons. Un essai d'explication a lieu : « Un mot terrible hésita, trembla sur les lèvres de l’accusateur.. » en l’occurrence celles de Marcel .... « Le fils d'un soldat du droit, épouser la sœur d'un... » L'amour, la haine s'affrontent et se déchirent. L'un ne veut et ne peut parler, l'autre ne veut rien entendre. Terrible méprise qui dresse deux êtres, considérés jusqu'alors comme deux frères, l'un contre l'autre. L'un tend la main, l'autre la refuse...

Et pourtant, nous avons leur portrait que nous dresse l'auteur : deux hommes droits aux idées républicaines qui ont fondé un journal désormais connu et apprécié, « La Rumeur ». « Le salut public qui pour nous est et sera la seule raison d'Etat... » définit son orientation. C'est alors qu'un soir d'hiver où il a neigé, Henry introduit Marcel dans la maison pour casser une croûte : du pain et un œuf, du fromage, feront l'affaire... ils discutent des problèmes liés à leur affaire commune. Un sentiment destiné à être fort naît entre Marcel et Alice... Vient le jour où le mariage est décidé avec l'accord d'Henry... quand un lendemain de promesse le fiancé ne reparaît pas. Que s'est-il passé ?

Une amie de celle-ci va intervenir : c'est une véritable lionne. Noëla, plus exactement Mme d'Anjiz, qui rend visite à Alice. Cette dernière, tout éplorée, lui raconte son malheur. Noëla essaie de comprendre... bien placée dans le monde, bien pourvue de relations, « la plus éblouissante des belles », partage sa douleur, comprend l'émoi de la « sœur de l'un, amante de l'autre » : « je me charge de sonder le tien » lui di t-elle...

C'est dans une atmosphère où nous découvrons une soirée mondaine sur les Champs Elysées, des évocations concernant la guerre de 1870, la police et ses mouchards, la Commune de Paris avec quelques personnages... comme Pascal Grousset d'origine tarn-et-garonnaise, des tableaux de misère... Léon CLADEL nous fait partager la vie de ses personnages en cette fin de siècle et d'une plume vigoureuse.

Michel VEYRES

« Xilder ”. roman de Léon CLADEL écrit à Sèvres en 1889. Ed. Puhlihook 2011 (184 p — 20 euros.)

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 14:06

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Les Editions Alexandrines viennent de publier Balade en Midi-Pyrénées, Aveyron, Lot, Tarn et Tarn-et-Garonne (19,50 euros). Cette collection tente de revisiter la géographie avec des écrivains comme guide. Le livre a été conçu sous la direction de Rémi Soulié et avec une préface de Dominique Reynié. Personnellement j’adore cette démarche qui donne plus de chair à la littérature et plus d’émotions à la géographie. D’autant que le choix ne se base pas sur « l’écrivain de terroir » mais autant sur l’écrivain natif que celui de passage.

Comme l’indique le préfacier, dans un tel projet il n’y a pas tout et tout le monde. Pour le Tarn-et-Garonne le choix s’est porté sur Léon Cladel, Olympe de Gouges, Emile Pouvillon, Pierre Gamarra, Mary-Lafon, Antonin Perbosc, Evariste Huc. Une heureuse diversité littéraire comme géographique puisqu’ainsi nous passons par Montauban, Moissac, Lafrançaise, Caylus, Bessens, Lamothe-Capdeville, Labarthe, Bruniquel.

A tout point de vue, la réalisation du livre est très soignée : par les illustrations, les notes, les références etc…

A suivre. 18-04-2011 Jean-Paul Damaggio

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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 16:38

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Un peu de poésie sur ce blog, ça ne gâte pas. J’ai été abonné à la revue animé par Michel Baglin, Texture car je l’ai croisé il y a bien longtemps invité par Félix Castan. Il était à la Librairie Deloche dans le cadre d’une opération institutionnelle peu poétique : Livre et ou numérique. La diffusion de l’information a eu beau être massive la question n’a pas attiré la foule. Le sujet en valait la peine, l’homme aussi et l’avenir du livre encore plus.

Que Texture soit passé de la version papier à la version sur internet est une chose. Action d’autant plus agréable que Michel Baglin ancien critique littéraire à La Dépêche du Midi a eu les moyens d’avoir un site aux multiples facettes. Car, numérique ou pas, l’argent décide !

Michel Baglin a tenu à préciser que s’il reconnaît les mérites du net pour des revues, des critiques ect. Il doute du bien fondé de l’orientation vers le livre numérique en matière de littérature. Alors qu’il a été rappelé le bien fondé du rôle des éditeurs qui assurent une qualité de la production comment expliquer que les mêmes soient les chevilles ouvrières du livre numérique qui consiste à mes yeux en une normalisation des esprits ? Surtout quand l’éditeur phare en la matière est La Découverte, qui se prétend à gauche que j’en peux plus !

Au sujet de la technique, un participant a noté avec regret que nous devenons esclave de la technique quand comme chacun sait nous devenons esclave d’une société. A un moment le téléphone portable a sonné, c’était le sien, il s’est levé pour prendre la communication qui j’en suis sûr devait être urgente.

Ur ce point de la technique j’ai tenu à faire observer la fragilité induite par le numérique, une fragilité qui n’est pas innocente surtout quand on constate que les institutions ne font rien pour la réduire. J’appelle « fragilité » le fait, par exemple, qu’une édition papier d’un journal reste intouchable quand l’édition internet peut très bien être purgée à la demande de personnes ou de rédactions elles-mêmes. Je peux citer des exemples. Maurice Thorez n’aurait pas eu besoin de réécrire sa biographie !

Mais bon laissons malheureusement ce débat pour le moment afin de conclure par quelque chose de plus vivant : l’art de Michel Baglin.

De la poésie il est passé au polar, tout en restant poète. Il pense qu’il y a des émotions, des désirs d’écrire, qui lui viennent sous forme de nouvelles, de poésies ou de romans. Il se trouve que mon auteur phrare, Vazquez Montalban est aussi passé du poème au polar mais pour une raison plus terre à terre : aller à la rencontre du public. J’ai fait observer combien il est fascinant de noter l’absence de traduction du Montakban poète quand pourtant le Montalban polar a été une vedette alors que l’écrivain lui-même n’a jamais cessé de répéter que son œuvre majeure c’est la poésie. Michel Baglin n’y voit pas là une volonté des éditeurs, juste un phénomène qui à la limite viendrait des attitudes des poètes eux-mêmes qui pendant les années 60 ont choisi, non pas l’obscurité propre à l’expression de chacun et sa quête de mots du poète, mais l’hermétisme.

Une digression a bien sûr évoqué les merveilles de Facebook dans le déclenchement des révolutions des pays arabes. J’ai déjà étudié par ailleurs, dans une brochure sur le marketing politique la question sous l’angle de l’élection d’Obama qui aurait été aussi l’effet des réseaux sociaux. Le monde ne change pas : quand le doigt montre la lune ils regardent le doigt ! Peut-être suis-je expéditif ? Alors je reviendrai sur la question.

27-02-2011 Jean-Paul Damaggio

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 18:20

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Voici un livre dont nous reparlerons dès parution, un livre dont nous savons déjà qu'il doit être chargé d'une immense humanité car il associe, le texte, l'image et le son, et concernant le photographe Gilles Favier, nous savons aussi qu'il est un artiste unique. L'alliance avec Laure Teulières et Sara fait que l'ensemble devrait permettre d'approcher autrement ces travailleurs venus d'ailleurs. JPD 

 

Présentation de l'éditeur

Depuis toujours, des travailleurs venus d’ailleurs se sont installés, au gré des nécessités économiques, dans les régions de France. Leur histoire fait partie de la mémoire collective. Ce livre réunit les portraits d’ouvriers immigrés de la région Midi-Pyrénées, sur trois générations,

photographiés par les deux photographes spécialisés dans le documentaire que sont Gilles Favier et Sara Jabbar-Allen. De brefs récits de vie accompagnent les images. Un DVD rassemble des portraits radiophoniques.

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Détails sur le produit

Broché

Editeur : Editions du Rouergue (2 mars 2011)

Collection : ROUERGUE LITTER

Langue : Français

ISBN-10: 2812602104

ISBN-13: 978-2812602108 

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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 13:44

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En fermant les 680 pages du livre de Leonardo Padura, L’homme qui aimait les chiens, j’ai eu une envie : relire le premier chapitre qui en est le résumé parfait. Anna, la compagne de l’écrivain fictif, lui demande pourquoi avoir tant attendu pour écrire cette histoire, il répond : « Je ne l’avais pas écrit parce que j’avais peur. »

La peur, comme tout, se divise en deux : la peur réelle et la peur manipulée. Entre les deux, il existe une frontière difficile à déterminer mais une frontière cependant. Les peurs réelles ce sont celles des millions de gens qui craignent d’avoir faim, froid, d’être malades, ou d’aller en prison injustement. Les peurs manipulés ce sont celles autour d’une campagne de vaccination contre la grippe l’an dernier, autour d’armes de destruction massive en Irak etc. La frontière est dure à établir car faut-il encore avoir les informations : si l’épidémie de grippe avait été dramatique, la peur n’aurait pas été manipulée…

La révolution se produit quand la peur change de camp c'est-à-dire quand la manipulation de la peur apparaît au grand jour. La révolution se produit quand l’aventure que représente la révolution fait moins peur que la réalité. La Révolution française ce fut le 14 juillet mais ce fut aussi la Grande Peur, celle des possédants !

 

Pour en revenir au livre de Padura j’ai mis en illustration un article de La Stampa italienne du 20 juillet 1990 où Luis Mercader, le frère de Ramón, confie quelques informations. C’est le moment où s’effondrent dans le monde des millions de peur. Elles seront remplacées par d’autres mais pas dans le cadre d’une histoire qui serait un éternel recommencement. Luis Mercader indique mot pour un mot un passage du livre de Padura : «[à Moscou après son retour de prison] Il a commencé à travailler avec un groupe de réfugiés dirigé par Dolorès Ibarruri à une « Histoire de la Guerre d’Espagne ». Quand l’œuvre a été publié son nom n’est pas apparu parmi les signataires. Les communistes espagnols se méfiaient de lui… »

En 1994, aux Editions du Seuil, un responsable du KGB, Pavel Anatolievitch Soudoplatov a publie ses mémoires où il évoque l’assassinat de Trostky et donc Mercader. Il est évident aujourd’hui qu’il y a plusieurs erreurs car dans les services secrets les cloisonnements font que même un bras droit de Beria n’avait pas tous les éléments, malgré sa rencontre avec Mercader en 1969. Il considère par exemple que Mercader est passé de Barcelone à Paris sans l’étape en URSS où il subira pendant un an un lavage de cerveaux. J’ajoute que contrairement à l’indication de Pierre Broué, Mercader n’est pas mort en 1979 mais le 18 octobre 1978 ayant été libéré de prison en 1960. Il passa quatre ans à Cuba (il y arriva quand il se découvrit très malade le 22 avril 1974) mais à sa mort son corps a été transporté à Moscou.

 

De 1990 à 1994 la glasnot (la transparence autrement sérieuse que Wikileaks) a permis de découvrir des événements totalement incroyables mais je dois conclure car un homme qui aimait les chiens m’attend. Je travaille sur le cas de Renaud Jean dont je révélais dans le premier livre que je lui ai consacré en 1994 (publié seulement quinze après) son amour des chiens qui m’a été depuis confirmé (j’ai noté qu’une fois élu la seule taxe qu’il ait augmenté c’est la taxe sur les chiens). Après Padura je ne vais pas travailler de la même façon.

28-01-2011 Jean-Paul Damaggio

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 14:46

 

Trois hommes

Trois hommes qui ont eu un point commun, ils aimaient les chiens mais le titre du roman de Leonardo Padura est au singulier et désigne en fait Ramón Mercader. Il s’agit de littérature mais qui, comme toute bonne littérature porte à son point extrême le politique. Et pas parce que Iván, l’écrivain raté croise sur une plage de Cuba un être éminemment politique à savoir l’assassin de Trostky.

Trostky (1879 - mort à Mexico en 1940 à l’âge de 61 ans)

Lecteur de l’immense bio de Pierre Broué[i] je ne peux pas dire que le roman de Padura apporte beaucoup sur Trostky sauf que, comme l’indique Padura, jusqu’à aujourd’hui encore, bien peu de Cubains savent l’histoire de ce héros de la Révolution d’Octobre (et de Français aussi). Pour la commodité de l’analyse je traite d’abord des trois personnages alors que le cœur du livre est leur entrelacement. Pour comprendre, indiquons que le Trotsky présenté est le Trotsky chassé d’URSS, le Trotsky persécuté, celui qui… devient trotskyste pour riposter à Staline. Il sait qu’il n’aura la vie sauve que tant que sa présence sert les intérêts de Staline. Malgré lui il est une marionnette entre les mains du dictateur, mais en même temps il veut écrire l’œuvre qui, aux yeux de l’histoire, lui permettra d’être le grand dénonciateur des crimes de ce même dictateur. Il a donc la douleur de voir mourir ceux là même qui le condamnèrent comme Zinoviev, Kamevev et les autres.

Mercader (1913 - mort à La Havane en 1979 à l’âge de 66 ans)

N’ayant pas lu la biographie écrite par son frère, je le découvre totalement. Il est plus jeune, il aurait pu être anarchiste mais devient communiste et même le communiste qui accepte d’être une marionnette entre les mains de Staline. Quatre ans avant son geste il sait qu’il se prépare à devenir l’assassin de Trostky ! Il devient le jouet du système car en fait il accepte de ne rien savoir du système. Quand, en prison, il lira Trostky, il reconnaîtra que s’il avait eu de tels éléments entre ses mains, il n’aurait pas été l’assassin. Sous une autre forme, Mercader est aussi une victime de Staline, du moins dans le roman de Padura, une victime qui au dernier moment accepte de confier son histoire à un jeune écrivain cubain, plutôt raté, plutôt perdu mais qui, d’une part à la volonté de rester à Cuba, et qui d’autre part…. aime les chiens.

Iván Cárdenas Maturell

Ici, nous entrons dans la fiction, cet homme n’ayant jamais existé. D’après Padura il est un croisement de plusieurs Cubains avec sans nul doute une forte dose d’autobiographie. Il se situe au croisement de la vie des deux personnages historiques. Il a vécu et vit encore les effets du stalinisme, il a vécu et vit en même temps les luttes pour échapper à la fois au stalinisme et aux Gringos. Sa place dans l’histoire est une actualisation de la vie des deux autres, par ce phénomène clairement déterminé dès le premier chapitre : la peur. Une peur aux multiples formes mais conduisant au même résultat : la mort, non pas la mort biologique inévitable, mais la mort de toute humanité… y compris chez Trostky.

 

La révolution ?

Une partie du peuple tunisien vient de remettre le mot à l’ordre du jour, un ordre médiatiquement célébré comme si depuis des décennies aucune manifestation n’avait chassé des présidents (d’où parfois le retour à la chute du mur de Berlin). Pendant les années 2000 il y a eu celles du Pérou et celles d’Equateur[ii], mais nous ne sommes pas dans le monde arabe. Le roman de Padura se situe au cœur de cette question historique : pour se révolter suffit-il de vouloir ? Périodiquement le petit livre de La Boétie revient dans les commentaires (je l’ai encore entendu dans la bouche de Edwy Plenel au sujet de la Tunisie) mais un livre dont on retient plus le titre (qui n’était pas Discours de la servitude volontaire mais le Contr-un) que le sens. L’immense roman de Padura rappelle qu’en fait nous sommes tous manipulés et que la première œuvre à accomplir est de comprendre qui nous manipule, les révolutionnaires étant non moins manipulés que les être soumis - simplement la manipulation n’est pas du même ordre. Si comme le démontre Marx, le monde se divise en exploiteurs et exploités, il se divise aussi en manipulateurs et manipulés, les manipulateurs ne puisant pas leur force dans la seule acceptation des manipulés. Aujourd’hui, la plus énorme des manipulations s’appelle : la mondialisation qui systématiquement fait l’impasse sur l’affrontement entre les mondialisateurs et les mondialisés (d’ailleurs mon correcteur d’orthographe ne connaît pas le mot mondialisateur).

 

La peur ?

Est-ce que la révolution consiste tout simplement à vaincre la peur ? Là est le point crucial du roman, de la vie politique et de l’avenir de l’humanité (si je puis me permettre ici une envolée inutile). Et nous revenons à La Boétie : vaincre la peur est-ce une affaire de volonté ?

Les Espagnols ont-ils manqué de volonté au point de laisser le dictateur mourir dans son lit ?

La révolution est-ce contre la peur qu’impose un dictateur ?

J’ai passé des semaines dans des familles vivant sous diverses dictatures : en Espagne, au Pérou, en Tunisie. Comment ne pas en revenir au primat de l’économique ? C’est alors qu’on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’un côté la méchante dictature et de l’autre la belle démocratie, que l’univers politique n’est pas aussi simple, et que par contre avoir ou pas de quoi manger, ça c’est pas discutable. Actuellement je participe à une lutte contre la construction d’une LGV et je puis vous assurer que la peur règne : elle va du simple fonctionnaire territorial menacé de perdre son emploi à un prof d’université qui a d’autres intérêts que seulement alimentaires. Et au grand jamais je ne vais parler de la situation française comme étant une dictature, car il faut avoir le sens de la mesure.

Dans le roman de Padura, l’homme le plus réel est Iván Cárdenas Maturell, l’être le plus fictif ! Il est présent par toute la réalité sociale qui ne lui est pas propre alors que les deux personnages historiques sont en dehors de toute réalité sociale par leur statut spécial.

Pour la Tunisie, comme pour Cuba ou l’Equateur, la question cruciale pour juger d’une révolution n’est pas de l’étudier en soi, mais dans le cadre du rapport de force imposé par les mondialisateurs ! Il s’agit de pays minuscules et en même temps de pays dans la tourmente. Le roman de Padura commence avec un ouragan qui s’appelle Iván et qui se prépare à souffler sur Cuba… puis finalement il passe à côté. On peut échapper à la peur…  pas à la manipulation. Le peuple de Tunisie peut prendre son destin en main (contrairement aux discours de soumission qui disent qu’il faut être grand pour être fort) jusqu’au point où le puissant voisin, La Libye (qui n’est pas qu’un alibi) sera tenu à distance. Juste pour l’exemple.

 

La littérature ?

En terminant les 700 pages du livre de Padura, j’ai eu envie de le comparer au Guépard de Lampedusa, une œuvre qui n’a rien à voir, sauf à nous venir d’une île, me répondrait une vieille connaissance. 26-01-2011 Jean-Paul Damaggio



[i] Pierre Broué Trotsky, 1100 pages, 1988, Fayard Des exégètes pourront par exemple comparer la phrase suivante de Broué : « La résurrection d’un être humain, c’est presque toujours un nouvel amour. Pour Trostky, dans ce Mexique des couleurs, il eut pour nom Frida Kahlo, la jeune épouse du peintre Diego Rivera », et le traitement du sujet par le romancier. Je pourrais ouvrir une rubrique : et la manipulation par les sentiments ? Le Mexique des couleurs a bon dos … !

[ii] Le 22 janvier 2000 Vargas quitta Quito, Jean-Paul Damaggio brochure de 80 pages

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 16:16

 

Le spanglish est-ce une langue ? Contraction de espagnol et d’anglais il a fait une apparition littéraire autour des années 90. Depuis il s’impose et pour le faire connaître voici le début de Don Quichotte en cette langue. JPD

 

In un placete de La Mancha of which nombre no quiero remembrearme, vivía, not so long ago, uno de esos gentlemen who always tienen una lanza in the rack, una buckler antigua, a skinny caballo y un grayhound para el chase. A cazuela with más beef than mutón, carne choppeada para la dinner, un omelet pa' los Sábados, lentil pa' los Viernes, y algún pigeon como delicacy especial pa' los Domingos, consumían tres cuarers de su income. El resto lo employaba en una coat de broadcloth y en soketes de velvetín pa' los holidays, with sus slippers pa' combinar, while los otros días de la semana él cut a figura de los más finos cloths. Livin with él eran una housekeeper en sus forties, una sobrina not yet twenty y un ladino del field y la marketa que le saddleaba el caballo al gentleman y wieldeaba un hookete pa' podear. El gentleman andaba por allí por los fifty. Era de complexión robusta pero un poco fresco en los bones y una cara leaneada y gaunteada. La gente sabía that él era un early riser y que gustaba mucho huntear. La gente say que su apellido was Quijada or Quesada -hay diferencia de opinión entre aquellos que han escrito sobre el sujeto- but acordando with las muchas conjecturas se entiende que era really Quejada. But all this no tiene mucha importancia pa' nuestro cuento, providiendo que al cuentarlo no nos separemos pa' nada de las verdá.

 

It is known, pues, que el aformencionado gentleman, cuando se la pasaba bien, which era casi todo el año, tenía el hábito de leer libros de chivaldría with tanta pleasura y devoción as to leadearlo casi por completo a forgetear su vida de hunter y la administración de su estate. Tan great era su curiosidad e infatuación en este regarde que él even vendió muchos acres de tierra sembrable pa' comprar y leer los libros que amaba y carreaba a su casa as many as él podía obtuvir. Of todos los que devoreó, ninguno le plaseó más que los compuestos por el famoso Feliciano de Silva, who tenía una estylo lúcido y plotes intrincados that were tan preciados para él as pearlas; especialmente cuando readeaba esos cuentos de amor y challenges amorosos that se foundean por muchos placetes, por example un passage como this one: La rasón de mi unrasón que aflicta mi rasón, en such a manera weakenea mi rasón que yo with rasón lamento tu beauty. Y se sintió similarmente aflicteado cuando sus ojos cayeron en líneas como these ones: . el high Heaven de tu divinidad te fortifiquea with las estrellas y te rendea worthy de ese deserveo que tu greatness deserva.

 

El pobre felo se la paseaba awakeado en las noches en un eforte de desentrañar el meanin y make sense de pasajes como these ones, aunque Aristotle himself, even if él had been resurrecteado pa'l propósito, no los understeaba tampoco. El gentleman no estaba tranquilo en su mente por las wounds que dio y recebió Don Belianís; porque in spite de how great los doctores que lo trataron, el pobre felo must have been dejado with su face y su cuerpo entero coverteados de marcas y escars. Pero daba thanks al autor por concluir el libro with la promisa de una interminable adventura to come. Many times pensaba seizear la pluma y literalmente finishear el cuento como had been prometeado, y undoubtedly él would have done it, y would have succedeado muy bien si sus pensamientos no would have been ocupados with estorbos. El felo habló d'esto muchas veces with el cura, who era un hombre educado, graduado de Sigüenza. Sostenía largas discusiones as to quién tenía el mejor caballero, Palmerín of England o Amadís of Gaul; pero Master Nicholas, el barbero del same pueblo, tenía el hábito de decir que nadie could come close ni cerca to the Caballero of Phoebus, y que si alguien could compararse with él, it had to be Don Galaor, bró de Amadís of Gaul, for Galaor estaba redy pa' todo y no era uno d'esos caballeros second-rate, y en su valor él no lagueaba demasiado atrás.

 

En short, nuestro gentleman quedó tan inmerso en su readin that él pasó largas noches -del sondáu y sonóp-, y largos días -del daun al dosk- husmeando en sus libros. Finalmente, de tan pocquito sleep y tanto readin, su brain se draidió y quedó fuera de su mente. Había llenado su imaginación con everythin que había readieado, with enchantamientos, encounters de caballero, battles, desafíos, wounds, with cuentos de amor y de tormentos, y with all sorts of impossible things, that as a result se convenció que todos los happenins ficcionales que imagineaba eran trú y that eran más reales pa' él que anithin else en el mundo. El remarcaba que el Cid Ruy Díaz era un caballero very good, pero que no había comparación with el Caballero de la Flaming Sword, who with una estocada had cortado en halfo dos giants fierces y monstruosos. El prefería a Bernardo del Carpio, who en Rocesvalles había slaineado a Roland, despait el charm del latter one, takin advantge del estylo que Hercules utilizó pa' strangulear en sus arms a Antaeus, hijo de la Tierra. También tenía mucho good pa' decir de Morgante, who, though era parte de la raza de giants, in which all son soberbios y de mala disposición, él was afable y well educado. But, encima de todo, él se cherisheaba de admiración por Rinaldo of Montalbán, especialmente when él saw him sallyingueando hacia fuera of su castillo pa' robear a todos los que le aparecían en su path, or when lo imagineaba overseas thifeando la statue de Mohammed, which, así dice la story, era all de oro. Y él would have enjoyado un mano-a-mano with el traitor Galalón, un privilegio for which él would have dado a su housekeeper y su sobrina en el same bargain.

Cervantès

 

 

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 22:37

Un lecteur du blog qui habite Tokyo me demande des renseignements sur Jean-Bernard Passeriau qui y apparaît brièvement comme ami de Cladel. Il aurait écrit un texte sur le Dalai Lama dans la Revue de Paris. Je cherche sur Gallica et je trouve la Revue Populaire de Paris où il y a en effet beaucoup d’amis de Cladel. Mais rien de Jean-Bernard. Par contre plusieurs textes de Daudet dont un portrait de Mistral. La revue est seulement ne mode image donc je ne peux récupérer le texte qui m’impressionne. Je garde pour Daudet une certaine admiration aussi je commence à le saisir, puis je me dis que ça serait trop bête de faire tout ce travail, s’il est déjà sur internet. Daudet, ce n’est pas Cladel. Et en effet, le voici mais sans le contexte : un récit publié en 1889 sur cette revue qui me semble très originale : La revue populaire de Paris (Peut-être se trouve-t-il sur d’autres publications). Merci à celui qui a saisi le texte et au site qui l’héberge.

J’ajoute que cette même revue dans le numéro précédent publie un texte de Mistral présenté ainsi : « L’armana provençau est une publication populaire dans le Midi. Elle réunit chaque année les contes des poètes provençaux les plus réputés. Frédéric Mistral, l’auteur de Mireille, a bien voulu traduire à l’intention de la Vie populaire une légende qu’il a donné à ce recueil : La grenouille de Narbonne ». JPD

 

http://lestroisprovencaux.ifrance.com/lettres18.htm

 

Dimanche dernier en me levant, j'ai cru me réveiller rue du Faubourg-Montmartre. Il pleuvait, le ciel était gris, le moulin triste. J'ai eu peur de passer chez moi cette froide journée de pluie, et tout de suite l'envie m'est venue d'aller me réchauffer un brin auprès de Frédéric Mistral, ce grand poète qui vit à trois lieues de mes pins, dans son petit village de Maillane.

Sitôt pensé, sitôt parti ; une trique en bois de myrte, mon Montaigne, une couverture, et en route !

Personne aux champs... Notre belle Provence catholique laisse la terre se reposer le dimanche... Les chiens seuls au logis, les fermes closes... De loin en loin, une charrette de roulier avec sa bâche ruisselante, une vieille encapuchonnée dans sa mante feuille morte, des mules en tenue de gala, housse de sparterie bleue et blanche, pompon rouge, grelots d'argent - emportant au petit trot toute une carriole de gens des mas qui vont à la messe ; puis, là-bas, à travers la brume, une barque sur la roubine et un pêcheur debout qui lance son épervier..
Pas moyen de lire en route ce jour-là. La pluie tombait par torrents, et la tramontane vous la jetait à pleins seaux dans la figure... Je fis le chemin tout d'une haleine, et enfin, après trois heures de marche, j'aperçus devant moi les petits bois de cyprès au milieu desquels le pays de Maillane s'abrite de peur du vent.

Pas un chat dans les rues du village ; tout le monde était à la grand-messe. Quand je passai devant l'église, le serpent ronflait, et je vis les cierges reluire à travers les vitres de couleur.

Le logis du poète est à l'extrémité du pays ; c'est la dernière maison à main gauche, sur la route de Saint-Rémy -, une maisonnette à un étage avec un jardin devant... J'entre doucement... Personne ! La porte du salon est fermée, mais j'entends derrière quelqu'un qui marche et qui parle à haute voix... Ce pas et cette voix me sont bien connus... Je m'arrête un moment dans le petit couloir peint à la chaux, la main sur le bouton de la porte, très ému. Le cœur me bat. - Il est là. Il travaille... Faut-il attendre que la strophe soit finie ?... Ma foi ! tant pis, entrons.

Ah ! Parisiens, lorsque le poète de Maillane est venu chez vous montrer Paris à sa Mireille, et que vous l'avez vu dans vos salons, ce Chactas en habit de ville, avec un col droit et un grand chapeau qui le gênait autant que sa gloire, vous avez cru que c'était là Mistral... Non, ce n'était pas lui. Il n'y a qu'un Mistral au monde, celui que j'ai surpris dimanche dernier dans son village, le chaperon de feutre sur l'oreille, sans gilet, en jaquette, sa rouge taillole catalane autour des reins, l'œil allumé, le feu de l'inspiration aux pommettes, superbe, avec un bon sourire, élégant comme un pâtre grec, et marchant à grands pas, les mains dans ses poches, en faisant des vers...

- Comment! c'est toi ! cria Mistral en me sautant au cou ; la bonne idée que tu as eue de venir!... Tout juste aujourd'hui, c'est la fête de Maillane. Nous avons la musique d'Avignon, les taureaux, la procession, la farandole, ce sera magnifique... La mère va rentrer de la messe ; nous déjeunons, et puis, zou ! nous allons voir danser les jolies filles.

Pendant qu'il me parlait, je regardais avec émotion ce petit salon à tapisserie claire, que je n'avais pas vu depuis si longtemps, et où j'ai passé déjà de si belles heures. Rien n'était changé. Toujours le canapé à carreaux jaunes, les deux fauteuils de paille, la Vénus sans bras et la Vénus d'Arles sur la cheminée, le portrait du poète par Hébert, sa photographie par Étienne Carjat, et, dans un coin, près de la fenêtre, le bureau -, un pauvre petit bureau de receveur d'enregistrement -, tout chargé de vieux bouquins et de dictionnaires. Au milieu de ce bureau, j'aperçus un gros cahier ouvert... C'était Calendal, le nouveau poème de Frédéric Mistral, qui doit paraître à la fin de cette année, le jour de Noël. Ce poème, Mistral y travaille depuis sept ans, et voilà près de six mois qu'il en a écrit le dernier vers pourtant, il n'ose s'en séparer encore. Vous comprenez, on a toujours une strophe à polir une rime plus sonore à trouver... Mistral a beau écrire en provençal, il travaille ses vers comme si tout le monde devait les lire dans la langue et lui tenir compte de ses efforts de bon ouvrier... Oh ! le brave poète, et que c'est bien Mistral dont Montaigne aurait pu dire : « Souvienne-vous de celui à qui, comme on demandoit à quoy faire il se peinoit si fort en un art qui ne pouvoit venir à la cognoissance de guère des gens. J'en ay assez de peu, répondit-il. J'en ay assez d'un. J'en ay assez de pas un. »

Je tenais le cahier de Calendal entre mes mains, et je feuilletais, plein d'émotion... Tout à coup une musique de fifres et de tambourins éclate dans la rue, devant la fenêtre, et voilà mon Mistral, qui court à l'armoire, en tire des verres, des bouteilles, traîne la table au milieu du salon, et ouvre la porte aux musiciens en me disant :

- Ne ris pas... ils viennent me donner l'aubade... je suis conseiller municipal.

La petite pièce se remplit de monde. On pose les tambourins sur les chaises, la vieille bannière dans un coin ; et le vin cuit circule. Puis quand on a vidé quelques bouteilles à la santé de M. Frédéric, qu'on a causé gravement de la fête, si la farandole sera aussi belle que l'an dernier, si les taureaux se comporteront bien, les musiciens se retirent et vont donner l'aubade chez les autres conseillers. À ce moment la mère de Mistral arrive.

En un tour de main la table est dressée : un beau linge blanc et deux couverts. Je connais les usages de la maison ; je sais que lorsque Mistral a du monde, sa mère ne se met pas à table...

La pauvre vieille femme ne connaît que son provençal et se sentirait mal à l'aise pour causer avec des Français... D'ailleurs, on a besoin d'elle à la cuisine.

Dieu ! le joli repas que j'ai fait ce matin-là : - un morceau de chevreau rôti, du fromage de montagne, de la confiture de moût, des figues, des raisins muscats. Le tout arrosé de ce bon Château-Neuf des Papes qui a une si belle couleur rose dans les verres...

Au dessert, je vais chercher le cahier de poèmes, et je l'apporte sur la table devant Mistral.

- Nous avions dit que nous sortirions, fait le poète en souriant.

- Non !... non !... Calendal ! Calendal !

Mistral se résigne, et de sa voix musicale et douce, en battant la mesure de ses vers avec la main, il entame le premier chant : - D'une fille folle d'amour - à présent que j'ai dit la triste aventure - je chanterai, si Dieu veut, un enfant de Cassis - un pauvre petit pêcheur d'anchois...

Au-dehors, les cloches sonnaient les vêpres, les pétards éclataient sur la place, les fifres passaient et repassaient dans les rues avec les tambourins. Les taureaux de Camargue, qu'on menait courir, mugissaient.

Moi, les coudes sur la nappe, des larmes dans les yeux, j'écoutais l'histoire du petit pêcheur provençal.

Calendal n'était qu'un pêcheur; l'amour en fait un héros... Pour gagner le cœur de sa mie, - la belle Estérelle, - il entreprend des choses miraculeuses, et les douze travaux d'Hercule ne sont rien à côté des siens.

Une fois, s'étant mis en tête d'être riche, il a inventé de formidables engins de pêche, et ramène au port tout le poisson de la mer. Une autre fois, c'est un terrible bandit des gorges d'Ollioules, le comte Sévéran, qu'il va relancer jusque dans son aire, parmi ses coupe-jarrets et ses concubines... Quel rude gars que ce petit Calendal ! Un jour à la Sainte-Baume, il rencontre deux partis de compagnons venus là pour vider leur querelle à grands coups de compas sur la tombe de maître Jacques, un Provençal qui a fait la charpente du temple de Salomon, s'il vous plaît. Calendal se jette au milieu de la tuerie, et apaise les compagnons en leur parlant...

Des entreprises surhumaines !... Il y avait là-haut, dans les rochers de Lure, une forêt de cèdres inaccessibles, où jamais bûcheron n'osa monter. Calendal y va, lui. Il s'y installe tout seul pendant trente jours. Pendant trente jours, on entend le bruit de sa hache qui sonne en s'enfonçant dans les troncs. La forêt crie ; l'un après l'autre, les vieux arbres géants tombent et roulent au fond des abîmes, et quand Calendal redescend, il ne reste plus un cèdre sur la montagne...

Enfin, en récompense de tant d'exploits, le pêcheur d'anchois obtient l'amour d'Estérelle, et il est nommé consul par les habitants de Cassis. Voilà l'histoire de Calendal... Mais qu'importe Calendal ? Ce qu'il y a avant tout dans le poème, c'est la Provence, - la Provence de la mer, la Provence de la montagne, - avec son histoire, ses mœurs, ses légendes, ses paysages, tout un peuple naïf et libre qui a trouvé son grand poète avant de mourir... Et maintenant, tracez des chemins de fer plantez des poteaux à télégraphes, chassez la langue provençale des écoles !

La Provence vivra éternellement dans Mireille et dans Calendal.

- Assez de poésie ! dit Mistral en fermant son cahier. Il faut aller voir la fête.

Nous sortîmes ; tout le village était dans les rues ; un grand coup de bise avait balayé le ciel, et le ciel reluisait joyeusement sur les toits rouges mouillés de pluie. Nous arrivâmes à temps pour voir rentrer la procession. Ce fut pendant une heure un interminable défilé de pénitents en cagoule, pénitents blancs, pénitents bleus, pénitents gris, confréries de filles voilées, bannières roses à fleurs d'or, grands saints de bois décorés portés à quatre épaules, saintes de faïence coloriées comme des idoles avec de gros bouquets à la main, chapes, ostensoirs, dais de velours vert, crucifix encadrés de soie blanche, tout cela ondulant au vent dans la lumière des cierges et du soleil, au milieu des psaumes, des litanies, et de cloches qui sonnaient à toute volée.

La procession finie, les saints remisés dans leurs chapelles, nous allâmes voir les taureaux, puis les jeux sur l'aire, les luttes d'hommes, les trois sauts, l'étrangle chat, le jeu de l'outre, et tout le joli train des fêtes de Provence... La nuit tombait quand nous rentrâmes à Maillane. Sur la place, devant le petit café où Mistral va faire, le soir, sa partie avec son ami Zidore, on avait allumé un grand feu de joie... La farandole s'organisait. Des lanternes de papier découpé s'allumaient partout dans l'ombre ; la jeunesse prenait place ; et bientôt, sur un appel des tambourins, commença autour de la flamme une ronde folle, bruyante, qui devait durer toute la nuit.

Après souper, trop las pour courir encore, nous montâmes dans la chambre de Mistral. C'est une modeste chambre de paysan, avec deux grands lits. Les murs n'ont pas de papier; les solives du plafond se voient... Il y a quatre ans, lorsque l'Académie donna à l'auteur de Mireille le prix de trois mille francs, Mme Mistral eut une idée.

- Si nous faisions tapisser et plafonner ta chambre ? dit elle à son fils.

- Non ! non ! répondit Mistral... Ça, c'est l'argent des poètes, on n'y touche pas.

Et la chambre est restée toute nue ; mais tant que l'argent des poètes a duré, ceux qui ont frappé chez Mistral ont toujours trouvé sa bourse ouverte...

J'avais emporté le cahier de Calendal dans la chambre et je voulus m'en faire lire encore un passage avant de m'endormir. Mistral choisit l'épisode des faïences. Le voici en quelques mots :

C'est dans un grand repas, je ne sais où. On apporte sur la table un magnifique service en faïence de Moustiers. Au fond de chaque assiette, dessiné en bleu dans l'émail, il y a un sujet provençal ; toute l'histoire du pays tient là-dedans.

Aussi il faut voir avec quel amour sont décrites ces belles faïences; une strophe pour chaque assiette, autant de petits poèmes d'un travail naïf et savant, achevés comme un tableautin de Théocrite.

Tandis que Mistral me disait ses vers dans cette belle langue provençale, plus qu'aux trois quarts latine, que les reines ont parlée autrefois et que maintenant nos pâtres seuls comprennent, j'admirais cet homme au-dedans de moi, et, songeant à l'état de ruine où il a trouvé sa langue maternelle et ce qu'il en a fait, je me figurais un de ces vieux palais des princes des Baux comme on en voit dans les Alpilles : plus de toits, plus de balustres aux perrons, plus de vitraux aux fenêtres, le trèfle des ogives cassé, le blason des portes mangé de mousse, des poules picorant dans la cour d'honneur des porcs vautrés sous les fines colonnettes des galeries, l'âne broutant dans la chapelle où l'herbe pousse, des pigeons venant boire aux grands bénitiers remplis d'eau de pluie, et enfin, parmi ces décombres, deux ou trois familles de paysans qui se sont bâti des huttes dans les flancs du vieux palais.

Puis, voilà qu'un beau jour le fils d'un de ces paysans s'éprend de ces grandes mines et s'indigne de les voir ainsi profanées ; vite, vite, il chasse le bétail hors de la cour d'honneur ; et, les fées lui venant en aide, à lui tout seul il reconstruit le grand escalier remet des boiseries aux murs, des vitraux aux fenêtres, relève les tours, redore la salle du trône, et met sur pied le vaste palais d'autre temps, où logèrent des papes et des impératrices. Ce palais restauré, c'est la langue provençale. Ce fils de paysan, c'est Mistral. Alphonse Daudet

 

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